Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Richard Dawson

The Glass Trunk

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« The Glass Trunk » constitue le deuxième album de Richard Dawson réédité par le label Domino. Paru à l’origine, en 2013, il fait suite « The Magic Bridge » (voir chronique ici). Tout au long de cet elpee, le troubadour de Newcastle pousse un peu plus loin encore son ‘minimalisme folk’. Un concept auquel il faut pouvoir s’accrocher.

En effet, si tout au long de « The Magic Bridge », l’Anglais était armé d’une gratte, sur cet LP, il chante le plus souvent a cappella, d’une voix parfois enveloppée de choeurs. 

« The Glass Trunk » réunit sept morceaux, chaque fois entrecoupés de deux intermèdes à la guitare (sans réel intérêt…) Parmi ces compos, on épinglera « Poor Old Horse » sur lequel Dawson mime - chante - crie (biffer la mention inutile) comme un cheval à l’agonie. D’ailleurs, en l’entendant gémir, la vie de Stewball n’était probablement qu’une balade de santé…

 

Born Ruffians

RUFF

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Après avoir publié deux premiers disques absolument fabuleux, soit un Ep éponyme et l’album « Red, Yellow & Blue », chez Warp, dès 2006, la presse spécialisée qualifiait Born Ruffians de véritable sauveur du rock indie. Pourtant, la formation canadienne n’est jamais parvenue à confirmer tous les espoirs placés en eux, gravant par la suite, deux essais trop inconstants, et tout particulièrement « Birthmark », son dernier, passé presque inaperçu.

Le nouveau rejeton, « RUFF », allait-il être capable de briser cette inéluctable spirale négative ? Et surtout l’empêcher de plonger dans la zone crépusculaire de l’underground ? Première constatation, la voix si particulière de Luke Lalonde continue d’alimenter des  mélodies que n’aurait pas reniées Gordon Gano (Violent Femmes). Alors, le cerveau des Torontois serait-il à nouveau en ébullition ? Pas tout à fait, car le contrat n’est qu’à moitié rempli. L’opus est trop inégal. Pas de classiques immédiats tels que « Little Garçon » ou « What To Say », des compos que le combo avait marqué d’une sublime empreinte. Il y a bien l’une ou l’autre pépite de pop spasmodique, à l’instar de l’inaugural « Don’t Live Up » ou du nerveux « & On & On & On ». Et puis quelques plages sculptées dans un pop/rock gracile et lustrées par la voix unique de Luke. Mais il faut aussi se farcir le lourdaud « (East Shit) We Did It » et le très peu inspiré « Shade to Shade ». « RUFF » démontre sans doute que Born Ruffians restera le groupe d’un classique ; un peu comme ses compatriotes de Hot Hot Heat… ce qui n’est déjà pas si mal !

 

The Scrap Dealers

After a thousand blows

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« After a thousand blows » constitue donc le premier album de The Scrap Dealers, un disque qui fait suite à un Ep éponyme, réunissant 8 titres (?!?!?). Paradoxal, mais l’elpee n’en recèle que 5. Mais pour un peu plus de 50 minutes. En fait, hormis deux pistes plus punk/garage –le moins assuré (surtout côté vocal) « She doesn’t wanna leave your mind » et le garage/surf/lo-fi « That’s what we call love »– les autres sont particulièrement longues ; la dernière, traversée par une stridulation électrique envoûtante, « I lost my faith », s’étalant sur plus de 10’. Un morceau lancinant, incantatoire, qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Slowdive et The Horrors. Les deux autres compos trempent davantage dans le psyché/shoegaze. Atmosphérique, nébuleux, sonique, « Walking alone » nous replonge dans le climat très ‘Spiritualized’ de l’Ep. Cependant, et c’est vraiment bien pensé, les harmonies vocales sont particulièrement limpides. Tout comme sur le remarquable « Keep my silence safe ». Sur lequel on a parfois même l’impression d’entendre une chorale. Une plage dont la mélodie contagieuse, enivrante semble hantée par les Dandy Warhols. Quant à « I’ll never be like you », c’est du côté de Ride que le band liégeois semble lorgner. Mais toutes ces références, sont tellement bien digérées, qu’il est de plus en plus difficile de les discerner. 

Bref, un album 4 étoiles pour cette formation belge, capable de se démarquer de ses contemporains qui pour être dans l’air du temps, ne jurent plus que par les synthés, pour se fondre dans une masse inodore, incolore, et insipide...

 

Antoine Henaut

Capable de jongler aussi bien avec des mots que des quilles…

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Ce samedi 5 mars, l’hémicycle du Botanique accueille Antoine Hénaut. Il est venu défendre les couleurs de son deuxième opus, « Poupée Vaudou », dont est issu le titre radiophonique « La vie s’écoule ». Auteur, compositeur, interprète et parfait autodidacte, l’homme à la chevelure hirsute est originaire d’un bled situé au sud-ouest de Mons, qui porte le doux nom d’Onnezies. Flanqué du guitariste Max Giordano, il s’essaie à ses débuts dans différents projets de chanson française. A ses dépens, puisque le succès n’est pas au rendez-vous ! Il est remarqué en 2010 par Marc Pinilla, du groupe Suarez, qui lui donne le coup de pouce nécessaire pour lancer sa carrière, qui prend alors un virage à 180 degrés. De cette rencontre, naîtra une amitié et une collaboration transversale qui est toujours d’actualité. Dès 2011, il assure les premières parties de Michel Delpech, Les Ogres de Barback, Axelle Red ou encore Brigitte…

Faon Faon se charge du supporting act.

