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La vision de l’art prônée par Superchunk…

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Shout Out Louds

Une fille pour quatre garçons...

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Ce soir, le lieu de réception des Magic Numbers est restreint. C'est évident, la Rotonde ressemble à un petit chaudron, le charbon en moins, la boule à facettes en plus. N'empêche, l'endroit est bouillant. Le feu s'est déclaré dans les pages des magazines anglais, il y a quelques semaines. Depuis, il ne cesse de gagner du terrain. De fait, le public attend ardemment ces nouvelles figures de proue de la pop moderne. Mais il lui faudra encore patienter…

En guise d'apéro, un combo garage suédois : Shout Out Louds. Une fille pour quatre garçons, le combat est inégal. Mais l'audience se régale. Le quintette badigeonne sa musique en mode binaire. Une bonne dose de garage rock traverse ainsi une assemblée vouée au culte de Simon & Garfunkel. Dans la fosse, les décharges électriques mêlées de Moog reçoivent un bon accueil. Les Shout Out Louds ne jouent pas dans la même catégorie que les Magic Numbers mais s'imposent d'emblée comme une très bonne première partie. Ce n'est pas ça qui va calmer la micro masse compacte : tout le monde trépigne d'impatience à l'idée d'entrevoir la barbe de Romeo Stodart...

Il est 21 heures. L'intensité des projecteurs devient crépusculaire. Quatre ombres voltigent alors sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Lorsque la lumière s'épanche à nouveau sur la Rotonde, les Magic Numbers se tiennent derrière leurs instruments. A droite, Michele Stodart (la sœur de Romeo), les doigts crispés sur sa basse, regarde anxieusement Angela Ganon, postée à l'autre extrémité de la scène. Au fond, le frère d'Angela, Sean, s'installe paisiblement à la batterie. Romeo Stodart sourit béatement. Encore un peu, on lui accorderait volontiers un rôle dans le « Huitième Jour ». Mais lorsqu'ils commencent le set, les Magic Numbers nous proposent le rôle de leur vie. Leur musique est insupportablement belle, parfaite. Musicalement. Harmoniquement. Devant la scène, les gens se serrent et chantent à l'unisson les comptines power-flower des Anglais. Les hymnes du premier album s'égrènent comme autant de pépites tubesques : le premier single, « Forever Lost », le Mayfieldien « Don't Give Up The Fight » ou l'improbable « I See You, You See Me », où la voix d'Angela Ganon s'étire a cappella. Pour l'instant, cette fille a essentiellement un rôle de faire-valoir de Romeo. Mais elle dispose d'une voix unique, à faire crouler l'industrie du disque. Prions qu'elle résiste à l'appel des billets verts… Car son groupe est fabuleux, magique. Les Magic Numbers, justement, sont anglais mais leurs influences dépassent largement les frontières de la Prude Albion. C'est l'Amérique profonde : les grandes étendues du Nord mais aussi la soul Motown de Detroit. Cependant, l'empreinte nationale des Numbers se reconnaît dans les mélodies sucrées, balancées au détour de trois accords. Pour preuve : l'entêtant refrain de « Love's A Game » recouvre les parois du dôme de la Rotonde et laisse retomber d'infimes gouttelettes de bonheur. Le concert se termine sur les notes de « Hymn For Her ». Quelques minutes d'obscurité, de bruits et d'éclats de rire poussent les Magic Numbers au rappel. Sa croix en bois pendue autour du coup, Sean Ganon s'assied aux abords de sa batterie. Clope au bec, il observe, songeur, ses fidèles, cette assemblée aseptisée – régulièrement un surveillant rigoriste de l'humble institution vient rappeler aux spectateurs qu'il est formellement interdit de s'asseoir et de fumer. Bientôt, il sera interdit de boire et d'applaudir… - Aux avant-postes, Romeo, Angela et Michele se lancent dans une reprise de… Beyoncé : « Crazy In Love ». Les poils se hérissent de plaisir. La cover enfonce irrésistiblement le clou. Une version simplifiée, à faire pâlir une colonie de Black Eyed Peas. Suit alors un hit en or massif, « Mornings Eleven ». Le public est aux anges. Romeo, en digne porte-parole des Magic Numbers, le clame haut et fort : ils se souviendront longtemps de ce passage en Belgique ! Pour l'occasion, ils entament « Close Your Eyes », morceau d'une naïveté confondante, écrite par Romeo pour les Chemical Brothers (ce titre se trouve sur le dernier « Push The Button »). Le final revient à « This is a new song. A wonderful one, especially for you » au cours duquel Romeo et Michele se livrent un duel fratricide. La basse contre la guitare. La sœur contre le frère. Une bagarre psychédélique tumultueuse à en sucer des barres de LSD. Voilà donc l'histoire d'une salle comble comblée par un concert d'une précision d'orfèvre. Un grand numéro !

 

Super_Collider

Plein la vue, pas les oreilles...

A quelques semaines de la sortie de leur nouvel album, "Raw Digits", les deux zigotos techno de Super_Collider et leurs musiciens tout aussi zarbis envahissaient l'AB pour un concert haut en couleurs à défaut d'être mémorable. Leur premier album, "Head On", avait scotché l'auditeur électro lambada par ses mixes improbables de P-funk et de beats moites. Jamie Lidell en Prince post-moderne et Christian Vogel en bidouilleur malade, le cocktail ne pouvait qu'être détonnant. Les deux premiers morceaux donnent d'ailleurs le ton : Jamie, déguisé en E.T. à la combinaison alu, éructe des formules magiques, un beat martelé sous influence funky l'accompagnant dans ses délires mono-maniaques. Les musiciens, sortes de Dalton s'étant trompés de planète, tentent de suivre ses sautes d'humeur, souvent en vain : Lidell s'amuse comme un fou, mais tout seul. Quant à Christian Vogel, il peine sur ses boutons, regardant d'un mauvais œil cet olibrius qui se prend pour George Clinton. La fin du concert ressemble à s'y méprendre au clip de Come To Daddy d'Aphex Twin : Lidell sur ses échasses, un voile blanc le recouvrant des pieds à la tête, gueule un truc inaudible en gesticulant comme un épileptique. C'est fini, ouf, on a eu chaud. Super_Collider ne ménage pas son public, mais peu importe : à voir pour le show… Pour la musique, mieux vaut rester chez soi.

 

 

Zita Swoon

62TV a flairé la bonne affaire...

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Ouvert depuis quelques mois et sous l'impulsion d'un nouveau tenancier, le Phare propose d'accorder chaque mois, une carte blanche à un musicien pour ouvrir une jam. Histoire d'assurer un mini concert avant de partager la scène avec des invités qui souhaitent faire le bœuf. Ce lundi 2 mai, c'était une toute autre histoire, puisque Zita Swoon s'y produisait devant un parterre trié sur le volet (gagnants de concours, journalistes), dans le cadre d'une mini tournée intimiste qui passait par Bruxelles, Liège et Tournai (NDR : faut dire que la manager du groupe, et également compagne de Stef, est également originaire de la région). Et juste avant d'entamer un périple bien plus conséquent qui verra la formation anversoise se produire dans le cadre de festivals aussi prestigieux que Couleur Café, Werchter ou encore le Folk Dranouter. Bref, au bas mot, un peu plus d'une cinquantaine de personnes avaient été conviées pour assister à cet événement dans la cité des cinq clochers.

Mais venons-en au concert. Vêtu d'une veste fleurie, dont le tissu aurait pu être découpé dans le revêtement de fauteuil Voltaire, Stef Kamil Carlens (NDR : il joue aussi de la rythmique) est entouré d'un claviériste/accordéoniste, d'un bassiste/contrebassiste, d'un drummer, d'un percussionniste, d'un guitariste/claviériste et de trois choristes au teint plus que basané. Première constatation : par rapport à son album, « A song about a girls », les compos ont ici une toute autre pêche. Ce qui n'empêche pas les mélodies de se teinter régulièrement de jazz, de disco, de latino (les percus !), de r&b (le clavier !) et de gospel (les choristes). Le son flirte avec la perfection et les spectateurs sont vraiment aux anges ! En fin de parcours, Stef commence à glisser quelques chansons plus mélancoliques. Mais en 'live' elles passent vraiment bien la rampe. Zita aura même droit à un rappel au cours duquel l'accordéoniste et Stef vont essayer, mais vainement, de reprendre une compo d'Elton John. Juste de quoi détendre l'atmosphère et bien montrer qu'il s'agissait de direct. Bang et en particulier 62TV qui viennent de récupérer Zita Swoon suite aux licenciements opérés chez EMI ont encore flairé la bonne affaire. N'est-ce pas Pierre ?

 

Arctic Monkeys

Des détonations venues d'Arctique...

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C'est l'heure des comptes : la hype a rendez-vous avec ses gestionnaires. Parce que c'est une évidence : le phénomène Arctic Monkeys est en marche. Déjà, l'Angleterre a succombé aux rafales électriques de ses enfants. Partout, les concerts affichent complet. Et devant les salles anglo-saxonnes, les tickets s'échangent parfois pour près de 150 euros. Que penser de ces vérités : que le monde devient fou ? Que le rock va gagner son pari ? Que le Botanique se déplace sur une banquise ? Le public exige une réponse…

Grosse pagaille aux abords de la Rotonde. Des jeunes et des vieux sans âge gravitent autour de la petite salle. Personne ne sait exactement où donner de la tête. Dans une mansarde avoisinante, le « buzz » Maxïmo Park s'apprête à caracoler sur scène. Certains ont acquis le droit de passage pour les deux représentations. Les choses se dessinent : course, sueur et pogos en perspective.

Mais ce qui importe davantage aujourd'hui, c'est « The Next Big Thing » : Arctic Monkeys. Sur la foi d'un seul single paru chez nous, ces quatre gamins (19 ans de moyenne d'âge) de Sheffield s'acquittent d'une salle comble. Pourtant, l'histoire des Monkeys pourrait être celle de milliers de jeunes anglais bouffés par l'ennui et la lassitude dans le décor d'une prude Albion qui peine à imaginer son futur, ces lendemains « post-Blairien ».

Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que ces jeunes singes de l'Arctique sont sortis des suburbs, qu'ils risquent de décoller vers des cimes inimaginables pour le commun des mortels. A ce rythme, on peut facilement les imaginer en tête des charts, loin devant les Franz Ferdinand, Bloc Party et autres Kaiser Chiefs. Ces gosses sont doués, bénis des Clash, des Libertines et des Blur. Anglais jusqu'au bout des doigts de pieds, nos nouveaux amis ressemblent aux voisins de palier de Mike Skinner (The Streets).

