La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Biohazard

Mata Leào

Juste avant d'entrer en studio, Bobby Hambel mettait les voiles, condamnant le combo à s'exprimer sous la forme d'un trio. Depuis, le guitariste prodigue a été remplacé par Rob ‘Das’ Echeverria. L'ex-guitariste d'Helmet n'a cependant pas participé à l'enregistrement de ce nouvel opus, même s'il peut déjà se targuer d'une bonne demi-douzaine de nouvelles compositions. Comme pour les elpees précédents, "Mata Leào" se penche sur des thèmes aussi contemporains que la pollution, le racisme, la corruption, la drogue ou la politique. Des thèmes abordés avec énergie, férocité, colère, conviction, passion, frustration et désillusion sur un mode hardcore contaminé par le hip hop et le metal...

 

Björk

Telegram

Ceci n'est pas un nouvel album de Björk, mais une collection de remixes qui fait la part belle aux arrangements, pulsions rythmiques, samples, et autres bidouillages caractéristiques de ce style de traitement. Un disque pour lequel elle a reçu le concours de la percussionniste Evelyn Glennie; mais également du quatuor à cordes " The Broodsy Quartet ", notamment sur le meilleur titre de l'opus, " Army of me ". Et puis, il y a toujours la voix puérile, sensuelle, succulente de la jolie Islandaise, dont la pureté du timbre nous a toujours sidérés. Et heureusement, ce timbre n'a pas été trafiqué. Nous n'en comprendrions d'ailleurs pas la raison! Attachant, mais pas indispensable...

 

Bad Religion

The gray race

Dans le domaine du hardcore yankee Bad Religion constitue manifestement un cas particulier. A l'issue de la sortie de son premier album, paru en 1981, il se sépare. Puis se reforme sept ans plus tard sans avoir le moins du monde altéré la nature de sa conscience sociale politique, ni son style musical. Disons simplement que le groupe en a profité pour aiguiser et affiner ses armes. Si bien qu'aujourd'hui il vient de commettre son neuvième album. Sous la houlette de Ric Ocasek. Quinze mélodies aux harmonies vocales douces et succulentes, mais aux lyrics acerbes, quinze hymnes de hardcore juvénile, imprimés sur un tempo irrésistible et fouettés de cordes de guitares cinglantes, mordantes. Et malgré une certaine linéarité dans le ton, les compositions parviennent à conserver, tout au long de cet opus, leur causticité, leur vitalité et leur profondeur...

 

Bandulu

Cornerstone

Formation de jungle par excellence, Bandulu s'inspire à la fois de la soul, du funk, de la techno de Détroit, du jazz, de l'ambient, du krautrock dans sa phase la plus synthétique, la plus ‘krafwerkienne’, et puis surtout du reggae. Ou plus exactement du dub. Témoignage encore vivant de la dernière explosion acid house qui a secoué la fin des eighties, Bandulu est cependant, comme tout projet techno qui se respecte, largement amphétaminé de tonalités tribales électroniques...

 

Bardo Pond

Amanita

Le Bardo Pond est un livre tibétain consacré à la mort, à l'au-delà... Mais c'est également le nom choisi par un groupe philadelphien. Un quintette qui pratique un psychédélisme cosmique, visionnaire, opiacé. A l'aide de moyens minimalistes, il privilégie les pulsations et les rythmes plutôt que de chercher à en extraire l'essence mélodique. Liquéfiant, par exemple, un même riff de guitare au sein de différentes couches de distorsion. Une formation qui, à l'instar de Mercury Rev et de Radial Spangle, cherche à briser les préceptes du rock 'n roll, mais refuse de les suivre dans une aventure trop pop à ses yeux...

 

The Bardots

V-Neck

Les Bardots font un peu la somme de tout ce qui se fait de mieux dans le domaine de la britpop. Depuis Suede à Verve, en passant par Gene, Radiohead et Whipping Boy. Mais ce quintet ne se contente pas d'en calculer le produit, élevant le résultat à une multitude d'exposants référentiels. Dérivés tantôt de la new wave des Only Ones, de Joy Division, d'Echo & the Bunnymen, voire, et surtout pour les arrangements, de Tubeway Army. Tantôt du glam de Bolan ou de Bowie. Avec un coefficient antipodal mélodique attribué par Midnight Oil et Church. Sur un dénominateur commun électriquement immaculé, carillonnant, théoriquement inspiré par le House of Love. Dont l'équilibre précaire entre la beauté et la sauvagerie est atteint avec une précision infinitésimale! Trêve d'élucubrations mathématiques, cet album recèle beaucoup trop de poésie et de sensibilité pour s'en accommoder. Découpé en douze compositions, il délivre une pop somptueuse, sensuelle, visionnaire dont la qualité languissante, sinueuse, vagabonde, est stimulée à la fois par le brio du guitariste Krzysztof Fijalkowski (Jeremy: à vos souhaits!) - frère de Piotr, soliste chez Adorable - et du vocaliste Simon J Dunford, doué d'un timbre falsetto, éthéré, exquisément angoissé, coincé quelque part entre celui de Steve Kilbey, de Richard Ashcroft et de Pete Garrett. Excellent!

