La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Moses Sumney

Une voix hors du commun !

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S'il est un artiste à suivre en cette fin d’année, c'est sans conteste Moses Sumney. Non seulement il est le petit protégé de Solange Knowles, mais il suscite l’admiration de David Byrne ainsi que de Sufjan Stevens. Originaire de Los Angeles, il a aussi reçu la collaboration d’Andrew Bird et de Beck. Il lui aura fallu trois ans pour écrire son premier essai. Un opus intitulé « Aromanticism ». On avait hâte de le découvrir en ‘live,’ ce lundi soir, au Botanique. Preuve de l’engouement provoqué par l’artiste, la Rotonde est pleine à craquer.

Il est 21h lorsque les lumières s’éteignent. Deux musiciens viennent s’asseoir aux extrémités du podium et plantent le décor sonore, en superposant les lignes de cordes. Quelques minutes plus tard, Moses Sumney grimpe à son tour sur l’estrade et s’installe derrière les trois micros posés au milieu de la scène. Il est vêtu d’amples vêtements de couleur noire et sa carrure en impose. Dès les premières paroles, il confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Sa voix est un instrument à part entière ; et elle est même capable de monter dans les aigus avec une aisance déconcertante. Il s’en sert également pour construire des boucles. Et semble même y prendre du plaisir. Une technique qui crée inévitablement une certaine ambiance. Il enchaîne les morceaux de son premier et seul elpee, en n’oubliant pas le superbe « Lonely World ». Mais nous réserve également quelques nouveaux morceaux, ainsi qu’une reprise du « Come to me » de Björk. Si on a pu lire dans certaines interviews qu’il était timide, sur les planches, il est vraiment cool. Il n’hésite d’ailleurs pas chambrer le public, notamment lorsqu’il l’invite à chanter. Les deux musicos qui l’accompagnent affichent une belle maîtrise de leurs instruments. Le bassiste troque circonstanciellement le sien contre un saxophone. Et le guitariste brille sur ses cordes, en jonglant littéralement entre ses pédales d’effets. En l’absence de section rythmique et vu la complexité des morceaux, la performance des deux acolytes a de quoi impressionner.  Au bout d’une heure, ils laissent Moses Summey seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque alors « Man on the Moon », un titre qui figurait sur l’album « Mid-City Island », paru en 2014, avant d’embrayer par le superbe « Plastic ». Enfin, il conclut le concert par « Doomed », assis derrière un piano à queue, démontrant ainsi toute sa polyvalence…

En l’espace d’une heure et demie, Moses Sumney n’a pas failli à sa notoriété nouvelle acquise. Rarement, on a entendu une voix pareille. Elle est même hors du commun. Une chose est certaine, on devrait encore entendre parler du Californien, au cours des prochains mois.

(Organisation : Botanique)

Natalia Doco

El Buen Gualicho

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« El Buen Gualicho » (*), c’est le titre du nouvel album de Natalia Doco. Ce n’est pourtant pas une invitation lancée par l’artiste pour aller visiter le Jurassic Park ! Il fait suite à « Mucho Chino », publié en juin 2014. Quelques collaborateurs cosignent les chansons interprétées dans la langue de Molière, dont Belle du Berry (Paris Combo), le duo Yépa et Florian Delavega.

Découpé en 14 plages, cet opus a été mis en forme par Axel Krygier. On y retrouve la nostalgie de la solitude et ses doutes. Mais surtout la puissance de l’inspiration du continent sud-américain, à travers la cumbia, la chacarera et la copla.

Natalia enfonce ses pieds nus dans la terre de ses ancêtres pour y puiser une énergie nouvelle, convoque la lune et les esprits, incarne le pouvoir féminin ancestral en se servant de voix multiples.

Le clip d’animation « Respira » est un véritable exercice de respiration propice à la méditation, un hymne à la lutte contre le repli sur soi, au combat des pensées négatives, des doutes, des peurs et des douleurs qui envahissent notre quotidien. Et Natalia invite le mélomane à tenter personnellement cet exercice de pleine conscience (voir la vidéo ici

* NDLR : d’après la bio, ce titre se traduirait par l'incantation bienfaisante ; mais en investiguant quelque peu sur le net (Wikipedia, notamment, mais pas seulement), on apprend que le Gualicho était une espèce de dinosaure qui a vécu en Patagonie, c'est-à-dire au sud de l’Argentine d’aujourd’hui. Or l’artiste, qui s’est installée à Paris, en 2011, est née à Buenos-Aires, qui se trouve –bien sûr– en Argentine. Et un vieux fossile comme le rédac’ chef ne pouvait passer à côté de cette troublante coïncidence… n’en déplaise aux adeptes de la pensée unique…

Le titre maître servirait, en quelque sorte, de rituel à Natalia Doco, lorsqu’elle a l’esprit tourmenté et qu’elle souhaite le libérer en retournant aux éléments purificateurs de la nature : l'eau, la terre, le feu et l'air. Ou si vous préférez la nature encore à l’état sauvage. Comme celle qu’on retrouve encore en Patagonie. Il y a même des forêts, des volcans, une chaîne de montagne et des glaciers…

Fitz Roy lâche son Animal !

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Fitz Roy, jeune formation bruxelloise de Grunge aux touches de Stoner, vient de sortir son prermier clip vidéo intitulé "Animal". Il s'agit là du titre d'ouverture de leur premier album studio de neuf titres, enregistré au début d'année au Jet Studio et mixé au Rec’n'Roll en avril aux côtés de Charles de Schutter (qui a collaboré notamment avec M, Ghinzu ou encore Komah). Bien que ne se réclamant pas uniquement du Grunge, les fans de Nirvana ne pourront que s'en donner à coeur joie!
 
Charmé·e ? Fitz Roy s'exécutera sur la scène du Botanique le 15 décembre prochain , en première partie des Français de Last Train.


 
 
 

Death Angel

Du Thrash qui a du cœur

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Le Trix d’Anvers accueille, au beau milieu du mois de novembre, trois grandes pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. L’occasion de revenir sur l’actualité de ces derniers. Ont-ils prévus quelque chose de neuf sous le sapin ? Quel regard portent-ils sur leur 9ème elpee studio, « The Evil Divide » ? Quelques réactions recueillies en backstage, peu avant le lancement des hostilités.

Après un trajet en voiture pour le moins chaotique –le mois de novembre nous réservant, en cette fin d’après-midi, tout l’éventail des joyeusetés météorologiques qu’il a en stock– votre serviteur débarque enfin dans la salle anversoise en accusant un quart d’heure de retard. Le temps de passer un coup de téléphone à la ‘tour manager’, afin de lui signaler ma présence sur les lieux, elle répond, un peu confuse, devoir d’abord régler un petit problème et qu’elle me rejoindra plus tard. S’il faut patienter, alors autant lier l’utile à l’agréable et jeter un œil aux mouvements qui se produisent dans la salle de concert. Quelques roadies sont au turbin. Ils préparent la stage pour le show de Testament, la tête d’affiche du jour. Une imposante silhouette observe ce qui se déroule sur le podium. C’est Chuck Billy, le chanteur de Testament. Fidèle à son surnom, ‘The Chief’, il vérifie que tout soit en ordre. Assister au soundcheck de ce band yankee, il y a pire comme situation, dans la vie. La ‘tour manager’ finit enfin par arriver. Ce ne sera finalement pas le guitariste Rob Cavestany qui répondra à mes questions –il est encore dans les bras de Morphée– mais bien son acolyte, Ted Aguilar. On s’adaptera, ‘keep it rockin!’

C’est aujourd’hui la troisième fois cette année que vous foulez le sol belge. Les fans du groupe qui y vivent, n’ont donc pas d’excuses à faire valoir s’ils n’ont pas eu l’occasion de vous voir en concert, au cours de l’année 2017 !

Ted Aguilar : (il rigole) oui, en effet ! Et c’est aussi la seconde date à Anvers. On y était déjà passé cet été, dans le cadre de l’‘Antwerp Fest’ (NDR : qui s’est déroulé le 9 juillet) ! Mais la dernière fois qu’on a mis les pieds ici au Trix, c’était lors du ‘Thrashfest’, en 2010. Suicidal Angels, Exodus et Kreator étaient également à l’affiche.

Votre dernier long playing en date, « The Evil Divide », est maintenant sorti depuis un peu plus d’un an. Quoi de neuf à l’horizon ?

Un an et demi pour être précis ! Concernant notre prochain LP, on en a en effet déjà discuté ensemble… On a bien quelques idées, mais encore rien de concret. On va sérieusement se remettre à l’ouvrage après les fêtes de fin d’année. Quoi qu’il en soit, c’est de toute façon prévu !

