New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Gregor Terror et The Calypso Gigolos : l’union fait la force !

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Fondé en 2010, cet orchestre belge, basé à Anvers, pratique du calypso traditionnel.

Cependant, Gregor Terror & The Calypso Gigolos ont ressenti rapidement une irrépressible envie d'inventer leur propre univers musical.

Naissent des chansons aux textes percutants, sur une musique singulière et veloutée qu'il qualifie de Calypso Mambo Noir.

Un savoureux groove caribéen appuyé par des touches latines sur lesquelles se pose la voix fantasque de Gregor Terror.

Groupe irrésistible dont la musique oscille entre diverses ambiances frôlant l'univers de Richard Cheese ou encore d'Emir Kusturica.

Son premier album sortira le 1er mars 2019.

Extrait de cet opus, « The Sour And The Sugaree » est à découvrir ici

 

Un bel hommage à Marge Gunderson !

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"Songs for Marge", 14 morceaux inspirés par les scènes du film ‘Fargo’ des frères Coen et soulignant l'amour du trio post-rock nantais Fragments pour Marge Gunderson, le personnage principal interprété par Frances McDormand.

Les nombreux protagonistes du film ni bons, ni totalement antipathiques offrent au groupe l’occasion de développer des thèmes, des leitmotivs synthétiques pas si éloignés des univers de John Carpenter ou de Badalamenti. "Scène de Crime", "Course Poursuite", "Broyeuse"... autant de titres prolongeant le voyage sur les routes glacées du Minnesota.

Distribué par ‘L’Autre Distribution’. "Songs for Marge" est sorti le 7 décembre 2018 sur les labels ‘Daydream Music’ et ‘Pyramids Record’.

"Fargo" est en écoute ici

 

Que du blanc…

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Trois ans après la sortie de son premier album, le chanteur et musicien parisien publiera en février 2019, "Quatre Murs Blancs".

Un nouvel elpee au cours duquel Saïkaly questionne la place des illusions dans une vie, les relations, la recherche de la vérité, la confrontation avec les autres et soi-même. Un peu à la manière de tableaux.

Son écriture est influencée par le courant impressionniste. Le plus important pour lui est de saisir la subtilité d’une émotion, d’une pensée ou d’une situation, plutôt que de raconter une histoire avec un début, un milieu, une fin.

 Découvrez le clip ici

Soldout

Que d’émotion lors de la 'der' de Soldout à l'AB !

Un sentiment de nostalgie, voire de tristesse, plane ce soir sur l'Ancienne Belgique. Soldout, le duo électro-pop bruxellois accorde son dernier concert. Charlotte et David ont en effet décidé de refermer le chapitre Soldout.

En 15 ans, ce projet a permis au couple de voyager à travers le monde entier. Il a vécu des moments inoubliables et s'est réinventé en permanence, en toute sincérité, depuis le premier jour. Aujourd’hui, les musicos veulent prendre d’autres risques, tout remettre en jeu, démarrer de nouveaux projets musicaux, retrouver l'innocence de leurs débuts.

Le public est venu en masse pour assister à la dernière prestation du duo. Même Charlotte ne résiste pas à la tentation de faire le jeu de mot : 'Le concert de Soldout est soldout ce soir !' Sur le podium, ils sont accompagnés par leur fidèle batteur et la scénographie est, comme d'habitude, très minimaliste, articulée autour de néons dressés verticalement. Dès les premiers morceaux, « The Call » et « Wazabi », l'ambiance est électrique. Mais c'est « I Can't Wait », leur classique électro-clash de 2004, qui provoque les premières vagues dans la foule.

Après une séquence plus calme (« Forever » et « My Love »), les Bruxellois remettent le turbo et attaquent « Oppression », le tour de force électronique qui s'étend sur sept minutes, suivi du hit incontournable : « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte s'approche du bord de l’estrade ; ce qui déchaîne les fans des premiers rangs. On imagine un retour au calme, mais on assiste à la première surprise de la soirée. Bim ! Le « Mine » de Ghinzu bénéficie du concours d’un invité de marque : John Stargasm himself ! Souvez-vous que le track était paru sur « Dead Tapes », l'album de collaborations sorti en 2005.

Et après « One Word », re-bim ! Deuxième surprise car, pour transfigurer « The Box », Soldout a invité Richard 23 de Front 242. Ce titre power-electro correspond parfaitement à un des plus grands showmen de ce côté-ci du Rio Grande. Il ne se gêne pas pour rouler les mécaniques et faire monter l'ambiance d'un cran, grâce à sa présence très.... body !

Quand la dernière note retentit, Soldout se retire. Première impression : le temps a passé très vite. Il est déjà 22h et le duo revient pour une troisième surprise... C'est Lionel, des Girls In Hawaï qui vient prêter sa voix et sa guitare à la version acoustique de « I Don't Want To Have Sex With You », également extraite de « Dead Tapes ». Un moment émouvant.

Le premier rappel se poursuit par « Do It Again », « Get Out », « Ocean » et « Dune », et Charlotte en profite pour aller prendre un bain de foule en emportant son micro sans fil. L'occasion pour elle de communier auprès de ses fans et de taper des 'high-fives' avec les spectateurs qu'elle reconnaît, dont votre serviteur.

En toute logique, le deuxième rappel est consacré à « The Flow », le 'chant du cygne' du duo, un cadeau d'adieu publié il y a quelques jours en édition limitée sur vinyle transparent. C'est un petit joyau électro de 13 minutes qui permet à David de montrer toute l'étendue de sa maîtrise aux synthés. Il y part dans un délire électro-kraut digne de Klaus Schulze période « X ». Un véritable trip d'une beauté sidérale, qui nous laisse la gorge nouée. Un magnifique point d'orgue pour une soirée inoubliable. ‘Farewell’, les amis, et continuez de nous enchanter dans vos prochains projets !

Dj Salas assurait le supporting act. D’origine péruvienne, ce Bruxellois est également producteur. Il a publié des maxis et des remixes sur des labels aussi prestigieux que Relish, Toys For Boys, petFood, Kill The DJ ou B-Pitch Control. Il est hébergé par l’écurie Biologic depuis 2012 et a publié son premier elpee, « The Unspoken », en 2017. De son véritable nom Diégo Cortez Salas, il adore mêler les styles, depuis la house à la new beat, en passant par le disco. Sans oublier d’injecter dans sa solution sonore, des percussions. Quoique brillant derrière ses platines, il manque quand même d’interactivité ; d’ailleurs, il n’a jamais adressé le moindre regard à la foule… (D.D.)

Setlist Soldout :

The Call
Wazabi
I Cant' Wait
94
Forever
My Love
Drop of Water
Oppression
I Don't Want To Have Sex With You
Mine (ft. John Stargasm)
One Word
The Box (ft. Richard 23)

Rappel I :

I Don't Want To Have Sex With You (ft. Lionel de Girls In Hawaï)
Do It Again
Get Out
Ocean
Dune

Rappel II :

The Flow

Pour voir les photos de Wim Heirbaut, c'est ici

Pour revoir le concert de Soldout sur Youtube, c'est

Organisation : Progress Booking + Ancienne Belgique

 

Nile Rodgers

Nile Rodgers & Chic : Forest National transformé en temple du funk…

Écrit par

Le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards ont fondé Chic en 1976. Ce groupe de disco/funk yankee a rencontré un succès international fin des 70’s grâce à des titres comme « Le Freak » ou « Good Times ». La conjugaison des grattes des deux membres fondateurs a eu une influence majeure sur la musique de cette époque. Malheureusement, Edwards est décédé en 1996, laissant son binôme seul avec sa guitare rythmique. Souffrant d’un cancer diagnostiqué en 2010, Nile Rodgers a déclaré être guéri depuis 2013. Une épreuve qui a diamétralement changé sa philosophie de vie. Fin septembre, il a publié un nouvel album (NDR : au cours de sa carrière, il en a vendu plus de 300 000 à travers le monde !), un disque pour lequel il a reçu, notamment, le concours d’Anderson.Paak, Emeli Sandé, Lady Gaga, Craig David et Elton John.

