Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Now It´s Overhead

Fall back open

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Les jeux olympiques viennent à peine de s’ouvrir qu’une première médaille d’or vient d’être décernée. Croyez le ou non, NIO nous vient tout droit d’Athens, mais en Georgie. Pour la petite histoire, une floppée de groupes émergent de cette partie des States. Allez savoir pourquoi ? Parmi eux, R.E.M. dont le leader vient prêter incognito sa voix sur ce “Fall back open”. Et il n’est pas le seul, puisque Conor Oberst de Bright Eyes, est également crédité de quelques parties vocales. Vous admettrez que comme parrainage, nous avons vu pire. De plus le mélomane perspicace aura certainement remarqué que cet opus relève de Saddle Creek, un label qui pourrait devenir le giron d’une musique droite dans ses bottes (et ses influences), en privilégiant émotion et/ou sensibilité. D’ailleurs, NIO sait se faire des amis : autour d’Andy LeMaster (comment voulez-vous ne pas avoir une carrière toute tracée lorsqu’on traîne un nom pareil ?), compositeur en chef, viennent graviter des musiciens à qui on ne la fait pas : David Barbe (ex bassiste chez Sugar et pote du légendaire leader d’Hüsker Dü, Bob Mould) ainsi que Maria et Orenda (Azure Ray, également signé chez Saddle Creek). Le quatuor est donc prêt à dominer (tout) le monde. Car ce croisement entre mélodies toutes droites sorties des 80’s (Depeche Mode surtout; The Cure un peu moins) trempées dans un climat qui flaire manifestement les 90’s (My Bloody Valentine, Spiritualized, Superchunk) synthétise près de 20 ans de musique et pourrait s’inscrire durablement dans l’histoire. En conclusion : à écouter de préférence avant le prochain Coldplay.

Joe Nadeau

Burning sands

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Chanteur, guitariste et compositeur, Joe Nadeau est un musicien texan. Début des années 90, il rencontre un très jeune guitariste doué : Kenny Wayne Shepherd. A Dallas. Ce dernier devient alors son élève. Et lorsque l'élève commence à se forger une certaine réputation, il demande à l'enseignant de se joindre à sa formation. Joe Nadeau devient alors son guitariste rythmique. En tournée ; mais également lors de l’enregistrement des deux premiers elpees de Shepherd : "Ledbetter heights" en 95 et "Trouble is" en 97. Joe reprend alors sa liberté pour pouvoir interpréter ses chansons. Des chansons sur lesquelles il peut intégrer soul, folk, country, blues et rock. Signé par le label louisianais Louisiana Red Hot, il commet ce "Burning sands" en 2002. Un disque qui bénéficie du concours de Greg Archilla, personnage qui travailla pour Albert King, à la production.
 
Il se montre bon texan dès l'ouverture "Now she's mine". Un shuffle hanté par Stevie Ray Vaughan, sa première source d'inspiration. Non seulement Joe est un excellent compositeur, mais il dispose d’un bon organe vocal. Bien rythmé, "High cost of livin' low" est superbe. La guitare est gouailleuse. L'orgue Hammond de Derrick Jackson emprunte des accents à Memphis, Tennessee. La section rythmique exerce également parfaitement son rôle : Dave Smith à la basse et Yvette "Baby girl" Preyer aux drums. "Tell me what it's all about" est un rock'n'roll qui ne manque pas de punch. Le gamin Kenny Wayne est venu épauler son ami à la guitare, tandis que Jimmy Wallace se démène comme un beau diable sur son piano. Cet opus affiche une grande variété dans les styles. Jolie ballade avec chœurs féminins et guitares acoustiques, "Burning sands" nous rappelle les Stones. Le sens mélodique est très présent tout au long du brillant "Just another day". Une autre ballade R&B, alanguie, trempée dans le son majestueux de l'orgue Hammond. Largement cuivré, "The lovin' is right" est un autre shuffle. Le piano est bien animé. On se croirait en présence d’un Roomful of Blues en miniature. L’elpee recèle également quelques plages plus rockin' blues. Et je pense tout particulièrement à "Raise your right hand" et au boggie léger "It's on". En fin de parcours, l’éclectisme refait surface et se concrétise à travers la ballade "How it all went down", un blues lent bien électrique ; ainsi que le très bien rendu "I'll help you pack", fluidifié par l'indispensable orgue Hammond. Plage rock'n'roll, "What you do to me" achève cette oeuvre. Bien que ne se révélant pas d’une grande originalité, ce disque reste d’honnête facture.

Nina Nastasia

Dogs

Vu que tous les gens qui ont écouté « Run to Ruin » (2003) l’ont trouvé fantastique, Touch & Go réédite le premier album de Nina Nastasia, passé complètement inaperçu à l’époque de sa sortie. Egalement produit par Steve Albini, « Dogs » sonne plus lo-fi, plus dépouillé, mais n’en est pas moins d’une force et d’une profondeur impressionnantes. Nina Nastasia aurait pu être la nouvelle Chan Marshall, l’équivalent arty de Julie Doiron, la face sombre et cachée d’Hope Sandoval… A défaut, on la considérera pour ce qu’elle est : une grande songwriter, tout simplement (ou pas), qui possède un excellent sens de la mesure (« less is more », bref un peu de violon, de contrebasse, de batterie en sourdine). Il est temps de rendre justice à Nina Nastasia, sa classe, son talent, ses intonations troubles. En un mot : écoutez-la.

