L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Vic Chesnutt

Is the Actor Happy

Est-ce que l'acteur est heureux?  Peu probable lorsqu'on sait que ce Géorgien est paraplégique depuis l'âge de 23 ans. Suite à un accident de voiture. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit devenu neurasthénique. Simplement, il puise aujourd'hui sa muse à travers une vision singulière, mordante, réaliste et même humoristique du monde contemporain, visions nées de ce coup du sort. Si sur ses trois albums précédents, ses chansons adoptaient un profil essentiellement acoustique, pour "Is the actor happy?" il a injecté davantage d'électricité. Vivifiante, à l'intensité blanche, presque ‘remesque’, comme sur les remarquables "Strange Language" et "Free of Hope". Le tout enrobé d'arrangements semi-acoustiques chauds, subtils et séduisants. Des chansons qu'il interprète un peu à la manière d'un conteur, d'une voix grave, gémissante, étranglée par l'émotion. Epatant!

 

The Charlatans

The Charlatans

En 1990, la scène de Manchester était en pleine ébullition. Au fourneau : Stone Roses et Happy Mondays. Tout ce qui touchait à la house se transformait en hits potentiels. Hormis James et New Order, qui chacun à sa manière refusait d'entrer dans la danse (enfin presque!), la plupart des groupes du coin en ont profité pour sauter dans le train en marche. Et notamment Northside, New Fads, Paris Angels et les Charlatans. Cinq années plus tard, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de l'Irwell. Stone Roses vient enfin de sortir son deuxième opus, les Happy Mondays ont splitté pour renaître sous la forme de Black Grape. Malgré tout leur talent, les New Fads ne parviennent toujours pas à se dépêtrer de la zone crépusculaire de l'underground. Alors que James hésite entre y retourner ou s'y extraire définitivement. New Order s'est désintégré. Reste finalement le plus productif, le plus persévérant, et probablement le moins charlatan du lot: les Charlatans. Responsable de quatre elpees en une demi-décennie! Si le nouvel album bénéficie encore du concours de Steve Hillage à la production, il ne l'est plus qu'aux deux tiers. En fait, le quintette lui reprochait de dénaturer de plus en plus son expression. De la sophistiquer à outrance. Et ont remercié Steve au beau milieu des sessions d'enregistrement. Ne conservant finalement que l'ingénieur du son Dave Charles, question de superviser leur première autoproduction. Eponyme, ce morceau de plastique revient donc à une forme plus classique, plus garage du style des Charlatans. Avec un zeste de funk, des cordes de guitare crépitantes, distordues, des claviers délicieusement rognés mais jamais envahissants, sans oublier le vocal indolent, ouaté de Tim. Bref, un excellent disque, auquel nous ne pouvons adresser qu'un seul reproche, celui d'inclure quatre fragments déjà sortis en singles...

 

Cast

All Change

Cast puise son inspiration dans la pop des sixties. Mais peu instantanée, elle nécessite quelques auditions avant d'être appréciée à sa juste valeur. La pop des Beatles, bien sûr, dont la formation revendique une partie de l'héritage. Mais également du Who dans sa phase originelle ; mod pour être tout à fait précis. Ce qui explique sans doute pourquoi certaines compositions de cet "All change" exhalent un parfum Jam. Pop, mais également glam. Pensez à TRex. Et puis punk. Pas le punk insulaire. Mais bien new-yorkais. A cause du son de la guitare dont le phrasé reverb rappelle inévitablement Tom Verlaine. Sans oublier le petit côté house, scally, pulsant, mancunien, emprunté aux Stone Roses voire aux Charlatans. Douze titres qui recèlent les singles "All Right" et "Finetime". Douze superbes mélodies hymniques, mélancoliques, contagieuses, caressées par la superbe voix de John Power dont le timbre campe un hybride entre celui de Brett Anderson (Suede) de Jarvis Cocker (Pulp) et du Liverpuldien Ian McCulloch (ex-Echo & the Bunnymen, aujourd'hui Electrafixion). Matière grise de Cast, mais aussi et surtout leader du défunt et regretté LA's, John Power est également natif de Liverpool. Et ça, c'est une référence!

