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Angel Forrest

Angel’s 11

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En 27 ans de carrière, cette chanteuse canadienne a publié neuf albums. Elle a été plébiscitée meilleure chanteuse de blues dans son pays (Maple Blues Awards), trois années consécutives, soit en 2013, 2014 et 2015. Elle a fêté son anniversaire le 11 mars dernier, et en a profité pour sortir ce nouvel opus, "Angel's 11". Un disque dont les 11 plages sont signées par Angel et son partenaire et qui bénéficie de la participation de onze guitaristes différents. Une prouesse assurément ! C'est en interprétant le rôle de Janis Joplin, dans un spectacle qui lui rendait hommage, qu'elle s'est fait connaître. Et en 1997, elle récidivait à travers "Angel sings Janis live".

L’opus démarre en force par "Hangman", un excellent blues/rock. Angel a sacrée une voix. Mais pas au point de soutenir la comparaison avec celle de feu l’illustre Texane. Johnny Flash est un fameux gratteur. De son véritable nom Jean-Sébastien Chouinard, il participe régulièrement aux tournées de Garou. "All the way" aurait pu figurer au répertoire des Rolling Stones voire de Rod Stewart. La voix d’Angel est éraillée. Elle chante au sein d’un climat cuivré. Et c’est l’excellent Rob McDonald (NDR : un Torontois) qui est préposé à la six cordes. Toujours cuivré, "Spoil me up" est un r&b funkysant au cours duquel les interventions de Steve Strongman –qui a embrassé depuis peu une carrière solo– sont à la voix créatives et originales. Le jeune Ricky Paquette (24 ans) communique son enthousiasme à "Hold me tight", un blues rocker qui balance pas mal. Dimitri Lebel-Alexandre se consacre à la pedal steel sur "Tumbleweed", une piste aux accents country. Roots blues, "Goodbye" est dominé par la voix claire de Miss Forrest. Paul Deslauriers (NDR : c’est le leader du combo montréalais, PD Band) est à la sèche et sa sortie est superbe. Angel injecte un max de passion et de détermination à "Let me go", une ballade r&b indolente, circa Stax. Et paradoxalement, le jeune Kim Greenwood (26 ans) parvient à y révéler tout son potentiel. Corey Diabo, le gratteur de Jonas & The Massive Attraction, s’impose sur le rockin' blues "Wildflower, mais ses interventions sont un peu trop métalliques à mon goût. Autre Montréalais, Shane Murphy s’autorise des dérapages contrôlés tout au long de "Touch of my hand", un funky blues lent qui arrache. Probablement un des meilleurs titres du long playing. Autre blues lent, "Crucify" privilégie la mélodie. Un morceau tapissé par l'orgue Hammond et que chante passionnément Mrs Angel. Une plage qui bénéficie de la participation d’un des meilleurs, sinon du meilleur guitariste de blues canadien, Steve Hill. Il se réserve ici un envol prodigieux, mais tout en sensibilité. Le sommet de l’elpee ! La finale est royale. Une ballade sculptée dans les cordes acoustiques par Adam Karch (NDR : encore un Montréalais !) Très expressive, la voix d’Angel y est bien mise en relief.

 

Eric Bibb

The happiest man in the world

Écrit par

Agé de 65 balais, Eric Bibb chante une forme de blues traditionnel. C’est, en quelque sorte, un digne héritier du grand Taj Mahal. Né à New York, il réside depuis longtemps en Europe. Il s’est établi aujourd’hui à Londres, après avoir vécu à Helsinki. C'est là qu'il a rencontré les frères Haavisto, soit Janne (batterie) et Olli (pedal steel, dobro). Ces deux derniers lui avaient présenté Petri Hakala (mandoline, mandola). Et ensemble ils avaient entamé une aventure sous le patronyme d'Eric Bibb & North Country Far. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu le concours du bassiste Danny Thompson (Pentangle, Alexis Korner, John Martyn). Un vétéran anglais. Ce qui constituait à leurs yeux une priorité. Un disque enregistré au sein du studio The Grange, dans la campagne du Norfolk.

Eric chante d’une voix grave et sereine "The happiest man in the world", un excellent country/blues. Les cordes sont magiques, et tout particulièrement celles du dobro d’Olli et de la mandoline Petri Hakala, qui s’autorisent l’une ou l’autre sortie. Et ce dernier remet le couvert sur "Foolin' down the road", en s’appuyant sur la solide base rythmique constituée par la basse de Thompson et la batterie de Janne Haavisto. Petri se consacre au violon et Eric au banjo sur l’indolent "Tossin' an' turnin". "Creole Cafe" est une plage à la fois belle et cool. La basse acoustique et la mandoline y sont bien mises en exergue. "Born to be your man" élève le tempo. Ce qui permet une nouvelle fois à la magie des cordes d’opérer. Le poète Wendell Barry a participé à l’écriture de deux compos. Lui et Eric cosignent "Prison of time" une très ballade roots traversée par la pedal steel d'Olli. Et puis Bibb a mis un de ses poèmes en musique, "On the Porch", un texte qui traite du manque de communication et de dialogue. Le tout dans un climat paisible, entretenu par le dobro. Deux instrumentaux. Tout d’abord, l’interlude "1912 skiing disaster", une plage remarquable découpée par les interventions immaculées de Petri Hakala, aux cordes. Puis "Blueberry Bat", un intermède celtique que colore Mary Murphy de son irish whistle. Baignant au sein d’une atmosphère pastorale, cet opus s’achève cependant par une cover surprenante. En l’occurrence celle du notoire "You really got me" des Kinks. En version acoustique bien sûr. Cependant, le riff est intact. Et le tout est épicé par un zeste d’harmonica, dispensé par un pote finlandais, Pepe Ahlqvist…

 

Tweed Funk

Come together

Écrit par

Tweed Funk est un brass band issu de Milwaukee, dans le Wisconsin. Il est dirigé par le chanteur de couleur noire à la voix soul, Joseph ‘Smokey’ Holman. Le groupe est né en 2010. Et son line up implique également le bassiste/claviériste Eric Madunic (NDR : c’est également le principal compositeur), le guitariste JD Optekar, le batteur Dave Schoepke et le saxophoniste Andrew Spodafora. Lors des sessions, le combo a reçu le concours d’un invité, Doug Woolverton, trompettiste chez Roomful of Blues depuis 2008. Sans oublier les deux choristes. Découpé en 10 pistes, "Come together" constitue le quatrième opus de la formation. Elles sont toutes signées par le band.

"Light up the night" ouvre la plaque. Une plage qui baigne bien dans le funk et la soul. La section rythmique imprime le tempo. La voix veloutée de Smokey Holman colle parfaitement au style. Mais ce sont les cuivres qui sont les stars. Première confirmation : les sorties royales du saxophone ténor de Spadafora et la trompette de Woolverton. "Don't give up" élève le tempo. Eric Madunic siège derrière l’orgue Hammond pour cette plage que domine Smokey de la voix, alors que Woolverton brille à la trompette. Des cuivres à nouveau conquérants sur "Muse", une piste poche du climat Stax de Memphis. La voix de Smokey est bouleversante tout au long de la ballade soul "Sweet Music". La guitare rythmique d'Optekar est bien mise en exergue et la sortie du saxophone est belle à pleurer! Bien soutenu par la basse de Madunic, "Come together" est un morceau cool, funky et propice à la danse. Le choeurs de Chrissy Dzioba et Sara Mollanen secondent la voix de Holman sur "Embrace". Une chanson d’amour tendre qui transpire le vécu. La trompette de Doug Woolverton et le sax ténor d’Andrew Spadafora sont à nouveau au sommet de leur art tout au long de "Who is this", une plage instrumentale funky jazz. Et c’est toujours dans le funk qu’est sculpté l’excellent "Love ain't easy". Caractérisée par les superbes duels que se réservent les deux cuivres, c’est l'une des meilleures pistes du long playing. Lent, particulièrement atmosphérique, "Bullet" se distingue par l’exercice de style vocal du leader, face à la trompette. "Soul rockin" clôt l’opus. Un funk entretenu par la basse omniprésente de Madanic.

 

Too Slim

Blood Moon

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Too Slim and The Taildraggers compte déjà trente ans d’existence. Etabli à Spokane, dans l'Etat de Washington, il est drivé par le chanteur/guitariste/compositeur Tim ‘Too Slim’ Langford. Son style de prédilection ? Le blues/rock. Qu’il propose en format trio. Un format idéal pour le style. Aujourd’hui, le line up de son backing group implique le batteur Jeff ‘Shakey’ Fowlkes et le bassiste Robert Kearns. A l’actif de l’équipe, une vingtaine d'elpees. Pour enregistrer "Blood Moon", la formation a décidé de se délocaliser à Nahsville, soit ‘The place to be’, en matière de musique roots. Les musicos se sont enfermés dans le studio The Switchyard pour mettre en boîte les dix plages de l'opus, toutes signées par Langford!

