L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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The Vaccines adeptes du sport de combat…

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« Combat sport », c’est le titre du nouvel elpee des Vaccines qui sortira ce 30 mars 2018. Ce sera leur quatrième. Le dernier, « English graffiti », remonte à 2015. Le groupe assurera la première partie de la tournée européenne de Franz Ferdinand et tout particulièrement ce 28 février à Forest National. Single, « I can’t quit » est déjà disponible et est en écoute ici

Tracklist

Put It On a T-Shirt
I Can’t Quit
Your Love Is My Favourite Band
Surfing in the Sky
Maybe (Luck of the Draw)
Young American
Nightclub
Out On The Street
Take It Easy
Someone To Lose
Rolling Stones

http://www.thevaccines.com/

 

 

Benjamin Schoos en nocturne…

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« All Night Every Night », c’est le titre du nouveau single de Benjamin Schoos. Enregistré entre Liège et Los Angeles, All Night Every Night est le fruit d’une nouvelle et récente collaboration avec le songwriter américain Dent May, signé sur le label d’Animal Collective. Benjamin y assure toute l’instrumentation, alors que c’est Dent May qui se consacre au chant. Ce single prélude la sortie d’un nouvel opus chanté en anglais, ce que le Liégeois n’avait plus fait depuis 2003. 

L'artiste se produira en concert au Reflektor ce 22 février 2018. Il partagera l’affiche avec Stef Kamil Carlens (Zita Swoon). Dent May sera prochainement en tournée européenne et Benjamin sera son invité à L’Olympic Café, à Paris, le 7 mars.

Pour écouter « All Night Every Night”, c’est ici

 


 

 

Une suite de clips pour Juicy…

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Juicy, le duo belge réunissant Julie Rens et Sasha Vovk, devenu notoire pour ses concerts délirants au cours desquels ils reprennent des titres RnB des années 90/00, publieront ce 23 mars, un Ep baptisé « Cast a spell » ; et chaque titre sera doublé d’un clip d’animation.

Intitulé « Count our fingers twice », la première vidéo nous plonge au sein d’une forêt mystérieuse peuplée de gigantesques arbres et plantes sexués. Le tandem a bénéficié du concours du talentueux animateur Jan Schmicker, pour réaliser ce premier épisode. Et Gogolplex, Exonatif, Jan Schmiker, Lia Bertels ainsi que Romain Ferrand devraient se charger des suivants. C’est sous la forme d’épisodes que Juicy va nous entraîner au cœur d’univers plus loufoques les uns que les autres.

Le premier clip est à découvrir ici

 

 

 

Protomartyr

Relatives in descent

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Mis en forme par le Sonny DiPerri (Avey Tare, Dirty Projectors), « Relatives in descent » constitue le quatrième album de Protomartyr. Un quatuor issu de Detroit dont le post punk est enrichi de textes littéraires qui traduisent leur malaise face au monde et à son avenir (l'immensité de la civilisation moderne et les questions qui nous affligent telles que la pauvreté, la politique ou la procréation), et que chante ou surtout déclame, Joe Casey, à la manière de Mark E. Smith, Ian Curtis, Nick Cave voire Simon Huw Jones (And Also The Trees), même si sa voix emprunte parfois les inflexions à Hugh Cornwell (« Male plague »). Protomartyr puise manifestement ses références chez The Fall, Sonic Youth, Joy Division et même les Stranglers. Sa musique est sombre, sinueuse, allusive, dense, très électrique et parfois vertigineuse. Les drums sont particulièrement amples et complexes et les cordes de guitares tranchantes, grinçantes, incandescentes, torturées, spasmodiques, explosives ou grésillantes. Caoutchouteuse, la basse gronde, pulse. Un album incontournable de l’année 2017 !

 

Amy Oelsner

Elastic

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Amy Oelsner, alias Amy O, est américaine. Et plus précisément originaire de Bloomington, dans l’Indiana. Au départ, elle faisait cavalière seule, mais au fil du temps, elle s’est entourée de musiciens, pour finalement driver un véritable groupe, dont elle assure, bien sûr, le leadership.

« Elastic » constitue son second album (mais le premier enregistré dans un véritable studio). Il fait suite à un premier paru en 2016 et intitulé « Arrow ». Elle nous y propose douze plages énergiques, sculptées dans un indie rock sans grande prétention, mais agréables à l’écoute, qui ne marqueront cependant pas l’histoire du rock de leur empreinte. Paradoxal, si certains thèmes de ses compos sont plutôt douloureux, comme celui de la mort d’amis proches, les mélodies paraissent particulièrement légères. Mais néanmoins efficaces, à l’instar de « Cherry Blossom » ou encore « Soft Skin ». Dominées par les guitares et la voix d’Amy O, les titres sont quelquefois soulignés par des chœurs ou soutenus par une ligne de clavier…

 

Gary Numan

Savage (Songs from a broken world)

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« Savage » constitue le 21ème opus de Gary Numan en 40 ans de carrière, une sorte de concept album qui s’inspire de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord climatique de Paris. Une œuvre au cours de laquelle, Numan imagine un monde post apocalyptique, consécutif au réchauffement de la planète. Il narre donc ces dangers comme une fiction dystopienne. Faut dire qu’au fil du temps, les disques du Londonien sont devenus de plus en plus sombres et menaçants.

Les 10 plages de cet LP tiennent parfaitement la route. S’ouvrant par le lugubre « Ghost nation » et s’achevant par l’épique « Broken », il puise ses sources à la fois dans l’électro, la pop et l’indus. Que ce soit le funk futuriste « My name is ruin », l’atmosphérique « An it all began with you », le goth disco « When the world comes apart », le minimaliste (IAMX ?) « Mercy », le majestueux « What god intended » ou le martial « Pray for the pain you serve ». Régulièrement, les synthés se teintent de sonorités arabisantes ; et des choeurs célestes, féminins viennent parfois soutenir l’ensemble. Quant à la voix de Gary, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Dave Gahan (Depeche Mode).

 

Exit Index

Grooms

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Travis Johnson est le chanteur/guitariste d’Exit Index. Le leader également. Il est le copropriétaire d’une boîte à Brooklyn, le Death by Audio Effects, depuis 2008, où on y fabrique des pédales de distorsion, en quantité limitée. Et il en a confectionné une neuve, au vibrato bien spécifique, avant d’enregistrer cet elpee. Le cinquième du trio. Le dernier disque enregistré au studio Magic Shop, avant qu’il ne ferme boutique.

Intitulé « Grooms », cet opus est découpé en 10 pistes qui baignent au sein d’une forme de dream pop atmosphérique, mélancolique, aventureuse, proche du shoegazing, mais déchirée entre climats sombres ou lumineux. Des plages élégantes, raffinées, éthérées qui réalisent pour la plupart, la fusion parfaite entre synthés et sonorités de guitare. Et comme les harmonies vocales sont vaporeuses, diaphanes, voire spectrales, on ne peut s’empêcher de penser à un Connan Mockasin, mais en plus dynamique.

On épinglera cependant le morceau d’entrée, « The directory », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse, le plus noisy « Some fantasy », et puis surtout la finale, « Thimble », une compo plus complexe, légèrement cuivrée, sorte d’expérience sensorielle psychédélique, colorée de cordes de gratte tintinnabulantes, abordée dans l’esprit de Kevin Ayers circa « Whatevershebringswesing »… Un chouette album !

 

Excellente Attitude

Bienséance, étiquette et galanterie

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Excellente Attitude est un duo récemment formé, réunissant deux Mouscronnois exilés dans la capitale. Le tandem a décidé, depuis quelques mois, de répandre une énergie positive et communicative sur la capitale européenne. Un état d’esprit que traduit parfaitement son premier Ep, baptisé « Bienséance, étiquette et galanterie ».

Derrière ce doux patronyme se cache un projet aussi basique qu'efficace. Exit les guitares et autres claviers, Excellente Attitude a décidé de se limiter à la basse et la batterie, l’expression sonore autorisant, épisodiquement, quelques effusions vocales naviguant entre le chant et la déclamation. Difficile donc d'épurer davantage...

Malgré cet apparent minimalisme, les 5 plages de cet Ep gardent constamment l’esprit du mélomane en éveil. L’accroche est permanente. Outre les frappes lourdes et métronomiques du drummer, la ligne de basse dicte la marche du morceau tout en assurant la mélodie. Le duo ne privilégie donc pas la débauche d'énergie au détriment de la subtilité, comme de nombreuses autres paires. Il parvient à agréger ces deux composantes essentielles.

Bref, la musique d’Excellente Attitude évolue au sein d’un univers proche du combo français,

Gâtechien, puisant probablement son influence majeure chez Fugazi. IL y en a d’autre, mais on vous laisse le soin de les déceler… 

N'hésitez donc pas à prendre une bonne dose d'ondes positives, lors des concerts accordés par Excellente Attitude. Quand ? Le 8 mars au Rock Classic Bar et le 24 juin au Magasin 4…

 

Calexico

The thread that keeps us

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Le 9ème opus de Calexico a été enregistré au Nord de la Californie, au Panoramic House, une maison aménagée en studio baptisée ‘The phantom ship’ (Trad : le bateau fantôme), sous la houlette du fidèle Craig Schumacher. Et dans le but de promotionner cet album, Joey Burns et Jon Convertino ont accordé une interview à Musiczine (à lire ici). Penchons nous dès lors sur le contenu.

