La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Sa fête est loin d’être terminée !

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Orelsan vient de publier une réédition de la "La fête est finie". Cerise sur le gâteau, celle-ci est enrichie de 11 nouveaux titres.

 

Le remix de « Tout va bien » est disponible ici

 

 

Une belle surprise pour les fans de Therapie TAXI !

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Therapie TAXI comble ses fans à l’approche des fêtes de fin d’année en rééditant « Hit sale » avec 10 titres supplémentaires.

Cette réédition s’intitulera « Hit sale Xtra Cheese ».

En voici le tracklist :

  1. Chula
  2. Coma idyllique (Yuksek remix)
  3. Avec ta zouz
  4. BB la nuit
  5. Bisous tendres
  6. Parallèle
  7. Pigalle (Contrefaçon remix)
  8. Speed
  9. Priki
  10. Blasphème
  11. Hit Sale (feat. Roméo Elvis)
  12. J'en ai marre
  13. Cadence
  14. Marlboro Bled
  15. Coma idyllique
  16. PVP
  17. Transatlantique
  18. S***p(e)
  19. La proue
  20. Superstar
  21. Crystal Memphis
  22. Cri des loups
  23. Zarba
  24. Anti Hit Sale

 

Un joli moment dans la vie de Blanche…

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Blanche est devenue populaire en représentant la Belgique au concours Eurovision en 2017 où elle s’est classée quatrième avec un titre énigmatique baptisé « City Lights ».

Ellie Delveaux, de son vrai nom, dévoile aujourd’hui un nouveau single intitulé « Moment ». Tourné dans les rues de Londres, il célèbre la fougue de la jeunesse.

Le clip est à découvrir ici

 

 

Comme un air de sable chaud …

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Andrew Taggart et Alex Pall, duo de Djs, mieux connu sous le patronyme de The Chainsmokers, viennent d’annoncer que leur nouveau titre portait le nom d’un groupe lui aussi tout aussi connu puisqu’il s’agit de Beach House.

 

Ce single est disponible ici

La vendetta féminine de Juicy

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Juicy est de retour. Le premier Ep « A Spell » est sorti en mars 2018. Le duo révélé par ses loufoques reprises r&b et hip-hop des années 90 et 2000, dévoile aujourd'hui un clip réalisé par Marion Castéra pour leur nouveau single « GHB », dont le thème traite de la vendetta féminine, suite au viol favorisé par la consommation de cette drogue…

Fidèles à elles-mêmes, Julie et Sasha continuent ici à développer leur univers délirant et au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi. Cette chanson en concert était dédicacée à notre Secrétaire d’Etat : Théo Francken.

Juicy poursuit sereinement une année 2018 plutôt chargée, puisqu'en plus d'avoir assuré les premières parties d'Angèle et Ibeyi ou d'avoir été à l'affiche des gros festivals cet été comme Dour, Les Ardentes, Esperanzha ou le BSF. Le duo travaille actuellement sur un nouvel Ep dont la sortie est programmée pour mars 2019.

La vidéo est ici : https://youtu.be/C0AiHs9WQ1c

 

Kim Wilde

La galaxie Kim Wilde…

Avant son concert accordé à la Roma d’Anvers, Kim Wilde a eu la gentillesse de réserver une interview à Musiczine. Icône de la new-wave, elle a marqué de son empreinte une période s’étalant de 81 à 86, grâce à sa synthpop hyper-mélodique, style qui influence encore aujourd'hui les jeunes groupes de la scène 'Wave'. Bien sûr, quand on parle d’elle, on pense immédiatement à son hit monumental, publié en 1981, ‘Kids in America’. De son véritable nom Kim Smith, elle est née en Angleterre en 1960. C’est la fille de Marty Wilde, un chanteur qui a rencontré un certain succès à la fin des années 50. Il a écrit les paroles de la plupart des hits de Kim. Le frère de Kim, Ricky, a joué et joue encore un rôle capital dans la carrière de sa sœur car il cumule les rôles de compositeur, arrangeur et producteur, depuis le début. Et pour confirmer qu’il s’agit bien d’une histoire de famille, Scarlet, la fille de Ricky, assure les backing vocaux, et compose également.

Le dernier elpee de la belle Kim, « Here Come The Aliens », est paru l’an dernier. Moins synthpop, il est davantage orienté power-pop, grâce aux guitares. Il marque en quelque sorte le come-back de la chanteuse, qui se produit aujourd'hui de nouveau à guichets fermés un peu partout en Europe.

Pendant notre conversation, Kim raconte que son frère, Ricky, avait quitté l'école et son père, Marty, ne voulait pas qu'il tourne mal. Ricky était un fan de new-wave. Notamment de Gary Numan et OMD. Ricky s’est d’ailleurs inspiré d’une ligne mélodique de ‘Messages’ d’Orchestral Manœuvres In The Dark, pour élaborer la structure de ‘Kids in America’. Il avait pu réserver un studio et a joué de tous les instruments lui-même, sauf la batterie. Et il a utilisé un synthétiseur WASP, un petit synthé analogique. Ils le possèdent toujours mais malheureusement, il ne fonctionne plus. Kim demande si, à tout hasard, on connaîtrait un technicien capable de le réparer ; et DA*, qui accompagne votre serviteur lors de l’interview, répond par l’affirmative... C'est à l’aide de ce synthé que la séquence pulsée dans l’intro du titre a été réalisée...

C’est d’ailleurs Ricky qui signe la musique et son père Marty, les paroles de cette chanson. Le paternel était un des premiers compositeurs de chansons pop de sa génération. Au départ, comme pas mal de ses contemporains, son répertoire était constitué de reprises, réalisant notamment une excellente version de ‘Why Must I Be a Teenager in Love’ ; puis il a commencé à écrire son propre répertoire. ‘Bad Boy’ est ainsi devenu un hit, en 1959. Il a continué à écrire dans les années 60 et 70 et en 80, il était prêt à poursuivre cette activité pour laisser libre cours à son imagination.

Au départ, il faut savoir que c’est Ricky qui se destinait à une carrière musicale. En 1972, alors qu’il n’a que 11 ans, son père lui offre de sortir un 45trs. Intitulé ‘I'm an Astronaut’, ce morceau a d'ailleurs été repris par Snow Patrol en 2006. « Ce qui est dingue », dit Kim en souriant. Et quand la chanson ‘Kids in America’ est née, Ricky était très heureux que Kim assume le rôle de chanteuse principale. L'inspiration de Ricky pour cette chanson est intéressante. Leur enfance avait baigné dans le glam rock et notamment celui de T-Rex, mais aussi la pop, dont celle d’ABBA, le rock et aussi le punk, les Sex Pistols en tête. Finalement, ils aiment un peu de tout, ce qui explique sans doute pourquoi leur musique est le fruit d’un crossover entre différents genres, mais aussi l'histoire de toute leur vie car, dit-elle. ‘Here Come The Aliens’, son dernier elpee, constitue un peu l'aboutissement de cette recherche permanente. Ils y ont réussi à concentrer la quintessence de ce qu'ils cherchent. Et donc comme vocaliste, compositrice et performeuse, elle a atteint son objectif, à l’âge de 60 ans. « Ça valait la peine de faire tout ce voyage », ajoute-t-elle.

