Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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David Kilgour

Sugar Mouth

Deuxième album solo pour l'ex-guitariste de Clean, trio néo-zélandais considéré comme le principal responsable de l'explosion underground sur son archipel du Pacifique Sud. Une scène que répercute le tout aussi illustre label Flying Nun, à travers le monde, depuis quinze bonnes années. Tout comme chez Clean, David privilégie les mélodies pop aux accents instinctifs, comme chez Go Betweens, Triffids ou le Velvet Underground. Mais se coupe de l'univers obsessionnel ‘krautrock’ de Neu ou de Can. Les chansons post-adolescentes, mélancoliques, cousues de riffs de guitare acoustiquement effilés ou électriquement ébréchés, parsemées d'accords de piano vibrant, grondent avec violence, douceur ou magnétisme dans un gémissement vocal glacé. David y projette des images de ses îles antipodales, où le vent de sable balaie le passage montagneux et où les vagues sauvages s'écrasent avec une régularité redoutable sur les rochers déchiquetés...

 

Kepone

Ugly Dance

Album sans concession, tempétueux mais percutant pour ce trio issu du Maryland aux States. Conjuguant le rock sous ses formes les plus arides. Punk (Fugazi et Stranglers), funk blanc (Gang of Four et pourquoi pas Therapy?) et hardcore (Red Hot et Henry Rollins), pour être plus précis. Ce qui n'empêche pas les treize fragments de cet "Ugly Dance" de conserver une fibre mélodique. Une performance pour une expression qui privilégie les jaillissements d'électricité torturée, convulsive, les pulsations de basse menaçante, les drums impétueux, tout en se frottant au contact d'un vocal sulfureux, abrasif. Un groupe bien dans l'air du temps!

 

Keaton

Intravenous

Premier album pour cet ensemble liégeois, qui jusqu'à présent ne s'était illustré qu'à travers la confection de deux démos. Pour enregistrer "Intravenous", Keaton a pu bénéficier du concours de la section rythmique de Channel Zero. En l'occurrence Tino Dematino et Phil Baheux. Une collaboration assez active, par ailleurs. Ce qui explique sans doute pourquoi l'expression est dominée par une forme de hardcore sombre, presque claustrophobe inspiré par Helmet, Alice In Chains voire les Young Gods, le vocaliste poussant même épisodiquement son timbre vocal comme Franz Treichler. Dominée mais heureusement pas étouffée.  Notamment lorsque la mélodie se couvre d'accents semi-acoustiques, comme frappés du sceau Gira (Swans). Et en particulier sur l'excellent "Dysfunctional generator garden". Bien, mais peut beaucoup mieux. Suffirait sans doute d'alléger, d'épurer son style...

 

Kyuss

... and the circus leaves town

Cousin spirituel de Pearl Jam et de Soundgarden, Kyuss compte aujourd'hui quatre albums à son actif. Un groupe californien (Palm Desert) évidemment contaminé par le virus du grunge. Péniblement pachydermiques lorsqu'elles abusent de clichés seattlenesques, les mélodies peuvent se révéler envoûtantes dès qu'elles adoptent un ton plus languissant, plus atmosphérique. Comme sur le fiévreux "Phototropic", le presque curiste "Catamaran" voire l'aride, le stimulant (Therapy?) "One Inch Man", "... and the circus leaves town" cherche cependant, un peu trop systématiquement le Nirvana (!), ponctuant son exercice d'un ‘deepurplelien’ "Space ship landing" de plus de douze minutes avant de libérer un inévitable titre caché, dispensé après vingt bonnes minutes de compte à rebours silencieux.

 

Ed Kuepper

A king in the kindnessroom

Neuvième album pour cet auteur/compositeur/arrangeur/producteur/chanteur/guitariste aussi innovateur que prolifique. Si "Character Assassination" s'était révélé fondamentalement plus acoustique, "A king in the kindnessroom" consomme manifestement une plus grande intensité électrique. Enfin, suivant le concept prôné par Edmund. C'est à dire la guitare sèche à douze cordes amplifiée puis triturée par une série de pédales. Le résultat en devient même presque psychédélique sur l'intro "Confessions of a window cleaner" ou même surf (Spoutniks? Shadows?) lors du final "The diving board". Le CD recèle même un exercice de style exclusivement instrumental de plus de neuf minutes, mettant en exergue les talents de flûtiste/ saxophoniste de Louise Elliot et du drummer/ percussionniste Mark Dawson. Un peu dans l'esprit de "Lizard" du King Crimson.  Bref, un chouette disque qui épingle une cover alanguie du "Highway to hell" d'ACDC, le single "Pissed off" et trois autres compositions aussi épatantes. Mélodies irrésistibles, mystérieuses, que balaie le timbre vocal blême, nostalgique d'Ed Kuepper…

