New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Jason Loewenstein

Spooky Action

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Jason Loewenstein, ce nom ne vous dit rien ? Mais si, il a sévi au sein de plusieurs groupes, dont The Fiery Furnaces et Sebadoh ; au sein de ce dernier, il y militait déjà en 1989 et a rejoint le trio, lors de sa reformation, en 2007.

« Spooky Action » constitue seulement son second LP solo. Son premier, « At Sixes and Sevens », était paru en 2002 ! Si vous souhaitez vous faire une idée plus ou moins précise de son style, imaginez un Dinosaur Jr. sous speed. Car sa musique flaire bon les nineties, ses grattes bavardes et saturées, une certaine indolence rebelle, un esprit grunge de circonstance et une ‘coolitude’ naturelle…

Mais quel plaisir de se coltiner les 13 morceaux de ce « Spooky Action » ! Les compos baignent dans un rock bien poisseux, à l’instar de « Machinery » et « Correction ». En outre, l’expression sonore puise également des références dans le métal et la country, un peu comme chez Pearl Jam au sommet de son art ! Que du bonheur pour les fans des groupes précités et un excellent cadeau de Noël.

 

Immigrant

Wounded Healer

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Depuis le split acté en 2001, Royal Trux, l’un des duo les plus rock’n’roll de ces dernières décennies, était resté plutôt discret. Après avoir quitté Washington D.C pour Los Angeles, Jennifer Herrema a monté RTX, rebaptisé par la suite Black Bananas, mais s’est également lancée dans des domaines plus lucratifs, dont une ligne de jeans et la création de bijoux. De son côté, Neil Hagerty a poursuivi sa carrière chez The Howling Hex.

En 2015 les anciens comparses se sont retrouvés pour accorder quelques concerts. Ce qui a sans doute poussé le tandem à publier un album ‘live’. Deux ans plus tard, Hagerty et Herrema décident de sélectionner 12 titres représentatifs de leur parcours (NDR : jalonné d’une dizaine d’elpees, gravés entre 1987 et 2001) et de les interpréter, sans aucune répétition, lors de deux shows, l’un à New York et l’autre à Los Angeles. Intitulé « Platinum Tips and Ice Cream », cet opus résume donc ces événements, en douze pistes. Soutenu par un drummer et un bassiste, le tandem nous y réserve un rock/garage brut de décoffrage. Et rien n’a été n’a été planifié pour en faciliter la digestion. Le duo ne semble pas s’être assagi et continue à entretenir son mythe créé sur les excès du passé. Difficile de comprendre, au-delà de l’intérêt financier que l’on imagine, celui que revêt cette production…

 

Spinning Coin

Permo

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Spinning Coin est un quintet issu de Glasgow. Et « Permo » constitue son premier elpee. Un disque paru sur le label des Pastels, Geographic. Ce qui explique sans doute pourquoi Katrina Mitchell, la chanteuse du groupe de Stephen McRobbie, a posé sa voix sur un titre de l’opus, mais également qu’Edwyn Collins l’a coproduit. Tour à tour mélancoliques ou tranchants, les morceaux de cet elpee lorgnent d’ailleurs régulièrement vers Orange Juice, Wedding Present et bien sûr les Pastels. Les mélodies sont faussement joyeuses et pas toujours faciles à appréhender. D’ailleurs, il faut souvent plusieurs écoutes avant de commencer à les apprécier. Spinning Coin est drivé par deux auteurs-compositeurs, Jack Mellin et Sean Armstrong. Le premier propose des compos plus post punk, sauvages, urgentes et bancales, l’autre, anti-pop, davantage mélancoliques, visionnaires et rafraîchissantes, ce qui ne l’empêche pas de parfois virer circonstanciellement dans le chaos organisé. La voix de Sean est tendre et chancelante, alors que celle de Jack libère davantage de punch. Cependant les deux leaders parviennent à être complémentaires, ce qui n’est pas nécessaire évident ni risqué, surtout quand on sait que cette situation conduit souvent à des conflits entre les têtes pensantes. Et au split du band ! Bref, c’est un véritable régal d’entendre ces cordes de gratte sinueuses, bringuebalantes, savoureusement discordantes, cette ligne de basse aventureuse, ces drums spasmodiques, et ces mélodies sous-jacentes, sans oublier ces harmonies vocales tour à tour limpides ou capricieuses. Et ce qui ne gâte rien, les lyrics tiennent la route, traitant notamment des inégalités qui rongent la société contemporaine.

 

Un chouette album !

 

LANY

Un bel LANY mâle…

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Il est 19 heures, et un fort contingent de jeunes midinettes peuple les couloirs du Botanique. Normal, ce soit, quatre beaux gosses se produisent à l’Orangerie ; en l’occurrence LANY (acronyme pour ‘Los Angeles New York’), une formation qui comptabilise des millions de vues sur Youtube depuis 2014. Les filles adulent Paul Klein, un chanteur particulièrement charismatique et séducteur. En outre, non seulement l’identité visuelle du band est impeccable, mais les hits sont super catchy. La voie du succès est donc toute tracée. Il est d’ailleurs exceptionnel qu’il se produise dans de petites salles. L’an dernier, il a ainsi été programmé lors de grands festivals, dont celui de Rock Werchter… 

Ritual sert de supporting act. Un trio londonien, dont le premier Ep, « The Fall », est paru en 2014, et qui a longtemps entretenu le mystère sur l’identité de ses membres, qui préféraient préserver leur anonymat. Ainsi, aucun nom, ni aucun visage n’a jamais été révélé. Ce qui n’a pas empêché le groupe de faire les gros titres du Billboard, The Fader et The Line of The Best Fit.  