The National

Cherry Tree

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Auteur d’un remarquable deuxième album fin de l’année dernière (« Sad songs for dirty lovers »), The National nous revient avec un EP 7 titres. Soit cinq nouvelles compositions et une version ‘live’ sauvage et décapante de « Murder me Rachel ». Fasciné par la poésie urbaine de New York, métropole au sein de laquelle la formation a élu domicile, cette formation mélange pop, rock et folk avec une redoutable efficacité. N’hésitant pas à passer du plus électrique au plus acoustique, du plus violent au plus tendre, du plus emphatique au plus minimaliste, du plus allègre au plus dramatique, pour nous communiquer leur spleen. A charge du baryton fatigué de Matt Berninger de canaliser toutes les émotions. Si vous appréciez Swans, Tindersticks et le défunt Triffids, vous ne pouvez passer à côté de The National !

The Nectarine N° 9

I love total destruction

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Pour enregistrer leur cinquième opus, cette formation écossaise (NDR : d’Edimbourg pour être plus précis), a reçu le concours du guitariste Malcolm Ross (Josef K, Orange Juice) et de Gareth Sager (The Pop Group) au piano et à la clarinette. Ce dernier avait déjà participé à la confection du précédent elpee, « Received transgressed and transmitted », paru en 2001. Nonobstant deux fragments qui s’égarent dans le reggae/dub, « I love total destruction » trempe dans la pop expérimentale. Expérimentale, mais toujours mélodique. Fruit d’un mélange subtil d’influences qui oscillent de Captain Beefheart (le désordre créatif) à Orange Juice (postacard oblige !), en passant par le Fall, Beck (lorsque la basse roule son groove), T Rex (les harmonies vocales glamoureuses du titre maître et d’« I am the sky), Supergrass (le très contagieux « Hanging around ») et Tortoise (dès que le post rock navigue aux confins du jazz et de l’électro). On y trouve même du garage (l’excellent « The end of definition »), quelques effluves jamaïcaines, un peu de free jazz (les drums surtout) et une forme de psychédélisme très personnelle. Bref, un elpee fort intéressant, original, auquel il y manque cependant un titre véritablement accrocheur pour mériter de décrocher un must…

Needle & The Pain Reaction

Obsessions of an Epic Womanizer

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Ce power trio gantois laisse un peu perplexe quant à son premier effort solo. On a droit ici à du pop rock comme on en entend souvent, énergique et toutes guitares en avant. Fort bien Justin, mais dans ces cas là il vaut mieux avoir de solides morceaux et un bon chanteur pour se lancer dans cette périlleuse formule. Et des bons morceaux, il y en a malheureusement fort peu. Quelques uns de niveau honorable comme « Guts » ou « Weasel » et leurs saveurs britpop. Plein d’autres remplis de clichés tellement usés (chœurs à la Pixies, solos de guitare à la pelle) qu’on se demande pourquoi les Needle s’y accrochent comme des acharnés. Situation d’autant plus étonnante quand on sait que le boss de Kinky Star et un musicien d’An Pierlé jouent dans ce groupe. Auto indulgence crasse ou suicide commercial ? L’ambiguïté subsiste, comme dans les paroles de « Minorities part2 » où l’ami Wim Deliveyne chante « don’t ever trust minorities, they’re scum and they’ll shit on you ». Racisme pour rire ? On ne le saura jamais, mais il paraît qu’Abouh Jahjah est sur le coup et qu’il projette d’envoyer une patrouille à Gand pour voir s’il n’y a pas là matière à manifester. La suite dans les pages faits divers de la DH.

John Nemeth

Come and get it

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John Nemeth nous vient de Boise, dans l'Idaho. Aujourd'hui installé sur la West Coast, il écume les scènes internationales depuis une bonne dizaine d'années ; notamment comme chanteur du groupe de Junior Watson. En 2002, il avait commis " The Jack of hearts", en compagnie des Jacks. Et d’ici la fin de l’année, il devrait sortir un album de jazz, flanqué du Frim Fram Four.
 