A la question de savoir si, à l'époque, elle se sentait appartenir à la vague new-wave, Kim reconnaît que des groupes comme Heaven 17, ABC ou The Human League ont eu une influence importante, mais également Gary Numan, considéré comme le parrain de toute cette vague, et Kraftwerk bien sûr, qui a également bercé sa jeunesse…

Son elpee ‘Here Come The Aliens’ est paru il y a un peu plus d’un an. Il recèle au moins 3 ou 4 hits potentiels. Kim Wilde explique la genèse de l'album « Au départ on disposait de chansons composées par Ricky et sa fille, Scarlet, qui ne m’étaient pas nécessairement destinées. Ensuite je suis allée en Suède où j’ai reçu le concours de Fredrik Thomander et Anders Wilkström (NDR : ils militent au sein du projet Epicenter) pour composer ‘Candy Crush’. Ensuite, Ricky et moi avons écrit la plage titulaire et ‘1969’ ». En général, Kim se charge des mélodies, la 'top line' et écrit les paroles. Par exemple, ‘1969’ était, dit-elle, très stimulante à composer. La base musicale était particulièrement glam-rock, avec un refrain en forme d’hymne pop. Pour elle, c'est la meilleure chanson de l'album.

Votre serviteur s’intéresse beaucoup au nouveau paradigme de la conscience tel qu'on l'observe dans la physique post-quantique, le chamanisme ou les phénomènes paranormaux comme les OVNIs, la télépathie ou les NDE. Une occasion unique de soulever la question auprès de Kim, puisqu’elle a vécu l’expérience d'observation d'un OVNI en 2009 depuis le jardin de sa maison, dans le Hertfordshire, au nord de Londres. Cet événement a eu un impact sur sa carrière, son inspiration et son évolution en tant qu'être humain.

En 1969, alors qu’elle avait 8 ans, elle et toute sa famille ont regardé le premier homme marcher sur la lune à la télévision. Elle a été frappée par cet événement et son père a toujours été obnubilé par le sujet. Il les a emmenés voir le film ‘2001, Odyssée de l'espace’ dans un cinéma imax et donc elle a toujours eu cette connexion avec l'espace. Mais aussi, la lune. Elle a beaucoup écrit sur cet astre.

Donc, elle n’a pas vraiment été surprise quand elle a observé les lumières d'un OVNI. « C'était juste impossible à décrire. Une vision magnifique. » Mais ce qui est intéressant c'est que la première chose qu'ils ont entendue et vue c'était des hélicoptères. Mais ceux-ci étaient clairement brouillés, parce qu'ils ont disparu alors que les lumières ont persisté et ce pour une période assez longue.

Kim estime qu’il s’agissait d’un vaisseau-mère parce que deux autres lueurs, plus petites, suivaient. La grande lumière restait statique et puis, tout-à-coup elle est passée de 11h à 2h très rapidement. Ces appareils étaient peut-être basés sur terre, peut-être dans la zone 51 ou sous les océans, mais en tout cas ce qu’elle a vu ne provenait pas de notre planète.

Cette expérience a changé la vie de Kim Wilde. Et c’est très important. Mais il a fallu du temps avant qu'elle ne comprenne l'impact de la vision.

Elle avait déjà commencé à se rapprocher de la nature, en installant un potager dans sa propriété, mais la vision de l'OVNI a probablement eu une autre conséquence qui lui a permis d’élever son niveau de conscience, son taux vibratoire, pour lui faire comprendre l'importance de la nature. Enfin, c’est une théorie personnelle…

Kim confirme cette interprétation et que cette expérience a eu une incidence positive sur sa vie. Elle ajoute que ce n'était pas une hallucination car toute la population du village a vu les OVNIs ; d’ailleurs, justifie-t-elle, l'événement a fait la une des journaux locaux.

Ainsi, quand on écoute certaines paroles des chansons de Kim, on détecte des sujets liés à la conscience comme dans ‘Rosetta’, par exemple. C'est en effet ce qu'elle ressent. Elle ajoute que sa vie est magnifique pour l'instant. Elle a une nouvelle perspective de l’existence et une autre destination, un nouveau focus. Sans vraiment comprendre de quoi il s'agit mais c'est ce qui l’excite. Quand on compose la musique on peut contrôler mais quand on touche à la conscience et à l'esprit, il faut être guidé par quelque chose ou quelqu’un. Donc, elle se laisse porter et dans la foulée, élève complètement son expérience de vie. Et c'est pourquoi pour Kim vieillir est fantastique : c'est une odyssée, une aventure. Au lieu de se plaindre sur ses 50 balais, bientôt 60, elle s’exclame : « OK, faites venir la suite ! Je veux voir quelle est la destination et profiter au maximum tant que je suis ici. »

Un grand merci aux responsables de la salle Roma à Anvers, à Sean chez mixdown management, Musiczine et DA* (Luminance).

Pour écouter la version audio de l'interview, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission de radio WAVES ici

Photo : David-Alexandre Parquier

 

 

Lydmor

Un partage des émotions…

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Dans le cadre de son projet ‘Live Europe’, l’Ancienne Belgique a décidé d’aller à la découverte d’artistes ou de groupes émergents. Lydmor figure parmi les heureux élus et elle est venue défendre son second elpee, « I Told You I'd Tell Them Our Story », paru en septembre dernier.

Issu du Nord de la Belgique, Amery est programmé en supporting act. Ses singles y cartonnent. Notamment « I need lovin », « So good » et « Blame ; et son dernier, « You Know », devrait suivre le même chemin. Soutenu par Studio Brussel, il compte Elton John parmi ses admirateurs.

Sur l’estrade, il est épaulé par un drummer et un préposé aux synthés. Bien que timide, le chanteur possède une voix puissante. Influencée par Rihanna et Michael Jacskon (NDR : ses idoles), sa musique baigne dans une forme de néo-soul au relents électro, une expression sonore dynamisée par des percus caribéennes produites par des samples. Curieux, entre les morceaux, il ne s’exprime qu’en anglais. Il se balance de gauche à droite agrippé à son pied de micro. Un artiste à suivre, c’est une certitude…

Originaire des îles Féroé (NDR : de Aarup, très exactement), Lydmor (NDLR : un patronyme plutôt morbide), aka Jenny Rossander, est chanteuse/compositrice/interprète/musicienne. Mais c’est également une djette. Elle intègre sa vision du monde à travers une électro/pop dansante et créative. En outre, ses textes traitent aussi bien de sexe que de drogue. Très jeune, elle s'est initiée à la musique de manière créative. Elle s’est établie à Shanghai, depuis déjà quelques années. C’est là qu’elle a trouvé son sound électro rythmique, en compagnie duquel elle parcourt à présent la planète, du plus petit club au plus branché des festivals. Et c’est en Asie qu’elle a été découverte par John Rohan et Hendrick d’Arsenal, lorsqu’ils ont ébauché leur projet « Furyo ».