 

The Clean

Modern Rock

Il y avait cinq ans que le mythe néo-zélandais n'avait plus donné signe de vie. Lors de l'enregistrement du précédent opus, "Vehicle". Concocté à l'issue d'une tournée qui célébrait la réunion du groupe, séparé depuis 1981. En fait, les musiciens de Clean étaient trop absorbés par leurs expériences personnelles. David Kilgour en solo et Robert Scott dans son périple à travers le monde, pour épauler Bats. Et puis le trio avait décidé de se réunir sans contrainte, lorsque le besoin s'en serait fait sentir. "Modern Rock" en est donc le résultat. Un disque déconcertant. Pop, bien sûr. Mais hanté par des claviers. Krautrock (Neu, Can), obsessionnels (Blue Orchids?), minimalistes (Stereolab?) ou même rognés par les sixties (Doors ? Iron Butterfly ?) Les mélodies tendres mais énigmatiques, spontanées et vibrantes, épanchent une mélancolie stimulante. Parfois à la sensibilité proche d'Ed Kuepper, sur "Linger longer", notamment, lorsque frissonne les accords de piano frémissants ou encore de House of Love dans "Something I need" et "Do your think", mais avec une texture de cordes de guitare totalement différente, semi-acoustique. Un disque à la fois étrange, rafraîchissant, de "Modern Rock" quoi!

Clawfinger

Use your Brain

Réponse scandinave à Henry Rollins, Clawfinger adopte une tactique identique pour défendre ses convictions sociopolitiques (ça rime!) Mêlant le rap, le trash metal et les samples avec la provocation de Faith No More. Les mots et les accusations avec l'hostilité de Rage Against The Machine. Un arsenal de munitions qui lui permet de disposer d'une force de frappe assez impressionnante sur les planches. Exercée en 1995 lors de l'édition du festival jumelé Torhout/Wechter. "Use your Brain" constitue son deuxième album. Douze missiles chargés de poudre et d'explosifs. Malheureusement, deux seulement atteignent leur cible."It" et "Undone". Plus subtils, plus mélodiques, ils exhalent une certaine toxicité prog rock atmosphérique, énigmatique, héritée de l'univers de Mahavishnu Orchestra. Dommage que tout l'album ne soit pas de la même trempe!

CIV

Set your goals

Issu des cendres de Gorilla Biscuits, ce quatuor new-yorkais se réclame de Youth of Today, Quicksand et autre Underdog, tout en partageant la même vision hardcore que Sick of It All, Bad Religion et Rage Against The Machine. Produit par Walter Schriefels, leader de Quicksand, et Don Fury (Helmet), ce "Set your goals" semble davantage contaminé par le punk pur et dur des Adverts, Damned voire Eddie & the Hot Rod que par leurs condisciples. Les caractéristiques hardcore n'apparaissant en fait que par bouffées...

 

Carter USM

Worry Bomb

Elargi à un trio depuis l'engagement d'un batteur, Carter USM nous propose aujourd'hui son cinquième album. Un disque aux lyrics toujours aussi engagés, mais beaucoup plus sombres, plus angoissés, parfois même cliniquement dépressifs comme chez Manic Street Preachers, nonobstant ces traits d'esprit très caractéristiques de Jim Bob ou de Fruitbat. Un opus qui alterne, suivant le schéma habituel, l'excellent et le dispensable. Le pétillant et l'insipide. L'agit pop hymnique, mordante et la ballade fatiguée. Ce qui n'empêche pas ce "Worry Bomb" de receler quelques petites perles comme "The young offender's mum", "Gas (man)" et le single "Let's get tattoos"...

 

Carmel

World´s gone Crazy

On ne peut pas dire que la musique de Carmel soit particulièrement originale. Soignée, certainement. Un mélange de reggae, de rythm 'n blues, de jazz, de blues et de folk latino qui lui a permis de cartonner dans les charts en 1983 avec "Bad day" et "More more more". Mais un style qui correspond davantage à la programmation de la bande FM. La formation en est aujourd'hui à son septième album, qu'elle produit en compagnie de Julian Mendelshon (Level 42, Associates, Pet Shop Boys). Mais sur les dix titres, hormis le ‘sadien’, climatique "Jacqueline" et "Save our world from drowning", élégamment enrobé d'orchestrations symphoniques, ce "World's gone crazy" n'a strictement rien de crazy...