Le disque s’ouvre par l’excellent « End of the world with you », une piste qui aurait pu figurer au répertoire de Wilco et s’achève par « Music box », une chanson d’amour destinée à ses enfants afin de préserver les rêves dans une réalité troublée…

Bien électrique, « Voices in the field » est très typique du son Calexico. Caractérisé par ses riffs plaqués, « Bridge to nowhere » change de rythme entre couplet et refrain. Imprimé sur une boîte à rythme, « Under the wheels » adopte un tempo reggae, une plage dansante enrichie de cuivres. Des cuivres qu’on retrouve discrètement sur la ballade mid tempo « The town and Miss Lorraine ». Toutjours dansant, mais bien latino (NDR : ces cuivres !), « Flores y tamales » est interprété dans la langue de Cervantès. Tapissé par un orgue vintage, le complexe « Another space » emprunte le rythme réminisent du « Juke Box Baby » de Suicide avant de dériver dans le free jazz, les cuivres partant à l’aventure, un peu comme dans la musique de Miles Davis. « Unconditionnal waltz » est une valse, comme son titre le précise. « Girl in the forest » constitue une fable qui se dresse contre la déforestation. L’empreinte écologique est d’ailleurs le thème majeur de cet opus. La voix de Joey est aussi emphatique que celle de Richard Ashcroft sur « Eyes wide awake », alors que les guitares gémissent comme chez les Pixies. Elle devient même caverneuse sur le plus rock « Dead in the water ». Deux instrumentaux. D’abord le psyché visionnaire « Spinball ». Puis « Shortboard », où il n’y manque que la voix de… Jim Morrison…

A consommer sans modération !

 

Wavves

You’re welcome

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Sixième album pour Wavves, formation californienne (NDR: issue de San Diego, très exactement), dont le garage/pop sent bon le soleil, la plage et son sable chaud ainsi que le skate…

En 2010, « King Of The Beach avait marqué les esprits en proposant une musique qui aurait pu naître de la rencontre entre Green Day circa « Dookie » et le 13th Floor Elevator, soit entre le pop/punk et le psychédélisme le plus acide. Dans la foulée, le combo avait signé chez un major, pour qui il a publié deux albums peu inspirés. Il a donc décidé de revenir sur un label indépendant afin de retrouver sa muse. Sur lequel il a donc sorti ce « You’re Welcome », un disque de pop/punk/garage/surf assez agréable à l’écoute, mais pas vraiment révolutionnaire. Le spectre de Weezer est toujours bien présent, mais même les plages enlevées ne sont pas vraiment incendiaires. Les mélodies sont contagieuses, les harmonies vocales soignées et s’aventurent parfois dans le doo wop, le candide ou le burlesque. On a même droit à un morceau imprimé en 4/4, comme chez les Ramones (« Hollowed out »), alors qu’en finale, « I love you » adresse un clin d’œil plus qu’appuyé à feu John Lennon, la voix de Williams trempant alors dans la reverb. Un album bienvenu, mais pas la peine d’en faire des vagues…

 

Wolfgang Flür

Conny Plank, le producteur de Kraftwerk, a été aussi important que George Martin, celui des Beatles…

Wolfgang Flür est un des membres légendaires de Kraftwerk, groupe allemand considéré comme pionnier et créateur de la musique électronique. Flür a été le batteur de la formation emblématique, de 1973 à 1987, soit pendant l'âge d'or des génies teutons.

Avant d'entamer l'interview, une petite piqûre de rappel s'impose. Florian Schneider et Ralf Hütter fondent Kraftwerk (traduction : centrale électrique) en 1969, à Düsseldorf. Entre '71 et '73, ils gravent « Kraftwerk », « Kraftwerk 2 » et « Ralf und Florian », des elpees qui proposent une musique avant-gardiste, une forme de krautrock classique, organique, alimentée par des batteries, guitares, etc. Ces long playings rencontrent un succès plutôt mitigé. Militant à cette époque au sein du line up, Michael Rother et Klaus Dinger abandonnent le navire et partent créer Neu !, une autre formation importante dans la genèse de la musique wave, mais face punk et post-punk.

En 1973, poussé par leur producteur, Konrad ‘Conny’ Plank, Kraftwerk se concentre sur la musique électronique basée sur les synthétiseurs et enregistre « Autobahn », le premier morceau 100% electro-pop de l'histoire musicale contemporaine. Le single devient un énorme hit aux Etats-Unis et le duo recrute un batteur/percussionniste, Wolfgang Flür. C'est lui qui développe le premier drum-pad électronique, une invention 100% originale. Le trio part ensuite en tournée, aux States.

Grâce à l'argent d'« Autobahn », Kraftwerk monte ensuite son propre studio, le Kling Klang, laisse tomber Conny Plank et enregistre « Radio-activity », un LP et un 45trs qui font un véritable tabac. Ils permettent au groupe d’acquérir une notoriété certaine à travers toute l'Europe, consacrant ainsi le style dark electro-pop qui sera la source de la new wave popularisée par Depeche Mode, Ultravox, Human League, Gary Numan et plus tard également de la house et de la techno.

Le groupe recrute ensuite un 4ème musicien, Karl Bartos, et publie « Trans-Europa Express » en 1977 et « The Man-Machine » en 1978. En 1981, la nouvelle étape passe par « Computerworld ». Issu de cet opus, le simple « Computer Love » entrera dans l'histoire pour deux raisons : d'abord parce que le riff au synthé a été réutilisé par Coldplay dans son hit « Talk ». Ensuite, car la face 'B', « The Model », se transforme en tube, dès 1982. Cinq ans plus tard, lassé par le despotisme de Hütter et Schneider, Flür quitte le groupe après les sessions de l'album « Electro-City ».

L’album suivant, « The Mix », paru en 1991, compile les hits du band remixés dans le style electro-dance de l'époque. Il faut attendre 2003 pour que Kraftwerk sorte un nouvel LP, « Tour de France Soundtracks », une œuvre qui trahit la nouvelle grande passion de Hütter et de Schneider : le cyclisme. Aujourd'hui, Kraftwerk ne compte plus qu'un membre original, Ralph Hütter, et se concentre surtout sur les concerts ainsi que les performances visuelles et artistiques.

Quant à Wolgang Flür, après 10 ans de divorce avec la musique, il a fondé Yamo dans les années '90, un projet solo qui s’appuyait sur ses compositions personnelle et des collaborations musicales. Aujourd'hui, il se produit sous son propre nom et a gravé « Eloquence », en 2015, un disque au cours duquel il en revient aux fondements de l’electronic-pop d’un Kraftwerk mais en l’élargissant à l'EBM, la house ou la techno, suite à différentes coopérations. « I Was A Robot » est même devenu un hit alternatif (NDR : il a également choisi ce titre pour son livre qu’on vous conseille vivement)…

Wolfgang Flür nous a gentiment consacré plus de 30 minutes d’entretien, lors du festival Winterfest, à Gand. Entrons donc dans le vif du sujet… 

Kraftwerk a évolué d’un krautrock acoustique et organique vers un genre 100% électronique qui l'a rendu célèbre. Est-il exact que Conny Plank, le producteur, a joué un rôle majeur dans ce processus ?

C'est exact. Ralph et Florian travaillaient déjà en sa compagnie avant que je ne les rejoigne. Plank était ingénieur du son pour les groupes américains qui venaient se produire en Allemagne pour les forces armées. J'ai eu l'occasion de parler longuement avec lui et sa femme Christa, y compris après l'aventure Kraftwerk et j'ai appris des choses que je ne savais pas parce que Ralf et Florian ne parlaient jamais ni de Conny Plank ni de son influence. En fait, Plank avait construit son studio dans une ferme en pleine campagne, dans les bois, non loin de Düsseldorf, un très bel endroit, et ses premières productions sont celles de Kraftwerk, et tout particulièrement « Autobahn ». C'est à ce moment-là que j'ai intégré le band et développé un drum-pad électronique en utilisant une petite boîte à rythmes, une drum box automatique incluant des presets valse, bossa nova etc. Kraftwerk ne disposait pas de batteur, parce qu’à l'époque les batteurs jouaient trop fort et trop rock ; en outre, Conny Plank voulait absolument éviter ce côté rock made in USA. Les Américains avaient l'habitude de se moquer des Allemands qui utilisaient des instruments rock et dénigraient cette musique en la qualifiant de ‘krautrock’, de rock ‘choucroute’. Donc, Plank prévenait : ‘Ne jouez pas du rock. Vous ne pourrez jamais égaler les Américains dans cet exercice. Faites votre propre truc.’ Il a donc incité Kraftwerk à réaliser « Autobahn », « Morgenspaziergang », etc. Il a aussi plaidé pour le recours au chant, car auparavant, la musique du groupe était uniquement instrumentale. Et il a insisté pour qu’il soit en allemand plutôt qu'en anglais. Quand j'ai rejoint Kraftwerk, mon jeu minimaliste correspondait parfaitement à ce nouveau style. Un an plus tard, Ralph et Florian ont engagé un autre percussionniste, Karl Bartos, ce qui a donné naissance au quatuor Kraftwerk 'classique'.

Conny Plank a-t-il également influencé l’approche mélodique de Kraftwerk ?

