Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Manic Street Preachers

Tout doit disparaître…

Écrit par

Manic Street Preachers se produisait ce dimanche 1er mai à l’Ancienne Belgique. Qui est de nouveau sold out. Le groupe gallois est venu interpréter son quatrième elpee, « Everything Must Go », un disque paru, il y a déjà 20 ans. Et pas seulement, puisque le concert est divisé en deux volets. Le premier est consacré à l’album mythique. Qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Le premier gros succès du combo qui pour la circonstance, a décroché plusieurs ‘brits awards’. Le deuxième est réservé aux hits ainsi qu’aux nouvelles compos.

Manic Street Preachers a d’abord forgé sa notoriété sur une image de bad boys. Iconoclastes, brefs, ses sets constituaient un concentré d’énergie pure. Nés au sein d’un milieu prolétaire, les musicos revendiquaient une idéologie gauchiste. Ils ont vécu de près –alors qu’ils étaient encore des gosses– les grèves des mineurs qui ont éclatées entre 1984 et 1985. Ce qui explique l’engagement de leurs lyrics. Ils ont dédié une de leurs récompenses au syndicaliste Arthur Scargill, un leader politique insulaire travailliste particulièrement charismatique. Son guitariste, Richey James Edwards, se serait apparemment suicidé, même si on n’a jamais retrouvé son corps. Ce qui n’a pas empêché le band de continuer son aventure…

Sleepers' Reign assure le supporting act. Issu d’Herentals, le groupe a terminé second de la finale du Humo’s Rock Rally, en 2012, récoltant au passage le prix du public. Il lui a fallu cependant un certain temps avant de sortir son premier elpee, « King Into Delight », paru en mars de cette année, un disque qui a reçu le concours du New-yorkais Justin Gerrish (The Strokes, Vanpire Weekend, Weezer, etc.), à la mise en forme.

Le sextuor implique un chanteur/bidouilleur, deux gratteurs, un drummer, un bassiste, un drummer et un claviériste. Superbe, harmonieuse, la voix de Luke Hermans est capable de grimper dans les aigus, un peu comme Andy Partridge (XTC) voire Graham Gouldman (10CC). Pendant une petite demi-heure, le band va dispenser une musique sculptée dans une electro/pop de bonne facture, mais aux réminiscences 70’s particulièrement marquées...

James Dean Bradfield, le chanteur charismatique de Manic Street Preachers déboule seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque « Elvis Impersonator: Blackpool Pier », l’intro de l'album « Everything Must Go ». Il est ensuite rejoint par le drummer Sean Moore –il a enfilé ses inséparables gants noirs– et le bassiste Nicky Wire, qui a chaussé des lunettes fumées. Le trio est soutenu par un deuxième guitariste et un claviériste, qui se tiennent à l’écart.

La voix de James est superbe, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Dont les grattes, incisives, qui se taillent la part du lion. Les plages d’« Everything Must Go » sont dispensées dans l’ordre de la set list (« Small Black Flowers That Grow In The Sky », « The Girl Who Wanted To Be God », « Removables », « Australia », « Interiors (Song for Willem De Kooning)», « Further Away » et « No Surface All Feeling ». Fin de la première partie.

Au cours de la seconde, les versions acoustiques de « Little Baby Nothing » et « The Masses Against The Classes » sont un véritable enchantement. Que James nous réserve en solitaire, uniquement accompagné de sa gratte semi-acoustique ; et au cours desquelles sa voix fait à nouveau merveille. Du ‘best of’, que va ensuite nous réserver Manic Street Preachers, on épinglera encore « Suicide Is Painless (Theme from MASH ) » (NDR : la B.O. du film !) et une cover de Johnny Mandel. Mais dès « Motorcycle Emptiness », le volume sonore est devenu insupportable, malgré les bouchons. Tout doit disparaître ! Votre serviteur, le premier, qui tire sa révérence…

(Organisation : Live Nation)

Heymoonshaker

De quoi laisser sans voix…

Écrit par

Pour accueillir The Heymoonshaker, l’Alhambra est sold out. Faut dire que depuis plus ou moins 3 ans, il ratisse large. Un duo réunissant le guitariste/chanteur Andy Balcon –un barbu sympathique, par ailleurs– et Dave Crowe, le Human Beat Box. Vous savez un type qui joue de tous les instruments à l’aide de sa bouche. Ce soir, la paire va nous servir du blues, du rock’n’roll et du rock alternatif.

Il revient à Solkins de chauffer la salle. Solkins ou Konoba, c'est le même combat. La formation réunit Maxime Honhon (Electric Chateau, Konoba) à la guitare et au chant, Grégory Bourguignon aux drums, Maxime Simon (Whylanders, Konoba) aux synthés et aux machines (NDR : c’est celui qui arbore une moustache qui ferait pâlir de jalousie les Brigades du Tigre) ainsi que Thomas Maisin à la basse. A son actif trois Eps : « The Descent » (2012) « The Ascension » (2013) et bien sûr « Gold », un disque découpé en 5 pistes que le band qualifie de ‘gold pop’.

Le set s’ouvre par « It Never Comes », dernière plage de l’Ep. Les deux Max conjuguent leur voix. Ce qui est intéressant chez ce quatuor, c’est que de concert en concert, il parvient à proposer différentes versions de ses compositions. « People Want Gold » est un titre sculpté pour la bande FM. Ce morceau est né d’une collaboration avec un vidéaste allemand qui réalise des vidéos 'timelapse' (NDR : un effet spécial né de l’accélération du flux des images, réalisé lors de la prise de vues ou en postproduction, spécifique au cinéma). Nous fermons les yeux. On imagine des étoiles, un coucher de soleil et des nuages qui  défilent. On quitte la planète pour la stratosphère. La voix est aérienne et le touché de guitare précis. Installé en fond de scène, le drummer focalise tous les regards, à cause de ses mimiques si caractéristiques qui accompagnent ses mouvements de frappe. Une forme de mise en scène  naturelle. Bien souligné par les claviers, « Small Things » est un morceau plus dansant. Deux nouveaux titres : « Myself » et « Flowers ». Et avant de clore la prestation par « Old tree », le groupe ne va pas oublier d’interpréter son single, « Someone To Blame »…

L'aventure Heymoonshaker a débuté en 2005. A cette époque Andrew Balcon choisit déjà ce patronyme comme nom de scène. En 2008, il part en Nouvelle-Zélande. Il y rencontre alors le Human beat boxer Dave Crowe. Paradoxe, ils sont tous les deux britanniques. Et partagent une même passion pour le blues et l’‘electronic drum bass’. D’abord artistes de rue, ils écument ensuite les bars. Mais le duo se sépare et chacun décide de suivre son propre chemin. Ils se retrouvent cependant en Suède, où ils décident de reprendre l’aventure ensemble. Et s’installent même en France. Un premier elpee, intitulé « Beatbox Blues », paraît en 2012. Il est suivi d’un Ep (« Shakerism ») et d’un deuxième opus, baptisé « Noir », publié en 2015, un disque sombre, presque tribal, qui plonge au sein des racines du blues et du rock.

En ‘live’, Heymoonshaker impressionne par ses gros riffs, ses rythmes lourds, couplés à la voix sableuse, rocailleuse même, d’Andy. Le spectre de Led Zeppelin et Muddy Waters plane constamment.