 

Lenny Kravitz

Circus

Pour Lenny Kravitz, le panthéon des dieux du rock est hanté par Hendrix, Sly Stone, George Clinton (rien à voir avec Bill!), Led Zep et Bob Marley. Et son véritable objectif, c'est un jour de figurer auprès de ses idoles dans l'encyclopédie du rock. Mais il est tellement obsédé par les seventies qu'il éprouve le besoin d'en épouser le mode de vie. Celui d'une star qui découvre des groupies dans les placards (ça rime!). Ses guitares, ses amplis et même le studio d'enregistrement embrassent toutes les caractéristiques techniques de cette époque. C'est la raison pour laquelle nous estimons que Lenny est probablement le meilleur revivaliste de notre époque ; un adaptateur, pas un véritable créateur. Ce qui ne l'empêche pas de commettre d'excellentes chansons qui peuplent inévitablement ce nouvel opus. Comme le hit en puissance qui ouvre le CD, "Rock 'n roll is dead", composition autobiographique à prendre au second degré. N'est-il d'ailleurs pas paradoxal de vilipender son propre comportement?

Enrichi d'un livret, incluant des poses artistiques de Kravitz dans le plus simple appareil, "Circus" alterne titres au groove crépitant, décapant, sensuel, transpirant même parfois le feeling d'un Red Hot ou de Prince, et slow sirupeux, à la limite du ‘crimsonien’ (mellotron oblige!) sur "God is love". Un disque ponctué par un fragment régénérateur (!), excitant, irrésistible, "The Resurrection"...

 

Michael Jackson

History, Present and Future Book I

Fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles et pincez-vous le nez, car le Michael Jackson nouveau est arrivé. Un box de deux CD. Le premier consacré aux quinze plus gros tubes de son histoire. Le second épinglant autant de nouvelles compositions dont le massacre de "Come together". En lui revendant les droits d'auteur, McCartney, Harrison, Starkey et Ono n'imaginaient sans doute pas le funeste destin réservé à leur patrimoine. Un coffret enrichi d'une brochure abondamment illustrée, véritable témoignage de la mégalomanie de Michael. Photographies à l'appui. Tantôt en compagnie d'Elisabeth Taylor, de Jacqueline Kennedy, de Bill Clinton, de Jimmy Carter, de Ronald Reagan, de McCartney, de Mick Jagger, de Spielberg et de bien d'autres. Manque plus que le pape! Et puis des instantanés de ses vidéos. Un domaine où il excelle, il faut le reconnaître. Chorégraphe moderne il est sans doute un des premiers à avoir conçu ses clips comme de véritables films. Avec une réussite qui lui a valu de multiples ‘Awards’. Et à ce titre, cette star méritait sans doute ces quelques lignes, d'autant plus qu'une cassette vidéo de ses onze meilleurs clips vient de paraître en même temps...

 

Junkhouse

Birthday boy

Pratiquement inconnus sur le Vieux Continent, ces Canadiens jouissent d'un certain crédit, et même d'un crédit certain, au pays des grands lacs. Des vétérans de la scène d'Hamilton. Mais aussi et surtout des potes à Daniel Lanois. Il leur a d'ailleurs permis de rencontrer le célèbre producteur Malcoln Burn (John Mellecamp, Bob Dylan, Aaron Neville, Iggy Pop), qui ne s'est pourtant pas contenté de la mise en forme de ce "Birthday boy", assumant la plupart des parties de piano. Avec brio. Notamment sur deux des plus belles chansons de l'elpee. Les plus intimistes aussi. "Drink". Et puis "Burned out car", rehaussé par le concours de Sarah McLachlan au chant. Le reste macère dans un véritable chaudron de sonorités blanches en fusion. Oscillant de l'urban rock (Leather Nun, Thee Hypnotics) au boogie swampifié (Tony Joe White) en passant par le psychédélisme (13th Floor Elevators) et le rock océanique (Ed Kuepper, INXS). Une intensité électrique savoureuse, vivifiante marbrée par le baryton profond de Tom Wilson, dont le timbre rappelle tantôt Michaël Gira, Jonas Almqvist ou même Kevin Ayers. Superbe!