Lydmor est seule sur les planches et se sert d’un synthé, d’un ordinateur et d’un MPD. Un espace rectangulaire lui est réservé pour ses évolutions scéniques. Cet espace est délimité par une dizaine de lampes néons placées verticalement sur trépied dont la lumière va varier suivant les beats électro dispensés par les machines. Douce et délicate, sa voix s’intègre parfaitement à la musique. Très interactive, la Scandinave se promène régulièrement dans la fosse, n’hésitant pas à caresser un crâne ou le torse des spectateurs. Pas de distinction de sexe, tout le monde a droit à ses égards. Tout dans son show est lié : l'éclairage, la musique, le chant. Chaque chanson raconte une histoire qui la touche personnellement et elle cherche à partager ces émotions avec le public. Au bout de 60’, elle tire sa révérence, à l’issue d’un set qui n’en a certainement pas manqué… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Whispering sons

Une blonde qui exorcise ses démons sur une musique post-punk…

L'automne 2018 est sans nul doute une période charnière pour Whispering Sons. Ce jeune groupe belge a sorti, en effet, son premier album 'long playing', intitulé « Image ». Originaire du Limbourg, Houthalen-Helchteren pour être précis, et maintenant établi dans la capitale de l’Europe, il comptait déjà à son actif un Ep, « Endless Party », publié il y a 3 ans par Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », gravés par Weyrd Son Records. La formation pratique un post-punk teinté d'influences shoegaze et indie-rock. « Image » est paru au Benelux sur le label PiaS. Un début de carrière fulgurant pour cette formation, décrite comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark'. Nous avons rencontré Fenne Kuppens, la chanteuse/parolière et Kobe Lijnen, le guitariste/compositeur, à Bruxelles...

Vu sa distribution est internationale, ce premier opus est très important pour vous...

Fenne : Oui, l'album est signé par [pias] au sein du Benelux, SMILE pour le reste de l'Europe et Cleopatra Records aux Etats-Unis. C'est donc quasiment une distribution mondiale, ce dont nous sommes très fiers.

Quelle est l’évolution entre « Image » et vos productions précédentes ?

Fenne : La grande différence, c'est qu'on a enregistré « Image » au sein d’un studio professionnel, le GAM à Waismes, près de Malmedy, dans les Fagnes. C'était comme une retraite de 10 jours dans la nature en plein mois de janvier. Il neigeait beaucoup donc nous sommes restés confinés dans cet espace limité du matin au soir. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi l'album sonne aussi cohérent. Nous voulions proposer quelque chose de fort, avec une 'image' homogène.

On décèle en tout cas une progression dans le 'scope'. Le rayon d'action s'est étendu, la technique musicale a progressé surtout sur deux compositions, « Waste » et « No Image », qui proposent de nouvelles perspectives.

Kobe : C'est juste. Auparavant, on enregistrait des tracks qui avaient été élaborés en 'live' alors qu'ici, on a pris le temps de structurer les morceaux en studio. Par exemple, « No Image » était à l'origine une composition traditionnelle, avec une base rythmique et on s'est rendu compte qu'il y avait trop de matière ; donc on a déconstruit la chanson afin d’obtenir un résultat complètement différent du reste de l'album.
Fenne : Oui, on a eu le temps et la volonté de se consacrer au son, ce qui explique pourquoi on a travaillé en compagnie d’un producteur. On a veillé à structurer les couches de sons pour que l'ensemble sonne parfaitement.

Il y a deux ans, vous aviez défini votre groupe comme ‘une blonde qui exorcise ses démons sur de la musique post-punk’. Fenne, tu exorcises toujours tes démons aujourd'hui?

Fenne : Oui, et c'est même pire qu'il y a deux ans ! (rires)

« Waste » est devenu l’un de vos titres phares. Lors du concert 'release' à l'AB Club, il a provoqué une ovation incroyable du public.

Fenne : Oui, à la fin de la chanson, c'était fou. On a senti une énorme vague de cris et d'applaudissements, qui a duré plusieurs minutes. On s'est regardés, éberlués, en se disant ‘qu'est ce qui se passe?’ Le show dans son ensemble a été très intense. Tout s'est mis en place à la perfection du début à la fin : un moment parfait. 

Parlons maintenant de ta voix, Fenne. On mentionne souvent les références à Nico, Siouxsie, Larissa de Lebanon Hanover, mais en assistant au concert, à l'AB, quelqu'un d'autre m’a traversé l’esprit. Pour la voix mais aussi pour l'attitude. En alternant les moments calmes et les moments de folie totale, mais aussi à cause des paroles que tu écris, j'ai pensé à Patti Smith. Quand on la voit perdre son self control sur les planches en interprétant « Rock'n Roll Nigger » et s'étriper littéralement la voix, c'est le genre d’attitude que tu adoptes, toutes proportions gardées, bien sûr. 

Fenne : Oh merci ! J'adore tout ce que Patti Smith fait. C'est un très beau compliment. Ceci dit, je ne me suis jamais fixé comme objectif de chanter comme quelqu'un d'autre. C'est venu naturellement dans le processus d'écriture et au fil des concerts.

Parce qu'en fait, tu es quelqu'un de très timide...

Fenne : Oui, c'est sans doute pourquoi je dois monter sur scène pour sortir tout ce qu'il y a en moi.

Kobe, dans le titre « Skin », ta guitare évoque quelque peu les Chameleons. Comment décrirais-tu ton style ? 

Kobe : J'ai développé mon style en empruntant quelque peu à des guitaristes que j'aime, comme John Mc Geoch. J'apprécie son travail chez Siouxsie et Magazine, mais aussi au sein de The Armoury Show, particulièrement sur l'album « Waiting for the floods ».

Ton style est également très mélodique. Dans les compositions, en général, on retrouve deux mélodies, celle de la voix et de la guitare.

Kobe : Je veux compenser la faiblesse de ma voix, donc quand je compose, d'une certaine manière, je chante avec ma guitare.

Le job de Sander Hermans aux claviers est très discret mais ses soundscapes et ses séquences constituent un élément indispensable à votre son.

Fenne : Les claviers sont comme 'the glue', le ciment du son. Quand on réalise un soundcheck sans les claviers, c'est comme s'il manquait l'atmosphère, les fondements.

