Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Michael Jackson

History, Present and Future Book I

Fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles et pincez-vous le nez, car le Michael Jackson nouveau est arrivé. Un box de deux CD. Le premier consacré aux quinze plus gros tubes de son histoire. Le second épinglant autant de nouvelles compositions dont le massacre de "Come together". En lui revendant les droits d'auteur, McCartney, Harrison, Starkey et Ono n'imaginaient sans doute pas le funeste destin réservé à leur patrimoine. Un coffret enrichi d'une brochure abondamment illustrée, véritable témoignage de la mégalomanie de Michael. Photographies à l'appui. Tantôt en compagnie d'Elisabeth Taylor, de Jacqueline Kennedy, de Bill Clinton, de Jimmy Carter, de Ronald Reagan, de McCartney, de Mick Jagger, de Spielberg et de bien d'autres. Manque plus que le pape! Et puis des instantanés de ses vidéos. Un domaine où il excelle, il faut le reconnaître. Chorégraphe moderne il est sans doute un des premiers à avoir conçu ses clips comme de véritables films. Avec une réussite qui lui a valu de multiples ‘Awards’. Et à ce titre, cette star méritait sans doute ces quelques lignes, d'autant plus qu'une cassette vidéo de ses onze meilleurs clips vient de paraître en même temps...

 

Lenny Kravitz

Circus

Pour Lenny Kravitz, le panthéon des dieux du rock est hanté par Hendrix, Sly Stone, George Clinton (rien à voir avec Bill!), Led Zep et Bob Marley. Et son véritable objectif, c'est un jour de figurer auprès de ses idoles dans l'encyclopédie du rock. Mais il est tellement obsédé par les seventies qu'il éprouve le besoin d'en épouser le mode de vie. Celui d'une star qui découvre des groupies dans les placards (ça rime!). Ses guitares, ses amplis et même le studio d'enregistrement embrassent toutes les caractéristiques techniques de cette époque. C'est la raison pour laquelle nous estimons que Lenny est probablement le meilleur revivaliste de notre époque ; un adaptateur, pas un véritable créateur. Ce qui ne l'empêche pas de commettre d'excellentes chansons qui peuplent inévitablement ce nouvel opus. Comme le hit en puissance qui ouvre le CD, "Rock 'n roll is dead", composition autobiographique à prendre au second degré. N'est-il d'ailleurs pas paradoxal de vilipender son propre comportement?

Enrichi d'un livret, incluant des poses artistiques de Kravitz dans le plus simple appareil, "Circus" alterne titres au groove crépitant, décapant, sensuel, transpirant même parfois le feeling d'un Red Hot ou de Prince, et slow sirupeux, à la limite du ‘crimsonien’ (mellotron oblige!) sur "God is love". Un disque ponctué par un fragment régénérateur (!), excitant, irrésistible, "The Resurrection"...

 

Ed Kuepper

A king in the kindnessroom

Neuvième album pour cet auteur/compositeur/arrangeur/producteur/chanteur/guitariste aussi innovateur que prolifique. Si "Character Assassination" s'était révélé fondamentalement plus acoustique, "A king in the kindnessroom" consomme manifestement une plus grande intensité électrique. Enfin, suivant le concept prôné par Edmund. C'est à dire la guitare sèche à douze cordes amplifiée puis triturée par une série de pédales. Le résultat en devient même presque psychédélique sur l'intro "Confessions of a window cleaner" ou même surf (Spoutniks? Shadows?) lors du final "The diving board". Le CD recèle même un exercice de style exclusivement instrumental de plus de neuf minutes, mettant en exergue les talents de flûtiste/ saxophoniste de Louise Elliot et du drummer/ percussionniste Mark Dawson. Un peu dans l'esprit de "Lizard" du King Crimson.  Bref, un chouette disque qui épingle une cover alanguie du "Highway to hell" d'ACDC, le single "Pissed off" et trois autres compositions aussi épatantes. Mélodies irrésistibles, mystérieuses, que balaie le timbre vocal blême, nostalgique d'Ed Kuepper…

 