Les cheveux noués en chignon, Balcon a le regard incendiaire. Très électriques, ses riffs sont viscéraux et nerveux. Dave approche le micro de ses lèvres et entame son multivocalisme. « Street of England » est bombardé de beats frénétiques. Dave impressionne déjà par ses percus vocales. Et il le démontre à nouveau tout au long de « Best of my love ». Tout comme lors du plus rock « Wheels In Motion », au cours duquel il s’inspire carrément du drumming de John Bonham. De quoi laisser sans voix !

La scène est plongée dans une semi pénombre, mais le light show, de couleur blanche, se focalise sur les artistes.   

Les sonorités de gratte sont bien primitives, basiques voir animales sur « Take The Reins ». Dave se charge, bien entendu, des bruitages. Andy empoigne son dobro et attaque le blues lent « Amandine », un morceau aux sonorités métalliques, qui nous entraîne à l’orée du Bayou, là où il n’y pas encore d’alligators.

La suite du spectacle va se révéler bien plus humoristique. Dave (NDR : il s'exprime très bien en français), fait le pitre lors des présentations. Andy reste en retrait et se concentre pour la chanson suivante « Lazy Eye », compo au cours de laquelle, seul, il se prend pour Mike Rosenberg (Passenger). Peu à peu on pénètre de plus en plus profondément dans le marais du bayou. Le climat est plus sombre. Ces marécages sont infestés d’alligators…

Dave va nous faire de nouveau son ‘one man show’ en mode Beat Box. Entraînant, « Fell Love » est bien cuivré par sa voix. Avant que le set ne s’achève par « Devil In Mind », histoire de rappeler sans doute, le pacte signé entre Robert Johnson et le diable ; enfin c’est ce que la légende raconte…

(Organisation : Alhambra)

 

Rover

Une voix très british, Sir !

Écrit par

Rien de mieux, pour oublier une semaine pourrie par une météo quasi hivernale, que de se réfugier dans une salle de concert, ce samedi soir. Pénétrer dans l’antre du Botanique et traverser son long couloir vitré constitue d’ailleurs toujours une forme de réconfort.
Rover n’est pas seulement le nom d’une ancienne marque de voiture automobile britannique ; c’est aussi celui du projet drivé par le chanteur français, Timothée Régnier.

Paru en 2012, son premier elpee, avait été unanimement salué par la critique. Ce qui lui avait valu une nomination aux Victoires de la musique l’année suivante, comme groupe ou artiste révélation du public de l'année. Il a fallu attendre trois années pour voir paraître le deuxième opus, « Let it glow ». Confirmation ô combien délicate ! S’il a de nouveau été nominé aux Victoires de la musique, en 2016, dans la catégorie ‘Meilleur album rock’, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée début de cette année, aucun prix ne lui a toujours pas été décerné, le public français votant cette fois massivement pour la variété des Innocents, plutôt qu’un groupe en devenir.

Qu’importe, ce soir, même si le public est clairsemé, et l’Orangerie réduite à une configuration minimale, Rover ne va pas décevoir. Dès le titre d’ouverture, « Along », le décor psychédélique est planté. Un peu dans l’esprit de Blaudzun voire de Lumerians. Et la charge émotionnelle est bien palpable. Ce que confirme le leader à l’issue de la deuxième chanson : ‘C’était très important pour nous d’être ce soir à Bruxelles, on a dû reporter ce concert à plusieurs reprises à cause des événements tragiques, en Belgique et un peu partout en Europe’. Avant d’entamer son tube « Call my name ». Suivi de peu par un autre single, « Aqualast ».

Guère avare de commentaires entre les morceaux, Timothée nous raconte une anecdote relative à Bruxelles (NDR : un achat de ticket à la gare du Midi) ou improvise encore un cours de Breton pour introduire « Trugar ».

Mais Rover c’est avant une voix. Très british, Sir ! Sorte d’hybride entre celle d’un Roger Waters juvénile et de Neil Hannon (The Divine Comedy). Encore que parfois on y recèle des inflexions empruntées à Antony Hegarty, auquel il ressemble étrangement, mais également à Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kil Moon) ; mais ce dernier est américain. Une voix qui colle parfaitement aux ballades, réminiscentes des seventies.

Après 1h30 de show sans le moindre temps mort, le spectacle s’achève. Mais visiblement comblé, le public réclame un rappel. Rover va lui en accorder deux, aux cours desquels, il va interpréter « Let it glow », « Innerhum » et « Glowing shades ».

(Organisation : Botanique)

 

Les Aralunaires 2016 : jeudi 28 avril

Écrit par

Si ‘Les Aralunaires’ demeurent confinés au rang de ‘festival modeste’ au sein du paysage belge, il n’en reste pas moins l’un des fleurons en terme de découvertes.
Misant sur la diversité et l’ouverture d’esprit, cet événement annuel fête cette année sa huitième édition et propose une affiche délicatement imaginée et riche en genres.
Si Sharko a de très belle manière étrenné les festivités la veille, c’est un triptyque anglo-saxon qui donne la réplique ce soir, à l’Entrepôt.

Sur foi d’un unique 7 inches, soit deux chansons, les Anglo-gallois de Telegram ont déjà une réputation à entretenir. Et fidèles à la gouaille de leurs respectables aînés, ces quatre jeunes gens ne vont pas se priver pour enfoncer le clou.

Dans la plus pure veine ‘british, qui veut qu’un groupe encensé à ses premiers balbutiements batte le fer tant qu’il est show (NDLR : chaud ?), ces nouveaux prétendants au succès connaissent déjà les ficelles du métier et vont démontrer un potentiel que nous qualifierons d’intéressant.

Dans un esprit ‘revival glam’ revendiqué à coups de poses et de moulinettes de bras d’un ‘guitar hero’ plutôt doué ou au travers d’un chanteur manifestement très influencé par Marc Bolan, Telegram possède de réels atouts pour prolonger l’écho qui s’élève à son passage.

Compositions classiques mais efficaces et références surlignées à l’eyeliner n’en font certes pas un produit très original, mais sur le principe, le groupe tient largement la distance.

S’offrant même le luxe d’une reprise de Bowie, le temps d’un « Heroes » impeccablement exécuté.

Sous cette apparente assurance qui pourrait facilement passer pour de la prétention, en émane une étonnante simplicité lorsque, entre deux morceaux, quelques interventions presque timides et maladroites rappellent qu’après tout, tout ceci n’est qu’un jeu.

Une entrée en matière jouissive et qui donne consistance à cette énième sacralisation outre-Manche.

À l’exact opposé de cette mise en scène un peu cabotine, le combo londonien Ulrika Spacek mise tout sur sa musique et rien dans ses vêtements.

De fait, si la garde-robe de ces musicos –probablement héritée de l’Armée du Salut– ne paie guère de mine, le premier mini elpee au titre ironique (« The Album Paranoia », paru sur le label Tough Love) recèle une bien jolie palette de sonorités oscillant entre obsession et noise.

Absentes donc les glorieuses gestuelles et place à la sobriété (c’est même un euphémisme).

Si le départ semble linéaire, bien que très agréable, on apprécie les interventions plus contrastées, susceptibles de faire grimper en flèche l’adrénaline dans nos organismes en demande.

Faussement alanguis, nos esprits en alerte restent donc logiquement sur leur faim après un set trop bref.

Un signe néanmoins tangible d’une certaine attente qui, déçue par la durée du spectacle, nourrira certainement notre appétit pour l’avenir.

Enfin, place aux énigmatiques Girls Names, dont les aspirations new wave s’affichent dorénavant en lettres gothiques sur une discographie au départ brillamment ensoleillée.

