Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Menolly

Grungy Funky Punky Rock

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Fondé en décembre 2003, Menolly nous vient du Nord de la France. Un quatuor qui rêve d’enregistrer son premier album. En attendant, il nous propose cet Ep quatre plages, concocté au cours de l’été dernier. Et rien que le titre de ce disque vous donne une petite idée du style pratiqué par la formation. Des références ? Nirvana, Siverchair, Noir Désir et Rage Against The Machine. Enfin, chez les trois garçons qui se réservent la guitare, la basse et les drums. Mais dans cet univers de brutes vient se poser la voix de Lau, dont le timbre fragile, candide, proche d’une Deborah Harry, prend le soin de canaliser les mélodies, au point de les rendre contagieuses. Sur les deux premiers fragments notamment. A contrario, lors des deux derniers morceaux, elle force sa voix, comme si elle avait été contaminée par la fureur de son entourage. Si le groupe ne manque pas de bonnes idées, il lui reste encore pas mal de pain sur la planche. D’abord afin de trouver le parfait équilibre entre l’instrumentation et le chant, deux tendances qui s’opposent manifestement au sein de leur musique. Ensuite pour améliorer la qualité des enchaînements, encore trop précaires pour ne pas trahir un certain manque d’expérience. Et si vous voulez en savoir davantage sur le groupe, je vous invite à aller visiter leur site…

Various Artists

Mento Madness / Motta´s Jamaican Mento 1951-56

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C’est avec ce genre de plaque que la confiance en l’industrie du disque reprend. Car qu’une grosse structure comme V2 prenne le risque de sortir une compilation de vieux mento mérite le plus grand respect. C’est Steve Barrow - l’archiviste numéro 1 de la musique jamaïcaine - et son comparse Paul Coote qui ont eu l’idée de faire redécouvrir au plus grand nombre ces quelques pépites oubliées. Enregistrées sur le label du businessman Stanley Motta par la fine fleur des musiciens de l’époque, ces quelques chansons valent la peine d’être redécouvertes. Elles illustrent ce qu’est le mento, la première formule musicale qui s’est développée en Jamaïque, bien avant que le ska apparaisse. L’instrumentation du mento est toute simple : quelques percus, un banjo, des cuivres, un piano et une voix. Mais passé le premier étonnement, il se dégage de ces 18 chansons un charme indéfinissable. Le son est excellent malgré les sources utilisées (les 78 tours de l’époque) et surtout les morceaux sont bons, la palme revenant à « Dry Weather House » et « Monkey Talk ». Les fans d’Harry Belafonte trouveront ici leur bonheur et les curieux de tout poil peuvent y jeter une oreille sans peur, ils ne seront pas déçus.

Mexican Food

Tacos Tortas

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Même si elle est produite par le légendaire Wayne Kramer, leader des MC5's, la première carte de visite de Mexican Food ne possède pas la hargne du fameux groupe de Detroit. Pourtant, on peut d'entrée se réjouir d'un "Head Hanging Low" qui évoque D.A.D., un groupe dorénavant culte. Se pâmer à l'écoute de "Fuel de Fire", dont le riff a été emprunté au "Man of the Silver Mountain" de Rainbow. Mais aussi se prendre une baffe en continuant sur le stoner rock jouissif de "Turbulence". Malheureusement, la suite de l'album emprunte des chemins bien différents. On a droit à une succession de titres tantôt résolument soul, à des balades pour routiers californiens, ou encore à des compos rock mid tempo totalement dénuées d'originalité. Les fans de Wayne Kramer qui se sont penchés sur sa carrière solo auront bien du mal à digérer cette boustifaille mexicaine qu'on aurait souhaité nettement plus épicée...