 

Alain Bashung

Confessions publiques

Double album ‘live’ pour Alain Bashung. Vingt-six titres enregistrés à Sarlat, Toulouse, Evreux, Amiens, Paris (Zénith), Lyon et dans notre Forest National de Bruxelles, parmi lesquels vous retrouverez tous les classiques du genre "Osez Josephine", "Vertige de l'amour", "Ma petite entreprise", "Gaby oh Gaby", et vingt-deux autres...

 

Bay

Alison Rae

Bien que pratiquement inconnu sur la scène pop/rock contemporaine, ce duo vient de graver un double album. Si sur le deuxième morceau de plastique Jason Taylor et Aidan Moffat abordent un répertoire exclusivement acoustique, sur le premier disque, ils tâtent tantôt de la noisy (Sweverdriver, Ride), tantôt de la lo fi (Swell). Des expériences qu'ils ont cependant menées en complétant leur line up de trois musiciens studio. Et c'est sous cette formule que l'expression nous semble la plus intéressante. A cause de ces accords de guitares constamment ébréchés, mais terriblement efficaces, de cette ligne de basse mélodique et de ces vocaux éthérés. Un disque qui implique, en outre, une cover d' "In every dream home heartache" de Roxy Music et une autre empruntée à Nick Drake, mais dans une interprétation minimaliste, "Which will"...

 

Babybird

Ugly beautiful

Steve Jones est un compositeur particulièrement prolifique. De 88 à 94, il a écrit 400 chansons. Dont il en a sélectionné moins d'un cinquième pour graver quatre albums entre juillet 95 et mars 96. Soit en un peu moins de dix mois. " Ugly Beautifull " réunit une sélection de chansons issues de ce back catalogue. Reliftées. Ainsi que de nouvelles compositions. Vous avez certainement déjà entendu leur nouveau single qui ouvre l'elpee, "You're gorgeous", titre hyper mélodique, mélancolique, rogné de claviers poussiéreux. Il ne donne cependant qu'un aperçu très sommaire du potentiel de cette formation. Aussi bien capable de s'évader dans le psychédélisme minimaliste ‘sydbarettien’, que de renouer avec la tradition du ‘new mersey sound’. Pensez à Echo & the Bunymen et à Teardrop Explodes. Paradoxalement dynamisé par des accès de basse house, presque mancuniens (Happy Mondays?). Steve Jones possède en outre une voix caméléon, susceptible de détacher son phrasé hymnique, à l'instar de Bono, ou de faire vibrer la corde (vocale?) de notre sensibilité, en croonant, à la manière de Neil Diamond. Excellent!

Baby Chaos

Love your self abuse

Tout comme pour "Safe sex designer & the death of rock'n roll", les quatre babies glaswégiens ont soigné le design de leur pochette. Un zeste moins ‘Pulp fiction’, mais tout aussi suggestif. "Love your self abuse" dispense une énergie pure, juvénile. Le post grunge de Smashing Pumpkins, le grebo de Senseless Things et le punk pop de Manic Street Preachers entrent dans la formule basique de la plupart des compositions. Avec bien sûr des nuances. Psychédéliques, sydbarrettiennes, comme sur "Mental bruising for beginners". Contaminé par le punkcore d'Hüsker Dü (encore!) chez "She's in pain". Destiné à faciliter la rencontre mélodique entre XTC et le Clash sur le hit potentiel, "Hello"; avant de nous plonger dans un bain d'électricité garage, presque crazyhorsien pendant les 10 minutes du final remarquable "Loud & clear"...