Vers 20 heures, le duo réunissant Fanny Van Hammée et Olympia Boule prend place devant une fosse tristement mi-remplie (NDR : ou mi-vide, selon).

Le truc de ces deux jeunes femmes, âgées d’une vingtaine d’années seulement, c’est un savant mélange d’électro tribale et de folk.

Les gonzesses, vêtues de blanc pour l’occasion, sont accompagnées d’un troisième larron. Grosses chaussures, chaussettes retroussées et pantalon trop court, ce dernier semble sortir tout droit d’un album de Tintin !

Minimaliste, le set est particulièrement intimiste, flirtant de temps à autre avec celui d’une certaine Emilie Simon.

L’ambiance feutrée et l’acoustique particulière de la salle se prêtent admirablement bien à l’expression sonore du moment.

Dès les premières envolées musicales, les biches se sont vite évadées de leur torpeur naturelle pour emmener le public vers des cieux tendrement naïfs, sauvages et empreints d’onirisme.

D’une durée d’environ 40 minutes, le show s’est clôturé par un hymne à… l’humour ! Devant un public conquis !

Lorsque Antoine Hénaut et sa clique montent sur l’estrade, vers 21 heures, le parterre, nettement moins clairsemé, grouille de fans impatients !

Lunettes noires sur le nez et veste grise sobre, Antoine Hénault affiche une attitude qui laisse transparaître une certaine timidité, vite dissipée après avoir largué quelques plaisanteries façon ‘Tatayet’, provoquant ci et là quelques éclats de rire.

Lorsque par exemple, en prenant une bière, il se retourne et lance au claviériste un ‘Allez, synthé hein !’

A titre anecdotique aussi, il aime rappeler que, petit, il était un passionné de cirque. Il fréquentera d’ailleurs assidûment l’école créée, il y a près de trente ans maintenant, par son défunt père.

Manifestement, les acquis sont restés intacts puisque l’artiste, soutenu par deux circassiens,  s’est livré à un magnifique numéro de jonglerie.

On comprend rapidement que derrière cette fausse exubérance se cache un fils meurtri par la perte d’un être cher à son cœur et rendre cet ultime hommage était primordial à ses yeux !

S’il manie fort bien les quilles, la voltige des mots n’est pas en reste ! Au contraire ! En utilisant des doubles sens intelligemment écrits et pensés, l’écriture du jeune artiste est plus incisive que sur le précédent opus. La maturité a fait son bonhomme de chemin !

Ce qui frappe, c’est la facilité et la subtilité déconcertantes avec lesquelles il parvient à décrire un quotidien fait d’espoirs et de tracas. Le tout en maniant énormément le second degré. Citons pêle-mêle « Comme un grand », « La vie s’écoule », « Sportif » ou encore « De la musique ».

Au fil des chansons, il évoque ses peurs, ses faiblesses, ce qui l’amuse ou l’ennuie. Il n’est sûr de rien, mais reste assidûment curieux de tout ce qui l’entoure ! Ce paradoxe le rend d’autant plus attachant et fragile. Une sorte d’homme enfant en quelque sorte !

Mais quoiqu’il en soit, ce soir, on épinglera la caisse de résonance de son concert, accordé à la Rotonde !

(Organisation : Botanique)

Mister Cover

Manquait plus que « La fête au village » des Musclés…

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En attendant l'ouverture des portes, prévue pour 20 heures, la file s'étend sur plus de 50 mètres. Du jamais vu au Salon. Ce soir, on risque manifestement d’être comprimés comme des sardines. Et dire que le concert ne débute seulement qu’à 21h30. En attendant, une solution, tuer le temps au bar. D’ailleurs les frigos et les bacs se vident rapidement. A l’affiche, ce soir, un groupe de reprises, Mister Cover…

Le set prend un peu de retard. Les musicos sont nombreux sur les planches ; même que le drummer doit se contenter d’un coin de l’estrade, à droite, pour ne pas occuper trop d’espace. Faut dire que l’équipe réunit plusieurs chanteurs et choristes. Sans oublier le gratteur, le bassiste et les cuivres.

Fondé en 2002, le combo puise son répertoire dans les standards du rock, de la pop, de la soul, des variétés et de la chanson française. N’hésitant pas à balayer 5 décennies de musique populaire.

Derrière les manettes, on retrouve Antoine Goudeseune (NDR : le roi des adaptation des compos des Beatles, en fingerpicking) et Moorad, l’ingé son du Botanique.  

Le public est chaud boulette, dès les premières mesures. Et il danse ! Sans huile, mais en perdant énormément de sueur. Votre serviteur observe la fête depuis le bar. Le « Viva La Vida » de Coldplay déclenche une farandole. Après un petit medley consacré aux succès des années 80, place au « Seven Nation Army » du duo mythique White Stripes. Chevelu, le chanteur, malgré ses 40 balais, est un showman. Et les autres musicos sont pros jusqu’au bout des ongles. La suite de la set list épingle des compos signées par les Fab Four, Police, les Stones, Rihanna, U2, les Blues Brothers, Lenny Kravitz, Abba, Daft Punk, Queen, Telephone, Bob Marley, Pink Floyd, Goldman et Madonna. Bref, il y en a pour tous les goûts, les âges et toues les générations. Mais c’est surtout le « Smells Like Teen Spirit » du Nirvana qui va mettre le souk. A cet instant, la température est à son paroxysme dans la fosse. L’ambiance retombe d’un cran pour la reprise de Sardou, « Les Lacs du Connemara ». Pas vraiment le truc de votre serviteur. Mais dès le rappel, au cours duquel le team attaque la « La Salsa Du Démon » du Grand Orchestre du Splendid, c’est la folie furieuse. Manquait plus que « La fête au village » des Musclés. Mister Cover est un ensemble à voir et écouter en ‘live’. Son spectacle vous permet de vous déconnecter de la réalité et de faire la fête. Comme lors d’un mariage, d’une communion ou d’une fancy-fair. Et au sein de ce créneau, Mister Cover est passé maître. D’ailleurs, il est programmé à Forest National en décembre…