Pour cette tournée, Nile a emmené ses fidèles musiciens, qui le suivent depuis 2013. En l’occurrence le batteur Ralph Rolle, le bassiste Jerry Barnes, le claviériste Richard Hilton, le saxophoniste Bill Holloman et le trompettiste Don Harris. Sans oublier les choristes Folami Thompson et Kimberly Davis.

Lorsqu’on débarque à FN, vers 19h00, 3 Dj’s (Star Bar dj's) sont affairés derrières leur table posée en avant-scène. Réunissant Wauter De Sadeleir, Pieter Struye et Koen Hulsmans, le trio jouit d’une solide réputation en Flandre. Ils bossent à l’ancienne et se servent de maxi vinyles et de cds en mixant le tout judicieusement. Pour leur programmation, ils puisent au sein des standards du funk et de la soul des années 70 à nos jours…

Si le concert est sold out, la salle a été adaptée en configuration club. Tant mieux, c’est sous cette forme que le son est le meilleur. Bref, il y a 2 500 personnes pour accueillir cette légende vivante du funk américain.

Un peu avant 21 heures, Nile Rodgers, casquette noire retournée vissée sur le crâne et vêtu d’une veste à paillettes de couleur gris alu, vient saluer son public. Un roadie vient lui apporter sa célèbre ‘Fender Iconic Hitmaker’ (NDR : elle est estimée à 4 500 € !) alors que ses musiciens s’installent, dont un claviériste supplémentaire. Pendant qu’ils accordent leurs instruments, Nile s’adresse à la foule : ‘Nous allons danser ce soir. Chaque soirée est magique. Vous êtes avec moi. Levez les mains’. Il se place ensuite dos au public –intergénérationnel, il faut le souligner– et face au drummer. Les deux choristes lèvent les bras, reculent, puis Nile vient se planter devant son micro et entame le premier morceau,  « Everybody Dance ». La machine à hits est déjà en route. Nile signale que les chansons choisies ce soir ne sont pas des reprises mais des morceaux qu’il a écrit ou produit pour différents artistes (NDR : il a composé, entre autres, pour David Bowie, Diana Ross, Madonna, Daft Punk, Sam Smith, Lady Gaga, Sheila, Sister Sledge, Diana Ross, Debbie Harry [Blondie], Grace Jones, INXS, Mick Jagger, Paul Simon, Al Jarreau, et la liste est loin d’être exhaustive...)

Au centre, le kit de batterie est impressionnant. Le clavier de Richard Hilton est rafraîchi par un énorme ventilateur. La section rythmique est particulièrement solide. Les compos libèrent un groove irrésistible. En retrait, sur leur estrade, les cuivres sont fusionnels. Barnes vient régulièrement affronter Nile, manche contre manche, et incite le public à applaudir. Les voix des deux choristes sont limpides, emphatiques et intarissables. Malgré ses 66 berges, l’artiste semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse.

Lors d’une petite pause, Nile parle longuement de sa collaboration avec Daft Punk et le succès de « Get Lucky » illumine Forest National, comme une voie lactée, et tout particulièrement quand Rodgers invite la foule à allumer ses téléphones portables. Dans la fosse, c’est un dancefloor permanent. De parfaits inconnus dansent ensemble et finissent par se lier d’amitié…

Le show s’achève par « Good Times, Rapper's Delight ». Une cinquantaine de personnes envahit le podium. Pas de panique, il s’agit de spectateurs qui ont opté pour le ‘Good Times package’. A 420 € la place, ce n’est pas donné ! Mais bon, c’est la rançon du marketing ! Une chose est sûre, pendant 120 minutes, Forest National s’est transformé en immense temple du funk.

Comme d’hab, il faudra presque mettre Nile dehors. La foule savoure son bonheur. Nile s’accroupit en bord d’estrade et serre les mains des premiers rangs, des gestes amicaux qui vont s’éterniser, démontrant l’affection qui le lie à ses aficionados.

Setlist : « Everybody Dance », « Dance Dance Dance », « I Want Your Love », « I’m Coming Out » (Diana Ross cover), « Upside Down » (Diana Ross cover), « He's The Greatest Dancer) » (Sister Sledge cover), « We Are Family » (Sister Sledge cover), « Like A Virgin » (Madonna cover), « Lost In Music » (Sister Sledge cover), « Notorious » (Duran Duran cover), « Thinking Of You » (Sister Sledge cover), « My Feet Keep Dancing », « Get Lucky » (Daft Punk cover), « Chic Cheer », « My Forbidden Lover », « Let's Dance » (David Bowie cover), « Le Freak », « Good Times, Rapper's Delight ».

(Organisation : Live Nation)

Buzzcocks

Décès de Pete Shelley, le leader des Buzzcocks !

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De son véritable nom Peter Campbell McNeish, Pete Shelley est décédé ce jeudi 6 décembre, victime d’une crise cardiaque. Il était âgé de 63 ans.

Ce sont Pete et Howard Trafford, aka Devoto qui ont formé les Buzzcocks, en 1976. Ce dernier quittera le line up l’année suivante, avant de fonder Magazine. La formation va se séparer en 1981 et se reformer en 1989. Au cours de cette parenthèse de 8 années, Pete va publier 6 albums solo et une dizaine de singles, dont le plus notoire est bien entendu « Homosapien », un titre censuré pour sa référence à l’homosexualité. Ce sont d’ailleurs les singles des Buzzcocks qui ont fait le ‘buzz’, fin des seventies, début des eighties, à l’instar de « Orgasm addict », « What do I get , « Love you more », « Promises », « Everybody’s happy nowadays » ou encore « Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn't've) ». Issu de Manchester, ce groupe constitue, avec les Sex Pistols et The Clash, un des fondements du mouvement punk/rock britannique. Sauvage, minimaliste mais particulièrement mélodique, le punk de Buzzcocks a notamment influencé les Smiths, Hüsker Dü, Teenage FancClub et même les Pixies. Le groupe tournait encore régulièrement et s’était d’ailleurs ainsi produit l’an dernier au centre Culturel René Magritte de Lessines et à l’Aéronef de Lille.

Pete Shelley s’est éteint en Estonie, où il résidait depuis quelques années.

R.I.P.

 

GrandGeorge

Grandgeorge dans les petits papiers des fans…

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L’univers de Benjamin GrandGeorge vogue entre Paris, Londres et Bruxelles, où il vit actuellement. Il reconnaît pour influences majeures Paul Simon, Jeff Buckley, Mozart, Sting et Richard Bona. Il aurait pu devenir trader à Londres. Il a choisi d'être chanteur. Une chose est sûre, vu les nombreux pays qu'il a visités, ce joyeux trentenaire est parvenu à conserver le meilleur, au fil des rencontres : un regard au Brésil, un rythme en Afrique ou une humeur en Asie ; soit autant de sources d'émotion et donc, d'inspiration. Il doute cependant de tout, sauf de son amour immodéré pour la musique. Et on le ressent particulièrement en ‘live’. Ce vendredi 7 décembre, il se produisait donc à La Madeleine de Bruxelles, date de la sortie de son second elpee, « Face to faith ». Compte-rendu.

Le supporting act est assuré par le duo Ebbène. Echappé des Tellers et de Paon, Ben Baillieux-Beynon s’est associé à Jérôme Magnée (Dan San, Gaëtan Streel, Yew) pour fonder ce duo qui a publié un premier Ep 4 titres, en octobre dernier. Un album est en préparation.