Exit donc l’énergie juvénile des premiers elpees depuis le virage amorcé par le second, « The New Life ».

Poursuivant dans cette veine angoissée, le dernier en date (« Arms Around A Vision », publié également chez Tough Love Records, fin de l’an dernier) se contente de creuser la terre encore meuble dans laquelle ces Irlandais s’enfoncent avec plaisir pour mieux nous éclabousser.

Une approche plus sombre où la basse prend une place prépondérante. Et ça tombe plutôt bien, car Claire Miskimmin, la préposée à la quatre cordes, est du genre douée.

Si tout l’équilibre des chansons de Girls Names semble en rotation perpétuelle entre ces lignes ascendantes et hypnotiques, il ne faut pas pour autant sous-estimer l’importance des guitares et de quelques effets cycloniques habilement incorporés.

La fausse désinvolture du chanteur est accentuée par un tic grossier qui consiste à mâchouiller exagérément chaque fin de syllabe pour causer un effet qui se voudrait le reflet d’une certaine exaspération nihiliste (c’est du moins l’impression que donne cette pratique) ; mais qui abusivement mise en avant, ressemble au final à une parodie de Mark E Smith, le leader de The Fall.

Hormis cette réserve, l’ensemble tient correctement le cap de l’heure de jeu, et sans demander son reste, le groupe disparaît en coulisses sans accorder de rappel (une norme pour le combo).

De quoi clôturer une sympathique soirée placée sous l’égide du bon goût dont, décidément, Les Aralunaires sont de véritables ambassadeurs.

(Organisation : Les Aralunaires)

Telegram + Ulrika Spacek + Girls Names

 

Pablo Maldonado s’attaque à “Last Friday Night” de Katy Perry

Écrit par

Pablo Maldonado est un jeune artiste qui s’est attaqué à la reprise du “Last Friday Night” de Katy Perry. Et le résultat, plutôt réussi, est ici

 


 

Ought

La différence par la musique, et rien que par la musique…

Écrit par

Ought figure au sein de la longue liste d’artistes ou de groupes qui ont dû annuler leur concert, en novembre dernier, suite aux attentats perpétrés à Paris. On était donc impatient de découvrir, enfin, en ‘live’, le quatuor montréalais, dont les deux elpees, parus en 2014 et 2015, avaient tous deux reçu des critiques favorables. Pratiquant une forme d’indie rock, ce band est souvent comparé à la fine fleur de la musique dite alternative. Sur le site du Botanique, par exemple, les références citées oscillent de Fugazi à Sonic Youth, en passant par Television et Talking Heads. On leur prête également des affinités avec les Feelies. Rien que ça! Il était donc normal d’aller vérifier si les opinions dithyrambiques manifestées à leur égard étaient fondées. Votre serviteur n’est d’ailleurs pas le seul à attendre de pied ferme les Montréalais, puisque la Rotonde est pleine à craquer.

Wynn assure le supporting act. Un trio issu alostois responsable d’un rock indus. Malheureusement en débarquant après sa prestation, difficile d’émettre un avis objectif. Ce n’est que partie remise.  

Ought est ponctuel. Il grimpe sur l’estrade à 21 heures pile. Tim Darcy, le chanteur/guitariste, se plante au milieu du podium. Difficile d’imaginer qu’un type au physique aussi rachitique puisse jouir d’une voix aussi grave. Le set s’ouvre par plusieurs morceaux issus du dernier opus. Mais pas facile d’entrer dans le concert. L’atmosphère est glaciale et le son loin d’être au top. Il faudra un bon quart d’heure avant que le band ne trouve ses marques. Et le mixing, le bon équilibre. Soit à partir de « Beautiful blue Sky », une remarquable composition d’une bonne dizaine de minutes. La basse impose un riff hypnotique, envoûtant même. Tim Hardy fixe la foule de son index et déclare ‘I’m not longer afraid to die’ qu’il ponctue de ‘Yes…Yes’… sensuels. Un grand moment de la soirée ! Faut dire aussi que les compos de la formation excellent lorsque la voix du chanteur est déclamatoire. Le quatuor embraie ensuite par des chansons mélodieuses issues du premier LP, à l’instar du titre maître, « Today, More Than Any Other Day ». Il n’en faut pas plus pour que la température de la Rotonde monte en flèche. L’auditoire est complètement dedans. Et lorsqu’Ought entame « Habit », les mélomanes sont aux anges. Tim Hardy donne tout ce qu’il a dans le ventre et n’hésite pas à forcer sa voix. Même le claviériste qui, jusqu’alors, se contentait de jouer de pianoter d’une seule main, se sert également de la seconde. A l’issue de ce morceau, le groupe quitte le podium. Et revient quand même pour accorder un bref rappel.

Très peu loquace, Ought est quand même parvenu faire la différence grâce exclusivement à sa musique. Une expression sonore sombre et bruitiste et pas nécessairement accessible. Mais terriblement efficace. En outre, il doit certainement se sentir plus à l’aise lorsqu’il se produit dans une cave chaude et humide. Néanmoins, la Rotonde, c’est quand même plus confortable…  

(Organisation : Botanique)

 

Sirius Plan

Tout en cassant les codes…

Écrit par

La release party de Sirius Plan devait se dérouler le 23 mars 2016, soit le jour des attentats perpétrés à Bruxelles. Le band avait été bloqué à Paris. Le concert a donc été déplacé un bon mois plus tard. Et il est quasi-sold out. Le premier elpee de la formation, « Dog River Sessions », est paru l’an dernier. Il avait fait l’objet d’une chronique dans Musiczine (voir ici)

Une image du Delta est figée sur un écran tendu devant le podium. Et à 20h20, le ‘making of’ de cet elpee est présenté en images. Dix minutes au cours desquelles on découvre, en toute décontraction, un reportage consacré aux sessions d’enregistrement, aux concerts accordés dans les bistrots ou encore sur la Dog River. Et à 20h30, l'écran se lève, alors que les filles déboulent sur les planches. Elles sont accueillies par un tonnerre d'applaudissements. Pas de Big Mama (B.J. Scott) en vue, ni sur les planches, ni dans la salle.

La coiffure de Skye est plus courte. Mais ses cheveux blonds sont toujours aussi étincelants. Elle s’installe à gauche de l’estrade. Claire se plante à droite, et Gaëlle derrière ses fûts. Le set s’ouvre par « Du Rose Dans Les Veines», le premier single extrait de l’opus. Une petite leçon de morale qui proclame que l’amour est une solution universelle. Les trois filles pratiquent une forme de folk/blues/rock susceptible de remuer les tripes. Les harmonies vocales sont particulièrement raffinées. La voix de Gaëlle est plus rock. Celle de Skye, sensuelle. Et de Claire, enjôleuse. Bref, un micro, trois voix, deux guitares et une batterie : la recette est simple et terriblement efficace. En outre, elles se débrouillent aussi bien dans la langue de Voltaire que celle de Shakespeare. La musique de Sirius Plan est à la fois lumineuse, élégante et instinctive, tout en conservant une taille humaine. Sans prise de tête.

« In The City » est imprimé sur des percus puissantes. Mais ce sont les harmonies vocales à trois voix qui font la différence. Elles sont même parfois divines. A l’instar de « Moi l’animal », une nouvelle compo. Ou de « Là », qui s’achève par des incantations amérindiennes. L’atmosphère générale du set baigne dans le Bayou. « Big River », une surprenante cover de Johnny Cash, en est une belle illustration. Une pirogue s’enfonce dans le Delta. Les alligators guettent… Mais sains et saufs, les explorateurs débarquent à Baton Rouge.