(Organisation : Le Salon de Silly et Silly Concerts ASBL)

Pias Nites 2016 : vendredi 4 mars

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C’est au dernier étage du Beursschouwburg, à Bruxelles, qu’une partie des [Pias] Nites se sont déroulées. Trois concerts intimistes étaient programmés, bien loin de la folie furieuse de  Fat White Family, qui se produisait, quelques centaines de mètres plus loin, à La Madeleine.

Le groupe hollandais Amber Arcades monte sur les planches vers 21 heures. Une cinquantaine de curieux vont pouvoir savourer la dream-pop concoctée par la chanteuse et compositrice Annelotte de Graaf. Cette dernière est allée aux States pour achever la mise en forme de son album, dont la sortie est prévue pour 2016 ; et cette démarche se ressent clairement dans la musique du quatuor. Quelque part entre Beach House (pour la voix) et Lower Dens (pour les arrangements), les compos –quoique atmosphériques– sont parsemées d’étincelles bien placées. Une jolie découverte !

Après une petite pause, au cours de laquelle on a le loisir de siroter un rafraîchissement, sur la terrasse aménagée sur le toit, avec vue sur la Bourse, retour en salle pour la deuxième partie de la soirée.

Fews est prêt à en découdre. Changement complet d’ambiance ; car le quatuor propose un post-punk qui libère une puissance conséquente. Partagé entre Suédois et Américains, le combo semble fort émoussé. Et pour cause, il assurait, la veille, la première partie de Fat White Family, à Liège ; et confessait que l’after party avait été… mouvementée. A tel point qu’il a perdu tout son matos et doit donc se servir des instruments d’Amber Arcades. C’est cher payé pour une soirée d’amusement en compagnie de l’excentrique famille anglaise ! Malgré ce coup dur, la motivation du groupe est intacte. Et la qualité des compositions ainsi que l’interprétation sont bluffants. Seule la voix passe moins bien la rampe ; mais les musicos sont jeunes et n’ont même pas encore sorti un Ep. Ils ont d’ailleurs tout le temps de s’améliorer ! Ravageur, leur post-punk va en tout cas asséner une bonne claque à l’auditoire. Les gamins se permettent même de placer leurs deux chansons-phares en fin de set. « The Zoo » et « Ill » sont en effet parus en single et on comprend facilement le choix du quartet de mettre ces deux titres en avant. Si le premier se démarque par son refrain efficace, c’est surtout « Ill », en finale, qui focalise l’attention. Expérimentale et progressive, cette plage nous renvoie à quelques excellents morceaux post-punk parus au cours de ces dernières années (NDR : « Death » de Viet Cong notamment) ; et il est particulièrement jouissif de voir les quatre amis entamer furieusement la dernière partie du morceau, après un long pont bien calme. Manifestement une excellente découverte ; et il ne fait aucun doute que leur premier elpee, prévu pour l’été, devrait attirer notre attention.

Après un nouveau petit break en terrasse, nous revenons dans la salle. A notre plus grande surprise, la scène et vide et seul un micro est placé, dans la fosse. Jamie Lee, chanteur de Money, pénètre alors dans la pièce, ouvre une bouteille de vin et nous raconte une histoire surprenante. Sur la route qui conduisait le combo de Stockholm à Bruxelles, la camionnette est tombée en panne. Impossible d’acheminer les instruments à bon port ! Décidemment, c’est la soirée!

Grâce à un tweet, le groupe est parvenu à dénicher une jeune violoniste anversoise qui a accepté d’accompagner Jamie. Il assurera donc sa prestation privé de son band. C’est sans avoir répété que les musiciens débutent le set. La jeune Hester se fie aux partitions des chansons ; et, après avoir évacué son léger stress, joue à merveille son rôle imprévu. Jamie Lee, vraiment gêné de ne pouvoir se produire comme d’habitude, offre néanmoins une incroyable démonstration vocale. Le songwriter possède en effet une voix extraordinaire qu’il met parfaitement en valeur lors de compos simples mais toujours enrichies de cordes atmosphériques. Sa guitare sèche en main, il se permet même de s’écarter à de nombreuses reprises du micro pour en faire profiter davantage l’auditoire, qu’il est parvenu, en outre, à charmer par son sincérité, sa sympathie et sa simplicité. L’alcool est un thème récurrent dans ses chansons (NDR : « A Cocaine Christmas and An Alcholic's New Year », par exemple) et il est évident que Jamie en abuse. Il ‘affonne’ en effet des bières durant l’entièreté du show. On se croirait vraiment dans un pub du centre de Manchester ; ce qui rend le set plutôt sympa ! Le duo s’en sort parfaitement bien, malgré les circonstances ; et après avoir remercié de nombreuses fois sa collègue d’un soir qui, en outre, fêtait son anniversaire, Lee et sa collaboratrice d’un soir vident les lieux sous les applaudissements du public. C’était simple mais beau. Parfois, il n’en faut pas plus.