Nona Mez

Cast In Concrete

Il y a un peu plus d'un an, le premier album de Geert Maris surprenait son (petit) monde en déroulant son tapis noir de chansons tristes et dépressives, à la manière d'un Polar ou d'un Damien Rice. Depuis lors, ce " Songs of Leaving " accompagne nos plus froides soirées d'hiver, en parfait confident de nos rancœurs amoureuses. Sur ce nouvel album, il est toujours question d'amour déchu sur fond de folk timide et dénudé. Geert Maris est doué pour nous tirer des larmes : quand il caresse son piano ou embrasse sa guitare, c'est exécuté avec l'humilité de celui qui n'a rien à prouver mais tout à donner. Qu'il nous confie ainsi ses peines de cœur sans aucune pudeur suffit pour nous convaincre : voilà l'ami qu'il nous manquait, un être cher qu'on ne connaît pas mais qui comprend nos peurs. Dans une autre vie, on s'échangerait nos disques de folk tout en se confiant mutuellement nos ruptures. Ca nous rendrait plus fort, et l'on oserait à nouveau parler aux filles, le regard fier et la bouche quémandeuse. Pour l'instant, on réécoute ce " Cast in Concrete " avec recueillement, dans l'espoir qu'un jour ces chansons grises se parent de couleurs plus joyeuses. L'amour existe, mais il est bien caché.

Migala

La Increible Aventura

Le groupe espagnol se réinvente à chaque nouvel album : après le très country-slowcore « Restos de un Incendio » (2002), Migala renoue ici avec le post-rock épique qui fît sa réputation il y a quelques années… La seule différence, c’est qu’Abel Hernandez et ses potes évitent cette fois les effusions soniques à la Godspeed, lassantes à force de répéter la même formule (montée, descente, et ainsi de suite). « La Increible Aventura » sonne ainsi comme un disque de post-rock pur jus, mais sans l’emphase épique pleine de tics. Sur « El Tigre Que Hay En Ti », de gros riffs entêtants montrent même un Migala rageur et rock’n’roll, avant l’interlude et « Your Star, Strangled », premier des deux titres chantés par Abel, en anglais. Réminiscences des Red House Painters et de Piano Magic (l’ombre de Cure, tenace), ces deux morceaux sont l’oasis au milieu d’un désert suffocant de guitares ardentes et de cordes qui blessent. Mais au bout du voyage (l’excellent « Lecciones de Vuelo con Mathias Rust »), on respire, contents quand même d’avoir participé à cette aventure tout bonnement… incroyable. Le meilleur disque de Migala ? En tout cas le plus varié, le plus mûr, et c’est déjà beaucoup.

Vinny Miller

On the block

Écrit par
Si vous êtes sujet à des crises de tremblements, rebuté par la gestuelle de Ian Curtis ou allergique aux bouquins traitant de la danse de Saint Guy, passez votre chemin… cet album risque en effet de vous causer le plus grand mal. Produit par Vinny Miller, un artiste qu’on imagine facilement dérangé, cet objet a manqué de rendre votre serviteur complètement dingue tant il semble avoir été engendré pour mettre l’auditeur mal à l’aise. Composé de plages (on ne peux pas vraiment parler de morceaux) aux ambiances malsaines, « On the block » a apparemment été conçu comme un simulateur ayant la capacité de vous faire ressentir l’effet que peut produire l’ingestion simultanée de dix litres de coca et de trois kilos de sucre. Si après cette épreuve vous êtes toujours vivant, une petite réécoute des voix (travaillées à la scie sauteuse) et des accompagnements (respirant le tapis mal aspiré) finira de vous achever. Amen…

Minor Majority

Up For You & I

On imagine qu’en Norvège, la mélancolie est presque un sport national : qu’elle soit douce (= country-folk) ou violente (= black metal), elle pare de ses habits d’hiver morose n’importe quelle note jouée par une guitare, un piano ou une batterie. C’est qu’en Norvège, il fait froid 6 mois sur 12, et qu’à part des fjords, de la neige et des matins sans lumière, il n’y a pas grand chose. Mais il y a beaucoup d’artistes, pour qui la musique est la seule échappatoire : ils s’y engouffrent comme on chausse ses moufles, pour y rester bien au chaud jusqu’au retour du soleil. C’est le cas de Pal Angelskar, le Norvégien derrière Minor Majority. Aidé d’une bande de potes, Angelskar compose depuis trois ans de jolies chansons country-folk, aux teintes crépusculaires. On pense à Red House Painters, aux Tindersticks (la voix), à Spain, voire au R.E.M. de « New Adventures In Hi-Fi ». A force de rester cloîtré chez lui devant la cheminée, Pal Angelskar ne pouvait qu’écrire des chansons de ce genre : on les écoutera donc aussi en pleine solitude, ou sous la couette avec sa copine. De toute façon chez nous aussi c’est pas l’été indien : Minor Majority tombe donc à point.