Aux drums, Sander Pelsmaeker impressionne. Notamment parce qu'il utilise la grosse caisse de sa main gauche sur un tom, debout ; une manoeuvre très difficile à exécuter…

Kobe : Au début, il se servait d’un drumpad, qui se joue debout. Puis il a troqué le pad contre une vraie batterie ; ce qui offre davantage d’alternatives en studio.
Fenne : Et en ‘live’, plus de variations de dynamique ; et puis, visuellement c’est mieux…

Quel thème développe « No Image » ?

Fenne : Celui de l'image que les gens ont de nous, et projettent sur nous et avec laquelle il faut vivre ; alors qu'en fait, elle ne correspond pas à notre véritable personnalité.

« No Time » est un bel exemple de composition plus complexe tant au niveau de la structure que de la rythmique.

Kobe : Oui. Les autres membres du groupe, surtout le batteur et le bassiste, étaient d'ailleurs un peu fâchés sur moi parce que les parties rythmiques sont assez difficiles à exécuter.

A cet égard, on peut également féliciter Tuur Vanderborne, le bassiste, dernier arrivé dans le line up.

Kobe : Tuur a très vite comblé le vide et pris sa place au sein du band. Dans « No Time », la section rythmique accomplit un mouvement différent par rapport aux autres musiciens et, en plus, c'est parfois dans le beat ou 'off beat'. C'était la chanson la plus 'challenging' sur l'album.
Fenne : Kobe a tendance à placer le groupe devant des défis mais bon, on y arrive (rires).

Je propose que vous choisissiez un ou deux titres qui ne figurent pas dans votre répertoire. Des coups de cœur, en quelque sorte. Il y a deux ans, vous aviez plébiscité « Second Skin » des Chameleons, « Whispering Sons » de Moral et « Insides » de The Soft Moon. Vous aviez d'ailleurs mentionné The Soft Moon comme un bon exemple à suivre vu qu'il (NDR : Luis Vasquez) fait son truc sans compromis et récolte un grand succès. Deux ans plus tard, croyez-vous avoir bien suivi cet exemple ?

Fenne : On n'a pas fait de compromis mais on doit encore beaucoup travailler avant d'atteindre le niveau d'un Soft Moon. Il faut promouvoir l'album, accumuler les concerts et peut-être après 2 ou 3 ans, on pourra dire : ça y est, on y est arrivé. Luis est un artiste qu'on adore. On a d'ailleurs assuré la première partie de The Soft Moon, il y a quelque temps.

Alors, vos sélections pour aujourd’hui ?

Kobe : Je choisirais « Superior State », du groupe français Rendez-Vous, extrait de son dernier album.
Fenne : Et moi, un titre de beak>, le projet de Geoff Barrow, de Portishead, c'est la plage « Brean Down ».

Pour écouter l'intégralité de l'interview en version audio, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission radio WAVES ici 

Whispering Sons se produira en concert dans le cadre du Sinner’s Day, à Genk, le 1er décembre, le 8 décembre à Turnhout et le 14 à Gand.

Un grand merci au groupe, à Eric Didden, leur manager, à Amandine (PiaS) et aux premiers labels qui ont supporté la formation : Dimitri (Wool-e-tapes), Dirk Ivens (Minimal Maximal) et Michael Thiel (Weyrd Son Records).

Photo par Karim Hamid : https://www.facebook.com/karimhamid2

 

 

Paul Filipowicz

Unfiltered

Écrit par

Né à Chicago, Paul Filipowicz vit dans l’Illinois depuis des lustres. Ce chanteur, auteur, compositeur, guitariste et harmoniciste, a chopé le virus du blues, il y a plus de 50 ans ! C'est au contact d'artistes notoires issus du Westside qu'il a forgé son propre style, et notamment en côtoyant Otis Rush, Magic Sam, Jimmy Dawkins et Luther Allison. Ce désormais vétéran est soutenu par son propre backing group pour dispenser sa musique ‘non filtrée’ (unfiltered), à l'état brut si vous préférez, produite par le groupe…

Il reconnaît pour influence majeure le regretté Magic Sam ; et on s’en rend compte dès le premier titre, "All my whole life baby". Mais également tout au long du célèbre "Everything's gonna be alright". La voix est âpre, malsaine. L’intensité est produite par l’ensemble des musicos. Et quand Paul s'attaque à son "Brand new hat", la guitare demeure bien ancrée dans le Chicago Westside. Les cordes poursuivent en permanence le chant. Les cuivres et l'harmo sont constamment à l'affût. Le long playing recèle deux instrumentaux. Tout d’abord "Unfiltered", un Chicago shuffle largement cuivré. Puis "Canal Street", un slow blues primaire alimenté par la guitare largement amplifiée et l'harmonica de Benny Rickun. Deux véritables perles ! Paul nous réserve des reprises de titres notoires. En l’occurrence le "Howling for my darling" de Willie Dixon et Howlin' Wolf, le "I found a new love" de Little Milton, et le "Reconsider baby" de Lowell Fulsom. Excellent r&b, "Riding high" clôt l’opus. Rythmé, fiévreux, dansant, il est entretenu par les cuivres ainsi que la voix âpre et féroce du leader tout en baignant au sein d’une sacrée ambiance. Un album chargé de passion !

 

Cult Of Scarecrow

Cult Of Scarecrow

Écrit par

Cult of Scarecrow révèle sa prophétie et notre destin : la destruction de notre planète, l'extermination de l'humanité et la fuite inéluctable vers l'espace sombre et glacial… 

Ce combo belge réunit des musicos issus de différentes formations de metal qui ont notamment sévi au cours des 80's. Et tout particulièrement chez Innerface, Explorer, Dead Serious, Di Sinner Die, Battering Ram, Ramses et Mindruin. Le line up réunit le chanteur Filip De Wilde, les guitaristes Jan Van Der Poorten et Ivan De Strooper, le bassiste Gunther ‘Gunny’ Poppe, le préposé aux synthés Eddy Scheire et le drummer Jeannot Schram. La formation pratique une forme de doom metal mélodique et emphatique.

D’une durée de 9’, « The Hour Of Blood Run » prélude une fin du monde proche et… sanglante.

« The Cult Of Scarecrow » ressuscite un ancien culte religieux qui remonte à la nuit des temps. Dieu de la prospérité, de la fertilité et de la richesse, cette divinité nordique (NDR : Vanes ou Vanir en anglais) protège celles et ceux qui lui vouent un culte exclusif. Et ce rituel consiste en un sacrifice annuel au cours duquel un couple, après son dernier repas, un soir de préférence, sert d’offrande. Ce dieu prend leur vie et en échange, apporte ses faveurs à cette communauté.

Caractérisé par ses superbes arrangements, « Last Words From Black Birds » nous réserve un bel envol de grattes, alors que la section rythmique est en parfaite osmose...