Ballade empreinte de délicatesse, « Old Man » est une chanson qui aurait pu figurer au répertoire de Neil Young, même si on y ressent la patte de Rick Hirsch, responsable du mixing et de la production. Claire sort une petite cuillère de sa musette et enfile une bague qu'elle sort de sa poche gauche. Puis elle la tapote sèchement contre le bijou. Magique !  

Petit conciliabule sympathique au sujet du 'W'. Les Françaises charrient Gaëlle dont les tâches ménagères semblent la rebuter. Un morceau au cours duquel elle doit répondre ‘Whuai’. Ce qui déclenche un fou rire général dans l’auditoire. Le train est « Sur Les Rails » et nous entraîne à travers les grandes plaines. Les filles l’annoncent : place au quart d'heure américain. « Wish I Could » est un slow crapuleux ; mais surtout le nom d’une association caritative qui vient en aide à la Louisiane, et dont elles sont les ambassadrices. Une autre reprise. Celle du « Come together » des Fab Four. Et elle est allègre. Le concert s’achève par le swinguant « Plus Que Parfait ». Skye et Gaëlle remercient la foule. Claire s’était déjà éclipsée, mais revient en courant pour le saluer également.   

En rappel, Sirius Plan rend hommage à feu Prince, à travers une version bouleversante de « When Doves Cry ». On est littéralement sur le cul ! Mais, cerise sur le gâteau, celle de « La Complainte De la Butte » (paroles: Jean Renoir, musique : Georges Van Parys) est interprétée a cappella et clôt le spectacle en beauté, tout en cassant les codes. Epatant !

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Sore Losers

Skydogs

Écrit par

Particulièrement apprécié de l’autre côté de la frontière linguistique, The Sore Losers, c’est un peu la version flamande des Black Keys. Et « Skydogs » constitue son troisième elpee. Il a bénéficié du concours de Dave Cobb, à la mise en forme, un prestigieux artificier issu de Nashville, notoire pour son travail opéré auprès des Rival Sons, Chris Cornell et de Lindi Ortega. Les références naviguent donc résolument entre le blues et le rock… Le mélomane n’est pas là pour découvrir des sons innovants, mais pour se prendre une bonne claque rock’n’roll, et simplement passer du bon temps. Et le groupe ne ment pas sur ses intentions, car « Skydogs » transpire des genres précités… Entre rock crapuleux aux pointes punk que n’aurait pas renié Datsuns (« Got it Bad », « Cherry Cherry ») et blues classieux (« All I Am »), la formation limbourgeoise ne choisit pas. Un beau travail d’artisans revivalistes adeptes de solo crasseux et de distorsions. Notons également la belle pochette réalisée par l’artiste bruxellois Elzo Durt qui avait déjà prêté son concours, entre autres, à Thee Oh Sees…

 

Jordan Patterson

The back on Track Recording Project

Écrit par

Originaire de Kitchener-Waterloo (NDR : c’est dans l'Ontario au Canada), Jordan Patterson est chanteur, harmoniciste et compositeur. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse aux souffleurs légendaires, dont James Cotton, Paul Butterfield et Mark Wenner (Nighthawks). Il transite par Edmonton, en Alberta, où il fonde son band, J.P and the Heaters. Il s'installe ensuite à Washington, D.C., où il rencontre Bobby Parker et Bobby Rush, deux personnages qui seront déterminants pour la suite de sa carrière. Jordan enregistre son premier album en 1996, "Give me a chance". Il embraie l’année suivante par "Whirlwind". Il retourne ensuite chez lui, au Canada, et prend une longue pause sabbatique. Il ne revient d’ailleurs dans le parcours qu’en 2014. Et "The back on Track Recording Project" constitue son premier long playing depuis son retour. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son backing group, en l’occurrence le drummer Benjamin Rollo, le bassiste, Mark McIntyre ainsi que les guitaristes Darryl Romphf et Bobby Thompson. Jordan signe les dix plages.

"Favourite boy" met le feu aux poudres. Le tempo est entraînant. Jordan possède une fort bonne voix. Toujours prêtes à éclater, les deux guitares sont incisives. En outre, l’harmonica est brillant. "Can we fall in love again" est une superbe ballade, un r&b indolent au cours duquel Scott Galloway siège derrière l'orgue. La mélodie est bien construite. La voix transpire le vécu. Tout comme le backing vocal assuré par Miss Skyler Jordan. Les accords de gratte sont à la fois plaisants et déterminés. Patterson souffle dans sa musique à bouche, en puissance, à la manière de James Cotton, tout au long du Chicago shuffle, "She's cool". Particulièrement efficaces, les deux grattes apportent une coloration rock à l’ensemble. Imprimée sur un mid tempo, "You're my girl" est certainement une des meilleurs compositions, un soul/blues que chante Jordan, bien épaulé par Skyler, d’une voix chargée de passion, alors que les deux sixcordistes se distinguent à nouveau. Comme pour "Living without your love", à travers leurs riffs ; un blues rock classique tapissé par l'orgue de Galloway.

Lors de son come-back en 2014, Patterson avait publié un Ep 4 titres. Les quatre plages sont incluses, mais sous des versions reliftées. Dont le blues/rock "Play my song", caractérisé par un superbe envol de l'harmonica, un morceau qui bénéficie de la participation du guitariste canadien notoire, Shawn Kellerman. Tout comme pour "Heartbreaker". Imprimée sur un mid tempo et dominée par les cordes, cette compo ne manque pas de charme. "Do you believe", ensuite. Une plage différente, aux colorations pop, à laquelle Galloway tapisse l’ensemble de son l'orgue. Jordan souffle une dernière fois dans son harmo sur "Don't take me down". Et remarquablement ! Enfin, l’elpee s’achève par un superbe blues lent, "If you’d help me", un titre plus classique à l’intensité dramatique réminiscent du Chicago Southside, cher à Muddy Waters. Un retour réussi pour Mr Patterson.

 

Nadj

Nadj (Ep)

Écrit par

Entrez dans le monde enflammé du rock de Nadj ! Elle propose un Ep, découpé en quatre titres, qui plairont ou pas, mais qui ont le mérite d’être ancrés dans un univers qui lui est propre. Pas question de copier, pas question de brider ses pulsions musicales. Nadj fonce tête baissée et transperce les parois qui séparent toute une série de mondes parallèles. Il ne reste plus qu’à s’y laisser tomber pour être embarqué vers un infini de sensations à mi-chemin entre la beauté et la violence. Entre la France et l’Italie aussi. De coutume, ce son-là a plutôt tendance à se porter vers la langue de Shakespeare que celle de Molière. Mais une fois encore, Nadj vient faire exception. L’Italie y met son petit grain de sel grâce au groupe Il Teatro Degli Orrori qui apporte une aide précieuse à cette autoproduction. Mais aussi un batteur capable de vous communiquer des frissons !