Sur scène, Alex Turner (chanteur/guitariste) ne s'en laisse pas compter et son « I bet you look good on the dance floor » (« Je parie que tu es bonne sur le dance floor ») atterrit dans la fosse en provoquant un raz-de-marée populaire abyssal et jouissif pour des teenagers fous de joie. Trois ans auparavant, ces enfants décidaient d'apprendre à jouer d'un instrument. Aujourd'hui, ils sont à l'aube d'une hype gigantesque, peut-être incontrôlable. Les chansons des Monkeys suffisent à balancer ces affirmations en pâture : un son énorme, des refrains belliqueux, une simplicité désarmante, des hymnes acérés seront, sans doute, les paramètres essentiels du rock de demain. En attendant, l'assistance de la Rotonde aura saisi sa chance, accueillant chaleureusement ces détonations venues d'Arctique. Et par la grâce du jargon, nous achèverons ce tour de piste par une voie de Dandy : « Welcome To The Monkeys House » !

 

Joseph Arthur

Les desseins artistiques de Joseph Arhtur...

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Singer/songwriter découvert au milieu des années 90 par Peter Gabriel, Joseph Arthur était de passage dans la capitale pour un concert dominical. Depuis son premier album (« Big City Secrets » -1997), l'artiste vit en autarcie artistique, isolé dans un univers décoratif où la peinture et la musique dépeignent son univers : indépendant et introspectif. Un monde à part, à des circonvolutions lumières des pratiques traditionnelles de l'industrie musicale.

Vêtu d'un costume bleu ciel, un peu cheap mais plutôt classe, l'homme demeure seul sur scène, le regard caché par une frange capillaire rebelle. Dès les premiers accords, Joseph Arthur prend le spectateur par la main, guide son auditeur dans les tréfonds de son cerveau et l'invite à entrer en communion avec cette étrange expérience sensorielle. Nous sommes donc en sa compagnie pour Dieu sait quelle raison (« Our Shadows Will Remain », son dernier disque est sorti en 2004) mais cette visite semble ravir l'audience du bonhomme. Et puis, ce garçon possède une aura intrigante. Comme ses toiles, placées dans son dos, qui représentent des figures humaines déshumanisées dans un style déstructuré proche de celui de Miro. Joseph le musicien et Arthur le peintre sont donc les deux entités de l'homme qui nous fait face. L'entame du set laisse entrevoir la mélancolie de « She Paints Me Gold », avant de repasser du côté obscur de la pop par l'entremise de « Can't Exist » et de poursuivre au son de « Speed of Light ». En trois titres, Joseph Arthur revisite ses trois derniers enregistrements. Au fil des compositions, l'œuvre Arthurienne se dessine. Au sol, fusains, pinceaux, bombes de couleurs et autres peintures aident l'artiste dans son dessein artistique. Le concert prend une tournure globale, adopte les traits d'une œuvre complexe où Joseph Arthur est l'artiste, le point de liaison de formes artistiques éparses. La première partie du concert s'achève sur « In The Sun », belle et longue complainte dramatique logée sur « Come to Where I'm From » (2000).

Son retour sur scène marque l'avènement de son dernier album et teinte sa prestation d'une jovialité bienvenue. Derrière lui, la toile se complète au gré de ses envies, de ses extravagances, de ses chansons. Le concert s'étale, inégal mais prenant comme sur « There Is A Light That Never Goes Out », reprise improbable des Smiths. Les dernières enlevées de « Good About Me » diffusent dans l'air un parfum d'incompréhension. Et parfois, cependant, c'est bon de ne pas comprendre…

 

Minerale

Oooooh Minerale!

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Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que si peu de monde s'était déplacé pour un concert rock à la Maison de la Culture, c'était en 2002. Le 21 décembre, très exactement. Mais pour un spectacle qui se déroulait au beau milieu de l'après-midi. Etonnant, lorsqu'on sait que depuis, ces rendez-vous ont toujours été couronnés de succès. Mais un peu moins de 150 personnes pour accueillir Tahiti 80, lorsqu'on sait qu'au Japon ils se produisent devant des dizaines de milliers de personnes, donne à réfléchir. Manque de promo ? Absolument pas ! Même s'il faut reconnaître que l'annonce de l'affiche n'a guère été matraquée sur les ondes radiophoniques… Une mauvaise date ? Probablement. D'abord, en automne il y a prolifération de manifestations de ce type. Et elles font suite aux festivals estivaux de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Or à la rentrée, les portefeuilles des jeunes sont vides… Une tentative d'explication qui en mérite d'autres. Mais une chose est sûre, les absents de ce vendredi 23 septembre 2005 ont eu tort !

Finaliste du Concours Circuit, Minerale pratique une musique particulièrement rafraîchissante. Une sorte de britpop dont les mélodies contagieuses balayées de sonorités de guitares bringuebalantes peuvent rappeler House Of Love. En outre, le timbre vocal de Jack est capable d'inflexions aussi haut perchées que Guy Chadwick, voire de Peter Perrett (Only Ones). Un chanteur/guitariste qui passe épisodiquement à la sèche. Tout comme le claviériste a la faculté de est capable de se distinguer aux six cordes. Vêtu d'un élégant costume de grenadier (?), le bassiste se sent comme un poisson dans l'eau (NDR : oui je sais, le jeu de mots est facile) ; et lorsque tout le groupe s'arrête de jouer et se fige dans un salut militaire, il ressemble à un soldat de plomb. En fin de parcours, le groupe intègre habilement le « Love will tear us apart » de Joy Division dans une de ses chansons, démontrant à nouveau son goût prononcé pour la musique insulaire. Une chose est sûre, il y a du talent chez Minerale. Et à force de travail, il pourrait finir par payer.

Révélation de la dernière édition du festival d'Hiver Rock, qui s'est déroulée en février dernier, Malibu Stacy vient d'enregistrer un Ep 5 titres. Un disque qui prélude la sortie d'un premier album. Mais la formation liégeoise ne veut pas brûler les étapes. Et souhaite donner le meilleur d'elle-même pour le concocter. Ce qui explique pourquoi le combo travaille dur et tourne inlassablement à travers la Belgique ; histoire d'être au top le jour J. Mais l'expérience acquise se traduit à travers leurs sets, de plus en plus soignés et de plus en plus explosifs. En outre, le chanteur, Dave de Froidmont, s'impose de plus en plus comme la tête de proue du band. Non content de disposer d'un timbre vocal puissant, sensuel et souple, mais il se révèle un fantastique showman. Il bondit sur les planches à la manière d'un Paul Smith (Maxïmo Park) ou se contorsionne comme Iggy Pop. Enorme différence, Dave est toujours habillé, et même bien fringué. Agile comme un chat, il lui arrive de descendre du podium pour rejoindre l'auditoire, avant d'y retourner comme s'il était monté sur ressorts. Pas étonnant que parfois, le fil de son microphone reste coincé dans les retours de scène. Episodiquement, il se saisit d'un micro astatique, accentuant ainsi l'aspect sauvage des mélodies alimentées par des riffs de guitare incisifs, des drums frénétiques, une basse pulsante, et éclaboussées par un moog aux sonorités désuètes. La musique de Malibu Stacy peut faire penser à Pavement et Weezer. Mais les influences sont tellement diluées, qu'il est difficile de les discerner. Et c'est là tout le mérite de la formation liégeoise. Le public est conquis et sollicite un rappel. En échange, Dave lui demande de quitter ses sièges et de s'approcher de l'estrade. Le pari est gagné.

Auteur d'un troisième album en mai dernier (« Fosbury »), Tahiti 80 est donc reparti en tournée. Un périple pour lequel la formation rouennaise s'est adjoint un cinquième musicien : un percussionniste (NDR : capable de doubler aux drums lorsque Sylvain passe aux claviers). Un choix judicieux pour une musique qui lorgne de plus en plus vers le funk, la soul et le r&b. La première chose qui frappe chez Tahiti 80, c'est la voix de Xavier Boyer. Un beau gosse qui doit faire tomber une multitude de filles en pamoison. Xavier passe en outre régulièrement aux claviers, instrument installé sur le devant de la scène. Limpide et fluide, sa voix surfe sur des mélodies chaloupées et paradisiaques. Qu'illumine des textes toujours chantés dans la langue de Shakespeare. Des lyrics qui traitent essentiellement d'amour et des flirts de l'été. Barbe de trois jours (NDR : on dirait le sergent Garcia qui aurait bu un élixir de jouvence), Pedro - le bassiste - entretient le groove. Tout comme le drummer, par ailleurs. Mais Sylvain est également capable de donner une coloration jazzyfiante à son drumming. A charge pour Mederic de fignoler les sonorités de ses interventions presque cliniques à la six cordes. Une chose est sûre, le son est parfaitement clean. Mais manifeste beaucoup plus de punch que sur disque. Et lorsque Pedro coiffe une tête de panda, c'est pour amorcer une fin de set endiablée. Un épilogue au cours duquel le groupe va interpréter un « Never forget » et un « Changes » totalement irrésistibles. Lors de ce dernier morceau, Pedro va même rejoindre Sylvain pour donner davantage d'intensité percussive à la compo. En guise de rappel, Tahiti 80 va tout d'abord nous proposer un morceau mid tempo, puis le slow « Something about you girl". Et alors qu'on pensait qu'il allait terminer sur un mode mineur, la formation normande s'est replongée dans le funk excitant à travers « Heartbeat ». Beaucoup plus atmosphérique, le deuxième rappel nous a même démontré que les instrumentistes avaient plus d'une corde à leur arc…

Dead Combo

L'humour finlandais...