Si cette [Pias] Nites n’a pas attiré la grande foule, les absents ont eu tort. Variée et truffée d’imprévus, cette soirée restera sans aucun doute parmi les meilleurs souvenirs musicaux de votre serviteur, pour l’année 2016, qui commence décidemment fort bien. Des trois formations, il ne connaissait réellement que Money ; et bien, dès aujourd’hui, il va surveiller l’actualité des deux autres. PiaS a atteint son objectif !

(Organisation PiaS)

 

Sundara Karma bien compris par les jeunes…

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Ils sont britanniques, âgés de 18 ans, et nous viennent de Reading. On leur prête des influences qui oscillent de Kula Shaker à Foals, en passant par The Veils. Deux Eps et quelques singles à leur actif qui méritent qu’on y jette une oreille. Leur nouveau single s’intitule « A young understanding » et fait l’objet d’une vidéo (voir ici), tout comme le précédent, « Flame », paru l’an dernier (voir ) .

Sundara Karma est même considéré comme la nouvelle relève, dans l’univers de la britpop, par la presse insulaire.

Jugez plutôt…

 

Steak Number Eight

Kosmokoma

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Certains ont taxé sa musique d’indigeste. Faut dire que son patronyme n’aide pas vraiment. Et ne laisse guère espérer un repas dans un resto étoilé. Pourtant malgré ce nom absurde, Steak Number Eight propose, ses débuts en 2007, un excellent métal teinté de post-rock et de sludge. Dans la lignée d’Isis –mais en moins sérieux– la bande drivée par Brent Vanneste enchaîne les salves follement puissantes (cette batterie !) en affichant d’indéniables qualités mélodiques et techniques. Et on s’en rend compte dès le morceau d’ouverture, un direct décroché par « Return of the Kolomon », premier irrésistible uppercut issu de son quatrième elpee, « Kosmokoma ». La suite est au diapason, à l’instar du très sludge « Your Soul Deserves to Die Twice », piste aux effluves psyché, ou du plus progressif « Gravity Giants ». Bien que majoritairement instrumentales, les plages de « Kosmokoma » ne suscitent jamais l’ennui. La subtile production de David Bottrill (Tool, Stone Sour) y est sans doute pour quelque chose ; mais également l’éventail de nuances abordées sur ces morceaux imparables. La petite bande de potes issue du Nord du pays vient définitivement d’entrer dans la cour des grands !

 

Kelly Richey

Shakedown Soul

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Originaire du Kentucky, mais établie aujourd’hui à Cincinnati, dans l'Ohio, Richey Kelly est chanteuse et guitariste. Elle a entamé sa carrière en 1986, au sein de Stealin' Horses. Dès 1990, elle fonde cependant son propre band. A son actif, près de quinze long playings. Son style ? Le blues/rock. Elle reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan et Roy Buchanan. Bien qu’âgée d'une bonne cinquantaine d'années, elle ne manque pas de dynamisme. Adepte du ‘Life Coaching’, elle donne des cours de guitare. Enfin, elle écrit de poèmes et signe son propre répertoire.

Lors des sessions d’enregistrement de "Shakedown Soul", elle a reçu le concours de quelques invités, mais surtout de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Rikk Manning, le claviériste Lee Carroll et le drummer Tobe ‘Tobotius’ Donohue. Ce dernier se charge également des effets sonores, des synthés, du programming, du sequencing et de la production.

Les percus de Tobotius donnent immédiatement le ton, dès "Fading". La voix de Kelly est puissante. Ses riffs sont rythmiques et particulièrement nerveux. Elle met rapidement le nez à la fenêtre, lors d’une sortie de cordes qui privilégie à nouveau les accords! Blues/rock, "You wanna rock" est un morceau puissant mais captivant. Lee Carroll siège derrière l'orgue. Bien soutenue par sa solide section rythmique, Miss Richey s’illustre sur ses cordes. Mid tempo, "Lies" s’inscrit dans un même contexte. Kelly ne dispense que les notes nécessaires, mais elles font instantanément mouche. Quel panache ! Et pourquoi changer une formule qui fonctionne à merveille ? Comme sur "The artist in me" ? Seule la voix adopte un ton désespéré, agonisant, proche de l’envoûtement… Et Donohue saupoudre subtilement le tout d’effets électroniques. Un climat de transe qui s’accentue sur "Love" et surtout "Afraid to die". Une approche fort intéressante. Elle devient même psychédélique et trouve son épilogue via un traitement synthétique bien intégré. "Only going up" accélère le tempo. La voix est chargée de désespoir. Les applications technologiques s’intègrent dans un ensemble qui s’achève dans un bouillonnement sonore. Adoptant un tempo nerveux, répétitif, proche du Velvet Underground originel, "Just like a river" s'éloigne du blues. Un traitement hypnotique du psychédélisme qui joue également son rôle. "I want to run" se révèle plus blues dans l’attitude que dans le genre. Et l’elpee de s’achever par une version paisible, acoustique, de "Fading", compo qui ouvrait la plaque. Manifestement, cet opus marque un changement dans le style de cette artiste américaine… 

 

Les Agamemnonz

De A à Z

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Facile de ressortir le ressort ‘tarantinesque’ ; mais c’est bien le mythique réalisateur américain qui a remis au goût du jour le surf/rock, en exhumant des perles enfilées par The Centurions et The Lively Ones, au cours des sixties, pour servir de B.O. mythique au palmé ‘Pulp Fiction’.