Mint (Belgium)

Echoes from the engine room

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Pour enregistrer son premier album, ce quintet limbourgeois a reçu le concours de Peter Crosbie, à la production. Un Australien qui avait déjà été choisi pour mettre en forme le single « Half-lit cigarette », sur les conseils de Luc Van Acker. Après avoir sévi le temps de 4 albums chez les Dugites, une formation obscure des eighties qui avait notamment tourné en compagnie d’INXS, Midnight Oil et Split Enz, Peter s’est lancé dans la production. Sa carte de visite mentionne d’ailleurs des collaborations opérées auprès de Troy Newman, James Griffin, Bad Boy Johnny, Danielle Gaha, Gary Glitter ainsi que de Jason Donovan. Au cours d’un périple accompli avec ce dernier, il a décidé de se fixer à Bruxelles pour entamer une carrière de compositeur de bandes sonores destinées aux séries de TV, films, pièces de théâtre et ballet modernes. Sans pour autant négliger son travail de production. Axelle Red, BJ Scott et Arno ont ainsi bossé sous sa houlette. Mais venons en à cet « Echoes from the engine room » ! Découpé en 10 fragments, il est sculpté dans la britpop. Une britpop essentiellement inspirée par Oasis, Coldplay et surtout Ash. Ash ? A cause du sens mélodique mélancolique, contagieux, hymnique, utilisé dans les ballades. Pensez à « Candy ». Et puis du timbre vocal d’Erwin Marcisz qui campe un hybride entre celui de Liam Gallagher et Tim Wheeler. A la bande à Chris Martin ? Lorsque piano bringuebalant et guitares décapantes enflamment le refrain électrique (« Into the terraplane ») ou encore sous une forme aquatique. A l’instar d’« It’s never gonna be (what I had in mind) ». Enfin Oasis, pour l’emphase que manifestent le vocal sur “Dragon’s lair” et “Summer (= resurrected) ». Et lorsque l’univers sonore prend de l’ampleur, c’est pour épouser une forme électrique davantage convulsive (« Tragedy at the bookshop »), caressées d’harmonies vocales limpides, un peu comme chez Fountains Of Wayne. Des harmonies qui soulignées d’un filet de clavier, deviennent même angéliques, sur le titre maître, un fragment très fruité, acoustique et minimaliste (Girls in Hawaii ?). Enfin, « A shiny metal dream » campe une ballade empreinte de pop pure, une chanson à siffloter sous la douche (New Musik ?). Bref, un opus fort agréable qui se laisse fondre dans l’oreille comme un bonbon à la menthe sur la langue…

Manuel 'Guajiro' Mirabal

Buena Vista Social Club présents... Manuel ´Guajiro` Mirabal

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Bientôt tous les acteurs de l’équipe gagnante du Buena Vista Social Club auront commis leur disque solo. Hormis le Wu-Tang Clan, on ne voit pas très bien qui a fait mieux jusqu’ici. Mirabal, qui est le trompettiste du club, profite de cette occasion pour rendre hommage à son maître Arsenio Rondriguez, illustre auteur de mambos endiablés il y a une quarantaine d’années. Une plaque au cours de laquelle Ibrahim Ferrer vient pousser la chansonnette, Manuel Galban apporte sa guitare et Cachaito Lopez installe ses lignes de basses sinueuses. Enregistré en une prise collective (pas d’overdubs), cette récréation de musiciens garde un côté frais et spontané qui sied à ce genre d’exercice. Chacun y va de son solo poisseux, mais c'est surtout le 'tres' (NDR : un instrument qui possède 2mi aigus) plutôt rock'n'roll du dénommé Papi Oviedo qui tire son épingle du jeu. Soyons francs, cet opus s’adresse aux fans incurables du Buena Vista. Ceux qui ont trouvé leur bonheur dans le premier séminal album du Club ou plus récemment chez Omara Portuondo risquent fort d’être désarçonnés par la rugosité sonore de l’ensemble, mais aussi par l’accent mis sur l’ambiance plutôt que sur des morceaux destinés à rester dans l’oreille.