Un Ep à écouter sous « Le ciel de nuit » avec l’envie de se laisser emporter par « La fièvre » presque psychédélique qui se dégage tant de la voix que des mélodies…

 

Holy Esque

At hope’s ravine

Écrit par

Holy Esque est une formation réunissant des potes qui se connaissent depuis leur enfance ou les études. Ecossaise, elle nous vient de Glasgow. Et quand on parle de cette ville, on pense immédiatement aux immeubles et maisons ouvrières qui constituent le paysage urbain. Sous la pluie, of course. Et en écoutant « At Hope’s Ravine », on ne peut qu’y penser. Car la musique proposée, froide et sombre, est quelque peu abordée dans l’esprit de Joy Division voire de Jesus and MaryChain. Un post punk qui rappelle celui du band mancunien Wu Lyf, en compagnie duquel Holy Esque a d’ailleurs tourné. Même que la voix nasillarde et écorchée de Pat Hynes semble hantée par ses compos, comme si sa vie en dépendait. En outre, les deux combos sont friands de sonorités de grattes réverbérées, alternant climats paisibles et intenses, très susceptibles de lorgner vers le shoegaze.

Tout n’est cependant pas parfait sur ce premier essai. Certaines pistes sont même carrément dispensables. A l’instar de « Prism ». Mais il y a manifestement du potentiel…

 

Barús

Barús (Ep)

Écrit par

Lourd. Tel est le premier mot qui vient à l’esprit après avoir écouté ce premier Ep éponyme publié par ce combo français. Militant sous l’étendard du Death Metal, cette formation grenobloise a pris le pris le pari de mettre de côté la vitesse d’exécution pour privilégier un tempo lent, répétitif, hypnotique, mais en écrasant tout sur son chemin, tel un rouleau compresseur. Ça cogne, inlassablement, au même endroit, jusqu’à ce que ça cède. Pas étonnant au final que le band ait choisi de s’appeler Barús, terme issu du grec ancien qui signifie le poids, quelque chose d’imposant. Les parties vocales sont également mises au service de cette chape de plomb sonore, empruntant tantôt des growls typiques au Death, tantôt des hurlements qui ne sont pas sans rappeler ceux hurlés par Nergal chez Behemoth. La surprise de cet LP, découpé en quatre morceaux, éclate lors du deuxième titre, « Disillusions », lorsqu’il est stoppé à mi-course, en plein élan, afin de faire place à très belle voix claire de K, vocaliste du quintet. Un arrière-goût ‘opéthien’ très savoureux, une respiration, plus que bienvenue, qui vient ponctuer le morceau et lui procure, à nouveau, un gain d’énergie. Car il est vrai que Barús souffre d’un talent (NDLR : talon ?) d’Achille : la monotonie. La durée relativement brève du long playing, soit un peu plus de vingt minutes, ne permet certes pas à l’ennui de s’installer. Mais il est moins sûr que le groupe puisse survivre à cet obstacle le temps d’un album complet. A moins d’y insuffler un souffle de diversité qui ne pourrait être que salvateur…

 

All Them Witches

Lightning at the door

Écrit par

All Them Witches est issu de Nashville, dans le Tennessee. Un quatuor réunissant le chanteur/bassiste Michael Parks Jr, le guitariste Ben McLeod, le claviériste/violoniste Allan Van Cleave et le drummer Robby Staebler. Les débuts de cette formation remontent à janvier 2012. Au départ, sa musique était taxée de stoner néo psychédélique. Mais au fil du temps elle a beaucoup évolué, se forgeant un style de plus en plus personnel, fruit d’un cocktail entre hard rock, space rock, psychédélisme et blues. Elle reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Led Zeppelin, Blue Cheer, Black Sabbath mais aussi le Dr John originel ainsi que le bluesman, Junior Kimbrough! Nonobstant une existence encore brève, sa discographie est déjà importante. Ainsi, elle a déjà publié "Out mother electricity" en 2012, "Lightning at the door" en 2013 et "Dying surfer meets his marker" fin 2015. Sans oublier les projets personnels disponibles en téléchargements, singles et Eps.

All Them Witches a signé l'an dernier chez New West, qui a décidé de republier "Lightning at the door", un opus de 55’ découpé en 10 morceaux. Pour notre plus grand bonheur !

L’intro de "Funeral for a great drunken bird" baigne au sein d’un climat atmosphérique, spatial, avant que la guitare, de plus en plus écrasante, entre progressivement dans l’ensemble, s’autorisant un riff que n’aurait pas renié Tommy Iommi (Black Sabbath), alors qu’au loin, l’intervention d’un harmonica semble émaner du fond de la galaxie. Et lorsque la voix caverneuse pénètre dans le décor, c’est enrobée de grattes volontairement lourdes, réminiscentes du krautrock d’Amon Düül. Proches du Led Zepplin originel, les sonorités dispensées tout au long de "When God comes back" sont denses et puissantes. Un rockin' blues au cours duquel la section rythmique impressionne. Indolent, "The marriage of Coyote woman" se colore davantage de blues. La voix est paisible. Les cordes McLeod s’enfoncent dans un délire psychédélique. Elles se dédoublent constamment au cœur d’un univers somptueux, truffé de petites trouvailles. "Swallowed by the sea" est une compo au développement graduel. La voix et les tonalités émanent d’un Orient lointain. Avant le retour des cordes qui déambulent dans un cortège lourd, écrasé par les percus et escorté de chœurs spatiaux perturbants. Et lorsque la compo entre dans sa phase hypnotique, on ne peut s’empêcher, une nouvelle fois, de penser au krautrock du début des 70’s. Autre blues improbable, "Charles William" est à la fois atmosphérique et prog. Les percus de Robby Staebler sont autoritaires. Les accents de slide, métalliques. Après le mariage, place à la mort. "The Death of Coytote woman" s’ouvre dans un déluge de sonorités stoner rock bien lourdes, mais complexes. Davantage même que celles qui s’abattaient dans l’univers de Blue Cheer. Mais la suite est plus paisible. Enigmatique, Michael commence à déclamer, à la manière de Jim Morrison, alors que, soutenu par une section rythmique incroyablement soudée, Van Cleave nourrit l’ensemble de quelques effets spéciaux. "Romany Dagger" marque une courte pause instrumentale. Allan Van Cleave est à la manœuvre, au violon. Il est talonné par les percussions. Et la guitare ne s’invite qu’en fin de parcours. Une piste qui relie l’Est européen à l'Orient lointain. La section rythmique –et notamment les interventions de basse lancinantes dispensées par Parks Jr– trace celle de "Mountain", une plage lente aux accents dramatiques, ponctuée en toute sérénité par une guitare métallique. Mais au bout de 5 minutes, changement de décor ; tous les instruments entrent en éruption et finissent par exploser. "Romany Dagger" constitue un nouvel interlude, mais devient, pour la circonstance, le théâtre de sonorités invraisemblables. Cette fresque s’achève par "Surface-to-air whistle", un dernier trip acide, parsemé d’éclats riches mais parfaitement maîtrisés. Une belle claque assénée par un groupe aussi créatif qu’original issu de la Music City du Tennessee…

 

All Them Witches

Dying Surfer meets his Maker

Écrit par

"Dying Surfer meets his Maker" constitue le dernier opus gravé par l'énigmatique band issu de Nashville, All Them Witches. Un disque dont la pochette est particulièrement soignée. La formation est devenue plus mature. Sur cet elpee, on retrouve les longues chevauchées si caractéristiques de "Dying Surfer meets his Maker" ; mais le long playing recèle également des plages moins longues. En outre, les expérimentations sonores sont moins fréquentes. Le recours au stoner rock est moins régulier. Cependant, les compos sont davantage profondes, délicates ; et tout particulièrement celles tramées sur un profil plus acoustique.