Les trois musicos se servent de synthés. L’un se consacre à la gratte semi-acoustique ou électrique et le deuxième à la basse. Le troisième –c’est également le plus grand– se réserve le chant. Bien que de couleur blanche, il possède une voix soul très black. Des vocaux enrichis par de multiples harmonies féminines et masculines, dispensées par des samples. L’expression sonore baigne au sein d’un climat post-dubstep, c’est-à-dire quelque part entre hip-hop ambiant, funk, folk et r&b. Les lyrics sont à la fois sensuels et tranchants. Les arrangements musicaux sont soignés et l’excellent feeling du préposé au micro favorise une belle interaction entre la foule et le combo. Un set cependant trop court pour se faire une idée exacte du potentiel de Ritual.  

Place ensuite à LANY. Trois estrades ont été dressées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer. Du milieu, au pianiste. Et de droite, au guitariste. Ces deux derniers se consacrent cependant, d’abord, aux synthés. Derrière-elles on remarque autant de toiles immenses, tendues, sur lesquelles seront projetés vidéos et effets lumineux. Paul Klein occupe tout l’espace scénique. Il déambule, ondule, bondit et harangue la foule. Une véritable bête de scène (NDR : un bel Lany mâle ?) ! Il joue de la gratte électrique, du piano (NDR : un droit !) ou des claviers, parfois debout sur son siège. Il se prend même pour un équilibriste en grimpant sur la grosse caisse du drummer. A souligner : le son est parfait !

Lorsque des filles balancent des roses rouges et blanches sur les planches, Paul les renvoie généreusement dans la fosse. Sucré, « Pink Skies » provoque des gémissements au sein du public féminin. Paul a le don de l’apprivoiser. L’intensité monte au fil du set. L’euphorie de l’auditoire également. Lors des compos les plus paisibles, Paul siège derrière ses ivoires. A l’instar de « Walk Away », « 4 Ever ! », « Quit » et « Someone Else ». Un moment de pause avant que le show ne reprenne son cours normal ; c’est-à-dire endiablé. Tout au long de « The Breakup » le light show inonde la foule de ses couleurs. Enfin, pour clore le show, Paul revient derrière son piano pour interpréter un medley de covers signées Harry Styles, « Pancakes/Sign of the Times /Current Location ».

Et le rappel de s’achever par l’incendiaire « ILYSB », une compo qui les a fait connaître. A revoir lors des festivals d’été !

(Organisation : Botanique)

Anoïa

Un autre hiver

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Suivant la bio, Anoïa est un mot grec ancien qui décrit l’incapacité de percevoir et de comprendre le monde. C’est également le patronyme d’un trio belge fondé en 2013. Ses influences majeures ? Le grunge et le rock frenchy. Le grunge, lorsque les grattes se révèlent particulièrement marécageuses et que la voix de Laurent devient de plus en plus lancinante. Le rock frenchy, car les textes sont interprétés dans la langue de Molière, mais aussi parce que l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Luke, Noir Désir et Ason Villa (NDR : devenu depuis Astonvilla), l’amplitude vocale de Laurent empruntant même des inflexions à Bertrand Cantat ou Fred Franchitti, selon les plages, alors que lorsque les grattes adoptent un profil bien métallique, on ne peut s’empêcher de penser à la bande à Thomas Boulard. Découpé en 10 plages, « Un autre hiver » constitue le premier opus d’Anoïa, un disque qui a été mixé par Roland Degreef (Machiavel). Le combo jouit d’une excellente réputation sur les planches, mais il devra se forger une identité propre et digérer toutes ses influences, s’il souhaite devenir une valeur sûre du rock noir-jaune-rouge (qui a dit bleu-blanc-rouge ?)

 

Jack White marcherait-il sur les traces de Frank Zappa et de Syd Barrett ?

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C’est que pourrait laisser croire son nouveau clip, « Servings and portions from my boarding house reach », une vidéo complètement dingue et décousue main. Probablement le teaser de son futur album ! Vérifiez vous-même… ici

 

 

 

 

La musique spasmodique de Miss Tetanos …

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Miss Tetanos (und) Sri. Fa est un groupe belge de musique électronique originaire de Charleroi. Son patronyme s’inspire d’une référence à un air de W.A. Mozart « Isis und Osiris », dont il n’a conservé que la liaison allemande.

Actif depuis 2009, le duo combine son électro à des tonalités rock ou krautrock en se servant de lignes mélodiques minimales imprimées sur des rythmiques brutales et répétitives.

Intitulé “Don't drink so much than Nostradamus”, son album est paru en août dernier

Le tandem vient de publier son nouveau clip, « Possession Brew », et il est à découvrir ici

 

 

 

Tango Juliett transporte du soleil dans son sac…

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Drivé par Steve Ziane (guitare/chant) et Camille Bénâtre (claviers/guitare/chant), Tango Juliett est un quatuor toulousain responsable d’une pop ciselée et élégante dont les influences oscilleraient de Phoenix à Supertramp, en passant par Tame Impala. Un aperçu ? « Sunbag », à écouter ici

 

 

 

 

Triggerfinger

Rock’n’roll attitude !

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Les trois concerts de Triggerfinger programmés à l’AB, ces 14 et 15 décembre ainsi que celui de février sont sold out. Votre serviteur assistera à celui du vendredi, une prestation au cours de laquelle le groupe belge va proposer de nombreux morceaux issus de son dernier elpee, « Colossus ».

Hong Kong Dong assure le suppporting act, un trio réunissant un frère et une sœur, en l’occurrence Boris et Sarah Yu Zeebroek, ainsi que le guitariste Geoffrey Burton, un musicien qui jouit d’une solide réputation, et pas seulement au sein du Royaume, puisqu’il a notamment accompagné Arno, Alain Bashung et Iggy Pop. Finaliste du concours Humo Rock Rally, en 2008, la formation gantoise a publié son deuxième opus, « Kala Kala », en octobre dernier.

