New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Counting Crows

August Everything After

Écrit par

Pour un premier album, ce combo de Baltimore ne s'est pas trop mal tiré d'affaire. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter (ou d'entendre!) "Mr Jones", single diffusé sur toutes les ondes radiophoniques depuis plusieurs semaines. "August & Everything After" est de la même veine. Une œuvre dont le vocabulaire émotionnel, angoissé évoque American Music Club. Et le langage sonore, inspiré par la soul, le rhythm’n’blues, le folk et la country, la tradition rock'n’rollesque du Band et de Van Morrison. Tout au long des onze ballades de cet opus, Adam Duritz stigmatise l'‘american way of life’ d'un timbre vocal vibrant, écorché, proche de celui d'Eddie Vedder (Pearl Jam), un réquisitoire qu'il épanche avec une amertume et un réalisme tout à fait bouleversants...

 

Elvis Costello

Brutal Youth

Declan Patrick MacManus a donc attendu l'aube de ses quarante piges pour revenir à ses premiers amours. Il a ainsi réuni toute l'équipe qui avait participé à la confection de son premier elpee. Soit Steve Nieve, Pete Thomas et Bruce Thomson des Attractions. Ainsi que Nick Lowe. Pas à la production puisque cette tâche a été confiée à Mitchell Froom et Tchad Blake. Mais pour y tenir la basse. Nous ne reviendrons plus sur le très contesté "Mighty Like A Rose" paru l'an dernier, opus pour lequel il s'était entouré d'un quatuor à cordes. Mais réaffirmons que c'est dans la pop chaleureuse, post mod, rageuse et intelligente qu'il est le plus à l'aise et surtout le plus convainquant. Et si sa littérature ne reflète plus de déclarations d'intentions virulentes voire insolentes, elle continue de véhiculer des thèmes très contemporains. Sur "Brutal Youth", il s'intéresse ainsi aux problèmes liés à la déchéance sociale comme l'alcoolisme, l'échec, la dépression et le suicide. Tantôt avec romantisme, tendresse ou même une certaine dose d'humour. Quatorze fragments composent cette œuvre, quatorze chansons épurées, instantanées, qui permettront sans doute à Costello de retrouver tout son crédit auprès de ses contemporains...

 

Come

Don´t Ask Don´t Tell

Come
Pop/Rock
Beggars Banquet / PiaS

Chug

Kisser (Ep)

Avant de se retrouver au sein de Chug, les quatre musiciens de Chug ont écumé toute une série de formations néo-zélandaises. Les Chills, Verlaines, Snapper, Look Blue Go Purple, Stephen et Gobbin Mix, pour ne rien vous cacher. Pour l'enregistrement de cet Ep, la formation a reçu le concours du guitariste des 3D'S, David Mitchell. Sur le dernier des six titres, c'est vrai. Mais un ensemble de références qui devrait vous permettre de vous faire une petite idée du style pratiqué par ce groupe. Bien dans la lignée de l'écurie du label Flying Nun, il secrète une pop mélodique taillée dans les cordes de guitares torturées, bourdonnantes, imprimée sur un tempo métronomique, profilée sur une ligne de basse rampante, hydratée de claviers jaillissants et soulignée d'un duo vocal complémentaire. Timbre vibrant et sinueux chez Alf Danelson ; froid, impassionnel pour Norma O'Malley. Superbe!

 

The Charlatans

Up To Our Hips

Auteur d'un album plus que controversé en 1992 ("Between 10 And 11th), le quintet de Wolverhampton vient d'apporter une réponse cinglante à tout ceux qui ne voyaient en eux que des Charlatans (!) Comment? En enregistrant leur meilleur elpee à ce jour. Une réhabilitation qui n'est pas étrangère au changement de producteur ; Steve Hillage remplaçant plus qu'avantageusement le pourtant réputé Flood. L'ex-Gong (maintenant System 7) est parvenu sur "Up To Our Hip", a restituer aux compositions du band, tout leur venin, toute leur volupté, toute leur effervescence naturelle. Une œuvre dont la texture instrumentale garage (claviers fluides, rognés, guitares effilées, cinglantes, basse hypnotique, drums luxuriants) pigmentée par la voix indolente, envoûtante de Tim Burgess, exhale de très fortes effluves sixties. Encore qu'elles nous semblent trop sauvages pour être revivalistes et trop implacables pour être psychédéliques. Remarquable!