Mission Of Burma

OnoffOn

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Bostonais comme les Pixies, les Mission Of Burma reviennent après plus de vingt ans de silence discographique. Ils sont adulés par Michael Stipe, Thurston Moore, Bob Mould, Moby ou encore Graham Coxon. Ces deux derniers ont d’ailleurs repris « That’s When I Reach for my Revolver » sur leurs albums respectifs. Pendant ces vingt ans, la plupart des membres de Mission of Burma se sont investis dans d’autres projets musicaux, avant de finalement se retrouver en 2002, avec une envie de jouer ensemble renouvelée. Hormis leur bidouilleur Martin Swope, qui préfère se la couler douce à Hawaii, les Mission of Burma sont tous là pour leur grand come-back. A l’arrivée, on se retrouve devant un album de rock indépendant américain tout ce qu’il y a de plus classique. Les guitares sont en avant, entre pop et noise, punk et psychédélisme. Les Bostonais reprennent les choses exactement là où ils les avaient laissées ; et le batteur prend même un malin plaisir à rater systématiquement ses roulements… A croire qu’entre 1983 et maintenant il n’avait plus touché à ses baguettes si ce n’est pour se gratter le dos. Blague à part, cet album recèle quand même quelques bons morceaux. Le pêchu « The Set Up » ainsi que les pop « Falling », « Prepared » et « Nicotine Bomb ». Rien d’enthousiasmant mais rien de honteux non plus ; mais il faut reconnaître que cet honnête album de rock ricain serait sans doute passé inaperçu s’il n’était pas l’œuvre de géniteurs si illustres.

Karl Moestl

Touching This

Écrit par
Karl Moestl est dj, producteur et remixeur. Ce viennois s’était déjà illustré à travers le duo « Walkner & Moestl ». Il propose ici un premier effort solo fortement teinté de lounge chic et pas chère. On a donc droit à tout ce qui va de pair habituellement avec ce genre de production musicale. Les voix féminines lascives chantent des paroles new age (« Vibrant song », « It’s allright », « Drowning in tears of joy », « Love is my religion »). Des claviers vaporeux accompagnent des programmations de rythmes et de basses sophistiquées. Enfin, les mélodies diluées à l’extrême envahissent des chansons qui dépassent souvent les 5 minutes. Les morceaux mixés ensemble, tout est conçu pour que l’auditeur soit enveloppé dans une atmosphère de salle d’attente pendant les très longues 69 minutes qui constituent cette plaque. Autant dire directement qu’elle s’adresse uniquement aux fanatiques de ce style particulier qui incarne quelque part la musique d’ascenseur du XXI siècle. Ces derniers risquent peut-être de se noyer dans des larmes de joie à l’écoute de cette rondelle ; mais ceux qui ne font pas partie de ce club feraient mieux de passer leur chemin.

Juana Molina

Segundo

Ce deuxième album de Juana Molina bénéficie enfin d’une distribution internationale, grâce à l’excellent label Domino. Sorti initialement en 2000, il s’agit d’un bel exercice de folk intimiste et candide, aux relents électro. Juana Molina est surtout connue dans son pays d’origine (l’Argentine) comme comédienne dans des shows TV à succès. Il est dès lors étonnant de la retrouver ici chanter tel une Chan Marshall sous acide, qui aurait écouté Bebel Gilberto en matant des telenovelas. Enregistré chez elle, « Segundo » (un seul titre est en anglais) joue sur la répétition pour mieux nous émouvoir : en déclinant à l’envi bleeps fragiles et guitare acoustique, Juana Molina nous met à l’aise comme si l’on était son hôte particulier. A la terrasse de sa maison on boirait un verre d’eau citronnée, puis on irait promener le chien (« El Perro »)… Au soir on l’écouterait jouer du piano, avant de s’échanger des disques (Beth Orton, Via Tania, Vashti Bunyan, Scout Niblett). Une belle journée, en rêve mais qu’on espère en boucle.