« Adrift And Astray » clôt cet Ep. Un titre qui navigue aux confins des univers sombres et âpres des bands suédois Ghost, Electric Wizard et Kvelertak…

 

Terry Blersh

Play it all day

Écrit par

Chanteur, guitariste et compositeur, Terry Blersh est issu de Toronto. A ce jour, il n'avait publié qu’un seul elpee. Et il a fallu attendre quelques années avant qu'il ne grave un second. Son blues est teinté de rock'n'roll, r&b, tex-mex, jazz et même reggae. De nombreux amis du Canadien ont participé aux sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées au studio Wreckhouse. Si son répertoire est particulièrement éclectique, les compos sont de toute bonne facture…

Inspiré par Albert King, "Treat me right" ouvre l’elpee. Voix, piano et orgue passent bien la rampe avant que chargé de feeling, un premier envol de cordes se dessine. Explosif, "It's all right" pénètre dans l’univers r&b dansant de Ray Charles. Terry et John Finley (ex-Rhinoceros) se partagent les vocaux, alors que Gene Hardy (Ronnie Hawkins Band) prend un billet de sortie sur son saxophone ténor. Michael Fonfara siège derrière son orgue Hammond, alors que la guitare se révèle inventive tout au long du jazz/funk magistral "Play it all day". Caractérisé par le retour au sax ténor de Hardy et le piano de Lance Anderson, "It's just you" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Denis Keldie se charge de l’orgue Hammond en intro du remuant "It ain't too late", un shuffle r&b qui libère énormément de groove. Un régal ! Keldie (NDR : elle a côtoyé Etta James et Jeff Healey, dans le passé) se consacre à l'accordéon sur l'exotique "The girl outside my window", une plage imprimée sur un rythme caribéen. Terry et le regretté John Mays (Fathead) se partagent le micro. Cordes, piano et sax dominent le "King Creole" de Leiber et Stoller, un chouette rock'n'roll. Jimmy Bowskill (28 ans), jeune prodige canadien, se réserve la mandoline sur deux plages. Tout d’abord lors de la reprise du "Early morning rain" de Gordon Lightfoot, une piste colorée par l’accordéon. Puis, sur "I'll see you in my dreams", un morceau traditionnel. Enfin, piano et basse acoustique entretiennent "Only one", un jazz empreint de douceur et de subtilité.

 

Alice on the Roof

Madame

Écrit par

Remarquée à The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Alice On The Roof peut se targuer d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la belle a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à « Easy Come Easy Go », un titre issu d’un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour (s’) expérimenter et acquérir un crédit scénique hors du commun.

Cependant, son caractère un peu trop formaté pouvait légitimement laisser craindre que la jeune femme continue de se cantonner dans une certaine zone de confort.

Pourtant, il n’en est rien. « Madame », deuxième elpee, recèle une palette de chansons colorées, subtiles et efficaces. Surprenantes même ! De la chrysalide, cette ‘Dame’ s’est transformée en papillon !

Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et s’y livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant…

On est loin d’une narration primitive de ses relations amoureuses relatées sur son précédent opus. Les textes sont nettement plus matures, la plume davantage incisive (« T’as quitté la planète ») lorsqu’ils ne lorgnent pas vers une ode à la femme sur la plage éponyme (‘Madame a le droit de dire/On ne peut freiner madame/Madame a le droit de vivre/Demain sera madame’).

Elle se focalise cependant sur l’instantané, sur des sujets qui lui tiennent à cœur, à l’instar de « Malade », fable faussement pudique, mais autobiographique, écrite à quatre mains avec Vianney, dans laquelle elle clame à qui veut l’entendre, et dans la langue de Voltaire s’il vous plait, que ‘ma maladie, c’est tout simplement d’être moi!’. De quoi devenir schizophrène…

Assurément, le français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante. Gageons qu’elle exploite ce terrain un peu plus dans le futur !

Le clip (très second degré) tourné chez ses grands-parents (qui y font une apparition remarquée) laisse même entrevoir, durant quelques secondes, un Arno ahuri, affublé d’un déguisement étrange et attablé à un bar… De là à conclure que ce rôle lui colle parfaitement à la peau, il n’y a qu’un pas que l’on n’oserait franchir…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée (« On my own »), tendre (l’excellent « La fille sur le toit »), drôle (« T’es beau comme t’es ») ou encore pétillante (« How long »).

Bref, de quoi satisfaire les mélomanes les plus exigeants…

Sa voix éthérée et candide, presque timide, se pose délicatement sur chacune des chansons avec une pudeur telle, qu’elle en devient presque humble.

C’est tout simplement joli. A lui seul, ce disque transgresse toutes les théories sur le sujet…

Cerise sur le gâteau, en guise d’au revoir, elle se réapproprie en toute fin de parcours une version particulière, improbable et inattendue de la chanson de CloClo, « Le téléphone pleure », évoquant un père divorcé parlant au téléphone à sa fille qui ne le connaît pas.

Devinez quoi ? Mister Hintjens réincarne Frédérique Barkoff qui jouait le rôle de la petite fille à l’époque. Iconoclaste non ?

A écouter sans modération !

 

Richard Thompson

13 Rivers

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Richard Thompson est l'un des fleurons du folk-rock anglais. Et pour cause, ce moteur du mouvement acid folk britannique de la fin des sixties est également un des membres fondateurs de Faiport Convention, aventure qu'il avait entamée à l'âge de 18 ans. Originaire du quartier de Notting Hill Gate, à Londres, il peut se targuer d'avoir vécu une carrière exemplaire, tout d’abord en compagnie de sa compagne Linda, puis en solo, à partir de 1983. Ce chanteur/guitariste/compositeur vit aujourd'hui à Los Angeles et c'est dans la grande cité californienne, au Boulevard Studio qu'il a enregistré les treize chansons de ce superbe opus, des sessions au cours desquelles il a reçu le concours d’une remarquable section rythmique composée du bassiste Taras Prodoniuk et du batteur Michael Jerome ainsi que du gratteur Bobby Eichon, qui n’est autre que le propre préparateur de guitare de Richard.