Comptez-vous composer des morceaux dans le style de ceux qui figurent sur votre précédent opus ?

Ah… c’est une question à laquelle il est toujours difficile de répondre… Quand on compose, on ne pense pas nécessairement à ce qu’on a fait auparavant. On souhaite simplement réaliser les meilleures chansons possibles. D’autant plus que quand on se met à écrire, on n’a jamais vraiment une vue d’ensemble au moment présent. Du moins, en ce qui me concerne. Ce n’est que lorsque le master est prêt, que je m’assieds, je l’écoute et peux enfin conclure : ‘Ah ouais, je vois enfin ce que ça donne maintenant…’ (il rigole). Je ne suis pas le compositeur principal, je possède donc encore moins cette vision globale. Il m’est donc quasi impossible de présager ce qu’on va produire… On va écrire et puis on verra bien !

Dan le processus d’écriture chez Death Angel, vous composez d’abord la musique ou les paroles ?

La musique ! Rob (NDR : Cavestany, le guitariste principal) est généralement le premier à composer, sur base de quelques-unes de ses idées ou un squelette du morceau qu’il a imaginé. On se voit ensuite, lui et moi. On en parle jusqu’au moment où on sent qu’on tient quelque chose de concret. On passe finalement à l’enregistrement et on envoie le tout à Mark (NDR : Oseguada, le chanteur de la formation). C’est à partir de cet instant que Mark commence à prendre son stylo et du papier et qu’il se lance dans l’écriture des lyrics… Il a toujours besoin de la musique au préalable. Il est incapable d’écrire sans support. Il doit ressentir les mélodies avant que les idées ne se mettent à germer.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez composé votre dernier long playing ?

C’est une bonne question ! Je pense qu’on souhaitait un résultat davantage Heavy et un peu plus mélodique. L’album précédent, « The Dream Calls for Blood » (NDR : paru en 2013), était vraiment très Thrash. On a bien sûr conservé cet aspect rentre-dedans au niveau de la rythmique, mais musicalement, la coloration est bien plus Heavy. Mais bon, on reste évidemment un groupe de Thrash. Mais quand tu écoutes une chanson comme « Father of Lies », surtout le début du morceau, tu ressens cette petite touche propre à Black Sabbath. Et de manière plus générale dans « Lost »… Tu sais, quand Rob a écrit ce titre, il pensait à l’ambiance si particulière qui règne en festival, quand tout le monde lève les bras et crie en même temps. Il voulait vraiment que ce morceau incite les festivaliers à chanter. Je pense que nous étions dans cet état d’esprit à ce moment-là : insuffler une ambiance de festival, tout en parsemant ça et là, la compo de quelques touches de Heavy.

Te souviens-tu du groupe ou du morceau qui t’a transmis le virus du Metal ?

(il prend le temps de réfléchir) Wow, ça remonte ! Je pense que c’était du Black Sabbath… mais la période au cours de laquelle Dio était au chant (NDR : à partir donc de 79). Je n’ai vraiment découvert les compositions impliquant Ozzy Osbourne que plus tard. Je pense que c’est à cette époque que j’ai flashé sur ce qu’était le son typiquement lourd du Metal. Je me souviens aussi de l’album « Mob Rules ». Sa pochette était vraiment terrifiante. En réfléchissant, c’est un des premiers skeuds de Metal que j’ai écouté…

Le 20 janvier prochain, vous vous produirez en compagnie d’autres bands pour une soirée caritative afin de venir en aide à Sean Killian, le vocaliste de Vio-Lence (NDR : atteint d’une cirrhose, récemment diagnostiquée, il est en attente d’une transplantation). Pour vous, la solidarité n’est pas un vain mot ?

En apprenant cette terrible nouvelle, quelques groupes de la Bay Area dont Exodus, Testament et évidemment le nôtre ont décidé d’organiser un show ensemble et d’y jouer, entre autres, quelques morceaux de Vio-Lence. Toutes les recettes de cette soirée seront destinées à Sean pour son traitement. On espère du peuple pour ce concert un peu particulier et que de généreux donateurs assistent au spectacle. Je pense aussi qu’entouré de tous ses amis issus de la Bay Area, ce soutien devrait lui apporter du réconfort. On va prendre du bon temps tous ensemble…

…et vous reproduirez ce même type d’action en fin d’année, à l’occasion de votre Xmas Show, les 15 et 16 décembre prochains, à San Francisco, afin de venir en aide aux victimes des incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, en octobre dernier.

En effet, on a décidé de leur reverser une partie des revenus issus de la vente des tickets et du merchandising. On y vendra également quelques trucs sympas du groupe, dont notamment l’une ou l’autre guitare. On fera de notre mieux !

L’espace contigu de la backstage de Death Angel, environs 8m², commence à devenir un peu à l’étroit pour quatre personnes. En effet, au cours de l’interview, le batteur Will Caroll et le vocaliste Mark Oseguada nous ont rejoints dans la loge. Ce dernier, sort à peine de la douche et ne porte qu’un essuie de bains autour de la taille. Il est d’ailleurs occupé de se brosser les dents. Un cadre quelque peu surréaliste ! Il est temps que je quitte temporairement mes hôtes du jour, pour les retrouver une poignée de minutes plus tard, sur les planches…

Interview réalisée le dimanche 12 novembre, au Trix d’Anvers.

(Merci à Nuclear Blast d’avoir permis cette rencontre !)

AC/DC

Décès de Malcolm Young, guitariste d'AC/DC

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Le groupe lui-même vient d'annoncer la terrible nouvelle : Malcolm Young, guitariste d'AC/DC, est mort. 
 
C'est  avec beaucoup de tristesse qu'AC/DC doit vous informer en ce jour du décès de Malcolm Young. Malcolm, en compagnie d'Angus, étant le fondateur et créateur d'AC/DC. Doté d'un grand sens de dévouement et d'une grande implication, il était la force motrice derrière le groupe. En tant que guitariste, compositeur et visionnaire, il était quelqu'un de perfectionniste et un homme unique. Il savait toujours ce qu'il voulait et là où il voulait aller.
 
Il entreprenait tout avec passion. Sa loyauté envers ses fans était sans borne. C'était mon frère, j'ai aujourd'hui beaucoup de mal à trouver des mots afin de décrire à quel point il comptait dans ma vie, le lien si unique et si spécial que nous partagions. Il laisse derrière lui un énorme héritage, qui continuera à se perpétrer encore et toujours. Malcolm, tu as bien fait ton travail. 
 
Souffrant de démence depuis quelques années, Malcolm Young s'est éteint en paix ce samedi 18 novembre, auprès de sa famille. C'est la deuxième fois que la famille Young est ainsi tragiquement frappée, ayant perdu à la fin du mois d'octobre George Young, mentor du groupe et producteur des albums "High Voltage", "Dirty Deeds Done Dirt Cheap" ou encore "Let There Be Rock".

Mat Bastard

La langue, c’est un chemin, pas une destination…

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Aulnoye-Aymeries, petite ville du Nord de la France, accueille maintenant depuis plusieurs années, un festival éclectique baptisé ‘Nuits Secrètes’, chaque dernier week-end du mois de juillet.
Il a vu défiler des artistes comme Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Neneh Cherry, Selah Sue, Vitalic, Funkadelic & Parliament, Laurent Voulzy, Alain Souchon, Deluxe, Casseurs Flowters, Julien Doré et bien d'autres.
Proposant un peu plus de 70 concerts, répartis sur trois jours, son affiche a de quoi satisfaire un grand nombre des mélomanes !
Les parcours secrets –le fleuron des Nuits– sont, bien sûr, toujours intégrés au programme. Le principe ? Grimper dans un bus, vitres calfeutrées, pour une destination et un concert dont on ignore le lieu et le nom de l’artiste ou du groupe.

Votre serviteur a fixé rendez-vous à Mat Bastard, de son véritable nom Mathieu-Emmanuel Monnaertune, une des figures de proue du mouvement punk, en France. En compagnie de potes du lycée, il avait fondé son tout premier groupe Carving, une aventure qui s’est déroulée de 1994 à 2007.
Mais, c’est grâce à Skyp The Use, un combo formé en 2008, que sa notoriété va grimper en flèche. Le band est rapidement invité à se produire dans des festivals internationaux, et assure même des premières parties pour Trust et Rage Against the Machine. Le divorce par consentement mutuel est cependant acté fin 2016.
Armé d’une batterie de nouvelles compositions et l’envie de renouer avec ses vieux démons, Mat rappelle ses vieux copains d’antan, Mike et Olive.
Plus engagé et énervé que jamais, il décide d’offrir (de s’offrir) un premier album solo sobrement intitulé « LOOV ». Percutant, il recueille une critique favorable unanime.
C’est pour causer de cette actualité brûlante, de son parcours musical et de ses rapports établis entre lui et le peuple, que ce tête à tête est prévu. Il ne durera que quelques minutes…

Skip The Use a décroché un statut jamais atteint par une formation rock régionale et rarement dans l’Hexagone. Pourtant, tu as monté un nouveau projet. La musique est-elle, pour toi, comparable à une famille ou un couple dans lequel il y a parfois des remises en question nécessaires ?