Non, pas au niveau des mélodies mais bien des sons. Plank les proposait pour « Autobahn », notamment en se servant du synthé Moog. Ils imitaient les bruits de l'autoroute, comme celle d’un camion qui passe. Il enregistrait tout sur bande et c'était un peu comme du sampling avant la lettre. Ralf et Florian sélectionnaient les sons et les inséraient dans la composition. C'est alors que j'ai compris le rôle de Plank dans la création de ce premier hit. Dans sa maison, Conny Plank possédait plusieurs disques d'or, remportés pour les productions qu'il avait réalisées. Dans l'histoire, il a été aussi important que Georges Martin, le producteur des Beatles.

Pourtant, Kraftwerk n'a pas continué à travailler avec lui après « Autobahn »...

Ralph et Florian se sont séparés de Conny Plank après « Autobahn » et ils n'ont jamais reconnu ouvertement son importance. Pour « Autobahn », qui a décroché un hit aux USA, il a reçu 5 000 DM ; une somme ridicule. Il n'avait pas signé de contrat ; c'était juste un accord tacite. Et sur le disque, ne figure que la mention : 'Enregistré dans le studio de Conny Plank'. Son travail de production n'était même pas reconnu. Ce mauvais traitement a rendu Conny Plank littéralement malade. C'est ainsi que j'ai découvert la véritable personnalité de Ralph et Florian ; ce qui m’a fortement attristé.

Kraftwerk a-t-il été influencé par Tangerine Dream ? On pourrait le penser vu que les deux formations ont commencé à peu près en même temps à se lancer dans la musique électronique.

Non, je ne crois pas. Nous avons assisté au fameux concert de Tangerine Dream, diffusé par la chaîne WDR. Leur musique était très différente. Ce n’était pas de la pop music, mais plutôt des soundscapes, des B.O. pour films. Perso, je préfère la musique pop qui tient compte de la structure classique couplet/refrain.

Pourquoi « The Model » est-il devenu numéro un en Angleterre ?

Le titre est paru originalement en 1978 sur « Man-Machine ». Plus tard, en 1981, pour promouvoir « Computer World », Kraftwerk a publié la plage titulaire en ‘simple’ et la compagnie de disque a ajouté « The Model » en face B, quasi par hasard. Et c'est cette ‘flip side’ qui est devenue un énorme hit en 1982, pour finalement culminer au sommet des charts anglais. Le thème de « Computer World » n'était pas destiné aux masses, « The Model » bien. En gros, les paroles disaient : ‘Elle est mannequin et elle est jolie et je veux l'avoir’. C'était presque de la musique ‘Schlager’ (NDR : un terme qui désigne la musique allemande populaire de variétés).

Par contre, « Radio-activity » a surtout marché en France. Pour quelle raison ?

J'ai une théorie pour ce phénomène : c'est parce que la chanson est très mélancolique. Au début, le thème n'était pas la radioactivité mais bien l'activité à la radio, le fait que la musique de Kraftwerk était largement diffusée sur les ondes, aux Etats-Unis. Même dans les coins les plus reculés, les réserves indiennes, les stations passaient « Autobahn ». La musique de « Radio-activity » était très semblable à la chanson française, celle de Charles Aznavour ou de Gilbert Bécaud, qui se distingue par sa mélancolie romantique. Et dans « Radio-activity », cette mélancolie est créée, entre autres, par le Vako Orchestron. Acheté aux USA, ce synthé fonctionnait à l’aide de disques de cellophane et était capable de reproduire des samples de violons, d'orgues, des choeurs de voix humaines, etc. C'était le successeur du célèbre Mellotron. Le Mellotron utilisait des bandes dont le temps d’action était limité. Le Vako Orchestron, par contre, exécutait les sonorités en loop de façon illimitée. Kraftwerk a exploité cet instrument pour les voix humaines, ce qui a communiqué un ton très mélancolique à « Radio-activity ». En outre, la manière dont Ralph Hütter chantait, sans émotion, comme un robot, accentuait le côté triste de l'ensemble.

Cette mélancolie émane sans doute aussi de la musique classique française : Debussy, Ravel, caractérisés par des harmonies en accords mineurs. 

Bien sûr ! La chanson française aborde souvent des thèmes relatifs aux amours déçus ou perdus. Comme dans la chanson « Nathalie... » de Gilbert Becaud. « Radio-activity » baigne dans ce même climat...

L'interview audio est disponible via le podcast de l'émission WAVES (Radio Vibration) ici. 

Remerciements : Wolfgang Flür, Winterfest Radio Vibration, WAVES & Musiczine.net

Photo: Wolfgang Wiggers

Winterfest 2018 : samedi 20 janvier

Débuts prometteurs pour le Winterfest !

Tout était parfait, sauf l'endroit. Et la météo... L'expression est lapidaire, mais elle résume bien l’impression laissée à l'issue du festival. Petit frère hivernal du plus notoire W-Festival, le Winterfest fêtait ses débuts samedi dernier, au Kompass, à Gand. Située dans un complexe industriel abandonné, cette salle accueille en général des soirées techno. Elle pourrait bien servir de cadre à un festival 'dark', un peu dans l’esprit du Rockerill ou des E-Werke en Allemagne mais ici, rien n'a été aménagé. L'eau filtre à travers les plafonds et il fait très froid, sauf dans la ‘petite’ salle, où une soufflerie a été installée.

Malgré ces conditions difficiles, le festival nous a offert un spectacle remarquable. Non moins de 17 formations se sont succédé sur les deux scènes à un rythme effréné. Soulignons ici la programmation, très bien étudiée. Des formations 'classiques', actives depuis les années 80, ont côtoyé des groupes plus récents qui ont pris le relais et prouvent que la scène 'wave' est bel et bien vivace aujourd'hui!

En raison d'embouteillages sur le ring de Bruxelles (salon de l'auto oblige!), il n’a pas été possible d’assister aux prestations de Herrnia, Mildreda, The Hermetic Electric et She Pleasures Herself. Originaire du Portugal, She Pleasures Herself est une des rares formations étrangères à l’affiche, l'essentiel du line-up proposant des artistes belges.

Quand on débarque sur les lieux, le set de Doganov tire à sa fin. On entend au lointain une adaptation du « Headhunter » de Front 242, dans un style hybride new-wave/metal assez intéressant. Un bon début !

Echo West est la première (belle) découverte de la journée. Originaire de Dortmund, le combo pratique une electro-darkwave élégante, dominée par les sons synthétiques. La voix de Dirk T. Klein (NDR : il milite également chez Intensive Care Unit et Silent Signals) est envoûtante. Il est soutenu par un percussionniste et un claviériste. Le band va livrer une prestation remarquable, rehaussée par des vidéos gothiques à souhait.

Dans la grande salle, l'Anversois Gerry Vergult présente son nouveau projet, créé suite à la dissolution d'Aroma Di Amore. Zool surprend par son style hors contexte, plus orienté post-rock, mélangeant synthés et guitares. A découvrir !

hordA peine le temps de déguster un vin blanc et cap vers la seconde salle pour retrouver, avec grand plaisir, H ø r d. Le Bordelais, Sébastien pour les amis, est un des meilleurs représentants de la vague synthwave française; mais il va bien plus loin en y intégrant des éléments techno, psyché et synthpop. Nappes de synthés cristallins, voix éthérées et mélancoliques, sans oublier les vidéos oniriques : on semble vivre au cœur d’un rêve éveillé, bien trop court, malheureusement. Les deux groupes suivants, Your Life On Hold et Ground Nero, ont certainement dû ravir les aficionados de rock gothique, mais il faut bien faire une petite pause de temps en temps…

LuminanceA 18h30, retour dans la grande salle pour Luminance, le projet de David-Alexandre (DA), notre ami français basé à Bruxelles. Multi-instrumentiste surdoué, il a explosé sur la scène 'dark' en proposant une musique crossover unique, entre synthpop, darkwave et ambient. D’entrée de jeu, DA nous gratifie de deux superbes inédits, le hit potentiel « What They See » et « Great Sinister with Silent Nails ». Tous deux figureront sur un album 'split', à paraître bientôt. Pour compléter la setlist, on aura encore droit à trois extraits de l'excellent elpee « Sans Visage », l'hallucinant « Martyr » et deux titres plus anciens, « Walk » et « Seeds ». Un set très réussi ! Dommage que le concert programmé dans la salle 2 ait commencé trop tôt, provoquant un déplacement prématuré du public.

Il est vrai que la prestation d'Enzo Kreft est, elle aussi, très attendue. Ce musicien malinois a fait sensation ces derniers mois en sortant une compilation de titres datant de 1983-84 et pas moins de deux albums de nouvelles compos : « Turning Point » et « Wasteland ». Essai transformé en 'live' grâce à un set intense et énergique.

Le marathon musical se poursuit, et en beauté, par The Breath of Life, probablement le meilleur groupe de rock gothique / darkwave, en Belgique. Actif depuis 1990, il compte à son actif quelque neuf LP. Un exemple de constance dans la qualité. Boostés par la superbe voix lyrique d'Isabelle Dekeyser, les musiciens wallons nous ont, une fois de plus, émerveillés. Envolées vocales, volutes de violon, riffs de guitare : tout concourt à créer une ambiance unique, particulièrement palpable dans les titres du nouvel opus et, bien sûr, tout au long de leur hit intemporel « Nasty Cloud », toujours aussi impressionnant, 23 ans après sa sortie. Magnifique !