 

The Cardigans

Life

Une éclaircie dans le ciel désespérément gris du hardcore et du grunge. Provoquée par un quintet suédois. Pop de surcroît ! Vous pensez inévitablement à Abba. A ses mélodies brillamment aseptisées. A ses harmonies vocales raffinées, sucrées. Ne plantez quand même pas trop vite le décor, car si les chansons des Cardigans sont aussi duveteuses, élégantes et maniérées que celles de leurs illustres aînés, elles piochent davantage dans les fifties que dans les sixties, exsudant un sentiment cinématique, allègre, bcbg. Texturées à la fois dans le jazz, le surf et le music hall (Nancy Sinatra, Marilyn Monroe), ainsi que le postcard des Smiths et d'Orange Juice, elles peuvent même se révéler brillantes. Comme sur le single "Carnival", "Daddy's car, "Sick and tired", "Hey! Get out of my way" ou "Sabbath bloody sabath". Caressées par le timbre vocal tendre, sensuel, malicieux de Nina, proche de celui de Sarah Cracknell (Saint Etienne), elles s'agitent alors au contact de la guitare. Electrique à la ligne claire ou semi acoustique et syncopée. Sans oublier les drums feutrés, les accès de basse moites et les claviers poussiéreux. Lorsqu'elles ne se laissent pas bercer par une indolence linéaire propice à la mélancolie rêveuse...

 

Cardiacs

Sampler

Ce disque n'est pas un ‘best of’, comme le précise le booklet, mais un sampler consacré au groupe excentrique Cardiacs. Treize fragments choisis parmi des albums enregistrés depuis 1988, dont un inédit, "Angleworm the Angel", issu de son prochain opus, et surtout son seul hit "Is this the life". Par contre, rien n'a été retenu entre 1977 et 87, période considérée comme la plus créative du combo, mais il est vrai discographiquement la moins soignée. Un groupe auquel il a toujours été reproché d'hippifier le mouvement punk. Sur ce "Sampler", les différentes chansons semblent même parfois chercher à agréger des styles aussi différents que ceux empruntés à Gentle Giant, Brecht, Devo, Van der Graaf Generator et Carter USM. Une expérience souvent très réussie. Mais à forte coloration progressive. Imaginez une explosion de pétales et de poussières d'étoiles jetées à la face de l'obscurité...

 

Luca Carboni

Mondo

Pour apprécier pleinement cet opus de Luca Carboni, il est nécessaire de bien pratiquer la langue de Verdi. Les lyrics sont en effet primordiaux chez ce Bolognais ; des textes qui reflètent un état d'esprit à la fois désespéré et révolté face à tout ce qui cloche dans le monde contemporain. Malheureusement, cet artiste a beau être attentif aux problèmes de sa génération, son support sonore émarge à la musique légère, très légère, italienne. Aux variétés quoi!

 

Candlebox

Lucy

Des clichés, des clichés et encore des clichés. Métalliques, grunge, trash, revivalistes. Empruntés tantôt à Alice in Chains, Extreme, Soundgarden, Led Zep ou même à Lenny Kravitz (!). Parfois reproduits avec une redoutable efficacité. Comme sur "Lucky", "Butterfly" ou "Simple lesson". Mais trop souvent dépourvus de la moindre subtilité. Pourtant, le vocal irascible, écorché, maléfique de Kevin Martin favorise l'exercice d'un climat malsain, menaçant, stimulant. Mais l'absence de véritable ligne mélodique conjuguée aux dérapages intempestifs dans l'électricité nombriliste tue dans l'œuf cet embryon d'originalité...

Can

Anthology 1968-1993

Écrit par

Saviez-vous que Can s'était reformé en 1989 ? Sous son line-up original (Schmidt, Czukay, Liebezeit, Karoli et Mooney). Il a même enregistré un nouvel album, "Rite Time". Et puis en 1991, il a réalisé une bande sonore pour un film de Wim Wenders, "Until the end of the world". Enfin, apparemment la formation est décidée à poursuivre cette expérience, puisqu'un nouvel opus est en gestation. Revenons à cette "Anthology". Vingt-neuf titres répartis sur deux CD qui se penchent essentiellement sur la période la plus créative du combo. Soit entre 1968 et 1978.