A vrai dire, je n’en sais rien. C’est très difficile à expliquer. La différence essentielle entre un couple et un groupe, ce sont les sentiments qui animent la relation. J’aime ma femme ! Quant à mes comparses, je les appréciais. C’est tout ! Il ne faut pas tout mélanger. Lorsque je crée un band, c’est par idéal et parce que j’ai envie de le fédérer autour d’un concept particulier, au moment le plus opportun. Si l’une des parties s’éloigne de l’essence même de ce partage, je ne vois pas l’intérêt de continuer l’aventure. Nous ne voulions plus simplement faire de la musique pour les mêmes raisons. Mais, jamais, je ne dirais des musiciens que je côtoyais qu’ils étaient des connards. J’ai vraiment vécu une aventure humaine exceptionnelle et j’en garde de bons souvenirs…

As-tu un besoin permanent de changement, d’expériences et de découvertes ?

La vie est une longue route au cours de laquelle chaque individu apprend de ses expériences. Au sein de STU on a vécu une belle histoire artistique et humaine. Mais, au fil du temps, je ne souhaitais plus faire de concessions. Lorsque tu joues en groupe et que tu as la responsabilité d’écrire la musique et/ou les paroles, tu dois recevoir l’assentiment des autres membres. Ce qui, en cas de désaccord, peut devenir très vite compliqué. Ce n’est pas toujours évident à gérer ! Dans ce projet, je suis seul aux commandes. J’ai forcément plus de latitude. Il m’appartient d’emprunter les bonnes directions et d’assumer mes erreurs. Est-ce que c’est mieux pour autant ? Pas forcément ! Mais, ce n’est pas un problème. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise solution en la matière. Perso, j’avais envie de vivre une aventure solo. Les autres souhaitaient travailler en compagnie de quelqu’un d’autre. Nos chemins se sont séparés de manière naturelle au bon moment. C’était une bonne décision, je pense. Je me sens moi-même dans ce nouveau projet. Mon disque et la tournée marchent bien. Que demander de plus ?

Pourtant ton single, « More Than Friends », n’est pas tellement éloigné du style proposé par STU. Le virage va s’opérer en douceur ?

Non pas vraiment ! Dans l’imaginaire collectif, j’étais juste le gars qui se concentre sur le micro et fait le mariole sur scène. Or, sans aucune prétention de ma part, j’étais la cheville ouvrière. J’écrivais les chansons. Ma plume est la même aujourd’hui, projet solo ou pas. Mes idéaux et mon combat sont identiques aussi. Tu sais, j’ai commencé la musique en 1993, au sein de Carving, un groupe punk. Une belle aventure qui a duré 17 années ! J’ai bien bourlingué quand même. Mon disque est un condensé de toutes ces années auquel j’ai ajouté les belles collaborations réalisées et tout ce que j’ai pu découvrir aux Etats-Unis. Il est donc normal d’y déceler des similitudes avec mon passé. C’est même mieux ainsi, finalement. De toute façon, à quoi bon dire le contraire ?

Le tandem électro/pop A-Vox (Anthéa et Virgile) a participé à l’enregistrement de ce morceau. Par quel hasard les as-tu rencontrés ?

J’ai également une casquette de producteur et de réalisateur. Et quand je les ai rencontrés, j’ai trouvé leur projet intéressant. Ils dégageaient vraiment quelque chose. Nous avons travaillé dessus ensemble, durant quelques mois. Nous nous sommes ensuite rapprochés ; à tel point qu’aujourd’hui, Anthéa partage ma vie. Elle est devenue mon épouse. Cette chanson raconte cette histoire étrange. Comment passer d’une relation purement artistique à une liaison plus personnelle et intime ? J’ai bien compris qu’un groupe implique souvent des concessions car il y règne une certaine démocratie et qu’il est difficile d’y imposer des règles.

Comme tu l’as souligné, par ailleurs, un projet solo permet de réaliser un travail nettement plus incisif et introspectif. Mais paradoxalement, la coopération de tes potes Mike et Olive, ex-Carving, ne traduit-elle pas le premier pas vers un travail plus collectif que personnel ?

Non, il ne faut pas voir ces événements sous cet angle. Il faut bien distinguer les différents paramètres. La réalisation, la production et l’écriture d’un disque impliquent un travail plutôt personnel, voire introspectif. Sur scène, je restitue ce résultat auprès de mes musiciens. A ce moment là, je ne suis plus seul. Nous sommes cinq en tout. Un vrai travail collectif. Plus qu’un groupe même, une famille ! C’est une notion qui est d’ailleurs très importante à mes yeux. Il me serait difficile d’agir autrement. Je connais le personnel qui m’entoure depuis des années. Que ce soit celui qui boucle les dates, les techniciens, les musicos, les gars de la maison de disque etc. Nos femmes et nos gamins respectifs se connaissent. J’ai vraiment besoin de cette filiation. Lorsque je produis ou réalise des albums, je ne change pas d’équipe, j’y suis très attaché.

Tu as passé toute ta vie artistique en groupe. Quel sentiment éprouves-tu quand tu vois ton propre nom sur la pochette d'un disque ?

Pour être franc avec toi, je m’en fous complètement. Je n’ai jamais été fan des noms sur les pochettes. C’est d’ailleurs sans doute le dernier sujet auquel je pense lorsqu’il s’agit de finaliser le disque. Est-ce que c’est la meilleure manière de considérer ce chapitre ? Je n’en sais rien… Tu n’es pas le premier à me poser cette question. C’est drôle de voir à quel point ce détail suscite autant d’interrogations. Ce qui m’intéresse, c’est la prise de position, le débat et l’échange à travers les compositions. Que le disque existe et les chansons prennent vie me suffisent amplement.

A propos de ce projet, tu as déclaré avoir ressenti l’envie d’écrire des choses. Mais, tu composais déjà les paroles chez STU. Comment abordes-tu ton processus d’écriture ?

La façon d’aborder les thématiques n’a pas vraiment changé. J’ai toujours écrit, que ce soit pour moi ou les autres. Le processus est assez identique à chaque fois. Ce qui fait la différence essentielle, c’est la culture ou le style du groupe pour lequel tu proposes ta plume. J’ai commencé à bosser sur mon projet en 2014 alors que je figurais toujours au sein de la formation. Lorsque la matière première s’est accumulée, j’en ai conclu que je disposais d’un stock suffisant pour le mettre en forme sur un support. Ces chansons étaient davantage incisives et personnelles. Elles n’auraient pas collé au répertoire de STU…

L’anglais est-il un obstacle à la francophonie ? La plupart de tes compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. Pourtant, le français permet de véhiculer des messages.

Du temps de STU, je voulais un jour m’adresser à la France toute entière. J’ai écrit « Etre heureux ». La seule chanson en français. J’ai réitéré cet exercice ici à travers « Vivre mieux ». Je ne pense pas que parler anglais soit vraiment un obstacle à la francophonie. Je crois que ce sont des conneries tout ça ! La langue, c’est un chemin, pas une destination ! Dans tous les cas, je ne suis pas venu défendre l’identité nationale de mon pays. Je suis fier de groupes comme Justice, Daft Punk, Phoenix ou encore un artiste comme David Guetta. Ils représentent bien la France à travers le monde. Je suis content que ces artistes décrochent des ‘Grammy Awards’ aux Etats-Unis. Sincèrement, je me tape qu’ils exercent leur art en anglais ou en français. Si c’était en chinois, ce serait pareil ! Je suis un fan inconditionnel de Brel, de Renaud et d’Arno. J’adore le texte et j’estime que les chansons sont bien plus belles lorsqu’elles véhiculent un message fort quelle que soit la langue utilisée. Je n’ai aucun souci avec ça ! Il s’agit plus de fainéantise que d’idéologie.

Au fond, l’artiste doit-il se servir de son statut pour véhiculer certains messages ?

Je ne pense pas que ce soit une obligation en soi, mais pourquoi pas ! Je respecte des gars comme Kendji ou Maître Gims qui baignent plutôt dans l’‘entertainment’. STU appartenait également à cette dynamique. Je ne dis pas que c’est mal, mais elle ne me correspond pas du tout. Encore une fois, j’aime susciter la prise de position à travers les compos. Quitte à avoir le projecteur, autant le mettre sur quelque chose et non sur quelqu’un !