 Les deux compères grimpent sur l’estrade. Et déjà le charme opère auprès du public féminin. Ben se sert d’une gratte semi-acoustique, Jérôme cumule claviers, boîte à rythmes et guitare électrique. « Début De Soirée » ouvre le set. Chargée de spleen, la voix de Ben est douce, attachante et harmonieuse. Elle évoque parfois celle de Jean-Louis Aubert ou de Raphael. Elle s’épanche sur des textes poétiques, parfois empreints de désespoir. Jérôme piaffe déjà d’impatience, derrière ses claviers, sa 6 cordes en mains, alors que quelques sonorités électro émanent du MPD placé devant lui. Le tandem nous réserve deux nouveaux titres, « Vert » et le paisiblement atmosphérique, enrobé de chœurs, « Un » ; probablement des compos destinées au long playing. « Tout oublier » nous invite à se détacher des tracas de la vie quotidienne. Les cordes semi-acoustiques illuminent « Barcelone », un morceau imprimé sur un beat subrepticement électro, alors que la voix vaporeuse de Ben est bien soutenue par les  chœurs de Jérôme. Faut dire que c’est lorsqu’elles sont conjuguées que les harmonies vocales passent le mieux la rampe, un peu comme chez Dan San. Bien équilibré, le concert va cependant proposer autant de compositions empreintes de sérénité que nerveuses…

Setlist : « Début De Soirée », « Vert », « Un », « Tout Oublier », « Barcelone », « Ne Penser À Rien », « Tout Change », « Nuit Américaine ».

Particulièrement chaud, le public attend impatiemment la tête d’affiche. La responsable du fan club a distribué des papiers que les spectateurs sont invités à élever lors de la seconde partie du titre, « Sunny Anyway ». Le set s’ouvre sous un light show de couleur rouge. Aux drums, Sam Rafalowicz vient se placer à droite sur son estrade et le claviériste, Xavier Bouillon, à gauche. C’est toujours Nicolas Lherbette qui se charge de la basse. Stéfy Rika (NDR : elle a notamment prêté sa voix à Akro, Starflam, Axel Red, Selah Sue et Zap Mama) se plante derrière son micro, se retourne et applaudit. Benjamin GrandGeorge débarque enfin, sa gratte semi-acoustique à la main. Les applaudissements fusent. Le concert débute par « Fading Away ». Le refrain est déjà repris en chœur par l’auditoire. Trépidant, Benjamin semble heureux d’être là, ce soir. Avant d’attaquer ce fameux « Sunny Anyway », le premier single du long playing, censé emprunter une nouvelle direction musicale, il se désaltère, puis confesse modestement : ‘Ce second album n’était pas une mince affaire ; j’ai bien cru qu’on ne se retrouverait pas’. Il remercie le public pour sa présence. La voix de Stefy s’envole, bientôt rejointe par Benjamin, qui sans guitare, gigote de droite à gauche, et inversement. D’une durée de 6 minutes, cette version est pourtant plutôt paisible. Les fans soulèvent alors ces petits papiers. L’auditoire reprend le refrain. Emu, Ben lui manifeste sa reconnaissance. La guitare haute, l’oreille tendue vers celui-ci, il embraye par « Stay With Me », une chanson tendre mais complexe. Il doit d’ailleurs la reprendre à zéro et l’interprète d’une voix aiguë. Dominé par les claviers, « Losing You » est davantage électro et surtout dansant. La fosse se transforme d’ailleurs en dancefloor. Stéfy y apporte son grain de voix soul, alors que Benjamin s’applique sur les cordes de sa sèche. Avant d’aborder « Radical Bourgeois », plage d’ouverture du nouveau long playing. Benjamin signale que l’on doit rire, mais que cette chanson n’est pas marrante. Les voix sont parfaitement conjuguées. Au cours de ce titre électro/funk, il invite la foule à lever les bras et à jumper. On passe ensuite à « Dancing In The Morning », le premier bonus de l’album. Benjamin s’adresse à l’assemblée et demande si elle souhaite danser jusqu’aux petites heures, puis embraie par « Dancing in the morning », une compo qui nous entraîne à travers l’Afrique de L’Ouest, et plus exactement le Burkina Faso. Le light show est discret mais efficace. Tout au long de « Warmer » la voix du Grand Ben est vocodée. Pendant « Go For A Ride », Benjamin invite la foule à chanter avec lui. Il interprète seul et unplugged « Just In Time », un titre qu’il entame sous les applaudissements nourris de l’auditoire. Il n’en oublie pas pour autant « So Fine »… mais pas de trace de « How long » ; et c’est vraiment dommage. Opérant un dernier crochet par l’Afrique, « I’ll Be Trying (Comptez Sur Moi) » clôt le show.

On aura cependant encore droit à deux rappels ; et au cours du second, « Petit Dej » va nous plonger au cœur de la Nouvelle-Orléans.

GrandGeorge se produira le 14 mars 2019 au Reflektor de Liège et le lendemain à l’Eden de Charleroi.

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Stay With Me », « Losing You », « Radical Bourgeois », « Dancing In The Morning », « Warmer », « Go For A Ride », « Just In Time », « So Fine », « I’ll Be Trying (Compter Sur Moi) »

Rappel 1 : « Another Day In Heaven », « Easy Emotion »

Rappel 2 : « Petit Dej »

(Organisation : UBU Productions)

 

The Prodigy

Deux vents de folie…

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La météo est à la tempête ce vendredi. Les averses se multiplient avant de débarquer à Forest. Tout comme ce qui nous attend à l’intérieur ce soir, par ailleurs…

Prodigy était déjà parvenu à faire trembler les murs de Forest National en 2009. L'un de ses meilleurs concerts, selon les fans. Et aussi celui qui avait le plus fait vibrer le sol bruxellois (NDR : sans doute à égalité avec celui de Faithless en 2001). Ce soir, la foule est moins dense. Le prix des tickets chute sur Ticketswap au fil des heures. Les deuxièmes étages sont d’ailleurs condamnés, conférant la formule club à la salle. Sans doute la conséquence de l'omniprésence de Prodigy lors des festivals d'été ? Ou d'un agenda de concerts chargé à cette même période ? (NDR : Editors remplit une deuxième fois le Cirque et Magnus cumule plusieurs soirées de suite à l'AB).

Les premières parties manquent parfois d'intérêt. Mais pas ce soir. Slaves avait déjà fait forte impression à Dour en 2016. Et va encore confirmer, malgré un tout petit espace sur la toute grande scène (NDR : une batterie minimaliste, une guitare, son logo sur tubes néons et quelques amplis). Un matos de David face à celui de Goliath, en tête d’affiche. Le DJ bruxellois a la bonne idée de diffuser les Stooges en intro (NDR : et un peu plus tard les Buzzcocks en hommage à Pete Shelley, décédé la veille). Car le ‘Punk’s not dead’ va résonner dans l’arène. Bodybuildés et tatoués, le duo déboule sans coup férir sur l’estrade. Et balance une détonation de compos de deux minutes, qui renverrait les jets de pavés de gilets jaunes au rang de bac à sable. On pense à l'énergie et la virilité dispensées par Idles. Sans doute aussi à cause de son incursion dans le public après trois morceaux seulement. Le batteur/chanteur parvient à inciter la foule à reprendre le refrain ‘Fuck the high-hat’, alors que les premiers pogos éclatent. Pas de temps mort. Si ce n’est une séance de ‘hugs’ sollicitée par le leader (et exécutée dans la foule). Comme le titre de son elpee, « Take the control », le signale, Slaves a pris en esclave l’audience bruxelloise pendant 45 minutes. 