Kyuss

... and the circus leaves town

Cousin spirituel de Pearl Jam et de Soundgarden, Kyuss compte aujourd'hui quatre albums à son actif. Un groupe californien (Palm Desert) évidemment contaminé par le virus du grunge. Péniblement pachydermiques lorsqu'elles abusent de clichés seattlenesques, les mélodies peuvent se révéler envoûtantes dès qu'elles adoptent un ton plus languissant, plus atmosphérique. Comme sur le fiévreux "Phototropic", le presque curiste "Catamaran" voire l'aride, le stimulant (Therapy?) "One Inch Man", "... and the circus leaves town" cherche cependant, un peu trop systématiquement le Nirvana (!), ponctuant son exercice d'un ‘deepurplelien’ "Space ship landing" de plus de douze minutes avant de libérer un inévitable titre caché, dispensé après vingt bonnes minutes de compte à rebours silencieux.

 

Keaton

Intravenous

Premier album pour cet ensemble liégeois, qui jusqu'à présent ne s'était illustré qu'à travers la confection de deux démos. Pour enregistrer "Intravenous", Keaton a pu bénéficier du concours de la section rythmique de Channel Zero. En l'occurrence Tino Dematino et Phil Baheux. Une collaboration assez active, par ailleurs. Ce qui explique sans doute pourquoi l'expression est dominée par une forme de hardcore sombre, presque claustrophobe inspiré par Helmet, Alice In Chains voire les Young Gods, le vocaliste poussant même épisodiquement son timbre vocal comme Franz Treichler. Dominée mais heureusement pas étouffée.  Notamment lorsque la mélodie se couvre d'accents semi-acoustiques, comme frappés du sceau Gira (Swans). Et en particulier sur l'excellent "Dysfunctional generator garden". Bien, mais peut beaucoup mieux. Suffirait sans doute d'alléger, d'épurer son style...

 

Kepone

Ugly Dance

Album sans concession, tempétueux mais percutant pour ce trio issu du Maryland aux States. Conjuguant le rock sous ses formes les plus arides. Punk (Fugazi et Stranglers), funk blanc (Gang of Four et pourquoi pas Therapy?) et hardcore (Red Hot et Henry Rollins), pour être plus précis. Ce qui n'empêche pas les treize fragments de cet "Ugly Dance" de conserver une fibre mélodique. Une performance pour une expression qui privilégie les jaillissements d'électricité torturée, convulsive, les pulsations de basse menaçante, les drums impétueux, tout en se frottant au contact d'un vocal sulfureux, abrasif. Un groupe bien dans l'air du temps!

 

David Kilgour

Sugar Mouth

Deuxième album solo pour l'ex-guitariste de Clean, trio néo-zélandais considéré comme le principal responsable de l'explosion underground sur son archipel du Pacifique Sud. Une scène que répercute le tout aussi illustre label Flying Nun, à travers le monde, depuis quinze bonnes années. Tout comme chez Clean, David privilégie les mélodies pop aux accents instinctifs, comme chez Go Betweens, Triffids ou le Velvet Underground. Mais se coupe de l'univers obsessionnel ‘krautrock’ de Neu ou de Can. Les chansons post-adolescentes, mélancoliques, cousues de riffs de guitare acoustiquement effilés ou électriquement ébréchés, parsemées d'accords de piano vibrant, grondent avec violence, douceur ou magnétisme dans un gémissement vocal glacé. David y projette des images de ses îles antipodales, où le vent de sable balaie le passage montagneux et où les vagues sauvages s'écrasent avec une régularité redoutable sur les rochers déchiquetés...

 

King Crimson

Vroom

Depuis 1967, le Roi Cramoisi s'est toujours efforcé d'explorer de nouvelles textures, de nouvelles perspectives sonores. Or, il vient d'opérer, avec cet opus, un retour à ce qu'il avait exploré au début des eighties. Curieusement à l'époque de la sortie de "Discipline". Cause à effet entre le titre du CD et du label? A vous de juger! Une chose est sûre, la moitié de ce disque est envahi de rythmes ‘discotronics’ aux vertus Talking Heads et d'envolées atmosphériques inspirées par "Lark's tongues in Aspic". Evidemment on retrouve quatre des musiciens qui avaient alors participé à ces expérimentations. Fripp bien sûr. Mais également Tony Levin, Adrian Belew et Bill Bruford. On reconnaît d'ailleurs très bien cette structure instrumentale tout au long de ce "Vroom". Un exercice de style très subtil, cérébralement funk, qui même dans ses parties improvisées demeure d'une précision implacable. Quant à la deuxième partie de l'album, le groupe la consacre essentiellement à l'ambient typiquement crimsonienne. Uniquement pour convertis!