Justement, tu as évoqué aussi le féminisme à outrance, par exemple. Au fond, l'artiste sait mieux que quiconque utiliser son micro pour combattre les inégalités sociétales ou mêmes politiques ?

Cette chanson a été un vecteur de débat. Les gens l’ont écoutée et entendue. C’est un exercice intéressant. Il permet l’échange et l’ouverture d’esprit. Et fait grandir…

A cet égard, les réseaux sociaux restent une bonne alternative…

Personnellement, j’utilise beaucoup les réseaux sociaux. En terme de communication et d’information, on ne fait pas mieux ! On en parle souvent à cause des dérives qu’ils peuvent engendrer. Mais, c’est simplement une question d’utilisation et d’apprentissage. Récemment, j’ai posté un article que j’estimais touchant. D’autres internautes l’ont lu et ont commenté. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice. C’est la magie du partage !

Au final, tout ne reposerait que sur des codes linguistiques ?

Je pense que le véritable obstacle à l’humanité, c’est l’obscurantisme et l’ethnocentrisme. Tantôt, tu me parlais de la langue française. Ici, nous sommes à Aulnoye-Aymeries, pas très loin de Roubaix et de Lille. Y vivent des Arabes, des Africains, des blancs, des Chinois et des Turcs. Certains parlent correctement le français et d’autres pas. Vas chercher un kebab chez un turc qui ne parle pas ta langue. Tu l’auras ta bouffe, crois-moi ! Où est le problème ? On s’en fout franchement! Il ne faut pas rechercher là-dedans une identité nationale. C’est ensemble qu’on la créée !

Au fond, Wallons et Flamands, même combat ?

Les Wallons et les Flamands ne forment qu’un sur l’échelle nationale ! Pas de communautarisme stp ! Personnellement, je considère ces querelles politiques et linguistiques complètement ridicules ! Quelle perte de temps et d’énergie ! Lorsque je me rends dans ton pays, je vais en Belgique. Point final ! Jamais je ne me spécifierai voyager au Nord ou au Sud du pays. J’ai notamment vécu à Wezembeek-Oppem et à Bruxelles et pourtant j’ai des potes issus de Charleroi et de la Louvière. Tout se passe bien, tu sais… En outre, ton pays a été pendant longtemps précurseur dans pas mal de domaines. Et j’aime le rappeler. Alors, tu sais, la langue, une fois encore, c’est un débat qui n’a pas lieu d’exister !

 

Jambinai

Ils n’ont pas voulu garder le silence…

Écrit par

Jambinai (잠비나이 en coréen) est une formation de post rock issue, non pas du Soleil Levant (Japon), mais du Matin Calme (Corée du Sud). Sa spécificité, c’est de conjuguer instrumentation contemporaine et folklorique (taepyongso, haegeum, geomungo, jungju, piri, etc.) Suivant la bio, cette formation est considérée comme la plus novatrice sur la scène sud-coréenne, car elle est parvenue à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, passé et présent. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk metal, d'électro et de tradition indigène.

L’ABClub est comble. Tous les musicos sont assis. En tailleur, Eun Young Sim pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Sur l’estrade, l’instrument est assez imposant et quand l’artiste l’empoigne violement, elle fait corps avec celui-ci. Elle joue également du xylophone. Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Elle est assise sur son siège, son instrument placé sur les genoux. Mais le personnage central est certainement Ilwoo Lee. Il trône au milieu des planches. Derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), il joue du piri (flûte en bambou) et de la guitare (à sept cordes), parfois les deux en même temps, mais également du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Il est le seul à s’exprimer en anglais. Il reste imperturbablement rivé sur sa chaise ; ce qui ne l’empêche pas de se démener comme un beau diable. Derrière lui, Yu ByeongKoo, également assis, se consacre à la basse. Bandana lui enserrant le crâne, Choi JaeHyuk, le drummer, campe derrière Eun Young Sim.

Une formation de métal, en position assise, ce n’est pas courant. L’éclairage est discret. Un faisceau de couleur blanche se focalise sur chaque artiste. De quoi rendre l’ambiance mystérieuse, voire mystique. Les phases d’explosions sonores et d’accalmies mélodiques s’enchaînent à merveille. L’observation des instruments traditionnels coréens en plein live est fascinant, l’éclairage collant parfaitement à l’ambiance. Celui qui connaît déjà la démarche artistique visée par Jambinai n’est pas surpris par la présence d’instruments atypiques en Europe, mais communs en Asie.

Des cymbales sonores ouvrent « Deus Benedicat Tibi », un morceau de 10’ qui entame le set tout en douceur et permet déjà à chaque instrument traditionnel de s’exprimer à tour de rôle.  Eun Young frotte délicatement les cordes de son geomungo à l’aide d’un archet. Bomi tapote délicatement les lames métalliques d’un glockenspiel, en se servant d’un bâton. Ilwoo empoigne son piri qui propage des sonorités stridentes. Eun saisit une baguette en bambou et fait cracher les cordes de son geomungo, alors que Bomi pose son haegeum sur ses genoux. Et lorsque le drumming entre dans la danse, la compo s’envole dans le métal. Le collectif embraie par « The Mountain ». Le light show est alors de couleur rouge. Ilwoo se lève et extirpe des sonorités discordantes de son taepyongso (trompette), avant que la section rythmique ne reprenne la direction de opérations, au sein d’un climat franchement noisy. Un climat qui va carrément virer au métal sur « Echo Of Creation », même si les sonorités du geomungo entretiennent le fil mélancolique. Issu du deuxième elpee, « Time Of Extinction » est le tube du band. Il est joué depuis très longtemps. Brèves, les parties vocales sont assurées par les filles, alors que –et c’est neuf– Ilwoo prête sa voix aux expérimentations… quand même préparées. S’étalant sur plus de 6’, « They Keep Silence » véhicule un message politique fort et dénonce les défaillances et la responsabilité de l’appareil gouvernemental sud-coréen lors du naufrage tragique du Sewol, en 2014. Les moments plus calmes sont envoûtants, comme une respiration avant que la musique ne monte en puissance, alors que telles des ritournelles, les mélodies s’incrustent dans les têtes et les coeurs. « Connection » opère un retour au calme, comme en début de concert et termine le show. La boucle est bouclée. Le morceau terminé, les musicos partent sur la pointe des pieds et emportent leurs précieux instruments.

Des applaudissements nourris rappellent les artistes. Ilwoo remercie le public, en anglais, bien sûr. Il signale qu’un show, ne doit pas aller au-delà de 60 minutes. Jambinai va quand même accorder deux derniers titres en rappel. Mais pas « Grace Kelly », qui n’y figure apparemment plus…  

(Organisation : Ancienne Belgique)

Archive

Nous sommes un groupe de pop/rock… expérimental.

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Le Festival de Ronquières se singularise, depuis ses débuts, par une affiche aussi populaire qu’éclectique. Il y en a vraiment pour tous les goûts : du hip-hop au folk, en passant par le rap et le rock ! Sans oublier, pour être au goût du jour, des pointures de l’électro, comme PFR ou encore Kid Noize…
Après un passage remarqué en 2013, le collectif britannique Archive est venu lui aussi fouler les planches installées près du Plan Incliné, dans le cadre de cette sixième édition, pour défendre un long playing, sans doute moins accessible que les précédents, « The False Foundation ».
Plutôt expérimental, il divise un public pourtant habitué à ses évolutions musicales. Il emprunte aussi bien au rock qu'à la musique électronique et au trip hop ; mais au fil des opus, son style est devenu de plus en plus déroutant.
Initialement prévue vers 17 heures, l’interview est sans cesse reportée, le car véhiculant le combo ayant pris énormément de retard. C’est finalement vers minuit trente qu’elle va se dérouler en backstage, en compagnie d’une des chevilles ouvrières, Danny Griffiths (NDR : l’autre, c’est Darius Keeler), passablement exténué d’une journée riche en émotions.
Les cernes sous les yeux en disent long… Votre serviteur, pourtant persévérant, comprendra plus tard pourquoi son hôte est peu prolixe ! La vie d’artiste est parfois mise à rude épreuve !
Le musicien se livre bon gré mal gré au jeu des questions/réponses dans la langue de Shakespeare.

Ronquières est un festival très diversifié. Comment appréhendez-vous votre set face à un public qui n’est pas forcément venu pour Archive ?

Ce festival propose une affiche variée, c’est vrai ! Je suis tout à fait conscient qu’une frange de la foule ne s’est pas forcément déplacée pour Archive. Ce qui ne me pose aucun problème ! C’est justement cette démarche qui est intéressante. Des gens vont découvrir un univers musical qu’ils ne connaissent pas et se charger ainsi de nous procurer une certaine notoriété, par la même occasion. C’est l’effet domino !