"Evil mind" ouvre le feu, dans un style proche de Jimi Hendrix. Le chant colle bien au style. Autoritaire, il est talonné par la guitare qui attend l'ouverture pour prendre le large. Tim triture ses pédales pour distordre le son de ses cordes, comme ce bon Jimi. L'intro de "Blood Moon" est parfaitement ciselée. Hendrixienne, classieuse, la guitare tisse sa toile tout au long de cet excellent blues lent. "Twisted rails" est une piste bien plus personnelle. Le chant est autoritaire. Les riffs son solides. Mais aventureuses, les cordes profitent de la moindre occasion pour décoller afin de se teinter de belles couleurs acides. Et en fin de parcours, le trip parvient encore à changer de tempo. Plus classique, "Get your goin' out on" correspond mieux à la formule trio. Particulièrement accrocheuse, la rythmique lorgne vers ZZ Top ; Langford empruntant même le timbre vocal élimé de Billy Gibbons. Superbe ! Des accords puissants amorcent "Gypsy". Tel un murmure, la voix est douce. Elle prélude un trip qui frôle l’univers du psychédélisme, en s’envolant vers les sommets. La meilleure piste de cet LP. "My body" évolue encore sur un rythme indolent. Légèrement éraillée, la voix susurre des mots. Le climat est à la fois paisible, dépouillé et troublant ; mais tout en respectant le sens mélodique, la guitare trouve facilement son chemin. Epatant ! Des accords puissants précèdent une invitation à un "Dream" propice au voyage. Les voix sont atmosphériques. Elles se conjuguent au cœur d’un refrain séduisant. Mais la guitare finit par nous emporter dans son périple luxuriant, acide, psychédélique… Caractérisé par ses accords de gratte rock’n’rollesques, "Letter" en revient au blues/rock. "Good guys win" est une plage véloce, entraînante. Les musicos reprennent en chœur une succession de ‘It's allright’ Les cordes adoptent d’abord un profil surf très métallique, avant qu’elles ne se mettent à tourbillonner dans tous les sens. D’excellente facture, cet opus s’achève par une version instrumentale de "Twisted rails", rebaptisée pour la circonstance "Slight return". La guitare est atteinte d’un accès de folie total, alors que Sharkey Fowles tape sur ses fûts comme un forcené. Too Slim and The Taildraggers viennent de signer leur meilleur album à ce jour. 

 

Various Artists

Algo Salvaje Vol 2

Écrit par

Le rock hispanique des années 60 semble être un terreau tellement inépuisable que Vampisoul a décidé de nous réserver un second volet à ces sauvages mélomanes (‘Algo Salvajes’ se traduit par ‘Quelque chose de sauvage’), des groupes ‘garage’ espagnols qui ont sévi sous la dictature franquiste. En parallèle à d’inoffensives ritournelles pop diffusées sur les ondes à l’époque, une culture underground s’était développée sous les yeux et aux oreilles des censeurs. Une culture rock’n’roll aux accents psyché (Grupo 15, Los Relampagos), garage (Los Gatos Negros, Smash) ou quasi-soul (Los Crich), fortement influencée par le Merseybeat (NDR : soit la scène liverpulienne qui a marqué les sixties) et dont les chansons étaient le plus souvent interprétées en anglais, mais aussi en espagnol. Les 28 titres résument à merveille la rage adolescente de ces jeunes Espagnols dans un contexte si particulier… tout en n’oubliant pas d’épingler quelques pépites rock aux mélodies parfois tout bonnement irrésistibles, dont le « Lamento De Gallas » de Los Archiduques et le « Liar, Liar » de Los Sonadores... 

 

Ed Tullett

Fiancé

Écrit par

James Blake vient de publier un superbe nouvel elpee. Mais surtout, il n’en finit plus de faire des émules… Après Sohn, Chet Faker ou Ry-X, place à son compatriote Ed Tullett qui, lui aussi, mixe des sonorités électro au cœur d’une expression sonore à l’âme résolument soul. Agé de 22 printemps, ce jeune Britannique (NDR : il est issu d’Oxford) nous propose son premier opus, « Fiancé », une œuvre qui baigne au sein d’une sorte de r&b futuriste. Vaporeuses ou quasi-expérimentales, les sonorités émanent de synthés hantés. Et puis, il y a le falsetto de Tullett qui épanche tout son lyrisme romantique.

Même si (trop ?) marqué par l’esprit de Sir Blake, l’album de l’aspirant Tullett regorge de pépites telles que l’inaugural « Irredeemer », caractérisé par ses harmonies délirantes ou encore le plus déviant mais toutefois pop « Saint », un morceau particulièrement convainquant qui lorgne carrément vers Sigur Rós. Si notre mariage auditif est acté auprès de Blake, nous sommes enchantés d’être déjà « Fiancé » avec Ed Tullett, dont le talent saute aux oreilles…

 

Thao Nguyen

A Man Alive

Écrit par

Thao et ses ‘Get Down Stay Down’ (quel nom !) mènent, depuis plus de 10 ans, une carrière paisible dans le monde fascinant de l’indie rock américain, depuis leur base arrière, sise dans la baie de San Francisco. A la tête du combo, une certaine Thao (of course !) Nguyen mais aussi Adam Thompson. Ce dernier incarne aujourd’hui à lui seul les Get Down Stay Down. Bref, le duo vient de publier « A Man Alive ! », un magnifique 4ème opus. Et ce petit concentré de ‘feelgood music’ a été produit par Merrill Garbus, mieux connue comme la très inspirée/siphonnée tête pensante de tUnE-yArDs.

Cette dernière apporte d’ailleurs un grain de folie aux sucreries pop-rock de Thao et de son acolyte rappelant parfois les Breeders voire… tUnE-yArDs (« Meticulous Bird »). Si les sonorités se révèlent parfois expérimentales (« Fool Forever ») ou reposent sur des rythmiques ascétiques (« Give Me Peace »), la forme n’oublie jamais d’être avant tout mélodique. Entre hymne ‘anthémique’ imparable (« Nobody Dies »), morceau pop aux accents afrobeat et funkysants (« The Evening »), ballade empreinte de charme (« Millionnaire ») et piste aux réminiscences dub (« Endless Love »), l’album ne souffre d’aucune faiblesse et brille par ses variations de styles, malgré des textes qui abordent principalement le thème de l’abandon par son père, dont Thao a été victime, lorsqu’elle était enfant (‘I sent all of it and then you send it all back to me ... All my life, won't you come for me? / I got love to give, too scared to leave.’) « A Man Alive ! » constitue l’œuvre… d’une femme en vie, maîtrisant plus que jamais sa fertile inspiration !

 

Ivor Simpson-Kennedy

Delta Pines (Ep)

Écrit par

Ivor S.K., c'est Ivor Simpson-Kennedy, un jeune chanteur/guitariste de 24 ans. Originaire de Sidney, en Australie, il a décidé de tenter sa chance aux Etats-Unis, pays du blues par excellence. Et tout particulièrement dans sa capitale musicale, la Nouvelle-Orléans. "Delta Pines" constitue son premier Ep, un disque découpé en 5 plages acoustiques.

"Help poor me" ouvre la plaque. La voix d’Ivor est étonnante, accrocheuse, ravagée, mais tellement présente et envoûtante. Il s'accompagne très simplement à la rythmique et à la gratte. La prise de son est impeccable. En extrapolant, on imagine facilement un tel musicien se produire au cours des années 30, pour interpréter son propre blues.

Tout au long de "Missus green", Ivor propage quelques fragiles percussions. Le toucher de cordes est d'une clarté, d'une limpidité, belle à pleurer. Instrumental immaculé, "Pelican" bénéficie de la technique du re-recording. Ce qui se traduit par une texture au cours de laquelle le flux de cordes acoustiques et les quelques autres délicatement amplifiées, s'entremêlent. Et le résultat est vraiment superbe ! Original, "I like the way" est un blues classique, qui nous entraîne sur les routes du Delta, jadis empruntées par les légendes Robert Johnson et Son House. Et la voix s’y révèle de nouveau pénétrante. "Delta Pines" baigne encore dans le delta du Mississippi, une plage authentique, étonnante, caractérisée par la pureté du son ; et lorsque Ivor joue du bottleneck, on aimerait marcher à ses côtés, sur la route de Clarksdale. Vraiment excellent!

 

Pop. 1280

Paradise

Écrit par

On est loin de la pop ou d’une impression d’entrer au « Paradise » à l’écoute de Pop. 1280… « The Horror », le titre de son premier elpee, reflétait mieux les climats sombres et industriels du groupe américain, a contrario de ce paradis (perdu ?) promis au générique de son 3ème essai !

Depuis Brooklyn, le très énervé Chris Bug et ses acolytes ne sont pas venus pour rigoler mais asséner leurs brûlots tour à tour chargés de no wave (« Phantom Freighter ») ou de rock indus (« USS ISS »), lorsqu’ils ne réalisent pas un mix tranchant entre Killing Joke (ces claviers !) et Joy Division (la dimension martiale), mais en prenant soin de faire macérer l’ensemble dans un climat propice à l’invective, digne de The Fall. Davantage à la recherche de l’impact auriculaire plutôt que véritablement mélodique, Pop. 1280 nous balance des morceaux féroces et claustrophobes balisés par le quasi ‘spoken-word’ de Bug. Acides, les textes traitent des dérives du monde contemporain rongé par les technologies. Pas de single à l’horizon mais une série de compos aux titres explicites, tels que « The Last Undertaker » ou le poisseux « Rain Song ». Un opus chargé de désespoir, mais intriguant, pour ne pas dire bizarre...

 

Lust for Youth

Compassion

Écrit par

Lust for Youth n’en est pas à son coup d’essai. Et pour cause, « Compassion » constitue son quatrième album. En six ans, le trio danois (NDR : il est originaire de Copenhague) est déjà parvenu à se forger une certaine notoriété auprès des nostalgiques de la musique issue des 80’s.