Les aficionados de Prodigy se massent de plus en plus dans le parterre, s’agitent et trépignent d’impatience. Un rideau sur lequel est imprimé une araignée géante (NDR : un logo déjà utilisé sur la pochette de son  album live « The world’s on fire », paru en 2011) masque la scène. Sur le coup de 21h25, impressionnant, le décor révèle deux demi bus londoniens à l’effigie du dernier opus, « No tourists ». Le maestro Liam Howlett s’installe derrière sa console. Et le concert démarre en force par « Breathe ». Qui provoque déjà des mouvements de foule et déclenche une véritable hystérie au sein des premiers rangs. On ne compte plus les spectateurs cherchant leurs lunettes ou gsm, égarés dans les bousculades. Sur « Omen », les deux MCs Keith et Maxim poussent leurs cris plus qu’ils ne chantent. Pendant « Champions of London », la détonation de basses est telle qu’on regrette d’avoir oublié nos boules Quies. « No Good » est enchaîné à « Smack My Bitch Up », deux morceaux qui ponctuent une première moitié de set.

En rappel, coloré de touches hip-hop et dub, « We Live Forever », issu du dernier opus, sonne comme un retour aux sources. Il est même difficile de croire que le groupe a plus de 25 ans d’existence, tant ses protagonistes ne semblent pas avoir pris une ride. Prodigy nous permet d’ailleurs de voyager entre ses albums, depuis son dernier (« No Tourists ») à son premier (« Experience »)

Quelques bémols quand même. D’abord la durée du show. A peine une heure dix, soit un set aussi court que lors d’un festival. Mais également le son hasardeux ainsi qu’un light show aveuglant. Cependant, on retiendra surtout cette ambiance de transe dans la fosse, du début à la fin…

Setlists :

Slaves

Sockets, Bugs, Magnolia, Fuck The High-Hat, Cheer Up London, The Lives They Wish They Had, Chokehold, Sugar Coated Bitter Truth, Beauty Quest, The Hunter

Prodigy

Breathe, Resonate, Nasty, Omen, Champions of London, Voodoo People, Run With the Wolves, Need Some 1, Poison, Everybody In The Place, Firestarter, Roadblox, Light Up The Sky, No Good, Smack My Bitch Up.

Rappel : We Live Forever, Fire, Take Me To The Hospital, Timebomb Zone, Out Of Space (outro)

(Organisation : Live Nation)

 

La Muerte

La Muerte

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Chronique sans filet pour votre serviteur qui n’est pas très branché sur le métal. Mais bon, La Muerte, c’est quand même une référence dans le style, et pas seulement en Belgique. Son dernier album studio, « Raw », remonte à 1994. Un bail ! Bien sûr, le groupe n’a repris son parcours, qu’en 2014, publiant alors deux Eps dans la foulée. Soit « Murder Machine », en 2016, et « Headhunter » (avec Front 242), l'année suivante. Sans oublier le double live « Evil », en 2015 ! Eponyme, son nouvel opus marque fatalement le coup. Et il devrait ravir les amateurs du genre.

Bénéficiant de la masterisation d’Alain Doucher (Motörhead, Mastodon) et du mixage du spécialiste du black metal Déhà, le long playing est scindé en 10 morceaux particulièrement saignants. L’électronique est davantage présente, mais elle n’est vraiment distincte que sur le morceau d’entrée, « Crash baby crash », un titre déstructuré, au vocal vindicatif, qui traite aussi bien de sexe que de religion… entre autres. Un morceau idéal pour clôturer un concert, soit dit en passant. Mais plusieurs pistes semblent hantées par les Young Gods. Le dévastateur « LSD for the holy man », par exemple. Enigmatique, lancinant, morbide même, « Suis-je un animal ? » en est un autre exemple. Chanté dans la langue de Molière, il plonge le mélomane dans un univers angoissant et hostile. On pourrait encore citer le climatique « Welcome tomorrow » ainsi que le métronomique, obsessionnel, presque tribal « Darkened dreams », même si ces deux titres adoptent des profils davantage indus. Echevelé, « I was a wreck » est sculpté dans le punk. Tout comme l’excellent titre final « She did it for lust », une plage qui lorgne manifestement vers les Stooges originels, même si en milieu de parcours, on a l’impression que le spectre d’Alice Cooper vient brouiller les pistes. Bien construit, « Gun in my hand » tisse un fil mélodique au sein d’un univers plutôt sauvage et qui sent la poudre. Tout comme « King Kong / Godzilla », au cours duquel des cordes tintinnabulantes voire chatoyantes viennent perturber… les plus violentes. Ou l’inverse ! Enfin les riffs de gratte découpent méthodiquement « Lost » dans le thrash metal, suivant une technique instituée par Metallica…

 

Wye Oak

The louder I call, the faster it runs

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En une décennie d’existence, Wye Oak n’a eu de cesse d’évoluer. Et tout au long de ce sixième opus, le duo de Baltimore le démontre une nouvelle fois. Réunissant le drummer Andy Stock et le chanteur/guitariste Jenn Wasmer, il pousse même encore plus loin ses expérimentations. Difficile d’ailleurs de croire qu’ils ne sont que deux pour concocter une musique aussi riche et créative.

A l’origine, le tandem privilégiait le folk ; mais au fil des albums, Jenn Wasmer s’est davantage intéressé à l’électricité, aux loops et aux claviers, lorgnant même parfois vers la dream-pop. « The louder I call, the faster it runs » intègre une nouvelle fois de nombreux éléments électroniques à un rock qu’on pourrait qualifier de luxuriant voire de complexe. Plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir assimiler, puis apprécier le sens mélodique. L’instrumentation a atteint un niveau de perfection étonnant, les couches de guitare se superposant aux nappes de synthés. En outre, Jenn maîtrise parfaitement sa voix. Et si certaines plages, à l’instar du titre maître ou encore de « Symmetry » ont un impact direct, d’autres comme « It was not Natural » baignent au sein d’un climat plus paisible.

Vu le pouvoir novateur de Wye Oak, on est curieux de voir ce qu’il va nous réserver à l’avenir… 

 

Marcus Miller

Un concert de 105’ très pro et riche en émotions…

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Marcus Miller feat. Selah Sue

Compositeur, producteur et multi-instrumentiste (NDR : à la basse, il est vraiment génial !), Marcus Miller possède un CV impressionnant. Et ses collaborations sont innombrables. Il a ainsi bossé en compagnie d’artistes aussi prestigieux que Miles Davis, Eric Clapton, Aretha Franklin, Carlos Santana, Frank Sinatra, Elton John ou encore Michael Jackson.  

Pionnier tout-terrain de la basse électrique, ce musicien précoce (NDR : il est né en 1959) a connu les grandes heures du r&b et du funk dans les années 60 et est devenu le spécialiste du jazz fusion. Actif sur le circuit jazz depuis 1983, il est parvenu à développer un style nouveau, dynamique et créatif. Miller propose sa propre vision de la musique noire actuelle, avec pour influences principales le hip-hop, le trap, le r&b et bien sûr le gospel et la soul qui l’ont toujours inspiré. Sans pour autant négliger la pop et la world.

Dans l’esprit de Kendrik Lamar, il aime organiser des réunions de famille en faisant appel à des musiciens, le tout dans un esprit très décontracté, très « Laid Back ». C’est d’ailleurs le titre de son dernier elpee. Il a ainsi réservé une place de choix à la voix puissante, profonde, sans compromis, farouche et troublante de la nouvelle diva soul, Selah Sue. Et ce soir, elle a été invitée en featuring.

Pas de supporting act. Le concert est sold out depuis belle lurette. Marcus va nous proposer de très larges extraits de ce dernier opus (NDR : les 21ème en tenant compte des ‘live’ et des ‘best of’).

