Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Indochine

Wax

Amour, sexualité, sensualité, rêves, la sensibilité adolescente profondément ancrée au navire Indochine est toujours aussi présente sur le nouveau CD du duo français. C'est en tous cas ces signes distinctifs qui ont fait du groupe ce qu'il est aujourd'hui. Quant à la musique, ni le départ de Dominique, ni l'endroit (Brusselles!!!), ni la production de Djoum (Kat Onoma, Urban Dance Squad) n'y ont changé quelque chose. Nous naviguons encore et toujours entre les rythmes chaotiques de Depeche Mode, la fibre mélodique de Telephone, la simplicité d'Etienne Daho et, nouveauté, la nostalgie de Pascal Obispo. Deux titres sortent quand même du lot. Le premier, " Kissing my song " où Indochine est parvenu à réaliser quelque chose de bien neuf. Le second " Drugstar " qui, par contre, nous a bien fait rire, nous rappelant le célèbre sketch des Inconnus, " Isabelle a les yeux bleus "... Heureusement, le reste de l'album tient très bien la route. Et après 16 ans de bons et loyaux services, nous devons quand même tirer notre révérence...

 

Indochine

Unita

Deux nouveaux CD pour le mythique (pourquoi pas?) groupe français Indochine. Deux compilations en vérité. La première: "Unita", qui n'est qu'un "Best of". La copie conforme du "Birthday album" sorti il y a quatre ans. Tous les standards du trio y sont repris. De "L'aventurier" (1982), à "Savoure le rouge" (1993). En passant par le sociopolitique "Les Tzars", le naïf et puéril "3 nuits par semaine", une version live du "3e sexe", le romantique "Le baiser" ainsi que sept autres chansons toutes aussi connues. Un point positif peut-être, l'inédit qui ouvre cet "Unita" et qui devrait être retenu sur un nouvel album prévu fin de l'année: "Kissing my song". Sorte de Depeche Mode français à la fois excitant et planant. Pour le second CD "Les versions longues", ce sont treize chansons qui ont été remixées afin d'allonger leur durée. Un disque tout aussi inutile. Les versions les plus courtes ne sont elles pas les meilleures ? En tout cas, on se demande vraiment ce que fait le groupe depuis qu'il est orphelin du guitariste/compositeur Dominique Nicolas. Sortir deux "Best of", un remix LP et un live en à peine 4 ans, c'est vraiment pas très sérieux. Surtout quand on connaît le potentiel de la formation. A quand l'‘Unplugged’ voire le ‘Tribute to’!

 

Jale

So wound

Quatuor exclusivement féminin, acronyme de Jennifer, Alyson, Laura et Eve, Jale pratique un popcore aussi spontané, fragile et contagieux que celui de Veruca Salt. Moins furieux, moins âpre cependant; sa texture épousant plutôt des caractéristiques country (Walkabouts) que métalliques (Pixies). Un combo canadien (Halifax, Nouvelle Ecosse) responsable de pop songs rafraîchissantes, spontanées, délicieusement saupoudrées d'harmonies vocales célestement sucrées...

 

Jack

Pioneer soundtracks

A l'instar des musiciens de Tindersticks, ceux de Jack se partagent une multitude d'instruments. Depuis la guitare à la batterie en passant par les drums, la basse, le piano, l'alto, le violoncelle, le violon, les cuivres et les claviers. En outre, les compositions sont également enrichies d'arrangements orchestraux sophistiqués, majestueux... Mais ici cessent les comparaisons. Déjà que Jack compte sept musiciens, alors que Tindersticks n'en dénombre que six; mais la véritable différence se situe au niveau du ton abordé par les deux ensembles. Glacial, ténébreux, nicotiné par le timbre vocal de Stuart Staples chez le sextette, il se révèle plus enlevé, plus remuant parfois, voire tempétueux chez la formation galloise. Une texture dont l'amplitude est dynamisée par la voix tantôt mystérieuse, susurrée, tantôt opératique, décadente d'Anthony Reynolds (Matt Johnson?) qui épanche ses lyrics dans un langage ésotérique, obsédé par la misogynie, l'alcoolisme et la déchéance humaine. Neuf fragments composent ce "Pioneer soundtracks", neuf mélodies exquises, tâchées de sensualité qui, dans un espace d'ombres et de lumières, vacillent ou s'estompent comme balayées par un tourbillon de mélancolie...