Dès les premiers accords, on retrouve l’univers spécifique à Lust for Youth. Ténébreux, glacial, atmosphérique, il est encore et toujours hanté par New Order et Depeche Mode. Cependant, mélodieuses, les compos ne manquent jamais d’accroche, des morceaux sur lesquelles Hannes Norrvide vient poser sa voix désenchantée. Les claviers sont omniprésents. Les sonorités, scintillantes. Elles sont cadencées par une boîte à rythmes. Et de nombreux titres sont d’ailleurs bien dansants ; à l’instar de l’excellent « Sudden Ambitions ».

En une demi-heure pour huit pistes, la formation scandinave démontre son aptitude à remuer les tripes du mélomane, à l’aide d’une musique paradoxalement sombre… 

 

In Layman Terms

Tangled

Écrit par

‘In layman terms’ se traduit par ‘En d'autres termes’ ou ‘Pour simplifier’. C’est le patronyme choisi par le clan Layman. Issu de Williamsburg, en Virginie. Une véritable affaire de famille, vous vous en doutez ! Cole et Logan Layman, sont frère et sœur. Ils n'ont pas encore vingt ans. Miss Logan chante et joue de la basse. Elle a été élue ‘Blues Kid of the Year’, en 2013. Cole se sert de toute une panoplie de guitares. Et pour couronner le tout, la maman, Sandy Layman, vient parfois leur filer un coup de main, aux drums et percussions. Le premier elpee de Tangled est éponyme. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques amis, mais également du drummer/multi-instrumentiste Ron Lower Jr. Qui se charge également de la production.

Largement cuivré, le titre maître ouvre l’opus. C’est r&b. Funk même. Une plage au cours de laquelle Brian Kloppenburg siège derrière l’orgue pour en extraire des sonorités chaleureuses. Qui alimentent également "Fake it 'til I make it", un excellent blues lent que chante Logan d’une voix très harmonieuse. Déjà très affûté, Cole en profite pour s’autoriser son premier envol. Il passe à la slide pour le nerveux et séduisant "Don't even try". Dans un style qui rappelle Derek Trucks, musicien qu’il apprécie tout particulièrement. Une plage au cours de laquelle les qualités vocales de Logan sont bien mises relief alors que les interventions à l’orgue de Brian apportent une touche d’authenticité à l’ensemble. Solide compo, "Heartbroken" est imprimé sur un rythme hypnotique familier à Howlin' Wolf. Cole Layman semble hanté par Hubert Sumlin pour épauler sa sœur. Et toute en subtilité, sa sortie est excellente. Le lent "I'm not ready" ainsi que "Don't even try" sont issus de la plume de la chanteuse/bassiste/compositrice Holly Montgomery. La voix de Logan est chargée de passion tout au long de ce titre. "Smokestack lightning", classique de Howlin' Wolf, adopte un profil très roots. A cause des cordes acoustiques, des accès de basse et des frêles percussions. La voix féminine se révèle authentique sur cette piste que conclut brillamment Jack Campbell sur son harmonica. "Won't let it" élève le tempo. Brian est revenu à l'orgue. Cole sort le grand jeu et signe une sortie impeccable. "Karma" est un titre largement inspiré par le Delta. Cole joue de la guitare ‘Cigar box’, dont le son est primaire, sale et ravageur. Superbe ! De toute bonne facture, cet LP s’achève par la reprise du célèbre "Move over" de Janis Joplin. La version déménage. Logan adapte parfaitement sa voix, sans la forcer, alors que Ron Lowder Sr signe une belle envolée sur son sax ténor.

 

Honky

Corduroy

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Amies et amis fans de bon Rock’n’roll gras et sans prise de tête, posez ce que vous avez en main, asseyez-vous, prenez ce verre de whisky qu’on vous tend, allumez-vous une clope et détendez-vous… Vous êtes désormais en condition idéale pour profiter de « Corduroy », dernier album des Texans de Honky. Neuf morceaux chaleureux susceptibles de vous mettre de bonne humeur et qui baignent dans une ambiance Rock dont il est difficile de s’extirper. Fermez les yeux, imaginez-vous dans un film de Tarantino, au volant d’une vieille Mustang, roulant à tombeau ouvert sur une route sablonneuse, à la recherche de ce bar tant attendu afin d’oublier les vingt-quatre dernières heures harassantes. Vous la sentez l’ambiance, là ?

Un travelling vers les artistes permet de comprendre que Honky n’est pas simplement qu’un terme péjoratif –signifiant bastringue en français– mais surtout un trio réunissant Bobby Landgraf au chant et à la gratte (NDR : il milite également chez Down), Jeff Pinkus à la basse (lui au sein de The Melvins) et le Trinidad Leal (de Dixie Witch). Le genre de gars à qui on ne la fait pas. Plus rien à démontrer, il n’y a qu’à se faire plaisir. Quelques bruits enregistrés par le frottement d’un vieux vinyle préludent le rock’n’rollesque « Corduroy », le titre maître de cet LP. Le cadre est posé, les riffs de Bobby sont habités par l’âme de ZZ Top. Tout coule de source. C’est terriblement efficace. Une belle rampe de lancement qui est décuplée sur « Outta Season », un morceau désormais enrichi par des passages à la trompette, jazzyfiants à souhait. Le band, alors qu’il aurait très bien pu se contenter de ses sonorités rock, préfère y incorporer, comme par magie, d’autres influences, à travers ces souffles brûlants de Blues sur « Bad Stones » ou encore « I Don’t Care », sans compter la hargne Heavy injectée sur « Double Fine ».

« Corduroy », c’est le passage par l’ampoule à décanter de l’idée fantasmée qu’on peut se faire du Rock’n’roll. Honky parvient ici en quelques morceaux à nous transmettre un héritage considérable de sonorités, réalisant sans que ce soit expressément voulu une synthèse du rock, des premiers jours à aujourd’hui. Un dépaysement jouissif assuré, les pieds sur la table.

 

William Fitzsimmons

Charleroi Pittsburgh Volume 2

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Ne croyez surtout pas que cet album ait une quelconque corrélation avec les Van Cau, Spirous, Magnette et autres histoires carolorégiennes ; en fait, il s’agit plus simplement d’une ode à la ville natale de la grand-mère de William Fitzsimmons, également baptisée Charleroi. Elle a été fondée par les colons belges sur les rives de la rivière Monongahela…

« Charleroi : Pittsburgh, Vol.2 » constitue le second volet d’une parenthèse ouverte en 2015 par l’Ep « Pittsburgh ». Et le 7ème opus du troubadour folk à la barbe de hipster (NDR : n’aurait-il pas d’ailleurs lancé la mode ?) ‘« Pittsburgh » parlait de la grand-mère que je connaissais. « Charleroi » parle de celle que je n’ai jamais connue’, indique l’artiste. L’univers de Fitzsimmons est minimaliste : une guitare acoustique, quelques notes au piano ou de discrètes cordes… mais surtout une voix splendide et céleste. Hormis celle de Sufjan Stevens, il n’en n’existe que très peu d’aussi pure pour conter ces histoires familiales, véritables allégories de celle des Etats-Unis au XXème siècle. Si vous aimez le folk intemporel, je vous invite à découvrir d’urgence, les 6 titres de cet LP.

 

Joe Bonamassa

Blues of desperation

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Ce chanteur/guitariste a déjà fait du chemin. Où est le temps quand, âgé à peine de douze ans, il ouvrait pour la légende BB King ? Il en a aujourd'hui 39 et compte une quinzaine d'albums à son actif. Son tout premier, "A new day yesterday", remonte à l'an 2000.

"Blues of desperation" a été enregistré sous la houlette de son fidèle producteur Kevin Shirley. Et ses nouvelle compos, il les a écrites à Nashville, où il s’était retiré. Quant aux sessions, elles se sont déroulées au studio Grand Victor Sound. Pour la circonstance, il a bénéficié de la collaboration du claviériste Reese Wynans, du bassiste Michael Rhodes ainsi que des drummers Anton Fig et Greg Morrow. Sans oublier quelques cuivres et les choristes.

Imprimé sur un tempo rapide, "This Train" ouvre l’elpee. La présence simultanée de deux batteurs confère une solidité particulière à la section rythmique. Soutenue par les interventions fringantes du piano de Wynans, la voix de Joe est puissante. La guitare libère toute son intensité dans un style très rock! Blues/rock, "Mountain climbing" est découpé par un riff réminiscent du Free de la grande époque, alors que la voix de Joe est enrobée par les chœurs féminins. La sonorité de gratte rappelle d’ailleurs celle d’un grand artisan de la ‘Gibson Les Paul’, en l’occurrence le regretté Paul Kossoff. Face aux percussions exotiques et aux cordes semi-acoustiques, la voix est chargée de passion, tout au long de "Drive", une roots song empreinte de tendresse ; mais lorsque les cordes se chargent d’électricité, c’est pour rendre un vibrant hommage au "Black Magic Woman" de Peter Green. Autre blues, "No good place for the lonely" est une ballade qui bénéficie d’arrangements ambitieux. Joe voue un grand respect aux anciens maîtres anglais du style. Et de grande classe, son envol rappelle Gary Moore. Rockin' blues complexe, le titre maître lorgne vers le Led Zeppelin, sans la voix de Plant, bien entendu. Mais le spectre de Jimmy Page plane quand même. "You left me nothin' but the bill and the blues" est un blues rapide et nerveux, mais attaqué sereinement, à la manière d'Albert Collins. Joe se délecte en se déchaînant sur ses cordes. "Distant lonesome train" baigne dans le Delta du Mississippi, mais dans une version revue et corrigée par Bonamassa. La conjugaison entre les grattes et les drums est géniale. Perso, il s’agit du sommet de cet LP ! "How deep this river runs" est également une excellente plage. La voix est hantée par Paul Rogers et la tonalité de gratte, par Paul Kossoff. "Livin' easy" trempe dans le jazz roots. Le swing est naturel. Dépouillée, la compo est entretenue par le saxophone et le piano. En final, "What I"ve known for a very long time" rend manifestement un hommage à la légende disparue, BB King. Un blues lent somptueux, délicatement cuivré, dans l’esprit de Memphis.