Bienvenue donc au sein de l’univers étrange d’All Them Witches. "Call me star" ouvre la plaque. Les cordes acoustiques sont d’une grande pureté. La voix de Parks est douce. Et malgré le martèlement des peaux exécuté par Robby Staebler, ce morceau, dont émane une forme de beauté naturelle, se couvre d’accents folk. Lourde, la guitare nous invite à vivre un trip tout au long d’"El Centro", un voyage qui nous entraîne au-delà des portes du psychédélisme. Conduite par les percus, l’intensité est progressive. Une transe hypnotique prend forme. Progressivement de nouvelles sonorités procèdent des cordes qui se libèrent au cœur d’une forme de folie graduelle et solennelle, avant que l’ensemble ne s’achève dans le chaos. Féroce, "Dirt preachers" adopte une attitude punk. Rythmée, cette plage entretient une certaine tension. Et lorsque le tempo ralentit, c’est pour permettre à la voix –paradoxalement proche de celle de Roger Waters– et aux interventions incisives et décapantes de la gratte, d’entrer dans la danse. Blues lent, déclamatoire, "This is where it falls apart" se distingue par la présence de Mickey Raphael (NDR : il militait au sein du backing group de Willie Nelson) à l’harmo. Son souffle est bouleversant, alors que Ben McLeod égrène ses notes sur ses cordes. Empreintes d’une grande sensibilité, elles rappellent l'inoubliable Peter Green. Superbe ! Celles dispensées sur "Mellowing" sont limpides. Une très belle plage instrumentale sculptée dans le folk. Dans le même esprit, "Open passage ways" baigne dans la tendresse, un titre au cours duquel Allan Van Cleave s’illustre. "Instrumental 2" est un autre intermède instrumental. "Talisman" est encore une excellente composition. Sobre, la voix assure la ligne mélodique, avant que les instruments ne s’enflamment à nouveau, au cœur d’une harmonie édifiante. Et c’est le moment choisi par le gratteur pour nous livrer sa plus belle envolée de l’œuvre. "Blood and sand/Milk and endless waters" synthétise tout le potentiel d’All Them Witches. Les arrangements sont complexes. Ce qui n’exclut pas des périodes empreintes de beauté et de simplicité. Bien maîtrisées, les éruptions permettent à chaque musicien de tirer son épingle du jeu. Une confirmation !

 

Wildernessking

Mystical Future

Écrit par

Wildernessking est issu de Cape Town, en Afrique du Sud. « Mystical Future » constitue son second album studio en cinq années d’existence. A la grosse louche, cet opus est à ranger dans le tiroir Black Metal, mais nul doute qu’il devrait s’y sentir quelque peu à l’étroit tant les cinq chapitres de cet elpee regorgent d’ingrédients différents. Difficile ici de parler de morceaux, l’architecture de chacun d’entre eux se distinguant par sa progression élaborée, pour ne pas dire complexe. Faut dire aussi que le label, les Acteurs de l’Ombre, poursuit agréablement son chemin en mettant sous le feu des projecteurs des groupes riches, talentueux et bien souvent novateurs en la matière ou qui, du moins, ne se contentent pas de resservir une soupe déjà tiède.

« Mystical Future » ne fait pas exception à la règle. Apprêtez-vous à partir en voyage vers nulle part, où les balises s’effacent au profit de l’instinct et des sentiments. « Whites Horses » ouvre les hostilités. Le son est froid, brut, chargé de spleen et d’amertume. Une promenade sous un temps gris et brumeux jusqu’à ce que la voix écorchée de Keenan Nathan Oakes vienne déchirer le ciel. Une lente montée en puissance d’un peu moins de dix minutes, où l’ambiance ne cesse de s’amplifier, de s’alourdir, de se dramatiser au fur et à mesure du temps qui passe. Une bonne entrée en matière, mais qui ne sert, au final, que d’introduction au morceau qui suit, « I Will Go to Your Tomb ». On enclenche directement la troisième vitesse, à cause de la dimension épique de la compo, particulièrement savoureuse et efficace, rappelant la quintessence de Windir. Tout mélomane qui se contenterait de n’écouter que la première plage de cet LP risquerait fort de passer à côté d’un groupe particulièrement intéressant, maîtrisant l’ambiance recherchée, mêlée de violence glacée et de progressions guerrières. Après le déchaînement des hordes, le calme revient en maître sur la plaine dès « To Transcend », plage atmosphérique dont la douceur des guitares vient rivaliser avec des murmures mortuaires en arrière-plan, tel un jeu de question-réponse entre souffles de vie et râles de mort. Une pause pacifique, avant un retour en apnée belliqueuse sur « With Arms Like Wands », titre le plus violent de « Mystical Future ». Une fois de plus, Wildernessking démontre sur cette piste, qu’il est particulièrement doué dans la recherche du développement dans les compositions, d’une montée en puissance qui anéantit tout sur son passage. Une œuvre qui s’achève par « If You Leave ». Telle une promesse suspendue, cette plage nous permet de quitter la terre pour rejoindre un espace flottant, angélico-dépressif. En un peu moins de trois-quarts d’heure, le band sud-africain est parvenu à charmer les amateurs de ballades incertaines, laissant sa raison sur le côté de la route afin de ne plus laisser parler que ses sentiments, exposer sa fragilité tout en attisant un feu de la colère intérieure. Un périple initiatique.

 

Les grands festivals s’associent pour la sécurité

Écrit par

Au vu du climat de menace terroriste qui pèse sur la Belgique actuellement, les grands festivals du pays ont décidé de s’associer afin d’être le plus efficace possible face à ce danger.

Le Graspop Metal Meeting, Rock Werchter, TW Classic, le Dour Festival, Tomorrowland et le Pukkelpop travaillent à la mise en place de mesures communes. Les sacs seront ainsi autorisés mais uniquement après une fouille minutieuse. Tout sera mis en œuvre pour que les contrôles renforcés se déroulent de la manière la plus fluide possible. Tous les organisateurs remercient d’avance les festivaliers pour leur coopération qui sera obligatoire pour que ces événements restent de belles fêtes de la musique.

Anastacia

Anastacia une Artiste avec un grand ‘A’…

Écrit par

La salle est presque comble, ce soir, pour accueillir Anastacia qui se produit dans le cadre de sa tournée ‘The Ultimate Collection Tour 2016’. Ce n’est pas la première fois qu’elle est programmée en Belgique. Et tout particulièrement à l’Ancienne Belgique. La dernière, c’était en février 2014. Pour un concert mémorable.

Lyn Newkirk Anastacia est née à Chicago en 1968, d'un père chanteur d'origine allemande et d'une mère de souche irlandaise, actrice dans l’univers des comédies musicales à Broadway. C’est en 2000 qu’elle décroche un énorme tube, grâce à « I'm Outta Love », un extrait de son premier elpee, « Not That Kind » (NDR : n°1 dans 8 pays quand même !) Et l’album suivant,  « Freak Of Nature », lui vaudra 3 disques de platine. Depuis, elle a écoulé près de 40 000 000 à travers le monde, mais surtout traversé pas mal d’épreuves. On lui a diagnostiqué la maladie de Crohn, à l’âge de 13 ans. Et deux cancers. Le premier à 34 ans et une récidive 11 ans plus tard. Sans oublier de la tachycardie supra ventriculaire en 2002.