Il entame son nouvel opus par "She belongs to me", un titre composé par Magic Sam. Musicale et modulable, sa voix impressionne par l'étendue de son registre. L'accompagnement est sobre et solide. Et le premier à opérer une sortie n’est autre que le guitariste. En l’occurrence Junior Watson. Un invité de luxe ! La version du "Ain't too old" d'Al Simmons est très nerveuse. La voix purement R&B de John sort décidemment de l'ordinaire. Elle rappelle parfois celle de l’actuel chanteur harmoniciste de Roomful of Blues. Les musiciens sont bien en place. Et notamment Andy Cortens, au piano. Nemeth sort pour la première fois son harmonica. Une intervention très efficace et sans la moindre fioriture. "Come and get it" libère beaucoup de swing et de groove. Vance Ehlers à la basse et Jimmy Mulleniux aux drums, constituent une solide section rythmique. John est un excellent instrumentiste. Il se sent comme un poisson dans l’eau. Ses échanges opérés avec Junior Watson sur "Bring it on back home" sont de véritables régals pour les oreilles. D’une pureté rare et chargée de sensibilité, la voix de Watson introduit impérialement "What have I done wrong". Une compo imprimée sur un tempo lent, proche du swing de T-Bone Walker. Le "Romance without finance" de Charlie Parker évolue dans un registre très jazz, une plage qui démontre que notre artiste est à l'aise dans des styles bien différents. Nemeth nous réserve quelques compositions personnelles qui tiennent facilement la route. "I don't think I could", tout d’abord. Un fragment emmené avec beaucoup de légèreté par harmonica. Ce qui n’empêche pas la guitare et le piano de se manifester à l'avant-plan. Le rythme est enlevé. "Don't you talk" est un des sommets de l'album. Une superbe plage aux parfums des Caraïbes. La section rythmique et le piano de Cortens assurent à merveille. John sort son harmonica chromatique. Il en joue avec douceur, légèreté et inventivité. Une technique qui me rappelle parfois le regretté William Clarke. Le boogie de Nemeth s’inspire très fort du meilleur des 50s. Excellent harmoniciste, il bénéficie du concours d’un Watson en verve. L’échange est de haute volée. Percutante, la voix respire le rythme. Elle sonne comme un instrument. Et devient même magique, très en relief, sur le plus lent "Let me hold you". Un autre sommet de l’elpee ! Pour la circonstance, Junior Watson ne tient plus en place. Il prend un plaisir évident à jouer ; et quand ce monstre sacré se sent inspiré, il nous embarque pour un fameux voyage au coeur du blues. Acharné sur ses cordes, Watson arrive à nous arracher des larmes tout au long du nonchalant et brillant "Love in vain". John puise son inspiration dans la musique de Nouvelle Orléans pour interpréter "I'm gonna drop you". Proche des envolées rythmiques de Fats Domino, le piano d'Andy se déchaîne. Nemeth reprend d'ailleurs "Yes my darlin" du même Domino. Sous une forme très originale, proche de la country. La version du "Careless love" de W.C Handy accomplit une démarche semblable. Largement inspiré par la musique des 50s et des 60s, ce superbe album s’achève par "She's gona way but, she'll be back", caractérisé par une nouvelle performance vocale et instrumentale

Ivan Neville

Scrape

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Sideman pour les Rolling Stones, Bonnie Raitt et les Spin Doctors, Ivan Neville est un multi instrumentiste qui a appris à bonne école. Son père était le chanteur des Neville Brothers, les pères du funk de la Nouvelle Orléans. Ses oncles ont fondé les Meters, groupe génial archi-samplé par les producteurs de hip hop… « Scrape » est le quatrième effort solo d’Ivan. Il était déjà sorti il y a deux ans sur le label de l’acteur Bruce Willis. N’ayant pas recueilli le succès escompté (à peine 1000 copies), Neville a décidé de le ressortir chez les anglais de Compendia. Il faut dire que Ivan a des invités de choix : Keith Richards, Bonnie Raitt, Aaron Neville ou encore Bobby Womack. Les styles abordés sont évidemment le funk, la soul (tout en réservant de multiples hommages à Marvin Gaye) mais aussi et surtout les ballades. Loin d’être de mauvaise facture, les morceaux sont plutôt classiquement efficaces et laissent apparaître tout le métier de notre homme. Malheureusement le son est trop léché accrocher à l’album. Un comble pour du funk, sensé être une musique brute de décoffrage. « Scrape » reste toutefois une plaque d’un niveau tout à fait honorable qui séduira plutôt les auditeurs de Classic Rock (la nouvelle chaîne radio du « colossal » Ysaye) que les fans des Meters.

New Black

New Black

Écrit par
Quatuor mixte issu de Chicago, New Black produit une musique fourre-tout, où se croisent les B’52 et la musique synthétique du milieu des années 80 ; le tout pimenté d’une pincée de rythmiques punky. Bref une plaque bien dans l’air du temps. Les 9 titres s’écoulent paisiblement même si une volonté de se démarquer apparaît en filigrane : chant partagés, formant des “dialogues”, petits bruitages tentant de rendre l’ensemble bizarre et inquiétant. Il y a des idées, mais il manque peut-être une transgression réelle et effective des règles. Ce qui rend malheureusement ce premier effort relativement inoffensif.

Joanna Newsom

The Milk-Eyed Mender

Découverte par Will Oldham, Joanna Newson a déjà sorti deux cd’s auto-produits avant que le label Drag City ne la repère. On se demande d’ailleurs encore comment cette jeune chanteuse à la voix d’enfant malingre est ainsi restée dans l’ombre pendant toutes ces années… Parce que Joanna Newsom, en plus d’avoir des cordes vocales d’une étrange consistance (imaginez Minnie Mouse enrhumée imitant Kate Bush), joue exclusivement… de la harpe. Parfois, sa voix mutine se voit décuplée sous l’effet d’échos fantomatiques : à ces instants on croirait entendre une chorale de bambins shootés à l’hélium, qui souriraient de toutes leurs dents (de lait) au croque-mitaine de « L’Etrange Noël de Mr. Jack »… Etrange, surtout dans le noir : autant vous dire qu’écouter Joanna Newsom en pleine nuit peut procurer la chair de poule. Mais qu’on ne se trompe pas sur le talent de cette jeune songwriter : « The Milk-Eyed Mender » regorge de mélodies candides et pétillantes comme un sucre d’orge, à croquer sans crainte de caries. A l’instar des disques de Devendra Banhart et de Coco Rosie, « The Milk-Eyed Mender » est le témoignage sonore d’une artiste unique en son genre, qu’il serait dommage de bouder sous prétexte qu’elle a l’air bien trop bizarre… Vous avez dit bizarre ? Certes, mais qui souhaite encore qu’on lui resserve sans cesse la même sousoupe ?