Juana Molina

Tres Cosas

Écrit par
Il est de ces artistes qui ont besoin de plusieurs modes d’expression pour nous livrer leur univers bigarré. Ainsi Juana Molina est vedette comique (!) à la télévision de Buenos Aires. Mais cette disciple de David Byrne est aussi chanteuse auteur-compositeur. Et ici on ne rigole pas, on murmure. Sur ce 3e album, « Tres Cosas », l’Argentine nous livre des compositions atmosphériques et intimistes. Une guitare acoustique, quelques légères boucles synthétiques et un filet de voix ténu et fragile, pendant exotique de celui de la nordique Stina Nordenstam. Voilà l’autre monde de Juana qui nous offre sans fausse pudeur mais avec une timidité charmante ses historiettes. Certes on pourra reprocher une absence de variété (quel vilain mot !) le long des 13 plages de cet opus. Mais on l’oublie bien vite tant on est charmé par ces chansonnettes (« !Uh ! », « Isabel « ou encore le français « Insensible »), bercé par ces sonorités en douce demi-teinte. Juana Molina a tout fait sur ce « Tres Cosas », de l’écriture à la production, ce qui prouve le talent et la détermination de la dame. Dont le moindre fait de gloire n’est pas d’avoir réussi à convaincre le label Domino de la signer et de la distribuer sur les deux hémisphères.

Monno

Candle light technology

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Ne pas confondre tous les “mono” qui peuplent la scène musicale, pour l’instant. Monno (NDR : son orthographe nécessite deux ‘n’) sert de patronyme à un quatuor belge dont la particularité relève de l’utilisation très “free” d’un saxe. Sombre, dense, électronique et instrumentale, leur musique navigue aux confins de l’industriel et de l’expérimental. Historiquement, les rapprochements se bousculent : Throbbing Gristle, SPK, Zoviet France, Ruins, Zorn et évidemment Painkiller. En bénéficiant du travail de l’artiste Dennis Tyfus pour l’artwork de la galette, vous en concluerez aisément que Monno se situe résolument en marge, à l’affût des “avant-gardes”. Le groupe aura d’ailleurs la chance de défendre, à la rentrée, son premier bébé sur les planches belges, hollandaises mais aussi suisses, dans le cadre de divers festivals centrés sur les labels K-raak3 et Lowlands. Avis donc aux amateurs éclairés !

Mono

Walking Cloud And Deep Red Sky, Flag Fluttered And The Sun Shined

A quatre, ils font un bruit d’enfer : « The soundtrack to the end of the world », précise la bio, et l’on y croit, surtout que Mono vient de Tokyo, pas loin d’Hiroshima. Pourtant, sur ce troisième album, seuls trois titres provoquent vraiment les foudres du ciel : « 16.12 », « Halcyon (Beautiful Days) » et « Lost Snow », coups de tonnerre épiques dans la grande tradition du post-rock à la Mogwai (+ Kinski, GY !BE, Explosions In The Sky). Les cinq autres morceaux convoquent d’abord piano, violon et arpèges délicats : l’Apocalypse n’aura pas lieu, du moins pas tout de suite. Le reste a déjà été dit, avec ou sans Steve Albini (qui produit). A voir d’abord en live, si on aime les émois capillaires. Dans nos veines la tornade, pour nos nerfs la noyade : avec Mono on souffre avec méthode, on souffre aux antipodes.