 

King Kurt

Poor man´s dream

Ces joyeux drilles papillonnent quelque part entre le psychobilly des Cramps, mais sans son climat sinistre, et le fun de Madness purgé de son ska. Ils ratissent même très large, puisque tout au long de ce disque, ils n'hésitent pas  à s'enivrer de country, de roots, de boogie et même de rhythm’n’blues. Fatalement, quelques coups de guitare se perdent au beau milieu du jeu de quilles, un peu comme lorsque Lucky Luke décide de faire quelques cartons (cartoons?) au milieu du saloon (salon?). C'est sans doute la raison pour laquelle notre héros de bande dessinée a pris l'habitude de fredonner ce célèbre ‘I'm poor man's dream... pardon... lonesome cowboy’...

 

Kingmaker

In the best possible taste

Hormis les deux versions du titre maître ainsi que le bouleversant, remarquable "You and I will never see things eye to eye", le nouvel opus de Kingmaker nous a laissé sur notre faim. Pourtant, si toutes les compositions avaient été de la même veine que ces trois fragments, nous aurions sans aucun doute hérité d'un des albums de l'année. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Et la participation de Stephen Street à la production de cinq titres n'y change rien. Les chansons manquent cruellement de punch et se laissent souvent noyer sous un flux excessif de mélancolie. L'intensité électrique abrasive que dispensait le trio de Hull sur son premier album " Eat yourself whole" semble vidée de sa substance, et le recours trop systématique de la reverb pour la voix de Loz nous paraît peu judicieux. Parfois les chansons empruntent certains accents à Fisher Z ("Story of my life") voire à Dire Straits ("A feel like you") mais sans jamais parvenir à les transcender. Si Kingmaker estime avoir injecté son ‘best possible taste’ pour concocter ce morceau de plastique, il était alors en panne d'inspiration. Il nous doit en tous cas, une fameuse revanche!...

 

Knapsack

Silver sweepstakes

C'est en 1983 qu'Andy Prieboy prenait la relève de Stan Ridgway au sein du légendaire Wall Of Voodoo. Une aventure qui n'allait cependant pas lui laisser des souvenirs impérissables, puisque malgré sa vocation de compositeur prolifique et son timbre vocal vibrant, incrusté quelque part entre celui de Stan et de Peter Garrett (Midnight Oil), il ne parviendra jamais, ni  à faire oublier son illustre prédécesseur, ni à sauver le navire du naufrage. Andy a donc dû reprendre une carrière solo qu'il avait pourtant entamée en 1980, en commettant le déchirant " Upon my wicked son ".

" Sins of our fathers " constitue officiellement son deuxième album en solitaire. Un disque habillé d'une curieuse pochette. Quoique de circonstance ! Inspirée d'une fresque consacrée à la bataille de Waterloo. Dont les soldats ne brandissent plus des armes, mais des guitares. Sur cette œuvre, Prieboy se penche sur la face la plus cachée de la personnalité humaine. Dévoilant nos obsessions et dénonçant nos vues à court terme. Une analyse tumultueuse, sombre et fascinante, hantée par un piano suavement désaccordé. Treize titres au cours desquels il affronte poésie, tragédie, mélodie, sarcasme et même dérision  dans un langage sonore qui oscille du carnaval à l'opérette en passant par le music hall, l'histoire du rock'n'roll et le vaudeville. On a même droit à un pastiche impitoyable du célèbre " Bicycle " de Queen, rebaptisé pour la circonstance, " Psycho ex ". Avec chœurs, pompe et tout le saint tremblement… Un disque de bonne facture, intéressant, mais qui risque fort malheureusement de végéter dans le plus profond anonymat…

 