La scène est rehaussée d'un podium assez haut sur lequel Anastacia et deux de ses danseuses/choristes vont évoluer. L'estrade entoure les musicos, placés juste devant celle-ci. Plusieurs escaliers permettent d’y accéder. Le drummer, Steve Barney, est au milieu du jeu de quilles. Un guitariste et un bassiste sont plantés de part et d'autre. Le claviériste est installé à droite et la troisième choriste au pied d'un des escaliers, à gauche. Le light show est posé sur la grande estrade. En partie centrale, des leds forment un grand ‘A’.

Anastacia débarque par l’arrière. Les deux choristes l’introduisent en frappant vigoureusement sur des toms basse. Le show s’ouvre par « Army Of Me » (« Ultimate Collection »). Et embraie par les hits « Sick and Tired » (« Anastacia »), « Stupid Little Things » (« Resurrection »), « Paid My Dues » (« Freak Of Nature ») et le somptueux « Welcome To My Truth » (« Anastacia ») que tout le public fredonne en compagnie de l’artiste. Qui finalement se montre très interactive.

Mezzo-soprano, sa voix est exceptionnelle. Très chaude aussi, capable de faire vibrer les mélomanes. Et la musique oscille entre soul, funk, rock et surtout pop.

Elle présente régulièrement ses musicos et demande au public de lui dire ‘bonjour’. Amusant !  Et l’auditoire s’exécute. Elle évoque son combat contre le cancer. Recueillement. Anastacia change à plusieurs reprises de lunettes. Une valise recelant différentes paires, est d’ailleurs déposée au pied de l'estrade. Mais aussi de costumes. Qui sont aussi chatoyants les uns que les autres. Dont une robe noire particulièrement cintrée, moment choisi pour interpréter « Heavy On My Heart » (« Anastacia ») et « You'll Never Be Alone » (« Freak of Nature »), dans un climat à la fois solennel et intimiste. Elle nous réserve « Pieces Of A Dream » (« Pieces Of A Dream »), en mode piano/voix. Puis une version latino de « Why'D You Lie To Me » (« Freak Of Nature »). Pas mal du tout ! Sans oublier le très rock « Best of You » de Foo Fighters. Excellent !

Elle se frotte au blues, à travers « The Saddest Part ». Faut dire qu’elle est capable de moduler sa voix en fonction des compos. Mais aussi au funk, dans l’esprit de Michael Jackson ou encore de Nile Rodgers.

Le set s’achève par le bouleversant « I'm Outta Love » (« Pieces Of A Dream »). Avant un rappel au cours duquel Anastacia invite deux ados à l’accompagner au chant. Et les voix des deux filles sont solides. Etonnant ! A moins qu’il ne s’agisse d’une mise en scène…

Ce soir le public a vibré. Anastacia est une battante, mais aussi une Artiste avec un grand ‘A’…

Organisation : Live Nation

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Calexico

Directement plongé dans le bain…

Écrit par

Il existe une grande constante chez Calexico : ses sets sont toujours différents. Parfois un peu moins, parfois un peu plus. Et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles, votre serviteur y assiste régulièrement. L’autre, c’est simplement, parce lorsqu’on en sort, on est reboosté pour toute la semaine. Sans oublier que ce sont tous d’excellents musiciens. Le band établi à Tucson achevait donc sa tournée dans l’Hexagone, ce dimanche 24 avril, à l’Aéronef de Lille. Compte-rendu.

Le supporting act est assuré par Gaby Moreno. Guatémaltèque, cette chanteuse, compositrice et guitariste tourne régulièrement en compagnie du septuor depuis le printemps dernier. Elle a entamé sa carrière en 2009 et compte 6 albums et un Ep, à son actif. Elle a décroché un ‘Grammy award’, en 2013, comme meilleure nouvelle artiste. Sa musique mêle blues, jazz, folk, soul, r&b et latino. Mais surtout, elle possède une superbe voix. Certains médias n’ont d’ailleurs pas hésité à la comparer à celles d’Aretha Franklin, de Nina Simone voire d’Ella Fitzgerald. Ce sera sans doute vrai d’ici une vingtaine d’années. Vêtue d’une robe blanche, probablement dénichée sur un marché aux puces, elle monte sur l’estrade, seule, armée de sa gratte. Et attaque son répertoire dans la langue de Cervantès. Idiome auquel elle a le plus souvent recours. Mais aussi parfois dans celui de Shakespeare. Lors du deuxième morceau, elle bénéficie du concours du bassiste de Calexico (NDR : un nouveau venu !) Qui passe à la contrebasse pour le troisième (NDR : une compo bien jazzyfiante), alors que Jon Convertino vient les rejoindre aux drums. Et avant d’aborder le quatrième, c’est Joe Burns qui rapplique. Il se consacre d'abord au vibraphone. Pour une reprise de Françoise Hardy, « Le temps de l’amour », que le public reprend en chœur. Et Zavala, le guitariste, ainsi que Sergio Mendoza, le claviériste, se pointent dès le suivant. Avant que les deux trompettistes ne complètent le tableau, afin d’attaquer le dernier titre, un paso doble au refrain hymnique au cours duquel Joe participe aux backing vocaux, alors que Jairo fait gémir sa slide. Bref, on est directement plongé dans le bain ! Faut croire que les musicos de Calexico sont tombés sous le charme de Gaby ; et, à mon humble avis, il ne serait pas étonnant qu’elle reçoive –si ce n’est déjà fait– un gros coup de main de leur part lors de l’enregistrement de son prochain opus.

Le concert de Miss Moreno a commencé un peu après 18h30, celui de Calexico embraie vers 19h15. La grande salle a été coupée en deux par un immense rideau. Il doit donc y avoir plus ou moins 500 spectateurs pour assister au spectacle.

Le set s’ouvre par l’énigmatique « Frontera / Trigger », un titre balayé par les accords de pedal steel dispensés par Zavala et déjà illuminé par les cuivres. L’ambiance commence à chauffer dès l’entraînant « Cumbia de donde », un morceau latino enrichi par les interventions du piano aux tonalités bien cubaines de Sergio. Ce dernier passe à l’accordéon pour le très riche « Black heart ». Et circonstanciellement, il se sert d’un ukulélé. Etonnant, certaines compositions semblent avoir été traitées au dub. Et tout particulièrement quand elles sont filtrées dans la reverb. Notamment « Fake fur », au cours de laquelle la moitié du band joue des percus. Comme d’habitude, hormis Joe –dont la voix est toujours aussi subtile et harmonieuse– et Jon –au drumming si ample, tout en nuances, sans jamais en remettre une couche–, les cinq autres musicos passent aisément d’un instrument à l’autre. Les deux préposés aux cuivres surtout, jonglant entre trompettes, maracas, vibraphone, accordéon et synthé. Et c’est « Fortune teller » qui se distingue par une excellente intervention à la trompette de Jacob Valenzuela. Martin Wenk aura son tour. Parfois, les deux vont même se disputer la vedette. Et conjuguées, ces cuivres sont très susceptibles de vous flanquer des frissons partout. A l’instar de « Moon never rises ». Une nouvelle compo : « World undone ». Enigmatique, elle est entretenue par les grattes de Zavala et Burns, libérant une intensité électrique réminiscente de R.E.M. voire de Wilco. Superbe ! Bien sûr, les titres latino, sont les plus prisés. Et vous communiquent une irrésistible envie de remuer et même de danser. Comme sur l’instrumental « Coyoacan » ou encore « Corona ». Le public devient de plus en plus chaud et puis, il fallait s’y attendre Gaby Moreno vient rejoindre Calexico, en fin de parcours, pour participer aux vocaux. Notamment sur « Cumbia soledad », la valse « Miles from sea » et « Moon never rises », qui met une nouvelle fois les cuivres en exergue. Zavala est en grande forme et après avoir tâté du tex-mex, du surf et du funk, il se prend pour Isaac Hayes (NDR : pensez à « Shaft » !) lors du titre final, « Crystal Frontier ». Finalement, lors de ce set, Burns est resté à la fois sobre et efficace. Tant derrière son micro que sur sa gratte électrique (NDR : de couleur blanche) ou sa semi-acoustique.