Montefiori Cocktail

Raccolta n.3

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Les frangins Montefiori sont des fanatiques absolus des musiques de film italiens des années 60 et 70. Ces bandes originales (compilées en leur temps par le label Easy Tempo) richement orchestrées se permettaient des incursions débridées dans le funk, le rock, la bossa-nova et la samba. Pour le troisième recueil de leurs aventures cocktailisées, les frères italiens adaptent à la sauce moderne les recettes édictées par leurs illustrent prédécesseurs. Rythmiques bondissantes, mélodies légères, claviers et cuivres à gogo, sans oublier les chanteuses qui débitent des textes en français avec un accent appuyé. Totalement adaptées à l’été qui arrive à grands pas, ces chansons volontairement futiles se révèlent agréables à écouter à doses homéopathiques. Si après avoir écouté cette plaque, vous souhaitez découvrir les travaux des compositeurs italiens à l’origine de ce style, je ne peux que chaudement vous recommander les travaux de Piero Umiliani, également réédités par Easy Tempo.

Mike Morgan

Live in Dallas

Écrit par
Agé de 44 balais, Mike Morgan, est depuis près de vingt années un des fleurons blues de la guitare à Dallas. Une ville texane qui s’est forgé une notoriété dans ce domaine, en abritant des talents tels qu’Anson Funderburgh, Jim Suhler, Bugs Henderson, Johnny Moeller et bien d'autres encore. En 86, Mike fonde le Crawl en compagnie du chanteur Darrell Nulisch. Venu tout droit de Kansas City, Lee Mc Bee remplace ce dernier en 89. La grande aventure est en marche ! Premier elpee, "Raw and ready" paraît l'année suivante. Et le fantastique "Mighty fine dancin", en 91. Un opus dont il reprend ici "Frankie's blues" et "Blues for Al & Peg". Pour notre plus grand bonheur, la vie musicale de Mike était accompagnée de la voix et du souffle du grand Lee McBee. Et pour l’instant, leurs destins sont séparés ; ce qui a donné naissance à deux formidables blues bands. Une situation qui permet de mesurer tout le talent de Mike Morgan, comme seul soliste du Crawl ; et croyez moi, cet événement n'est pas banal ! D’autant plus qu’il est ‘live’.
 
Nous sommes donc le 1er juin 2002 au Bootlegger's de Dallas. Les vibrations sont excellentes. Les quatre musiciens se retrouvent pour la première fois depuis un mois. Kevin Schermerhorn est derrière ses caisses, Rhandy Simmons à la basse, et Chris Zalez, le nouveau chanteur, se réserve aussi la guitare rythmique. Pendant ce temps, l'œil droit toujours caché, Mike Morgan se fait le roi de cœur… et de la guitare. Tous ces musiciens avaient déjà participé à la confection de l'album précédent, "Texas man", un disque paru en 2001. Le concert s'ouvre par une superbe version de "One of a kind", issu de l'album "I like the way you work it". Bien sûr, Lee McBee n'est pas là. Son harmonica manque. Bien qu’elle tente de l’imiter, la voix de Chris Zalez n'a pas sa puissance ; mais qu'est-ce que Mike Morgan dégage ! Ses parties de guitares sont époustouflantes. Il semble totalement libéré tout en manifestant un charisme certain. Le "Frankie's blues" de Frankie Lee Sims ne recèle pas de solo. Tout est dans la rythmique. "Mother-in-law blues" est un de ces shuffles qu'on n’entend plus qu'au Texas. A Dallas ou à Austin, en particulier. La partie de cordes est encore une fois extraordinaire. "Blues for Al & Peg" est le slow blues instrumental sur lequel Mike peut libérer le feeling débordant de son écriture personnelle. Dans l’esprit de ce que faisait Stevie Ray Vaughan sur "Tin Pan Alley". Quand Mr Morgan saisit sa slide, il se fait Elmore, mais son coup de patte si personnel, si modéré, libère tellement de beauté simple dans l’exécution… Chris Zalez chante impeccablement "Help me baby", un autre shuffle au cours duquel il prend aussi un solo très réconfortant, sous l'œil du maître. Le Crawl se transporte dans les swamps louisianais quand il joue "Those lonely, lonely nights", une plage dont la partie vocale est tellement inspirée par Guitar Slim. On y ressent même la présence du fantôme de Lee McBee. Mais n’ayez crainte, il reviendra bien un jour prochain, le grand Lee ! Pendant ce temps, Mike se sent revivre sur ce rythme si chaleureux du sud des Etats-Unis. Le concert s’achève par la reprise du notoire "Shame, shame, shame" de Jimmy Reed. Ce premier opus ‘live’ du Crawl est un véritable régal ; et pas seulement parce que Mike Morgan est un tout grand guitariste…