 

Junkfish

Statique

Mini elpee six titres pour cet ensemble issu du Nord du pays. Une formation dont l'existence remonte déjà à 1990 et qui se particularise par l'absence de bassiste. Depuis 1993, il est vrai. Palliant cette carence par l'électronique et les samples. Ce qui peut sembler très étonnant pour un groupe qui émarge au trash funk metal à caractère post industriel. Junkfish s'en tire pourtant très bien tout au long de ce "Statique", parvenant à décrisper la tension hardcore, héritée d'Helmet, de Rage Against the Machine, de Red Hot et consorts pour la rendre plus efficace, plus atmosphérique, plus hybride, plus insidieuse à l'instar des Young Gods...

 

Joy Division

Permanent

Écrit par

Fondé en 1976 à Macclesfield, près de Manchester, sous le nom de Warsaw, et rebaptisé fin de la même année en Joy Division, ce groupe constitue un des deux pôles du mouvement cold qui a marqué les Iles Britanniques, fin des seventies, début des eighties. L'autre, étant attribué à Cure, faut-il le rappeler. Il faut cependant se replacer dans le contexte de l'époque pour bien comprendre ce phénomène. Comme tant de villes anglaises en proie à la récession économique, Manchester est peuplée d'usines désaffectées, de chômeurs et d'alcooliques invétérés. Une certaine idée de l'angoisse que Joy Division véhicule dans un état d'esprit noir et sordide. Et le ton de sa musique en devient maussade, désespéré, amer ; la voix de Ian Curtis se frayant un passage à travers ce déluge de sonorités à la fois lugubres et fascinantes. Curtis est tellement imprégné de ses convictions que le 18 mai 1980 il se pend dans sa cuisine, peu avant la sortie du deuxième elpee, "Closer". Cet acte extrême sonnera le glas de l'existence de ce groupe qui deviendra cependant mythique à travers sa discographie. Deux albums studio, de multiples Eps, des "live", des bootlegs, Peel sessions et compilations. "Permanent" constituant probablement le best of de ces recueils. Car même s'il y manque "Decades", ce recueil aligne les classiques du groupe: "Love will tear us apart", "Transmission", "She's lost control", "Atmosphere", etc.

 

Quincy Jones

Q´S Jook Joint

Pour enregistrer ce "Q'S jook joint", Quincy Jones a reçu le concours d'une pléiade de collaborateurs. Plus de quatre-vingt. Entre autres Barry White, Coolio, Gloria Estefan, Phil Collins, Stevie Wonder, Babyface, Naomi Campbell et Bono. Et puis surtout Ray Charles, Toots Thielemans et Herbie Hancock. Car c'est essentiellement dans le domaine du jazz que l'artiste tire son épingle du jeu. Toutes les formes de jazz. Hors de ce contexte, nonobstant la liste prestigieuse des invités ainsi que la production hyper léchée, il se disperse dans la soul lascive, le funk pop sclérosé, le rhythm’n’blues édulcoré voire le disco. En tirant dans toutes les directions Quincy risque fort de manquer sa cible...

 

Jethro Tull

Roots to branches

Écrit par

Depuis la fin des seventies, on ne peut pas dire que le Tull se soit montré particulièrement brillant. Honnête dans sa phase acoustique, mal à l'aise dans sa volonté de maintenir un certain cap prog rock, il est même devenu franchement médiocre lorsqu'il s’est prostitué au heavy metal. Nous pensions même que cette incartade allait définitivement achever le groupe de Blackpool. Enfin, nous le craignions. Car, Ian Anderson possède suffisamment de talent et d'obstination pour revenir dans le parcours. Et il vient aujourd'hui de le prouver sur "Roots to branches". Une œuvre qui aurait pu, vingt ans plus tôt, figurer parmi les meilleurs elpees de la décennie. Aux côtés d'"Aqualung", de "Thick as a brick" ou de "Stand up". A la lecture de ces quelques mots, toute la génération de soixante-huitards risque fort de s'enflammer; et elle a tout à fait raison. Sans vouloir manifester la moindre allusion péjorative, croyez-le sincèrement. Complètement à contre-courant de la scène musicale contemporaine, ce disque ambitieux met inévitablement en valeur le talent des différents instrumentistes. De Martin Barre, incroyablement sobre pour la circonstance (NDR: il bonifie avec le temps, comme le vin!), du claviériste Andrew Giddings, et puis surtout de Ian Anderson. Aussi bien au chant, aux flûtes, qu'à la guitare acoustique. Un elpee qui a bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens classiques ; sans doute la même équipe qui avait participé à l'accouchement de "Divinities". Onze fragments qui oscillent du jazz/blues au rock, en passant par l'exotisme, la folk celtique, la musique slave, filmique, symphonique et bien sûr progressive...