La plage d’ouverture, "The storm won't come", est un véritable joyau. Un morceau riche, sculpté dans un le folk/rock celtique, mais dynamisé par des percussions tribales. La guitare est créative, saisissante, explosive, libérant des sonorités réminiscentes de Dire Straits mais qui laisserait Mark Knopfler aux vestiaires. Toutes les compos reflètent des émotions intenses éprouvées par l'artiste, dans le tourbillon d'une période sombre de son existence. "The rattle within'" est tout aussi riche. Les percus sont implacables et les cordes corrosives. Davantage blues, "Her love was meant for me" se distingue par son envol de cordes majestueux. Mais si les notes torturées s’accumulent, Richard garde une maîtrise parfaite de l'ensemble. Grandiose! Désespérée, la voix véhicule des accents lugubres tout au long du blues lent, "The dog in you", alors que les cordes se libèrent progressivement tout en maintenant un feeling permanent. A 69 ans, Richard Thompson signe sans doute son elpee le plus rock. Le plus puissant également. Il a même l’audace de nous réserver un envol déjanté sur "Do all these tears belong to you". Si "You can't reach me" se révèle très rock'n'roll, il déconcerte aussi par son originalité lors des pistes plus folk. A l’instar d’"O Cinderella" et de "Pride" qui célèbrent un flirt entre cordes de mandoline et de gratte bien électriques et insatiables. D’excellente facture, cet LP s’achève par le tendre "Shaking the gates".

 

The Ragtime Rumours

Rag'n'Roll

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Ce quatuor batave pratique un cocktail de ragtime traditionnel, de jazz manouche et de blues tout en adoptant une attitude rock'n'roll. Ce qui explique le titre de cet opus : "Rag'n'roll". En mars dernier, il a décroché le 8ème European Blues Challenge. Il représentera donc l'Europe lors du prochain International Blues Challenge de Memphis. Sa musique est essentiellement acoustique. Le line up réunit Tom Janssen (chant, banjo, guitare acoustique et slide), Miss Nikki van der Schuren (basse, sax baryton, flûte et chant), Thimo Gijezen (guitare électrique, accordéon et piano) et Sjaak Korsten (batterie et frottoir). Sous-titré "Comic and other songs for smoking concerts", cet opus est propice à la bonne humeur…

La fête débute par "Way too smart", une plage qui baigne au sein d’une ambiance ragtime et gypsy, dans l’esprit de Pokey Lafarge. Incisive et inventive, la guitare se détache de cette vague swing. Une voix austère hante "Turn every dollar", une piste qui met en exergue banjo et frottoir. Deux titres adoptent un profil spécifiquement blues, "Faker" et "Humanity", même si le premier véhicule des accents empruntés au tango avant que Thimo Gijezen ne libère délicatement ses cordes. Des cordes qu’il tisse habilement sur le second. Country/blues acoustique, "Hookman" met en exergue l'harmonica de Willem Veldman. Tom et Niki se partagent les vocaux, Thimo est passé au piano et Jeroen Verberne s’est invité au trombone pour "Stop that train", une piste qui adopte le rythme du chemin de fer. Régulièrement, les musicos se réservent d’excellentes sorties sur leurs instruments. A l’instar de Niki à la flûte sur "Holly Woedend" ou encore au sax baryton et Thimo à l'accordéon tout au long de "Everywhere I go". Dernier morceau de l’elpee, "Rag-blues song" nous plonge au cœur d’une ambiance dixieland jazz. Et comme les musiciens vous le diraient, ‘Let the ragtime's roll’…

 

Old Riley

Biting through (Ep)

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Sean Riley, alias Old Riley, est un chanteur-guitariste issu de la Nouvelle Orléans. Son backing group, The Water, se résume à une section rythmique réunissant le drummer Ray Micarelli et le bassiste Andrew Lawdry. Pour enregistrer ce premier Ep 7 titres, le trio a reçu le concours d’un pote san-franciscain, Joshua Cook, leader du groupe The Key of Now. A la mise en forme. Mais pas seulement, puisqu’il participe au chant et aux parties de guitare. En outre, non seulement il signe 3 plages, mais il en cosigne 3 autres en compagnie de Riley. Excusez du peu!

La seule reprise, ouvre le disque. Il s’agit du "Howlin' for my darlin'" de Howlin' Wolf (NDR : un single paru en 1960 sur le label Chess). Rappelant cette légende du blues, la voix est rauque, graveleuse, alors qu’aussi parcimonieuse qu’efficace, la gratte prend son envol. Les deux vocalistes chantent indolemment "Blues walking", un downhome blues dépouillé. Le tempo s’élève quelque peu sur "Kind-hearted woman", une piste qui nous conduit sur les rives du grand fleuve, le Mississippi. Il est vrai que le mythique Robert Johnson y avait écrit son "Kind-hearted woman blues", la première compo qu’il a enregistrée, en 1936. Chanté en duo, "Biting through" est davantage enlevé. Scott Craver souffle dans son harmo, alors que le rythme semble emprunté à Jimmy Reed. Craver est toujours au poste pour le brûlant "Try and understand", une plage garage bien balisée par la section rythmique. Jimmy Reed hante derechef "Trouble". Plus soul/funky, "Power to change" clôt cet opus…

 

Lucero

Among the ghosts

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Etabli à Memphis, Lucero clélèbre, cette année, son 20ème anniversaire en publiant un neuvième opus. Il pratique une forme de country-rock alternatif teinté de blues et de r&b. Les 10 titres qui figurent sur "Among the ghosts" sont signés par le leader, Ben Nichols. C’est également le chanteur. Il est soutenu par le guitariste Brian Venable, le drummer Roy Berry, le bassiste John C. Stubblefield et le claviériste Rick Steff. Cet elpee est bien plus rock mais moins cuivré que les précédents.

Dès le morceau d’ouverture, Nichols démontre que sa voix est à la fois puissante et envoûtante. Il s’agit, en outre, du titre maître, un petit joyau roots, remarquablement construit, au cours duquel tous les instruments sont bien en place. Les musicos reconnaissent avoir été influencés par les 80’s, et tout particulièrement, Cure. Et "Bottom of the sea" en est une parfaite illustration, une plage au cours de laquelle l’intervention au mellotron de Rick Steff est parfaitement intégrée. Excellent, "Everything has changes" est dominé par la voix de Nichols. Pop/rock, "Cover" lorgne vers Tom Petty. Atmosphérique, la guitare de Venable colle à la mélodie. Plusieurs pistes adoptent un profil bien alt country. A l’instar du dépouillé  "To my dearest wife, malgré la présence de cordes acoustiques et amplifiées, ainsi que du piano et de l’orgue. De "Long way back home", caractérisé par la voix proche de… Johnny Cash. Ainsi que "Back to the night", une superbe ballade roots, déclamée d’une voix grave, et au cours de laquelle, les cordes parviennent à se libérer. Très rock'n'roll, "For the lonely ones" clôt ce long playing. Sautillant, le rythme est irrésistible. Les saxophones se fondent dans l’ensemble. Une compo qui s’inscrit parfaitement dans le style Memphis…

 

Joan of Arc

1984

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Intéressant de se plonger dans la musique d'un groupe dont on entend parler depuis des années sans jamais en avoir entendu la moindre note. Et pourtant, il s’agit déjà de son 20ème elpee. Un opus baptisé "1984". Décrié par Pichfork, Joan of Arc l'est surtout pour ses penchants progressistes, ambitieux et expérimentaux qui ont effacé des débuts plutôt 'emo'. Etabli à Chicago, le combo ne compte plus que le seul Tim Kinsella, comme membre originel.  