Et de surf-rock, il en est question tout au long de ‘De A à Z’, compilation réunissant les deux premiers opus de ces doux dingues (NDR : ils se produisent tout de même vêtus de tuniques grecques). Cette drôle de bande rouennaise tire des sonorités réverbérées ou aquatiques de ses grattes (« Schnell Wie Eine Rakete »), mais également hispanisantes (« Brûlure Indienne ») tout au long des 18 titres instrumentaux ensoleillés (« Tre Grazie »), irrésistibles (« A Palavas-Les-Flots ») et définitivement anachroniques (à l’image de cette magnifiques photo vintage et décalée illustrant l’album). Les deux pieds dans les merveilleux clichés du genre, Les Agamemnonz ont décidé de nous remonter le moral sans se prendre la tête mais avec un indéniable talent ! Et c’est une réussite… ‘de A à Z’.

 

Kinsey

My Loneliest Debut

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Espérons que Nick Kinsey se sente moins seul qu’il ne le regrette, s’il devait récolter un éventuel succès –d’estime tout au moins– pour « My Loneliest Debut », son premier essai solo, après avoir accompli des missions ponctuelles pour Elvis Perkins (dont il est le batteur), Cold War Kids, Bon Iver, AA Bondy et My Morning Jacket.

Dans l’univers du pop/rock, le musicien de Brooklyn s’inscrit dans la lignée des songwriters classiques anglo-saxons. Soyeuse, sa voix évoque tout à tour Jeff Tweedy (Wilco), Michael Stipe (R.E.M.), Nick Hemmmint (The Leisure Society) ou Dan Bejar (The New Poronographers, Destroyer, Swan Lake), si on se réfère aux figures les plus récentes du pop/rock. L’instrumentation est riche : xylophone, banjo, synthés et autre clarinette, outre la structure classique basse/guitare/batterie. Et pourtant, l’artiste se réserve toute cette panoplie en solitaire, mais également la production, opérée… dans une cuisine new-yorkaise ! Les pépites à extraire de cet elpee son légion ; à l’instar du titre maître de l’opus, de « Château Ludlow », réminiscent de Clap Your Hands, du très pop « Get Lost » ou du déjà classique –dans un monde parfait en tout cas– « Eat Your Heart out ». C’est une certitude, Kinsey ne sera plus seul au monde quand il aura enregistré son second LP, tant son talent devrait faire la différence…

 

Keith Richards Overdose

Kryptonite is alright

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Comme son patronyme ne l'indique pas, Keith Richards Overdose est un groupe marseillais. Fondé en 2009, il aime le rock'n'roll. Celui d'Eddie Cochran et des Beatles. Que les Fab Four pratiquaient au début des sixties, à Hambourg. Ils ne supportent pas trop les Rolling Stones, et tout particulièrement son guitariste Keith Richards ; ce qui explique justement le choix du patronyme opéré par la formation. Un trait d’humour grinçant ; car si le gratteur teigneux ne libère plus la même énergie qu’à l’origine, c’était quand même un fameux rocker ! D’ailleurs, K.R.O. réunit quatre teigneux qui adorent la défonce, les pompes pointues et les jeans moulants. C’est d’ailleurs ce qu’ils déclarent. A leur actif, un premier opus live, paru en 2011 et un Ep confidentiel, intitulé "Bambino boogie", gravé en 2013. Le line up du quatuor est plutôt classique. Guillaume se charge de la batterie. Ex-Holy Curse, Sonic Polo se consacre à la guitare. Hughes également ; mais aussi au chant. Et Nasser à la basse. Ces deux derniers sont d’anciens membres de Hatepinks. "Kryptonite is alright" est découpé en onze plages brèves, denses et directes. Du rock'n'roll certes, mais dont l’énergie libérée se révèle généralement punk, un peu dans l’esprit des garage bands américains. Ceux issus de Detroit, Stooges et MC5, notamment. Mais aussi les Sonics et autres Cramps.

"If I was you" nous replonge au début des sixties, à l'époque où le juke-box trônait dans tous les bistrots. La voix d'Hughes colle parfaitement à cette époque, même si ses intonations manifestent déjà une certaine férocité. Faut dire que les cordes n’ont de cesse de le haranguer. Rapide et nerveux, "Kryptonite is alright" adopte une attitude punk. Tout comme "Seven year hangover" et "Below the belt". Le chant est décapant. Arides, les accords de gratte se succèdent dans un esprit franchement rock'n'roll. "No record machine" évoque enfin ces Beatles qui ont écumé les clubs à Hambourg (NSR : le ‘Star’ surtout !), même si les cordes épousent des sonorités plus contemporaines. Débordant d’énergie, "Ton punk, rock de vieille" s’inscrit davantage dans l’esprit des garage bands issus des 60’s. Pourtant, mes coups de cœur vont aux morceaux qui dérapent carrément dans le délire. A l’instar de l’excellent, "Fifteen Sixteen". Et impossible de ne pas penser aux Stooges d’Iggy Pop et à MC5 qui ont sévi sur la scène de Detroit, en écoutant ce titre. Beatlenesque, "So you say you lost your baby" évoque plutôt le Merseybeat. "I don't get along with sissies" baigne au sein d’un climat de véritable folie. A cause des grattes, qui s'en donnent à cœur joie. Folie et énergie sont des maîtres mots pour ce band hexagonal. Et ils le démontrent une nouvelle fois lorsqu’il nous assène "Hold me Tony". De bonne facture, cet elpee s’achève par "Worse things I could do to you", une plage dont l’attitude rock’n’roll évoque à la fois les Sonics, les Cramps et même les Flamin Groovies...