Non seulement Sarah possède une superbe voix, mais elle se consacre aux claviers et à la gratte. Elle se démène énormément sur les planches et n’hésite pas à haranguer les premiers rangs en affichant d’étranges mimiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Satomi Matsuzaki, la vocaliste du band yankee, Deerhoof. Hybride, largement électronique, mais aventureuse, l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Kraftwerk, Métroland, Björk, Flaming Lips, Talking Heads, Sparks et… Deerhoof. Une excellente mise en bouche avant le plat de résistance…

En arrière-plan, une toile a été tendue, elle représente une fresque urbaine, œuvre de Sarah Yu Zeebroek. Comme d’habitude, quand ils montent sur le podium, les musicos de Triggerfinger sont tirés à quatre épingles. Une intro préenregistrée précède leur arrivée. Mario a opté pour un costume de couleur bleue. Tout comme celui de Ruben mais il est en cuir, et scintillant. En outre, il est chaussé de santiags. Celui de Paul est encore plus classe ; et pour cause, il est de couleur noire. Le combo est soutenu par un quatrième membre ; en l’occurrence le gratteur Geoffrey Burton, également impliqué chez Hong Kong Dong. On comprend mieux ainsi le choix de la première partie.

Dès qu’il grimpe sur son estrade, Mario assure le spectacle. Telle une rock star, il harangue la foule dès « Upstairs Box » et sollicite des applaudissements qui lui sont immédiatement décernés. Sa frappe sur ses fûts est sauvage, tribale aussi. A plusieurs reprises, il va pousser le bouchon jusqu’à percuter ses cymbales à l’aide de son crâne (NDR : lors d’un set accordé aux Lokerse Feesten, il en avait coincé une entre les dents). Le son est très puissant. D’ailleurs, tout au long du stoner « And There She Was Lying In Wait » (« By Absence of the Sun »), la voix de Ruben est quelque peu noyée sous l’instrumentation. Heureusement, dès « First Taste », elle devient stratosphérique, mais dans l’esprit de Robert Plant. Les deux grattes se déchaînent alors et libèrent des riffs aussi primaires qu’instinctifs.

« By Absence Of The Sun » est devenu un classique du band. Ruben dirige le manche de sa gratte vers le ciel, la colle contre un baffle, un ampli ou encore la couche sur les planches. Rock’n’roll attitude ! Geoffrey Burton a l’opportunité de démontrer son talent pendant « Flesh Tight » et « My Baby's Got A Gun » ; il vient même affronter Paul et Ruben en duel, à l’aide de sa gratte. Ruben a tombé la veste depuis un bon moment. Il s’adresse à la fosse, le temps d’une petite pause. Soit juste avant que Mario ne nous réserve un solo de drums dont il a le secret, et ce durant « All This Dancin' Around ». Un exercice de style de 5 bonnes minutes, au bout duquel Ruben et Paul vont participer aux débats en cognant à leur tour les cymbales, dont l’une va se crasher sur le plancher. A l’issue de cette démonstration, l’auditoire acclame le soliste, et chaleureusement. Le set s’achève par le titre maître de l’elpee « Colossus », une compo taillée pour le live. Satisfaits, les musicos saluent le public et se retirent.

Mais ont-ils tout donné ? Pas encore, puisqu’ils reviennent pour exécuter d’abord « Afterglow », puis une version plutôt décoiffante du « Man Down » de Rihanna et enfin une reprise bien burnée du « Funtime » d’Iggy Pop... 

Et lors du second rappel, le quatuor va finalement concéder « Let It Ride », un extrait de « All This Dancin’ Around ». Ce soir on a vécu un grand moment de rock’n’roll !

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

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King Child

Meredith

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C’est la sortie du premier album d’un duo franco-belge. Lyonnais, Prat n’est pas un inconnu, puisque avant de se lancer dans ce nouveau projet, il a milité comme drummer au sein du backing group de Joe BeL, qu’il a quitté, il y a déjà deux ans. Chez King Child, il se consacre également au Therevox (NDR : un clavier/synthétiseur analogique) et au piano électrique. Bruxellois, Quentin Hoogaert se réserve le micro et la gratte semi-acoustique. Ce n’est pas la première fois que ces deux musicos partagent une même aventure, puisqu’ ils avaient déjà collaboré à celle de Leopold Tears et, plus tard, de Redrocks, un combo neo prog lyonnais. Le line up de King Child implique également le bassiste David Kostman (ex-Morpheus Secrets et Dario Mars and The Guillotines), le guitariste Philip Bolten (ex-We Stood Like Kings, il a également côtoyé Elia Fragione, Denis K et Magy Tyson) et le pianiste de jazz Camille Mouton (il milite chez le Honey Jungle Trio ou au sein de son propre quartet). Les trois musicos se consacrent également aux synthés.

Ce premier opus nous invite à vivre un voyage intemporel. Mais ce qui frappe à première écoute, c’est la voix de ténor de Quentin. Couvrant plusieurs octaves, elle évoque tour à tour Ozark Henry, Thom Yorke et surtout Matthew Bellamy.

Le titre maître ouvre l’elpee.

 « 23 Février » raconte l’histoire d’une fille victime de harcèlement dans la rue. Une chanson écrite entre les attentats de Paris et de Bruxelles. La voix de Quentin semble modulée comme un instrument. Les ivoires illuminent cette ballade délicate. 

« Désert » traite des dégâts causés par l’homme à notre planète, un comportement qui provoque cataclysmes et changements climatiques. Une véritable ode à l’écologie participative.

Expérimentaux, « Ghost Dance » et « Grief » adoptent un profil plutôt prog/rock.

Synth/pop, « Bending Time » nous replonge dans les eighties, sans doute dans l’esprit de Crowded House, même si on y décèle des traces d’XTC.

Inspirée de Claude Debussy, « 1ère Arabesque » constitue la pièce centrale du long playing, une piste propice au calme et au recueillement...

