L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Muriel Moreno

Toute seule

Pas très attirés par l'œuvre de Niagara, nous n'étions pas davantage emballés par la découverte du premier elpee solo de Muriel Moreno. La surprise n'en aura été que plus grande. Car cet album est excellent! Un disque que Muriel a écrit, composé et réalisé pratiquement toute seule. Et puis interprété, bien sûr. Au piano, à la guitare, à la basse, à la batterie et aux samples. Sans oublier les parties vocales. Chez elle. Dans un studio aménagé pour la circonstance. Gilles Martin n'intervenant qu'au tout dernier moment. Quatorze fragments au cours desquels elle épanche toute sa sensibilité féminine. Sa sensualité, sa spiritualité, son goût pour l'exotisme créole, jamaïcain, africain ou oriental. Dans un climat aussi énigmatique et glamour que chez Garbage. A l'aide de lyrics empreints de poésie visionnaire. D'une voix dont les inflexions sont capables d'osciller de Lio à Brigitte Bardot en passant par Shirley Manson...

 

Morcheeba

Who can you trust

Coupable de consommer du ‘trip hop’, Morcheeba clame son innocence. Nous, on veut bien! Massive Attack, Portishead et Tricky, ils ne connaissent donc pas. Pieux mensonge ! Bien sûr, leurs compositions sont imaginées et texturées au départ d'une râpe acoustique. Mais le développement ultérieur passe par un inévitable recyclage. Climatique, à la limite de l'occulte, mais recyclable, pardon recyclage, quand même (suivez la piste!). Depuis le funk jusqu'au blues en passant par la techno, le hip hop, le dub, l'acid jazz, le psychédélisme circa sixties et la pop. Un traitement qui implique aussi bien le recours aux samplings, aux scratchings et aux overdubbings qu’au sitar, aux claviers, aux cuivres et à la guitare électrique, même steel. Sans oublier la participation d'un quatuor à cordes (violons, violoncelle, alto) pour les remarquables "Howling" et "Col". Un opus qui ne manque pas d'allure, opérant une alchimie parfaite entre la technologie moderne et la magie du vaudou...

 

Nada Surf

High/Low

Qui n'a pas encore entendu "Popular " à la télévision, à la radio ou chez un copain? Un tube devenu en l'espace de quelques semaines un titre maître pour tous les ados. Et ce, grâce à la promo de sa firme de disques, bien sûr, mais aussi et surtout à F** Radio qui a choisi cette chanson pour assurer la bande sonore de sa nouvelle publicité télévisée. Et lorsqu'on connaît l'influence de cette fréquence sur les jeunes français et belges... Pourtant, il aura fallu près de cinq ans au groupe avant qu'il ne parvienne à s'extraire de l'incognito. Précisément lorsque Ric Ocasek (leader du défunt Cars et producteur de Weezer) a mis à leur service ses dons de producteur. Une opportunité qui les placera sur orbite. "High/Low " se situe au croisement de la musique pratiquée par Offspring, dans sa période la plus mélodique, Weezer (bien sûr!), Sonic Youth, et Whipping Boy (surtout quand Matthews Caws se met à déclamer ses textes). Bref, un album à l'image du single...

 

Number One Cup

Possum trot plan

Bien qu'issu de Chicago, Number One Cup n'a guère d'affinités avec la musique yankee. Mais bien insulaire. Celle de Yeah Yeah Noh et de TV Personnalities tout d'abord. Formations qui ont ouvert la voie à la new wave. Et puis également antipodale. Néo zélandaise, en particulier. Pensez aux Chills, Bats et autre Clean, ainsi que dans ses moments les plus humoristico-minimalistes, à Chris Knox. Au label ‘Flying Nun’ quoi ! D'autant plus que ce "Possum trot plan" est découpé en vingt fragments qui ne dépassent que très rarement les trois minutes. Des chansons arc-boutées sur des guitares pétillantes et infiltrées de claviers légèrement rognés... Excellent!

 

The Nixons

Foma

Un clou chasse l'autre! Alors que Stone Temple Pilots s'est presque totalement débarrassé de ses scories grunge, les Nixons viennent de prendre la balle au bond en récupérant, sans autre forme de procès, le créneau laissé vacant par le groupe californien. Maintenant, suffit pas de s'installer, faut également pouvoir assumer. Ce que le quatuor d'Oklahoma City ne semble pas encore prêt à faire, car si sa musique manifeste une même passion, une même fureur, une même puissance, elle n'atteint pas la même intensité, le même feeling, la même spiritualité. Et si la voix de Zac Maloy affiche les mêmes inflexions que celle de Weiland, elle ne témoigne pas d'une même passion, d'une même affliction. Conclusion: aucune des compositions de ce "Forma" ne parvient à sortir d'un trop relatif anonymat!