 

Bleached

Welcome the worms

Écrit par

Depuis la sortie de son premier LP, "Ride Your Heart", en 2013, les événements se sont bousculés dans l’existence des frangines Clavin. Elles ont vécu des expériences difficiles. L’une a été virée de chez elle et l’autre a souffert d’une relation amoureuse (trop) fusionnelle. Des épreuves qui fatalement finissent par marquer la musique des Californiennes (NDR : elles sont originaires de Los Angeles). Le duo a également élargi son line up, puisqu’il a également accueilli une bassiste, Micayla Grace.

Produit par Joe Chiccarelli (Morrissey, The Strokes, Elton John), "Welcome the Worns" se révèle bien plus garage que le précédent long playing. Un peu dans l’esprit des 90’s. Déjà que Bleached est un patronyme qui se réfère clairement à Kurt Cobain. Et pour cause, paru chez Sub Pop, "Bleach" est le titre du premier elpee de Nirvana. D’ailleurs, le trio pourrait signer sur ce label, où il serait plus à l’aise que chez Dead Oceans (The Tallest Man on Earth, Kevin Morby, Destroyer, Phosphorescent, ...), écurie davantage focalisée sur les artistes folk.

"Welcome the worms" s’ouvre par deux excellents titres de punk/garage aux refrains accrocheurs. Soit "Trying to lose myself again" et "Keep On Keepin'On", dont les riffs de gratte se révèlent d’une redoutable efficacité. "Wednesday Night Melody" adopte un profil davantage pop, lorgnant même vers Weezer. Bref, une mise à feu à la fois jouissive et rythmée, tout en demeurant accessible. Et on ressent même un brin de nostalgie à l’écoute de ces premiers morceaux. Mais progressivement, Bleached commence à tourner en rond. Et finit par sonner creux, à l’instar de l'insupportable "Sour Candy", caractérisé par refrain moelleux. Dommage ! Le départ était tonitruant, mais la suite nous a laissé sur notre faim…

 

Brad Wilson

Power Blues Guitar Live

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La musique de ce chanteur/guitariste/compositeur macère dans le blues/rock californien. L'an dernier, il avait gravé un elpee de toute bonne facture, "Blues thunder". Brad est tout à fait à l'aise sur les planches. Il multiplie d’ailleurs les concerts, tant en Californie qu’en Europe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a décidé de publier ce "Power Blues Guitar Live", flanqué de son Rollin' Blues Thunder Band. Au menu, treize plages, parmi lesquelles figurent reprises et compositions personnelles.

En guise d’échauffement, le combo adapte un des plus célèbres titres de Muddy Waters, "Got my mojo working". Chaude, la voix de Wilson tient la route ; mais c’est surtout sur sa Fender Stratocaster qu’il se distingue. Il ne tient pas en place et profite de la moindre occasion pour mettre le feu. "I'm tore down" est imprimé sur un tempo semblable, une compo popularisée –il y a belle lurette– par le géant Freddie King. Dès qu’il en a l’opportunité, Brad se réserve des billets de sortie afin de maltraiter son instrument. Le rythme retombe tout au long du long blues lent "I can't quit you baby", un morceau issu de la plume de Willie Dixon, pour lequel Otis Rush avait décroché son premier succès en 1956. Les interventions de gratte sont gémissantes, mais elles ne suscitent jamais l’ennui. Chouette blues/rock, "All kinds of a fool" semble hanté par feu l’Irlandais Rory Gallagher. Brad nous réserve quelques covers de titres notoires. Dont "Born under a bad sign", un hit d’Albert King qui date de 1967, et l'inévitable "Sweet home Chicago" de Robert Johnson. Mais également une excellent version du "I just want to make love to you" de Willie Dixon, mais imprimée sur un mid tempo. Et manifestement sur cette piste, il est inspiré par Jimmy Page. Une dextérité qu’il démontre de nouveau sur "She moves me". Encore un titre de Dixon : "Spoonful". Mais il est abordé sous la forme d’un medley. Une plage qui met bien en exergue le talent du batteur (Thaxter Daggs ou Kofi Baker?) Signé Muddy Waters, "Standing around crying" constitue le second blues lent, un morceau qui libère beaucoup d'intensité dramatique. En fin de concert, Brad nous réserve un dernier slow blues, en l’occurrence le classique de T-Bone Walker, "Stormy Monday", une compo tapissée par l’orgue de Kirk Nelson. Bref, en accordant cet excellent set, par ailleurs particulièrement énergique, Wilson a démontré la large palette de son potentiel, face au public.

L’elpee recèle un bonus track. Une compo indolente signée par le Californien, "I'm still breathing" (NDR : elle figure sur l’album "Hands on the wheel"). Nelson se consacre au piano électrique et Joe Robb au saxophone.

 

An Pierlé

Les années 'new wave' ont façonné ma culture musicale

Ce matin, c’est le bonheur : je suis invité à boire un café chez An Pierlé. Elle habite en plein centre de Gand, dans une maison sise à deux pas de l'église Sint-Jacobs, en compagnie de son partenaire Koen Gisen. J'ai toujours beaucoup aimé cette artiste flamande, mais son tout nouvel album, ‘Arches’, paru chez [PIAS], a touché une corde sensible, voire même plusieurs cordes sensibles au plus profond de mon être. Il est plus sombre, plus mystique que ses précédents opus, surtout grâce aux grandes orgues, omniprésentes, et aux compositions 'dark' et sensuelles qu'il recèle.

Nous rentrons dans la salle de séjour, une grande pièce de type loft qui ressemble à un gentil capharnaüm. Entre les jouets de la fille d'An, Isadora, les peaux de serpent et les vieux meubles vintage, on découvre un magnifique piano à queue de couleur noire. Ne résistant pas à la tentation d'en jouer, j'égrène les premières notes de ‘Wuthering Heights’. An chantonne la mélodie en préparant le café et me lance : ‘Wow: tu joues bien! Il faudrait que je travaille les accords de ce morceau!’

Ce qui frappe chez An Pierlé, c'est son incroyable simplicité. Elle a cette façon si chaleureuse de sourire et de vous accueillir que l'on se sent immédiatement à l'aise, comme si on appartenait à sa famille.

Tout naturellement, nous entamons la conversation en parlant des années 70 et 80, l'âge d'or de la musique, qui nous a tous les deux tellement marqués. J'aimerais savoir quelles sont les chansons qui ont provoqué un flash chez elle quand elle était jeune. "J'ai eu pas mal de flashs quand j'écoutais la radio. Il y avait une chanson qui passait et tout à coup, le monde s'arrêtait de tourner et j'étais comme fascinée. J'ai vécu cette sensation en écoutant ‘Such A Shame’ de Talk Talk, une chanson que j'ai d'ailleurs reprise par la suite. La même chose pour Gary Numan et son ‘Are Friends Electric?’ Notons au passage que c'est en adaptant ce titre-phare de la new wave qu'An s'est fait connaître lors du Humo Rock Rally, en 1996. "Il y avait aussi ‘The Cold Song’, de Klaus Nomi et, bien sûr, Kate Bush. J'aimais aussi Siouxsie, Jona Lewie ainsi que Men Without Hats, et notamment la vidéo de ‘Safety Dance’. Ces chansons étaient pour moi comme des films, des univers dans lesquels je pouvais me plonger. Les années 'new wave' ont façonné ma culture musicale."

On retrouve toutes ces influences dans les six elpees que l'artiste d'origine anversoise a publiés à ce jour ; de ‘Mud Stories’, paru en 1999 à ‘Arches’, en 2016. Mais sa tout dernière production marque une évolution assez remarquable au niveau des compositions, des arrangements et des atmosphères. Comment ce processus s'est-il mis en place? "C'est venu naturellement. J'ai été choisie comme compositrice officielle de la ville de Gand ; ce qui m'a plongée dans l'univers des musiques d'église et m'a incitée à m’intéresser aux grandes orgues. Ces paramètres ont poussé lentement, comme des petites graines. On a bénéficié de pas mal de temps pour écrire… deux ou trois ans. C'est la raison pour laquelle l'album est plutôt de nature ‘classique’, articulé autour de l'orgue et qu’il baigne dans une ambiance assez solennelle."