 

Jet Black Joe

Fuzz

Fondé en 1992, cet ensemble islandais en est déjà à son troisième album. Mais ne nous demandez pas le moindre avis sur ses deux premiers elpees, puisqu'ils n'ont bénéficié que d'une distribution très confidentielle. "Fuzz" trahit une charpente fondamentalement rock.  Urban rock même. A l'instar du premier titre du morceau de plastique, "Motor Maniac".  Criblé, de riffs de guitare saignants, stoogiens, fouetté par les agressions de basse caoutchoutée, viscérale et imprimé sur un tempo sauvage, excitant. Une formule qui rejaillit ponctuellement tout au long de l'œuvre. Même si au fil du sillon, Jet Black Joe parvient à révéler les multiples facettes de son talent. Tantôt glamour sur la cover des Kinks "Wicked Anna Bella", pastoral sur "Higher and higher", spectral sur "Metal Maniac", post punk ou ‘doorsien’ en d'autres circonstances avant d'embrasser, fin de parcours, une pop revisitée par le prog rock des seventies (Jethro Tull ?), le synthétisme glacé de The The ou l'insouciance juvénile, presque caricaturale d'un Bonzo Dog Band. Comme quoi la scène islandaise ne se limite pas à Björk et à ses ex-Sugarcubes !

 

Jazz Crusaders

Happy again

Dommage que tout l'album ne soit pas de la trempe du premier morceau. Intitulé "Lock it down", il courtise un jazz funk fouetté de percussions latino-américaines et inspiré par le défunt et mythique Defunkt. Parce que le reste sombre rapidement dans un pseudo free jazz destiné à la sonorisation des hypermarchés...

 

The Jayhawks

Tomorrow the green grass

Auteurs d'un superbe opus en 1992 ("Hollywood town hall"), les Jayhawks semblent avoir perdu de leur superbe. A l'époque, nous avions émis de flatteuses comparaisons avec le Crazy Horse, Green On Red et les Replacements. Pour "Tomorrow the green grass", nous avons dû complètement revoir notre jugement. Qu'a-t-il donc pu se produire? Les musiciens sont identiques. La production a été confiée au même George Drakoulias. Et pourtant, au bout de la treizième composition, nous avons failli nous assoupir. Pourquoi ce groupe yankee a-t-il voulu revenir à une forme de country rock aussi traditionaliste? A ce sentimentalisme typiquement yankee qui ne convainc que les Américains? Après avoir raté les sixties, les Jayhawks risquent fort de manquer les nineties...

 

Jawbreaker

Dear you

Bien que fondé à l'aube des nineties, ce trio yankee a dû attendre 1994 pour enfin se révéler au grand public. En assurant la première partie de la tournée "In Utero" consacrée à Nirvana. Produit par Rob Cavallo (Muffs, That Dog, Green Day) "Dear You" constitue déjà le quatrième opus de Jawbreaker. Un album à l'intensité variable, alimentée tantôt par le popcore (Hüsker Dü, Green Day), le grebo (Ned's Atomic Dustbin), le grunge (Nirvana, of course!), le punk (Clash) et le post punk (Psychedelic Furs), la voix de Blake Schwarzenback (ne pas confondre avec Schwarzenegger) essaimant ses lyrics confessionnels d'un timbre rocailleux, écorché, fiévreux, fort proche d'un Richard Butler...

 

Jasper and The Prodigal Suns

Everything is everything

Imaginez un peu un flirt, échangé entre le jazz circa Ornette Coleman et la musique traditionnelle issue des Caraïbes, consommé sur un lit de funk rap hip hop à coloration spirituelle. Ajoutez-y la production de Dave Cochran, personnage qui a composé et produit pour Paula Abdoul, Lionel Ritchie et Public Enemy ; et vous obtiendrez l'expression dispensée par ce Jasper and The Prodigal Suns tout au long de cet "Everything is everything"...