Dean Martin

Christmas With Dino

Oui, il est trop tard : les éboueurs ont emporté le sapin, les guirlandes sont retournées au grenier, et le reste de dinde a été bouffé par les poules. Il aurait fallu chroniquer cet album avant le 25 décembre, puisqu’il s’agit comme Noël d’un produit marketé pour nous séduire et nous divertir, bref nous faire consommer (consumer ?). Mais que devient ce genre de disques une fois la bûche engloutie à minuit, et les cadeaux distribués à toute la famille ? Disparaissent-ils jusqu’à l’année prochaine ? Sont-ils conçus pour être seulement écoutés une fois l’an, le même jour et dans la même ambiance ? Ce qui explique pourquoi il fallait chroniquer cette compile avec le recul nécessaire : pour s’assurer qu’elle n’était pas seulement le fruit rance de ce qu’on appelle l’‘esprit de Noël’, cette chose vague qu’on essaie de convoquer tous les 24 décembre, en s’enfilant une douzaine de flûtes de champagne pour oublier qu’avant les 12 coups de l’horloge… va falloir se coltiner le vieil oncle et la messe de minuit. Verdict avec Dean Martin ? Il est possible d’écouter un disque de Noël après le réveillon, dès le moment où les chansons s’avèrent suffisamment bien torchées (rappel : le disque de Noël de Phil Spector, une splendeur). D’autant que « Dino », pour celui qui a lu sa bio signée Tosches, est loin d’être un enfant de chœur (sa vie : « Les Affranchis » version fifties, avec le Rat Pack à la place de Joe Pesci et de Niro). D’où ce sentiment qu’à l’écoute de « White Christmas » et « Jingle Bells », grands classiques, se joue dans nos oreilles autre chose que la sempiternelle bluette à danser sous le gui, entre l’apéro et l’assiette d’huîtres. Quelque chose de l’ordre de l’intemporel, qui prend aux tripes même en été, parce que Dino n’est pas le mari modèle, mais un type qui savait ce qu’il voulait. Il a beau chanter ces idioties, il reste ce mec mafieux à qui on ne la fait pas, et c’est pour ça qu’on l’aime… Qu’il parle dans ses chansons de marshmallows ou de Rudolph, « The red-nosed reindeer ». Dean Martin ? Un mec bien, même s’il fait un peu peur. Parce qu’on a tous en nous quelque chose de Dean Martin, pas vrai ?

Eddie Martin

Ice cream

Écrit par
Eddie Martin est considéré comme un excellent bluesman de la scène anglaise contemporaine. Il possède une très bonne voix, une bonne plume, se débrouille plutôt bien à la guitare et surtout respecte le blues. Que ce soit sous un format électrique ou acoustique, il sort ses albums avec une régularité de métronome, depuis quelques années : "Solo in Soho", « Blue top the Bone », « Fire and Floods”, "Keep on working" et son dernier album, "Pillowcase blues", commis en compagnie de son Texas Blues Group.
 
Sa voix est très présente et force le respect dès le très roots "Let's move it on". La slide libère une sonorité fort métallique. Une tonalité plutôt menaçante dans le contexte d'un boogie blues feutré. Blues inspiré par le Delta du Mississippi, le titre maître poursuit dans un registre assez semblable. Sa voix réverbère un certain écho. La slide est toujours aussi redoutable. L'accompagnement est minimaliste. "Put the brakes on" nous replonge dans un blues rock bien plus électrique. Ses lignes de guitare sont inspirées des grands du blues ; et en particulier de BB et Freddie King. L'orgue Hammond de Gary Baldwin lui donne la réplique. Eddie aime jouer de la slide, c’est une certitude. Il reconnaît pour principal maître Elmore James. Et lui rend hommage à travers un instrumental séduisant, "Elmore's stomp". Une composition au cours de laquelle, il reçoit un solide soutien de sa section rythmique : Marion Dolton à la basse et Michael Weidrich aux drums. Ballade soul blues balayée par un orgue, un piano électrique et le sax soprano d'Andy Shepperd, "Love is like a river" affiche une facette radicalement différente. "Keep it natural" épouse une forme funky. Taillées au rasoir, les petites grappes de notes répondent à son chant. Il se sent très inspiré par le Texas blues et principalement par l'une de ses grandes influences avouées : Albert Collins. Il adapte fort bien ce style tout en picking. Eddie Martin est impressionnant tout au long de "Cherry Red (335)". Le tempo est vif. On l'imagine relevant le défi devant ses maîtres de toujours : Freddie King surtout, et toujours Albert Collins. Epaulé par le jeune pianiste Paddy Milner, prodige du boogie anglais, l'homme au crâne rasé saisit sa guitare acoustique. Le regard toujours caché par d’épaisses lunettes solaires, il se concentre et chante "Blues took me by the hand". Eddie nous embarque alors dans un blues lent de plus de dix minutes : "Tough but tender". Un morceau très bien interprété qui met en exergue l’orgue Hammond de Gary Baldwin, et puis surtout un long solo d'Eddie. Amorcée très doucement, son intervention monte progressivement en régime, avant de se libérer. Cet opus de bonne facture s’achève en douceur par "Lazy Monday" : la voix d’Eddie Martin et ses cordes acoustiques.