Le titre qui frappe le plus sur ‘Arches’ est sans conteste ‘Birds Love Wires’. La mélodie est captivante et séduit dès la première écoute. Une ambiance romantique, médiévale, enveloppe cette compo. Mais quel en est le thème? "C'est une chanson qui part d'une vision : les oiseaux sur les fils téléphoniques. C'est une vision d'enfance car, de nos jours, ces câbles sont tous souterrains. J'ai associé cette vision avec celle, très crue, des femmes qui sont persécutées dans certains pays orientaux. Là-bas, ils pendent les femmes même pour des fautes insignifiante". C'est donc une approche de la composition visuelle, plutôt cinématographique? "Oui, ce sont toujours des images qui me traversent l’esprit, surtout quand je vais me promener dehors. Ou alors, ce sont des mélodies que j’imagine derrière mon piano. ‘Birds Love Wire’, je l'ai élaborée lors du soundcheck quand on s’était produit au festival Boombal. J'avais déjà quelques idées mais là, j'ai profité des circonstances. Tout était installé et l'ingé-son enregistrait pour improviser la chanson complète. Et lorsque je l'ai fait écouter à Koen, il a dit que c'était parfait, qu'il n'y avait rien à changer et ça, ça n'arrive pas très souvent!" (rires)

En parlant de Koen, An décide de m'emmener un étage plus bas, dans le studio, où son partenaire travaille en compagnie d’un groupe local, North. Ici, l'ambiance est feutrée, étouffée par les tapis orientaux disposés à terre et sur les murs. Les vieux Revox et les amplis à lampes côtoient les ordinateurs équipés de 'Pro-Tools'. Nous discutons des productions du label du couple : Helicopter, qui impliquent des formations flamandes talentueuses comme Kiss The Anus Of A Black Cat, The Black Heart Rebellion ou The Bony King of Nowhere. Koen explique le défi qu'a représenté l'enregistrement des orgues de l'église Sint-Jacobs pour l'album ‘Arches’. "On enregistrait la nuit pour éviter les bruits de la ville. Il a aussi fallu intégrer ce son énorme, chargé de réverbération, dans la structure sonore des chansons. Tout un travail sur les fréquences, les effets et le positionnement." Le résultat est, inutile de le rappeler, parfait.

Nous revenons dans le living, car An me réserve une très belle surprise. ‘Cluster’, le mini-album qui servira de seconde partie au diptyque ‘Arches/Cluster’, est déjà bien avancé et j'ai droit à un 'preview' des enregistrements! ‘Road To Nowhere’, qu'elle avait déjà interprété aux Nuits Bota, fait à nouveau forte impression. C'est une lente incantation qui se développe dans une progression lancinante et quasi dissonante. Les autres titres sont dans la lignée de ‘Arches’ mais ouvrent également une dimension plus expérimentale. Un album 'sequel' qui promet! Il devrait sortir en septembre mais comme le 'release' de ‘Arches’ en France a été reporté, le planning pourrait être décalé.

La conversation se poursuit. An me dévoile ses coups de coeur et, notamment Wovenhand. C'est d'ailleurs chez elle que Pascal Humbert a préparé le ciné-concert des Nuits Bota consacré au film de Bouli Lanners ‘Les Premiers, Les Derniers’. An indique également qu'elle a assuré la première partie de 16 Horsepower aux Pays-Bas. Elle évoque Mensen Blaffen, la formation athoise de post-punk qu'elle aimait dans les années 80 sans imaginer que son saxophoniste allait devenir l'homme de sa vie. Malheureusement, après plus de 2 heures, notre interview arrive à son terme, car la belle soit s'occuper de la B.O. du spectacle pour enfants auquel sa fille va participer.

Je remercie mes hôtes et je prends congé. En marchant sur les trottoirs de Gand, je me rends compte que je n'ai pas seulement réalisé une très belle interview d'une artiste tout aussi douée qu'attachante. J'ai fait encore mieux : j'ai rencontré quelqu'un qui, je l'espère, sera à l'avenir une véritable amie.

Ne manquez pas les prochains concerts d'An Pierlé:

          23 juillet: Boomtown (Gand)
          7 août: Festival Dranouter
          13 août: BSF (salle de La Madeleine)
          8 septembre: De Roma (Anvers)
          10 septembre: CU Festival (Liège)
          23 septembre: Muziekgieterij (Maastricht - NL)
          29 septembre: Orgelfestival (St Niklaas)
          5 octobre: Eglise Saint Eustache (Paris - FR)
          22 octobre: Sint-Jacobs (Gand)

Pour lire le compte-rendu du concert d'An Pierlé dans l'Eglise des Dominicains (Nuits Bota), voir ici 

Pour visioner la vidéo de ‘Birds Love Wire’, réalisée par la fille de Jaco Van Dormael, Juliette Van Dormael, c’est  

 

 

Gonzo

Aujourd’hui, le rock est plus lisse, plus produit, mais dans le mauvais sens du terme…

Gonzo est un groupe éphémère réunissant le Montois Baptiste Lalieux (Saule), Geoffroy Heyne (A Mute), Simon Bériaux (Hibou, Le Yeti), Vincent Lontie (Fugu Mango, Bikinians) et Nicolas Vandeweyer (Eleven). Suivant la bio, la formation pratiquerait une musique à la croisée des chemins de Weezer, Bloodhound Gang, Beastie Boys et The Presidents of The United States of America. Avant le concert accordé à l'Alhambra de Mons, Geoffrey et Baptiste on accepté de répondre aux questions de Musiczine. En toute décontraction…

Pourquoi avoir baptisé votre groupe Gonzo ? Est-ce une référence au Muppet Show ou au porno ? (Rires)

J : Du porno ? Nous n’en avons pas seulement consommé au cours de notre jeunesse ! Et puis, nous sommes encore jeunes ! Il faut le souligner. Non, en fait, Gonzo, c’est bien inspiré du délire Muppet, l’homme-canon. Ensuite, on s’est rendu compte qu’il avait plusieurs significations et que toutes nous collaient un peu à la peau.
B : En italien, le terme se traduit par ‘stupide’. Et il nous parle.

Vous avez prévu d’inviter Charlie ?

B : Ce n’est pas dans le cahier des charges. Mais comme il est assez ouvert d’esprit, ce n’est pas exclu qu’il vienne ajouter son grain de folie, dans Gonzo. Nous sommes tous les deux  spontanés. Donc si un jour on l’appelle, il est très susceptible d’accepter.

Vous êtes tous impliqués dans d’autres projets. Alors Gonzo, est-ce une aventure dite ‘éphémère’ ou durable ? Avez-vous l’intention de lui consacrer un long playing ?

Geoffroy (Jo) : Oui, dans le courant de l’année prochaine ; on va s’y mettre tout doucement. A mon avis, on va commencer à enregistrer l’été prochain, mais de toute façon, cet album ne paraîtra pas avant 2017.
Baptiste : Parce que nous avons tous des projets en chantier. Perso, celui de Saule débouchera bientôt sur un nouveau cd.

Votre Ep recèle 5 plages. Comment s’est déroulée l’écriture des morceaux. Et dans quelle ambiance ?

J : Pour déconner, on a accordé un concert de reprises pour des potes, alors qu’à l’époque on jouait du punk. Ensemble. On s’est vraiment bien éclaté. Puis on en a conclu qu’on recommencerait bien l’expérience. Et puis on a fondé Gonzo. Baptiste s’était pété la jambe ; donc il avait eu du temps pour composer presque tous les titres qui figurent aujourd’hui dans notre répertoire. On a lancé le projet, puis le cours des événements a repris ses droits. On a fait quelques dates, ensuite on a tourné la page. Cet épisode remonte d’ailleurs à plusieurs années.
B : Il y a sept ans qu’on a enregistré ces titres. A l’origine, ils n’étaient pas du tout destinés à se retrouver sur iTunes. C’était plus une démo qui n’avait aucun objectif commercial. On avait enregistré ces morceaux pour nous. Et lorsque l’agenda a commencé à se remplir, notre manager nous a conseillé de le sortir. Or le son était garage. On l’avait enregistré en prise directe, ‘rough’. Et en fait, tous ceux en compagnie desquels on bossait, ainsi que notre attaché de presse, nous ont rassurés par leur argumentation. Il s’agissait de notre son, il était super et il fallait le reproduire tel quel. On a juste masterisé. Mais le plus curieux, c’est de voir cet Ep sortir après tant d’années…
J : On a enregistré en prise directe !
B : On a ainsi pu conserver l’énergie du groupe.
J : Tout est allé tellement vite. On n’a pas trop pris le temps de réfléchir ; et finalement le résultat traduit bien nos prestations sur scène, aussi.

J’ai lu, dans une interview, que tu avais l’intention d’inviter Giacomo de Romano Nervoso, lors des sessions d’enregistrement de ce futur elpee ?

B : Giacomo, je l’ai déjà croisé à deux ou trois reprises, et je l’apprécie. J’aime son attitude rock’n’roll, sincère et brute de décoffrage. Notre manager nous a rapporté que Romano souhaitait que nous partions en tournée avec son groupe. Mais je dois enchaîner par un autre projet, un conte musical, que j’ai écrit pour Mons 2015. Et donc le timing ne collait pas. Un journaliste m’a demandé si j’avais l’intention de poursuivre cette aventure de super-groupe, en engageant des musicos issus d’horizons divers. Et puis, quel artiste je souhaitais inviter en studio, pour chanter avec moi. J’ai immédiatement pensé à Giacomo.
J : Le délire est toujours aussi anti-conventionnel. 

Quand on vient d’univers musicaux différents, comment faire prendre la mayonnaise ?