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Le Dead Combo ouvre les concerts de la nouvelle tournée des Warlocks ; et l'idée n'est finalement pas saugrenue, car le duo ne manque pas d'humour. Lorsque To Trips monte sur les planches, il n'y a pas trente âmes dans la Rotonde. Ce qui ne l'empêche pas de faire le pitre. Il commence par décapsuler quelques bouteilles de bière à l'aide de ses dents, en distribue l'une ou l'autre entre quelques singles, souhaite un joyeux anniversaire un tantinet paillard à la bassiste des Warlocks, alors présente dans la salle, puis teste le balancier de son pied de micro comme un boxeur qui tente d'esquiver les coups. Ce qui permet déjà à ce sosie de Dave Grohl (NDR : il a même les bras entièrement tatoués) de déclencher l'hilarité générale. Il décline sa nationalité finlandaise à plusieurs reprises, joue quelques notes de guitare, puis conclut qu'il s'agissait du premier morceau du set. C'est le moment choisi par son compère pour entrer en scène, armé d'une seconde gratte. Un musicien qui répond au nom de Pedro V. Gonçalves. Probablement un Portugais que To a rencontré à Lisbonne en 2003. Ce dernier se charge, en outre, des programmations à l'aide d'un PC portable. En plus de jouer de la six cordes et de s'assurer les parties vocales, le Finnois se réserve les claviers. Et le concert de démarrer, dans un style qui évoque tantôt Jesus & Mary Chain, tantôt Suicide ; le timbre de To campant un hybride entre Iggy Pop et Jim Morrison. Particulièrement allumé, To brise son micro sans fil. Il en revient donc au traditionnel qui tombe à nouveau en panne, après quelques minutes. Une comédie burlesque qui ne dénature par pour autant le set très efficace de Dead Combo à qui on reprochera peut-être une certaine linéarité dans le ton et puis parfois des compos qui ne semblent pas achevées. N'empêche ce duo est à revoir et surtout à suivre du coin de l'oreille.

Lorsque les Warlocks montent sur scène, on peut évaluer l'assistance à 200 personnes. Le line up dispose toujours de deux batteurs, mais il a subi quelques changements. Et tout d'abord aux drums, puisque si Jason Anchondo est toujours bien présent, Bob Mustachio a pris le relais de Dany Hole. Mais les modifications les plus marquantes procèdent sans doute du départ d'un des quatre gratteurs (Jeff Levits) et du remplacement de Bobby Martinez par Jenny Fraser à la basse. Les trois autres guitaristes sont toujours bien au poste ; soit JC Rees, le soliste Corey Lee Granet et le leader/chanteur/compositeur Bobby Hecksher. Sans oublier la claviériste Laura Grisby. Pour vous y retrouver, ils sont sept ! Première constatation, Bobby Hecksher et surtout Corey possèdent une panoplie de pédales de distorsion particulièrement impressionnante. Et puis la bassiste est très sexy. Plutôt jolie aussi, par ailleurs. En outre, le set bénéficie du concours d'un créateur visuel issu de la vieille école, dont les projections sont partagées entre images érotiques et expressions de la souffrance humaine. Nonobstant un dernier opus plus noisy que psyché, les Warlocks nous ont entraîné dans un trip psychédélique, cosmique, ténébreux, hallucinatoire, propice à l'envoûtement. Un voyage au cours duquel l'électricité ondoie, oscille, se consume, scintille. Seule, la voix nasillarde, gémissante de Bobby semble flotter sur cet éther sonique. Peu de titres du dernier opus, mais un éventail assez large de la discographie du groupe (voir ci-dessous). En rappel la formation va tout d'abord nous dispenser un medley partagé entre le très 'curiste' « Song for Nico » et « Inside/Outside », avant de clôturer le spectacle par une compo assez époustouflante de ce qui pourrait bien être leur « Suicide note ». C'est à cet instant qu'on s'est rendu compte de la complémentarité des drummers. Ils jouent en parfaite synchro. Un gaucher et un droitier. Et leur matos est disposé en miroir. Ce qui confère une profondeur assez particulière au rythme. Ce sont d'ailleurs eux qui vont terminer le set par un morceau digne de l'apogée d'Iron Butterfly (In-A-Gadda-Da-Vida ?). D'autant que bien soutenu par Bobby et JC, Corey va torturer son manche comme le faisait si bien un certain Erik Braunn. Une claque !

 

The Warlocks

Un trip psychédélique propice à l'envoûtement...

Écrit par

Le Dead Combo ouvre les concerts de la nouvelle tournée des Warlocks ; et l'idée n'est finalement pas saugrenue, car le duo ne manque pas d'humour. Lorsque To Trips monte sur les planches, il n'y a pas trente âmes dans la Rotonde. Ce qui ne l'empêche pas de faire le pitre. Il commence par décapsuler quelques bouteilles de bière à l'aide de ses dents, en distribue l'une ou l'autre entre quelques singles, souhaite un joyeux anniversaire un tantinet paillard à la bassiste des Warlocks, alors présente dans la salle, puis teste le balancier de son pied de micro comme un boxeur qui tente d'esquiver les coups. Ce qui permet déjà à ce sosie de Dave Grohl (NDR : il a même les bras entièrement tatoués) de déclencher l'hilarité générale. Il décline sa nationalité finlandaise à plusieurs reprises, joue quelques notes de guitare, puis conclut qu'il s'agissait du premier morceau du set. C'est le moment choisi par son compère pour entrer en scène, armé d'une seconde gratte. Un musicien qui répond au nom de Pedro V. Gonçalves. Probablement un Portugais que To a rencontré à Lisbonne en 2003. Ce dernier se charge, en outre, des programmations à l'aide d'un PC portable. En plus de jouer de la six cordes et de s'assurer les parties vocales, le Finnois se réserve les claviers. Et le concert de démarrer, dans un style qui évoque tantôt Jesus & Mary Chain, tantôt Suicide ; le timbre de To campant un hybride entre Iggy Pop et Jim Morrison. Particulièrement allumé, To brise son micro sans fil. Il en revient donc au traditionnel qui tombe à nouveau en panne, après quelques minutes. Une comédie burlesque qui ne dénature par pour autant le set très efficace de Dead Combo à qui on reprochera peut-être une certaine linéarité dans le ton et puis parfois des compos qui ne semblent pas achevées. N'empêche ce duo est à revoir et surtout à suivre du coin de l'oreille.

Lorsque les Warlocks montent sur scène, on peut évaluer l'assistance à 200 personnes. Le line up dispose toujours de deux batteurs, mais il a subi quelques changements. Et tout d'abord aux drums, puisque si Jason Anchondo est toujours bien présent, Bob Mustachio a pris le relais de Dany Hole. Mais les modifications les plus marquantes procèdent sans doute du départ d'un des quatre gratteurs (Jeff Levits) et du remplacement de Bobby Martinez par Jenny Fraser à la basse. Les trois autres guitaristes sont toujours bien au poste ; soit JC Rees, le soliste Corey Lee Granet et le leader/chanteur/compositeur Bobby Hecksher. Sans oublier la claviériste Laura Grisby. Pour vous y retrouver, ils sont sept ! Première constatation, Bobby Hecksher et surtout Corey possèdent une panoplie de pédales de distorsion particulièrement impressionnante. Et puis la bassiste est très sexy. Plutôt jolie aussi, par ailleurs. En outre, le set bénéficie du concours d'un créateur visuel issu de la vieille école, dont les projections sont partagées entre images érotiques et expressions de la souffrance humaine. Nonobstant un dernier opus plus noisy que psyché, les Warlocks nous ont entraîné dans un trip psychédélique, cosmique, ténébreux, hallucinatoire, propice à l'envoûtement. Un voyage au cours duquel l'électricité ondoie, oscille, se consume, scintille. Seule, la voix nasillarde, gémissante de Bobby semble flotter sur cet éther sonique. Peu de titres du dernier opus, mais un éventail assez large de la discographie du groupe (voir ci-dessous). En rappel la formation va tout d'abord nous dispenser un medley partagé entre le très 'curiste' « Song for Nico » et « Inside/Outside », avant de clôturer le spectacle par une compo assez époustouflante de ce qui pourrait bien être leur « Suicide note ». C'est à cet instant qu'on s'est rendu compte de la complémentarité des drummers. Ils jouent en parfaite synchro. Un gaucher et un droitier. Et leur matos est disposé en miroir. Ce qui confère une profondeur assez particulière au rythme. Ce sont d'ailleurs eux qui vont terminer le set par un morceau digne de l'apogée d'Iron Butterfly (In-A-Gadda-Da-Vida ?). D'autant que bien soutenu par Bobby et JC, Corey va torturer son manche comme le faisait si bien un certain Erik Braunn. Une claque !

Set list :

"Isolation"

"Isolation"

"Warhorses"

"Come save us"

"Star Power"

"Thurday's radiation"

"Above earth"

"Red rooster/Hurricane heart attack"

"Caveman"

"Stickman blues"

"Cosmic letdown"

Rappel :

"Song for Nico – Inside/Outside"

"Suicide note" ?

 

The Fuzztones

Un tourbillon de psyché garage...

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Il revenait à la formation Sheetah et les Weissmuller d'ouvrir la soirée. Un ensemble issu de l'Hexagone qui ne manque pas d'enthousiasme. Enturbanné, le chanteur ne tient pas en place et arpente constamment la largeur de la scène. La plupart du temps, il chante dans la langue de Molière. Mais le plus dérangeant procède de sa voix, dont le timbre est un peu trop proche de celui de Claude François, à mon goût. Le drummer et le percussionniste semblent prendre leur pied. Ce dernier a même suspendu des crânes en caoutchouc sur le support de son tambourin,  crânes qui agitent la mâchoire lorsqu'il frappe sur la toile. Et le bassiste, qui arbore un superbe et immense badge du « Prisonnier » soutient parfaitement ce tandem déchaîné. Plus discrets, le guitariste et le claviériste (NDR : physiquement on dirait un hybride entre Arno et Dave Formula) canalisent les mélodies. Reste un deuxième claviériste, perdu à gauche de la scène qui passe la plupart de son temps à frapper sur un tambourin. La musique de Sheetah et ses Weissmuller est coincée quelque part entre garage (normal), yé-yé, twist et rock 'bleu blanc rouge'. Et si lors de leur set, l'ombre de Gainsbourg (la reprise de « Conctact »), de Dutronc (NDR : le final « Je cherche, mais je ne trouve pas ») ou de Bijou planent sur les meilleurs titres, le manque de relief des compos finit par lasser.