 

Jack Frost

Snow job

Snow Job constitue le deuxième album de cet ensemble australien drivé par l'ex Go-Betweens, Grant McLennan et le leader du défunt Church, Steve Kilbey. Un disque dont la sophistication du son frôle la perfection, à l'instar du premier opus éponyme du groupe. Un raffinement qui n'est pas sans rappeler la pop luxuriante d'un House Of Love, le psychédélisme intimiste de Robyn Hitchcock et l'éloquence moyenâgeuse de Paul Roland. Même si certaines compositions piochent manifestement dans l'histoire de la pop et du rock. Celui de la fin des sixties et du début des seventies, en particulier. Notamment "Dry rock" plus Stones que nature, cette "Little song" à la mod Kinks et le dylanesque "Angela Carter". Mais la quintessence de l'œuvre est atteinte sur le pénultième fragment, "Haze", petite perle de plus de six minutes dont la fascination obsessionnelle devient progressivement indélébile...

 

Jupiter Coyote

Lucky day

Écrit par

Allman Brothers Band, Doobie Brothers, Lynyrd Skynyrd, Toto et surtout les Eagles, toute une panoplie de formations qui doivent certainement hanter les nuits de ce quintette yankee. Jupiter Coyote (NDR: rigolez pas, mais chaque fois que je tape la première partie de ce nom, je remplace inconsciemment le t par un l!), aurait dû naître au cours des seventies. Sa sensibilité mélodique est finement sculptée dans un rock carré, sudiste, sophistiqué, privilégiant les harmonies de guitares jumelées, un peu comme si inconsciemment, il essayait de retrouver la formule magique de « Hotel California ». Mais le charme est rompu depuis bien longtemps!...

 

June

I am beautiful

Flanqué d'un nom pareil, il aurait été dommage de repousser la chronique de cet opus à juillet. D'autant plus que ce disque respire une certaine fraîcheur. Pour ne pas dire une fraîcheur certaine. Empruntée tour à tour à Lush, Throwing Muses, Veruca Salt, Sugarcubes, les Slits, Superchunk ou Archers of Loaf. Faut dire que la formation compte pour personnages centraux, une chanteuse et une guitariste. Les trois kids se partageant la seconde râpe, la basse et les drums. Un disque qui peut se révéler tantôt torturé, complexe ou intimiste démontrant, chez ce quintette une force créative hors du commun, même si parfois elle en devient oblique. "I am beatiful" constituerait apparemment le premier album du quintette, un morceau de plastique qui a bénéficié du concours de Jim Rondinelli (Sloane, Urge Overkill, Jayhawks) à la production.

 

Joyrider

Be special

Sois spécial! C'est le cri de cœur prononcé par ce quatuor issu d'Irlande du Nord. De Portadown très exactement. Une formation qui accorde beaucoup d'importance au poids de ses lyrics. Dénonçant tantôt les frustrations de sa génération ou s'élevant face au fanatisme religieux. Mais si le punk pop de Joyrider est aussi provocateur que celui de Green Day, il dispense cependant une énergie juvénile davantage insulaire. Plus proche d'Ash que des formations d'Outre Atlantique. Le groupe apporte d'ailleurs un soin tout particulier au sens mélodique de ses compositions, à l'instar des Undertones. Un mythe pour les Irlandais! Album frais, abrasif, percutant, "Be special" pioche même parfois dans l'univers hymnique du grebo. Celui de Senseless Things, de Ned's Atomic Dustbin et du défunt Wonderstuff. Ce qui justifie probablement le titre de cet album de Joyrider, déjà considéré comme grand espoir de la scène pop/rock britannique...

 

The Jon Spencer Blues Explosion

Now I got worry

Ce trio new-yorkais a la particularité de ne pas disposer de bassiste. Et de compter pour leader, l'ex-membre fondateur du défunt et mythique Pussy Galore, Jon Spencer, personnage qui partage, en outre, le leadership de Boss Hog, avec sa compagne Christina Martinez. Après trois elpees, pratiquement passés inaperçus, ce groupe vient de graver " Now I got worry ". Un opus pour lequel le trio a notamment reçu le concours d'une légende du rythm'n blues, Mr Rufus Thomas. Le blues électrique, saturé, sulfureux et totalement hypnotique du JSBE ne se contente pourtant pas de digérer des influences qui oscillent de John Lee Hooker à Robert Johnson. Il se tourne régulièrement vers un rock'n’roll mâtiné de jazz ou de funk. Sans pour autant renier ses obsessions dangereuses, sensuelles, primales, qu'il emprunte tantôt au minimalisme convulsif des Cramps ou au psychédélisme de Jimi Hendrix.

 

JJ Dogs

Space age president

Issu des cendres du Jesse James Gang, cet ensemble liégeois consomme un trash metal pur et dur. Labellisé Jason Rawhead, Channel Zero et en flattant un peu la marchandise Helmet. Bref pas de quoi fouetter un chat (ou un chien?), même si le guitariste ne se débrouille pas trop mal dans le style. Enfin, faut-il encore apprécier cette musique qui décape plus qu'elle ne flatte le tuyau acoustique...
 