B : C’est le fameux ‘un peu de tout’ à la belge. Il y a des tas d’influences un peu différentes. Et même du punk. On partage tous un dénominateur commun, c’est celui d’avoir joué beaucoup de rock et de continuer à l’apprécier. Le punk/rock tout particulièrement. Gonzo, c’est un peu un mélange de tout ça. Certains titres sont un peu plus reggae, d’autres davantage acoustiques. Notre répertoire recèle deux morceaux country ; et pourtant, au départ, la country n’était pas du tout notre truc.
J : Que ce soit de la country ou du reggae, on cherche simplement à s’éclater. On y injecte une dose de punk, on mélange, et hop c’est parti…
B : Honnêtement, je n’ai pas de recette. Je pense que chez Gonzo, elle appartient à tout le monde. Il n’y a pas de patron. Chacun ramène vraiment sa personnalité, contrairement à Saule où je suis plus au front. Ici, il existe une vraie énergie collective. C’est assez chouette de vivre ces moments, de s’observer quand on joue. Aujourd’hui on a accordé un set plus court, mais Jo, normalement, défend sa chanson. Nous somme trois ‘lead vocalists’. Il n’y a pas vraiment une recette. Aussi quand on se produit un dimanche à 17 heures, sur une énorme scène, devant public très familial, et que celui-ci adore ; et bien, on a le droit d’être satisfait. Car le ‘live’, c’est un mix entre la sincérité, la générosité et l’aspect festif.
J : C’est ainsi qu’on l’a également imaginé. Et on l’a créé pour s’amuser, se marrer même. Notre attitude le montre. La réaction du public également. C’est communicatif.

En live, lorsque vous interprétez « Girls », vous invitez les filles à grimper sur le podium. Est-ce par délire ou est-ce voulu ?  

B : On n’a jamais pécho une meuf.
J : Que veux tu dire par ‘c’est voulu’ ? 

Intentionnel ! Lorsque vous vous être produits dans le cadre du BSF, sur l’estrade, vous en avez invité une belle fournée ; mais il y avait de tout : des belles, des moches, des vieilles, des jeunes.

J : Et ce soir, tu as maté un peu ?

Bof, il y avait de tout aussi.

J : Il y avait de la caille.
B : En fait, le morceau parle d’un gars qui se dit ‘Mais pourquoi quand je marche dans la rue, il n’y a aucune nana qui me regarde ?’ J’ai écrit les paroles en pensant à ces donzelles qui te toisent un peu ainsi en disant ‘Mais à quoi tu ressembleras quand t’auras septante ans, toi qui crâne devant nous ?’
J : Tu vois, même sur scène, elles ne nous regardent pas.
B : Oui, même sur scène. Je leur tourne le dos, déjà. C’est un peu un morceau humoristique qui traite de ce sujet. Il est vrai qu’on aime bien faire monter des filles sur les planches.
J : C’est sympa et en même temps génial, d’inviter plein de monde sur l’estrade. Que ce soit des filles ou des mecs. C’est idéal pour mettre l’ambiance. Tu sens les planches qui vibrent. Et il y a toujours un moment dans le morceau au cours duquel ils s’excitent tous. Ils ne savent pas trop à quoi s’attendre, et au départ, il y en a qui ne bougent pas en se disant certainement, ‘Mais qu’est-ce que j’ai fait, pourquoi suis-je monté sur le podium ?’ Mais d’autres ne veulent plus en redescendre.

Toujours dans le cadre du BSF, lorsque vous avez interprété « Gay », une partie de la foule n’a vraiment pas apprécié…

B : Je pense que cette chanson est mal comprise. C’est intéressant que tu nous en parles, parce que notre attaché de presse est homo et au début, il a cru qu’on se foutait de la gueule des gays. Or, le message est totalement contraire. En fait, il raconte l’histoire d’un mec qui en a marre d’être jugé sur sa sexualité. Il l’assume. C’est une chanson pro-gay et pas du tout anti-gay. Mais comme on la chante en anglais sur de gros riffs de grattes, elle n’est pas facile à décrypter. 
J : Elle a été mieux appréhendée lors de notre set accordé à Spa, car Baptiste l’a commentée préalablement. Du coup, le public était plus enthousiaste. Lorsque tu ne prépares pas le terrain, tu favorises les amalgames…

Vous adaptez le « Killing in the name » de Rage Against The Machine ; et franchement la version déchire. C’est un titre fétiche ?

B : Nous préparions la tournée des festivals d’été et il nous manquait quelques morceaux. J’avais encore en magasin deux ou trois compos qu’on n’avait pas encore intégrées dans le répertoire. Et on en a conclu qu’il serait chouette d’y insérer une cover, mais pas qui ressemble à l’originale. Sinon, elle n’aurait aucun intérêt. Et c’est lors d’une répète, qu’on a décidé d’attaquer une reprise de Rage Against the Machine, mais en version folk, country et bluegrass. A l’aide de nos grattes en délire. Et comme on a trouvé le résultat sympa, on a décidé le conserver. Et il est vrai que sa transposition ‘live’ marche plutôt bien.

Jo, pendant « Mister Woodman », tu es victime de ta timidité ou c’est de la comédie ?

B : Tu évoques son attitude, lorsqu’il chante sur la reprise de NOXF ?
J : Oui je suis timide. En fait, je ne suis pas chanteur. Mais ce choix relève du délire de Gonzo. On a pensé qu’il serait intéressant d’insérer un passage complètement dingue aux claviers, de plus de 10 minutes, pendant que je distribue des pralines. Puis on a décidé de passer à l’acte. Génial, on va le faire. Et on l’a fait. Au début, je chiais dans mon froc ; et puis finalement, j’y ai pris goût.
B : C’est un moment qu’on adore car on y casse toutes les conventions. Le batteur devient chanteur. Une sorte de crooner à la Sinatra sur un morceau punk pur et dur. Le claviériste exécute un solo de trois notes, les mêmes pendant une minute. Dans notre local, la formule nous faisait bien rire ; aussi, on voulait voir si elle allait avoir le même effet sur le public, en live. Et il a adoré ! Jo se pointe et distribue des bonbons comme si c’était Saint-Nicolas.

Vous avez l’intention de vous produire à l’étranger ?

B : Oui, on a l’ambition de dépasser nos frontières.
J : Bertrand a des contacts en France. Il y a manifestement de l’intérêt. Mais pour l’instant, il est préférable de calmer les ardeurs, au vu du contrat…

Partants donc pour vous produire ‘unplugged’ ?

B : À ce jour, on n’a accordé qu’un seul set dans le style. Mais si on grave un album, on devra accorder des des showcases. Donc en version acoustique. Et il ne devrait y avoir aucun problème, car nos compositions sont basées sur  les harmonies vocales. On devra les adapter, mais je suis convaincu que le résultat sera probant.  

Lors de votre concert, j’ai constaté l’absence de Vincent. Qui l’a remplacé ?  

J : Au départ, il était convenu que certains membres du groupe étaient interchangeables. Il ne faut pas oublier que Gonzo est, à la base, un side project. Certains sont plus difficiles à remplacer que d’autres. Mais Vincent a un agenda particulièrement chargé. Il a donc décidé d’écoler un petit jeune, Max. Il a parfaitement rempli son rôle et il devrait continuer cet intérim, car le projet est en constante évolution...

Baptiste, ton jeu de guitare semble marqué par la country et le bluegrass ?

B : Absolument. Mais il existe des tas d’autres styles musicaux qui m’inspirent. J’aime l’aspect rugueux, direct, ‘plug and play’ de la country et du bluegrass. J’ai assisté à plusieurs shows de Bob Log. C’est le genre de mec qui débarque sur le podium, coiffé d’une espèce de casque d’aviateur. Il dispose d’une grosse caisse, d’une gratte et d’un bottleneck et il commence à jouer du blues hyper speed. C’est un ovni. J’adore ce type d’extraterrestre, parce qu’il injecte un feeling un peu punk là-dedans. Un côté ‘je me plug et j’y vais’. Le son est dégueu ; mais en même temps, c’est ce qui fait sa force.

Quel soin apportez-vous au sens mélodique ?

B : La mélodie, c’est ce qui est le plus important pour moi, quand j’écris une chanson. Je baigne dans la musique depuis longtemps ; et pourtant, lors de projets précédents, il m’est déjà arrivé de proposer des morceaux dont la mélodie n’était pas top. Ce que me reprochaient certains collaborateurs. Il a fallu que je prenne du recul, mais finalement, je l’ai reconnu. La mélodie, c’est le b.a.-ba d’une chanson. Et chez Gonzo, on accorde beaucoup d’importance au sens mélodique.
J : Une bonne chanson, on doit pouvoir la jouer à la sèche. Gonzo, c’est du punk/rock, ça rentre dedans, mais le répertoire est constitué avant tout de chansons.

Apparemment, les States vous inspirent ? Mais êtes vous davantage ‘années punk’ ou ‘années grunge’ ?

J : On est ‘années punk’, mais à l’époque du grunge. C’est-à-dire le skate à roulettes, Bad Religion, NOFX, Pennywise. Le punk qui rentrait… Green Day, c’est la même époque que Nirvana. Perso, je n’aimais pas le grunge. Aujourd’hui, j’ai changé d’avis. Mais ce n’était pas mes premières influences.
B : Oui, c’est vraiment le rock des années 90. On parlait tout à l’heure de Weezer. J’appréciais beaucoup les Presidents of The United Sates. Des trucs plus durs aussi. Deftones, Korn, … et ce type de groupes qui nous ont marqués très fort dans les nineties. Et il est vrai qu’aujourd’hui –on l’a déjà répété lors des interviews, mais c’est un constat– le rock est plus lisse, plus produit, mais dans le mauvais sens du terme. Il a perdu ce côté énergique et crade qui nous plait. Même les artistes qu’on adorait à l’époque, ont fini par sophistiquer leur son.

Plutôt Nirvana ou Pearl Jam ?

B : Je suis fasciné par le personnage d’Eddie Vedder. Nirvana était –je pense– à l’époque, un phénomène de mode. Mais après avoir vu le documentaire vraiment fabuleux consacré à Kurt Cobain, et en me replongeant dans la discographie de ce groupe, je me suis rendu compte qu’il y avait des trucs de dingue. Et d’un point de vue musical. Ta question est difficile. Finalement, les deux formations méritent autant de crédit. Aussi bien pour la face spirituelle d’Eddie Vedder que celle spontanée et crade de Nirvana.