Le Fifty Foot Combo remplaçait au pied levé les Seeds, qui avaient déclaré forfait quelques jours plus tôt (NDR : problème de santé du chanteur !). Une formation basée à Gand qui compte en son sein un guitariste espagnol et une claviériste française (NDR : issue de Marseille, pour être plus précis). Un sextuor dont la réputation de groupe de scène a envahi toute l'Europe. Dès que l'ensemble monte sur les planches, l'attention est immédiatement focalisée sur la claviériste. Si son physique lui aurait sans soute permis de jouer dans « Pulp fiction » de Tarantino, ses gesticulations et ses poses semblent le fruit d'un cocktail d'humour, d'extravagance et de sensualité. On a même parfois l'impression qu'elle atteint l'orgasme sur son clavier (…) Un clavier fluide qui infiltre toutes les compos du combo. Des compos qui mélangent allègrement garage, soul, punk, rock, surf et psychédélisme. Dans l'esprit des Trashmen, de Link Wray, des Ventures ou encore de Question Mark & The Mysterians. Une seule règle : la musique est exclusivement instrumentale. Enfin, presque. Puisque un des guitaristes vient quand même chanter de sa voix rocailleuse un blues crapuleux. Ce sera l'exception qui confirme la règle. Ce gratteur et le soliste espagnol (NDR : en cours de set, il présente les musiciens dans la langue de Cervantès !) se complètent à merveille, même si ce dernier semble davantage privilégier les accès de funk. A l'arrière, le drummer et le percussionniste (NDR : il est coiffé du même chapeau que John Mc Crea) impressionnent par leur virtuosité. Ils nous réservent même un petit exercice de style tribal, en terminant leur prestation sur la même caisse de batterie. Et finalement, c'est le bassiste qui déménage le plus. Il est également le leader du groupe. Pétillante, sauvage, exaltante et stylisée, leur prestation sera à la hauteur de leur réputation ; le groupe nous accordant même une cover exquise du « Banana split » de Lio. Et s'il est vrai que la présence d'un vocaliste pourrait apporter un plus à leur musique, il faut admettre qu'ils sont vraiment uniques en leur genre. D'autant plus qu'en concert, ils se produisent en compagnie de go-go girls. Qui étaient absentes à Lille. Dommage !

Pas de balances pour les Fuzztones. Le montage du matos, les quelques réglages et le rapide soundcheck sont effectués quelques minutes avant l'entrée en scène des musiciens. Une technique plutôt inhabituelle, lorsqu'on sait que certains artistes ont souvent besoin d'un temps infini pour être et parfois même ne pas être au point, le moment voulu. Faut dire que les Fuzztones sont nés en 1982, et que nonobstant quelques pauses survenues depuis, la scène n'a plus de secret pour eux. Le temps de jeter quelques 'set lists' sur le sol, et le concert peut commencer. Le quintet monte sur les planches en affichant un look plutôt gothique. Rudi Protrudi n'a pas changé depuis 20 ans. Sa longue chevelure de jais retombe sur les épaules de son immense carcasse. Lunettes noires, t-shirt à l'effigie de Love, il empoigne le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre pour poser le baryton profond de sa voix. Un pied de micro qui va en voir de toutes les couleurs le temps de deux morceaux. Il harangue la foule, s'approche du bord de la scène et se penche vers le public, qui essaie de toucher son idole ( ?!?!?). A sa droite et à sa gauche, le guitariste et le bassiste exhibent une drôle de gratte. Sculptée dans une caisse à la forme plus ou moins hexagonale, elle répond au nom de Vox Phantom. A l'arrière, le drummer assure sobrement et efficacement, pendant que la claviériste toute de noir vêtue (NDR : très jolie !), se tient en station debout, les jambes écartées (NDR : évidemment, il y en a encore qui vont comprendre de travers, hein ! Bande de polissons…), derrière son orgue, instrument qui lui permet de napper les mélodies de ses fameuses sonorités rognées. Passé les deux premiers titres, au cours duquel un inconscient est parvenu à jeter le fond de sa bière sur une des pédales de disto (NDR : bonjour les grésillements !), Rudi ôte ses lunettes et empoigne sa guitare. Et le répertoire des Fuzztones peut déferler. La plupart des titres de son dernier album (« Salt for Zombies ») se succèdent, entrecoupés de standards comme « Strychnine » ou « Cinderella ». Pratiquement pas le temps de respirer, puisqu'un véritable tourbillon de psyché garage croustillant, rafraîchissant, parfois trempé dans le feedback, se met à déferler. Et le public ne s'y trompe pas, puisqu'il réagit en pogotant frénétiquement sur le devant de la scène. Episodiquement, Rudi sort un harmo de sa poche, pour y souffler des poussières de blues. Et probablement pour rendre un hommage à feu leur ami Screamin' Jay Hawkins. Un set ténébreux, hanté par le spectre du célèbre bluesman, sans la moindre faille et terriblement excitant (NDR : quel groove !) qui trouvera un prolongement à travers deux rappels. Au cours du premier, les Fuzztones vont nous servir une longue compo sculptée dans le bruit blanc. Du psychédélisme à l'état pur ! Et puis une chanson au cours de laquelle le soliste abandonnera ses six cordes pour un theremin. Un seul regret : l'assistance : 350 à 400 personnes pour assister à la prestation d'une légende comme les Fuzztones est totalement incompréhensible. D'autant qu'ils ne se produisent pas souvent chez nous. D'ailleurs, suivant la formule consacrée, les absents ont eu tort !

 

 

 

Cornerstone

What a beautiful evening !

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Aussi surprenant que cela puisse paraître, Cornerstone a accordé son premier concert dans le temple national du heavy metal ce 28 janvier. C’est que le Biebob de Vosselaar jouit d’une réputation européenne (NDR : au bas mot), et que les groupes branchés ne conçoivent pas une tournée des clubs sans débarquer les flight cases sur la minuscule scène du lieu mythique. Cornerstone aura donc attendu la sortie de son troisième album pour venir saluer un public constitué uniquement de connaisseurs et d’habitués. Formé d’un ex Rainbow (le chanteur Dougie White) et d’un ancien Royal Hunt (le guitariste Steen Mogensen), le combo a véritablement atomisé la salle, passant en revue les meilleurs titres de ses trois opus. Complices d’un chanteur qui ne manque pas d’humour, les musiciens ont délivré une prestation sidérante de virtuosité et d’enthousiasme. Les nostalgiques de Rainbow, dont le band s’est largement inspiré, en ont pris plein les oreilles. Parce que ce groupe sonne aussi bien que l’arc-en-ciel de Ritchie Blackmore à son apogée. Les titres s’enchaînent sans aucune baisse de régime, et le combo se fend d’une set-list absolument remarquable : « Welcome to Forever », « When the Hammer Falls », « End of the World » (NDR : issu du petit dernier « Once upon our Yesterdays »), mais aussi de véritables hymnes extraits du fabuleux « Human Stain ». Lors du hit “Midnight in Tokyo”, titre emblématique de Cornerstone, le groupe s’est attiré la complicité d’un public tout acquis à sa cause. Frissons dans le dos dès les premières mesures du sublime « Unchosen One » interprété avec un formidable feeling, et succès garanti pour la reprise de la plage titulaire du dernier album de Rainbow  (« Stranger in us all » avec Dougie White et déjà Candice Night !!). En rappel, ce joli monde nous a gratifiés d’un « Perfect Stranger » plus puissant que l’original. Un final en apothéose. What a beautiful evening !

 

 

Amadou & Mariam

Une ambiance de fête...

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Morley est un trio drivé par la chanteuse/compositrice/ chorégraphe Morley Kamen. Elle pratique un folkpop qui déborde d'émotion, une expression semi-acoustique élégamment colorée par les accès d'un violon et d'une guitare sèche ; le tout souligné par la voix bouleversante de Morley. Son deuxième album, 'Days like these', vient de paraître tout récemment.

A l'instar de Salif Keita et d'Ali Farka Touré, Amadou & Mariam appartiennent à une scène pop afroworld qui récolte pas mal de succès en Europe. Atteint de cécité, le couple a bénéficié du concours de Manu Chao en personne, pour l'enregistrement de son nouvel opus, "Dimanche à Bamako'. Une influence bien présente tout au long de cette plaque ; mais aussi une marque de reconnaissance de la part de l'ex leader de La Mano. Et le résultat ne s'est pas fait attendre, puisque les ventes de disques cartonnent et les concerts attirent la foule.

Bourrée de swing, de groove, la musique d'Amadou & Mariam est à la fois dense et chaleureuse. Le recours à l'électronique, la double percussion, les rythmes répétitifs et le chant alterné ou d'ensemble colorent inévitablement leurs compositions. Sur les planches, Amadou & Mariam sont soutenus par quatre instrumentistes. Et ce sextet a accordé un set riche, attachant et bien en rythme. Le couple apprécie le public et le remercie vivement pour ses acclamations. Tout au long de la soirée, l'accent a été mis sur leur dernier album. Dès le début, "La fête au village" a plongé le public dans leur univers si caractéristique. Fouettés par la double percussion, les groovy et remuants "Artistiya" et "Beaux dimanches" ont constitué les premiers points culminants du set ! "M'bife balafon" et "Nangaraba" se sont davantage révélés contagieux et luxuriants. Amadou se met parfois dans la peau de John Lee Hooker. Ce qui explique sans doute pourquoi son jeu de guitare est aussi inspiré. Lors de leur voyage musical à Bamako, l'instrumentation et les harmonies vocales semblaient si naturelles et rafraîchissantes qu'ils conféraient à l'ensemble un parfum d'été. Et des titres comme "La paix", "Chantez, Chantez" ou "La réalité" en sont les plus belles illustrations. En rappel, ils ont interprété des morceaux plus anciens comme "Je pense à toi", fragment souligné par les harmonies vocales et la guitare d'Amadou, "Mon amour, Ma chérie" et "Pauvre type", des chansons qui ont mis en exergue leurs superbes harmonies vocales tout en déclenchant une véritable ambiance de fête. Amadou & Mariam ont laissé une forte impression: ils ont illuminé ces jours gris d'une teinte sensuelle d'été tout en éveillant en notre fors intérieur une envie de danser. Des festivals estivaux ( ?!?!?) comme Polé Polé, Sfinks ou Folkdranouter devraient y trouver leur compte…

(Traduction : Nico Verhelle/ Adaptation B. Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

Tahiti 80

Tahiti 80 a plus d'une corde à son arc...