 

The Jesus Lizard

Shot

Si à l'origine, Jesus Lizard courtisait un punk post Buttholes/Big Black/Happy Flowers, aujourd'hui il opère, à l'instar de feu Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) et de Nick Cave, dans le blues urbain, sordide, occulte. Les treize fragments de "Shot" macèrent ainsi au sein d'un climat malsain, pathétique, tourmenté, déchiqueté par des rythmes versatiles, venimeux. Découpés chirurgicalement par les cordes de guitares malveillantes, rampantes, rageuses, parfois même sous une forme "steel", comme sur l'excellent "Good riddance", ils suppurent de lyrics obscènes, répugnants, machistes, cyniques, proférés par le vocal gémissant, grinçant de Yaw, aussi grinçant et gémissant que celui du vocaliste des Pistols, John Lydon. L'album atteint même son intensité paroxystique sur "Too bad about the fire" et surtout lors du final "Pervertedly slow", composition qui aurait tout aussi bien pu appartenir au répertoire des Stranglers originels, si elle avait eu recours aux claviers.

 

Peter Jefferies

Elevator madness

Avant de se fixer à Vancouver, ce Néo-zélandais a transité par toute une série de groupes, parmi lesquels, nous retiendrons le Nocturnal Projections, This Kind of Punishment et Plagal Grind. Mais depuis son arrivée au Canada, cet artiste s'est surtout soucié de sa carrière individuelle. Ce qui ne l'a pas empêché de participer à l'enregistrement de l'album de Mecca Normal, " The eagle and the poodle ". Pour y assurer les drums, mais également la production. Jean Smith, chanteuse du groupe, lui a donc renvoyé l'ascenseur. Tout d'abord, en produisant cet " Elevator madness ", troisième album solo de Jefferies. Puis en lui offrant les services de l'ingénieur du son, Mark Cohen, donc le bénéfice des studios " Profile " à Vancouver. A l'exception des parties de guitare, Peter se réserve l'intégralité de l'instrumentation. Avec une prédilection pour le piano. Qu'il parvient à faire sonner, le plus souvent comme Ed Kuepper. Mais aussi comme Peter Hammill. Notamment sur l'étonnant " Satellites and sparks ", morceau qui n'aurait pas dénaturé le répertoire du citoyen de Bath. Et puis, comme pour conforter notre point de vue, il s'autorise même une incursion dans le prog rock sur " Shut out ", un morceau de prog rock, vous le suspectez, réminiscent du Vander Graaf Generator...

 

Kryptästhesie

Inner whirl

C'est probablement en éternuant que cet ensemble italien a découvert son patronyme. Il venait en même temps de choper le rhume de l'underground. Une épidémie que semble avoir contracté le label Delerium Rcds et dont les contaminations se précisent au fil du temps. D'après les premières analyses il s'agirait d'un virus à haute toxicité rencontré pour la toute première fois chez Terry Riley. En 1967, très exactement. Puis réapparu au cours des seventies sous une forme krautrock. En Allemagne. Les plus atteints furent Can, Neu et Faust. D'autres en ont présenté les symptômes, mais sans jamais véritablement conduire au même diagnostic. Frank Zappa, notamment, en pleine période ‘fusion’. Et puis Rick Wakeman. Extrinsèquement à Yes. Cosmic Overdose en a souffert d'une forme plus technologique. Au début des eighties. Le plus grave, dans l'histoire, c'est que ce fléau se cache ici sous une forme gothique post Bauhaus, atteignant même les cordes vocales qui n'appartiennent pourtant pas à Peter Murphy. Même sous une forme plus folk comme sur "Secret Power", le mal demeure sous-jacent. Dès qu'un Kryptästhesie survient, protégez-vous, sortez votre mouchoir...