Babylon Zoo

The boy with the x-ray eyes

Bien que n° 1 dans les charts, un peu partout dans le monde, on ne peut pas dire que la presse se soit montrée particulièrement prolixe à l'égard de ce citoyen de Wolverhampton. Faut dire qu'il n'en est qu'à son tout premier album. Et qu'il doit cette ascension vertigineuse à un spot publicitaire. D'une marque de jeans. La même qui a permis à Stiltskin de pointer le nez sur le marché du disque. Bref, dans le domaine de la réussite, Jas Mann fait un peu figure d'extra-terrestre. Pas seulement à cause de cette image sexy, androgyne, qu'il se plaît à cultiver. Tant visuellement que musicalement. Mais parce qu'à l'instar de Todd Rundgren, il s'est entouré d'une armée de computers, de synthés et de boîtes à rythmes. Un peu comme s'il voulait se préserver du monde contemporain. Ce qui ne le gêne pas pour adapter l'histoire de la pop insulaire à la sauce techno glam. On a même parfois l'impression de retrouver les Beatles, Depeche Mode, Sisters of Mercy ou Duran Duran, mais branchés sur "Internet". Il ne néglige pas pour autant la guitare. Quant à sa voix elle est constamment trafiquée, un peu à la manière de Bowie lorsqu'il voyageait encore dans le "Space Oditty". Vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'entendre le hit single "Spacemen". Truffé d'effets spéciaux il donne la coloration à cet elpee. Un disque étonnant, même si sur les planches, ce Babylon Zoo doit encore confirmer...

 

Backwater

Angels are cool

Au sein de Backwater, Boyd Lowe et Barry Peak se partagent la composition. Et on reconnaît immédiatement de quelle plume émane l'un ou l'autre titre, suivant le climat qu'il exsude. Boyd manifeste un goût très prononcé pour le punk malsain, décapant, privilégiant les morceaux brefs, qu'il nicotine de sa voix âcre, purulente, et auxquels il imprime un tempo presque binaire, à la limite ‘hawkwindien’. Beaucoup plus intéressantes, et surtout élaborées, les chansons qui relèvent de la muse de Peak nous plongent dans un univers atmosphérique, post noisy, riche en harmonies vocales soignées, et dont les mélodies sont soigneusement chromées par l'électricité des cordes de guitare, comme à la plus belle époque de Wipers, et même de Dinosaur Jr...

 

Aloof

Sinking

Derrière Aloof se cachent Jagz Kooner et Gary Burns, deux ingénieurs du son qui sévissaient autrefois au sein du défunt Sabres of Paradise. Mais également le percussionniste de Red Snapper, Richard Thair, le vocaliste d'Aberration, Ricky Barrow, ainsi que Dean Thatcher, responsable du projet et DJ particulièrement apprécié outre-Manche. Le trip hop climatique de ce quintet semble, à premier abord, inspirée par Portishead. Mais au fil de l'écoute les nuances s'accumulent et notre jugement se modifie. D'abord la voix intrigante, volatile de Ricky n'a pas la pureté cristalline de Beth Gibbons. Et puis le style basiquement électronique, fustigé de percussions luxuriantes et épisodiquement meurtri par une ligne de basse céleste, ‘joydivisionesque’ progresse sur un tempo languissant, énigmatique amplifié par un dub profond, presque acid house...

 

Amen (Sweden)

Silver

Amen, c'est avant tout un duo constitué de Johan Israelsson, vocaliste, et de Carl Herlofsson, guitariste, claviériste et producteur. Deux Suédois qui se partagent la composition, mais également le travail de studio. En fait, hormis la voix et la guitare, leur musique n'est que le résultat de manipulations technologiques, et en particulier de samplings. Un art du recyclage exercé avec autant d'habilité qu'un Tricky voire d'un Portishead, et responsable d'un groove particulièrement efficace. Sorte de trip hop où s'entremêlent hip hop, trash, funk, pop, industriel, ambient, rock, house et même la new-wave bénie par Spandau Ballet dans son "Chant n°1"... Amen!

 

Tori Amos

Boys for Pele

Chanteuse/compositrice/pianiste, Tori Amos lutte pour la condition de la femme contemporaine. Forte, indépendante et libérée. Affichant ses propres idées sur la sexualité. Sur la religion. Une attitude anti-fondamentaliste qui n'est pas vue d'un très bon œil de l'autre côté de l'Atlantique. Pourtant cette Américaine, issue de Caroline du Sud, vient de connaître une grosse déception amoureuse. Et son troisième album est un témoignage douloureux de cette séparation. Dix-huit compositions autobiographiques reflétant les sentiments de l'absence, du vide, du manque, à travers un langage riche, austère, vénéneux, érotique, mystérieux, ironique. Des lyrics caustiquement dédiés à ‘ses hommes’, qu'elle épanche de sa voix volatile, versatile, confessionnelle, capable d'enjamber tantôt les octaves, tantôt de souffler les émotions les plus pures, au creux de votre oreille. Une voix dont le timbre semble s'être glissé entre celui de Patti Smith et de Kate Bush. Pour tout accompagnement Tori se contente d'un clavecin ou d'un piano. Accords délicats essaimés à la manière de Carole King. Un album minimaliste, très épisodiquement souligné d'orchestrations ou d'arrangements, d'un zeste de percussions et d'un soupçon de guitare...