L’électronique est très présente dans vos compositions. Une volonté de s’éloigner du rock ?

A vrai dire, je milite au sein du groupe depuis sa création. J’en connais donc toute l’histoire et son évolution. Comparer Archive à de la simple musique électronique serait un peu réducteur ! Au travers nos différents albums, nous avons tenté, avec plus ou moins de succès, de mêler l’électronique au rock en y ajoutant une touche d’orchestration. Aujourd’hui, notre souhait est de revenir à une base un peu plus électronique. Pour nous en donner les moyens, nous avons construit un studio analogique en Angleterre et utilisé du matériel ‘old school’, lors des sessions.

« The False Foundation », votre nouvel elpee, exige davantage de maturité en terme d’écoute que les précédents. Qu’en pensez-vous ?

On peut dire qu’à l’exception d’« Axiom » (2014), de « With Us Until You’re Dead » (2012) et « Restriction » (2015), nous avions l’habitude de proposer des disques un peu plus commerciaux. « The False Foundation » est sans doute un peu moins accessible, c’est vrai ! Il s’adresse à un public qui affiche une plus grande maturité musicale. Mais cette tendance s’est développée naturellement, à vrai dire. Nous sommes issus de l’underground et la créativité est un paramètre naturel chez nous.

Vos elpees sont tous différents. La prise de risques est-elle dans vos gènes ?

C’est véritablement dans la culture d’Archive. Ne jamais se reposer sur ses lauriers ! Créer, toujours et encore. Expérimenter d’autres sons et les tester lorsque nous entrons en studio. Si tu veux continuer à exister, il est nécessaire se dépasser constamment. C’est la recette de notre pérennité. Je pense sincèrement que nous n’aurions pas pu arriver à ce stade, sans une telle dynamique de travail.

Le groupe devient-il de plus en plus expérimental au fil du temps ?

On nous catalogue, effectivement, comme un band expérimental. Pourtant, dans notre répertoire figurent des chansons plus abordables. Au final, je dirais que nous sommes un groupe de pop/rock… expérimental.

Au fond, « Fuck U », résume un peu ton analyse ?

Oui, quelque part, ce titre incarne bien Archive ! Le message véhiculé est très fort.

Archive et les voix féminines, est-ce une grande histoire d’amour ?

Absolument ! En live, comme en studio, on privilégie ce type de collaboration. C’est un peu l’ADN de la formation. D’ailleurs, nous disposons de quelques titres en préparation dans lesquels nous pourrions y intégrer des voix féminines. Nous devons encore étudier cette opportunité.

Certaines de vos compositions sont plutôt longues. Deux morceaux de plus de 7’ figurent encore sur « The False Foundation ». On est loin du format radio. Pourquoi persister dans ce type de structure ?

Encore une fois, la démarche d’Archive est tout à fait naturelle. Nous ne cherchons pas à rentrer dans un cadre radiophonique à tout prix ! Notre travail recevra toujours un écho auprès de celles et ceux qui affectionnent notre macrocosme. Si tu aimes, tant mieux. Dans le cas contraire, passe ton chemin.

Vous avez joué en première partie de Muse, au Parc des Princes. Une forme de consécration ?

A l’époque de la tournée qui a suivi la sortie de « Lights », notre agent nous a proposé d’assurer le supporting act de Muse. Nous ne pouvions évidemment pas refuser une telle opportunité ! Le trio a découvert notre univers et l’a manifestement apprécié. Nous étions très contents. Cette date a enrichi notre carte de visite !

Vous vous êtes produits à Londres en avril et en juin. Pourquoi ne parvenez-vous pas à vous faire une place au soleil au Royaume-Uni, alors que c’est votre pays d’origine ?

Il assez difficile pour un groupe comme le nôtre de percer dans de grosses villes comme  Manchester, Liverpool ou encore Southampton. Et ce, pour des raisons plurielles ! D’abord, nos chansons bénéficient rarement d’une place de choix sur les ondes radiophoniques. La culture musicale est diamétralement différente en Belgique et en France. Ces pays sont nettement plus enclins à diffuser nos compos. Je les en remercie vivement d’ailleurs ! Je me rappelle tout de même avoir entendu certaines plages de notre dernier album sur ‘Radio 6 music’, qui appartient à la BBC. Ce qui est plutôt prometteur. Mais, je ne m’inquiète pas de cette situation ! Il faut aussi relativiser ! Le contexte économique actuel est difficile. Aujourd’hui, rares sont les organisateurs qui peuvent se permettre de payer des groupes renommés. On s’est déjà produits à Londres où nous avons vécu une très belle expérience. Prochain objectif : l’Amérique !

De nombreux changements sont intervenus au sein du line up depuis vos débuts. Est-il enfin devenu plus stable, aujourd’hui ? Quelles sont les forces de la nouvelle mouture ?

La colonne vertébrale du band est constituée de Darius, Danny, Pollard et Dave, depuis maintenant quatorze années. Si pour certains, ces changements peuvent se révéler source de problèmes, en ce qui nous concerne, ils ont été bénéfiques. Aujourd’hui, comme tu peux le constater, nous existons toujours. Je crois qu’il faut considérer ces tribulations de manière positive. Les personnes qui se sont succédées au sein du band ont apporté un plus, permis d’évoluer, de se surpasser, de se remettre en question et d’explorer des styles différents. La base s’est consolidée au fil du temps. Il est maintenant stable ! J’espère ne plus connaître les avatars rencontrés à l’époque. En live, la base est immuable. Par contre, en studio, la présence d’autres musicos nous permet d’expérimenter et de disposer d’une palette de couleurs sonores plus large.

Vous avez composé la bande originale du long métrage Michel Vaillant ? Ce film s’est soldé par un échec ! L’expérience a quand même été intéressante ?

Le film était vraiment de la merde ! En bref, la bande originale était bien meilleure. Je n’avais alors pas encore rejoint la formation. Mais c’était tout de même une bonne expérience !

En début d’entretien, tu as déclaré que quelques nouveaux morceaux avaient déjà été ébauchés. Vous envisagez de graver un nouvel opus, dans un futur proche ?

Je peux juste te dire que nous sommes de retour en studio. Nous bossons en compagnie de collaborateurs que nous souhaitions impérativement inviter. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un travail d’écriture et d’enregistrement. Il est toutefois encore trop tôt pour en parler. Nous avons aussi un autre projet destiné à une boîte célèbre de jeux vidéo. C’est tout ce que je peux te dire aujourd’hui.

 

Le power blues de Kepa…

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Kepa est bayonnais et pratique un power blues qui oscille entre blues rural et rock’n’roll minimaliste. Proche des univers de Robert Johnson et Bob Log III, sa musique nous entraîne sur les bords du Mississippi. Enfin il parvient à nous le faire imaginer. A ce jour, il a accordé une centaine de concerts et s’est produit à deux reprises, à l’Olympia. Agé de 28 ans, ce n’est qu’après une grave blessure qu’il s’est mis à gratter une guitare. Le plus souvent sur une dobro, une guitare acoustique en acier ; un modèle fabriqué dans les années 1930 aux Etats Unis. Et sa voix de crooner du canyon colle parfaitement au genre.

A ce jour, il a publié deux albums. Et son troisième et prévu pour début 2018. En attendant, vous pouvez regarder la vidéo de « Carlita », un titre enregistré live en studio qui tourne en boucle sur la toile. Et c’est ici 

En tournée en France :

16/11 - EYSINES (33) - LE VIGEAN
+ LUCKY PETERSON

17/11 - MERIGNAC (33) - KRAKATOA
+ STEVE'N SEAGULLS

19/11 - LA ROCHELLE (17) - LA SIRENE
+ STEVE'N SEAGULLS

22/11 - LA ROCHE SUR YON (85) - LE FUZZ'YON
+ STEVE'N SEAGULLS

01/12 - COGNAC (16) - WEST ROCK - LES ABATTOIRS
+ STEVE'N SEAGULLS

16/12 - MONT DE MARSAN (40) - LE CAFE MUSIC
+ PETER HARPER

11/01 - RODEZ (12) - LE CLUB
REGION EN SCENE

http://www.kepamusic.com/

https://www.facebook.com/kepafolk/

 

Et bien maintenant, Atomic Spliff

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Le nouveau single d’Atomic Spliff, « Well now », véhicule des accents funk et hip hop. Une belle occasion de redécouvrir le flow raggamuffin du duo Stoneman et Daddy Cookiz. Le morceau est à découvrir ici

Prochains concerts :

- 18/11 Maison des jeunes // Verviers
- 02/12 Les fous d'en face // Liège //

http://atomicspliff.be/
https://www.facebook.com/AtomicSpliff/

 

Texas

Texas a manifestement encore des planches…

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A l’origine, Texas pratiquait du blues/rock. D’ailleurs, souvenez-vous, sur le méga tube « I don’t want a lover », les interventions à la slide sont bien marquées. C’était déjà en 1989 ! Par la suite, la musique de la formation a embrassé un format plus pop ; et si la créativité n’a pas toujours été au rendez-vous, en 30 années de carrière, sa popularité est demeurée intacte. Faut dire que la voix et le charme de la vocaliste, Sharleen Spiteri, y sont aussi et certainement pour quelque chose. Elle a fêté ses 50 printemps, il y a une semaine, et se produit, en compagnie de son groupe, ce soir, à Forest National. Une vraie galère pour arriver à destination. Décidément, vu la fréquence des chantiers sur les routes en Belgique –qui s’éternisent pendant des mois !– le réseau ressemble de plus en plus à du gruyère !