The Beatles

Live at the BBC

L'an dernier, les légendaires doubles ‘bleu’ et ‘rouge’ avaient bénéficié d'une gravure en CD. Remastérisés pour la circonstance, ils pouvaient revendiquer une place de choix dans n'importe quelle discothèque. Tout comme son nom l'indique, "Live at the BBC" est composé de sessions ‘live’ concédées à la radio britannique entre 62 et 65. Un double morceau de plastique qui implique la bagatelle de 69 fragments. Mais ce qui peut paraître, à première vue, un gage de richesse, se mue rapidement en dépoussiérage d'archives. Le son est brut, monophonique et ne rend pas la chaleur du vinyle. Ce qui n'empêche pas le box de présenter un certain intérêt. A cause de ses nombreuses covers empruntées tantôt à Carl Perkins, Larry Williams, Chuck Berry, Little Richard, les Everly Brothers, Bill Haley, Elvis Presley, les Coasters, Ray Charles et quelques autres. De plusieurs inédits. Et puis de classiques comme "Can't buy me love", "A hard day's night", "She's a woman", "I'm a looser", "I feel fine". Mais ce "Live at the BBC" a également son lot de faiblesses. Ce qui lui vaudra ultimement le statut de document. Sans plus!

 

BB King

Toujours aussi passionné…

Écrit par

On pourrait écrire cinquante millions de choses à propos de BB King. Déjà parce qu'il n'est pas courant qu'un musicien âgé de 64 ans (NDR : à l'époque, il en a 69 aujourd'hui) soit courtisé par un groupe aussi célèbre et représentatif auprès du public jeune que U2. La formation irlandaise l’avait sollicité pour participer à l'enregistrement du titre "When love comes to town" pour l'album "Rattle & Hum" et l’a aussi invité à participer à la tournée qui a suivi (trois mois comme invité spécial). Toute une série d’événements que la bande à Bono estimait comme un honneur pour eux. D'abord un brin d'histoire pour rappeler que BB King est considéré comme le roi du blues. Il a enregistré son premier long playing en 1949 et en a publié plus de cinquante autres depuis. Il a accordé plusieurs milliers de concerts dans le monde entier (jusqu'au Ghana, Tchad et Libéria) et figure (ou figurait) parmi les influences majeures d’artistes comme Eric Clapton ou Jimi Hendrix. Il a eu droit à son étoile dans la célèbre ‘Hollywood Walk Of Fame’, entre celle de Milton Berle et Vivian Leigh. Ce BB King sort un box de 4 compact-discs retraçant son histoire et proposant quelques titres inédits. Ce qui méritait bien une interview!

Apprendre: fondamental !

Tu as apporté ta collaboration à une multitude de gens : Carole King, Gary Moore, Steve Marriott, Paulinho da Costa, Vernon Reid, Stevie Wonder ou encore U2. Est-ce le signe d’une recherche continue de ‘mise à jour’ de ta part?

La musique bouge et d'ailleurs pas uniquement le blues. J'aime bien travailler en compagnie d’autres personnes. Je suis assez sélectif mais j'apprécie le procédé. Je suis conscient que ce type d'expérience t’enrichit. Pour moi, c'est le cas. Ce qui me permet d'apprendre davantage. C'est fondamental. J'ai encore besoin d'éprouver le sentiment de découvrir. C'est très important et agréable pour un type de mon âge.

Qu'as-tu retiré de ta collaboration avec U2, par exemple?

Enormément. Ces gens sont très doués et vraiment très forts. Ils voulaient que j'accepte de me produire avec eux et j'ai eu raison d’accepter. "When love cames ta town" est une des meilleures chansons sur lesquelles j'ai joué. C’est peut-être bizarre, mais cette collaboration m'a aussi servi à me faire connaître auprès du jeune public noir ! Les jeunes noirs écoutent bien plus U2 que du blues comme j'en joue. Il m'est arrivé régulièrement depuis quelques temps d'être reconnu par des jeunes noirs qui s'écrient : ‘Yeah; regarde, c'est le gars qui a joué avec U2!’. C'est amusant et drôlement gratifiant pour moi. Je suis à chaque fois fier d'entendre ces réflexions !