 « Butcher », « Monsters » et « Opal » baignent au sein d’une forme de mélancolie douce, et tout au long de ce dernier morceau, le spectre de l’irlandais Duke Special plane...

Chargé d’émotion, « True Romance » met une dernière fois en exergue le talent vocal de Quentin…

Finalement, bon nombre de titres de cet LP pourraient servir de B.O. à des courts-métrages consacrés à des hommes ou des femmes, dont l’existence est parsemée d’obstacles…

 

Cody ChesnuTT

My Love Divine Degree

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Guère prolifique (NDR : 3 elpees en 15 années, c’est quand même peu), Cody ChesnuTT n’en délivre pas moins pour autant des œuvres d’une indéniable qualité. Sa soul teintée de r&b, rock et jazz défie les lignes habituelles du genre, à l’instar de son ‘pimpé’ d’un double ‘T’. « My Love Divine Degree » n’est cependant pas simplement un autre album de soul. Il pourrait à priori sembler un brin bordélique et manquer de véritable accroche –hormis, sans doute le contagieux « Africa The Future », une plage caractérisée par son riff funky– mais il recèle surtout des morceaux à tiroirs, à l’instar de « She Ran Away » qui se laisse pourtant apprivoiser progressivement. D’ailleurs, au fil des écoutes, les pépites soul, parfaitement produites par Anthony Khan (Kanye West, Common, John Legend), se profilent. Dont l’immédiat et funky « It’s in the Love », le plus bluesy « So Sad To See », un « This Green Leaf » aux accents gospel, le reggae décalé « Shine on the Mic » ainsi que le lo-fi –et punk dans l’âme– « Make a Better Man ». Si dans le futur, cet artiste continue à proposer des opus de la même trempe, on ne lui tiendra pas rigueur s’il a encore besoin d’une demi décennie pour composer de nouveaux morceaux…

 

Calogero

Liberté Chérie

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Calogero est un de ces artistes de la nouvelle scène française dont la popularité va croissante…

Il y a trois ans, ses « Feux d’artifice » l’avaient propulsé en situation orbitale grâce à ses 800 000 exemplaires écoulés.

Son septième opus, « Liberté chérie », amorcé par « Je joue de la musique », donne le ton d’une direction artistique plus légère, très pop, mais davantage colorée…

Les thématiques parlent ici au plus grand nombre et martèlent aux fans de la première heure, combien l’homme pouvait ciseler des faits sociétaux par sa seule plume incisive. On se souviendra par exemple de « Un jour au mauvais endroit », décrivant le destin tragique de deux jeunes gens juste pour un regard de trop.

Portant choisis par ses deux compagnons d'écriture, Paul Ecole et sa compagne Marie Bastide (Alex Beaupain ne participe pas, pour la circonstance, à l’aventure), cet elpee ne laissera manifestement pas un souvenir impérissable, même si l’intention de l’artiste est toujours aussi pure et si sa puissance vocale demeure incroyablement maîtrisée.

On épinglera tout de même quelques chansons qui sortent du lot comme « Fondamental » un pamphlet nostalgique vu à travers un rétroviseur, « Le baiser sans prénom » décrivant des relations sans lendemain ou encore « le Vélo d’Hiver », qui raconte l’histoire du Vélodrome parisien, rendu tristement célèbre par la rafle du Vel d’Hiv’.

Bref, un disque qui s’écoute davantage comme une parenthèse récréative plutôt qu’un essai philosophique !

Anohni

Paradise (Ep)

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Il y a quelques mois, Antony Hegarty, le leader d’Antony and the Johnsons, décidait de changer de sexe. Non seulement l’Anglais(e) transgenre et américain(e) d’adoption opérait une mue physique, optant alors pour le patronyme d’Anohni, mais aussi musicale. Une métamorphose scellée par l’album « Hopelessness », un disque qui lui avait permis d’aborder des sujets bien plus engagés, nonobstant les ténébreuses productions électro d’Hudson Mohawke et d’Oneotrix Point Never. Le tout cadrant parfaitement avec une bande-son du monde post-Trump…

« Paradise », son nouvel Ep, s’inscrit dans la lignée directe de ce dernier LP. On y retrouve ses critiques acerbes, qu’il focalise ici sur les gouvernements occidentaux et les grandes entreprises capitalistes. Le tout sous une forme assez brute, il faut le reconnaître… Anohni pointe la femme comme la seule capable de sauver le monde (NDR : ce qui explique les illustrations de la pochette) et, selon son avis, cloue au pilori la force masculine qu’il considère comme diabolique (« You Are My Enemy »)… L’écoute de ce « Paradise » n’est pas forcément plaisante ; ce n’est d’ailleurs probablement pas le but. Les plages sont très sombres, hantées par une âme soul (« Ricochet »), mais également et surtout collent bigrement à leur époque (« Jesus Will Kill You ») et bien loin du paradis auquel l’être humain aspire…

 

Jane Weaver

Modern Kosmology

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Deux ans après avoir publié son dernier elpee, Jane Weaver propose son huitième. Intitulé « Modern Kosmology », il est paru sur le label anglais Fire Records (Howe Gelb, Half Japanese, The Chills). Il y a une vingtaine d’années que la native de Liverpool gravite dans le milieu du pop/rock britannique ; sans toutefois jamais être parvenue à séduire le grand public. Pourtant, elle ne manque pas de talent, multiplie les collaborations et parvient constamment à se renouveler. Elle s’est ainsi déjà frottée au shoegaze, au folk et même au folktronica.