Le supporting act est assuré par Hightre, un duo programmé en première partie de la tournée européenne de Texas. Pas étonnant puisqu’il est également issu de Glasgow. Une fille et un garçon. Elle est vêtue d’une robe courte et chaussée de ‘combat shoes’, de couleur noire. Et se consacre à la guitare. Barbu, il est coiffé d’une casquette, également de teinte noire, qui recouvre la capuche de son pull rouge. Il est préposé au synthé. Dominée par l’électro, la musique proposée puise allègrement dans les eighties. Et les mélodies sont soignées, un peu comme chez… Texas. Pas grand monde dans l’hémicycle, lors de ce set, au cours duquel cinq titres, dont une reprise du « Boys don’t cry de Cure, seront expédiés en une vingtaine de minutes. Dans ces conditions, difficile de se faire une idée du potentiel de ce tandem…

Setlist : « Break It Off », « Compete With You », « Lutz Is In The Trees », « Boys Don't Cry  » (The Cure), « Falling ».

Dix minutes avant l’heure prévue, l’éclairage de la salle s’éteint. Des spots arrosent copieusement le podium et la fosse de lumières blanches et bleues. De la fumée envahit la scène. Coiffé d’une casquette en pied de poule, le bassiste s’installe à gauche, et le guitariste, à droite. Progressivement, l’écran de fumée se dissipe et on aperçoit enfin Sharleen Spiteri, la vocaliste. Et aussitôt, elle invite la foule à chanter « The Conversation », titre qui ouvre le show. Elle harangue la foule en déclamant les trois syllabes de la chanson. Le public est déjà chaud boulette. Sharleen porte un costume de couleur mauve, mais dans son dos est imprimé en filigrane blanc, les lettres de son band. Elle arpente l’estrade de long en large. Elle frappe dans les mains. Le smog s’est levé et on remarque enfin la présence du drummer, à gauche, en arrière-plan et du claviériste, à droite, sur la même ligne.

Sharleen est la véritable star de la soirée. Elle est particulièrement interactive avec l’auditoire. Elle rappelle que le combo s’était produit, à ses débuts, il y a 30 ans, aux festivals jumelés de Torhout/Werchter.

Texas va puiser dans son large répertoire et ne va pas évidemment oublier ses tubes, tels que « Halo », « Let's Work It Out », « When We Are Together » ou encore « Tell That Girl ». Du dernier opus, « Jump On Board », seuls quatre morceaux seront interprétés, dont « Can’t Control ». La voix de Sharleen, à l’accent ‘scottish’ bien prononcé, est toujours aussi limpide et empreinte de sensualité. Elle signale que si on ne comprend pas ses textes, il suffit d’utiliser la fonction ‘translate’ en langue insulaire !’ D’ailleurs au cours du spectacle, elle va nous balancer plusieurs vannes, dont elle a le secret. Que ce soit armée d’une gratte semi-acoustique, d’une électrique ou simplement derrière son micro, Sharleen met littéralement le feu. Faut dire que ce public a, en général, le même âge que son idole. Et difficile de bouder son plaisir à l’écoute d’« Everyday Now » ou d’« In Our Lifetime ». Tout au long de la cover du « Tired Of Being Alone » d’Al Green, Mrs Spiteri se charge des ivoires.

Elle est donc devenue, depuis peu cinquantenaire (NDR : rien à voir avec le parc bruxellois !) Une fille plantée aux premiers rangs lui offre une rose, pour fêter cet événement. Sharleen l’invite alors à chanter en duo « So Called Friend ».

En rappel, Texas va nous réserver « Inner Smile » et la reprise d’Elvis Presley, « Suspicious Minds ». Une soirée vraiment agréable au cours de laquelle les musicos du groupe de Glasgow ont démontré qu’ils avaient, manifestement, encore des planches…

(Organisation : Live Nation)

 

Julien Baker

A revoir au sein d’un groupe électrique !

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Nonobstant son prénom, Julien Rose Baker est bien une fille. Elle est originaire de Memphis, dans le Tennessee. Cette auteur/compositrice/interprète/guitariste milite également chez The Star Killers (NDR : jusque 2015, le band répondait au patronyme de The Forristers), un groupe de rock alternatif, qu’elle a formé en compagnie de Matthew Gilliam. Elle a également décidé de se lancer, en parallèle, dans une carrière solo. Et a publié son premier elpee, il y a deux ans. Intitulé « Sprained Ankle » (Trad : cheville foulée), il a été bien accueilli par la critique. Très personnel, cet opus aborde régulièrement le thème de la mort. Des compos ténébreuses, mélancoliques, délicates, qu’elle propose sous la forme de folk songs. Et le second, « Turn Out The Lights », paru le mois dernier, baigne au sein d’un même climat…

Ce soir, le concert est sold out, et il fait particulièrement étouffant au sein de la Rotonde. Sur l’estrade on remarque la présence d’une gratte électrique, d’un micro et d’un synthétiseur de couleur rouge écarlate. Lorsque Julien Baker grimpe sur le podium, elle est accueillie par des applaudissements nourris. Un light show discret se focalise sur l’artiste. Elle n’adresse aucun regard à son auditoire (NDR : une forme de timidité ?) et attaque immédiatement « Over », en s’accompagnant à la guitare. Elle n’est certainement pas du genre à crier sa joie de vivre sur tous les toits ou à nous raconter des contes de fées. Agée de 20 ans, elle semble avoir le vécu d’un vétéran de 50 balais. Outre la vie et la mort, elle aborde des sujets comme les relations humaines, les désillusions, l’addiction ainsi que la foi. Elle a simplement décidé d’en parler ouvertement, d’une manière désarmante, sans cacher sa sensibilité et sa profonde sincérité. ‘I wish I could write some songs about anything but death’, confie-t-elle franchement dans « Sprained Ankle ». Que sa bouche soit carrément contre le micro ou à plus de 60 centimètres, sa voix vous prend aux tripes. Claire, lumineuse, tendre ou puissante, elle est chargée de spleen. Son toucher de guitare électrique est précis lorsqu’elle ne triture pas ses cordes. Elle embraie par son nouveau single « Appointments », aux ivoires, en chantant d’une voix haut perchée, à la limite de rompre ses cordes vocales. Le morceau achevé, elle remercie l’auditoire et rappelle que son premier spectacle accordé en Europe, remonte au 22 mai 2016. Il s’était déroulé Grand Salon, dans le cadre des Nuits du Botanique. Tout en parlant, elle réaccorde sa gratte, avant d’aborder une chanson de circonstance, « Happy To Be Here ». Mais malgré cette déclaration de satisfaction, il faut bien reconnaître que ses compos sont, en général, dispensées sur un même ton. Ce qui au bout d’une heure, suscite carrément l’ennui. Dommage ! A revoir au sein d’un groupe électrique…

(Organisation : Le Botanique)

Testament

Pas encore prêt à signer son testament

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Les ami·e·s de la veste patchées se sont donné rendez-vous ce dimanche au Trix. Et pour cause, la salle anversoise a programmé trois pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. Des formations trahissant déjà plus de trois décennies au compteur. Et pas vraiment une bande de petits rigolos. Une affiche très riche, au line up certes discutable, mais qui va offrir à la foule en présence, un spectacle tout en puissance, truffé de riffs dévastateurs et doublé de blasts écrasants. Une leçon en la matière !

S’il fallait un bel exemple d’une journée d’automne en Belgique, ce 12 novembre en est la plus parfaite incarnation : des averses en rafales, un ciel aussi plombé que menaçant et quelques grêles offensives. Donc, une pénombre à perpète. Autant dès lors retourner la situation : quoi de mieux que d’affronter les forces de la nature afin de se préparer à cette soirée qui s’annonce d’ores et déjà épique ? Preuve en est, les metalheads sont nombreux dès le début des hostilités.