Mais sur ce nouvel LP, le frontman se cache derrière la voix de la guitariste Melina Ausikaitis, tout au long d’une interprétation osée et… insupportable à la fois. Telle une version rock de Joanna Newsom, elle (sur)joue. Résultat des courses, le ressenti dépendra beaucoup de l’humeur du moment. Sur des morceaux aux instrumentations et structures souvent expérimentales dominées par des synthés abscons, la chanteuse déploie ses histoires aux textes tout aussi difficiles d’accès. Les aficionados pourraient accrocher. Votre serviteur n’aura personnellement pris aucun plaisir à l’écoute de cet album… énervant…

 

The Go ! Team

Semicircle

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Le joyeux bordel qui agrège, invite, indie rock, garage, Blaxploitation ainsi que hip-hop classique (NDR : et la liste est loin d’être exhaustive), cher à The Go! Team, sans oublier la présence d’une myriade de samples, opère son retour sur un 5ème excellent opus baptisé « Semicircle ».

Toujours emmenée par Ian Parton, la formation issue de Brighton ne déroge pas à la formule qui a forgé son succès et son identité. On y retrouve les mélodies bubble-gum truffées de guitares distordues, l’énergie digne d’une fanfare, les cuivres solaires et les invités divers. Bref, tout y est ! Amber Arcades pilote l’oriental « Plans Are Like A Dream U Organise ». Darenda Weaver transcende les mélodies de « The Answer’s No – Now What’s The Question ? ». Enfin, invitées habituelles, Ninja et Maki participent à un morceau chacune. The Go! Team s’érige une nouvelle fois comme une sorte de version très garage et euphorisante des Beach Boys. Un opus qui atteint son point culminant lorsque la chorale américaine Detroit Youth Choir apporte son concours à l’imparable « Semicircle Song », une collaboration qu’elle procure d’ailleurs, sur la plupart des morceaux de ce très agréable « Semicircle »…

 

The Furious Seasons

Now residing abroad

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The Furious Seasons est un trio qui vit dans les collines sises autour de Los Angeles. Il implique les frères Steinhart. Soit David au chant et à la guitare ainsi que Jeff à la contrebasse. Une fratrie soutenue par Paul Nelson aux guitares.

Son style ? Du jazz-folk-roots acoustique. Un style harmonieux, empreint de sensibilité et toujours mélodieux. On compare régulièrement son expression sonore à celle de Paul Simon. Et le titre d’ouverture, "Expo line", au cours duquel les cordes acoustiques sont à la fois délicates et cristallines, en est une belle illustration. Une compo qui donne le ton à cet opus. En outre, lorsque le chant se conjugue en duo, on ne peut s’empêcher de penser à Simon & Garfunkel ; et notamment sur le superbe "Marathon", une plage caractérisée par des cordes belles à pleurer… Ce sont même trois voix qui reprennent en chœur le refrain d’"Understood", alors que les grattes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Magique ! Tout au long de ce long playing, on est littéralement scotché par cette musique qui dégage tant de beauté. Et le titre final, "Come to LA", en est une dernière démonstration…

 

In Layman Terms

Strong roots

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A l’origine, In Layman Terms réunissait un frère et une sœur. En l’occurrence le chanteur-bassiste Logan Layman et le guitariste Cole. Etablis en Virginie, ils ont monté ce projet, alors qu’ils avaient à peine 20 ans. Le duo publie un premier elpee, intitulé "Tangled". Puis rencontre l’étonnant trompettiste Hamed Barbarji qui rejoint la fratrie. Et en 2017, le batteur Nick Davidson complète le line up. Cette formation représentera le River City Blues Society lors du prochain International Blues Challenge de Memphis, en janvier 2019. En peu de temps, I.L.T. a acquis de l'expérience, de la présence et surtout, depuis l'arrivée d’un trompettiste, sa musique a pris une autre envergure… 

R&b léger et dansant, le titre maître se distingue par les premiers envols des cordes de Cole et les interventions à la trompette d'Hamed. Un échange de voix sur fond de percussions amorce "I'm somebody", une forme de work song séculaire, avant que le rythme ne s'impose. Caractérisé par ses accents métalliques, la cigar box, bientôt soutenue par la trompette aux éclats feutrés, nous entraîne au cœur du Delta. Amorcé par les sonorités primaires de cette cigar box, "Make me yours" est imprimé sur un tempo lent. Si la voix de Miss Logan est sereine, mordante et féline, la trompette s’incruste et finit par s’imposer. Orignal et déconcertant ! Empreintes de douceur, les cordes alimentent "Ain't gonna fake it no more", un autre blues lent, mais plus classique ; cependant c’est une nouvelle fois Barbarji qui tire son épingle du jeu, grâce à ses interventions réservées, mais chargées de feeling. "Heartbroken" emprunte la rythmique à Howlin' Wolf. Harmonieuse, la voix de Logan colle parfaitement au tempo, alors que les solistes en profitent pour prendre leur envol. Une seule reprise, le notoire "Fever" de Cooley et Blackwell, une compo que Little Willie John avait traduite en succès dès 1956. In Layman Terms en réalise une version jazzyfiante parfaitement adaptée à la voix et la trompette. La basse de Logan introduit le funky "Way too far", une plage qui vire à la jam, concédant les ultimes soubresauts des cordes et de la trompette…

 

Bring Me The Horizon

Plein la vue et les oreilles…

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Ce soir, c’est le grand retour de Bring Me The Horizon, dont la nouvelle tournée a été baptisée ‘First Love Tour’. Cette formation insulaire, issue de Sheffield très exactement, est née en 2004. Et sa musique a constamment évolué. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, à la limite du popcore, généreusement nourri par l’électronique. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru en 2015, en est certainement la plus belle illustration. Son nouvel elpee, « Amo », devrait paraître en janvier 2019.