Écrit par

Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que si peu de monde s'était déplacé pour un concert rock à la Maison de la Culture, c'était en 2002. Le 21 décembre, très exactement. Mais pour un spectacle qui se déroulait au beau milieu de l'après-midi. Etonnant, lorsqu'on sait que depuis, ces rendez-vous ont toujours été couronnés de succès. Mais un peu moins de 150 personnes pour accueillir Tahiti 80, lorsqu'on sait qu'au Japon ils se produisent devant des dizaines de milliers de personnes, donne à réfléchir. Manque de promo ? Absolument pas ! Même s'il faut reconnaître que l'annonce de l'affiche n'a guère été matraquée sur les ondes radiophoniques… Une mauvaise date ? Probablement. D'abord, en automne il y a prolifération de manifestations de ce type. Et elles font suite aux festivals estivaux de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Or à la rentrée, les portefeuilles des jeunes sont vides… Une tentative d'explication qui en mérite d'autres. Mais une chose est sûre, les absents de ce vendredi 23 septembre 2005 ont eu tort !

Finaliste du Concours Circuit, Minerale pratique une musique particulièrement rafraîchissante. Une sorte de britpop dont les mélodies contagieuses balayées de sonorités de guitares bringuebalantes peuvent rappeler House Of Love. En outre, le timbre vocal de Jack est capable d'inflexions aussi haut-perchées que Guy Chadwick, voire de Peter Perrett (Only Ones). Un chanteur/guitariste qui passe épisodiquement à la sèche. Tout comme le claviériste a la faculté de est capable de se distinguer aux six cordes. Vêtu d'un élégant costume de grenadier (?), le bassiste se sent comme un poisson dans l'eau (NDR : oui je sais, le jeu de mots est facile) ; et lorsque tout le groupe s'arrête de jouer et se fige dans un salut militaire, il ressemble à un soldat de plomb. En fin de parcours, le groupe intègre habilement le « Love will tear us apart » de Joy Division dans une de ses chansons, démontrant à nouveau son goût prononcé pour la musique insulaire. Une chose est sûre, il y a du talent chez Minerale. Et à force de travail, il pourrait finir par payer.

Révélation de la dernière édition du festival d'Hiver Rock, qui s'est déroulée en février dernier, Malibu Stacy vient d'enregistrer un Ep 5 titres. Un disque qui prélude la sortie d'un premier album. Mais la formation liégeoise ne veut pas brûler les étapes. Et souhaite donner le meilleur d'elle-même pour le concocter. Ce qui explique pourquoi le combo travaille dur et tourne inlassablement à travers la Belgique ; histoire d'être au top le jour J. Mais l'expérience acquise se traduit à travers leurs sets, de plus en plus soignés et de plus en plus explosifs. En outre, le chanteur, Dave de Froidmont, s'impose de plus en plus comme la tête de proue du band. Non content de disposer d'un timbre vocal puissant, sensuel et souple, mais il se révèle un fantastique showman. Il bondit sur les planches à la manière d'un Paul Smith (Maxïmo Park) ou se contorsionne comme Iggy Pop. Enorme différence, Dave est toujours habillé, et même bien fringué. Agile comme un chat, il lui arrive de descendre du podium pour rejoindre l'auditoire, avant d'y retourner comme s'il était monté sur ressorts. Pas étonnant que parfois, le fil de son microphone reste coincé dans les retours de scène. Episodiquement, il se saisit d'un micro astatique, accentuant ainsi l'aspect sauvage des mélodies alimentées par des riffs de guitare incisifs, des drums frénétiques, une basse pulsante, et éclaboussées par un moog aux sonorités désuètes. La musique de Malibu Stacy peut faire penser à Pavement et Weezer. Mais les influences sont tellement diluées, qu'il est difficile de les discerner. Et c'est là tout le mérite de la formation liégeoise. Le public est conquis et sollicite un rappel. En échange, Dave lui demande de quitter ses sièges et de s'approcher de l'estrade. Le pari est gagné.

Auteur d'un troisième album en mai dernier (« Fosbury »), Tahiti 80 est donc reparti en tournée. Un périple pour lequel la formation rouennaise s'est adjoint un cinquième musicien : un percussionniste (NDR : capable de doubler aux drums lorsque Sylvain passe aux claviers). Un choix judicieux pour une musique qui lorgne de plus en plus vers le funk, la soul et le r&b. La première chose qui frappe chez Tahiti 80, c'est la voix de Xavier Boyer. Un beau gosse qui doit faire tomber une multitude de filles en pamoison. Xavier passe en outre régulièrement aux claviers, instrument installé sur le devant de la scène. Limpide et fluide, sa voix surfe sur des mélodies chaloupées et paradisiaques. Qu'illumine des textes toujours chantés dans la langue de Shakespeare. Des lyrics qui traitent essentiellement d'amour et des flirts de l'été. Barbe de trois jours (NDR : on dirait le sergent Garcia qui aurait bu un élixir de jouvence), Pedro - le bassiste - entretient le groove. Tout comme le drummer, par ailleurs. Mais Sylvain est également capable de donner une coloration jazzyfiante à son drumming. A charge pour Mederic de fignoler les sonorités de ses interventions presque cliniques à la six cordes. Une chose est sûre, le son est parfaitement clean. Mais manifeste beaucoup plus de punch que sur disque. Et lorsque Pedro coiffe une tête de panda, c'est pour amorcer une fin de set endiablée. Un épilogue au cours duquel le groupe va interpréter un « Never forget » et un « Changes » totalement irrésistibles. Lors de ce dernier morceau, Pedro va même rejoindre Sylvain pour donner davantage d'intensité percussive à la compo. En guise de rappel, Tahiti 80 va tout d'abord nous proposer un morceau mid tempo, puis le slow « Something about you girl". Et alors qu'on pensait qu'il allait terminer sur un mode mineur, la formation normande s'est replongée dans le funk excitant à travers « Heartbeat ». Beaucoup plus atmosphérique, le deuxième rappel nous a même démontré que les instrumentistes avaient plus d'une corde à leur arc…

 

Malibu Stacy

Ne pas brûler les étapes...

Écrit par

Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que si peu de monde s'était déplacé pour un concert rock à la Maison de la Culture, c'était en 2002. Le 21 décembre, très exactement. Mais pour un spectacle qui se déroulait au beau milieu de l'après-midi. Etonnant, lorsqu'on sait que depuis, ces rendez-vous ont toujours été couronnés de succès. Mais un peu moins de 150 personnes pour accueillir Tahiti 80, lorsqu'on sait qu'au Japon ils se produisent devant des dizaines de milliers de personnes, donne à réfléchir. Manque de promo ? Absolument pas ! Même s'il faut reconnaître que l'annonce de l'affiche n'a guère été matraquée sur les ondes radiophoniques… Une mauvaise date ? Probablement. D'abord, en automne il y a prolifération de manifestations de ce type. Et elles font suite aux festivals estivaux de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Or à la rentrée, les portefeuilles des jeunes sont vides… Une tentative d'explication qui en mérite d'autres. Mais une chose est sûre, les absents de ce vendredi 23 septembre 2005 ont eu tort !

Finaliste du Concours Circuit, Minerale pratique une musique particulièrement rafraîchissante. Une sorte de britpop dont les mélodies contagieuses balayées de sonorités de guitares bringuebalantes peuvent rappeler House Of Love. En outre, le timbre vocal de Jack est capable d'inflexions aussi haut perchées que Guy Chadwick, voire de Peter Perrett (Only Ones). Un chanteur/guitariste qui passe épisodiquement à la sèche. Tout comme le claviériste a la faculté de est capable de se distinguer aux six cordes. Vêtu d'un élégant costume de grenadier (?), le bassiste se sent comme un poisson dans l'eau (NDR : oui je sais, le jeu de mots est facile) ; et lorsque tout le groupe s'arrête de jouer et se fige dans un salut militaire, il ressemble à un soldat de plomb. En fin de parcours, le groupe intègre habilement le « Love will tear us apart » de Joy Division dans une de ses chansons, démontrant à nouveau son goût prononcé pour la musique insulaire. Une chose est sûre, il y a du talent chez Minerale. Et à force de travail, il pourrait finir par payer.

Révélation de la dernière édition du festival d'Hiver Rock, qui s'est déroulée en février dernier, Malibu Stacy vient d'enregistrer un Ep 5 titres. Un disque qui prélude la sortie d'un premier album. Mais la formation liégeoise ne veut pas brûler les étapes. Et souhaite donner le meilleur d'elle-même pour le concocter. Ce qui explique pourquoi le combo travaille dur et tourne inlassablement à travers la Belgique ; histoire d'être au top le jour J. Mais l'expérience acquise se traduit à travers leurs sets, de plus en plus soignés et de plus en plus explosifs. En outre, le chanteur, Dave de Froidmont, s'impose de plus en plus comme la tête de proue du band. Non content de disposer d'un timbre vocal puissant, sensuel et souple, mais il se révèle un fantastique showman. Il bondit sur les planches à la manière d'un Paul Smith (Maxïmo Park) ou se contorsionne comme Iggy Pop. Enorme différence, Dave est toujours habillé, et même bien fringué. Agile comme un chat, il lui arrive de descendre du podium pour rejoindre l'auditoire, avant d'y retourner comme s'il était monté sur ressorts. Pas étonnant que parfois, le fil de son microphone reste coincé dans les retours de scène. Episodiquement, il se saisit d'un micro astatique, accentuant ainsi l'aspect sauvage des mélodies alimentées par des riffs de guitare incisifs, des drums frénétiques, une basse pulsante, et éclaboussées par un moog aux sonorités désuètes. La musique de Malibu Stacy peut faire penser à Pavement et Weezer. Mais les influences sont tellement diluées, qu'il est difficile de les discerner. Et c'est là tout le mérite de la formation liégeoise. Le public est conquis et sollicite un rappel. En échange, Dave lui demande de quitter ses sièges et de s'approcher de l'estrade. Le pari est gagné.