Massive Attack

Danny The Dog – Original Motion Picture Soundtrack

Le dernier album de Massive Attack, « 100th Window », est sacrément mauvais. Tout le monde le sait, même si personne n’a osé le clamer au moment de sa sortie. D’ailleurs Massive Attack aujourd’hui, c’est 3D, point barre. Et c’est bien là le problème : ne restent que ses vaines obsessions pour la cold wave et les guitares sauvageonnes, alors qu’on aimait Massive Attack pour la somme de ses talents (3D + Daddy G + Mushroom) et la richesse de ses sonorités (soul, hip hop, reggae, rock). Réduit au seul 3D, le « groupe » de Bristol ne serait donc plus que l’ombre de lui-même. Noire l’ombre, bien oppressante, mais surtout d’une froideur inquiétante. Massive Attack n’était-il pas le groupe de tous les mélanges, alors qu’aujourd’hui il est le joujou d’un seul homme, despotique et maniaque ? La monochromie lasse en musique, surtout si la couleur choisie est le noir, au pire le gris. Et ce nouveau disque signé « Massive Attack » confirme cette donne : « Blue Lines » c’est de l’histoire ancienne – d’ailleurs qui oserait comparer ce chef-d’œuvre trip-hop à « 100th Window » et ses chansons-glaçons, ses airs de freezer et sa (sale) gueule d’enterrement ? Tout au long de cette BO (d’un film produit par Luc Besson - gasp !), 3D continue donc à nous peler les c… : c’est glauque et simpliste, comme du Third Eyed Foundation de série Z. Un peu de beats à la Juan Atkins (Detroit : ville sombre et dépecée), de piano fantôme et de cordes gothiques : brrrr, il fait froid là-dedans, où est Eric Serra ? A la fin de ce disque, y a pas de happy end : Massive Attack est mort, et tout le monde tire la tronche. ‘Il était une fois’ : un grand groupe, qui sortait de grands disques. C’était il y a longtemps. Mais que reste-t-il donc de nos vertes espérances ?

Maxïmo Park

The night I lost my head / The coast is always changing (single)

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Première formation indie à être signée par le label Warp, Maximo Park nous vient de Newcastle, en Angleterre. Un quintet très prometteur qui semble principalement tirer son inspiration des Smiths et des débuts de Roxy Music. C’est en tout cas l’impression que nous a laissé ce single deux titres. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l’album ; mais s’il est de cette trempe on risque de prendre une fameuse claque…

Maxon Blewitt

Maxon Blewitt

Écrit par
Maxon Blewitt est le nouveau projet de Bjorn Eriksson, musicien qu’on a pu voir à l’œuvre au sein de Zita Swoon. Si on peut retrouver certaines influences du groupe de Steph Kamil (notamment « As happy as can be » qu’on dirait tout droit sorti de « Every day I wear…. ») au sein de ce nouvel avatar de la scène flamande, la musique pratiquée par Maxon Blewitt est quant à elle plutôt tournée vers le blues. Dans le cas présent, celui-ci se voit teinté de grosses influences pop saupoudrées de petits claviers que n’auraient pas renié les Rentals. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que l’ensemble sonne un peu trop sage. En effet, hormis le joyeusement vulgaire « Stupid Cupid », le reste de l’elpee paraît un peu trop « middle of the road » pour réellement convaincre. « We’ve got all our lives to celebrate », premier single de l’album, est bien sûr un chouette morceau au refrain pop entraînant…« Raining hearts », quant à lui, permet à Bjorn Eriksson de laisser aller sa voix à des intonations que Lou Reed n’aurait pas reniées. Mais, au fur et à mesure des écoutes, il devient de plus en plus évident que la plupart des titres auraient gagné à être traités avec plus de partis pris et ce tant au niveau du jeu et de la voix que des arrangements et de la production. Résultat des courses, si cet opus s’avère sympathique et agréable, il aurait cependant pu devenir beaucoup plus intéressant si certains risques avaient été pris… Pour rester de saison, disons que le premier album de Maxon Blewitt n’est qu’un bon Beaujolais nouveau alors qu’il aurait pu, avec un peu plus de corps, émarger aux grands crus…

Maxwell Street

Movin´along

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Maxwell Street réunit quelques figures séminales du blues anglais, des musiciens apparus au temps du british blues boom. Chris Youlden et Graham Vickerey se sont rencontrés en 1963 suite à une annonce parue dans le Melody Maker. Leur passion pour le blues les entraînent à vivre diverses expériences, dont celles du Down Home Blues Band et du le Lonesome Jax Blues Band en compagnie du futur Savoy Brown, Dave Peverett. En 1966, Graham monte son premier Shakey Vick Big City Blues Band flanqué du futur Foghat, Rod Price, à la guitare et de Mel Wright aux drums. Chris Youlden rejoint Savoy Brown en 1967. Il devient alors un des meilleurs vocalistes du blues anglais.
 
Chris, Shakey Vick et Mel Wright se sont retrouvés en 2002 pour enregistrer ces quatre titres sous le patronyme Maxwell Street. Un disque pour lequel ils ont reçu la collaboration du guitariste Bernie Pallo (NDR : il avait déjà joué pour Shakey) et du bassiste Peter Moody. Un Ep qui s’adresse aux nostalgiques du british blues. Plusieurs vocalistes se partagent le chant. Le grand Chris, deux titres. Il n’a rien perdu de son superbe timbre. Et le démontre dès le début de "Movin' along". L'accompagnement musical est sobre. Discret, l'harmonica se calfeutre dans l’ombre. Très anglaise, la guitare sort très peu de sa réserve. Youlden interprète encore "Bad mood blues" ; une plage imprimée sur un rythme plus proche de John Lee Hooker. Au cours de ce fragment qui ne manque pas d’allure, Shakey sort son l'harmonica. Une compo naturellement inspirée par Little Walter. Shakey chante "Somewhere in my dreams". Son timbre caractéristique est grave, sans trop de relief. Pallo extirpe un solo de ses cordes, mais sans jamais parvenir à faire jaillir l'étincelle que produisait les grands gratteurs anglais de l'époque. Shakey se réserve enfin "Just can't lose the blues", un morceau imprégné de south side Chicago Blues du maître des lieux : Muddy Waters en personne.