Mais un peu d'histoire tout d'abord. A l'origine, deux musiciens avant-gardistes, qui avaient travaillé avec le célèbre compositeur Stockausen, veulent replacer leurs expérimentations dans un cadre plus rock. Irmin Schmidt (claviers) et Holger Czukay (basse) engagent alors Michaël Karoli pour assurer les parties de guitare, Jacki Liebezeit aux drums et aux percussions, ainsi que Malcolm Mooney au chant. D'album en album, et malgré certaines variations de line-up (notamment le remplacement de Mooney par Damo Suzuki), Can va révolutionner le monde du rock par sa musique à la fois structurée et déstructurée. D'un style basique aux dérapages futuristes (collages, bruitages, montages) et aux parfums ethniques, il évoluera vers un insaisissable bouillonnement organique aux dimensions symphoniques, minimalistes, contemporaines et même jazzyfiantes dans le sens le plus libre du terme. Si bien qu'au bout d'une décennie, il allait acquérir un statut de légende. Précurseur de la cold-wave et du renouveau funky, il fait aujourd'hui figure de référence dans le domaine de l'ethno techno (Transglobal Underground, par exemple). "Anthology 1968-1993" est un document fondamental auquel il manque malheureusement le premier chapitre "Delay". Allez donc savoir pourquoi?

 

Campfire Girls

Mood Enhancer (Ep)

Huit titres pour un Ep, c'est plutôt rare! Surtout lorsque le temps de défilement dépasse allègrement les trente minutes. Et offre en bonus track une cover du "Strawberry fields" des Beatles. Trio californien, Campfire Girls tâte tantôt de la lo-fi (Swell, Sebadoh) tantôt du bluescore (Cell). Parfois les deux en même temps. Ce qui donne un résultat plutôt intéressant à ce "Mood Enhancer", que ce soit dans l'approche minimaliste des mélodies ou dans un élan furieusement électrique, dramatiquement élaboré, comme sur ce superbe "Junkman" à la "Vitalogy" Pearl Jam...

 

John Cale

Antàrtida

John Cale n'est pas l'unique compositeur de la bande sonore du film de Manuel Huerga, "Antàrtida", mais il y a collaboré activement, et notamment pour le titre maître "Antàrtida start here" qui figurait sur son album "Paris 1919". Peu de place pour le rock sur ce morceau de plastique donc, nonobstant la présence ponctuelle de Chris Spedding, de Maureen Tucker et de feu Sterling Morrison. Piano, orchestre symphonique, un peu d'accordéon et un zeste d'électricité alimentent ce voyage opiacé dans l'"Antàrtida".

 

The Cassandra Complex

Work 1.0

En quinze titres, ce "Work 1.0" retrace le chemin musical parcouru par Rodney Orpheus. Des fragments issus de huit des ses albums, un remix, mais pas d'extrait du live "Feel the Width". Des titres essentiels comme "Moscow Idaho", "Datakill", "Kill your children", "Let's go to Europe", etc., caractéristiques du style hybride, cyberpunk, frénétique et passionné pratiqué par Cassandra Complex depuis presque dix ans...

 

Bush

Sixteen Stone

Bush (rien à voir avec Kate) nous vient de Londres, pas de Seattle. Et pourtant sa musique est profilée suivant une perspective post grunge sensiblement proche de Screaming Trees, Smashing Pumpkins et autre Stone Temple Pilots ; la voix de Gavin naviguant quelque part entre le timbre de Greg Dulli (Afghan Whigs), d'Eddie Vedder (Pearl Jam) et de feu Kurt Cobain. Vous imaginez sans doute que ce "Sixteen Stone" baigne dans un climat sombre, déprimant. Vous avez assurément raison. Mais le groupe ne se contente pas d'y épancher son spleen, son désenchantement. Il aborde d'autres sujets avec sarcasme comme l'égoïsme, la sexualité ou les sectes religieuses. Beaucoup de guitare donc sur cet opus qui a bénéficié de la production de Clive Langer et d'Alan Winstanley (Costello, Byrne). Des guitares sursaturées, vibrantes, acérées, volcaniques, mais également mélodiques, gémissantes, et voluptueuses. Et puis un zeste de violon, question de vous  donner l'eau à la ‘Bush’...

 