Y assister ou ici l’écrire demeure encore maintenant un paradoxe : Death Angel entame cette nuit. Sur les planches depuis 82 (NDR : en tenant compte, certes, du break de dix ans entre 91 et 2001), ces Californiens servent de fers de lance au Thrash de la Bay Area (au même titre qu’Exodus ou Metallica, pour ne citer que les plus notoires), depuis trente-cinq années. Et pourtant, c’est bien à eux que revient la tâche de tirer le premier coup de fusil. Et quel coup ! En toute simplicité, la bande à Oseguada débarque sur les planches et déverse un set intense et carré, sans breaks. Mais il sera court, bien trop court ! Trente-cinq minutes (alors qu’elle aurait pu en réserver quarante, soit un morceau de plus), c’est décidément trop peu pour l’aura dont bénéficie la formation. Quoi qu’il en soit, les six morceaux vont se focaliser principalement sur la partie la plus récente de sa carrière. « Father of Lies » et « The Moth », issus de son dernier elpee, ouvrent et clôturent le set. Mais les fans de la première heure ne seront pas pour autant négligés, bénéficiant des premiers riffs d’un « The Ultra Violence » (remontant à 87, cette plage atteint plus de dix minutes…) enchaîné au vitaminé « Thrown To The Wolves » (2004) avant de revenir, back in the years, à « Mistress of Pain ». La puissance vocale de Mark Oseguada est toujours aussi impressionnante. Son éternelle bouteille de Blue Bombay –à la main– est cependant aujourd’hui davantage entamée que lors de l’Alcatraz, en août dernier. Et on n’en oubliera pas pour autant ses musiciens, dont la bonne humeur est communicative. Bref, le band aurait pu, sans aucun problème, doubler la durée de sa prestation. (Voir les photos ici)

Autre set, autre pointure : l’espace est aménagé pour les Anglo-canadiens d’Annihilator. Deux structures entourent de part et d’autre la batterie, flanquées d’une représentation plutôt pileuse d’une gargouille démoniaque à trois yeux. Cette interprétation est issue de leur dernier opus, « For The Demented », paru il y a un peu moins de dix jours. Trois pieds de micro sont disposés sur l’estrade, dont un au milieu, réservé au chanteur/guitariste, mais également leader, Jeff Waters, reconnaissable à sa bonnette rouge (le pied de micro, pas Jeff hein !) et sa ribambelle de plectres accrochés (qu’il ne distribuera d’ailleurs pas). Le combo va bénéficier d’un temps de set un peu plus conséquent, soit dix minutes de plus, mais n’en tirera pas profit, se perdant même de temps à autre dans des breaks tirés en longueur, entre deux morceaux. Responsable de seize albums studio (!) à ce jour, il va étaler ses différentes couleurs musicales : un Thrash tantôt classique (« Phantasmagoria »), tantôt plus heavy (le ‘kingdiamondien’ « Alison Hell », au cours duquel le vocaliste n’assure pas les parties aiguës, invitant plutôt le public à le suppléer) ou qui lorgne carrément sur le Death (un « Twisted Lobotomy » sous stéroïdes). Des approches musicales variées, mais parfois déroutantes, privant dès lors le set de tout fil rouge. En outre, Jeff Waters éprouve désormais des difficultés pour assurer le chant en solo, depuis le départ de Dave Padden, en 2014. Malgré une présence scénique très charismatique (parfois un peu trop), il ne convainc pas encore entièrement, derrière le micro. Il n’empêche que les mélomanes, principalement massés aux premiers rangs, s’en sont donné à cœur joie et n’ont pas hésité à donner de la voix tout au long du show. Les nombreux t-shirts frappés à l’effigie du band confirment qu’une bonne partie de l’auditoire avait effectué le déplacement pour eux. Quant à la place réservée à Annihilator et Death Angel sur l’affiche, le débat reste ouvert. Certains affirmeront qu’Annihilator a publié un nombre de long playings bien plus important… Mais reste à savoir si la notoriété d’un combo dépend de son imposante discographie, surtout quand la qualité est sacrifiée sur l’autel de la production. Le débat ‘métallien’ se poursuit autour d’une mousse, avant de rejoindre la fosse pour applaudir les héros du jour. (Voir les photos )

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Testament va en imposer. Tout d’abord visuellement : le groupe occupe tout le podium. Un immense backdrop couvre l’arrière de la ‘stage’. Au milieu de cette toile figure la représentation d’un cobra beige à trois têtes, gueules grandes ouvertes et tous crochets dehors. À la base de cette effigie animale trône le set de batterie de Gene Houglan, tout en métal argenté. De part et d’autre est disposée une plate-forme, accessible par deux escaliers posés à gauche et à droite de la batterie, le tout recouvert de drapés enrichis de hiéroglyphes. Les extrémités de la plateforme sont flanquées de deux disques, au milieu desquels s’inscrit un pentagramme sur la pointe et doté d’un crâne animal, la langue pendante. La tonalité est donnée : la fosse risque de s’en prendre plein les dents.

Les projecteurs diffusent une lumière rouge. Des jets de fumée s’échappent à l’avant du podium. Et le batteur opère une entrée triomphale, baguettes croisées en guise de salut à son public. Il est rapidement suivi par le reste de la troupe. Soudain, la voix gutturale et grondante de Chuck Billy transperce les ténèbres et clame : ‘Are you ready Belgium?’ La machine s’emballe, les enfers ouvrent leurs portes pour laisser s’échapper le surpuissant « Brotherhood of the Snake », le titre éponyme du dernier LP. Et tout aussi survolté, « Rise Up » embraie. Un véritable mur de son s’abat sur le Trix. Chuck a enfilé un t-shirt parodiant, au nom de son groupe, la typographie du whisky ‘Jack Daniels’, recouvert d’une veste noire, sans manches, de type motard. Et il domine littéralement la foule. L’éclairage s’échappant du bas de la scène ne fait qu’amplifier son imposante stature de natif américain de la communauté pomo. À ses côtés, pied de micro relevé plus haut que la tête, à la manière de feu Lemmy Kilmister, le leader de Motörhead, l’impressionnant bassiste Steve DiGiorgio toise ironiquement la foule, derrière un sourire effacé et énigmatique.

La part belle du set va privilégier les titres du dernier long playing, dont « Stronghold », au cours duquel le vocaliste indiquera toute l’importance de cette compo, ne manquant pas de rappeler ses origines indiennes. ‘Il y a maintenant un petit temps que nous tournons avec les mêmes morceaux… On a décidé de vous faire une surprise, c’est la première fois que nous le jouons en Europe…’, confie Chuck, avant d’entamer l’éponyme « Low » (1994). Rompu aux grands espaces, Testament propose en salle un set différent. Comme tête d’affiche, il bénéficie du double de temps généralement imparti lors d’un festival ; l’occasion de gratifier la fosse de solos exécutés par chacun des musiciens. Mais autant celui d’Eric Peterson, guitariste rythmique, apparaît plutôt plat, autant ceux du bassiste Steve DiGiorgio, du batteur Gene Hoglan et du guitariste solo Alex Skolnick (ah quel bonheur, d’entendre ces influences puisées dans le jazz) vont se révéler de véritables prouesses artistiques. Des envolées destinées à faire exploser les barrières du Thrash. Ces trois ponctuations suspendues dans le temps ont offert, non seulement un moment de respiration appréciable, mais permis de toucher du bout des doigts, le temps de quelques minutes, l’étendue et le génie artistique de ces musiciens.

Les fans de la dernière heure seront généreusement arrosés de nouvelles compositions, mais les têtes grises ne seront pour autant pas oubliées grâce, entre autres, à un « Into the Pit », datant de 88, célébrant toute l’attitude gestuelle rituelle pour ce type de concert. Un hymne au Metal qui ne manque évidemment pas de mettre le feu à la fosse. Les métalleux se bousculent. Leurs épaules s’entrechoquent. Quelques courageuses et courageux passent en slam au-dessus des têtes. Petit bémol quand même, pour la forme : Chuck Billy ne connaît pas tous ses lyrics par cœur et doit recourir à un prompteur, habilement dissimulé dans le décor.