 

Mojo Nixon

Whereabouts unknown

La dernière fois que nous avons entendu parler de ce baroudeur (!) yankee, c'était en 1990. Relevant du défunt label ‘New Rose’, il venait d'enregistrer son sixième album, "Horny Holiday" en compagnie des Toadliquors, groupe exclusivement composé de Texans. Et tout naturellement il était reparti en tournée mondiale. Aux States bien sûr, au Canada, en Scandinavie mais également en Australie. Malgré son activité débordante et un passage furtif sur MTV, on ne peut pas dire que Mojo soit souvent parvenu à dépasser les limites de la confidentialité. Il nous revient aujourd'hui avec "Whereabouts unknown". Un album qui transpire inévitablement le boogie, le blues et le rythm 'n blues qu'il teinte parfois de roots, de country ou de jazz. Un elpee pour lequel il a reçu le concours de Will Rigby (des DB's) aux drums, d'Eric "Roscoe" Ambel à la production, mais surtout d'un formidable pianiste, Pete ‘Wetdawg’ Gordon, qui donne une coloration toute particulière à la solution sonore. Et en particulier sur le doorsien (Roadhouse blues?) "Mr Correct". Un disque qui implique deux covers. Une de W. Earl Brown", "If I can dream", et plus inhabituel des Smiths, "Girlfriend in a coma"...

 

Nirvana

From the muddy banks of the wishkah

Sans Butch Vig, Nirvana serait sans doute demeuré une obscure formation issue de la scène américaine. Sans Nirvana, cette même scène n'aurait sans doute pas permis à des groupes tels que Pearl Jam, Stone Temple Pilots ou Soundgarden de sortir de l'underground. Privé de Nirvana, le grunge est cliniquement mort. Reste sa discographie, de laquelle la postérité retiendra ce fabuleux hymne aux nineties, "Smells like teen like spirit ", des prestations live en demi-teinte. Et surtout des questions. A ce jour demeurées sans réponse. Pourquoi? Pourquoi Kurt Cobain a voulu mettre un terme à son existence? Etait-il complètement dépassé par la fulgurante ascension de sa formation?... Album live, " From the muddy banks of the whiskah " réunit des enregistrements réalisés entre 91 et 94. Des classiques, bien sûr. Depuis " Heart-shaped box " à " Polly " en passant par " Aneurysm " et l'inévitable " Smells like teen spirit ". Juste de quoi consoler les ‘nirvatologues’ en mal de ‘nirvanatologie’...

 

Newsboys

Take me to your leader

Newsboys vient de commettre un album très controversé. Tellement controversé que nous avons eu la perverse idée d'en rédiger une mini dissertation. (NDR : au beau milieu de l'été!) Par un plan dialectique, nous nous sommes mis dans la peau de deux types de mélomanes tout à fait opposés. D'un côté, l'ado qui découvre petit à petit les richesses infinies de la musique anglo-saxonne, sortant tous les samedis pour danser sur les tubes qu'ils a écoutés et réécoutés sur sa radio pendant la semaine. Celui-ci devra certainement apprécier ce "Take me to your leader". L'autre. Celui qui économise toute l'année pour pouvoir participer à la totalité des festivals estivaux et avoir ainsi le loisir d'applaudir les groupes qu'il a découverts par l'intermédiaire de la presse spécialisée. Celui-là n'ira pas dépenser ‘un balle’ pour cet opus. Conclusion, ce "Take me to your leader" n'est pas du tout un mauvais album. Et les onze compositions oscillant entre la pop fébrile, touchante des Manic Street Preachers et la new wave jadis étincelante, aujourd'hui ringarde d'Erasure ou de Human League, sont même très agréables à écouter. Mais l'intérêt de cet opus ne se limite bien qu'à çà. Pas vraiment notre tasse de thé...

 

New Wet Kojak

New Wet Kojak

Au sein de New Wet Kojak, on retrouve notamment Scott McCloud et Johnny Temple, respectivement chanteur et guitariste de Girls Against Boys, ainsi que Nathan Larson, également guitariste, mais chez Shudder to Think. Deux formations new-yorkaises qui inévitablement marquent de leur empreinte, non pas un projet, mais un groupe. Expérimental, c'est vrai, mais décidé à remettre le couvert à la première occasion. La musique de NWK n'est pas facile à écouter. Sombre, malsaine, urbaine, elle implique, en outre, une forte coloration jazz. Et même free jazz. Impulsion qui accentue davantage l'impression de spleen. Pourtant, au fil des écoutes, la torpeur se mue en fascination. Un peu comme si vous assistiez à la projection d'un film nauséeux, cauchemardesque, dans une salle froide, humide. Et que le suspense et la volupté des images granuleuses, tâchées de nicotine, parvenaient à vous tenir en haleine. New Wet Kojak : le rock sordide de Tindersticks rencontre le jazz pervers de Morphine...