Blur

The great escape

A l'issue de la sortie de son premier elpee, Blur incarnait le meilleur ambassadeur de la pop britannique. Au deuxième, il n'était plus qu'un groupe secondaire... La presse britannique venait ainsi, suivant sa mauvaise habitude, de brûler ce qu'elle avait adoré. Un peu hâtivement, car aujourd'hui, elle fait complètement volte-face en présentant ni plus ni moins Blur, comme les nouveaux Beatles. Et Oasis alors? Personnellement, nous aurions plutôt opté pour les Kinks... Damon Albon, chanteur du groupe, vient de déclarer qu'il voulait devenir le plus grand groupe anglais en Angleterre. Précisant même qu'il n'en avait rien à cirer du nombre de disques vendus outre-Manche! Voici donc le nouveau Blur, "Great escape". Un disque qui s'inscrit parfaitement dans la lignée du précédent, "Park life". C'est à dire un pastiche de la pop insulaire destiné à faire vibrer la fibre nationale. A quand une nouvelle version du "God save the Queen"? Selon toute vraisemblance, le combo sera invité à composer l'hymne de l'‘Euro 96’, coupe d'Europe de football, qui se déroulera en juin de l'année prochaine dans l'Albion. A moins que ce ne soit Oasis! Ou même un troisième larron, si la fédération décide de départager les deux antagonistes. Bref, revenons à notre morceau de plastique découpé en seize fragments. Depuis le percutant et même complexe "Stereotypes" à la version française de "To the end (la comédie) interprétée en compagnie de Françoise Hardy, en passant par les singles "Country house", "Best days", les désopilants "Charmless man" et "Fade away", "Top man" dans une sorte de new wave décontractée, le ‘rollingstonien’ "Mr. Robinsons'Quango", le ‘pulpien’ "It could be you", le féroce "Globe alone", le ‘fallien’ "Entertain me", l'atmosphérique "He thoughts of cars", etc. Un disque qui comporte inévitablement quelques petites faiblesses, mais qui en vertu de sa durée (plus d'une heure!) mérite franchement de figurer parmi les meilleurs albums de l'année...

 

The Blue Aeroplanes

Rough Music

En une décennie, les Blue Aeroplanes ont consommé la bagatelle de vingt-neuf musiciens et surtout réalisé six albums (huit en comptant les deux compiles) en tous points remarquables. Même Michaël Stipe et Peter Buck de REM leur vouent une grande admiration. Et pourtant le groupe ne rencontre toujours qu'un succès trop confidentiel. Une explication? Le côté assez intello des textes plus récités que chantés, un peu à la manière de Mark E. Smith, par son leader charismatique et poète avant-gardiste, Gerald Langley. Une poésie bohémienne qui alimente un panorama instrumental semi-psychédélique, semi-acoustique, riche, fastueux même, destiné à vous entraîner dans un cyclone de mots, d'images et de sons. "Rough Music" n'échappe pas à la bonne règle. Il exerce toujours une même fascination et libère une fraîcheur toute intemporelle...

Bloodhound Gang

Use your fingers

Sorry, mais après trois titres nous avons dû jeter l'éponge. Daddy Long Legs et Jimmy Pop ont beau faire un malheur sur la scène hip hop yankee, ils n'arriveront jamais à la botte des Beastie Boys ou de Public Enemy, auxquels ils sont régulièrement et maladroitement comparés. Des lyrics à la limite du ridicule, des samples qui oscillent du plus facétieux au plus référentiel, des bruitages luxuriants, un tempo ‘fast food’, des vocaux inévitablement rapés... Tout un arsenal de caractéristiques qui nous pousse au zapping!

 

 

 

Blameless (UK)

The signs were all there

Issu des brumes du Yorkshire, ce quartette n'en est qu'à son premier opus. Et pour un coup d'essai, il faut reconnaître qu'il a réalisé un coup de maître... Un disque qui baigne dans une électricité tellement vivifiante, tellement rafraîchissante, que nous ne pouvons nous empêcher de penser aux ondes diffusées par le fameux single de Radiohead, "Creep". Faut dire que la production a été confiée à Paul Kolderie et à Sean Slade. Equipe responsable de la mise en forme des œuvres du groupe de Thom E Yorke. Mais également de Hole, Buffalo Tom et de Juliana Hatfield. Blameless joue en même temps sur l'ambiguïté entre la sensibilité mélodique insulaire, héritée de groupes du début des eighties comme Chameleons ou plus new wave comme The Sound, et l'énergie métallique du post grunge yankee. Pensez à Dig, Smashing Pumpkins et à Stone Temple Pilots. Le timbre vocal extraordinaire de Jareds parvenant même à faire glisser ses inflexions entre celles de Weiland (STP) et de Sting. Une référence! "The signs were all there" recèle cependant l'une ou l'autre composition semi acoustique. Plus conventionnelle, mais toujours aussi savoureuse, et notamment "Sympathy", ballade dont la force émotionnelle effleure la célèbre interprétation du "Hang on to a dream", commise fin des sixties par le Nice. Blameless? Irréprochable! C'est le cas de le dire...