Les voix restent féminines et pour notre plus grand bonheur, car c'est Simi Nah qui prend le relais dans la deuxième salle. Cette Française établie à Ostende figure également parmi nos chouchous. Flanquée de son 'partner in crime', Kenny 'KGB', elle pratique une dark synthpop teintée d'éléments EBM et d'influences françaises, Mylène Farmer en tête. Au Winterfest, le duo a livré une prestation parfaite et particulièrement émouvante. Les proches de Simi redoutent qu’elle mette fin à sa carrière cette année et se retire dans son pays natal. Il plane donc une certaine gravité sur le podium. Par moments, Simi affiche un regard quelque peu mélancolique, perdu dans les spotlights. Espérons que son prochain opus, annoncé comme le dernier, sera couronné de succès et qu'elle reviendra sur sa décision ; car franchement, on souhaite qu'elle continue ! Non moins de quatre nouveaux titres figuraient sur la setlist, dont deux inédits : « Le Chant des Loups » et « Morte et Moi ». « Chacun Pour Soi », quant à lui, est bien parti pour devenir un 'club killer'! Superbe show !

A 21h30, c'est au tour de TB Frank de grimper sur le podium dans la grande salle. Moitié du groupe belge (malheureusement disparu) Neon Judgement, le chanteur et guitariste flamand vient présenter son tout nouvel album, « Tock ! », réalisé en collaboration avec Baustein, un musicien allemand maintenant basé au Limbourg. Le côté new-wave électronique des années 80 est bien sûr toujours présent, mais l’expression sonore se nourrit également de country/folk, de rock et de reggae. On pense, tout à tour, à Johnny Cash, P.I.L., King Dude, Talking Heads ou The Prodigy. Pour satisfaire les fans, TB Frank interprètera deux titres de Neon Judgement issus de sa plume, « Fashion Party » et « Chinese Black ».

W. FlurRetour dans la deuxième salle pour découvrir une véritable légende vivante : Wolfgang Flür. Ce musicien allemand a fait partie de Kraftwerk de 1973 à 1987, soit la période dorée des pionniers de la musique électronique. Percussionniste à l'origine, c'est lui qui a développé les batteries électroniques de la formation teutonne. Après son départ, il a développé une carrière solo, concrétisée, entre autres, par l'album « Eloquence ». Sur le podium, Herr Flür est planté derrière ses 2 ordinateurs Mac et nous réserve d'excellents 'reworks' de titres de Kraftwerk, tels que « Home Computer », « Neon Lights » ou « Pocket Calculator ».

W. FlürMais également des compositions plus personnelles, pour lesquelles il a reçu le concours de différents musiciens, dont Bon Harris, le leader de Nitzer Ebb. Le show s'apparente davantage à un DJ set, agrémenté de vidéos basées sur des photos de l'époque Kraftwerk et des films plus récents. Le public est conquis par ce ‘Flürilège’ de hits électros. Un joli moment ! Musiczine publiera sous peu l'interview de Wolfgang Flür, réalisée après le concert.

Pour clôturer ce festival en beauté, The Alarm va électriser les planches de la grande salle. Considérés comme les petits frères de U2, les Gallois n'ont jamais réussi à se forger un succès comparable. Et de loin ! On se souvient du concert que le combo avait accordé en supporting act de U2, à Forest National, en 1984, et qui avait affolé les sismographes. Mais ce qui avait provoqué de terribles vibrations, ce n'était pas le set de U2, mais bien, selon nous, la basse synthé Moog Taurus de The Alarm. Ici, au Winterfest, le cadre est plus minimaliste ; ce qui n’a pas empêché le chanteur, Mike Peters, seul membre original, et ses musiciens, de mettre une très bonne ambiance grâce, entre autres, aux hits « The Stand » et « Blaze of Glory ».

winterfestAu moment de quitter les lieux, on ne peut que féliciter l'équipe du festival, Erik De Ridder, Tineke Bultinck, Franky Jodts et Pascal Vanovertveldt. Comme nous l'a confié Erik, la prochaine édition se déroulera au sein d’une salle plus appropriée et dans ces conditions, le succès devrait être au rendez-vous. En attendant, rendez-vous est pris du 16 au 19 août à Amougies, pour un W-Festival qui s'annonce d'ores et déjà légendaire.

 

Pour regarder les photos de Felicie Novy, c'est ici

Nouvel album de Soft Riot, « The Outsider In The Mirrors »

« Soft Riot », qu'on peut traduire par « douce émeute » (un joli oxymore), est le projet du musicien JJD, Canadien de naissance, ex-résident de Londres et de Sheffield, maintenant basé à Glasgow. A son actif, il a plus de vingt ans passés à jouer dans divers groupes post-punk et synth-punk. Il y a 10 ans, il a créé Soft Riot, avec lequel il produit une musique inclassable, une sorte de new-wave pop électronique mutante, une synth-pop bizarroïde, mélangée à des éléments funk, prog, italo-disco et postpunk.

Le nouvel LP de Soft Riot, le 6e, s'intitule « The Outsider In The Mirrors » et paraît sur Possession Records, le label fondé par JJD avec Claudia Nova (l'excellente Hausfrau) et Andy Brown (Ubre Blanca).

« The Outsider ... » est un prolongement des éléments stylistiques que Soft Riot a appliqués dans le passé. On retrouve l'énergie maniaque typique de Soft Riot dans la chanson «Waiting For Something Terrible to Happen», une dynamique contagieuse dans «The Eyes On The Walls» et les sons de synthés pulsés et élégiaques dans «The Saddest Music In The World».

Au chapitre des influences, on mentionnera John Foxx, DAF, Depeche Mode, Fad Gadget ou encore Cabaret Voltaire, mais JJD fusionne ces références de base en quelque chose de très personnel et idiosyncratique.

La musique de « The Outsider ... » évoque une sorte de futurisme nostalgique, une vision dystopique de l'avenir et une esquisse de la realité urbaine moderne. La musique est tendue, synthétique et précise, explorant les thèmes de l'isolement, de l'aliénation et de la paranoïa sociale. Pourtant, malgré ces préoccupations sombres, le son de Soft Riot n'est dépourvu ni de chaleur, ni d'humour. Les chansons sont accrocheuses et conçue pour le dance-floor autant que pour l'écoute. Un disque qui séduira et captivera les fans de musique alternative.

Pour commander le disque, c'est ici.

Winterfest, le festival 'dark' hivernal, fait ses débuts demain à Gand

Le W-Festival, qui se déroule à Amougies en août, a dorénavant un petit frère: Winterfest! Ce festival hivernal 'dark' aura lieu le 20 janvier au Kompass à Gand. Le line-up est très intéressant: on y retrouve des formations 'classiques' des années 80 et une nouvelle génération de groupes qui reprennent le flambeau pour faire évoluer le genre musical "new-wave/wave".

Parmi les formations classiques, citons tout d'abord les deux têtes d'affiche, à savoir The Alarm et Wolfgang Flür (ex-Kraftwerk). TB Frank & Baustein peut également être considéré comme «classique» (TB Frank est, en effet, le chanteur / guitariste du regretté Neon Judgement). Enzo Kreft, Simi Nah et The Breath of Life sont également actifs depuis les années 80. Parmi les groupes plus récents, nous épinglerons Luminance, le projet prometteur de synth-pop de DA, un artiste français basé à Bruxelles. A ses côtés, H ø R D, le fantastique projet synthwave originaire de Bordeaux et les Portugais de She Pleasures Herself.

Un festival ambitieux, grâce auquel le W-Festival veut clairement atteindre le niveau des grands festivals 'dark' européens.

Tickets: 35 euros en pré-vente et 40 euros à la caisse.

Infos www.w-festival.com.

Winterfest Line up :

Stage 1

Herrnia, The Hermetic Electric, Doganov, Zool., Your Life On Hold, Luminance, The Breath of Life, TB Frank & Baustein et The Alarm.

Stage 2

Mildreda, She Pleasures Herself, Echo West, H ø r d, Ground Nero, Enzo Kreft, Simi Nah et Wolfgang Flur.

Nolika : un nouveau talent indie-pop à découvrir d'urgence

Nolika est l'avatar artistique de Lolita, une jeune chanteuse et musicienne originaire du sud de la France et basée à Bruxelles. Elle décrit sa musique comme de la 'bedroom pop'. Le terme est bien choisi car cette indie-pop un peu 'lo-fi' est une invitation au rêve. Des arrangements minimalistes et des bruitages mystérieux créent une atmosphère onirique, au-dessus de laquelle vient se poser une voix douce et fraîche, presque enfantine. On pense immédiatement à CocoRosie, un duo que nolika admire au plus haut point, mais aussi à Bat For Lashes, Alice On The Roof, Emily Reo et Grimes.

Après avoir publié ses démos sur Youtube et Soundcloud, Nolika vient de sortir un premier EP sur cassette via le label slovaque ztapes. En toute logique, il s'intitule « Bedroom Songs ». « La composition, l'écriture, l'enregistrement et les arrangements ont été faits dans mon salon », explique Nolika. « J'ai documenté le processus créatif sur ma chaîne YouTube. Le mixage et le mastering ont été réalisés par Antoine Van Lierde en home studio pour conserver l'aspect DIY. »

On est impressionné par le charme innocent qui se dégage des quatre compositions. « Flower Water » s'impose comme la plage la plus accrocheuse avec son rythme lancinant, sa mélodie hypnotique et ses jolies volutes de mellotron. Une artiste locale à découvrir d'urgence ! Et ce conseil d'adresse aussi aux labels à la recherche de nouveaux talents prometteurs...