Morrissey

You are the Quarry

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“Maladjusted”, le dernier opus solo de l’ex Smiths remonte déjà à 1997. « You are the Quarry » constitue son huitième essai en solitaire. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Jerry Finn, un des producteurs le plus courtisés aujourd’hui (NDR : il est notamment responsable de la mise en forme de plaques pour Blink 182, AFI ou encore Green Day). Et puis du groupe en compagnie duquel il bosse depuis des lustres. En l’occurrence, les guitaristes Boz Boorer et Alain Whyte, le bassiste Gary Day et le drummer Dean Butterworth. Tout un petit monde rejoint pour la circonstance par le claviériste de Jellyfish, Roger Manning. Pour la première fois, la formation et Mozz n’ont pas opéré les prises séparément, mais lors des mêmes sessions d’enregistrement. A Los Angeles et à Londres. Une bonne trentaine de chansons, dont douze ont été retenues pour cet elpee. Avec pour résultat une œuvre qui alterne le très bon et le moins bon. Le moins bon, lorsqu’il s’égare dans le mélo pathétique et ampoulé. Et sous cette forme, la voix emphatique de Morrissey indispose. A contrario, ce timbre fait merveille dès que les chansons épousent un profil tourmenté. Et les variations de tempo tout comme l’agitation et l’intensité des cordes de guitares n’y sont pas étrangères. Parfois même comme à l’époque de Smiths. Une impression qui se manifeste sur les trois premiers fragments de la plaque. Mais les deux titres qui emportent toutes mes faveurs répondent aux noms de « I’m not sorry », plage balayée de percussions jazzyfiantes, réminiscente de la période postcard d’Aztec Camera ; et puis l’étonnant « How could anybody possibly know how I feel ? », dont la progression des cordes de guitares me rappelle un certain « I want you » des Beatles. Pas de lyrics susceptibles de susciter controverses ou polémiques au sein de ses chansons, mais des sujets ambigus, amers, spirituels, complexes, qui dépeignent sa vision très personnelle, ténébreuse, de la comédie humaine…

Neal Morse

Testimony

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A peine l'album 'Snow' sorti, Neal Morse annonçait sa décision de quitter le groupe Spock's Beard pour raisons religieuses. Annonce accueillie avec force sarcasmes et quolibets par l'ensemble du microcosme progressif, rageur car persuadé d'avoir perdu l'un de ses héros les plus prolifiques et charismatiques. Moins d'un an plus tard, le gaillard commet un double CD proposant plus de deux heures d'une musique, ma foi, assez proche de celle de… Spock's Beard! Le talent de compositeur et d'arrangeur de Neil n'est plus à démontrer. C'est aussi un musicien hors pair qui, en outre, est toujours parvenu à bien s'entourer. On ne s'étonnera pas de retrouver, par exemple, l'incontournable Mike Portnoy (Dream Theatre) aux fûts. Ravis, les fans ne pourront que s’incliner face à ce Progressif musclé, riche et contrasté, ces harmonies vocales très soignées et cette voix très Beatles/Oasis ; le tout admirablement mis en valeur par une production époustouflante. Quant aux habituels détracteurs, ils feraient bien de prêter une oreille attentive à ce 'Testimony'. Car quelque chose a bel et bien changé. Neal s'est- il libéré des contraintes liées au 'moule Spock's Beard' et aux attentes supposées des fans? Ou est-ce le fait de sa démarche spirituelle? Toujours est-il que le côté superproduction brillante mais formatée et désincarnée de son ex-groupe (et plus encore de son projet parallèle Transatlantic) est ici largement évité. Neal n'hésite plus à s'attarder sur une guitare espagnole isolée, un solo de violon ou un thème musical tout simple. L'œuvre dense et structurée en concept est entrecoupée de passages plus dépouillés et vraiment émotionnels, qui lui confèrent une réelle profondeur. Elle bénéficie aussi d'une belle variété de sonorités classiques et traditionnelles aux résonances du terroir, voire exotiques, parfois surprenantes. Bref, elle séduit par sa dimension humaine. Même la voix, par moments méconnaissable (c'est le cas sur la très recommandable plage 'I am willing' et sur 'Oh, to feel him'), véhicule une passion inédite et sympathique. L'album est un véritable délice de bout en bout. Et quand le deuxième CD achève sa course sur le lecteur, on a le sentiment net d'avoir hérité d’un chef-d'œuvre. Rien de moins !