 

Neurotic Outsiders

Neurotic outsiders

Imaginez un peu John Taylor, Steve Jones, Duff McKagan et Matt Sorum, réunis en studio. Ou pour mieux nous faire comprendre, le bassiste de Duran Duran, le guitariste des Sex Pistols, celui de Guns ‘N Roses épaulé par le drummer du même groupe, occupés d'enregistrer un album. Réunion improbable, nous rétorquerez-vous. Et vous avez tout à fait tort, car c'est exactement ce qui vient de se produire. Un disque pour lequel les quatre lascars ont reçu le concours de Jerry Harrison (Talking Heads, Heads) aux claviers et à la production. Ainsi que le bénéfice d'une signature sur le label de Madonna, "Maverick ". Excusez du peu! Et le résultat va au delà de toutes les espérances, les douze fragments de cet opus, impliquant une reprise du célèbre "Janie Jones" du Clash, débordant d'énergie électrique, de vivacité caustique et de passion ‘vitriolique’ (NDR: qualificatifs interchangeables!), comme si le quartette cherchait le chaînon manquant entre le hardcore juvénile d'Hüsker Dü et le métal stoogien d'Iggy Pop. Le tout raffiné de superbes harmonies vocales. Pour faire plus pop, of course!...

 

Mike Oldfield

Voyager

Écrit par

En 1973, Mike Oldfield gravait " Tubullar bells ", un elpee dont la musique allait servir de bande sonore au film d'épouvante, " L'exorciste "; et puis surtout dont les seize millions d'exemplaires vendus allaient permettre à Virgin, de devenir le premier label indépendant mondial... Depuis, il faut reconnaître que Mike traverse une crise d'inspiration plutôt grave. En 1991, il a même poussé le ridicule à son paroxysme en enregistrant un deuxième volume de " Tubullar bells ". Ce qui ne l'a pas empêché de cumuler les disques d'or et de platine. " Voyager " n'est ni meilleur, ni pire que ses précédents albums. Mais il a au moins le mérite de revenir à une forme plus classique de son interprétation. Exclusivement instrumental, il fait la part belle aux hymnes celtiques et aux envolées de guitare atmosphériques (ça rime!). Il y aborde de nombreux thèmes traditionnels écossais et irlandais, et notamment une adaptation de la bande sonore du long métrage " Barry Lyndon ", " Women of Ireland ". Pour grand public et inconditionnels exclusivement (!?!).

 

Ocean Colour Scene

Moseley shoals

En 1992, O.C.S commettait un premier album éponyme, œuvre qui alliait à la fois l'esprit baggy des Stone Roses, le psychédélisme de My Bloody Valentine, la pop des Faces et les harmonies vocales byrdsiennes. Depuis, on ne peut pas dire que le quartette de Solihull se soit montré particulièrement prolifique. En fait, la moitié du groupe accompagne régulièrement Paul Weller sur les planches. Et cette situation a retardé la sortie de ce "Moseley shoals" tout en donnant une nouvelle orientation à la musique. Aujourd'hui presque exclusivement inspirée par les sixties. Le rythmn'n blues, tout d'abord. Celui de Spencer Davies Group et des Animals, comme sur l'excellente intro "The riverboat song", caractérisé par les claviers rognés, les cordes de guitare gémissantes et le tempo syncopé. Manfred Mann, le Spooky Tooth circa "Tobacco road" et même les Moody Blues originels (ceux dont les nuits ne s'étaient pas encore drapées de satin blanc!), ensuite. Voire dans la plupart des cas! On y recèle même des traces de seventies sur "The day we caught the train", celles des Wings de Paul McCartney, en particulier; puis lors de cet épanchement d'intensité intimiste, presque ‘dylanesque’, sur "Get away"...