Le blues a-t-il gardé, selon toi, la signification sociale propre aux noirs américains?

Les temps ont changé. Le blues est toujours présent mais il côtoie d'autres musiques. Les jeunes noirs font et écoutent beaucoup de rap, y compris du rap joué par des blancs. Et c'est fort bien ainsi. Il est vrai que le blues est par essence une musique liée aux noirs mais peu importe la couleur du musicien qui en joue, finalement. L'important est que la musique soit bonne et le reste me paraît accessoire. Evidemment, je pense que le blues a ouvert des tas de débouchés. Quand j'entends certaines chansons interprétées par des gens comme Prince, j’y retrouve certains éléments du blues. Perso, le blues est comme un tronc à partir duquel des tas de branches diverses se sont développées. Plus j'écoute de la musique, plus j'en suis persuadé.

Manger quand on n'a pas faim

Comment garde-t-on une certaine fraîcheur dans la créativité, lorsqu'on défend un même genre musical depuis près de 50 ans et qu'on est devenu le personnage le plus représentatif de ce style?

Pas trop un problème pour moi. J'ai envie de jouer, j'ai envie d'enregistrer, c'est tout simple. Je suis toujours très motivé et je viens jouer dès qu'on réclame ma présence. J'ai toujours autant envie de partager le bonheur que je ressens lorsque je suis sur scène. C'est ce qui alimente mon jeu, mon travail. Au niveau de l'écriture plus particulièrement, je me contente de ne rien brusquer. L’inspiration doit arriver naturellement. Tu ne fais rien de spécial, tu ne penses à rien de précis et puis une idée survient... Ecrire un album revient à rassembler une série d'événements ainsi. Un album est une suite d'idées, de moments d'inspiration. Se forcer à écrire c'est comme s'obliger à manger quelque chose quand on n'a pas faim. Cela ne te goûte pas.

En tant que ‘patriarche’, tu es intéressé par ta succession? Crois-tu qu'il existe des talents pour prendre la relève ?

Et comment! Je connais beaucoup de très, très bons musiciens. Je viens même de travailler en Australie avec un gamin de douze ans dont le jeu est extraordinaire. On va beaucoup en entendre parler. Il s’appelle Nathan Cavaleri. A son âge, il joue bien mieux que des tas de gens bien plus confirmés. Les jeunes d'aujourd'hui vivent bien plus avec la musique. La technologie le permet ; tiens, déjà rien que ces petits appareils, ces walkmans, qu'on se met en poche et qui permettent d'écouter de la musique partout, c’est super! Aujourd'hui, cette nouvelle génération a accès à la musique et à la technologie. Cela porte ses fruits.

(Article paru dans le n°29 du magazine Mofo de décembre 1994)

 

Laika

Le secret ? Le travail à la maison !

Écrit par

En juillet 93, la presse spécialisée parlait de Moonshake. Entre autres choses captivantes, on apprenait que Margaret Fiedler quittait le groupe (en compagnie du bassiste Jon Fennett et du producteur Guy Fixsen) pour former Laika, laissant Dave Callahan seul aux commandes du vaisseau. Et, à écouter parler Margaret et Guy, il est quand même amusant de constater à quel point leurs discours sont proches…

Margaret : La séparation était avant tout une décision de Dave. Il voulait continuer sous le nom de Moonshake, afin de prendre d’autres directions. Et je crois qu’il est le seul membre originel qui y soit encore. C’était son choix ; mais je ne le déplore pas. Je pense qu’on est tous les deux beaucoup plus heureux ainsi.
Guy : Mon regard est plus extérieur puisque je n’étais jusqu’ici que producteur ou ingénieur. Mais il me semble que l’intérêt de Moonshake procédait de ce contraste entre deux styles d’écriture très différents. Comme j’écris aussi, maintenant, j’espère qu’on retrouvera dans Laika ce genre de nuances, de combinaisons étranges.