Marc Moulin

Entertainment

On a tous déjà entendu parler de Marc Moulin, qu’on lise ses humeurs chaque semaine dans le Télé Moustique, qu’on aille voir ses pièces au théâtre de la Toison d’Or ou qu’on écoute ses disques, de Placebo à Telex, de " Banana Split " à Sam Suffy. Il est justement de retour, flanqué d’un nouvel album, sur le mythique label de jazz Blue Note, " Entertainment ". En fait, la suite de " Top Secret ", qui il y a deux ans s’était vendue à plus de 100.000 exemplaires dans le monde. La recette de Marc Moulin est assez simple : mixer le jazz à l’électro, bref faire ce qu’on appelle de nos jours de la " lounge ". Vous savez, cette musique papier peint qu’on entend mais qu’on n’écoute pas vraiment, qui s’avère parfaite pour la digestion, après avoir mangé un tapas ou un durum. Une musique sans aspérités, qui roule, qui groove un peu mais pas trop, bref qui ne dérange personne. Heureusement pour nous, l’électro-jazz de Marc Moulin évite de tomber dans ce genre de travers consumériste : " Entertainment ", c’est bien plus que de la musique de supermarché et de restos branchés, parce que Marc Moulin s’y connaît en jazz. Ce n’est pas Claude Challe et ses compiles bouddhistes qu’on entend quand on fait ses courses dans les magasins de meuble de la rue Blaes. Non : la musique de Marc Moulin vaut mieux que ça, parce que l’ex-Telex sait s’entourer de très bons musiciens, qui ont trouvé le groove, comme c’est dit dans le single de l’album, " Silver ", un hommage, justement, au grand Horace Silver. Qu’on se le dise : il n’y a donc pas de honte à aimer la lounge de Marc Moulin. C’est du divertissement de qualité, un produit bien senti. En concert à l’AB le 14 novembre.

Movietone

The Sand and the Stars

Au milieu des années 90, la ville de Bristol était considérée par beaucoup comme le centre névralgique du trip-hop, cette musique langoureuse puisant dans la soul, le hip hop et l'électro. Une étiquette aujourd'hui galvaudée par toute une cohorte de faussaires habitués des bars à tapas. De Massive Attack à Portishead, l'on y cultivait avec talent le spleen moite et ouateux, certains allant jusqu'à diluer leurs états d'âme dans d'encore plus sombres et dépressives ambiances. C'était le cas de Third Eyed Foundation, et de Movietone. Aujourd'hui, Rachel Coe et Kate Wright semblent plus épanouies : leur musique élégiaque n'a plus peur d'être happée par le vide, et la marée a emporté leurs vieux démons. De la tristesse d'autrefois ne subsiste plus qu'un vague à l'âme finalement rassurant, une nostalgie pleine de réconfort. La marée, les vagues : une obsession chez Movietone, pour qui les notes bercent autant que le bruit du ressac. Pas étonnant que cet album, le quatrième, ait été enregistré sur une plage : on y entend les mouettes, la mer, autant de détails sonores qui renforcent la torpeur organique de ces onze vignettes post-folk à la fluidité désarmante. S'abandonner dans ces arpèges étirés, ces mélodies tétanisantes, c'est comme plonger la tête sous l'eau et retenir son souffle : le cœur bat la chamade, mais très vite la sensation d'être seul se change en extase sensitive. Immergé dans cette plénitude, on retarde le moment où, hagards, nos poumons réclameront un peu d'air et nos yeux de lumière. C'est le retour à l'être embryonnaire, au commencement du moi et du reste du monde.