 

 

Queen

God Save The American Idol…

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Lorsqu’un soir, votre serviteur annonce à sa compagne ‘Chérie, je te laisse ... je vais voir Queen à Bruxelles’, elle a du mal a vous croire. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est produit ce mercredi 15 juin. Enfin, afin de ne pas froisser les puristes, qui estiment que la nouvelle formule fait pâle figure, il faut préciser que l’affiche spécifie quand même que ce qui reste de la légende est renforcé par la présence d’Adam Lambert.

Mais qui est cet Adam Lambert ? Un chanteur qui a tapé dans l’oreille de Brian May, lorsqu’il avait adapté le classique "Bohemian Rapsody ", dans le cadre de l’émission télévisée ‘American Idol’ (NDR : c’est dans le style de ‘Nouvelle star’ !), au cours de laquelle il était candidat, en 2009. A l’âge de 33 balais (NDR : l’âge du Christ !) Ce qui lui permet aujourd’hui d'accompagner les deux membres originels de Queen, Brian May et Roger Taylor. Qui bénéficient, en outre, du concours du fils de ce dernier, Rufus Tiger Taylor (percussions), de Neil Fairclough (basse) et Spike Edney (claviers).

Et pour ne pas se voir reprocher d’usurper le patronyme de Queen, May et Taylor ont pris soin de baptiser la tournée, ‘Queen + Adam Lambert’. Qui aurait déjà dû passer au même endroit l’an dernier, mais dont le spectacle avait été annulé, pour cause de… grippe. Ce soir, toute l’équipe est bien décidée à offrir au public, multigénérationnel, un concert haut en couleurs et en émotions.

Tout au long du set, vous vous en doutez, le spectre de Freddie Mercury va planer. Car régulièrement, le regretté va (ré)apparaître sur un écran géant, et tout particulièrement durant le somptueux "Love Of My Life" ainsi que l'intemporel "Bohemian Rapsody".

Sir Brian May, dont la crinière devient de plus en plus grisonnante, prend la parole à de nombreuses reprises. Et il s’exprime dans un français presque parfait ! Le concert va parcourir la monumentale carrière de Queen en une vingtaine de morceaux, dont la plupart figurent sur la dernière compilation "Queen Forever", parue en novembre 2014. Une set list dont on épinglera "Somebody to love", "Love Of my Life" (voir la video ici), "Save Me" ainsi que "Crazy Little Thing Called Love".

La scène est immense. Des passerelles donnent accès à une seconde estrade au centre de la fosse. Tout est mis en œuvre pour en mettre plein les mirettes aux 15 000 spectateurs. L'écran géant (NDR : et le mot est faible !) diffuse également des images en direct. Des images qui ne sont pas avares en effets spéciaux. Sans oublier le light show (NDR : impressionnant, vous vous en doutez également), la fumée, les lasers etc. Et le son est quasi-parfait. Adam Lambert change de tenue à plusieurs reprises (veste brillante et cloutée, bottes hautes à talons dorés). Il met tout en œuvre pour séduire l’auditoire. Et s’il n'a certes ni la carrure, ni le charisme de Freddie, force est de constater que sa voix androgyne assure sur une grande majorité des morceaux, même si son rôle est à double tranchant.

Aucun temps mort durant les 2h20 d’un spectacle qui, a contrario de ce qu’on aurait pu penser, se veut moderne dans son approche du répertoire classique de Queen.

Chaque musicien aura droit à son moment de gloire. Brian May, à la guitare, bien sûr. Mais malgré son doigté légendaire, il trahit quand même quelques petits dérapages (in)contrôlés. N’empêche, nonobstant ses 67 ans, sa maîtrise est encore toujours aussi spectaculaire. On assistera également à une ‘battle’ entre le père et le fils Taylor aux drums. Un duel qui précède l’incontournable "Under Pressure", au cours duquel Roger va se réserver les parties de David Bowie, aux côtés d'Adam Lambert campant Mercury. 

Un May qui attaque le "Love Of My Life" en solo, en compagnie du public, mais aussi de Mercury, qui apparaît sur l’écran géant, comme par enchantement. Roger Taylor, 65 balais, barbe blanche et Ray-Ban s’impose enfin en chantant "It's a Kind Of Magic", dont il est l'auteur/compositeur.

Pendant "Who Wants To Live Forever" une splendide boule à facettes descend progressivement sur le deuxième podium, sous Adam et Brian, propageant des lasers à travers tout le Palais12.

Place au rappel. Les lumières restent allumées. Comme en début de spectacle, l'emblème de Queen squatte les écrans. Adam Lambert et les musiciens reviennent quelques minutes plus tard. Ce dernier, à l’instar de Freddy Mercury –lorsqu’il était encore de ce monde– est coiffé d’une couronne. Une manière de rendre un ultime hommage au roi. "We Will Rock you" et "We are The Champions" terminent le show sous une pluie de confettis.

Ce concert était tellement attendu, aussi bien par les jeunes que les moins jeunes ; et il pourrait bien s’avérer l’ultime accordé par Queen en Belgique.

(Org:  Next-Step - AJA concerts)

 

 

Crowbar

Les Beatles, plutôt que les Rolling Stones…

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Le Sludge est un dérivé du Metal. Il emprunte des sonorités au Doom, au Punk ainsi qu’aux premiers jours du Hardcore et du Grunge. Un style lourd, lent, incroyablement puissant et au feeling mélancolique. Mais quand on s’intéresse au Sludge, on ne peut s’empêcher de penser à Crowbar, un des pères du mouvement. La formation néo-orléanaise sillonne régulièrement les routes américaines et européennes ; et sa dernière tournée transitait par la Belgique. Un périple destiné à célébrer le vingtième anniversaire de la parution de son elpee, ‘Broking Glass’. L’occasion de rencontrer Kirk Windstein, la figure de proue de Crowbar, afin d’aborder l’actualité du groupe, son passé et ses perspectives futures.

Une certitude : les Américains ont emporté dans leur sillage, en ce mois de mai, la chaleur de la Louisiane. C’est donc sous un soleil de plomb, en plein quartier industriel d’Hasselt, face au Muziekodroom, que nous nous sommes donné rendez-vous avec le manager du groupe. À l’heure pile, un homme à la carrure impressionnante, casquette vissée sur le crâne et chaussé de lunettes fumées (NDR : de rigueur), vient à ma rencontre et m’entraîne à travers les dédales du club. Nous débarquons finalement dans une salle entourée de murs en briques, meublée d’une table centrale, autour de laquelle se restaurent une dizaine de personnes. Certainement des roadies. Kirk Windstein se retourne, me tend la main et m’invite à prendre place à ses côtés. « N’hésite pas à parler fort », me confie-t-il, « Je suis un peu sourd de l’oreille gauche et il y a beaucoup de monde ».

En vingt-sept ans de carrière, Crowbar a publié pas moins de dix albums studio ; et le dernier en date, ‘Symmetry in Black’, remonte à 2014. Y aurait-il du neuf dans le pipeline ? « En effet, aujourd’hui nous disposons de dix nouveaux morceaux. La musique a déjà été entièrement mise en boîte ; et il ne reste plus qu’à écrire les paroles », explique Kirk, avant de poursuivre : « Quand on rentrera de la tournée, je me poserai quelques jours, puis je rentrerai en studio afin d’enregistrer les parties vocales. On pourra ensuite mixer le tout. Je pense que le disque devrait être disponible vers le 30 septembre. On est vraiment impatient de le voir sortir… » 

Une carrière musicale, dont la longueur n’est pas synonyme de statu quo, mais bien d’une perpétuelle remise en question. Tant et si bien que, ‘The Lord of Riff’ (NDR : c’est également son surnom) confesse au sujet de ce nouvel LP : « On peut s’attendre à quelque chose de plus old-school que sur les précédents. De plus dénudé, de plus concret. Une sorte de version moderne de sonorités de ce style. Tu sais, on a pas mal évolué au fil du temps. J’ai dernièrement réécouté nos plus anciens morceaux, mais également des groupes qui nous ont influencés à l’époque, comme Type O Negative, The Melvins, Carnival in Coal, Trouble, etc. Ce qui m’a mis en condition pour écrire des compositions plus old-school, comme je te le signalais. Je suis vraiment impatient de voir ce que ça va donner ! »

Bien que le combo ait, au départ, affiché plusieurs patronymes (Shell Shock, Aftershock, Wrequiem, The Slugs), avant d’opter définitivement pour celui de Crowbar, Kirk Windstein a toujours été l’homme aux manettes. C’est son band ; et les musiciens qui l’entourent, aussi interchangeables soient-ils, se contentent de l’accompagner. Une création musicale qu’il a pu, au fur et à mesure, imprégner d’une empreinte facilement reconnaissable. « J’écris aussi les paroles, mais je les ajoute toujours en fin de processus », explique-t-il. « Je me focalise généralement sur les sessions d’enregistrement des instruments. Jusqu’au jour où je me rends compte que –merde !– j’ai encore des lyrics à me taper. Les paroles sont très spontanées ; ce sont les idées qui me préoccupent au moment même. Et comme toujours, dans ces périodes de rush, ma femme se tient prête à prendre note des idées qui me traversent l’esprit », admet-t-il, en adressant un clin d’œil à Robin, son épouse, qui nous a rejoints depuis quelques minutes. S’il fallait retracer l’histoire de Crowbar, la rencontre des deux metalheads serait certainement à marquer d’une pierre blanche. « Ma vie a beaucoup changé depuis que j’ai croisé Robin ». C’est notamment ce coup de foudre qui a motivé son départ du supergroupe Down, il y a maintenant trois ans. Une décision mûrement réfléchie, ne souffrant pas d’une ombre de regret de sa part : « J’apprécie encore plus la vie qu’auparavant. Je nous donne simplement plus de temps et j’évite d’être sans cesse sur la route. On a trouvé un équilibre qui fonctionne assez bien. Tu sais, notre formation bourlingue quand même pas mal, et accumule donc des tas de concerts. Vivre en tournée, c’est un job en soi. Actuellement on est en plein dedans, et on récolte un peu d’argent grâce à ces spectacles ainsi qu’au merchandising. Un peu comme si c’était du ‘family business’ ; et il fonctionne bien ».