Le public applaudit et scande le nom de Marcus Miller. Il débarque enfin, chapeau noir rivé sur le crâne, souriant et accompagné de ses quatre musiciens, en l’occurrence le batteur Alex Bailey, le trompettiste Russel Gunn, le claviériste Bett Williams et le saxophoniste Alex Han, dont le premier LP a été produit par Miller himself. Le décor est dépouillé : pas de light show envahissant ; une estrade est prévue à gauche, pour le claviériste, et une à droite, pour le drummer.

Il salue la salle en français et en anglais et signale qu’il va interpréter deux chansons de son nouvel opus, soit « Untamed » et « Sublimity ‘Bunny’s Dream’ ». Tout au long de « Untamed » (NDR : 6’ quand même !), il étale toute sa technique au ‘slap’ sur son manche. Les deux cuivres s’avancent et dispensent des sonorités en sourdine, la boîte à rythmes est judicieusement intégrée, alors que le maître s’autorise quelques impros. Marcus se sert de trois basses différentes, et lorsqu’il joue celle à cinq cordes, il est véritablement sublime. D’un signe de la tête, il dirige son backing group.

Toute de noir vêtue, le ventre bien rond (NDR : elle est enceinte de 6 mois !), Selah Sue débarque avant d’attaquer la cover de Doris Day, « Que Sera », une chanson chargée de spleen, mais dont le parfum très 50’s semble émaner de la Nouvelle Orléans… Sa voix est langoureuse, frémissante, savoureusement surannée. Un moment fort du concert. Elle la pose également sur un thème dédié à Aretha Franklin, « Natural Woman ». Et caresse délicatement son ventre. Pendant le « Don’t Explain » de Billie Holliday, Marcus entame un long solo improvisé. Les musicos affichent une belle complicité tout au long du « Pusher Man » de Curtis Mayfield.

Marcus troque sa basse contre une clarinette basse pour interpréter « How Great Thou Art », un morceau dédié à deux membres de sa famille, décédés lors de l’enregistrement de l’album, ainsi qu’à ses ancêtres esclaves.   

Pour clore le set, il nous réserve une version très cuivrée de « Tutu », un titre qu’il avait écrit pour Miles Davis. Le trompettiste tire ici son épingle du jeu, avant que le saxophoniste ne vienne le rejoindre. D’ailleurs lors du show, ces deux musiciens s’autorisent régulièrement des duels…

Le public en veut encore. Le band revient sur les planches pour accorder deux reprises. D’abord le « Ain’t No Sunshine » de Bill Withers. Telle un caméléon, Selah Sue s’adapte parfaitement à la nouvelle mouture. Puis une adaptation hypervitaminée et rafraîchissante du « Come Together » des Beatles.

Un concert de 105’ très pro et riche en émotions…

Setlist : « Untamed », « Sublimity », « Trip Trap », « W/Selah », « Que Sera » (Doris Day cover), « Don’t Explain » (Billie Holliday cover), « Pusher Man » (Curtis Mayfield cover), « Natural Woman » (Aretha Franklin cover), « How Great Thou Art », « Tutu » (Miles Davis cover).

Rappel : « Ain’t No Sunshine » (Bill Withers cover), « Come Together » (The Beatles cover).

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Sinner's Day 2018 : samedi 1er décembre

Organisé depuis 2009, le Sinner’s Day est le festival limbourgeois qui met en exergue la fine fleur du mouvement punk/new wave. Cette année, la programmation rend également hommage aux précurseurs, qui ont sévi de la fin des sixties à la fin des seventies. Implanté jusqu'ici à Hasselt, le Sinner's Day a déménagé à Genk, dans le Limburghal, une salle plus petite que l'Ethias Arena. Un repli peut-être dû à la concurrence, sur le même créneau, du W-Festival, en pleine croissance… Ce dernier organise d'ailleurs ce même soir un concert de Peter Murphy au Vooruit, à Gand. Un conflit d'agenda fort regrettable! Qu'à cela ne tienne, quelque 4 500 fans, contre 7 000 il y a deux ans, se sont déplacés, bien décidés à enclencher la machine à nostalgie.

L'ensemble du programme du festival se déroule dans le grand hall, sur une seule grande scène, divisée en deux parties. Celle de droite est réservée aux formations internationales et celle de gauche, aux groupes belges. Pendant qu'un concert se déroule d’un côté, l'autre est occulté par un rideau noir pour permettre au combo suivant de s'installer. Un système astucieux et pratique mais qui limite quand même l'espace vital disponible pour chaque show.

Quand on débarque sur les lieux, Cabaret Voltaire vient d’entamer son set. Il est 16h05. Le groupe est, on le sait, devenu le 'one-man band' de Richard H. Kirk. Créé en 1973 et pionnier de la musique industrielle, à l’instar de Throbbing Gristle, le gang de Sheffield a marqué son époque grâce à des hits alternatifs comme « Nag Nag Nag » et, plus tard, « Just Fascination » et « Sensoria ». En live, Richard H. Kirk propose depuis plusieurs années un show qui ressemble plus à un spectacle audio-vidéo qu'à un concert. Debout derrière ses ordinateurs, à la façon d'un DJ/VJ, il contrôle une bande-son synchronisée à l’aide d’images abstraites. Ennuyeux, d'autant qu'il n'y a quasi aucun titre connu dans la setlist.

Sans aucune transition, Cocaine Piss embraie. Le band liégeois s’est forgé une solide réputation en dispensant un punk-noise violent et sans concession. La plupart de ses 'chansons' ne dépassent pas les 2 minutes. Sur l’estrade du Sinner's Day, la bande à Aurélie Poppins fait le show et comme d'habitude... il est très chaud…

Flashback de 40 ans en arrière (ou quasi), ensuite, pour (re-)découvrir Fischer-Z, le projet du 'lumineux' John Watts. Alternant les hits comme « So Long » ou « The Worker » et titres moins connus, l'Anglais démontre toute l'étendue de son inspiration, qui couvre la pop aux accents reggae, le post-punk et la new wave. Sa voix très haut perchée, ‘une voix de petit singe’, comme il se plaît à le rappeler, a quelque peu mué au fil du temps et elle nuit un peu à l'identification des morceaux. Mais la sympathie de l'artiste et l'intemporalité de « In England », « Battalions of Strangers » et surtout « Marliese », calée en fin de parcours, vont finir par conquérir les fans.

Après quelques minutes de répit, place à Funeral Dress. Formé en 1985, ce combo belge est adapte d'un punkcore ultrarapide et particulièrement 'heavy'. Arborant fièrement la crête, les musicos déversent un flot de décibels et leur enthousiasme est contagieux. Le public des premiers rangs connaît la plupart des paroles de leurs chansons, et notamment celles de « Party On ». Même la reprise du « Down Under » de Men At Work fait mouche. Belle ambiance !