 

Ina Forsman

Ina Forsman

Écrit par

Jeune chanteuse finlandaise, Ina Forsman n'a pas encore 20 printemps. Et pourtant, elle a déjà représenté son pays, lors de l'’European Blues Challenge’, en 2014. Elle tourne régulièrement en compagnie de son compatriote Helge Tallqvist, un harmoniciste notoire. En outre, elle a aussi tapé dans l’oreille de Guy Verlinde, le leader du combo belge, Mighty Gators. Ils se produisent d’ailleurs parfois en duo ou au sein d’un groupe constitué de Steven Troch et Fried Bourbon, ainsi que de l’ex-bassiste d’Electric Kings. A l’instar de nombreuses artistes féminines qui militent dans l’univers du blues, elle a signé chez Ruf. Et elle vient d’y publier son premier elpee. Un disque éponyme. Pour lequel Thomas Ruf lui a donné les moyens à la hauteur de son talent. Lors des sessions, qui se sont déroulées à Austin, elle a ainsi bénéficié du concours de la crème des musiciens locaux. Et notamment les gratteurs Derek O'Brien et Laura Chavez (Candye Kane), le claviériste Nick Connolly, le bassiste Russel Jackson et le drummer Tommy Taylor. Sans oublier la section de cuivres Texas Horns, qui se produisent sous la houlette de Kaz Kazanoffil (NDR : il assure aussi la mise en forme).

Cuivré, "Hanging loose" ouvre la plaque. Un r&b saignant au cours duquel le piano est bien à l’avant-plan, alors que Miss Chavez s’autorise déjà une sortie royale. Ballade soul, "Pretty messed up" met bien en exergue la voix de Miss Forsman. O'Brien se charge de la rythmique et John Mills se consacre à la flûte. Plage légèrement jazzyfiante, "Bubbly kisses" se distingue par un exercice de style vocal ludique, mais aussi une intervention judicieuse de la trompette. Proche du reggae, "Farewell" baigne dans une ambiance exotique. Percussions, orgue, trompettes (NDR : que se réservent Al Gomez et Aaron Kazanoff) ainsi qu’harmo (NDR : celui, bien sûr, de Helge Tallqvist) alimentent cette plage. Amorcé par Laura Chavez et tapissé par l’orgue de Connolly, "Don't hurt me now" est un excellent blues lent que chante souverainement Ina, d’une voix sensuelle. Autre blues, "Talk to me" est à nouveau souligné par l’harmonica de Tallqvist. "Now you want me back" est une ballade indolente classieuse, un southern blues au cours duquel Ina est soutenue par des chœurs. Kaz Kazanoff en profite enfin pour mettre le nez à la fenêtre sur son saxophone ténor. "Devil may dance tonight" est une compo soignée. Les ivoires de Nick impriment le rythme. Les cordes sont réverbérées. Et la voix passe superbement la rampe. Ballade soul/pop, "Before you go home" ne manque pas de charme. Dansant, "No room for love" trempe dans le r&b circa Stax. La voix y domine les cuivres, les cordes et le piano. Le long playing s’achève par la reprise du "I want a little sugar in my bowl" de Nina Simone. Ina injecte une énorme dose d’émotion dans cette cover dépouillée, limitée au piano de Nick Connolly et la sortie royale de Kazanoff. En 2016, Ina Forsman participera à la nouvelle aventure de la ‘Ruf Blues Caravan’, aux côtés de la Canadienne Layla Zoe et de l'Américaine Tasha Taylor!

 

Dirty Streets

White Horse

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Issu de Memphis, Dirty Streets est un jeune trio de roots/rock. Le line up implique le chanteur/guitariste/pianiste Justin Toland, le bassiste Thomas Storz et le drummer Andrew Denham. Quatre albums à leur actif : "Portrait of a man" (2009), "Movements" en (2011), "Blades of grass" (2013) et ce "White Horse", paru en décembre dernier. Hormis le premier elpee, tous les autres ont été publiés chez Alive Natural Sound.

Le rockin' blues de Dirty Streets est plutôt coriace, mais abordable, à l’instar du morceau d’ouverture, "Save me". Il nous replonge même au début des seventies, dans un climat que n’aurait pas renié un certain Humble Pie. Les compos sont percutantes. Pas d’exercice de style nombriliste. Et "Looking for my peace" en est une belle illustration. La voix de Justin s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Il ne hausse jamais le ton inutilement. Il s’aventure quand même, à la slide, sur "Accents". Enrichie d’ivoires, cette très bonne composition lorgne plutôt du côté des Faces. Toland se sert de ses pédales pour attaquer "Think twice", une piste dont le tempo évoque carrément The Cream. L’elpee monte en puissance! La section rythmique apporte une densité certaine à l’expression sonore. La voix de Toland semble hantée par un Paul Rodgers des débuts du Free, tout au long de "When I see my light". Passionné, l’envol de la gratte se fond pourtant parfaitement dans un ensemble parfaitement soudé. "Good kind of woman" constitue mon coup de cœur. A cause de ce riff à la fois puissant et simple, mais propice à l’allégresse. Ballade subtile, "The voices" sert d’intermède acoustique. Sauvages, "Good pills" et "Plain" sont deux plages qui déménagent (NDR : ça rime !) Des cordes acoustiques amorcent "Dust", une ballade atmosphérique qui se couvre progressivement d’accents psychédéliques séduisants. Et c’est le titre maître qui clôt le long playing, un morceau qui évoque encore The Cream, mais dans sa période plus acide, soit celle de "Disraeli gears"…