Auteur d'un troisième album en mai dernier (« Fosbury »), Tahiti 80 est donc reparti en tournée. Un périple pour lequel la formation rouennaise s'est adjoint un cinquième musicien : un percussionniste (NDR : capable de doubler aux drums lorsque Sylvain passe aux claviers). Un choix judicieux pour une musique qui lorgne de plus en plus vers le funk, la soul et le r&b. La première chose qui frappe chez Tahiti 80, c'est la voix de Xavier Boyer. Un beau gosse qui doit faire tomber une multitude de filles en pamoison. Xavier passe en outre régulièrement aux claviers, instrument installé sur le devant de la scène. Limpide et fluide, sa voix surfe sur des mélodies chaloupées et paradisiaques. Qu'illumine des textes toujours chantés dans la langue de Shakespeare. Des lyrics qui traitent essentiellement d'amour et des flirts de l'été. Barbe de trois jours (NDR : on dirait le sergent Garcia qui aurait bu un élixir de jouvence), Pedro - le bassiste - entretient le groove. Tout comme le drummer, par ailleurs. Mais Sylvain est également capable de donner une coloration jazzyfiante à son drumming. A charge pour Mederic de fignoler les sonorités de ses interventions presque cliniques à la six cordes. Une chose est sûre, le son est parfaitement clean. Mais manifeste beaucoup plus de punch que sur disque. Et lorsque Pedro coiffe une tête de panda, c'est pour amorcer une fin de set endiablée. Un épilogue au cours duquel le groupe va interpréter un « Never forget » et un « Changes » totalement irrésistibles. Lors de ce dernier morceau, Pedro va même rejoindre Sylvain pour donner davantage d'intensité percussive à la compo. En guise de rappel, Tahiti 80 va tout d'abord nous proposer un morceau mid tempo, puis le slow « Something about you girl". Et alors qu'on pensait qu'il allait terminer sur un mode mineur, la formation normande s'est replongée dans le funk excitant à travers « Heartbeat ». Beaucoup plus atmosphérique, le deuxième rappel nous a même démontré que les instrumentistes avaient plus d'une corde à leur arc…

 

Mull Historical Society

Des chansons à tiroirs remplis de merveilles et de surprises...

Derrière Mull Historical Society -un nom à rallonge- se cache un jeune Anglais solitaire, ayant passé sa jeunesse sur l'île de Mull, aux larges de l'Ecosse. Coupé du monde pendant des années, il n'aura comme seul compagnon qu'un disque des Beatles gagné à une tombola. C'est sans doute cette virginité qui explique la fraîcheur de ses chansons à tiroirs - des tiroirs remplis de merveilles et de surprises. Ces chansons aux mélodies soignées et raffinées, Colin les garda jalousement auprès de lui, sans doute pendant des années. Maintenant qu'il est sorti de son trou, leur beauté nous éclate aux oreilles : peut-être que Colin n'avait jamais entendu parler de Coldplay, Tom MacRae ou Divine Comedy avant de fouler le sol d'un disquaire… Toujours est-il que ses chansons n'ont rien à envier à celles d'Hannon ; même mieux : elles ont la jeunesse et la vigueur, tandis que ses compatriotes ont tendance, ces derniers temps, à s'égarer...

Dans une chaleur accablante, Colin, accompagné de trois musiciens, démarre en fanfare par " Public Service Announcer ". Les titres de l'album s'enchaînent à merveille, sans les oripeaux du CD, parfois complaisants (" Instead " et ses chœurs enfantins d'une mièvrerie sidérante). Epurées en raison des contingences live, ses chansons en ressortent par conséquent grandies, et c'est tant mieux : on se rend compte alors du travail d'orfèvre que cachaient sous les fignolages des titres comme " Barcode Bypass " ou " I Tried ". Preuve que Colin s'est bien ennuyé sur son île, il nous dévoilera pas moins de sept nouvelles chansons (" Gravity ", " Oh Mother ", " Live Like The Automatics ", " Us ",…), toutes augurant du meilleur quant à l'avenir de ce jeune prodige de la pop anglaise. A suivre de très près !

Fifty Foot Combo

Un combo instrumental unique en son genre...

Écrit par

Il revenait à la formation Sheetah et les Weissmuller d'ouvrir la soirée. Un ensemble issu de l'Hexagone qui ne manque pas d'enthousiasme. Enturbanné, le chanteur ne tient pas en place et arpente constamment la largeur de la scène. La plupart du temps, il chante dans la langue de Molière. Mais le plus dérangeant procède de sa voix, dont le timbre est un peu trop proche de celui de Claude François, à mon goût. Le drummer et le percussionniste semblent prendre leur pied. Ce dernier a même suspendu des crânes en caoutchouc sur le support de son tambourin,  crânes qui agitent la mâchoire lorsqu'il frappe sur la toile. Et le bassiste, qui arbore un superbe et immense badge du « Prisonnier » soutient parfaitement ce tandem déchaîné. Plus discrets, le guitariste et le claviériste (NDR : physiquement on dirait un hybride entre Arno et Dave Formula) canalisent les mélodies. Reste un deuxième claviériste, perdu à gauche de la scène qui passe la plupart de son temps à frapper sur un tambourin. La musique de Sheetah et ses Weissmuller est coincée quelque part entre garage (normal), yé-yé, twist et rock 'bleu blanc rouge'. Et si lors de leur set, l'ombre de Gainsbourg (la reprise de « Conctact »), de Dutronc (NDR : le final « Je cherche, mais je ne trouve pas ») ou de Bijou planent sur les meilleurs titres, le manque de relief des compos finit par lasser. 

Le Fifty Foot Combo remplaçait au pied levé les Seeds, qui avaient déclaré forfait quelques jours plus tôt (NDR : problème de santé du chanteur !). Une formation basée à Gand qui compte en son sein un guitariste espagnol et une claviériste française (NDR : issue de Marseille, pour être plus précis). Un sextuor dont la réputation de groupe de scène a envahi toute l'Europe. Dès que l'ensemble monte sur les planches, l'attention est immédiatement focalisée sur la claviériste. Si son physique lui aurait sans soute permis de jouer dans « Pulp fiction » de Tarantino, ses gesticulations et ses poses semblent le fruit d'un cocktail d'humour, d'extravagance et de sensualité. On a même parfois l'impression qu'elle atteint l'orgasme sur son clavier (…) Un clavier fluide qui infiltre toutes les compos du combo. Des compos qui mélangent allègrement garage, soul, punk, rock, surf et psychédélisme. Dans l'esprit des Trashmen, de Link Wray, des Ventures ou encore de Question Mark & The Mysterians. Une seule règle : la musique est exclusivement instrumentale. Enfin, presque. Puisque un des guitaristes vient quand même chanter de sa voix rocailleuse un blues crapuleux. Ce sera l'exception qui confirme la règle. Ce gratteur et le soliste espagnol (NDR : en cours de set, il présente les musiciens dans la langue de Cervantès !) se complètent à merveille, même si ce dernier semble davantage privilégier les accès de funk. A l'arrière, le drummer et le percussionniste (NDR : il est coiffé du même chapeau que John Mc Crea) impressionnent par leur virtuosité. Ils nous réservent même un petit exercice de style tribal, en terminant leur prestation sur la même caisse de batterie. Et finalement, c'est le bassiste qui déménage le plus. Il est également le leader du groupe. Pétillante, sauvage, exaltante et stylisée, leur prestation sera à la hauteur de leur réputation ; le groupe nous accordant même une cover exquise du « Banana split » de Lio. Et s'il est vrai que la présence d'un vocaliste pourrait apporter un plus à leur musique, il faut admettre qu'ils sont vraiment uniques en leur genre. D'autant plus qu'en concert, ils se produisent en compagnie de go-go girls. Qui étaient absentes à Lille. Dommage !

Pas de balances pour les Fuzztones. Le montage du matos, les quelques réglages et le rapide soundcheck sont effectués quelques minutes avant l'entrée en scène des musiciens. Une technique plutôt inhabituelle, lorsqu'on sait que certains artistes ont souvent besoin d'un temps infini pour être et parfois même ne pas être au point, le moment voulu. Faut dire que les Fuzztones sont nés en 1982, et que nonobstant quelques pauses survenues depuis, la scène n'a plus de secret pour eux. Le temps de jeter quelques 'set lists' sur le sol, et le concert peut commencer. Le quintet monte sur les planches en affichant un look plutôt gothique. Rudi Protudi n'a pas changé depuis 20 ans. Sa longue chevelure de jais retombe sur les épaules de son immense carcasse. Lunettes noires, t-shirt à l'effigie de Love, il empoigne le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre pour poser le baryton profond de sa voix. Un pied de micro qui va en voir de toutes les couleurs le temps de deux morceaux. Il harangue la foule, s'approche du bord de la scène et se penche vers le public, qui essaie de toucher son idole ( ?!?!?). A sa droite et à sa gauche, le guitariste et le bassiste exhibent une drôle de gratte. Sculptée dans une caisse à la forme plus ou moins hexagonale, elle répond au nom de Vox Phantom. A l'arrière, le drummer assure sobrement et efficacement, pendant que la claviériste toute de noir vêtue (NDR : très jolie !), se tient en station debout, les jambes écartées (NDR : évidemment, il y en a encore qui vont comprendre de travers, hein ! Bande de polissons…), derrière son orgue, instrument qui lui permet de napper les mélodies de ses fameuses sonorités rognées. Passé les deux premiers titres, au cours duquel un inconscient est parvenu à jeter le fond de sa bière sur une des pédales de disto (NDR : bonjour les grésillements !), Rudi ôte ses lunettes et empoigne sa guitare. Et le répertoire des Fuzztones peut déferler. La plupart des titres de son dernier album (« Salt for Zombies ») se succèdent, entrecoupés de standards comme « Strychnine » ou « Cinderella ». Pratiquement pas le temps de respirer, puisqu'un véritable tourbillon de psyché garage croustillant, rafraîchissant, parfois trempé dans le feedback, se met à déferler. Et le public ne s'y trompe pas, puisqu'il réagit en pogotant frénétiquement sur le devant de la scène. Episodiquement, Rudi sort un harmo de sa poche, pour y souffler des poussières de blues. Et probablement pour rendre un hommage à feu leur ami Screamin' Jay Hawkins. Un set ténébreux, hanté par le spectre du célèbre bluesman, sans la moindre faille et terriblement excitant (NDR : quel groove !) qui trouvera un prolongement à travers deux rappels. Au cours du premier, les Fuzztones vont nous servir une longue compo sculptée dans le bruit blanc. Du psychédélisme à l'état pur ! Et puis une chanson au cours de laquelle le soliste abandonnera ses six cordes pour un theremin. Un seul regret : l'assistance : 350 à 400 personnes pour assister à la prestation d'une légende comme les Fuzztones est totalement incompréhensible. D'autant qu'ils ne se produisent pas souvent chez nous. D'ailleurs, suivant la formule consacrée, les absents ont eu tort !

 

Bloc Party

La saveur d'un bain populaire...