 

Ivan Král

Nostalgia

Ivan Král, contrairement à ce vous auriez pu penser, n'est pas n'importe qui. Son père était diplomate en Tchécoslovaquie. Membre de l'ONU, sa prise de position dictée par le printemps de Prague, le force à s'exiler aux States en 68. Il y emmène toute sa famille. Le fils retombe assez rapidement sur ses pattes. Puisqu'il décroche un job aux studios Apple, pour y travailler en compagnie des Beatles. On le retrouve en 1975, au sein de Blondie. Membre originel du combo, il n'y séjourne cependant que huit mois. Pour rejoindre le groupe de Patti Smith. Il y restera jusque la dissolution de la formation. Soit en septembre 79. Un épisode marqué par l'enregistrement de quatre elpees, pour lesquels il écrit ou coécrit la quasi totalité des compositions. Guitariste pour Iggy Pop, le temps de commettre "Soldier" et "Party", il embrasse alors une carrière de musicien de studio et de producteur. John Cale l'enrôle cependant pour tenir la râpe sur "Cowgirls get the blues". Figurez-vous que même Bowie a repris une de ses compositions, et que Bono ainsi que Tina Weymouth (Talking Heads) lui vouent une grande admiration. Mais allez comprendre pourquoi il vient seulement de commettre son premier album solo? Une œuvre découpée en douze fragments de pop mélancolique, que stimulent des accords de guitare chatoyants, légèrement reverb, dispensés à la manière de Lloyd Cole, lorsqu'il était encore flanqué de ses Commotions. A moins que ce ne soit l'inverse! Et pour que l'information soit complète, sachez que pour la circonstance, John Cale et Patti Smith lui ont renvoyé l'ascenseur.

 

Mark Knopfler

Golden Heart

Premier véritable album solo pour Mark Knopfler, chanteur et guitariste du célèbre Dire Straits. En fait, jusqu'à présent, ses expériences individuelles étaient exclusivement consacrées à la confection de bandes sonores cinématographiques. Notamment pour les films "Cal", "The Princess bride" et "Last exit to Brooklyn". Pour enregistrer "Golden Heart", Mark a bien sur reçu le concours d'une panoplie de musiciens réputés. Son pote claviériste Guy Fletcher, tout d'abord. Et puis surtout Sean Keane et Derek Bell des Chieftains. Un album qui finalement ne s'écarte pas tellement de la ligne de conduite de Dire Straits. C'est à dire sans mauvaise, ni bonne surprise. Sauf peut-être sur "Done with Bonaparte", composition allègre taillée dans l'esprit du folk traditionnel irlandais. Avec violon, accordéon, flûte et cornemuse. Reste plus d'une heure de musique au cours de laquelle Mark exprime toute la mesure de son talent, de sa dextérité et de son feeling à la guitare. Malheureusement, on ne peut pas dire que les chansons soient particulièrement originales. Et ont parfois même un goût de réchauffé. Nous ne comprenons d'ailleurs pas pourquoi il lui a fallu deux ans pour terminer ce "Golden Heart"...

 

Kiss My Jazz

In doc's place friday evening

Ex-dEUS et matière grise de Moondog Jr, Rudy Trouvé nous propose à travers cet "In doc's place friday evening" ses élucubrations sonores dans le domaine du jazz funk. Des expérimentations qu'il a menées en compagnie de toute une série de musiciens de son entourage. Ceux de Deus et de Moondog Jr, of course, mais également d'Evil Superstars, de Bad Influence, sans oublier les musiciens de studio. Un opus qui sort sur le label de Bill Laswell (NDR: ça rime!), "Knitting Factory". Donc supposé cibler un public intello. Pourtant, si les compositions de ce morceau de plastique laissent peu de place à la structure mélodique ou rythmique, il faut bien reconnaître que l'ensemble ne manque ni de swing, ni de feeling. Un feeling bien particulier qui n'appartient qu'à Rudy. A sa voix, à sa guitare, à son approche à la fois pop et progressive de la composition...

 

Kiss

MTV Unplugged

Nous n'avons jamais été de grands admirateurs de Kiss, il faut l'avouer. Groupe préfabriqué par excellence, surfait par conséquence (NDR: ça rime!), il a véhiculé pendant de nombreuses années une image glam outrancière, grandguignolesque. Ce qui ne la pas empêché de décrocher de multiples disques d'or et de platine, en débauchant un public fort jeune, consommateur de hard rock simpliste et stérile. A bout de souffle l'ensemble finira cependant par se séparer avant de refaire surface tout récemment à l'initiative d'MTV. Au cours de sa célèbre émission "Unplugged". Sans son drummer, bien sûr, décédé en 1991. Pour accorder un set basiquement acoustique mais réélectrifié. Première constatation, le combo s'est offert un matos ultra sophistiqué. De quoi faire pâlir de rage la plupart des guitaristes en herbe. Et même expérimentés. Pourtant, malgré les conditions favorables, le résultat se révèle de piètre facture. L'interprétation minimaliste cherche vainement un espace entre l'ELO privé d'arrangements symphoniques et un Kansas exsangue de ses harmonies vocales. On a même droit à un blues ‘ledzeppelinien’, "I still love you", qui cherche tout aussi vainement son second souffle (!). Parait que cette réunion a suscité chez le groupe une envie de repartir en tournée. En voici une très mauvaise nouvelle!...