Format chanson

Que pensez-vous, aujourd’hui du tout premier Ep de Moonshake, sorti sur Creation ?

MF : Dave de l’aime pas. Mais moi, c’est le tout premier disque que j’ai enregistré, même si j’ai milité dans des tas de groupes, pendant plusieurs années. J’y suis donc attachée. Je crois que pour un premier disque, ce n’était pas trop mal. Dave qui en comptait déjà 20 à son actif, pensait qu’il n’avait pas réussi ce qu’il voulait faire.
GF : Perso, c’est le deuxième disque que je produisais. On était encore assez naïfs, ce qui s’entend sur l’Ep… On est toujours très liés au format chanson, parce qu’il donne la vraie responsabilité d’une musique. Aussi bizarres qu’ils soient, tous les titres de l’album ont des couplets et un refrain. Comme il n’y a pas de guitares habituelles, c’est moins facile, mais la structure reste celle d’une chanson. Par exemple, on se lancerait pas dans 10 minutes d’ambient, sans vocaux. On aime les mélodies ! Et puis, on ne voudrait pas enregistrer des disques dont les gens pourraient se dire : ‘c’est très intelligent, mais je n’aime pas’. Il faut qu’ils aient avant tout du plaisir à l’écoute de notre musique.

Quels rapports entretenez-vous avec la guitare ?

MF : On utilise quand même des guitares en studio, mais peu sur scène. Juste parfois pour en sortir des sons qui de toute façon ressemblent à des samples. En concert on utilise avant tout ces samples, mais aussi des sequencers, des percussions et de la flûte. Un instrument n’est pas bon ou mauvais en lui-même, que ce soit une guitare ou un sampler, tout dépend de la manière dont on s’en sert. Tu sais on travaille beaucoup à la maison et, du coup, on a tout notre temps pour essayer plein de trucs et se rendre compte de ce qui vaut le coup ou pas. Si quelque chose marche, ça finit par atterrir sur le disque, que ce soit acoustique ou électronique, programmé ou live. On n’a pas la contrainte d’entrer dans un studio, loué pour une semaine avec l’obligation de boucler un album.

Leur propre studio

GF : des groupes comme Kraftwerk, Can ou aujourd’hui My Bloody Valentine, Cocteau Twins et les Beastie Boys possèdent leur propre studio. Et c’est la raison pour laquelle ils ont un son caractéristique, qu’on l’aime ou pas, qui leur appartient vraiment. Non seulement, ça personnalise leurs disques, mais ça leur permet de ‘vivre avec’. En tant que producteur, j’ai vu tellement de groupes obligés de bosser dans la précipitation, et frustrés de ne pas toujours obtenir ce qu’ils souhaitaient. Parfois, parce que moi-même, je n’avais pas le temps de vraiment comprendre ce qu’ils espéraient. Dans ces conditions, la chance compte énormément, pour réussir ou non un disque.

(Article paru dans le n°29 du magazine Mofo de décembre 94)

 

The Young Gods

Live Sky Tour

Si les Young Gods disposent d'un énorme potentiel énergétique et émotionnel sur les planches, aucun témoignage en public n'avait encore été, à ce jour, immortalisé sur vinyle ou compact. C'est chose faite avec "Live Sky Tour". Une œuvre qui démontre que le trio suisse est bien capable d'y dispenser un rush d'adrénaline impressionnant. Notamment par le biais de la technologie. Et du sampling en particulier. Car pour les Young Gods, le sampling n'est pas un accessoire, mais l'instrument capable d'atteindre l'intensité ultime, celle qui à la fois redéfinit le heavy metal et la musique symphonique. Samplings sauvages, brûlants, torturés, rappelant que le trio a accompli pour la cybernétique ce que Jimi Hendrix avait réalisé pour la guitare électrique. Samplings vertigineux, somptueux, dramatiques dont les envolées ravagent des siècles d'histoire musicale. Il ne faut pas oublier que les Young Gods ont leurs racines profondément enfouies dans la tradition germanique (Weill, Nietsche, Wagner, Stockhausen). Ils nous entraînent ainsi, dans un paysage sonore ample, sauvage, au sein duquel les drums vindicatifs, redoutables réveillent vos pulsions les plus tribales, alors que la voix tantôt rageuse, purulente, tantôt profonde, gutturale de Franz Treichler essaime son lyrisme symbolique. Du grand art pour ces Helvètes qui constituent avec Front 242 un des derniers bastions de la musique électro-rock d'avant-garde!