Update: Nolika est maintenant basée dans la région de Béziers (France).  

Pour commander la cassette de Nolika, "Bedroom Songs": c'est ici

Bandcamp : voir ici
Facebook : voir ici
Soundcloud : voir ici
Youtube: voir ici

Twitter : voir ici

Le nouveau clip de Fishbach est... 'Mortel'

Fishbach, la chanteuse française qui monte, monte, monte..., vient de publier un nouveau clip sur Youtube : « Mortel » et il est... à mourir. Ce superbe titre, extrait de son premier album, « A Ta Merci » (un des meilleurs albums de 2017), parle, entre autres, des attentats terroristes et est joliment illustré dans le clip par des images des concerts de la chanteuse aux Eurockéennes de Belfort, à Fnac Live, au Cabaret Vert et, surtout, au Bataclan.
 
Pour regarder le clip, c'est ici
 
Pour lire l'interview de Fishbach dans Musiczine, c'est ici. Pour l'écouter (audio), c'est ici.
 
Pour acheter l'album « A Ta Merci », c'est sur le site du label Les Disques Entreprise: ici.
 
Photo: capture d'écran issue du clip "Mortel".

Hannah Williams

Des moments a cappella tout bonnement magiques…

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Depuis l'ouragan Amy Winehouse, la scène soul ‘made in UK’ n'en finit plus de révéler des artistes qui n'ont rien à envier à leurs cousin(e)s issu(e)s d’outre-Atlantique. Après Michael Kiwanuka, Alice Russell et Harleighblu, place à Hannah Williams. Vous ne la connaissez pas encore ? Ce ne sera bientôt plus le cas ; et pour cause, le gotha de la soul lui a promis une proche célébrité. Dont les regrettés Sharon Jones et Charles Bradley. Enregistré en analogique, son dernier elpee, « Late Nights & Heartbreak », est paru en 2016. Et elle va nous en proposer, ce soir, de larges extraits. Pas de supporting act, mais une salle bien remplie par un public multigénérationnel.

The Affirmations, le backing group de Mrs Williams, réunit deux choristes, Hannah Nicholson et Victoria Klewin et six musicos. Soit le claviériste (Hammond, synthé) James Graham, le guitariste Adam Holgate, le drummer Jai Widdowson Jones et le bassiste Adam Newton. Sans oublier la section de cuivres, Liam Treasure, au trombone à coulisse et John Pratt au sax baryton. Ils sont tous issus de Bristol !

Les instrumentistes entament le concert par le lent, jazzyfiant, mais particulièrement électrique « 7 AM To Seville ». Au bout de 3 bonnes minutes, Hannah, pieds nus, débarque en même temps que ses choristes. Elle déclare qu’il s’agit de son premier passage en Belgique. Le band embraie immédiatement par le single qui a précédé le dernier elpee, « Tame in the water ». Déjà on ressent l’empreinte viscéralement soul de la musique, même si elle est subtilement teintée de psychédélisme. Oscillant entre Sharon Jones, Janis Joplin et Adèle, la voix d’Hannah est remarquable. Lorsque les trois femmes les conjuguent, c’est tout bonnement magique (?!?!?). Et tout particulièrement lors des morceaux interprétés a cappella. Même que pendant « Another Sunrise », on a des frissons partout. Et tout en chantant, le trio brasse l’air à l’aide de ses bras, un peu à la manière de feu Joe Cocker.

Les cuivres sont à la fois rutilants et impériaux tout au long de « Fool ». Certains titres plus old school, comme « Fighting Your Shadow » se révèlent davantage nerveux voire rageurs. A contrario, « Your Luck Can Change » est empreint de délicatesse. Avant d’entamer le vaporeux « In Your Arms », Hannah Williams demande à l’auditoire s’il est amoureux. Il lui répond par l’affirmative, la banane aux lèvres. « Aint Enough » lorgne davantage vers le funk. Bien soutenu par la section rythmique et généreusement tapissé par l’orgue Hammond, l’expression sonore semble alors cependant hantée par Nile Rodgers (Chic). A cause de ces accords de gratte funky, très caractéristiques.  

« Dazed And Confused » est une plage signée par Jake Holmès, en 1967, et popularisée, deux ans plus tard par le Led Zeppelin. La nouvelle version est très électrique. Et c’est « Women Got Soul » qui achève le show tout en douceur. Avant un rappel inévitable de deux morceaux. A l’issue du spectacle, le stand merchandising a littéralement été pris d’assaut. Preuve qu’il s’agissait d’un excellent concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Cranberries

Décès de Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries

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Dolores O’Riordan est décédée ce lundi 16 janvier 2018, à Londres, où elle séjournait pour y enregistrer des sessions en compagnie de D.A.R.K., combo formé par l’ancien bassiste des Smiths, Andy Rourke.

Elle avait eu 46 ans en septembre dernier. Irlandaise, c’était la chanteuse des Cranberries, un groupe qui a rencontré un gros succès au cours des nineties, grâce à ses singles, « Dreams », « Linger », « Salvation », Zombie » et « She’s gone »… ce qu’elle vient de faire… Mais également ses albums, qu’il a écoulé à plus de 40 000 d’exemplaires, au cours du dernier quart de siècle. Mais le succès, il l’a récolté, surtout au cours des nineties. Parenthèse, la vocaliste s’était lancée dans une carrière solo entre 2003 et 2009, mais sans grand retentissement. Si bien que le band s’était reformé, enregistrant deux elpees, « Roses » en 2012 et « Something else », un LP réunissant des versions acoustique de son répertoire, enrichi de trois inédits, en 2017. Il était reparti en tournée, là où les tubes continuaient à enflammer les fidèles aficionados. Fait assez rare pour être souligné, le quatuor The Cranberries a toujours conservé le même line up, depuis sa fondation.    

Comparée à ses débuts à celle d’Harriet Wheeler, des Sundays, la voix de Dolores était quand même particulière, puissante, tour à tour âpre, désespérée, lyrique, sombre ou frénétique, mais surtout versatile et capable de traverser les octaves. Quand à la musique, si au début, celle des Cranberries était souvent comparés aux Smiths (NDR : faut dire que Stephen Street a souvent bossé pour la formation et même pour la chanteuse, en solo), malgré les accents celtiques, au fil du temps ce pop/rock alternatif est devenu davantage emphatique.

Née au sein d’une famille conservatrice, Dolores défendait des opinions qui ont régulièrement suscité la polémique, notamment quand elle prenait position pour la peine de mort, contre l’avortement ou encore quand elle remettait en question les dérives du féminisme, tout en assumant totalement le discours. Elle avait été mariée à Don Burton, le tour manager de Duran Duran. De cette union naîtront trois enfants. Une vie commune qui s’est achevée au bout de 20 années, laissant des traces psychologiques chez l’Irlandaise. Elle avait ainsi été diagnostiquée bipolaire en 2014. Elle sera inhumée en Irlande, près de Limerick, dans la région où elle est née…

RIP

 

Calexico

L’amour est un fil ténu, mais assez solide pour relier le genre humain…

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Calexico publie son nouvel opus, « The Thread that keeps us », ce 26 janvier 2018. Il s’agit de son neuvième. Le groupe a voulu en revenir à une forme plus expérimentale, moins latino, tout en concentrant ses lyrics sur les problèmes de l’environnement. C’est dans l’air du temps. Mais également soulever la question de la perte de communication entre les êtres humains. Entre autres. Paradoxal, au vu du nombre d’outils technologiques, mis à notre disposition, aujourd’hui. Et bien évidemment, l’occasion était idéale pour discuter du contenu de cet LP. Mais quel bonheur de pouvoir s’entretenir en compagnie de Joey Burns et de John Convertino, tellement leurs conversations sont riches et leurs avis pertinents…

Vous avez enregistré votre dernier album, « The Thread that keeps us », en Californie, au studio ‘Panoramic house’. Mais pourquoi avoir baptisé cet endroit ‘The Phantom ship’ ?

Il ressemble, en quelque sorte, à un vieux rafiot. La coque est constituée de planches délavées et le studio a été construit à l’aide de poutres en bois de charpente. Il y a des hublots comme sur un bateau, à travers lesquels on s’imagine regarder vers l’océan. Il n’y manque que les voiles. Il y a la cave, la cambuse (NDR : le dessous de la ligne de flottaison). C’est là ou se trouve la salle de contrôle. Il y a même un nid-de-pie (NDR : poste de vigie) ; et ce poste d’observation est amusant. En fait, quand on enregistre, on a besoin de s’isoler afin de pouvoir se concentrer. C’est un studio éphémère. Les musiciens bossent sur le pont, où est installé tout comme le matos d’enregistrement. Ce bâtiment est le fruit de la vision d’un mathématicien ; et ce type l’a construit de ses propres mains. Il avait mis beaucoup d’amour pour l’échafauder. Et manifestement, les fondations sont solides, car il a survécu à deux tremblements de terre. Dans la maison, il y avait la photo du gars qui avait construit le bateau. Il est mort. On dirait qu’il hante les lieux. On sentait sa présence pendant les sessions.