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Salle comble. Plus une place de disponible pour ce concert attendu. Vérification faite, la hype draine donc bien les foules et met un sacré feu aux poudres. Les aiguilles ont dépassé la ligne des 21 heures et quatre asticots, musclés comme des crevettes belliqueuses, débarquent sur l'immense scène des Halles. Dans la fosse la tension a depuis longtemps franchi les limites calorifiques réglementaires. Bloc Party. Le nom est lancé. En moins d'un an, ces jeunes banlieusards londoniens sont parvenus à imposer au monde des tubes dantesques, une énergie positive et une imagerie foutrement sexy. En incontestable leader, Kele Okereke vient présenter son groupe. Une formalité pour la foule massée à ses pieds : voilà plus d'une demi-heure qu'elle scande inlassablement le légendaire patronyme.

« Like Eating Glass » ouvre les hostilités. Ici, personne ne réalise que le concert a réellement commencé. C'est la stupéfaction. Pour certains, cette vision scénique semble toucher au spirituel. En ce sens, Bloc Party est plus qu'une énième formation de rock'n'roll. Ces gosses ouvrent des portes aux enfants du rock, se posent en point de départ des goûts musicaux d'une nouvelle génération. Pour les plus vieux, c'est rassurant : tout les espoirs sont permis. L'explosion surgit lorsque le groupe laisse résonner l'énorme riff de « Banquet », troisième morceau d'un set puissant, sans fausse note. Kele racle les cordes de sa guitare, s'acharne corps et âme sur sa malheureuse Stratocaster. Dans son dos, Matt Tong alimente une rythmique furtive. D'une frappe sèche est assurée, le batteur impose le beat, les pulsions vitales de cet univers décharné. Pourtant la mélodie ne s'égare jamais des titres de Bloc Party. Au contraire, les quatre musiciens garantissent au public une incessante sinusoïde mélodieuse, un rigoureux slalom entre le timbre épileptique de Kele, les distorsions ténues de Russell Lissack (deuxième guitare), les coups de buttoir de Matt et la ligne de basse séculaire de Gordon Moakes. Gordon, tiens. Parlons-en de celui-là : Fidèle valet de Kele, il surgit toujours au moment opportun, offrant ses imparables refrains aux complaintes fulgurantes de son compère. Il s'exécute toujours en contrepoint mais apporte, lui aussi, une pierre élémentaire au Bloc. Les morceaux s'enchaînent avec fureur et violence : « Helicopter », « She's Hearing Voices », « Positive Tension », tous les titres du premier album y passent.

Vient alors le moment du rappel et du nouveau single « Two More Years », entonné à l'unisson par une cohorte de fans en pâmoison. Bloc Party maîtrise (désormais) son sujet et ne se prive pas de savourer son bain populaire. Le set des Anglais s'achève brusquement (peut-être trop) sur un ultime « Pioneers ». Acclamations méritées.

 

Sanseverino

Un festival à lui tout seul...

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Après les passages remarqués de Vincent Delerm et de Bénabar dans la même salle tournaisienne, c'est une autre star montante étiquetée de 'nouvelle chanson française' qui était au rendez-vous : Sanseverino. On se souvient ainsi des 'Victoires de la musique 2003', cérémonie au cours de laquelle ces 3 personnages étaient en lice pour décrocher les lauriers de la 'révélation scène' ; et c'est notre hôte qui l'avait emporté, avant de chuter face à M en 2005, pour le prix du concert de l'année. L'occasion est donc belle de voir si la renommée de notre artiste allait être confirmée ce soir.

Avant même que le spectacle ne commence, une chose frappe d'emblée : l'éclectisme du public, de tout âge et de tout style. Un éclectisme que reflète l'artiste. Faut dire qu'à plus de 40 ans, il a bien roulé sa bosse avant de connaître la gloire (NDR : il a débuté comme batteur de Jeanne Mas !). Le début du show est également à l'image de Stéphane Sanseverino : intimiste, proche des gens et assez théâtral (il ne faut pas non plus oublier son long passé d'acteur). Débordant d'énergie, Sanseverino enchaîne les titres de ses deux albums, « Le tango de gens » et « Sénégalaises », ainsi que l'une ou l'autre reprise surprenante. De Serge Reggiani, par exemple. Mais surtout le « We will rock you » de Queen. A l'instar de toute étiquette collée sur le dos des artistes pour mieux les situer sur la scène musicale, celle de 'nouvelle chanson française' est bien trop réductrice : les compositions passent du jazz au swing, en laissant une large place à la musique tzigane, au rock ou au scat. Sanseverino est finalement un festival à lui seul, comme si Michel Jonasz, Miossec (pour quelques titres sombres comme « Le dormeur du val vivant »), les Gispy Kings (surtout pour « L'étrangère ») ou encore les Négresses vertes se relayaient sur scène ! Il faut dire que les musiciens qui l'entourent, et qui prennent visiblement autant de plaisir que lui à se produire sur le planches, y vont de leur lot d'improvisations. La guitare sèche omniprésente s'accorde harmonieusement avec la contrebasse qui confère une note jazzy et décalée à la solution sonore, tout au long du spectacle. Les paroles sont tantôt simplistes ('Arrêtez de faire des manteaux avec la peau des animaux, pas besoin d'être cruelle pour être belle' sur « André II »), tantôt plus recherchées ; mais de nombreux textes véhiculent clairement des messages pour la lutte anti-tabac et anti-fourrure, la défense des minorités et les artistes de rue. On lui pardonnera son côté 'grande gueule' ou son humour parfois lourdingue. La comparaison entre le nouveau pape et Hitler a de quoi choquer ; mais c'est sans doute là son côté provocateur… qu'accentue très régulièrement des réflexions salaces (NDR : ou en dessous de la ceinture, si vous préférez). Il finira d'ailleurs par s'en excuser pour auprès des enfants (NDR : et des parents) présents dans la salle ! D'un autre côté, son expérience de la scène et sa grande chaleur humaine viennent contrebalancer le tout ; et il parvient à communiquer sa bonne humeur au public ; un public au sein duquel il n'hésite pas à faire irruption, lorsque ce n'est pas pour carrément pour le rejoindre au cours de l'une ou l'autre chanson…

 

Mercury Rev

L'Odyssée selon Mercury Rev...

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Au sein de Sattelite City, on retrouve Allan Muller, un des fers de lance du défunt Metal Molly. Issue du nord du pays et responsable de deux albums à ce jour, cette formation a rejoint Triggerfinger, Mint et Elysian sur le label Green L.F/ ant. Particulièrement populaire de l'autre côté de la frontière linguistique, Satellite City a reçu toute une série de marques de reconnaissance, au cours des derniers mois : leur chanson « Break & burn » a ainsi été sélectionnée pour devenir le générique de la série TV « Rupel » diffusée sur VTM ; la cinéaste Hilde Van Mieghem a retenu « Evangeline » pour son film « De kus » ; sans oublier le single « Frien », devenu le tube de l'été l'an dernier sur Studio Brussel. Sur scène, le groupe ne se débrouille pas trop mal. Mais sa musique manque cruellement d'originalité. Un zeste de Counting Crow, un chouia de REM et une pincée de Van Morrison épicent le pop/rock légèrement jazzyfiant de ce groupe flamand qui aurait tout intérêt à revoir complètement sa copie, s'il ne souhaite pas disparaître dans le plus pur anonymat….

Brendan Benson est issu de Detroit. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste capable de s'immiscer dans la production pour concocter des chansons pop empreintes de fraîcheur et de subtilité qui doivent autant aux Beatles, aux Kinks aux Beach Boys, qu'à Matthew Sweet voire Fountains of Wayne. Avec un sens mélodique qui rappelle parfois House Of Love. Physiquement, Brendan ressemble même à Guy Chadwick. Ce soir, il se produisait au sein d'une formation basique : un bassiste, un drummer et un guitariste/claviériste. Brendan chante – et même très bien – en s'accompagnant d'une guitare électrique ou semi-acoustique. Malheureusement, à l'une ou l'autre exception près, le groupe a confondu puissance et intensité. Gommant tout le raffinement qui fait la beauté des chansons de Benson. Même les mélodies ont souffert du volume excessif du son. Qu'un artiste ou un groupe essaie de donner une autre dimension à sa musique, je l'applaudis. Mais si c'est pour lui ôter tous ses charmes, il est préférable d'en rester au format initial…

En novembre dernier Mercury Rev s'était produit au Concertgebouw de Bruges, dans le cadre du festival 'Music In mind'. Une prestation cinq étoiles, mais dans un style pop tellement velouté, qu'on se demandait si le groupe ne cherchait pas à opérer une opération de séduction grand public. D'autant plus que nonobstant ses qualités intrinsèques, son dernier album « The secret migration », est quand même fort accessible. Avant que le combo ne monte sur scène, une bande sonore diffuse « Lorelei » de Cocteau Twins. Et les images mêlées de diapos commencent à passer sur l'écran, placé derrière la scène. Première surprise, lorsque le Rev monte sur scène, Jonhathan est armé d'une guitare. Il ne la délaissera que très rarement au cours de la soirée. Même pour lamper de rares gorgées d'une bouteille de vin rouge qu'il a déjà commencé à boire en coulisses. Deuxième surprise, le son est terriblement puissant. Mais pas au point de nous assommer. Simplement pour nous plonger dans un voyage qui durera le temps du spectacle. Un patchwork de films composé d'images cosmiques, de la nature, de fonds sous-marins, de la mer, d'animaux… mais aussi des extraits de vieux films en noir et blanc (NDR : il ne faut pas oublier que Grasshopper a été étudiant en cinéma), dont « Le fantôme de l'opéra » et « La belle et la bête » sont projetés tout au long du show. Le tout régulièrement ponctué de citations existentialistes signées tantôt William Blake, André Gide, Stanley Kubrick, Hemingway, Van Gogh, etc. et même E.T. Parmi d'autres : « Nous sommes une partie du mystère que nous essayons de résoudre » - « L'enfer est plein de spectateurs » - « Certains cherchent le bonheur, d'autres le créent » - « L'amour est une force puissante, la compassion davantage » - « Ne le rêve pas, sois-le »… Une mise en scène qui nous aspire dans leur univers transcendant, un peu comme dans le célèbre « 2001 Odyssée de l'espace ». Le regard et le sourire de Jonathan sont toujours aussi hypnotiques. Il focalise l'attention du public sur sa personne. Il se fond dans l'écran. Il fait l'oiseau. Au beau milieu du concert, il nous propose une compo inédite. Qu'il joue à la guitare sèche, un peu à la manière de Syd Barrett. Tout en nous dispensant un laïus sur la persévérance. Et en rappel il devient chef d'orchestre. Beaucoup plus sobres mais terriblement efficaces, les autres musiciens participent activement à la confection de cette magie sonore. Mercury Rev interprétera une majorité de titres issus de son dernier opus, « The secret migration » : « Black forest », « Secret for a song », « Vermillion »… mais aussi des extraits de « All is dream » (NDR : dont des adaptations épurées de « Tides of the moon » et de "Spiders and flies") et bien sûr de "Deserter's songs" (« Holes », « Tonight it shows »). La formation a compris qu'elle vient de toucher le public en plein cœur ; même sans avoir interprété son classique « Goddess on a hiway ». Et Jonathan les remercie. Standing ovation. Jonathan applaudit. Rappel ! Nouvelle standing ovation. Le groupe au complet applaudit et se retire. Il est temps de revenir sur terre… Mercury Rev reviendra en Belgique ce 10 août, en première partie de The Cure, dans le cadre des 'Lokerse feesten'…

 

Didier Super

Un adepte du second degré...