 

X-Legged Sally

Eggs & Ashes

Le troisième album de cet ensemble belge recèle les bandes sonores des chorégraphies "Immer das Selbe gelogen", "Her body doesn't fit her soul" et "Mountains Made of Barking" de Wim Vandekeybus. Décrite comme speedmetal aux fortes réminiscences jazzy pour ne pas dire free jazz, la solution sonore expérimentale d'"Eggs & Ashes" se cogite plus qu'elle ne se ressent…

 

ZZ Top

Antenna

Impossible d'évoquer ZZ Top sans penser aux barbes royales du guitariste et du bassiste ainsi qu'aux nanas affriolantes qui gravitent autour du trio texan (Houston). Et puis au drummer qui se contente de la moustache mais répond au nom de Beard (!). Un combo aux idées équivoques dont l'ouverture de la pochette du nouvel album provoque l'apparition d'une pyramide en érection surmontée d'un clignotement lumineux. Pas banal, nous direz-vous! Beaucoup moins, en tous cas, que le contenu de cet "Antenna" qui se borne à nous seriner toute la panoplie des clichés du boogie yankee. Avec beaucoup d'habileté, il faut l'admettre, mais sans grande originalité, il faut le reconnaître. Ce qui explique, sans doute, pourquoi ZZ Top aligne depuis près d'un quart de siècle, album de platine sur album de platine...

 

ZZ Top

One Foot In The Blues

On savait que le trio texan était un grand consommateur de blues. Mais jusqu'à présent, il n'avait jamais manifesté cette inclination d'une manière exclusive, préférant disperser l'une ou l'autre composition au gré de ses albums. Billy F Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard ont réuni sur ce "One Foot In The Blues" la plupart de ces applications syncopées. Soit des extraits du premier album auto titré, de "Rio Grande Mud", de "Tres Hombres", de "Degüello", d'"El Loco", d'"Eliminator" et de "Recycler". Une reconstitution qui peut sembler surprenante pour les novices, mais qui respecte une certaine logique de comportement, lorsqu'on sait qu'à l'origine les musiciens de ZZ Top côtoyaient des mythes comme Lightnin 'T Bone, Juke Boy Bonner et Freddy King...

 

The Watchman

Peacefull Artillery

The Watchman, c'est d'abord le groupe d'Ad Van Meurs, vétéran batave qui roule sa bosse depuis la moitié des seventies. Après avoir transité par toute une série de formations aussi inconnues les unes que les autres, il fonde Watchman en 1988. Ce qui explique pourquoi, le combo en est déjà à son troisième album. Un disque qui a bénéficié d'une production hors du commun, puisque Joe Boyd (Soft Machine, Pink Floyd, REM, 10 000 Maniacs) et J Nile Clement (Presley, Orbison, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash) se sont associés pour bichonner le morceau de plastique. Fondamentalement, "Peacefull Artillery" semble imprégné de racines folk et blues, mais elles s'ouvrent à d'autres formes musicales. Et en particulier au garage sombre et atmosphérique, réminiscent d'American Music Club, sur le titre maître de l'album. La meilleure composition de l'œuvre, il faut le souligner. Le reste de cet opus adopte une forme hybride entre Morphine et James. Sans doute à cause des interventions syncopées, jazzyfiantes, du saxophone de Menno Romers et puis du timbre vocal d'Ad coincé quelque part entre celui de Tim Booth, mais sans l'amplitude, et d'un Mc Gowan non alcoolisé...