 

Ozric Tentacles

Become the other

Tout comme pour les albums précédents, le graphisme de la pochette est absolument remarquable. Cartoonesque, humoristique, coloré, il nous rappelle celui que Daevid Allen réservait à Gong. Gong, une source d'inspiration incontestable pour cet ensemble insulaire, sérieusement contaminé par le psychédélisme atmosphérique. Mais un psychédélisme dont les propriétés technologiques autorisent des incursions dans une foultitude de styles musicaux. Aussi bien dans le rock, le jazz, la new age, le reggae que la rock music. Le dub, également. Comme sur ce "Become the other" dont le climat n'a jamais été aussi proche de System 7, voire de The Orb. D'autant plus que les interventions vocales, déjà rares auparavant, ont été définitivement gommées. Reste donc la guitare, la basse, la batterie, la flûte et la panoplie de synthés. Bienvenue dans le monde cosmique, astral, d'Ozric Tentacles, pour y entreprendre un voyage dans le labyrinthe du subconscient. "Become the other", c'est le cas de le dire!...

 

Ozark Henry

I am seeking something that has already found me

Filip Tanghe et Piet Goddaer ont reçu le concours de Dan Lacksman pour coproduire leur dernier album, un duo flamand qui ne déparerait certainement pas la scène trip hop de Bristol, auprès de Tricky, Massive Attack et consorts. Son cocktail de jazz, de rap, d'avant-garde, de fusion (Zappa?), de jungle, d'ambiant et de pop traçant un chemin tantôt expérimental, tantôt mélodique sur un terrain favorable aux arrangements, aussi bien à caractère symphonique, électro-synthétique, qu'aux chœurs opératiques. Sans pour autant négliger l'instrumentation basiquement rock et les vocaux suavement, étrangement chuchotés...

 

Joan Osborne

Relish

La presse yankee ne tarit pas d'éloges cette jeune artiste, déjà comparée à Joni Mitchell, alors qu'elle vient juste de sortir son deuxième album. C'est vrai qu'elle possède une superbe voix. Fine, cristalline, sensuelle. Que ses textes qui traitent de sexualité, à l'instar de Liz Phair et de Tori Amos, ne manquent pas de pertinence. Ni d'impertinence. Ce qui fait très mode aujourd'hui. Et puis qu'elle voue une grande admiration à Bonnie Raitt, Bessie Smith, John Lee Hooker et Aretha Franklin. Maintenant, ne vous attendez pas à rencontrer une œuvre exceptionnelle. Ce "Relish" est de bonne facture. Epinglant de remarquables compositions arrosées d'urban blues et de folk rock. Telles que "St Teresa" et le single "One of us". Mais, en général, il privilégie les pop songs traditionnelles. Trempées dans la soul, le gospel ou le jazz ‘nightclubbien’. Des ablutions qui nous laissent sur notre soif. Paraît quand même que sur scène, elle a la pêche...

 

Yoko Ono

Rising

Écrit par

Paul, George et Ringo ayant accepté de ‘rebeatlesiser’ quelques démos de John, l'occasion était belle pour Yoko Ono de rompre avec le silence. Et puis surtout de permettre à son fils Sean, de faire son entrée dans le monde musical. Un multi-instrumentiste qui fait ici tout l'étalage de son talent. Yoko chante, bien sûr. Vocalise aussi. Suivant des oscillations très caractéristiques. Pensez à son album "Fly". Elle a également composé les lyrics. Et puis nous réserve, sur la notice de la pochette, un commentaire réaliste et déchirant sur les conséquences de la bombe atomique tombée sur Hiroshima en 1945... "Rising" s'avère finalement plus intéressant que nous l'espérions. Si les chansons de la deuxième partie de l'album se noient dans un relatif anonymat semi-acoustique, les sept premières se révèlent d'excellente facture. Abordant tantôt le punk ("Warzone", "I'm dying") ou le reggae funk ("Ask the dragon"), avec la même virulence que Nina Hagen, tantôt le minimaliste lo-fi ("Wouldnit" et "Talking to the universe") et même le garage ("New York woman"). Une excellente surprise!

 

-P-

P

Curieux nom pour ce groupe étrange (?!?!) au sein duquel on retrouve le chanteur de Butthole Surfers, Gibby Haynes, et puis surtout deux acteurs de cinéma, Johnny Depp et Sal Jenco. Le premier pour y tenir la guitare et le second pour assurer les percussions. L'enregistrement de cet opus a, en outre, bénéficié du concours de quelques grosses pointures. En l'occurrence Steve Jones, guitariste du mythique et défunt (?) Sex Pistols ainsi que Flea, bassiste de Red Hot Chili Peppers. Un disque assez inégal, mais qui recèle heureusement quelques excellentes compositions. En particulier le blues lancinant, sulfureux, "White man sings the blues", la cover d'Abba, "Dancing Queen", l'hommage au chanteur d'REM, Michael Stipe, et surtout "Oklahoma". Un boogie irrésistible, écorché par le vocal de Gibby et lacéré par des éclats de steel guitar, dispensés aussi sauvagement que sur la célèbre et mythique cover du "Who do you love" de Bo Diddley. Mais dans la version de Juicy Lucy. Dommage, d'ailleurs que tout l'album ne soit pas de cette trempe!