 

Angel Corpus Christi

White courtesy phone

Depuis la mi-eigthies, on ne peut pas dire qu'Angel Ross se soit montrée particulièrement prolifique. Il y a bien eu ce bide en 88, un instrumental en 89 et une compile en 90. Depuis nada! Il faut donc remonter à 1985 pour retrouver quelque chose de conséquent. C'est à dire lors de la sortie d'un album consacré à des reprises de Lou Reed, Patti Smith, Richard Hell, Ramones et Suicide. En compagnie de l'ex MX80, Rich Stim. Devenu depuis le guitariste d'ACC. Pionnière de l'art métal, poétesse post moderniste, récitant sur un tempo new wave d'une voix insouciante, fragile, des rimes sinistres, morbides, au sujet de la mort, du désespoir et de la sexualité, Angel est également accordéoniste. Un instrument qu'elle tente de remettre au goût du jour, à l'aide d'arrangements sophistiqués, empruntés à la technologie moderne. Et dans ce domaine, la production de Graig Leon (Blondie, Ramones, Fall, Eugenius, Jesus Jones, Suicide) fait absolument merveille...

 

Arcwelder

Entropy

Jusqu'à présent, les rares articles consacrés à Arcwelder laissaient filtrer de nettes prédispositions pour le punkcore, voire le popcore. D'autant plus que le trio est issu, tout comme Hüsker Dü, de Minneapolis. Mais cet " Entropy " rompt avantageusement avec son passé. Si l'électricité y est toujours aussi présente et l'énergie urgente, le sens mélodique est totalement desséché, ravagé. Les drums nettement en retrait, l'absence de groove et la ligne de basse pulsante mais oppressive nous ramenant à la limite du funk blanc. Mais un funk blanc malveillant, caustique, dans l'esprit des premiers albums de Talking Heads. Sans le fun ni l'exotisme. Mais avec une passion juvénile et une sensibilité pop comparable à Weezer. Etonnant!

 

Ben Arnold

Almost Speechless

Né à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Ben Arnold s'est plongé dans le monde du business d'une manière pour le moins originale. En fait, avant d'enregistrer ce deuxième album, il partageait son emploi du temps entre la cuisine et la musique. Maître-queux pour l'Electric Factory Concerts, traiteur spécialiste dans la préparation de repas pour les artistes rock aux States, ce job alimentaire (NDR: c'est le cas de le dire!) lui permettait en même temps de rencontrer la crème de la scène yankee. Faut dire que faire partie de la scène locale folk de Manayunk ou assurer la première partie des concerts de Richard Thompson, Shawn Colvin ou même de Randy Newman, ne devait certainement pas nourrir son homme. Aujourd'hui, le vent semble avoir tourné pour Ben, puisque signé par Ruffhouse, il vient d'enregistrer cet "Almost speechless" sous la houlette de Barrie Mc Guire (Wallflowers, Nathalie Merchant) et de Ian Cross (Urge Overkill). Si la musique cherche le chaînon manquant entre le Dylan de "Blonde on Blonde" et la pop yankee de Tom Petty flanqué de ses Heartbreakers (notamment à cause de recours au clavier ‘hammond’), vocalement Ben Arnold possède un timbre de voix aussi puissant, versatile et écorché que celui de Kevin Coyne. Et ça c'est une fameuse référence!

 

Ash

1977 Angel interceptor Goldfinger

1977 constitue une année symbolique pour ce trio issu d'Irlande du Nord, de Downpatrick très exactement. Tim, le chanteur guitariste et Mark, le bassiste y sont nés. En pleine explosion punk. Mais c'est également en 1977 que le film " La guerre des étoiles " est sorti. Une suite d'informations, à première vue, sans relation directe, mais qui après mûre réflexion, vous permettra de mieux cerner l'état d'esprit et la personnalité de ces trois jeunes musiciens. En fait, ils sont totalement fascinés par tout ce qui touche à la science fiction, aux phénomènes paranormaux et extra-terrestres. Et ils répercutent cette passion à travers (la plupart de) leurs lyrics, sur une musique découpée dans les cordes de guitare effilées, pétillantes, bourdonnantes, ravagée par l'énergie juvénile, exubérante, rafraîchissante du punk, fouettée par la voix fiévreuse de Tim, dont le timbre craquèle comme celui de Steve Kilbey (Church), et contaminée par une sensibilité mélodique pop irrésistible.