 

Wardance

We´re all niggas.....but not your boys

Wardance combat toutes les formes d'intolérance. Les notes de la pochette sont suffisamment explicites à ce sujet. Même le titre du CD donne le ton: "We're all niggas.....but not your boys". Qu'elles soient d'ordre social, racial ou religieux. Ce trio insulaire véhicule cette idéologie à travers des lyrics et des vocaux vindicatifs sur une musique hybride, agressive, juxtaposant plutôt que de fusionner hardcore aride, punkysant (Therapy?, Big Black) et reggae conventionnel (Bob Marley, Peter Tosh). Un mécanisme qui se révèle à chaque brisure de rythme, particulièrement explosif...

 

The Walkabouts

Setting The Woods On Fire

Au cours des deux dernières années Chris Eckman et Carla Torgerson ont essentiellement développé des expérimentations acoustiques. D'abord en duo. A l'occasion d'une tournée européenne qui sera immortalisée sur l'album "Shelter For An Evening". Ensuite en compagnie des Walkabouts, pour l'enregistrement de "Satisfied Mind", opus exclusivement consacré à l'interprétation de covers. En gravant "Setting The Woods On Fire", Chris et Carla ont remis les pendules à l'heure électrique. Pas que l'instrumentation acoustique ait totalement disparu de la circulation, puisque la mandoline, la guitare sèche, le violoncelle, l'accordéon et l'harmonica ont toujours leur mot à dire. Mais sans jamais se faire violence, elle se liquéfie dans l'électricité garage, un peu comme chez Green On Red. Râpes fiévreuses, claviers fluides, piano gémissant, drums arides, basse flottante, vocal âpre –comme le miel épanché sur le gravier– de Chris, et plaintive, sensuelle de Carla –à mi chemin entre Emylou Harris et Sonja Kristina du défunt Curved Air– se concentrent en une même intensité blanche pour projeter des images chargées de passion, de douleur et de grâce sur les désillusions de l'existence. Une excellente surprise!

 

The Walkabouts

Satisfied Mind

L'an dernier, Chris Eckman et Carla Togerson s'étaient quelque peu démarqués de leurs compagnons de groupe en accomplissant une tournée à caractère acoustique, à travers le monde. De cette expédition, le duo yankee (Seattle) avait retenu les sets accordés en Allemagne, et en particulier ceux dispensés à Cologne et à Hambourg, pour graver un opus ‘live’. Il faut croire que cette aventure les a marqués, puisqu'ils ont décidé d'entraîner les Walkabouts dans une expérience semblable. Simplement, elle s'est déroulée en studio. A bénéficié du concours de quelques grosses pointures telles que Peter Buck (REM), Steve Turner (Mudhoney) ou Mark Lanegan (Screaming Trees). Une œuvre consacrée exclusivement à l'interprétation de covers. Depuis Gene Clark à Patti Smith, en passant par John Cale, Nick Cave, Robert Forster et quelques autres. Une œuvre qui ne manque certainement pourtant pas de charme, mais bien d'un zeste d'électricité...

 

Rick Wakeman

Greatest Hits

Le "Greatest Hits" de Rick Wakeman est double. Si le premier morceau de plastique se résume à des adaptations de titres du Yes, le second sélectionne quinze fragments issus de son œuvre en solitaire. Une initiative qui aurait pu se révéler intéressante si les notes consignées à l'intérieur de la pochette avaient été un peu plus explicites. Pour s'y retrouver, c'est d'ailleurs un véritable casse-tête chinois! Ah oui, nous allions oublier, Roger Dean est toujours le responsable du graphisme des pochettes...

Tom Waits

The Black Rider

"The Black Rider" n'est pas véritablement un nouvel album de Tom Waits, mais le résultat d'une collaboration avec le metteur en scène Robert Wilson et l'écrivain célèbre William S Burroughs, destiné à sonoriser la pièce de théâtre du même nom. Tom s'est d'ailleurs contenté ici d'assurer la composition de la musique et l'interprétation des textes de William. Côté arrangements, il a reçu le concours de Greg Cohen, multi-instrumentiste qu'il côtoie régulièrement en studio depuis une bonne quinzaine d'années. Concoction de pop, de vaudeville, de rock, de cabaret et de blues, cet opus projette des images obscures sur un écran sonore fragilisé par la voix ravagée de Tom et tourmenté par son piano spectral. Un seul regret, l'uniformité du ton de ce disque qui finit inévitablement par lasser...