 

King Loser

You cannot kill what does not live

Tout comme Bailterspace, King Loser est fasciné par la face austère, sauvage de l'électricité. Deux formations qui relèvent également de ‘Flying Nun’, mais qui paradoxalement se démarquent totalement des autres artistes du label. Clean, Chills, Verlaines, JPS Experience, Able Tasmans, en l'occurrence. Ce qui ne veut pas dire que ce trio soit négligeable. Disons simplement que son approche musicale est plus expérimentale. Plus complexe même que celle défendue par Bailterspace. Plutôt que d'explorer un monde parallèle à Sonic Youth, King Loser affronte le psychédélisme. Celui du Floyd originel tout d'abord. Pensez à "The pipes at the gates of dawn". Du psyché punk des sixties. Suffit de réécouter le catalogue "Peebles" pour s'en rendre compte. A moins que vous ne soyez un accro des sonorités de guitare ‘reverb’, ‘surf’. Plus urbain également. A l'instar des Doors ou d'Iron Butterfly. A cause des claviers rognés ou des cordes de guitare geignardes. Contemporain également. Sur "Shake your wings" plus Cosmic Psychos que nature. Un album qui implique, en outre, une cover de Nancy Sinatra et de Lee Hazlewood, "76 comeback", et puis un pastiche du célèbre "Dazed & confused" du Led Zep, rebaptisé pour la circonstance "Flippin the bird". "You cannot kill what does not live" n'est pas, il est vrai, très accessible, mais il a le mérite de revitaliser le passé plutôt que de le revivaliser! Nuance!

 

Killing Joke

Democracy

Killing Joke est un groupe que nous portons très haut dans notre cœur. Parce que son style post punk, post moderniste a énormément apporté à l'évolution de la rock music. Parce que ses textes ont toujours eu une portée visionnaire, sociologique, à la fois originale et éclairée. Et pour "Democracy", les lyrics sont à nouveau à la hauteur, traitant de politique, de pseudo-démocratie, de pollution, de gaspillage d'infrastructures, de la traque déguisée aux SDF... Mais déontologiquement, il nous est impossible de vous conseillez ce "Democracy". Parce que la production a été ni plus ni moins bâclée. Nous ignorons ce que Youth a fabriqué, mais le son est filandreux, uniforme, chaotique, aussi peu soigné que celui d'un bootleg. Le style de disque qui risque de mettre à nouveau le péril le fragile équilibre du groupe. Et pourtant, avec un autre traitement, la matière première aurait pu à nouveau atteindre le sommet de "Pandemonium". Faudra peut-être attendre les remixes...

 

Kepone

Skin

Ce trio yankee (Richmond, Virginie) tire son patronyme d'un pesticide tristement célèbre, responsable de dégâts irréparables sur le système nerveux des consommateurs. Une vision assez sinistre de l'Amérique que le groupe s'évertue de répercuter à travers sa musique. Punk! Mais pas punk pop, à l'instar de Green Day, Rancid ou Offspring. Mais plutôt punk funk à la coloration post industrielle. Pensez à Black Flag, Minutemen et surtout au Therapy ? originel. Encore que le climat malsain, viscéral, claustrophobe, entretenu tout au long de cet opus, nous rappelle plutôt Captain Beefheart. "Skin" constitue le deuxième album de Kepone, et il dispense une adrénaline pure, générée par une instrumentation fondamentalement viscérale (ligne de basse syncopée mais précise, drums féroces, obsessionnels, cordes de guitare distordues, grésillantes, tempo soutenu) égratignée par les vocaux amers, gémissants de Tim Harrin et de Michaël Bishop; solution épisodiquement traversée d'accords de piano angoissants. Un elpee découpé en dix fragments, dont le dernier, "Thin solution", adopte un profil plus insidieux, plus douloureux encore, sorte d'urban blues pratiqué habituellement par Cell...

 

Kelley Deal

Go the sugar altar

L'aventure menée par Kim Deal au sein des Amps aura donc donné des idées à sa sœur jumelle Kelley, puisqu'elle vient d'enregistrer un premier album, " Go to the sugar altar ". Pas tout à fait en solo, puisqu'elle s'est entourée d'un véritable groupe. Avec lequel elle vient d'ailleurs d'accomplir une tournée européenne. La musique de Kelley Deal 6000 s'avère cependant beaucoup plus expérimentale que celle des Breeders, naviguant à la croisée des chemins de la country éthérée de Cowboy Junkies, du punkcore des Pixies circa " Surfer Rosa " et du country/garage/blues capricieux de Giant Sand...