Justement, le morceau intitulé « Lost inside », qui finalement n’a pas été repris dans l’opus (NDR : ‘Outtakes lyrics’), évoque une danse avec un fantôme. Il a été écrit dans ce contexte ?

Oui, on y parle de plusieurs revenants. On les a croisés. D’une part, il en existe des personnels et d’autres qui sont impalpables. Ils hantent l’album. C’est comme si on rencontrait le fantôme de son passé. Il pourrait s’agir d’un membre de sa famille. Le souvenir de quelqu’un ou de quelque chose…

Vous avez coproduit l’album en compagnie de Craig Schumacher. Est-il devenu incontournable pour ce job ?

Oui et non. Il est un peu considéré comme un membre de la famille. On l’adore. On se respecte. C’est incroyable ce qu’il a été capable de réaliser au cours de ces dernières années. Aurions-nous pu travailler en compagnie d’autres personnes ? La réponse est oui. Et pourrions nous continuer avec Craig ? La réponse est toujours affirmative…

« Girl in the forest » est une fable qui traite de l’état de notre planète. Et notamment de l’environnement et la déforestation. Elle fait référence à John Muir, un écrivain américain, né en Ecosse. Un des premiers naturalistes modernes, militant en faveur de la protection de la nature. Est-ce un personnage important pour vous ? Et un exemple à suivre ?

Absolument ! Le studio est situé au Nord de San Francisco et de l’autre côté du Golden Gate Bridge. Il existe un sentier baptisé ‘John Muir’ qui sert à la randonnée. On y voit son nom sur un écriteau. Et on l’emprunte pour se rendre au studio. On s’y est souvent baladé et on y a découvert ce qu’il a vu, il y a 100 ans. Quand on entend parler, aujourd’hui, de la réduction de la superficie de parcs naturels pour laisser la place à la prospection de gisements pétroliers, on a une envie urgente de les sauvegarder. Ce sentier est donc devenu un fil conducteur. Car derrière ce sentier, il y a cette réflexion…

Joey, pour ce morceau, tu as écrit les lyrics en compagnie de ta fille, Twyla. C’était la première fois ? Peux-tu en dire davantage ?

On a tous des enfants. Il se pourrait qu’un jour, on ait des petits-enfants. Et donc, il serait important de conserver ce sentier pour cette progéniture. Ce n’est pas si compliqué à réaliser. Il suffit de quelques changements. Et ils se sont produits au cours de l’histoire. Je t’invite à relire ce que John Muir a écrit et tu comprendras… Ma fille, Twyla a un esprit très créatif. Elle est en contact avec ce monde spirituel et elle possède cette imagination que beaucoup d’entre-nous ont perdue. Le plus souvent, c’est elle qui se réveille la première et je l’appelle le petit oiseau du matin (NDR : ‘early bird’). A partir de ce moment, toute la famille se lève aussitôt. Elle chante au saut du lit. De belles chansons qui évoquent chez moi, les choses les plus douces de la vie. Quand on est allé camper, dans le coin, en compagnie de mes filles jumelles, Genevieve et Twyla, elles m’ont dit, papa, ne pourrait-on pas vivre ici. Ce qui m’a brisé le cœur… J’avais la musique et la mélodie, et puis j’ai calé. Twyla s’est alors pointée et suite à nos conversations, j’ai visualisé une scène de protestation contre la déforestation. Et pas seulement pour blâmer ceux qui abattent les arbres, mais ceux qui vont faire main basse sur les richesses du sous-sol. Et je me fais, en quelque sorte, le porte-parole de ce combat… Cette chanson pourrait mettre en scène une fille qui parle aux animaux, mais aussi à la forêt… Twyla a contribué amplement à la création du morceau. Finalement, c’est son thème. Au début, dans le scénario, il existait deux personnages aux backgrounds différents. Dans une ville près de la Californie, sur la côte, le premier vivait dans une maison où on parle espagnol et l’autre, en anglais. Ils se sont associés pour sauver leur ville et se sont rendus dans la forêt (NDR : la Redwood, forêt peuplée de séquoias) à la recherche des secrets de l’univers qui y sont d’ailleurs toujours. Vous savez, cette nature qui a tant à nous apporter et qu’on ne connaît pas encore. C’est l’inspiration qui se trame derrière cette compo…

Joey, quelques titres de l’elpee sont plus psychédéliques. Comme le superbe morceau d’entrée « End of the world with you », dont la mélodie me fait penser à Wilco?

C’est un compliment ! J’adore Wilco. Quand Jeff chante, mais aussi lorsqu’il parle. Vraiment content qu’il soit sur cette planète ! Avant je rêvais de rencontrer les Beatles et maintenant, c’est Jeff Tweedy. Il incarne quelqu’un d’important pour moi. Pavement aussi. J’aime bien le sens de l’humour et sarcastique de Stephen Malkmus. Ses paroles. Ces gars-là sont mes héros. Par exemple, si je devais te présenter ma collection d’albums, je te montrerai ceux des artistes dont je viens de te parler… J’aime quand l’approche musicale est plus expérimentale. J’en ai marre d’entendre constamment les mêmes morceaux de rock ‘classique’. A la maison, des ouvriers bossent sur mon bâtiment et chacun ramène sa ‘boombox’. La plupart sont latinos et on entend toujours les mêmes morceaux hispaniques et atmosphériques. En fait je suis contraint à écouter de la musique que je ne connais pas et qui est plutôt céleste que terrestre…

Un autre personnage, James Turrell, est cité dans « End of the world with you ». Il est responsable des ‘Skyspaces’, expériences qu’il a menées entre lumière et espace. Est-ce un sujet qui vous passionne ?

Il faut toujours avoir conscience qu’on est petit, insignifiant même. La perspective est importante, bien que je n’ai pas lu beaucoup d’ouvrages de ce gars, il faut savoir qu’on est minuscule, mais que la lumière est importante ; car grâce à elle on entre dans un espace temps (NDR : on en revient quelque part, à Pascal…)

Autre morceau inhabituel, « Dead in the water ». Très offensif, frénétique même, et au cours duquel la voix est caverneuse, alors qu’une cloche revient régulièrement dans le parcours…

C’est le thème de l’antagoniste : Dr Evil (NDR : Dr Evil, alias Denfer, est un personnage de fiction joué par Mike Myers, dans une série au cours de laquelle il parodie les méchants dans les films de James Bond). C’est le guitariste qui joue de la cloche… et il en est fier !

« Another space » est également une plage audacieuse. Il y a cet orgue vintage. Ces rythmes hypnotiques qui me rappellent Suicide, et plus exactement le « Jukebox baby » d’Alan Vega ; et à la fin on entend des solos de trompettes jazzyfiants, rappelant Miles Davis. Calexico aborde rarement des titres aussi complexes, non ?

Oui, il y a longtemps. Et c’était amusant de s’y risquer à nouveau. En fait, on ignorait où cette expérience allait nous mener. Quand on a entamé la chanson, elle se limitait à une sèche, les drums et la boîte à rythmes des années 70. Finalement, il faut admettre que le studio est l’endroit où on crée la chanson. Le studio conditionne la chanson. Et la chanson est le produit du studio. On a ajouté du piano, du triangle, puis plein d’autres éléments.

« Shortboard » est un instrumental au cours duquel il ne manque qu’une voix. Celle de Jim Morrison aurait pu coller à ce titre atmosphérique, non ?

Peut-être. Ce qui aurait été marrant. C’est une impro. On pourrait imaginer Jim Morrison dans « The end »… lorsqu’il prononce (d’une voix caverneuse) ‘and he walked down the hall’... C’est une ritournelle, une boucle en quelques mesures…

Sur « Under the wheels » vous avez utilisé une boîte à rythmes et un peu d’électro. Il est dansant, amusant, et emprunte des rythmes latino, caribéens, et plus exactement jamaïcains. Presque reggae, même !

C’est ce qui arrive quand on fait l’impasse sur la guitare. C’est le claviériste qui a composé la musique (NDR : Sergio Mendoza). Il travaille bizarrement. Il invite des musiciens et enregistre sur un petit quatre pistes. Puis il part en forêt et médite sur le son. Et vraiment, sa démarche est à la fois intéressante et originale. Dans le passé, il avait déjà réalisé l’une ou l’autre démo. Et bien sûr, il me les propose. Ici, il s’agit d’une autre qu’on avait un peu abandonnée. Il se l’est réappropriée et c’est le morceau dont tu parles. Le thème ? Au cours des 15 dernières années, on a dépensé des milliards de dollars dans les guerres et il en est résulté des pertes incroyables en vies humaines et des divisions dans le monde. Cette chanson est une réponse à ces événements. Le sentiment, c’est qu’aujourd’hui, les gens se baladent en regardant le sol. Il se suffisent à eux-mêmes et ne vont pas l’un vers l’autre. Où est cette capacité à communiquer ? On en vient à se demander de quoi on va parler tellement, tellement il y a des sujets à aborder. Où est cette capacité d’écoute ? Ce terreau commun ?

« Flores y Tamales » devrait figurer dans la setlist de vos futurs concerts, je suppose ? Et y rester régulièrement dans le futur ?