Outre les parties de guitare, « Modern Kosmology » fait également la part belle aux claviers. Il s’ouvre par « Did You See Butterflies » et « Modern Kosmology », deux pistes hypnotiques et psychédéliques. Davantage minimaliste, « Slow Motion » est tracé par une ligne de synthé. Le ton est plus vif tout au long de « Loops in the Secret Society » et « The Architect », deux pistes au cours desquelles la guitare est bien plus présente. Malcolm Mooney, premier chanteur du groupe Can, vient poser sa voix sur « Ravenspoint ». Et celle de Jane est parfaitement adaptée aux autres plages. Finalement, si le sens mélodique des compos est particulièrement soigné, aucun titre ne se détache d’un ensemble. Normal, car toutes les compositions qui figurent sur ce long playing sont de bonne facture. En espérant que ce nouvel essai puisse permettre à Jane Weaver d’être reconnue à sa juste valeur, qui serait par ailleurs amplement mérité…

 

Lancement des D6bels Music Awards 2018

Le 26 janvier prochain, la troisième cérémonie des D6bels Music Awards mettra en évidence les artistes de la scène belge francophone. Le public est invité à voter du 2 au 12 janvier. Pour cette 3ème édition, place à de nouvelles catégories, désormais classifiées en fonction des genres musicaux: Chanson française, Pop, Rock & Alternatif, Dance & Électro et Hip-Hop. Elles viennent s’ajouter aux cinq autres catégories ouvertes au public: Album, Artiste solo féminin, Artiste solo masculin, Groupe et Hit.
 
Outre les catégories soumises au vote du public, 5 Awards seront remis par les votes du secteur musical, à savoir : Concert, Clip, Auteur/Compositeur, Musicien et Révélation.
 
Les nominés 'vote public' sont:
 
D6bels public
 
Les nominés 'vote professionnels' sont :
 
D6bels secteur
 
Pour assister à la cérémonie le 26 janvier à Liège, voir ici.

London Grammar

Le minimum syndical !

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C’est le second concert de London Grammar au Lotto Arena, en deux jours. La première date a rapidement été décrétée sold out ; les organisateurs ont donc décidé d’en ajouter une deuxième. Fondé en 2012, ce trio britannique réunit la chanteuse/pianiste Hannah Reid, le claviériste/percussionniste Dominic 'Dot’ et le guitariste Dan Rothman. Il pratique un cocktail d'electronica, de trip hop et de pop, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Florence + The Machine, James Blake et The XX. Son nouvel opus, « Truth Is A Beautiful Thing », est paru en juin 2017, un disque pour lequel le groupe a reçu le concours de plusieurs producteurs prestigieux. La formation est ensuite partie en tournée pour le défendre. Un long périple dont c’est la dernière représentation ce soir…

Vu le retard accumulé, suite aux embouteillages sur la route, votre serviteur débarque à la fin de la prestation accordée par Lo Moon. Le temps de se faufiler afin de se dénicher une place idéale, le plus près possible du podium, et le set est terminé. Une indication quand même : la claviériste est plutôt jolie et possède une solide voix.

Place ensuite à London Grammar. Le light show est composé de trois immenses rampes de spots. Deux latérales et une frontale. Cette dernière réunit uniquement de petites leds. Dot se plante à droite, au milieu de ses claviers, ses congas et sa batterie, face à la foule. Hannah est calée entre son micro et son piano droit, placé de biais. Dan a opté pour la gauche, parmi ses claviers et près de sa gratte.

L’atmosphérique « Who Am I », ouvre le set. C’est un extrait du second opus. La fin de parcours de « Flickers / Help Me Lose My Mind  » se distingue par son rythme imparable. Hannah s’installe derrière les ivoires pour aborder « Nightcall ». Dot signale timidement qu’il s’agit de la dernière date de la tournée. On savait ! Pour le reste, on ne peut pas dire que les musiciens soient très bavards, sur les planches. Empreint de mélancolie, le registre vocal d’Hannah Reid est proche de celui d’Adèle. Et il impressionne tout au long du fabuleux « Hell To The Liars ». Les hits déclenchent l’enthousiasme au sein de la fosse, et particulièrement « Wasting My Young Years », « Hey Now », « Stay Awake  » ainsi que le superbe « Sights ». Elle épate à nouveau en interprétant « Rooting For You », a capella. Mais au fil du concert cette voix finit par lasser. Elle est sans doute exceptionnelle, cristalline, fragile, mais elle épouse constamment les mêmes modulations. On y cherche même de l’émotion. En outre, les musicos ne sont guère interactifs. L’expression sonore manque de relief. Le line up semble trop léger pour se produire en concert. Il y manque une section rythmique organique, de type basse/batterie. Et on ne peut pas dire que le son soit vraiment au point. Enfin, 70 minutes, rappel compris, c’est quand même peu pour une formation dont la popularité est croissante. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de minimum syndical !   

(Organisation : Live Nation)

Pur les photos, c’est ici

Machine Head

Il n’est pas rare que la démo soit meilleure que la version finale…

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2017 arrive presque à son terme que l’année suivante se profile déjà. Et elle sera importante. Mais également intéressante. Métalliquement parlant. Et pour cause, Machine Head s’apprête, le 26 janvier prochain, à publier son neuvième opus studio, « Catharsis ». A quoi dès lors s’attendre ? Que nous a réservé la bande à Robb Flynn ? Afin de tenter d’y voir plus clair, rien de tel que de s’informer auprès du Général en personne. Comme d’habitude, ce fort en gueule ne va pas mettre de filtre.

En tournée dans toute l’Europe, afin de tailler le bout de gras auprès de la presse, Robb Flynn a largué ses amarres en Belgique, le temps d’une journée, dans une chambre du prestigieux hôtel bruxellois Radisson Blu. Son homme de confiance m’ouvre la porte et m’invite à m’asseoir. Robb apparaît dans la pièce, prend place dans un canapé à mes côtés, et entame un copieux hamburger posé devant lui. ‘Ne t’inquiète pas, je mange vite’ me confie-t-il en continuant à fixer son pain double étage. Il finit par déposer son plateau à l’arrière de la chambre et se frotte la bouche d’un revers de la main. L’entrevue peut commencer.