 

Puressence

India

Ce qui frappe d'abord chez ce quatuor mancunien, c'est la voix de James Mudrizki. Pas tout à fait falsetto, pas vraiment proche de Feargal Sharkey ni de McAlmont. Mais aussi frémissante et féminisée. Une voix qui donne une coloration toute particulière à la musique de Puressence, fondamentalement britpop. Avouant cependant un certain faible pour la cold wave, à l'instar de Whipping Boy. Pensez à Joy Division, mais également aux Chameleons. Une œuvre introspective, volatile, atmosphérique qui a bénéficié, pour la circonstance, de la production de Clive Martin (Flood). Chez ces authentiques stylistes du son, les mélodies rougeoient à l'intérieur de leur propre densité panoramique. Effaçant les frontières entre la matière, l'espace et le temps. L'énergie prend même souvent le pas sur la mélodie. Attention, le sens mélodique n'y est pas absent, même parfois dans une perspective hymnique, mais il épanche une sensibilité aussi cérébrale que passionnelle. Une mélancolie tumultueuse, figée par des lyrics personnels, presque autobiographiques, sombres, auto obsessionnels, exacerbés lorsqu'ils prennent une signification pseudo dramatique. Un superbe exercice de style, mais qui est probablement déjà occupé de flirter avec une nouvelle forme de courant néo progressif...

 

Psycho Motel

State of mind

Écrit par

Fatigué des tournées marathon de la vierge de fer, le guitariste Adam Smith abandonne le vaisseau Iron Maiden en 1989 pour se consacrer à son projet solo A.S.A.P. qui donne le jour à "Silver and gold", un bien piètre album de hard FM. Psycho Motel, premier effort de Smith après un silence radio long de sept ans gomme définitivement cette première escapade en solitaire et nous replonge en pleine vague hard US de la fin des années 80. Si une bonne moitié des compositions évoque le son carré et les mélodies "mainstraim" de Motley Crüe et de White Lion, d'autres fragments apparaissent comme un hommage ou un pied de nez à la tendance grunge. Le hit en puissance "Excuse me" qui conclut l'album ne dépareillerait pas sur le "Jar of flies" d'Alice in Chains. Dans la ballade bluesy "Western Shore", seule tache d'huile sur cet opus, la prestation de Solli (ex Son of Angels) n'est pas sans rappeler les exercices vocaux larmoyants du sieur Jon Bon Jovi lors de ses performances les plus insupportables. Si ce titre sirupeux venait à paraître en single, nul doute que le grand public serait trompé sur la teneur de ce "State of Mind", véritablement heavy dans son ensemble. Une étonnante résurrection!

 

Prong

Rude awakening

Dans l'univers post industriel, Nine Inch Nails, Killing Joke et Prong partagent une vision du metal de plus en plus semblable. Précis, sauvage, sombre, implacable, féroce et exempt de tout nombrilisme gratuit. Avec des textes engagés politiquement, souvent à connotations écologique. Faut dire que Paul Raven, ex basiste de Killing Joke, prend de plus en plus de place au sein de Prong. Et que pour enregistrer "Rude awakening", le trio a bénéficié du concours du claviériste et drummer de Nine Inch Nails, Charlie Clouser. Une perspective qui finalement ne diffère que par la qualité de la production. Et dans ce domaine, Tommy Victor, chanteur/guitariste du groupe et Terry Date (White Zombie, Pantera, Soundgarden) ont réussi un tour de force, là où, malheureusement Youth était totalement passé à côté de son sujet pour ciseler "Democracy"...

 

Pridebowl

Drippings of the past

Douze titres en 21 minutes! Par un calcul rapide, vous aurez rapidement compris que le temps consacré à chacune des chansons est plutôt restreint. Evidemment, pour un groupe punk pur et dur, cette recette n'a strictement rien d'étonnant. D'autant plus que les compositions de ce quintette suédois défilent à plus de 200 à l'heure. Un seul débrayage, "The Soft Song", juste avant d'aborder le virage consacré à China Drum. Pour le reste, "Dripping of the past" consomme un punkcore échevelé, sorte de Green Day survitaminé ou d'Offspring méticuleux (ça existe!) soucieux de la qualité de son carburant mélodique, régulièrement raffiné de cordes de guitares incisives mais aussi capable de déraper dans l'un ou l'autre riff métallique. Idéal pour pogoter !