Sans aucun doute. C’est une bande-son qui a été réalisée pour la sauvegarde des papillons monarques (NDR : ‘monarch butterflies’). Sa population est en diminution à cause de la déforestation. On les croise au Nord du Mexique où ils nichent. Le thème était intéressant. On a engagé un bassiste espagnol. Et c’est lui qui a composé les paroles. En outre, c’est un de mes morceaux préférés…

« Thrown to the wild » invite-t-il l’être humain à préserver les rêves dans une réalité tourmentée ? Mais laisse-t-il un quelconque message d’espoir ?

Même si ce morceau décrit des scènes sombres et délabrées de l’existence, il concerne peut-être une ville, votre ville, dans le monde, en état de transition. En peu de lyrics, il décrit à quel point la situation s’est dégradée. C’est le signal que la limite est dépassée. Il figurait parmi les incontournables du tracklisting. La deuxième partie vire au chaos. C’est noir. Comme une entreprise qui se crashe. C’est la direction prise par notre terre. Au départ, on voulait clôturer le disque par ce titre, mais il était vraiment trop sombre…

Joey, tu as déclaré qu’au lieu d’écrire des ‘protest songs’, tu préférais propager tes messages en racontant des histoires. Es-tu plus romancier qu’écrivain ?

C’est quelque part entre les deux. Je suis un ‘novellist’ (NDR : un auteur de nouvelles, dans le contexte des short stories, spécifiques aux Américains). Quand une chanson ne dure que 3’, les instruments jouent un rôle important. Il ne reste alors de la place que pour une histoire brève. Par contre, lorsqu’il n’y a pas trop de passages instrumentaux, j’ai tendance à écrire en vers…

Enfin, « The Thread that keeps us », quel est ce fil, finalement?

C’est la question ! Quand on examine cette réflexion, on pense à l’amour. Parce qu’il n’existe rien d’autre qui soit aussi puissant. Il y a bien cette image de fil. Il est ténu, mais assez solide pour nous relier…

Merci à Vincent Devos.

Des nouvelles de Dernière Volonté et Position Parallèle (exclusif)

Le musicien parisien Geoffroy D. jouit d'un statut culte dans le milieu de la musique alternative 'dark'. Il poursuit avec succès deux projets : Dernière Volonté, d'inspiration darkwave avec une touche de dark folk et Position Parallèle, plus orienté French electropop. L'univers de Geoffroy repose sur une voix douce et sensuelle, assez comparable à celle d'Etienne Daho, qui chante de manière un peu naïve sur des mélodies hypnotiques et des atmosphères mystérieuses. Le style est unique mais évoque par moments Suicide, Taxi Girl, Death In June, Fad Gadget ou Dead Can Dance.
 
Lors d'un concert accordé à Cologne, le musicien nous a confié qu'il met la dernière main à un nouvel album, le 8e, de Dernière Volonté. Conformément à ce qu'il nous avait dit lors de son précédent interview, il entame un nouveau cycle, marqué par des compositions plus expérimentales, davantage instrumentales, très puissantes et très 'dark'. Les thèmes de l'album seront articulés autour de l'obscurité, l'eau et la mort... On est impatient de découvrir cela !
 
Du côté de Position Parallèle, Geoffroy a recruté un nouveau musicien pour l'accompagner lors de ses concerts. Exit Andy Julia, très occupé par son groupe Soror Dolorosa, qui est remplacé par DA, surtout connu au travers de son projet Luminance. Un apport considérable quand on considère les multiples talents de compositeur, claviériste, chanteur, guitariste et producteur du jeune Parisien basé à Bruxelles. Dans les prochains mois, Position Parallèle va publier un maxi 5 titres intitulé "Escalier de Service" et, plus tard, un 4e album. A suivre...
 
Pour relire l'interview de Dernière Volonté dans Musiczine (octobre 2015), c'est ici.

Pour écouter l'interview réalisé par votre serviteur dans l'émission de radio WAVES (mars 2016), c'est ici.

Pour regarder des extraits du concert de Position Parallèle à Cologne (janvier 2018), c'est ici.

Photo: Phil Blackmarquis

Les Tops 2017 de Musiczine

Écrit par

Les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs commencent à tomber. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce récapitulatif s’enrichira des classements proposés par les autres rédacteurs et photographes.

Au cours du premier trimestre 2018, Musiczine va subir un relifting complet. Charte graphique, interfaces, fonctions, développements, etc. En outre, il sera enfin adapté aux smartphones et permettra une meilleure connexion aux réseaux sociaux tout en s’ouvrant aux applications. Mais pas seulement… On vous tiendra au courant. En attendant, toute l’équipe vous souhaite déjà une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2018.

Tops 2017

Jean-Claude Mondo (Blues)

Top 20 albums 2017

1) Monster Mike Welch & Mike Ledbetter - Right place, right time
2) Kim Wilson - Blues and boogie (Vol 1)
3) Jason Ricci - Approved by snakes
4) Thorbjorn Risager - Change my game
5) John Primer & Bob Corritore - Ain’t nothing you can do!
6) Elvin Bishop - Big Fun Trio
7) Coco Montoya - Hard truth
8) Popa Chubby - Two dogs
9) Walter Trout - We re all in this together
10) Danny Bryant - Big live in Europe
11) Samantha Fish - Chills & Fever
12) Eliza Neals - 10,000 feet below
13) Otis Taylor - Fantasizing about being
14) Ghalia & Mama’s Boys - Let the demons out
15) Savoy Brown - Witchy feelin’
16) Jason Buie - Driftin’ heart
17) Alastair Greene - Dream train
18) Godboogie - Play music & dance
19) Nick Schnebelen - Live in Kansas City
20) Heather Newman - Burn me alive
 

Adrien Mouchet

Top 10 Albums

1) British Sea Power - Let The Dancers Inherit The Party
2) Priests - Nothing Feels Natural
3) Klub des Loosers - Le Chat et Autres Histoires
4) Charlotte Gainsbourg - Rest
5) Temples - Volcano
6) Future Islands - The Far Field
7) Cigarettes After Sex - Cigarettes After Sex
8) The Luxembourg Signal - Blue Field
9) MENACE BEACH - Lemon Memory
10) The Drums - Abysmal Thoughts

Top 15 Chansons

1) Perfume Genius - Slip Away
2) King Woman - Hierophant
3) Future Islands - Aladdin
4) The Luxembourg Signal - Laura Palmer
5) Cigarettes After Sex - John Wayne
6) Klub des Loosers - Deux Clowns
7) Arcade Fire - Put Your Money On Me
8) Mountain Bike - Good For Nothing
9) British Sea Power - Saint Jerome
10) Temples - Mystery Of Pop
11) Priests - Suck
12) Charlotte Gainsbourg - Ring-a-Ring O' Roses
13) The National - Day I Die
14) Cloud Nothings - Realize My Fate
15)
Mind Entreprises - Idol 

Pierre Vangilbergen (metal)

Top 20 albums

1) Amenra - Mass VI
2) Converge - The Dusk in Us
3) Body Count - Bloodlust
4) Accept - The Rise of Chaos
5) Mastodon - Emperor of Sand
6) Lethvm - This Fall Shall Cease
7) Myrkur - Mareridt
8) Diablo Blvd - Zero Hour
9) Kreator - Gods of Violence
10) Mantar - The Spell

11) Blut Aus Nord - Deus Salutis Meæ
12) Sepultura - Machine Messiah
13) Spoil Engine - Stormsleeper
14) Motörhead - Under Cöver
15) Marilyn Manson - Heaven Upside Down
16) Calavera Conspiracy - Psychosis
17) Morbid Angel - Kingdoms Disdained
18) Alice Cooper - Paranormal
19) Wolves Scream - Vestiges
20) Blackest Sunset - Kingdom of Sorrow

Top 10 concerts

1) Gojira - Ancienne Belgique (Bruxelles)
2) Slayer - Ancienne Belgique (Bruxelles)
3) Testament - Trix (Anvers)
4) Venom - Alcatraz Festival (Courtrai)
5) Suicidal Tendencies - De Mast (Turnhout)
6) Life of Agony - Alcatraz Festival (Courtrai)
7) Amon Amarth - Alcatraz Festival (Courtrai)

8) Anthrax - Reflektor (Liège)
9) Agnostic Front - Reflektor (Liège)
10) Channel Zero - Zik-Zak (Ittre) 

Bernard Dagnies

Tops 20 albums

1) Slowdive - Slomo
2) Gold Class - Drum
3) The Cubical - Blood Moon
4) The Molochs - America’s velvet glory
5) Thurston Moore - Rock’n’roll consciousness
6) Liam Gallagher - As you were
7) The National - Sleep Well Beast
8) Protomartyr - Relatives in descent
9) Spinning Coin - Permo
10) The Afghan Whigs - In Spades
11) Son Volt - Notes of blue
2) Neil Young & Promise of The Real - The Visitor
13) Manolo Redondo - Helmet on
14) E-Grand - Here they come
15) Cloud Nothings - Life Without Sound
16) Grooms - Exit index
17) Royal Blood - How did we get so dark
18) Six organs of admittance - Burning the Threshold
19) Wire - Silver/Lead
20) The John Pauls - Forget to remember to forget