On passe d'un gang à un autre, puisqu’il est l’heure de Gang of Four ! Originaire de Leeds, la Bande des Quatre a contribué à façonner les contours du post-punk en '78. De la formation originale, il ne subsiste plus qu'Andy Gill, le guitariste. Entouré de 3 jeunes substituts, il affiche la soixantaine grisonnante et fait penser à Jimmy Page voire Michael Caine. En compagnie du chanteur, il entretient un climat tendu, sur le fil du rasoir. Après une introduction vidéo dévoilant un rituel amérindien, il triture sa guitare et la frappe sur le sol pour en tirer des bruits stridents qui alimentent « I Love Anthrax », la flip side de « Damaged Goods », sorti il y a tout juste 40 ans ! Ce mélange unique et singulier de post punk et de funk blanc (NDR : cette basse !) est parfaitement identifiable, surtout tout au long de « Not Great Men ». A la section rythmique, les petits jeunes assurent un max. Etonnamment amorphe, le public réagit surtout sur « I Love A Man In Uniform » et « Damaged Goods ». Après « To Hell With Poverty », qui souligne le côté engagé du quatuor originel, le rappel permet enfin au chanteur de se défouler sur un four à micro-ondes installé sur le podium. Avec sa dégaine de petite frappe, il le défonce à l'aide d'une batte de baseball. Pas vraiment du meilleur goût. Bref, un show intense, malgré l'absence du hit pourtant incontournable « What We All Want »…

Le temps d'aller chercher une bière et Red Zebra prend place sur la moitié 'belge' du podium. Les chouchous du public flamand fêtent leurs 40 ans d’existence et se montrent plus forts que jamais. Leur punk-pop est toujours aussi énergique et communicatif, que ce soit à travers « Spit on the City » ou « Shadows of Doubt ». Lors de ce dernier morceau, Peter Slabbynck glisse son allusion habituelle à « This is not a love song », soulignant l'évidence filiation avec P.I.L. Et le hit « I can't live in a living room » constitue, bien entendu, le point focal de cette prestation. Mention spéciale également, à la reprise du sublime « Winning » de The Sound. 

Place maintenant à une légende absolue du rock : John Cale. A 76 ans, le musicien américain a tout inventé, surtout au sein du Velvet Underground, à la fin des années 60. Co-instigateur d'un art-rock sombre et expérimental, il a contribué à façonner tout un pan de la musique moderne, du (post-)punk à l'indie-rock. Lorsque le rideau se lève, c'est avec émotion que l'on découvre l'homme en noir, les cheveux gris lumineux et les yeux bleus tristes et profonds. Assis derrière son clavier Kurzweil, il est impressionnant de calme et de sérénité pendant « Hedda Gabler ». Tout au long de son set, il va alterner compositions expérimentales (« Fear Is A Man's Best Friend »), morceaux proto-(post-)punk (l'incroyable « Rosegarden Funeral of Sores ») et ballades poétiques déclamées façon 'spoken word' (« Helen of Troy »). En écoutant sa voix de crooner crépusculaire, on se rend compte de l'influence, phénoménale, qu'il a exercée sur des artistes comme Patti Smith, Scott Walker, Brian Ferry, David Byrne, Peter Murphy, Nick Cave, John Maus, et la liste est loin d’être exhaustive ! Le show manque un peu de pêche mais le public est fasciné, voire même hypnotisé. Evidemment, des reprises du Velvet sont prévues au programme : « Heroin », qui s'étend sur plus de 6 minutes et, en fin de set, « Waiting For The Man ». Datant de 1977, ce morceau a inspiré le « Heroes » de David Bowie. En rappel, Cale clôture par une séquence enchaînant « Gun », extrait de son album « Fear » (1974), et « Pablo Picasso», le titre composé par Jonathan Richman, des Modern Lovers, le tout interprété par le maître debout et à la guitare ! Un moment unique et inoubliable.

On passe de l'artiste le plus vieux au groupe le plus jeune du festival. Pour les 'locaux' que sont nos amis de Whispering Sons, ce concert est un peu comme un retour triomphal à la maison. Après deux années complètement folles, qui a vu la formation grimper au sommet tant en Belgique qu’à l’étranger, la bande à Fenne Kuppens peut savourer ce moment magique devant tous ses fans. ‘Come On, Fenne !’, crient ces derniers au moment où le concert commence, provoquant chez la chanteuse un sourire gêné. Comme à l'AB Club récemment, les 'Sons' vont aligner les titres de leur nouvel et excellent album « Image », entrecoupé de quelques incursions dans leur back catalogue. Un 'Home Run' réussi à tous points de vue, d'autant qu'ils ont joué l'extraordinaire « Waste », une tuerie absolue à la fin de laquelle, Fenne s'arrache littéralement les cordes vocales.

Dans le line up international, les organisateurs ont fait fort car à côté de John Cale, on a droit à MC-5, rebaptisé MC-50 pour des raisons de droits. Ce groupe américain est aussi considéré comme un des précurseurs du (post-)punk. La formation de Detroit (NDR : MC signifie Motor City) est emmenée aujourd'hui par un seul de ses fondateurs originaux, Wayne Kramer. Ce dernier est le premier à fouler les planches ce soir, sa guitare décorée en drapeau américain, en bandoulière. Il est soutenu par un véritable super-groupe, composé du guitariste de Soundgarden, Kim Thayil, du chanteur/bassiste de King's X, Dug Pinnick, du batteur de Fugazi, Brendan Canty, et de Marcus Durant, le chanteur de Zen Guerilla. Ce dernier ressemble à un Joey Ramone qui aurait forci. Et sa coiffure accentue cette impression. Lors de son set, MC-50 va aligner les classiques du rock garage avant la lettre tels que « Kick Out The Jams », « Ramblin' Rose » ou « Motor City Is Burning ». Tout comme celle des Stooges, sa musique a ouvert la voie au punk et le public ne se fait pas prier pour fêter le 50ème anniversaire de la formation.

Le point d'orgue du festival est bien choisi : Vive La Fête, le sympathique projet de Danny Mommens (ex-dEUS) et Els Pynoo, a l'art de clôturer en beauté. Formé en 1997, VLF est connu dans le monde entier grâce à sa pop electro-wave enjouée et irrésistible. Pour les festivaliers, les hits du groupe, que ce soit « Nuit Blanche », « La Vérité », « Maquillage » ou le nouveau « Toute la nuit », issu du nouvel LP, « Destination Amour », constituent les cerises sur le gâteau après un programme fort bien fourni. Tout le monde sourit, chante et danse. Le festival approche de son dénouement dans une ambiance ultra positive...

La note finale est apportée par une dernière légende vivante : Wolfgang Flür. Ce musicien allemand a milité chez Kraftwerk de 1973 à 1987, soit la période dorée des pionniers de la musique électronique. Percussionniste à l'origine, c'est lui qui a développé les batteries électroniques de la formation teutonne. Après son départ, il a embrassé une carrière solo, concrétisée, entre autres, par l'album « Eloquence ». Sur le podium, Herr Flür est planté derrière ses 2 ordinateurs Mac et nous réserve d'excellents 'reworks' de titres de Kraftwerk, tels que « Home Computer », « Neon Lights » ou « Pocket Calculator ». Mais également des compositions plus personnelles, pour lesquelles il a reçu le concours de différents musiciens, dont Bon Harris, le leader de Nitzer Ebb. Le show s'apparente davantage à un DJ set, agrémenté de vidéos et de photos de l'époque Kraftwerk ainsi que de films plus récents. Le public, moins nombreux à cette heure tardive, est conquis par ce ‘Flürilège’ de hits électros. A noter que Wolfgang Flür nous a confié en backstage avoir signé pour un nouvel album, dont la sortie est prévue pour l'année prochaine, qui sera à nouveau réalisé au travers de collaborations.

Au moment de tirer le bilan, on ne peut que féliciter les organisateurs pour l'excellente affiche et la logistique impeccable. On aurait bien entendu préféré voir davantage de groupes récents dans le line up mais, au regard de la moyenne d'âge des spectateurs, on peut comprendre la priorité accordée aux 'anciennes gloires'. On aurait également apprécié une offre plus étoffée en catering car la file devant l'unique frit kot était franchement rédhibitoire. Sans quoi, bravo à l'équipe !

En lever de rideau, les visiteurs déjà présents en début d'après-midi ont eu droit aux prestations de :

         O Veux : un groupe de punk/no-wave issu d'Hasselt qui a connu son heure de gloire dans les années '80 et a repris ses activités il y a peu au travers de rééditions mais aussi de nouvelles productions.

         Claw Boys Claw : un des groupes les plus importants de l'histoire du rock néerlandais. Fondé en 1983, il n’a connu qu’un seul grand succès en 1992 : "Rosie".