Sans grande surprise, il paraît que Down imposait aux musicos un rythme de croisière assez éreintant. « Je sentais bien que mon départ allait de toute façon arriver. On n’arrêtait pas de tourner et on n’avait plus aucun moment de répit. C’est peut-être ce qu’ont ressenti également d’autres gars du groupe : Pepper Keenan est aujourd’hui de retour dans Corrosion of Conformity, Jimmy Bower roule sa bosse chez EyeHateGod et Phil Anselmo recommence son projet Superjoint ». L’occasion ici de revenir sur le cas ‘Anselmo’. En effet, fin janvier 2016, l’ex-homme fort de Pantera, passablement éméché, s’était autorisé, en clôture de sa prestation, d’un salut nazi suivi d’un ‘White Power’ fort peu élogieux. Un triste évènement qui a marqué la scène Metal. Reconnaissant ne pas avoir été dans son état normal lors de ce dérapage, Anselmo a finalement pris la décision de faire un pas de côté, pendant quelque temps. « Tu sais j’aime beaucoup Phil et c’est un bon ami à moi et… [Kirk paraît très embarrassé]. Personnellement, je le connais depuis ses quatorze ans et ce mec n’est pas un raciste. Je ne comprends pas très bien pourquoi il a dérapé… [Robin mime à côté de nous quelqu’un qui boit une bouteille au goulot]. Ouais ça doit surtout provenir de là… Mais bon j’évite de parler de cet épisode. Il était apparemment saoul, mais ce n’est pas une excuse. En tout cas, ce comportement ne ressemble pas au mec que je connais et je ne peux l’admettre… » Il n’en dira pas plus à ce sujet.

Crowbar appartient à cette catégorie de formations pas spécialement connues, mais néanmoins reconnues dans le milieu. Considéré comme un des fondateurs du Sludge, The Riff Lord ne se réclame pourtant pas spécialement de ce style : « Ce n’est évidemment pas nous qui avons inventé ce terme. Crowbar joue de la Heavy Music. Ce sont les médias qui ont commencé à nous étiqueter ‘Sludge’. Au final, on ne fait tous que du rock’n’roll. Tous les bands qui ont permis la naissance du Heavy Metal, comme Black Sabbath ou Judas Priest, ne pratiquaient finalement que du rock’n’roll plus dur et plus rapide. Et encore, si on creuse dans le passé, le Rock n’est qu’une forme dérivée du Blues. Tout ce que Crowbar propose depuis ses débuts est basé sur du rock’n’roll et du Heavy Metal des premiers jours ».

Un statut prestigieux, accepté en toute modestie, mais qui ne permet pourtant pas au combo de se produire dans les plus grosses salles ni de figurer en tête d’affiche des festivals. « Je ne sais pas trop comment expliquer pourquoi… On a toujours fonctionné pas à pas. Et plus le temps passe, plus ma philosophie se résume à ‘celui qui va lentement, va sûrement’. Si tu te casses le cul lors de chacun de tes shows, tu ne pourras que progresser. Petit à petit. Je n’ai pas besoin d’être riche et connu. Ce n’est pas mon intention. Je m’investis dans la musique, parce que c’est ce que j’aime. Perso, arriver à en vivre confortablement, c’est tout simplement un rêve qui devient réalité. Et je ne suis pas prêt d’arrêter… »

Outre son statut de talentueux musico, Kirk est avant tout un passionné de musique. L’occasion de lui soumettre quelques choix cornéliens. Brian Johnson ou Axl Rose ? « Bien sûr, je choisis Brian Johnson. Mais j’ai lu un article aujourd’hui à propos de son remplacement. Si Brian Johnson a fait un pas de côté, s’il l’a fait de son propre gré, alors au final pourquoi en effet ne pas le remplacer par Axl ? Il semble bien faire le boulot ! Je n’ai pas envie de trop spéculer, mais bon… des premiers jours, il ne reste plus qu’Angus. C’est lui le patron. Il a peut-être eu aussi envie de continuer cette aventure dix ans de plus et Brian allait peut-être commencer à compromettre son projet à cause de ses problèmes de surdité. Quand j’ai vu la première fois les Guns, c’était à Hollywood, dans les années 80. Ils étaient encore dans leur local de répétition. J’ai tout de suite accroché à leur musique, sentiment qui s’est amplifié en écoutant l’album ‘Appetite For Destruction’. Pour ma part, c’est un incontournable. Je n’attache pas trop d’attention à ce que racontent les médias au sujet des membres du band ; par contre, j’ai lu les livres de Slash et Duff McKagan. Ce sont des mecs bien. Mais pour en revenir à ACDC, oui, c’est peut-être un nouveau futur avec Axl ».

Autre choix difficile : les Beatles ou les Rolling Stones ? « Autrefois j’aurais répondu sans hésitation : les Rolling Stones. Mais maintenant… je dirais les Beatles. Beaucoup de mes compositeurs préférés, comme Peter Steele de Typo O Negative, Bruce Franklin et Rick Wartell de Trouble ou encore Randy Jackson de Zebra m’ont permis de réaliser combien les Beatles étaient bons. J’ai énormément écouté les Stones. Ils sont bons également ; mais… c’est différent. Je m’en fous un peu des premiers jours des Beatles, des elpees du début de leur carrière. Je préfère de loin ce qu’ils ont réalisé par la suite, lorsqu’il se sont diversifiés, et sont devenus plus sombres et plus lourds. C’est un peu leur face démoniaque… »

Pour en revenir au Metal : Iron Maiden ou Judas Priest ? « Je dirais Priest, seulement parce que … [il hésite et cherche ses mots] en fait, quand Bruce Dickinson a rejoint Iron Maiden, ce groupe était mon préféré à l’époque. Son premier album est génial, il m’a rendu complètement fou lorsqu’il est sorti. J’aime beaucoup les anciens morceaux de Maiden, mais après ‘Powerslave’, la formation a commencé à se répéter et à se répéter. Et puis, tant mieux pour eux, mais Iron Maiden est devenu très populaire. Et paradoxalement, c’est également à ce moment-là que Bruce Dickinson et Adrian Smith ont décidé de partir… Bon, Bruce est revenu depuis lors, mais je pense que ça veut dire quelque chose. Bien que ce soit génial pour eux : au départ, ils jouaient dans des petits clubs et maintenant, ils sont devenus un des bands les plus notoires, sur la planète ! Mais depuis la moitié des années 80, à l’une ou l’autre exception près, je n’ai plus beaucoup accroché à Maiden. Si tu prends un peu de recul, tu te rends compte que ‘British Steel’ de Judas Priest représente bien mieux ce qu’incarne le Heavy Metal ».

Et quant aux groupes beaucoup plus contemporains, Five Finger Death Punch ou Baby Metal ? « Baby Metal… [Kirk a l’air surpris et interrogatif] ? Ah ah ! Ouais j’ai entendu parler d’eux… mais je ne les ai jamais écoutés… »

Allez, une dernière question pour la route, non plus d’un point de musical, mais qui traite de l’actualité : Trump, Clinton ou Sanders ? « Ils sont tous mauvais ! Sanders n’est plus dans la course, il est dépassé depuis un petit temps. Aux États-Unis, notre démocratie est basée sur un principe libertaire… et c’est un socialiste ! Et personnellement, je n’ai pas envie que le socialisme soit importé aux États-Unis ! La seule chose que j’apprécie chez Trump, c’est qu’il a fait lui-même sa fortune. Clinton a consacré sa carrière à la politique. Sa femme est dans les coulisses du pouvoir depuis un petit temps… Mais au bout du compte : lui c’est un foutu lunatique, il change souvent d’avis ; et elle, c’est une vraie idiote… donc qu’ils aillent tous se faire voir ».

GiedRé chantonne un "Lalala" !

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Véritable ovni dans le paysage musical francophone, GiedRé fait partie de ces artistes qui parviennent à remplir des salles sans véritable promotion, grâce au bouche à oreille, mais aussi parce qu'elle est portée par un public fidèle toujours plus nombreux.

Invitée dans "On est pas couché", "Taratata" ou encore "Salut les Terriens", ses prestations sont toujours très remarquées.

Que ce soit en France (Printemps de Bourges, Olympia complet) ou chez nous (Francofolies de Spa), GiedRé, seule sur scène, retourne tout sur son passage.

Avec son nouvel album "Lalala", GiedRé navigue toujours entre premier, second, voire troisième degré, offrant de nombreuses lectures possibles. Ses chansons abordent des sujets sérieux avec humour et cynisme.

C'est un vrai phénomène, une artiste hors norme que l'on aime ou que l'on déteste.

Le lien pour écouter son nouvel album est disponible ici .