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Outre son traditionnel 'Burg'n'rock festival', le foyer socioculturel d'Antoing propose régulièrement des concerts fort intéressants. Ce vendredi 23 décembre, la chanson française 'fanfaronne' de Didier Super était à l'affiche. Elle a fait recette et salle comble. Une première fois sold out, ce spectacle avait dû être reporté. Motif invoqué : une blessure de la vedette imprévisible (NDLR : ou une blessure imprévisible de la vedette ?)

En première partie, les régionaux de Momo LaMana se sont montrés à la hauteur de leur réputation. Tantôt proches de Cramps, tantôt de Vive la Fête, ils ont revisité les années 80 à leur manière.

Didier Super est un artiste inclassable. Provocateur, adepte du second degré (et ce sont des euphémismes), il s'autoproclame chanteur engagé. Didier Super aime l'impro. La dérision aussi. A travers des textes qui abordent des thèmes dérangeants. Le tout en s'accompagnant d'une instrumentalisation minimaliste. Malgré ce côté dépouillé, Didier (Olivier de son véritable prénom) est parvenu à séduire le public et surtout à le faire rire. Sa présence sur scène n'est d'ailleurs pas sans rappeler Gustave Parking et autre Momo. Et si je devais malgré tout m'aventurer sur le terrain des références, je pourrais citer en vrac et sans trop risquer de me tromper : Léo Ferré, Pierre Desproges ou encore Rémy Bricka. Encore que parfois, il va un peu trop loin dans ses propos acerbes ; surtout lorsqu'il évoque les enfants maltraités ou les handicapés. A un tel point que s'ils ne parvenaient pas à prendre les choses au deuxième degré, les spectateurs dégoûtés pourraient quitter la salle ou lui coller une main sur la figure. Reste que, sans aucune apparition télé ni médiatisation, cette artiste originaire de Douai a réussi à se forger une solide réputation sur les planches. Entrecoupée de quelques escapades remarquées (NDR : comme celle accordée cette année à Dour), sa tournée française s'achevait donc … à Antoing ( ?!?!?). Généreux dans l'effort, Didier revenait même une première fois sur scène en compagnie des Twins Towers, avant de remonter une seconde fois sur l'estrade flanqué de son groupe 'mobile'. Les rockeurs ont ainsi pu apprécier ses reprises trash plutôt téméraires, fruit d'un mélange incongru entre classiques punk et variétoche (NDR : Joe Dassin, pour ne pas le citer). Une recette dont seul Didier Super possède le secret et qui a fait le bonheur des 300 spectateurs du pays blanc.

 

Louise Attaque

Quatre années d'absence n'ont pas altéré la popularité de Louise Attaque...

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Fallait s'y attendre. Suite aux émeutes déclenchées par les déclarations incendiaires formulées par Sarkozy, Louise Attaque a choisi, pour assurer le 'supporting act' de sa tournée en France, une formation responsable de la fusion organique de musiques urbaines : le No Bluff Sound. Une musique hybride, fruit de la rencontre du drum'n bass, du dub, du hip hop, de l'afrobeat, de l'electro, du funk, de la jungle, du ragga et j'en passe ; le tout rehaussé par la présence de trois rappeurs : Mao Papa Kande Sidibe, Mansour Diallo et Kadou Matouré Seck, mieux connus au Sénégal sous le patronyme de BBC Sound System. Responsable d'un set fort coloré et extrêmement remuant, le sextuor a reçu une belle ovation du public. Mais ne m'en demandez pas plus. Peu réceptif à ce style musical, la présence d'Enzo m'aurait été d'un grand secours…

Il y avait un monde fou pour ce concert de Louise Attaque, vous vous en doutez. Et la veille, l'Aéronef était également sold out. Bref, si les spectateurs coincés contre les barrières pouvaient s'estimer heureux d'être aussi près de la scène, c'est presque écrasés (pour ne pas dire asphyxiés) qu'ils ont assisté à l'intégralité du spectacle. Heureusement, le service d'ordre s'est montré particulièrement à la hauteur, aspergeant régulièrement les premiers rangs de bouteilles d'eau ou leur offrant même des boissons pour se rafraîchir.

Mais venons-en au set de Louise Attaque. Responsable d'un excellent troisième album (« A plus tard crocodile »), le quatuor a pu mesurer que sa popularité était demeurée intacte, nonobstant une parenthèse de près de quatre ans (un délai pendant lequel une moitié du groupe a milité au sein du groupe Tarmac et l'autre Ali Dragon). Bref, faut croire que la séparation a décuplé leur envie de rejouer ensemble ; car ce soir Louise Attaque en a mis plein la vue à ses aficionados en proposant un répertoire partagé entre compos issues de ses trois elpees. Lorsque la formation monte sur les planches, on comprend mieux la présence des armatures en métal disposées en toile de fond. Elles servent de support à des jeux de lumières qui font penser à une synthétisation du décor de New York pour le film King Kong. Mais aussi à la projection de faisceaux lumineux en prisme, communiquant une certaine violence dans l'attitude des musiciens. Dès le cinquième morceau, « Les nuits parisiennes » (NDR : était-ce un nouvel hymne national ?), le public s'est littéralement embrasé, une flamme que le quatuor a eu le bon goût d'entretenir jusqu'à la fin de sa prestation. Gaetan Roussel n'est sans doute pas un grand guitariste, mais un excellent mélodiste dont les compos contagieuses, onomatopéiques, sont régulièrement reprises en chœur par l'audience. Si Robin Feix, le bassiste, semble plus effacé, c'est pour mieux se concentrer sur son efficacité. Derrière, l'amplitude d'Alexandre Margraff aux drums est impressionnante. Mais rien à faire, la spécificité de Louise Attaque est apportée par le violoniste Arnaud Samuël. Le visage émacié, il ressemble de plus en plus un chef indien cheyenne. Un musicien talentueux capable de tirer des sonorités tantôt tziganes, tantôt capricieuses, mais toujours originales de son instrument. Multi-instrumentiste, il lui arrive également d'empoigner une six cordes, un ukulélé, de jouer de la guitare avec son violon ou alors de passer derrière le piano lors du rappel (NDR : il y en aura deux !) pour « La Valse », le sommet du concert. Autre point fort, « Nos sourires », probablement un hommage à Bertrand Cantat. Par contre, la jam opérée en compagnie de No Bluff Sound était largement dispensable. D'un point de vue musical, bien sûr. Parce que Louise Attaque avait voulu intégrer ce concept à son set. Fallait y penser. N'est ce pas Mr Sarkozy ? Et près de deux heures plus tard, le quatuor quittait les planches. Ravi. Et nous aussi.

Tracklist :

Crocodile

Amours

Si c'était hier

La plume

Les nuits parisiennes

Traversée du Désert

Si l'on marchait jusqu'à demain

Revolver

L'intranquilité

Oui, non

Tu dis rien

Savoir

Toute cette histoire

Est-ce que tu m'aimes encore ?

Manhattan

Arrache-moi

Depuis toujours

J't'emmène au vent

Sean Penn, Mitchum

Léa

La Valse

Dis est ce que tu m'aimes encore ?

Pour un oui, pour un non

Shibuya Station

Ton invitation

La brune

Vous avez l'heure

Nos sourires

Vous avez l'heure bis

C'était bien énorme.

 

Richard Ashcroft

Un Richard très en verve...

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Plus ou moins 800 personnes s'étaient déplacées pour assister au set de l'ex chanteur du groupe mythique The Verve. Des conditions idéales pour bien entendre et surtout pour bien voir la prestation d'un tel artiste. Pas de supporting act. Juste un DJ dont le grand mérite fut de passer inaperçu.

Richard Ashcroft monte sur scène entouré de sept musiciens. Un violoncelliste/claviériste préposé aux samples, un percussionniste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste, un bassiste, un guitariste et enfin l'épouse de Richard, encore et toujours aux claviers. Richard s'accompagne également à la guitare, dont il en change comme de chemise (NDR : pardon la panoplie !). Et dès le premier morceau, nous pénétrons dans le monde de la big music. Oui, oui, la big music comme la concevait Mike Scott des Waterboys. C'est à dire maximaliste et avec beaucoup de punch. Et parfois quelques touches de hip hop ou plus exactement de house. Et dans ce style, les chansons de son dernier opus prennent une toute autre dimension. Mieux encore, lorsque Richard aborde le psychédélisme, on est totalement subjugués. A l'instar du très intense New York, dont l'interprétation est de toute beauté. Digne des deux premiers elpees de The Verve. Pour calmer l'atmosphère, Richard nous accorde quelques compositions acoustiques. En solo. Epinglant au passage son tube, « The drugs don't work ». La voix de Richard est superbe. Même en live ; et lorsqu'elle se fait crooner, elle me fait de plus en plus penser à celle de Neil Diamond. Pour le rappel, après un « The signs of silence » prémonitoire ( ?!?!?), le groupe nous a gratifié d'une adaptation alternative et exceptionnelle du célébrissime « Bitter sweet symphony ». Mais sans les samples de violons du « Last time » des Stones (NDR : faut croire que Richard en a un peu marre de payer des royalties à la bande à Mick Jagger). Une version sauvage, intense, électrique, puissante. Tout le public était littéralement sur le cul. Etincelant !