         Marcel Vanthilt : à 60 balais, Marcel a toujours l’âme d’un gosse de 18 ans. Figure de proue de la télévision flamande, il est aussi connu pour son travail au sein d'Arbeid Adelt! Aujourd'hui, l'icône belge est toujours là. La preuve : Vanthilt a enregistré son premier album solo cette année: « CA$HCA$H ». Au programme : une pop électronique aux accents eighties.

         De Brassers : eux aussi, des locaux ! Aux dires des personnes interrogées, ce sont eux qui ont gagné le prix de la meilleure ambiance dans la première partie du programme ! 

Pour regarder les photos de Wim Heirbaut, c'est ici

 

 

Le Peuple de l’Herbe

Si vous ne dansez pas, c'est que vous êtes mort...

Sacré meilleur groupe français live aux Victoires de la musique l'année dernière, Le Peuple de l'Herbe était de retour chez nous pour présenter son nouvel album, "PH Test/Two" (sortie le 24 juin). C'est vrai que Le Peuple, sur scène, est une furieuse machine à danser - les habitués de Dour et de l'Axion Beach 2001 s'en souviennent encore. Leur mix explosif de dub, de rap et d'électro fonctionne à merveille, avec ou sans herbe, propulsant le spectateur en orbite, mais pas géostationnaire : ici on danse, on trépigne, on s'agite dans tous les sens, du breakbeat désaccordé genre drum'n'bass aux rythmes chaloupés d'un dub-ragga bien moite. Sur scène, Le Peuple de l'Herbe met donc le feu au dance-floor, tout en ménageant parfois le public avec quelques titres plus calmes mais pas moins inspirés. Trompette, samples-platines et batterie au service d'une musique décomplexée, le groupe est soudé et s'amuse. Les nouveaux morceaux révèlent quelques surprises, comme ce "Maison en dur", sorte de bravade techno un peu fier-à-bras mais furieusement sautillante. Vous n'avez jamais vu Le Peuple de l'Herbe en live ? Pas grave : ils sont partout cet été (Klinkkende Munt, Dour, Seat Beach Rock,…). Et si vous ne dansez pas, c'est que vous êtes mort.

 

Nap Eyes

I'm bad now

Écrit par

Deux ans après avoir gravé son deuxième opus, « Thought Rock Fish Scale », ce quatuor canadien (NDR : il est issu d’Halifax, en Nouvelle-écosse) nous propose un nouvel elpee. Baptisé « I’m bad now », il est paru sur le label Jagjaguwar…

Drivé par le parolier/scientifique (il est technicien/chimiste) Nigel Chapman, le band nous y propose une musique enracinée dans les sixties, à l’instar du ‘velvetien’ « Judgment », tout en lorgnant vers un indie rock pratiqué au cours des 90’s, par des groupes comme Pavement, Wilco ou encore Neutral Milk Hotel (« I’m Bad »). Les riffs de grattes sont accrocheurs et la basse est caoutchouteuse. En outre, les textes sont à la fois soignés et profonds. Pas pour rien que son expression sonore est taxée d’‘intellect-rock’. Bien que de bonne facture, elle manque cependant d’aspérités, de fluctuation, voire de frénésie…

 

RG Lowe

Slow Time

Écrit par

Après 10 ans d’excellence instrumentale au sein de Balmorhea, Rob Lowe a ressenti le besoin de voler de ses propres ailes. Il a donc choisi le pseudo RG Lowe sous une enveloppe oscillant entre pop et r&b alternatif. Le Texan s’est envolé vers Philadelphie afin d’enregistrer ses morceaux en compagnie de Jeff Ziegler, déjà vu aux côtés de Kurt Vile ou The War on Drugs. Caractérisé par ses mélodies assez ‘catchy’, « Slow Time » laisse découvrir une voix malléable à souhait soutenue par un synthé Wurlitzer. En outre, la touche suave et le groove de l’ensemble rappellent les meilleurs moments des Wilds Beasts. A suivre…

 

Mark Ernestus + Jeri-Jeri

800% Ndagga

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Mark Ernestus est un personnage important dans l'histoire de la musique électronique allemande. D'abord, parce qu'il ouvre à Berlin en 89 le premier magasin spécialisé dans ce style : Hard Wax. Ensuite, pour le label légendaire qu'il a lancé en compagnie de son compère Moritz Von Oswald (aka Maurizio) au début des nineties : Basic Channel et toute sa constellation (Chain Reaction, Burial Trax, Imbalance...) Une structure que les deux amis ont amplement alimenté à l’aide de leurs productions personnelles sous quantité de pseudos (Cyrus, Quadrant, Rhythm & Sound, ...)

Depuis 2008, il entretient une passion dévorante pour la musique africaine. Il va d'abord remixer Tony Allen et le Konono n°1 puis compilera pour le label Honest Jons, les meilleurs morceaux d'un nouveau style né dans les townships au début du 21ème siècle : le Shangaan Electro. Sa fascination pour le Mbalax, musique basée sur les percussions particulièrement populaire au Sénégal, le mène tout naturellement dans ce pays. Il y rencontre Bakane Seck, grand maître du tambour Sabar qui le présente à d'autres éminents percussionnistes locaux dont Doudou Ndiaye Rose, légende vivante de la musique africaine, toujours alerte malgré ses 85 ans.

Très vite, Ernestus décide de se lancer dans la production de morceaux avec ses nouveaux amis sur un label qu'il crée pour l'occasion, Ndagga. Il embrigade dans le projet Jeri-Jeri quelques autres grands noms de la scène sénégalaise parmi lesquels le chanteur/guitariste Baaba Maal, la diva Mbene Diatta Seck et quelques membres du groupe de Youssou N'Dour.  Ces enregistrements auxquels ont participé une vingtaine d'intervenants ont donné naissance à deux albums : « 800% Ndagga » qui se concentre sur les morceaux vocaux et « Ndagga Versions » pour les titres purement instrumentaux.

C'est l'occasion pour un nouveau public de découvrir les polyrythmiques fascinantes du Mbalax, un style qui depuis les années 70 fusionne musiques traditionnelles et influences occidentales. Cette rencontre avec un orfèvre de la production fonctionne remarquablement. Ernestus donne une nouvelle dimension au genre et lui donne la possibilité de séduire les fans de sonorités électroniques. Intelligent et inventif, plein de groove et de complexité rythmiques, « Ndagga » est une rencontre entre le passé et le futur. Cela se danse ou cela s'écoute selon l'envie. C'est de la world music débarrassée de toute ringardise, de toute condescendance. C'est le tribut amoureux d'un sorcier de la techno germanique au continent des rythmes. Griotronic.

 

Thot

The City That Disappears (a)

Thot est un projet musical créé en 2005 par le musicien bruxellois Grégoire Fray. Il décrit sa musique comme ‘Vegetal Noise Music’ : what's in a word anyway... Je la dépeindrais comme un cross-over entre l'électro-rock industriel (Nine Inch Nails) et le prog/rock/pop (Muse, Radiohead  Porcupine Tree). "The City That Disappears" constitue le troisième elpee de Thot. Mixé par Magnus Lindberg (Cult of Luna), il a été enregistré par Grégoire Fray, qui se réserve la plupart des instruments et des machines.

"The City That Disappears" propose un mélange d'électro et de rock, sur lequel se pose la voix unique de Grégoire Fray, une voix qui rappelle celle de Matthew Bellamy (Muse). Les thèmes abordés sur cet album sont à nouveau consacrés à la dualité entre la nature et le développement humain, entre les réalités organiques et urbaines.