En une heure et demie de concert, les Américains ont assuré une prestation digne du rang qu’on leur confère. Alors que leurs apparitions estivales laissent souvent les festivalier·ère·s sur leur faim, les titans du Thrash ont ici eu le temps et l’opportunité de déployer tout leur savoir-faire. D’autant plus qu’à l’instar de bon nombre de groupes contemporains, Testament ne se repose pas sur son passé. Il ne survit pas accroché à ses golden years. Au contraire, Testament ne cesse de se bonifier, d’année en année, d’album en album. Une perpétuelle remise en question, une graduelle montée en puissance, une ascension permanente. Parvenir à prendre du galon, après trente-quatre années sur les routes ; seuls les plus grands peuvent y arriver. Pas encore prêt à signer son propre testament... (Voir les photos ici)

Setlist : Brotherhood of the Snake - Rise Up - The Pale King - Centuries of Suffering - Electric Crown - Into the Pit - Low - Stronghold - Throne of Thorns - Eyes of Wrath - First Strike Is Deadly - Urotsukidôji - Souls of Black - The New Order // Rappel : Practice What You Preach - Over the Wall

(Organisation: Biebob/Rocklive)

Merci à Nuclear Blast


 

 

Mount Eerie

Dans un profond recueillement…

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Il y a un peu plus d’an, l’épouse de Phil Elverum, Geneviève Castrée (NDR : musicienne et cartooniste), décédait des suites d’un cancer. Afin de faire son deuil, le Canadien enregistrait un album relatant la relation qui s’était établie entre lui, sa femme et leur jeune enfant. Un opus retraçant des évènements qui se sont produits au sein de leur famille, des ressentis personnels avant, pendant et après le moment fatidique. « A Crow Looked at Me », ce huitième opus conceptuel avait été unanimement salué par la critique. Au fil de l’elpee, seul, armé d’une sèche, Elverum y livre donc ses états d’âme. A côté du folk minimaliste proposé par le natif d’Anocortes, celui de Sun Kil Moon, dispensé tout au long de « Benji », est une véritable partie de plaisir. Pour accueillir cette performance introspective, l’Ancienne Belgique a donné rendez-vous à son public aux Brigittines. En effet, quoi de plus approprié qu’une ancienne église pour aborder un sujet aussi bouleversant.

L’auditoire qui a répondu présent ce samedi soir sait pertinemment que l’ambiance ne sera pas à la fête. Dans l’ancienne église, les chaises ont été disposées en rangs, face à la scène. À 20h, tout le monde est installé. Phil Elverum, alias Mount Eerie, est vêtu d’une chemise à carreaux et entame sa séance d’introspection. Outre celui de la musique et de la voix, pas un seul bruit ne vient perturber ce silence qui règne au sein de l’édifice. On peut entendre les doigts du Canadien glisser sur les cordes de sa guitare acoustique. Derrière cette voix illusoirement douce et apaisée, on sent logiquement poindre la douleur. Il enchaîne les morceaux de son dernier LP en n’adressant que quelques timides mots au public qui ne manque cependant pas d’applaudir lors de chaque intermède. L’artiste va également nous réserver quelques nouveaux titres qui s’inscrivent dans la droite lignée du dernier long playing. Et dans la seconde partie, reprendre d’anciennes compos.

Il est difficile de juger le concert de Mount Eerie tant la charge émotionnelle portée par Phil Eleverum est immense. L’ancienne église des Brigittines convenait parfaitement à cet exercice. Cependant, il faut bien avouer qu’après une heure de concert, musicalement, on a rapidement fait le tour. Et au cœur de cette atmosphère pour le moins recueillie, il n’était pas toujours facile de rester concentré…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Happy Hour ? Oui, mais avec modération !

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The X-Days est formé de quatre étudiants lillois, tous originaires de Paris, animés par une passion commune : le rock alternatif.

Après trois ans à arpenter les bars, festivals et tremplins entre Lille et Paris, The X-Days sortira le 24 novembre son EP intitulé "Happy Hour".

Le lien d'écoute soundcloud est disponible ic.

COALS, une électro à la sauce polonaise !

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On vous a présenté il y a quelques semaines COALS, un jeune duo électro polonais formé par Katarzyna Kowalczyk et Łukasz Rozmysłowski.

A l’occasion de la sortie de leur nouvel album Tamagoshi le duo dévoile un second extrait, toujours aussi beau.

Succombez au charme de ce duo électro-pop que la radio de Seattle KEXP compare, non sans une certaine audace, à The xx évoquant aussi les groupes qui ont fait l’âge d’or du label 4AD dans les années 80.

Découvrez cet univers hors du commun en cliquant ici .

Le grand retour des frères Lomprez !

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Héritiers du punk, les frères Lomprez ont choisi dés 1981, la New Wave pour faire évoluer leur son.

Depuis leur mini album « Le repos des enfants heureux » signé sur le label amiénois Stechak, 36 ans ont passé et une vingtaine d’albums, tous différents mais où l’esprit demeure, ont fidélisé un public toujours au rendez-vous.

Huit ans après la sortie de Black Label et avec plus de 30 ans d’existence, le groupe revient avec un 11ème album, Elegance Never Dies et une tournée mondiale qui les mènera en autre à New York, Los Angeles, Londres, Athènes, Bologne etc... en passant par la France de Lille à Paris et de Strasbourg à St Etienne.

Les prochains concerts :

17 NOVEMBRE : TRISOMIE 21 @LA MACHINE DU MOULIN ROUGE - PARIS COMPLET !

24 NOVEMBRE : TRISOMIE 21 @AERONEF - LILLE

28 OCTOBRE : TRISOMIE 21 @LA LAITERIE - STRASBOURG

9 NOVEMBRE : TRISOMIE 21 @FESTIVAL POSITIVE EDUCATION - SAINT ETIENNE

Les Nits ne s’arrêteront jamais, qu’on se le dise !

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Après une tournée anniversaire célébrant 40 ans de carrière et le side-project TING! en collaboration avec le Scapino Ballet Roterdam, l’inépuisable trio pop amstellodamois NITS est de retour avec un nouvel album studio intitulé Angst.

Successeur de l’album studio Malpensa (2012) et de l’album live Hotel Europa, Angst a été enregistré au printemps 2017 dans le home studio du groupe à Amsterdam.

On y retrouve 10 nouvelles chansons composées par Henk Hofstede, Rob Kloet et Robert Jan Stips.

L’album a vocation de récit et nous narre l’histoire de la Hollande pendant la guerre entre occupation et libération, de la vie de l’après-guerre en Allemagne, d’un voyage en train d’Elvis le long du Rhin dans les années 50, et d’une grand-mère qui vous tricote un pull pour vous protéger du froid et de l’inconnu…

Le groupe repartira en tournée à travers l’Europe au printemps 2018.

Amenra donnera une messe à Charleroi

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Après un passage très remarqué à l'Ancienne Belgique, le 31 octobre dernier, à l'occasion de la sortie de leur nouvel opus "Mass VI", les Belges d'Amenra ont annoncé une nouvelle salve de concerts. Parmi ces différentes dates qui se tiendront dans le courant du printemps 2018... une seule en Wallonie!
 
Que les amatrices et amateurs du genre notent donc bien ceci au marqueur rouge dans leur agenda : vendredi 13 avril, 20h, à l'Eden (Centre Culturel de Charleroi). Petit conseil : n'attendez pas trop, les places risquent de partir vite!
 
"Où il y a de l'Amour, il y a de la Souffrance. Pas d'Amour sans Souffrance. Pas de vie sans mort. Pas de lumière sans obscurité. Il s'agit là du conflit au sein de Mass VI, au coeur de tout et de chacun-e d'entre nous, au coeur de ce que ça signifie d'être humain, de vivre et d'aimer et de perdre", annonce en substance la formation à propos de son nouvel album. Plus qu'un show, une expérience de l'âme. 
 

Un box pour Alan Parson Project

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Dans le cadre du 35ème anniversaire du chef d’œuvre de l’Alan Parson Project, « Eye In The Sky », une édition collector paraîtra ce 1er décembre.

Le coffret de 3CD, 2 vinyles, livret de 60 pages, poster contient également le mix HD en 5.1 de l’album original en Blu-ray ainsi que des morceaux bonus inédits.

Sixième opus de l’Alan Project Parsons, « Eye in the Sky » a été écrit par Eric Woolfson et Alan Parsons. Une méditation musicale conceptuelle sur une variété de systèmes de convictions liés à l'art, la religion, la politique et la culture du XXIème siècle.

http://www.the-alan-parsons-project.com/

 

Butterscotch Hawaiian reste dans les parages

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Ce 13 novembre paraîtra le nouveau titre de Butterscotch Hawaiian, doublé d’un clip. Il a été réalisé par Mike Jam des Blousons Noirs dans l'esprit des westerns spaghetti, en y ajoutant un zeste de ‘hippie attitude’. Intitulé « Stay around », il est à découvrir, ici

https://butterscotchhawaiian.bandcamp.com/releases
https://www.facebook.com/ButterscotchHawaiian/
https://www.youtube.com/watch?v=Mpv_28s5K_k

Le groupe se produira en supporting act de Brian Jonestown Massacre, ce 6/12/2017, au Batofar de Paris.