John Mayall

70th Birthday Concert

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John Mayall est né le 29 novembre 1933, dans un petit village près de Manchester. A Macclesfield, très exactement. Il y a déjà 40 ans que ce vieux loup mancunien a fondé une fantastique école du blues : les Bluesbreakers. Cette formation légendaire fut le rayon de soleil du british blues boom au cours des sixties, révélant ainsi à l’époque, de nombreux talents. Et en particulier, Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor. Ils n'avaient alors même pas vingt ans. A la fin de cette décennie, John allait émigrer vers les Etats-Unis, près de Los Angeles plus précisément, où il réside encore aujourd'hui. S'il négligea les Bluesbreakers dans les années 70, il revint à ses premières amours dans les années 80 ; mais flanqué désormais de musiciens essentiellement américains.
 
Le 19 juillet 2003, la formation s’est produite au Kings Dock de Liverpool pour plus de deux heures de fête, bénéficiant pour la circonstance du concours de quelques invités de marque. Le concert s’ouvre par deux titres interprétés sans le maître. Une excellent entrée en matière des Bluesbreakers illustrée par "Grits ain't groceries" et "Jacksboro highway". Le guitariste Buddy Whitington est un excellent chanteur, au timbre naturellement puissant. Il est entouré par l'inamovible Joe Yule à la batterie, Hank Van Sickle à la basse et Tom Canning aux claviers. Ce remarquable musicien a rejoint le line up lors de la confection de l’album "Stories". La tonalité de son orgue Hammond s'intègre vraiment bien dans l'ensemble. Mayall intervient alors pour une série de trois titres. La machine est parfaitement huilée. Elle carbure à plein régime sur les planches. John invite alors un ancien collaborateur qui l’épaula souvent tout au long de la carrière des Bluesbreakers : Mick Taylor. Il n’est sans doute plus aussi étincelant que dans le passé. Et puis n’a jamais eu l'âme ni les qualités d'un leader. Cependant, au sein d’un ensemble aussi soudé que celui-ci, il peut encore faire vibrer sa slide. Et il le démontre tout au long de la superbe version du slow blues "Blues for the lost days". Mais il est nécessaire de bien discerner les cordes ; car Buddy Whitington et Mick Taylor se réservent chacun leur tour une excellente intervention. Le style nonchalant de ce dernier, ponctuellement traité par des pédales, se distingue nettement. Une section de cuivres fait son entrée. Elle implique un vétéran, le trompettiste Henry Lowther et enrichit deux fragments écrits il y a belle lurette : "Walking the sunset", extrait de "Blues from Laurel Canyon", et "Oh, pretty woman", issu de "Crusade". Clapton opère un retour de prestige 38 ans plus tard. Le vieux John s'assied derrière le piano et entame "No big hurry", en duo avec Eric. Un léger frisson vous parcourt l’échine… Le deuxième morceau de plastique libère immédiatement une nouvelle dose d'émotion. Et pour cause, Mayall présente un illustre personnage qui a invité les premiers bluesmen noirs américains à se produire en Angleterre, au cours des années 50 : Chris Barber, un tromboniste qui drive son jazz band depuis une éternité. John, Eric et Chris interprètent "Please Mr Lofton". Un moment d’anthologie ! Comment rester insensible à cette complicité partagée par ce trio, sur les planches ? Les Bluesbreakers reviennent pour apporter leur dose de décibels nécessaires, épinglant pour la circonstance quelques plages notoires. Elles figuraient d’ailleurs au répertoire de Mayall lorsqu’il était accompagné de Clapton. Se succèdent ainsi "Hideaway" (NDR : un instrumental signé Freddie King), le fameux "All your love" d'Otis Rush, caractérisé par ses changements de rythmes (NDR : cette compo n’a pas pris une ride), le blues lent et torride "Have you heard" (une plage issue de l'album "Bluesbreakers"), sans oublier "Hoochie Coochie Man" et "I'm tore down", deux classiques que chante Eric. Mayall accorde son exercice de style à l'harmonica sur "It ain't right" de Little Walter. La fin du concert est proche. Mick Taylor réapparaît pour attaquer "California". Dans un style très jazzyfiant, que pratiquait John dans les 70’s. La fête s’achève en compagnie de toute l’équipe pour interpréter le classique de JB Lenoir, "Talk to your daughter". S’il faut reconnaître que nous ne sommes pas en présence du meilleur album du grand Mayall, cet opus demeurera cependant un témoignage de la remarquable longévité d'un artiste que personne, sans doute, n'attendait quarante ans plus tard…

John Mayall

Rollin´ with the blues Live

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Ce coffret réunit des enregistrements commis entre 1972 et 1982. C'est-à-dire ce qu’on a appelé "The second decade ». La première était évidemment consacrée à la fabuleuse histoire des Bluesbreakers, groupe phare du British Blues boom des 60s. Elle était illustrée par la succession de trois brillants gratteurs : Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor. Mayall allait finalement se fixer du côté de Los Angeles et monter une formation sans batteur, le drumless band, au sein de laquelle Jon Mark se réservait la guitare acoustique. Une période couronnée de succès et ponctuée par le célèbre "Room to move".
 