Les premiers mots que tu prononces sur ce nouvel elpee, ‘Fuck the World’, reflètent-ils l’état d’esprit dans lequel tu étais plongé lorsque « Catharsis » a été composé ?

Robb Flynn : (il rigole) Je ne sais pas s’ils reflètent l’état d’esprit dans lequel j’étais tout au long des sessions d’enregistrement, mais bien lors du morceau d’ouverture ! Cette chanson a été en effet écrite et enregistrée le jour de ces atrocités commises à Charlottesville (NDR : le samedi 12 août), cette fameuse date marquée par ces fêlés de la suprématie blanche. Je me souviens… je me suis senti vraiment bizarre en regardant les événements relatés à la TV. C’était juste dingue : voir cette voiture débouler dans la foule et tuer cette fille… Horrible ! Je pense que j’ai écrit ce morceau dans les vingt minutes qui ont suivi le drame. Il s’agit donc là d’une interprétation très brutale et à chaud de mon ressenti par rapport à ce qui s’est produit. Tout ce que j’ai pu y éprouver s’y retrouve.

Le titre de l’album m’interpelle : doit-on y voir ta propre catharsis via ce nouvel LP ou une forme de catharsis offerte à celles et ceux qui vous écouteront ?

Je pense qu’il s’agit un peu des deux… En ce qui me concerne, cet album –mais la musique en général– est très cathartique pour moi. J’avais seize ans quand j’ai commencé à assister aux concerts de Thrash Metal… Je me souviens encore de ce jour où j’ai vu Metallica en ouverture de Raven, devant 250 personnes. C’était mon moment Beatles à moi ! A partir de ce jour-là, j’ai empoigné une guitare et j’ai tout de suite pris conscience que la musique pouvait revêtir ce pouvoir cathartique. C’est ce que j’évoque notamment au cours d’un des morceaux : ‘la seule chose qui me maintienne sain d’esprit / la musique dans mes veines /et si ces mots sont mes poings / peux-tu ressentir ma catharsis ?’ En prenant un peu de recul, je pense qu’il s’agit vraiment d’un album très éclectique : il est d’un côté très sérieux par son approche critique, humaine et politique de la société. Mais d’un autre côté, c’est aussi un appel à la fête. ‘Fuck the World !’ On y passe souvent de la dépression à la joie, en retrouvant tout un panel d’émotions entre les deux. La catharsis est un nettoyage, elle permet de faire table rase de beaucoup de choses. C’est exactement ce qui se produit dans cet album.

C’est également votre opus le plus long : quinze morceaux pour un peu plus d’une heure et quart !

En effet ! Quinze morceaux, c’est quasi le Seigneur des Anneaux (il rigole) ! Pas mal de monde m’a demandé pourquoi je m’entêtais à réaliser des disques aussi longs alors qu’aujourd’hui, on était davantage dans l’ère du single… ?  C’est vrai, il n’y a peut-être que trois morceaux qui en ressortiront vraiment et la plupart des gens ignoreront probablement le reste. Et tu sais quoi ? Ce n’est absolument pas un problème et c’est ainsi ! Je ne vais de toute façon pas changer la façon dont les gens consomment aujourd’hui la musique… C’est notre neuvième LP, j’ai cinquante balais et je le fais comme je le sens. D’ailleurs, je le considère un peu comme un film : une collection de quinze morceaux interconnectés entre eux, qui deviennent une œuvre d’art quand tu prends la peine de l’appréhender dans sa globalité. Tu préfères n’écouter qu’une partie ? Comme tu le sens ! Mais si tu veux gratter un peu plus, comprendre le contenu plus en détail, écoute alors l’ensemble et tu verras…

J’ai aussi l’impression que plus les années passent, moins tu te soucies de ce qu’on peut penser de ton groupe et/ou de toi. Un constat qu’on retrouve dans ce choix audacieux pour votre prochaine tournée, réservant uniquement des dates ‘an evening with…’ Peux-tu nous éclairer un peu plus à ce sujet ?

L’idée remonte à 2012, une année au cours de laquelle on s’est produit dans presque tous les festivals de la terre (il rigole). Et… ça m’a vraiment fait chier. Je n’ai pas du tout aimé. Absolument aucune connexion entre le groupe et l’auditoire. Une vraie perte de temps. Ce n’était ni productif, ni bénéfique, autant pour nous que pour nos fans. On s’est mis alors autour d’une table, on en a discuté et on en a conclu qu’on fonctionnait ainsi depuis vingt-cinq ans, mais que ce n’était pas pour autant la panacée. A-t-on vendu plus de disques ? Non ! A-t-on touché davantage de monde ? Non, au contraire, on était de moins en moins en contact avec notre public ! On a donc pris une décision, celle de mettre un terme aux festivals et de laisser la place aux ‘evening with’ où on jouera entre 2h30 et 3h par soir. Point ! Je suis conscient que cette résolution peut paraître un peu insensée à premier abord, parce qu’on rencontre un certain succès… mais c’est comme ça ! Et oui, on gagnera en effet moins d’argent, parce que les festivals paient les plus gros cachets. Mais tu sais quoi ? Ces ‘evenings with’ sont vraiment plus gratifiantes car on y ressent un lien super fort avec notre audience. Et puis, c’est aussi une manière de remotiver nos fans ! Vous voulez assister à un set de Machine Head ? Rien ne sert de vous rendre dans tel ou tel festival où on ne jouera quand même que quarante-cinq minutes. Mais venez par contre nous voir en salle et vous ne serez pas déçu·e·s ! C’est un peu comme Bruce Springsteen, il n’y pas tout le temps cinq groupes qui ouvrent pour lui. C’est Bruce Springsteen, point ! Comme pour AC/DC ou les Foo Fighters ! Il existe une ancienne tradition dans l’univers du métal qui consiste à proposer des packages de groupes par tournée ou encore des affiches sur lesquelles figurent des dizaines de formations… C’est peut-être bien pour certains bands, mais plus pour nous.