Lors du rappel, Joe remercie le public en français. Et c’est Jacob qui chante le paso doble romantique « Inspiracion », tout en se consacrant également à la trompette (NDR : il avait également cumulé pour « Splitter »). Gaby Moreno participe au final « Guëro canelo », morceau au cours duquel Zavala fait à nouveau son show en invitant le public à reprendre de la voix les intonations de sa gratte. Et il s’exécute de bon cœur. Toute l’équipe, bras dessus, bras dessous, vient saluer l’auditoire ; et lorsque Joe signale que c’est l’anniversaire de Jon, cette foule entame un ‘Joyeux anniversaire’ en chœur qui touche particulièrement l’intéressé. Il est un peu plus de 20 h 30 et, le cœur léger, on peut tranquillement rejoindre ses pénates…

(Voir aussi notre section photos ici)

Set list

Frontera / Trigger
Falling from the sky
Cumbia de donde
Fake fur
Black Heart
Bullets & Rocks
Fortune teller
Coyoacan
Splitter
Esperanza
World undone
Miles from sea + Gaby
Moon never rises + Gaby
Corona

Cumbia Soledad + Gaby
Crystal Frontier

Rappel

Inspiracion
Guero Canelo + Gaby

(Organisation : Aéronef)

 

 

Le guitariste d'Accept revisite le Classique

Écrit par
Wolf Hoffmann, guitariste d'Accept depuis ses débuts (1975), artiste reconnu ayant influencé plus d'un musicien, est sur le point de sortir très prochainement, le 1er juillet prochain (chez Nuclear Blast), son second album solo, intitulé "Headbangers Symphony". Un album entièrement dédié à de grands maestros de la musique classique.
 
Ce style musical représente en effet une réelle passion pour l'homme fort du Heavy Metal, ce dernier n'ayant jamais caché puiser son inspiration dans des oeuvres écrites il y a des dizaines voire des centaines d'années. "J'ai toujours introduit du classique lors de ma composition de morceaux pour Accept, et plus spécialement pour l'album "Metal Heart". J'ai souvent ressenti qu'il y avait tant d'autres choses à faire, mais je ne voulais pas surcharger Accept ou lui faire prendre une autre voie. J'ai toujours su que je pouvais en faire un album complet et c'est comme ça que "Classical" est né. Jusqu'à aujourd'hui, des fans me disent qu'ils l'écoutent toujours régulièrement. C'est donc fantastique que je puisse aujourd'hui en sortir un second disque". 
 
Tracklisting de Headbangers Symphony :
 
01. Scherzo (L. v. Beethoven) 
02. Night On Bald Mountain (M. Mussorgsky) 
03. Je Crois Entendre Encore (G. Bizet)
04. Double Cello Concerto in G Minor (A. Vivaldi)
05. Adagio (T. Albinoni)
06. Symphony No. 40 (W. A. Mozart )
07. Swan Lake (P. Tchaikovsky) 
08. Madame Butterfly (G. Puccini)
09. Pathétique (L. v. Beethoven)
10. Meditation (J. Massenet)
11. Air On The G String (J. S. Bach)

Prince

Prince, The Artist, est mort ce 21 avril 2016

Écrit par

Prince, de son véritable nom Prince Rogers Nelson, est décédé ce jeudi 21 avril 2016. Il avait de nombreux pseudos, comme His Royal Badness, His Purple Majesty, le Kid de Minneapolis, le Nain pourpre, Love Symbol ou encore The Artist, celui qui collait sans doute le mieux à son personnage. 

Avant-gardiste, multi-instrumentiste et artiste complet (NDR : non seulement il était auteur-compositeur-interprète, mais également réalisateur artistique, producteur, danseur et acteur), Prince a eu une influence majeure sur la musique contemporaine. Capable de toucher à tous les genres et à les mêler suivant son inspiration (rock, funk, r&b, soul, jazz, pop, blues, hip hop, etc.) sa créativité était telle qu’il avait fini par gérer sa carrière seul, loin des contraintes liées aux labels. Prolifique et imprévisible, ce personnage qui ne mesurait qu’un mètre soixante a amplifié l’aspect sexuel de la musique, à travers des spectacles gigantesques, dignes du music-hall. Et ses collaborations sont pléthoriques.

Si pour le mélomane lambda, Prince est avant tout l’auteur du mégatube « Purple rain », il ne faut pas négliger qu’il est parvenu à vendre plus de 80 000 000 d’albums à travers le monde. Parmi lesquels figurent des disques carrément expérimentaux, à côté de succès commerciaux retentissants. Enfin, ce qu’on retiendra surtout de lui, c’est qu’il a incité de nombreux musiciens noirs à jouer de la musique blanche et blancs, de la musique noire…

Il a été retrouvé mort dans un studio du Minnesota. Il avait 57 ans. Décidemment, depuis le début de cette année, la nécrologie des artistes rock s’allonge…

 

 

 

Gone is gone, le supergroupe qui va faire parler de lui

Écrit par

Gone is Gone, ce nom de groupe ne vous dit peut-être (encore) rien, mais il risque pourtant de faire pas mal parler de lui. Et pour cause, à la barre de cet all-stars band se trouvent ni plus ni moins que Troy Sanders au chant et à la basse (Mastodon), Tony Hajjar à la batterie (At the Drive-In), Troy Van Leeuwen à la guitare (Queens of the Stone Age) et Mike Zarin à la guitare et aux claviers.

En attendant la sortie de leur premier EP prévue cet été, le quatuor vient de dévoiler, histoire de se mettre un peu l'eau à la bouche, un premier titre intitulé "Violescent" (à écouter en cliquant ici). Le groupe se produira également pour la première fois sur scène le 27 avril prochain, à Los Angeles. 

Ce qui n'était au départ qu'une vague idée devient aujourd'hui réalité. Tout a débuté lorsque Tony Hajjar et Mike Zarin composaient ensemble de la musique pour des trailers de films. Un jour, ils se sont rendus compte que le son qu'ils avaient produit méritait peut-être de connaître une vie en dehors de ce médium. Mais il fallait pour cela un groupe. Très rapidement, suite à quelques appels téléphoniques et après quelques verres, Troy Van Leeuwen était de la partie. Le trio s'est donc rencontré et ils ont commencé à écrire un EP dès les premières sessions. Mais il restait le problème de trouver un bon vocaliste... Après une première écoute, Troy Sanders a compris où artistes voulaient aller. Il a donc débarqué à Los Angeles afin d'écrire et enregistrer ses parties vocales. 

Dans une récente interview accordée à RollingStone.com, Tony Hajjar a déclaré : "Gone is Gone est un projet qui peut vivre même si on travaille chacun sur d'autres projets. Le but est de pouvoir composer à distance. Cela fait du bien de savoir que toute cette musique verra bientôt la lumière du jour". À cela a enchéri Sanders, en indiquant que "dès le premier jour, j'ai ressenti une bonne vibration, quelque chose de très thérapeutique et rafraichissant pour moi. La chimie a directement pris".

Du lourd en perspective !