Celle qui concerne cet opus est moins prestigieuse, mais révèle pourtant d'excellents musiciens. Nous entrons ici dans sa période "Jazz blues fusion". Rappelez-vous d’ailleurs de cet album ‘live’ enregistré à Boston et New York, en 1972. C'est d'abord sur cette époque que "Rolling with the blues" s'arrête. Et tout d’abord le 2 mai 1972. A Francfort. Mayall est au piano, Clifford Solomon au sax ténor, Blue Mitchell à la trompette et Freddie Robinson à la guitare, pour un "Got you on my mind" brillant, très jazz. Une interprétation de très haut niveau! Epaulé par Keef Hartley aux drums, le bassiste Victor Gaskin accentue l’empreinte jazz. John met en évidence sa voix louvoyante sur "No smoking", un bon blues lent sur lequel il s'accompagne à l'harmonica, face à deux cuivres. Une plage vraiment délicieuse. John nous a fixé rendez-vous au même endroit, une année plus tard. Hormis Clifford Solomon qui a cédé le sax ténor à Red Holloway, les musiciens sont identiques. Mais nous n'y perdons pas au change. Cinq plages illustrent cet événement. Tout d’abord, "Feels good in Frankfurt". Blue Mitchell se montre brillant tout au long de ce blues relaxant, sans doute bien improvisé. Les musiciens ont le champ libre pour se mettre tour à tour en évidence. Victor Gaskin et Hartley ne s’en privent par sur "Next time around", et Blue Mitchell les imite sur "Filthy McNasty". Superbement chanté par Mayall, "Sad to be alone" est un nouveau blues lent. Il manifeste toute sa sensibilité exacerbée. Ce concert s’achève par "Make my bed tonight", un Chicago shuffle entraînant, sans doute inspiré par Jimmy Reed. Le second disque opère un changement radical. Il nous transporte d'abord en Californie. Nous sommes en mai 1980. Kevin McCormick à la basse et Soko Richardson à la batterie constituent une rythmique d'acier. Red Holloway est toujours au sax ; mais la guitare de James Quill Smith est beaucoup plus rock Mr Smith gratte cependant fort bien sur "Mexico City", mais dans un style résolument rock. Une chose est sûre, McCormick bétonne! Quill Smith remet le couvert pour "Gone from the canyon", un blues rock à la Clapton. Véhiculant des accents dramatiques, "Caught in the middle" démontre que Mayall n'est pas là dans sa période la plus enthousiasmante. Pourtant, son intervention à l'harmonica sur "John Lee boogie" est tout de même assez communicative. Elle est même hantée par l’esprit de Sonny Boy. Immortalisées en 1982, les cinq dernières plages sont consacrées au retour progressif des Bluesbreakers. Et chaque fois, on retrouve Mick Taylor à la guitare, Colin Allen aux drums, ainsi que John McVie ou Steve Thompson à la basse. Quelques vétérans de la grande époque ! Blues, le titre maître de l’elpee met en évidence le talent de Mick ; et en particulier son jeu si caractéristique à la slide. Cette même slide et le piano se conjuguent fort bien sur le doux et mélodique "Howlin' moon". "Sitting here alone" nous rappelle la grande époque du blues anglais. Cet excellent coffret réunit des bandes ‘live’ de qualité qui appartiennent à l'artiste. Un box ponctué par une interview en DVD.

Nathaniel Mayer

I just want to be held

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Dès les premières notes, "I wanna dance with you" nous conduit sur un funk entraînant. Une ouverture qui repose sur une rythmique solide, ponctuée de cris émis par le saxophone de Suzi Hendrix et traversée par une guitare au son très aigu. Toute la piste de danse est déjà comble, lorsque la voix de Nathaniel fait son apparition. Une voix soul, d'une pureté hors de l'ordinaire, qui transpire le vécu. Une voix qui ne doit guère forcer pour convaincre le public à le rejoindre sur le dance-floor. Une voix tout en relief qui se fond parfaitement à l’environnement sonore. Elle emprunte même les inflexions d’un vocaliste punk sur "I found out". En réalité une composition de John Lennon, totalement méconnaissable. La production la plonge de toute évidence au sein d’un environnement agressif. Tous les instruments se déchaînent dans le rythme, et en particulier les guitares de Dale Beavers et de Jeff Meier. Le climat s'apaise et le tourment s’éclaircit pour aborder "Satisfied fool". Une ballade soul vive, illuminée par ce chant communicatif. Nathaniel aborde chaque chanson comme si son univers personnel en dépendait. Jack Yarber, qui a composé ce titre, se charge ici des parties de guitare. "I'm in love" est une chanson pop/soul tellement contagieuse qu’elle s'insinue au plus profond de votre esprit. A cet instant, on croirait presque retrouver Sam Cooke ou même le Rod Stewart de sa meilleure époque. Superbe!! Une sensation qui réapparaît sur l’éclatant « You are the one ». Mais implacablement, le rythme refait surface. "Leave me alone" libère de la puissance par ses guitares. L’orgue Farfisa d'Adam Woodard nous ramène à une époque glorieuse des sixties. Celle des hits pop immortalisés par Question Mark & the Mysterians ou le Sir Douglas Quintet. Une étiquette qu’on pourrait également coller à "You gotta work" ; mais ici la puissance de feu du rythme est à son apogée. Nathaniel se met dans la peau de James Brown. Le saxo est jouissif. Impressionnante, la machine musicale laboure tout sur son passage. Support idéal, la section rythmique réunit Greasy Carlisi à la basse et Tino Gross à la batterie. Pas de moment faible sur cet elpee de brève durée. L'énergie incroyable persiste tout au long de "From now on". Rien n'est ordinaire chez Mayer. Ballade R&B, "Stick it or lick it" campe ici un style proche du Motown d'un Marvin Gaye ; mais la voix demeure sale, primaire et capable de tous les excès. L'album s’achève sur les derniers souffles de cet artiste de Detroit. Face aux sons tribaux, il exhorte son « What's your name » devant des guitares assoiffées, avides de prendre le pouvoir. Une oeuvre inattendue dans le catalogue Fat Possum pour un artiste majeur à la voix inclassable mais tellement belle.