 

Robert Wyatt

Nothing Can Stop Us

Pour Robert Wyatt, la démocratie a toujours été un mensonge, un oasis de paroles libres et un océan de misère réprimée. C'est sans doute habité par ce sentiment de frustration et puis par dégoût du ‘thatchérisme’ qu'il décide d'adhérer à la philosophie marxiste en 1979. Au cours de cette année, il entreprend ainsi l'enregistrement de toute une série de singles plus rouges les uns que les autres. Ce sont d'ailleurs la plupart de ces titres qui figurent sur "Nothing Can Stop Us", dont l'elpee était paru en 1982. Depuis "Arauco", air chilien dénonçant l'extermination des Indiens par les latino américains, à "Shipbuilding", chanson écrite par Costello à l'occasion du conflit des Falklands, en passant par "Caïmanera", hymne national de Cuba, "Born Again Cretin", protest song dénonçant l'emprisonnement du leader de l'ANC, "Strange Fruit" de Billy Holiday qui pleure les victimes des lynchages racistes dans le sud de l'Amérique, "Stalin wasn't Stallin" et "The Red Flag", chants de propagande communiste; et puis surtout l'adaptation tellement bouleversante de la meilleure composition de Chic, "At Last I Am Free"...

 

Jah Wobble

Take Me To God

Evoquer Jah Wobble, c'est inévitablement replonger au tout début des eighties, lorsque ce bassiste d'exception s'était associé à Holger Czuckay et à Jaki Libezeit du mythique Can, pour enregistrer le formidable single "How Much Are They?". Pourtant, avant de graver cet hymne mémorable, Jah avait sévi au sein de PIL. Le temps d'enregistrer deux elpees : "First Edition" et "Metal Box". Ce sera d'ailleurs sa dernière aventure au sein d'un véritable groupe. A partir de cet instant, il se confinera essentiellement dans un rôle de musicien de studio. Un rôle qui lui permettra d'apporter sa collaboration à une multitude d'artistes rock, parmi lesquels figurent The Edge, Annie Whitehead, Björk, Ginger Baker, Eno, Peter Gabriel et bien d'autres. Une disponibilité qui va entraîner, inévitablement, une certaine réciprocité. Comme pour enregistrer "Take Me To God", opus pour lequel il reçu, à son tour, le concours d'une pléiade de vocalistes et de musiciens. Et notamment de Dolores O'Riordan (Cranberries), Gavin Friday, Anneli Drecker (Bel Canto), Andrea Oliver (Rip Rip & Panic), Baaba Maal et de l'inévitable Jaki Libezeit. A la manière de David Byrne, Jah Wobble cherche à jeter des ponts entre le rock contemporain et la musique ethnique. Pas seulement pour en extraire les rythmes latinos, mais surtout pour fertiliser l'éclectisme absolu de la world music. Pensez au single "Becoming More Like God", par exemple. Même si les autres fragments de l'opus ne possèdent ni le feeling, ni le sens mélodique de cette composition...

 

Wizards Of Ooze

Trippin' On A Fuzzball (Ep)

Les Iles Britanniques connaissant depuis le début des nineties un engouement croissant pour l'acid-jazz, il fallait s'attendre tôt ou tard à une contamination du Vieux Continent. Le virus s'est ainsi installé chez le groupe anversois Wizards Of Ooze. Une infection qui remonte déjà à 1992; mais à l'époque la formation incubait sous le nom de Vibes Ahead Alliance. Elle avait en outre récolté un énorme succès aux Pays-Bas lors de la sortie du single "The Bone". Musicalement, WOO colporte un acid-funk-soul-rhythm’n’blues-jazz à la croisée des chemins de Defunkt, des Impressions et de Chicago. Transit Authority pour être précis. Sur cet Ep, qui implique un fragment supplémentaire en vinyle, la musique swingue avec beaucoup de bonheur au diapason des cuivres, de la flûte, du piano électrique et des drums syncopés. Evidemment si vous possédez déjà des anticorps, les toxines secrétées par ce "Fuzzball Trippin'" risquent de n'exercer aucun effet sur votre organisme...