Yonoka assure le premier supporting act. Lorsque le combo grimpe sur l’estrade, la salle est encore clairsemée, et surtout les gradins. Au fil de la soirée, elle va se remplir…

Issu de Brighton, ce quatuor implique la chanteuse Theresa Jarvis, le guitariste George Edwards, le bassiste/claviériste Alex Crosby et le drummer Robert Mason. Une tenture est tendue derrière le drummer et un immense ‘Y’ de couleur rouge est imprimé au milieu de la toile. C’est le sigle de reconnaissance du groupe. La chanteuse est vêtue d’un legging gris à paillettes et d’une large veste rouge genre ‘grosse doudoune. Lors de son concert, le band va puiser généreusement dans ses deux Eps, « Teach Me To Fight » et « Creature », gravés cette année, ainsi que « Heavy », en 2016…

Le radiophonique « Own Worst Enemy » ouvre le show. Fruit d’un cocktail entre électro et métal, l’expression sonore est censée être dynamisée par la voix puissante et mélodieuse de Jarvis. Mais elle peine à s’en extraire. « Waves » (« Teach Me To Fight ») libère des envolées davantage pop que métalliques. « She's Not There » (NDR : ce n’est pas la célèbre chanson des Zombies, mais une reprise des Cranberries) est truffée de beats électro. En milieu de parcours, la section rythmique devient sauvage alors que la voix survole enfin l’instrumentation. Eclectique, « Creature » se nourrit d’indie et d’alt rock ainsi que de punk. Malgré des critiques favorables en Grande Bretagne, Yonoda n’a pas vraiment convaincu ce soir… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Own Worst Enemy », « Ignorance », « Waves », « Drongo », « She's Not There » (The Cranberries cover), « Creature », « Fire Up », « F.W.T.B. ».

The Fever 333 est un projet qui réunit le chanteur Jason Butler (Letlive), le guitariste Stevis (The Chariot) et le drummer Aric Improta (Night Verses), un trio qui va littéralement tout écraser sur son passage… A son actif, un album. Intitulé « Made In America », il est paru en mars 2018. 

La salle est maintenant comble lorsque le combo débarque sur l’estrade. Tatoué, Butler a enfilé une salopette. Il s’est forgé une réputation de showman imprévisible. La théâtralisation de ses attitudes implique des mouvements non-stop à haute énergie, des routines de danse, la destruction d'objets sur la scène et un surf fréquent au sein de la foule.

Avant d’aborder « Burn it », le premier titre, il est seul sur le podium, immobile, un sac de jute noir recouvrant sa tête. Des images défilent. Celles de manifestants défiant les forces de l’ordre. Du Führer saluant ses partisans. D’un drapeau américain en décomposition et en flammes. Pas de son. Cette intro se poursuit par le célèbre discours de Charlie Chaplin dans ‘The Great Dictator’, puis par celui prononcé lors d’une réunion du Ku Klux Klan. Puis il enlève et jette cette cagoule au loin. Il s’avance alors vers le bord de la scène et le band attaque « We Are Coming In ». Jason lance son micro en l’air et le rattrape. Il quitte l’avant de l’estrade, qu’il va régulièrement squatter, pour traverser la foule, monter sur le bar, escalader les barrières avant d’atteindre les gradins. Le roadie chargé de le suivre éprouve alors d’énormes difficultés à libérer le fil de son micro. Il achève sa compo, et décide de poursuivre son périple dans les gradins et la fosse, tout au long de « Made An America ». Il revient sur les planches pour « One Of Us ». Stevis tournoie avec sa guitare. Sans câble, heureusement, alors que le batteur se lève de son siège afin d’haranguer l’auditoire et l’inciter à lever les bras, applaudir et jumper. Pendant que Butler exécute une danse tribale, un carton s’élève de la foule sollicitant des sticks. Jason en pique au drummer et les lance au quémandeur. Puis lors du titre suivant, en récupère d’autres, et replonge dans la fosse. Il les frappe sur le bord du podium, remonte dessus afin de récupérer un tom bass qu’il cogne alors sauvagement. Puis le balance en direction du batteur. Il entame ensuite une série d’exercices de human beatbox. Ce qui provoque une montée de la température dans la salle. Les smartphones s’allument pour immortaliser ce moment magique. Pendant « Walking In My Shoes » (NDR : non, ce n’est pas une cover de Depeche Mode), sa voix emprunte les mêmes intonations que celles du Chester Bennington (Linkin Park). Hanté par Rage Against The Machine et POD « Hunting Season » clôture ce spectacle au cours duquel les musicos ont livré tout ce qu’ils avaient dans les tripes. Le rapcore super communicatif de The Fever 333 a vraiment mis le feu aux poudres… (pour les photos, c'est )

Setlist : « Burn It », « We're Coming In », « Made An America », « One Of Us », « Beatbox & Drum Solo », « Trigger », « Walking in My Shoes », « Hunting Season ».

Bring Me The Horizon est de retour. Son chanteur charismatique, Oli Sykes, en est la figure de proue. Il est épaulé par le fidèle bassiste Matt Kean, le claviériste/percussionniste Jodan Fish, les gratteurs Lee Malia et John Jones (lead) ainsi que le drummer Matt Nicholls. La scène a été relevée de 70 centimètres sur toute sa surface afin d’y glisser des canons à fumigènes. Pour le light show, trois rampes rectangulaires couvrent toute la superficie du podium au dessus des musicos. Ils sont actionnés par des vérins qui montent ou descendent en fonction des morceaux. Et ce jeu de lumières est vraiment grandiose, mais aussi particulièrement aveuglant. Des spots de couleur blanche se focalisent sur Oli qui débarque, triomphant, le micro levé à bout de bras. Il pivote sur lui-même et le combo se lance dans son nouveau single, « Mantra ». Les smartphones sont déjà en éveil. Enthousiaste, la foule jumpe généreusement. Et les personnes assises aux balcons se lèvent dès la première déferlante de notes. Oli invite la foule à chanter « House Of Wolves », tout en jumpant. 10 000 âmes qui s’exécutent pendant plus de 5 minutes, c’est vraiment impressionnant.

Les riffs de grattes semblent émaner de l’enfer. Les canons à fumigènes se déclenchent. La formation abandonne ses sonorités metalcore et hardcore, pour adopter un style plus mélodique, proche du metal alternatif, du nu metal, du pop metal voire de l'électro-rock, tout au long de « Go To Hell, For Heaven’s » (« Sempiternal »). Un changement radical de style ! Les cordes se révèlent à la fois frémissantes et entêtantes. Les chœurs sont limpides. Jordan Fish se charge d’ailleurs régulièrement des backing vocals. Sykes accomplit des kilomètres sur planches, même s’il occupe surtout l’avant-scène. Tout au long de « It Never Ends », il s’arrache littéralement les cordes vocales. « Sleepwalking » ouvre une parenthèse plus paisible. Et dans un même climat, Sykes et Lee Malia nous réservent une version acoustique de « Drown », pour achever le set.

Et en rappel, le band va nous accorder deux titres, « Doomed » et « Throne ». Pour celles et ceux qui ont manqué ce concert, rappelons que BMTH se produira l’an prochain, dans le cadre du festival Rock Werchter, le 18 juin… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Mantra », « House Of Wolves », « Avalanche », « Go To Hell, For Heaven’s », « Sake », « It Never Ends », « Wonderful Life », « Shadow Moses », « Happy Song », « Sleepwalking », « Can You Feel My Heart », « Follow You », « Antivis » , « Drown ».

Rappel : « Doomed », « Throne ».

(Organisation : Live Nation)