 

Jonn Del Toro Richardson

Tengo Blues

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Texan (NDR : il est issu de Houston !), Jonn Del Toro Richardson est chanteur, guitariste et compositeur. Son meilleur pote n’est autre que Sean Carney (NDR : lui nous vient de Colombus, dans l’Ohio), également gratteur. Les deux compères ont décroché, dans le passé, un ‘Albert King Blues Guitar Award’. Ils avaient d’ailleurs concocté un elpee ensemble, "Drivin' me wild", en 2013. John s’est également impliqué auprès de Carney pour "Blues for a Cure – Volume 4", une œuvre destinée à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer. Et enfin, il avait gravé un autre long playing en compagnie du mandoliniste Rich DelGrosso, "Time slips on by". Jonn signe les treize plages de ce disque et assure la coproduction avec la star de la guitare, Anson Funderburgh. Bénéficiant du concours de la crème des musiciens locaux –le drummer Wes Starr, le claviériste Nick Connoly et le bassiste Nathan Rowe– les sessions se sont déroulées au sein du studio Satellite, à Austin.

Largement cuivré par les Texas Horns du célèbre Mark Kaz' Kazanoff, "Behind the curtain" ouvre la plaque. Un excellent titre au cours duquel la première sortie de Del Toro sur les cordes est déjà déterminante ; et il y injecte énormément de sensibilité tout en entretenant le sens mélodique. De bonne facture, "I'm her man" est un blues imprimé sur un tempo modéré. Délicieux, les accords de gratte s’intègrent parfaitement dans la musique que balise les ivoires de Connoly. Tout au long de "Love if you want it", les cordes débordent de feeling. Instrumental jazzyfiant, "Triple lingig" libère énormément de swing. Nick Connoly s’inspire de Jimmy Smith derrière son orgue Hammond et Kaz souffle dans son sax ténor. Percus (que se réserve Lawrence Del Toro) et cuivres nous plongent dans l’atmosphère caribéenne festive de "The Moment". Des rythmes syncopés dynamisent le superbe "Can't run for love", une plage mélodieuse caractérisée par une sortie de guitare classieuse. John est épaulé par Anson Funderburgh à la gratte sur le Texas shuffle brûlant et bien rythmé, "Get me back to Texas". Indolent, "This I know" baigne dans une ambiance fin de soirée, propice à l'enlacement des couples. La voix de Richardson est chaleureuse et envoûtante. Délicatement sensuels, les accords de cordes semblent hantés par BB King. Anson Funderburgh tire son épingle du jeu sur sa guitare tout au long du jump remuant "Tall pretty baby". Et ses interventions sont remarquables. Les Texas Horns cuivrent discrètement mais efficacement "Here she comes". Une contribution destinée à mettre en exergue la guitare. Et ce sont les ivoires de Connoly qui s’en chargent sur le rock’n’roll particulièrement dynamique, "Wild ride". "Tell me do you love me" émarge au Memphis R&B. La voix est chaude. La guitare inextinguible. Orgue et cuivres alimentant généreusement l’expression sonore. Instrumental, "Tengo blues" clôt l’elpee. Une r&b aux accents exotiques caractérisé par un ultime échange entre orgue et cordes. Et il est superbe !

 

Leif De Leeuw

Leelah

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Leif De Leeuw est le leader de son propre Band, un groupe de blues rock batave, qui a décroché le ‘Dutch Blues Challenge’, fin 2014. Il a également représenté son pays lors de l’‘International Blues Challenge’, organisé à Memphis. Le backing group implique la chanteuse/guitariste Miss Britt Jansen, le bassiste Eibe Gerhart et le drummer Tim Koning. Et si le combo pratique du blues, son style est capable de se diversifier, en se teintant de folk, soul, roots et même de prog. Si De Leeuw reconnaît pour influence majeure le Texan Johnny Winter, il se revendique également de Jeff Beck, Larry Carlton, David Gilmour et Joe Walsh. Une palette de références finalement fort éclectique. A ce jour, la formation avait publié un Ep baptisé "De Luxe". Les artistes sortent d’académies musicales officielles.

Le thème de cet album s’inspire de l’histoire d’un jeune transsexuel américain de 17 ans, Leelah Alcorn, qui s'est donné la mort en décembre 2014. Dès "Never giving in", on se rend bien compte que cette formation dépasse les canons habituels du blues. Un morceau de rock riche, complexe, structuré, au cours duquel seule la guitare s’aventure, dans un style proche du compatriote Jan Akkerman. De bonne facture, la voix de Britt colle parfaitement à la musique. Faut dire que c’est elle qui signe les textes. Elle brille de nouveau au micro, mais dans un registre plus folk, tout au long de "Real this time", une plage à la jolie mélodie au cours de laquelle les interventions délicates de gratte, dispensées en slide par Leif, font absolument merveille. Et à la sèche, il met en exergue une nouvelle fois la voix féminine, tout au long de "Right back home". Un Bo Diddley beat discret contamine le blues "Just fine". Invité, Tony Spinner –dans  le passé, ce Yankee a apporté sa collaboration à Toto– se réserve les vocaux et la gratte. Gerhart tapisse l’ensemble de son orgue. Les cordes de De Leeuw illuminent "Wandering man", une plage indolente, proche du blues et dépouillée à l'extrême. Manifestement le band semble très à l’aise dans l’exercice de blues lents minimalistes. Ce qui lui permet d’injecter un max de sensibilité dans les compos. Et "My color blue" en et un nouvel exemple. Une plage majestueuse, particulièrement belle, caractérisée par une ligne de basse classieuse et de remarquables arrangements de cordes. "Leelah" clôt cet LP. Une composition partagée en trois volets. Le premier s’intitule "Walking southbound" et se distingue par ses changements de rythmes ainsi que par les interventions remarquables –en picking– de Sonny Hunt à la guitare (NDR : issu de Nashville, ce gratteur américain vit actuellement aux Pays-Bas où il drive son groupe, Dirty White Boys). Baptisé "The Cruelty of loneliness", la deuxième section lorgne carrément vers le Pink Floyd, De Leeuw semblant, à partir de cet instant, carrément hanté par David Gilmour. "Society please" constitue le troisième segment. Une longue plage enrichie par la voix chargée de feeling de Britt Jansen. Et c’est la partie de basse qui conduit la composition vers une finale particulièrement progressive…