" 1977 " recèle plusieurs singles. Notamment " Girls from Mars ", " Kung fu " et puis les récents " Goldfinger " et " Angel interceptor ", dont l'intérêt procède surtout des inédits. Trois sur le premier, dont une cover de Smokey Robinson, " Get ready ", mieux connue par la version qu'en avait faite le Rare Earth, début des seventies. Deux sur le second, ponctué d'une autre adaptation, mais électronique du " Give me some truth " de John Lennon ". Toutes les compositions des différents morceaux de plastique sont coproduites par Gwen Morris, maître ciseleur chez Oasis. Comparaison n'est pas raison, mais il faut craindre que le succès ne commence à monter à la tête du combo. Déclarations tapageuses, vaniteuses, prises de position nihilistes, immatures, propension à l'outrage et à la débauche, conjuguée à l'alcoolisme et aux hallucinogènes nous rappelle quelque part le parcours de la bande aux frères Gallagher. Il n'y manque plus que quelques concerts qui tournent à l'émeute et le groupe sera alors taxé de nouveau Sex Pistols. Une forme de décadence qui appelle paradoxalement le succès. Allez donc comprendre pourquoi ? Pour la fine bouche ( !), l'elpee nous réserve en morceau caché, l'enregistrement des gerbes post soûlographiques d'un des musiciens du groupe, victime de ses propres excès…

 

Aztec Camera

Frestonia

La première écoute du sixième album d'Aztec Camera ne nous avait pas laissé une très forte impression. Probablement encore sous le coup de la déception du précédent opus, "Dreamland", nous n'avions retenu que le seul et excellent "Phenomenal world", sorti par ailleurs en single. Par déontologie, nous nous sommes quand même forcés à revenir sur le sujet. Et bien nous en a pris, puisque cette oreille plus attentive nous a permis de déceler les richesses profondes de ce "Frestonia"... Roddy Frame possède toujours ce timbre vocal nonchalant, douloureusement translucide, mais il a presque totalement abandonné sa guitare semi-acoustique au profit d'une râpe électrique, et puis surtout d'un piano, voire d'un clavier granuleux. Une instrumentation qu'il tisse subtilement comme un tapis mélodique aux motifs insidieusement orientaux. Nous sommes cependant ici à des années lumière du style postcard, qu'Aztec Camera partageait au tout début des eighties avec Orange Juice ou Haircut 100. Ce qui n'empêche pas Roddy de revisiter, mais d'une manière astucieuse, plus lisse, "Highland", "Knife" et même "Stray". Et en particulier sur "On the avenue", romance ciselée dans la sensibilité cristalline...

 

Able Tasmans

Store in a cool place

Le label Flying Nun nous réserve, la plupart du temps, d'excellentes surprises. Pourtant Able Tasmans n'en est pas à son coup d'essai, mais à son quatrième album. Comment est-il possible, d'ailleurs, que les trois premiers elpees de cet ensemble néo-zélandais aient pu passer inaperçus? Un véritable scandale! "Store in a cool place" mérite en tout cas de figurer, déjà, parmi les meilleurs opus de l'année. Un disque dont les mélodies pop croustillantes, irrésistibles sont constamment irradiées par les interventions de piano et/ou de clavier. Exceptions qui confirment la règle, les deux premiers morceaux de l'opus. "That's why" glacialement électrique, à l'instar des Chameleons. Puis "Giant" subtilement torturé par le psychédélisme... Un piano sonore, pénétrant, maîtrisé à la manière d'Ed Kuepper. Et puis un clavier délicieusement rogné, évoquant tour à tour, Inspiral Carpets, Little Nemo, les Stranglers, New Order, Sad Lovers & Giants et bien sûr le Clean. Avec des orchestrations aussi soignées que chez Modern English ("The wind changed"), les Smiths ("Mary Tyler Moore") et même Frank Zappa ("Ladies & gentleman"). Un formidable album qui se termine par un instrumental visionnaire de 12 minutes, "Parallax"... avant de retrouver, en bonus track, une version passée à l'envers du meilleur fragment de l'œuvre, "My name is Peter Keen"...