Mais ces premières parties, n’est-ce pas une opportunité accordée à de plus petits combos de se faire connaître ?

(il sourit en coin) … allez, soyons honnêtes, la foule ne se déplace jamais pour les petits groupes, mais bien pour les têtes d’affiche ! Et tu sais, je n’ai rien contre les promoteurs de festival… c’est juste que pour nous, ce système ne fonctionne plus. Mais je pense qu’il demeure, par contre, très intéressant pour de plus petites formations, où elles gagnent là à être connues.

Lors d’une précédente interview accordée au magazine anglais Metal Hammer, en novembre 2014, le journaliste affirmait que Machine Head était finalement et uniquement le groupe de Robb Flynn. Partages-tu son point de vue ?

(il sourit et s’enfonce dans son fauteuil)… je sais que ma réponse peut paraître arrogante, mais oui, c’est le cas. C’est mon groupe. J’ai trouvé le nom. J’en ai dessiné le logo et je suis le seul qui fasse partie du line up originel… Donc, ouais, c’est le mien ! Et je n’ai pas honte d’en être fier ! Il y a vingt-cinq ans que je me casse aussi le cul pour ça. Mais bon… Dave (NDR : McClain, le batteur) milite au sein du line up depuis maintenant 22 ans. Phil (NDR : Demmel, le guitariste), depuis 14 ans. Il y a un bail que ces gars et moi jouons de la musique… et c’est très important pour nous de former un véritable collectif, dans le sens où on bosse tous ensemble. Tu sais, Machine Head, c’est un peu comme une bagnole : je l’ai achetée moi-même mais on a mis ensemble de nouveaux pneus et on a refait la peinture. Mais au final, c’est vrai qu’il n’y a qu’un volant et que je suis le gars qui est derrière.

En 2007, Machine Head publiait « The Blackening » et rencontre alors son plus gros succès à ce jour. Penses-tu avoir atteint ton ‘golden age’, il y a maintenant dix ans ?

Je ne pense pas avoir atteint un quelconque ‘golden age’, du moins je ne pense pas en ces termes là… C’est sûr que grâce à ce disque, on a vécu des moments de dingue. C’était un peu comme sur des montages russes, notre parcours partait dans tous les sens et à une vitesse folle. Mais je reste quelqu’un de frustré, j’ai et j’aurai toujours quelque chose à dire. Je veux donc toujours aller plus loin. D’autant plus que dans l’univers du Metal, je ne me sens pas toujours respecté. Et je voudrais changer la donne ! On n’est jamais nominé pour des ‘Grammy Awards’, par exemple ! Aucune section n’est consacrée au Metal ! On est à des années lumières de recevoir une invitation pour ce genre de cérémonie. Et pourquoi ? On écrit pourtant des chansons. On joue sur nos propres instruments. On n’arrête pas de se produire en concert. Etc. Notre style musical est moins bien que les autres ? Je pense que comme musicien qui pratique du Metal, il est nécessaire de changer son fusil d’épaule et tout faire pour toucher davantage de monde, en intéresser de plus en plus et ne pas sans cesse rester cachés dans l’underground.

… tu n’appartiens donc pas à cette catégorie d’artistes qui voient le streaming musical d’un mauvais œil ?

Alors là pas du tout, j’adore ça ! Le streaming a changé ma façon d’écouter et d’apprécier la musique ! Je passe ma vie à parcourir le monde, je ne vais quand même pas sans cesse me balader avec une valise pleine de cd ! Même mon ordinateur portable n’a plus d’entrée pour les cd, c’est dire… Tout est à présent dans mon téléphone et je dois avouer que je suis devenu un accro à Spotify. Toute l’histoire de la musique est ainsi à portée de main. Tu aimes les Misfits ? Tape le nom du groupe et tu tomberas sur 20 singles différents, des faces B, des morceaux rares, des titres live, etc. Putain, mais c’est génial quand même ! Je n’ai plus aucune utilité de me rendre au disquaire du coin, qui n’aura de toute façon pas ce que je cherche… Grâce au streaming, tu peux aussi voir ce que les gens aiment actuellement, les morceaux les plus écoutés, etc. Il faut s’y faire : on est devenu une société à la demande. Tu en connais encore beaucoup toi des gars qui vont louer des DVD ? (rires).

Revenons à votre nouvel album : lors du processus d’écriture, penses-tu déjà à l’impact que pourrait provoquer un morceau lors de son interprétation en live ? Je pense notamment à « Kaleidoscope », qui semble être taillé pour la scène !

... bonne question. Je n’en ai vraiment aucune idée. Tu sais j’écris et j’enregistre les chansons comme elles me viennent et je ne pense pas vraiment à sa transposition sur les planches. Mais c’est marrant que tu évoques ce titre car la façon dont on l’a enregistré, et tout l’album d’ailleurs, était vraiment neuf pour nous. Comme d’habitude, on a répété près du studio d’enregistrement, là où on avait notamment mis en boîte « The Blackening ». Mais dès qu’on disposait de trois pistes, on filait au studio, on les enregistrait en une prise ou deux et puis on ressortait tout aussi vite. Pas question pour la circonstance de rester enfermés des semaines entières afin d’arranger telle ou telle partie de chanson pour qu’elle sonne idéalement. En se servant de ce système, on avait à peine joué les riffs quelques fois qu’ils étaient déjà dans la boite ! Ce qui insuffle aux compos une incroyable énergie. On ne les a pas répétés cent fois avant, on fonce et on y va ! Tu sais, particulièrement dans le Metal, il n’est pas rare –voire même fréquent– que la démo soit meilleure que la version finale, car elle conserve précisément cette énergie et cette spontanéité ! Et justement, pour « Kaleidoscope », c’était la toute première fois qu’on l’interprétait en entier, notamment au niveau des paroles. Je tenais ma feuille sur laquelle figurait les lyrics en main pendant que je les chantais et c’était à peine si je savais suivre ! Et rien à faire, ce côté spontané, on le ressent ! On a essayé ensuite de la réenregistrer mais les prises suivantes n’ont rien donné du tout. On perdait alors cette tension où tout pouvait déraper. Après… c’est toujours facile de tout lisser en se servant de logiciels tels que Cubase ou ProTools. J’adore pourtant ces logiciels, mais la perfection n’entre pas dans l’esprit du Metal. On a donc ici expressément voulu laisser quelques imperfections sur cet album.