Top 5 albums Belgique

1) Bacon Caravan Creek - Odd Places
2) Josy & The Pony vs The Poneymen - Hippodrome club
3) Dario Mars & The Guillotines - The last soap bubble crash
4) BRNS - Sugar high
5) The Experimental Tropic Blues Band - Spit’n’split

Top 5 concerts

1) Olivia Ruiz - Aéronef (Lille)
2) The Sonics - Roots & Roses (Lessines)
3) Fischer Z - W-Festival (Amougies)

4) Sophia - Cactus (Bruges)
5) Millionnaire - Cactus (Bruges) 

Sébastien Leclercq

Top 20 albums

1) Cigarettes after sex - Cigarettes after sex
2) Protomartyr - Relatives in descent
3) Idles - Brutalism
4) The War on drugs - A deeper understanding
5) Mac DeMarco - This old dog
6) Charlotte Gainsbourg - Rest
7) Fever ray - Plunge
8) Amenra - Mass VI
9) Amadou & Mariam - La confusion
10) King Krule - The ooz
11) Fleet foxes - Crack-up
12) White hills - Stop mute defeat
13) Mark Lanegan band - Gargoyle
14) Moonspell - 1755
15) Alt-J - Relaxer
16) Destroyer - Ken
17) The National - Sleep well beast
18) St.Vincent - Mass seduction
19) Steven Wilson - to the bone
20) Slowdive - Slowdive

Top 5 concerts

1) Warpaint - Open’er (Gdynia)
2) Cabbage - Botanique (Bruxelles)
3) Iggy Pop - Suikerrock (Tienen)
4) Krakenizer - Barlok (Bruxelles)

5) Le Tout Puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou - Jam’in (Jette)

Philippe Blackmarquis

Top 20 Albums / Eps

1) Nine Inch Nails - Add Violence
2) John Maus - Screen Memories
3) Fishbach - A Ta Merci
4) Drab Majesty - The Demonstration
5) Dave Clarke - The Desecration of Desire

6) Chelsea Wolfe - Hiss Spun
7) Position Parallèle - En Garde à Vue
8) Fever Ray - Plunge
9) Cigarettes After Sex - Cigarettes After Sex
10) Protomartyr - Relatives in Descent
11) Roger Waters - Is This The Life We Really Want?
12) LCD Soundsystem - American Dream
13) Iamx - Unfall
14) Ben Frost ‎- The Centre Cannot Hold
15) Depeche Mode - Spirit
16) Gary Numan - Savage (Songs from a Broken World)
17) Horrors - V
18) Zola Jesus - Okovi
19) OMD - The Punishment of Luxury
20) Austra - Future Politics

Top 10 Belgique - Albums / Eps

1) An Pierlé - Cluster
2) Soldout - Forever
3) Ono Scream - Ono Scream
4) Animal Youth - Animal Youth
5) Luminance - Constance in Sorrow
6) Warhaus - Warhaus
7) Frozen Nation - Dark Belgian Disco
8) Mongolito - Odyssey
9) The Breath of Life - Under The Falling Stars

10) Thot - Fleuve

Taï

Top 10 albums

1) Flotation Toy Warning - The Machine That Made Us
2) Grandaddy - Last Place
3) Tyler, the Creator - Flower Boy Scum Fuck
4) Kevin Morby - City Music
5) Jens Lekman - Life Will See You Now
6) Fishbach - A Ta Merci
7) Timber Timbre - Sincerely, Future Pollution
8) LCD Soundsytem - American Dream

9) Phoenix - Ti Amo
10) Sinkane - Life & Livin' It

Top 5 concerts

1) Grandaddy - Ancienne Belgique (Bruxelles)
2) The National - Forest National (Bruxelles)
3) S-Crew - Zénith (Lille)

4) Mogwai - Ancienne Belgique (Bruxelles)
5) Soulwax - Aéronef (Lille)

Bérenger

Top 10 albums

1) The National - Sleep Well Beast
2) War on Drugs - A Deeper Understanding
3) Moses Sumney - Aromanticism
4) Do Make Say Think - Stubborn Persistent Illusions
5) Broken Social Scene - Hug of Thunder
6) Pinegrove - Elsewhere
7) Courtney Barnette & Kurt Vile - Lotta Sea Lice
8) Alex Cameron - Forced Witness
9) Vagabon - Infinite Worlds
10) King Krule - The Ooz

Top 5 albums Belgique

1) Girls in Hawaii - Nocturne
2) J.Bernardt - Running Days
3) Amenra - Mass VI
4) Brutus - Burst
5) Animal Youth - Animal

Top 5 concerts

1) Hamilton Leithauser - Botanique (Bruxelles)
2) Grandaddy - Ancienne Belgique (Bruxelles)
3) Moses Sumney - Botanique (Bruxelles)
4) Future Islands - Ancienne Belgique (Bruxelles)
5) The National - Forest National (Bruxelles)

Didier Deroissart

Top 10 concerts 

1) Lindsey Stirling - Ancienne Belgique (Bruxelles)
2) Atomic Spliff - Eden (Charleroi)
3) Lisa Hannigan - Botanique (Bruxelles)
4) Pierce Brothers - ABClub (Bruxelles)
5) Puggy - Théâtre National (Bruxelles)
6) Benjamin Clementine - Ancienne Belgique (Bruxelles)

7) The Sparks - Ancienne Belgique (Bruxelles)
8) Deerhoof - Nijdrop (Opwijk)
9) My Baby - ABClub (Bruxelles)
10) La Chiva Gantiva - Botanique (Bruxelles)

Flop 5 concerts 2017 

1) Eddie Vedder - Lotto Arena Anvers
2) The Sisters Of Mercy - Ancienne Belgique Bruxelles
3) Julien Baker - Botanique (Rotonde) Bruxelles
4) Marilyn Manson - Lokerse Feesten (Lokeren)
5) London Grammar - Lotto Arena Anvers

Top 10 albums 

1) Alice Cooper - Paranormal
2) Coely - Different Waters

3) Aqme - Aqme
4) Ásgeir - Afterglow
5) Big Flo & Oli - La Vraie Vie
6) Robert Cray & Hi Rhythm Blues - Robert Cray & Hi Rhythm
7) Channel Zero - Exit Humanity
8) Dario Mars & The Guillotines - The Last Soap Bubble Crash
9) Fink - Resurgam
10) The Selecter - Daylight 

Top 5 albums Belgique 

1) Fugu Mango - Alien Love
2) Z Band - No Loose Behavior
3) Channel Zero - Exit Humanity
4) Goodbye Moscow - Souvenirs Futurs
5) Mountain Bike - Too Sorry for Any Sorrow 

Sam Derijcke (red nl)

Top 25 albums

1. Thurston Moore - Rock’n’Roll Consciousness
2. Godspeed You! Black Emperor - Luciferian Towers
3. Pallbearer - Heartless
4. LCD Soundsystem - American Dream
5. HO99O9 - Unites States Of Horror
6. GNOD - Just Say No To The Right-Wing Capitalist Fascist Industrial Death Machine
7. Meatbodies - Alice
8. Chris Forsyth & The Solar Motel Band - Dreaming in The Non Dream
9. Ron Gallo - Heavy Meta
10. Amenra - Mass VI
11. Chelsea Wolfe - Hiss Spun
12. The Dream Syndicate - How Did I Find Myself Here
13. Protomartyr - Relatives In Descent
14. Motorpsycho - The Tower
15. Flat Worms - Flat Worms
16. Mogwai - Every Country’s Sun
17. Feral Ohms - Feral Ohms
18. Powertrip - Nightmare Logic
19. King Gizzard & The Lizard Wizard - Murder Of The Universe
20. Metz - Strange Peace
21. Idles - Brutalism
22. Slowdive - Slowdive
23. Endless Boogie - Vibe Killer
24. The Replacements - For Sale, Live at Maxwell’s 1986
25. The Moonlandingz - Interplanetary Class Classics

Top 25 concerts

1. Nick Cave & The Bad Seeds - Sportpaleis (Anvers)
2. King Gizzard & The Lizard Wizard - De Kreun (Courtrai)
3. Godspeed You! Black Emperor - La Condition Publique (Roubaix)

4. Thee Oh Sees - Les Nuits Botanique (Bruxelles)
5. Thurston Moore - Aeronef (Lille)
6. Shellac - De Kreun (Courtrai)
7. Swans - Kompass Club (Gand)
8. Buffalo Tom - Ancienne Belgique (Bruxelles)
9. Motorpsycho - De Casino (St-Nicolas)
10. And So I Watch You From Afar - De Kreun (Courtrai)
11. Idles - Aeronef (Lille)
12. Flaming Lips - Roma (Anvers)
13. Guns’n’roses - Werchter Classic (Werchter)
14. Goat - Rivierenhof (Anvers)
15. SIMO - ABClub (Bruxelles)

16. Afghan Whigs - Ancienne Belgique (Bruxelles)
17. The Dream Syndicate - Het Depot (Louvain)
18. Moon Duo - Sonic City (Courtrai)
19. Metz - Sonic City (Courtrai)
20. Black Rebel Motorcycle Club - Roma (Anvers)

21. Pallbearer - Botanique (Bruxelles)
22. Protomartyr - Grand Mix (Tourcoing)
23. Helmet - De Kreun (Courtrai)
24. Arno - Brielpoort (Deinze)
25. Alice Cooper - Brielpoort (Deinze)