Ce qui frappe le plus sur cet opus, c'est son intensité, son sens de l'urgence. Tout y est tendu et on sent un besoin criant d'exprimer un ‘pathos’, que ce soit la colère, la peur ou la volupté. Le spectre musical est très large : il oscille d'un morceau calme au piano acoustique ("Keepers"), très NIN-esque, à des brûlots electro-indus bruitistes (« Rhythm.Hope.Answers », probablement leur composition la plus percutante).

"HTRZ", le premier single, commence par un chant syncopé et évolue vers un refrain puissant et une superbe partie progressive à la guitare avant l'explosion finale. Morceau instrumental « Dédale » montre la capacité de G. Fray à créer des atmosphères électro-ambient hypnotiques. "Blank Street" me fait penser à « Year Zero » de NIN. A cause des sonorités électro et des accents dystopiques. « Negative Buildings » est une autre composition ambitieuse, riche en éléments divers. "Traces" est probablement mon titre préféré, en raison de sa structure plus progressive. Il évoque clairement Anathema, surtout à la fin, quand Fray et Arielle Moens, la VJ de la bande, chantent à l'unisson. La progression est vraiment étonnante, conduisant à une déflagration finale. Le disque s’achève par "Citizen Pain", un autre single potentiel. Encore une fois, la partie instrumentale finale est impressionnante.

Dans l'ensemble, cet LP est très ambitieux et parfaitement accompli. Le seul aspect négatif vise la production. Elle manque un peu de clarté ; et en particulier dans les parties bruyantes. Si seulement G. Fray disposait d’un budget pour enregistrer dans un studio haut de gamme! Malgré cette réserve, ce disque s’avère d’excellente facture et je vous le conseille vivement. 

Album disponible en édition limitée (300 exemplaires) sur vinyle doré 12" (+ bonus track).

Version numérique sur Bandcamp ici , sur iTtunes & Spotify (entre autres services de streaming)

Video de "HTRZ" : http://vimeo.com/89105609

Video de "Keepers" : http://vimeo.com/98621949

Line up:

Sur scène Grégoire Fray est soutenu par Gil de Chevigné (batterie, electronics), Hugues Peeters (piano, claviers), Dimitri Iannello (basse, claviers) et Arielle Moens (VJ, voix).

 

Urge Overkill

Exit the dragon

Urge Overkill adore les seventies. Et en particulier les Raspberries, Todd Rundgren, Steppenwolf, T. Rex, Kiss, Cheap Trick, AC/DC et le power pop yankee. Et ils réverbèrent ces échos du passé dans leur musique. Suite logique de "Saturation", "Exit the dragon" implique quatorze fragments aux lyrics capricieux, décapants. Quatorze chansons triturées avec une élégance raffinée et une efficacité fascinante. Le son est effilé, les riffs de guitare jaillissants, saignants, pétillants. Les mélodies contagieuses, menaçantes. Tantôt glamourisées avec le clinquant de T. Rex ("Jaywalkin") voire de Sweet ("And you'll say"). Parfumées de rhythm’n’blues rollingstonien (« Exile on Main Street » ?) sur "Honesty File". Mod au goût Kinks chez "Somebody else's body" et agressivement urbaines pour "The Break" (Blue Cheer). Mais des compositions revues et corrigées par la technologie moderne. Ce qui explique sans doute la qualité et la richesse du son dispensé sur cet "Exit the Dragon". Un elpee ponctué par un inévitable slow languissant, lascif, de près de neuf minutes...

 

Artús

Artús

Écrit par

Début 2011, le premier elpee de Familha Artús, « Drac », m’avait complètement bluffé. Ce qui lui avait sans doute valu de sortir sur le célèbre label alternatif du Folklore de la zone mondiale (lancé par les Bérurier Noir). La chronique de cette bombe du pays basque est toujours disponible ici.

Rebaptisé plus sobrement Artùs, le collectif a entre-temps créé sa propre boîte, Pagans. Une écurie, qui se définit comme une plateforme commune pour les groupes, ouverte à la musique improvisée en téléchargement libre et propice à des laboratoires singuliers de rencontres éphémères.

Eponyme, ce nouvel opus constitue le résultat d’un long cheminement où chaque musicien a composé deux morceaux. Quant aux lyrics, ils sont issus de l’œuvre « Cantaplora » de Bernard Manciet, écrits entre 1961 et 1964. Robert Cahuzac était cependant intervenu au préalable, afin de récupérer les textes. Des textes chantés en occitan de Gascogne, mais traduits en français au sein du booklet.

Résultat des courses ? Et bien, on est entraîné au cœur d’un véritable voyage musical à travers les superbes paysages vallonnés et verdoyants des Landes. Entre ciel, mer et terre. Réalisé grâce à un savant dosage entre électro et instruments traditionnels comme la cornemuse, la guitare baryton ou encore le tambourin béarnais. Et lorsque des chants viennent parfois s’y poser, c’est de façon inattendue. Tantôt comme criés du haut d’une colline, tantôt chuchotés dans le creux de l’oreille, voire sous une forme tribale.

Bref, onze titres à écouter en manifestant une ouverture d’esprit aussi profonde que les forêts landaises. Mais susceptibles de procurer leur lot de surprises et de sensations fortes.

 

Chelsea Grin

Evolve (Ep)

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Le problème des genres ‘à la mode’, c’est qu’ils vieillissent très vite, et très mal. Si « Evolve » était paru il y a dix ans, on aurait peut-être pu sauver quelque chose de cet Ep. Malheureusement, une décennie plus tard, le style est usé jusqu’à la corde, et les porte-parole ont soit disparu, soit retourné leur veste et sont partis rejoindre les hordes du mouvement suivant, dans le vent évidemment ; post-machin, djent, ou que sais-je quoi encore. On peut au moins reconnaître à Chelsea Grin une certaine intégrité, puisque « Evolve » se contente de distiller les clichés purs et durs du deathcore, sans tenter de renouveler le genre, se contentant d’en aligner les clichés les plus horripilants. Vocaux growlés/hurlés en alternance, grattes sous-accordées qui répètent inlassablement le même riff téléphoné, batterie triggée à l’extrême et double grosse caisse calée sur les impacts de guitare. Rien ne manque ! Tout au plus vient s’ajouter une pseudo complexité dans des riffs certes bourrés de notes, mais à la créativité inexistante et sans âme. Quant aux tentatives de chant clair, elles sont automatiquement disqualifiées par l’utilisation de l’auto-tune, effet que les métalleux devraient définitivement laisser à Kanye West. Bref, pas grand-chose à tirer de cet Ep calamiteux, qui n’a pour mérite que sa courte durée, histoire d’avoir mal moins longtemps.

 

Varnaline

Sweet life

Pour enregistrer son nouvel album, Varnaline a bénéficié du concours de John Agnello (Dinosau Jr, Cell), à la production. Une œuvre qui surprend par son éclectisme rafraîchissant. On est d’ailleurs loin ici des visions atmosphériques développées sur " Man of Sin ", même si les vertus mélancoliques des mélodies ont été préservées. Des dispositions naturelles accentuées par le vocal clair, falsetto, parfois même 'barclayjamesharvestien' d’Ander Parker. Si les compositions de " Sweet life " reposent sur une texture basiquement folk/country/blues, développées, elles atteignent une nouvelle dimension. Plus garage, comme sur le très " Paisley undergound " " Now you’re dirt " (Dream Syndicate ?) ou le ténébreux " While you were sleeping " (American Music Club ?). Tout en exerçant une fascination urbaine, réminiscente des Triffids sur " Nothern lights ". New wave également. A cause des claviers minimalistes post Eyeless In Gaza chez " Tonite ", et puis du recours à la power pop ondoyante (XTC ?) sur " Fuck and fight ". Avec en final, pour titre maître, une symphonie opulente, peuplée de percussions et enrichie d’une section à cordes, efficace dans le sens le plus classique du terme…