Chris Knox

Songs of you and me / One fell swoop

Revoici l'homme-orchestre néo-zélandais dans ses œuvres. Et suivant sa bonne habitude, il s'est montré particulièrement prolixe. Pensez donc, vingt et un titres en un peu plus de 70 minutes sur le même morceau de plastique! Pour la forme, il a même découpé ce disque en deux phases (pas en deux faces!), qu'il a intitulées "Hanging out for time to cure birth" et "A stranger's iron shore". Ce qui ne change rien au climat général qui règne sur cet opus. Inspiré par le psychédélisme de Tyrannosaurus Rex et de Syd Barrett, Chris tire parti au maximum du rayonnement minimaliste procuré par sa guitare électrifiée ou acoustique, un clavier douteux, un piano d'enfant, une boîte à rythmes capricieux, des bruitages, des collages et sa voix aigrelette, languissante, dont le timbre coincé quelque part entre Shane McGowan et Paul Roland nasille des lyrics mélancolico-humoristiques. Un Paul Roland auquel il emprunte également certaines intonations médiévales, lorsqu'il ne courtise la postcard de James comme sur ses meilleures chansons, "Belly up & grinning" et le single "One fell swoop"...

 

Korn

Korn

Korn pratique un trash métal à la croisée des chemins de Suicidal Tendencies et d'Helmet. Ce qui doit probablement vous donner une petite idée des intentions affichées sur ce morceau de plastique. Rien de bien original, cependant; mais un groove très solide galvanisé par la conjugaison des guitares viscérales, rebelles de Welsh et de Munkey Munk, et abrasé par le vocal vindicatif, sulfureux de Jonathan Davies, dont le timbre semble coincé entre celui d'Eddie Vedder (Pear Jam) et de Weiland (Stone Temple Pilots).

 

Lordz of Brooklyn

All in the family

Certains appellent cette musique trash hip hop blanc, d'autres du gangsta rap. Ne nous demandez pas d'opter pour l'une ou l'autre appellation. Incontrôlée, elle ne nous permet pas d'émettre une opinion objective sur un style apparemment au bout du rouleau. Lordz of Brooklyn sont des Italo-yankees qui épanchent, à travers leurs lyrics, des sujets douloureusement urbains. Abordant les problèmes qui gangrènent leurs rues. Le climat claustrophobe, démoniaque au sein duquel les enfants des ghettos doivent vivre. Les héros qu'ils fanatisent. Un cri de révolte proféré à la face du monde capitaliste, et en particulier celui des Américains...

 

Lotion

Nobody´s Cool

L'année dernière, ce quatuor new-yorkais gravait son premier elpee. Produit par Kurt Ralske, cerveau d'Ultra Vivid Scene, il correspondait à une sorte de New Order circa "Ceremony" qui marchait sur les traces originelles de REM. D'autant plus frappant que le chanteur Tony Zajkowski et Michael Stipe possèdent un débit vocal assez semblable. Pour "Nobody's Cool", Lotion" a décidé de se convertir au hardcore juvénile. Au popcore si vous préférez. Un style plus yankee, plus électrique qui fait inévitablement penser à Hüsker Dü, donc à Sugar ; à Buffalo Tom et par conséquent à Cold Water Flat. Même qu'au niveau vocal, Tony semble ici plutôt camper un hybride entre Bob Mould et Bill Janovitz... Mais avec quelques nuances. Pas tellement à cause des lyrics intellos, minimalistes, mais d'une plus grande richesse de la texture des mélodies qui mêle instrumentation basique et semi-acoustique. A la limite même ‘Postcard’ comme sur "Rock chick". N'empêche, les deux chansons qui nous bottent le plus sur cet opus sont celles qui crépitent dans leur phase la plus électrique, et notamment "The new timmy" et "Juggernaut"...

 

Love Battery

Straight freak ticket

Encore un ensemble issu de Seattle. Et qui est également parvenu à éviter les éclaboussures de grunge. Son credo? Le psychédélisme. Inspiré par le 13th Floor Elevators et Syd Barrett. Ainsi que le metal urbain des MC5 et Blue Cheer. Des tas d'influences qui remontent donc aux sixties et au début des seventies. Une musique dont la fraîcheur kaléidoscopique est solidifiée par les rythmes taillés dans le granit. Les vocaux languissants, sinusoïdaux, hypnotiques acidifiés par les cordes de guitare ébréchées, intuitives, hallucinantes ou par l'électricité phosphorescente, scintillante et fougueuse. Et au sein de ce magma surréaliste à l'énergie chancelante se développe de délicates, mélancoliques et chatoyantes mélodies pop. Mercury Rev rencontre les Buzzcocks!