… et puis,  le Metal n’a de toute façon jamais été quelque chose de parfait !

Tout à fait ! Et justement, c’est ce qui est génial : c’est un beau bordel. Mais il n’empêche pas notre nouvel essai de bénéficier d’une grosse production. On voulait qu’il soit imposant et épique. Et aussi cinématique ! C’est un film !

Peux-tu finalement réserver quelques mots l’artwork de Catharsis ?

Une fois qu’on est tous tombé d’accord sur le nom de l’album, on a imaginé différentes manières pour l’illustrer. Il s’agit d’un concept qui n’est pas si évident à mettre en images… Après quelques recherches sur Internet, j’ai découvert une photo représentant un corps recroquevillé en sang et entouré de roses. L’idée me semblait simplement géniale ! Je l’ai donc transmise aux autres membres du band. Ils ont tout de suite aimé ! J’ai demandé au gars qui avait réalisé cette photo, s’il pouvait nous en recréer une dans le même style. Mais… il m’a répondu que si je l’aimais, je pouvais la prendre et m’en servir ! On a donc ensuite réalisé avec lui un shooting dans le même esprit, afin de compléter l’artwork. On a envoyé le tout à Nuclear Blast et les responsables du label nous ont informé qu’ils allaient imprimer un livret de 24 pages ! Ce booklet me tient à cœur. Quand on l’ouvre, on ne tombe pas simplement sur les paroles. Ce n’était d’ailleurs pas mon souhait. Je veux qu’elles soient immergées dans notre monde et qu’on la fasse voyager !

Interview réalisée le 25 octobre à Bruxelles.

Merci à Jaap (Nuclear Blast) !

Au "Pale Grey" des saisons !

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Le nouveau clip de Pale Grey s'intitule "Seasons".

Sorti en collaboration avec Kitsuné, le morceau a atteint plus de 80K streams en 4 semaines et excite la blogosphère internationale (Indie Shuffle, Birp, We are Going Solo,...).

Le clip (voir ici) a été tourné à l'occasion du show soldout du groupe à l'Ancienne Belgique par Cyprien Delire. 

Bonne vibe indie-electro soft dans la lignée des ambiances de Air, Metronomy ou Sebastien Tellier.

La presse papier s'emballe assez fort sur ce disque. Le groupe sera à l'Eurosonic 2018.

Leyya, un duo électro-pop autrichien dont on va entendre parler !

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Le duo électro-pop autrichien Leyya annonce la sortie de son nouveau single, l’enthousiasmant 'Drumsolo', ainsi que celle de son album 'Sauna', via le label LasVegas Records.

Sophie Lindinger et Marco Kleebauer enchaînent les étapes victorieuses ces derniers temps, ce qui bouleverse joyeusement leur vie.

Leur premier album “Spanish Disco” fut le catalyseur, entraînant un tourbillon de cause à effets, avec une succession de programmations dans des festivals cruciaux et sur des ondes radio décisives, ainsi que des apparitions au cinéma ou à la télévision.

'Drumsolo' déboule à toute allure dans des atmosphères vaporeuses, avec un rythme soutenu alors que la voix délicate et ardente de Sophie Lindinger remplit l’air d’excitation. Les lignes de basse animées et les synthétiseurs vibrants peignent un portrait fidèle de l’ascension frappante de Leyya, digne de la plus grande attention. Les pads de synthé superposés au saxophone et à des motifs de basse complexes correspondent à l’approche concise et joueuse des percussions que propose le batteur Marco Kleebauer, effaçant la frontière entre les expérimentations de studio et l’hygiène des productions standards en radio.

La vidéo pour ‘Drumsolo’, dirigé par All Most Famous , a eu une première sur Pigeons and Planes le 28 November 28th et est disponible ici .

Lo'Jo, comme une parfum de fleurs !

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Depuis trente ans, Denis Péan et sa bande de musiciens vagabonds de Lo'Jo écrivent un véritable esperanto musical et font voyager une caravane ensoleillée qui nous emmène de bivouac en bivouac.

On y emprunte des chemins bigarrés, on y chante des refrains chamaniques et polyglottes, on y croise des rayons de soleil et des nuages de poussière.

Un sacré « bazar savant » avec henné et barbe à papa, muezzins et camelots à découvrir sur leur nouvel album Fonetiq Flowers enregistré aux quatre coins du monde avec la participations de nombreux amis comme Albin de la Simone, Erik Truffaz, Sarah Murcia, Max Usata, Alex Cochennec...

A l'image de Tom Waits ou de Nick Cave, LO'JO refuse la course contre le temps qui passe et décide d'emprunter des chemins de traverse, qui lui permettent apparemment de passer d'une vie à l'autre, sans jamais flétrir.

Un extrait ici .

JB Dunckel ou la moitié de Air ...

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JB Dunckel (la moitié du duo de Air) fait son grand retour ce vendredi 1er décembre avec le single « Hold On ».

Il s’agit du premier extrait de l’album « H+ » qui sortira en mars 2018.

Le clip peut être vu en cliquant ici