Jerry Mccain

Boogie is my name

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Originaire de Gadsden, dans l'Alabama, Jerry est né il y a tout juste 74 ans. Il souffle dans son harmonica depuis l'âge de cinq ans. Un fameux bail ! Gamin, il se produisait dans les rues de Gadsden. Et c’est de cette époque que date son surnom de Boogie. Il est également capable de jouer de la batterie et de la guitare. Ses premières influences répondent aux noms de John Lee Williamson et de Sonny Terry. Mais il se montre aussi fort à l’écoute de Little Walter et de l'autre Sonny Boy, Rice Miller. Au cours des années 50, il enregistre pour les labels Trumpet, Nashboro et Excello. Mais c'est en 1960, à Birmingham (NDR : dans l’Alabama) qu'il met en boîte ses véritables classiques (NDR : parus chez Rex), dont l'instrumental "Steady" et surtout "She's tuff", une compo que les Fabulous Thunderbirds feront revivre bien plus tard, mais avec beaucoup de bonheur. On retrouve ensuite trace de sa discographie chez Okeh et Jewel ; et plus près de nos jours chez Ichiban et Wild Dog.
 
Jerry McCain est manifestement un des acteurs essentiels de la boogie music et personne ne songerait à lui contester ce surnom qui lui colle à la peau. C'est donc sans surprise qu'il ouvre les hostilités par le titre maître. L’accompagnement est discret, tant la place réservée au son largement amplifié de son harmonica acéré est prépondérante. Naturellement ravagée, sa voix a du vécu. Elle est le complément idéal de son instrument. Jerry maintient le rythme pour interpréter "My new next door neighbor". Le pianiste Clay Sawfford s'intègre bien au décor sonore."Big butt Sara" est du pur McCain. La trame musicale repose toujours sur le boogie. Greg Rowell à la basse, Ardie Dean aux drums et Ralph Lusian à la guitare font preuve à la fois d’une grande sobriété et d’une grande efficacité. La voix fatiguée de McCain laisse le plus souvent possible la voie libre à son harmonica dans lequel il souffle à sa manière, dans les sons très aigus, pratiquement à la rupture mais toujours sous contrôle. Prodigieux ! "Potato patch" est un blues lent, proche des swamp blues que Jay Miller dispensait. Du blues pur, forgé dans la sensibilité exacerbée. Boogie instrumental, "House party boogie" est imprimé sur un rythme modéré. A l’instar du long "Short skirt and big legs", Jerry continue à nous narrer ces petites histoires pleines de piment et de saveur. "Lowdown dirty rat" et les neuf minutes de "Cryin won't do no good" trempent dans le downhome blues comme nous n'en entendons que trop peu de nos jours. Boogie reste un pur et nous dispense un blues à ras de terre susceptible de vous fait hérisser les poils. Son accompagnement est minimaliste. Et il injecte une telle dose d'émotion et de désespoir en soufflant dans son harmonica que nous ne puissions vivre qu’un grand moment de blues! Autre instrumental, "Jimmy roll" libère pas mal d'énergie. Nonobstant la participation de grosses pointures (Jimmy Johnson, John Primer, Jimmy Vaughan, Anson Funderburgh et Double Trouble), "This stuff just kills me" (NDR : son précédent elpee, paru en 2000) m’avait moins fait flasher. Je lui préfère ce "Boogie is my name". Une plage qui s’achève dans un église : la Old Stone Holiness Church de Vinemont, dans l’Alabama. Jerry y échange quelques propos avec les prieurs. Actionné par Ralph Lusian, l’orgue est omniprésent. Et les quelques trop rares notes de l’harmonica majestueuses.
Les labels Blues Leaf et Music Maker sont distribués en Belgique par Luc Ghyselen, Blues Promotion, Spoorwegstraat, 15 – 8930 LAUWE – Belgique.

Cass McCombs

A

Jeune singer songwriter à la voix feutrée et câline, Cass McCombs signe, tout au long de ce premier album, onze pépites folk-pop d’une beauté rare. Rien de très recherché pourtant dans ces ballades douces-amères à la mélancolie certaine : une guitare, une batterie, parfois des claviers… Il n’en faut pas plus à Cass McCombs pour nous séduire : cet écrin ligne claire lui suffit. Voilà pourquoi, armé de ce disque, l’Américain ne rate jamais sa cible (notre cœur) : sans esbroufe ni débauche de moyens, il réussit à distiller de belles émotions là où d’autres se seraient englués dans une emphase de Cupidons shootés à l’élixir d’amour. D’ailleurs ce disque ne parle pas d’histoires à l’eau de rose mais de sentiments plus subtils et distincts, voire contradictoires. Partagé entre le cynisme lyrique d’un Lou Reed («période « Berlin ») et le jansénisme glaçant d’un Bill Callahan (Smog) qui serait produit par Nigel Godrich (« AIDS In Africa », le splendide « Bobby, King of Boys Town » et le slowcore « My Master »), Cass McCombs crée la surprise dans le petit monde fermé des songwriters. Vivement la lettre « B ».