 

Loves Ugly Children

Cold Water Surf

Vous prenez une dose de My Bloody Valentine. Vous lui imprimez un tempo punk assez enlevé, mais sans lui ôter ses spécificités noisy sursaturées et crépitantes. Enfin, vous lui administrez des miaulements vocaux à la Peter Perret (Only Ones) du plus bel effet. Vous obtenez un résultat assez proche de ce "Cold Water Surf". Un mini CD 5 titres enregistré, nous le supposons, par un ensemble néo-zélandais. Flying Nun oblige!

 

Low Pop Suicide

The Death of Excellence

Cet ensemble yankee était tombé sous les fourches caudines de la censure américaine lors de la sortie d'un clip vidéo destiné à son premier single, "Kiss my lips". Ce qui semble tout à fait normal aux States, lorsqu'on sait que le sujet de ce film était consacré à l'homosexualité féminine. Deux albums plus tard, Low Pop Suicide signe chez World Domination, label de Dave Allen, ex-bassiste de Gang Of Four, de Shriekback, et aujourd'hui leader d'Elastic Purejoy. Il enregistre "The Death of Excellence". Un disque épatant qui mérite un prix d'excellence rien que pour l'envoûtant "Zombie". Pas nécessairement mortel. Plutôt mélancolique, douloureux. Avec des états d'âme qui exsudent des vertus propres tantôt à Toiling Midgets, Tindersticks, Ed Kuepper, au Cure et surtout à The Call ; le timbre vocal de Rick Boston suppurant des inflexions aussi angoissées et angoissantes que celles de Michaël Been. Une œuvre électrique, climatique, filmique, torturée, pourrissant dangereusement l'âme, mais texturée dans un mélange astucieux de cordes de guitare sulfureusement électriques et acoustiquement ébréchées...

 

Ludwig Von 88

17 plombs pour péter les tubes

"Dix-sept plombs pour péter les tubes". Heureusement que Ludwig Von n'a pas eu la mauvaise idée de remplacer les tubes par des ampoules. Vous vous imaginez la tête de PPDA? En attendant, vous devrez rester sur votre (T)F1 (!). Ou vous décider à phosphorer sur les reprises de tubes allumés par Queen, Fab Four, Ferrat, Ramones, Brel, Led Zep, Niagara et quelques autres. En général ringards. Un ampérage constant: l'humour grinçant, dévastateur, ludique (qui a dit Ludwig?), susceptible d'électriser l'Hexagone...

 

Labradford

A stable reference

Bien qu'enregistrant sur le label néo-zélandais Flying Nun, Labradford nous vient des States. De Virginie très exactement. Un trio qui ne dépareille cependant pas dans l'écurie antipodale. Explorant les multiples facettes du pouvoir de l'écho et de la réverbération. A l'aide d'une instrumentation très basique, il faut le souligner. Guitare, basse, claviers et chant, pour être plus précis. Nuances et bourdonnements délicats alimentent ainsi une procession de climats indistincts, parfois à la dérive, tantôt orageux, sinistres, célestes ou cathédralesques, que traverse un chuchotement presque spectral englouti sous les flots instrumentaux. Main rencontre Eyeless In Gaza!

 

Lambchop

Jack´s tulips

C'est à Nashville que Lambchop a enregistré cet album. Inévitablement, vous en avez déduit que cet opus flirte avec la country. Basiquement, c'est vrai. Mais cette formation est composée de dix musiciens. Qui se partagent claviers, saxophone, violoncelle, banjo, steel guitar, guitare, clarinette, mandoline, basse, ukulélé, harpe et vocaux. Potentiel qui procure une toute autre dimension à la solution sonore. Et cette richesse instrumentale alimente des mélodies languissantes, balayées de brise symphonique. Un peu comme les Triffids. Mais en moins sombre. Probablement à cause des vocaux. Plus chauds, sensuels, intimistes, sapidité Kevin Ayers. "Jack's tulips" épingle cependant trois fragments qui se démarquent totalement de l'ensemble. Le très enlevé "So I hear you're moving", l'avant-gardiste, quasi contemporain, "What was the wearing", et enfin le remarquable presque crazyhorsien "Because you are the very air he breathes". Le tout emballé dans une pochette à l'ambiguïté lubrique. (NDR: Qui a dit ludique?)