 

Jason Rawhead

Dehumanized

Evidemment, vu le titre, difficile d'imaginer une petite parcelle de subtilité dans la démarche du trio noir jaune rouge. Et la production de Scots Burns (Sepultura, Napalm Death, Obituary) nous met immédiatement au parfum. Métallique dans sa crudité la plus implacable, la plus malsaine. Des cordes de guitare sursaturées, criardes, sulfureuses. Un profil de basse radioactif, indigeste. Des drums implacables, mécaniques, ‘posttchernobylesques’. Un vocal pétrifiant, vociférant. Pas tellement notre tasse thé! Encore que des goûts et des couleurs...

 

Jarboe

Sacrificial Cake

Jarboe est la compagne de Michaël Gira, avec lequel elle partage le leadership de Swans et de Skin. Ce qui ne l'empêche pas de s'aventurer individuellement sur des territoires sonores inexplorés. A l'instar de Michaël, auteur tout récemment de "Drainland". Cependant, l'univers de Jarboe s'est toujours révélé plus expérimental. Aussi sombre, mais plus atmosphérique. Sur ce "Sacrificial Cake", certaines compositions flirtent avec l'ambient. Pensez un peu à la rencontre de Brian Eno et de Robert Fripp lorsqu'ils ont commis leurs "Frippertronics". D'autres adoptent un profil plus solennel, grave, dans l'esprit d'un Dead Can Dance ; la voix blême, ‘chuchotante’, sinusoïdale de Jarboe épousant même certaines inflexions de Lisa Gerrard. Hypnotiques, sinistres, répétitives, elles lorgnent vers le monde minimaliste de Laurie Anderson. Pop, cuivrées, le new mersey sound de Teardrop Explodes ("Deflowered"). Hallucinées, elles préparent un véritable exorcisme. Les 8'45 de "Troll" auraient ainsi tout aussi bien pu naître de la collaboration entre Brian Eno (encore!) et David Byrne, voire être retenue pour sonoriser certaines scènes de l'"Exorciste". Reste "My buried child", probablement la chanson la plus abordable, issue du répertoire de Swans. Dans un phrasé semi-acoustique, puissamment électrifié...

 

Steve Jansen & Richard Barbieri

Stone to flesh

Quatrième projet issu de la collaboration entre l'ex-drummer et l'ex-claviériste du défunt et mythique Japan. Un duo cependant renforcé par le concours de Steven Wilson (Porcupine Tree, No Man) à la guitare et plus épisodiquement par Max Feltham (Talk Talk, Orang). Une équipe complétée par un certain Colin Edwin à la basse ainsi que par le manipulateur de bandes David Torn, mais pour un seul titre, "Swim there". Ce "Stone to flesh" nous entraîne dans un périple à travers l'ambient (Ryuichi Sakamoto), la muzak (Brian Eno) et le krautrock (Neu, Can). Balayées de rythmes fragiles, décolorés, les lignes mélodiques se faufilent à l'intérieur et à l'extérieur de la structure musicale luxuriante, progressive, tissant une véritable toile d'araignée d'émotions sophistiquées. Un seul regret, l'absence d'un vocaliste de la trempe de David Sylvian. Même si Steve se réserve quelques interventions vocales, dans un style fort proche de son frangin, sans toutefois parvenir à reproduire toute la gamme des inflexions...

 

Morphine

Yes

Morphine est au jazz moderne ce que Birthday Party était au post punk. Austère, couvant, hanté, il semble vouloir exister au sein d'un vide artistique où seules texture et émotion importent. Coproduit, suivant la bonne habitude, par Mark Sandman et Paul Q Kolderie (Hole, Radiohead, Dinosaur Jr), le troisième opus de ce trio bostonien continue de vagabonder dans une atmosphère sordide, nocturne, somnambulique. Basse à deux cordes, slide tendue, saxophone baryton débauché, fiévreux, drums minimalistes, jazzifiants, souples, murmure vocal réminiscent d'Orson Welles, entretiennent ce funk névrotique, intoxiqué de lyrics sombres, à l'humour mordant, mais terriblement fascinant...