 

Richard Dawson

The magic bridge

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Richard Dawson est un personnage atypique dans le paysage du folk anglo-saxon. Le parcours du natif de Newcastle est plutôt particulier. Avant de se lancer en solitaire, l’artiste a sévi sur la scène électro, mais également milité au sein d’une formation de doom metal ! Pas de doute, il est polyvalent. Malgré son physique de gros nounours barbu et ses performances ‘live’ jugées enthousiasmantes, il a fallu un certain temps à Richard Dawson pour se forger une certaine notoriété. En fait depuis la sortie de son elpee précédent, « Nothing important », en 2014. C’est d’ailleurs à cette époque que la presse spécialisée commence à s’intéresser au personnage. Le magazine ‘The Wire’ lui a consacre même une couverture ! Ce crédit nouveau lui a ainsi permis de rééditer ses deux elpees antérieurs chez Domino (via sa branche Weird Wolrd), dont « The Magic Bridge », publié à l’origine, en 2011.

Le folk pratiqué par Richard Dawson est particulier et surtout, surprenant. Difficile de faire plus minimaliste. Armé de sa guitare ou tout simplement a cappella, Richard Dawson, tel un troubadour (ou un marin, c’est selon !), nous relate des histoires. Parfois à la limite de l’égarement, mais toujours en y mettant tout son cœur, il raconte celle d’un grand-père (« Grandad’s Deathbed Hallucinations »), de sa ville natale (« Newcastle ») ou tout simplement des anecdotes (« Black dog in the Sky »). Légèrement électrifiée, sa guitare semble aussi souvent à bout de souffle. L’artiste britannique parvient même à gommer la distance qui le sépare des mélomanes. D’ailleurs, en écoutant « The Magic Bridge », on a parfois l’impression d’être plongé dans l’atmosphère d’un vieux pub anglais, où un mec un peu saoul se met à chanter...

 

Francis Cabrel

In extremis

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Au grand dam de ses fans, il n’est jamais pressé de garnir les bacs des disquaires. Il revendique même une certaine nonchalance dans ce domaine !

La sortie de ce nouvel opus n’échappe pas à cette règle quasi immuable, puisque sept années se sont écoulées depuis la publication du précédent elpee studio.

Cabrel n’est pas devenu oisif pour autant ! Cette période a, en effet, été propice à la diversification de ses projets : son adaptation de chansons de Dylan (« Des roses et des orties »), sa comédie musicale réalisée en compagnie des petits chanteurs d’Astaffort (« L’enfant porte »), mais aussi le deuxième volet de l’œuvre « Le soldat rose ».

L’artiste évolue cependant bien dans son propre registre et affiche une constance qui fait de cette œuvre –sans surprises, certes– un recueil de chansons aux mélodies soignées et subtiles.

Tout au long d’« In extremis », l’homme s’affirme une fois de plus ! Sa plume est précise et sans équivoque. Elle donne naissance à des textes –comme souvent dans sa discographie–intelligents, incisifs et qui font mouche !

Cependant, l’abondance et la variété de thématiques est très susceptibles d’égarer le mélomane dans les méandres artistiques de son auteur.

Sans être exhaustif, il y aborde les vicissitudes de la politique tout au long de ‘Dur comme fer’ et ‘Pas si bêtes’, pour se fendre ensuite de deux chansons d’amour, genre qu’il avait délaissé depuis vingt ans ; et tout particulièrement sur « A chaque amour que nous ferons » et « Partis pour rester ».

« Pendant ce temps » rend un vibrant hommage à Mandela. « Dans chaque cœur » ressasse ses (bons) souvenirs catholiques…

Et il n’oublie pas d’adresser un clin d’œil à ses deux filles, à travers le magnifique « Les tours gratuits ».

Bref, la patte ‘Cabrel’ est toujours bien présente. Quelques accords de gratte et une orchestration minimale. La formule n’a pas changé, mais l’émotion a été amplifiée…

Bonita & The Blues Shacks

Bonita & The Blues Shacks

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Dans l’univers du jump et du r&b, BB & The Blues Shacks figure certainement parmi les meilleurs blues bands européens. Drivé par les frères Michael et Andreas Arlt, respectivement chanteur/guitariste et harmoniciste, le line up est complété par le pianiste/organiste Fabian Fritz, le bassiste Henning Hauerken et le batteur André Werkmeister. Un groupe qui compte une importante discographie à son actif. Son dernier opus, "Businessmen", remonte à 2014. Pour enregistrer ce nouvel elpee, le band a invité une vocaliste sud-africaine, Bonita Niessen. Ce qui explique le titre du long playing.

Qui s’ouvre par "Don't call me babe", un brûlot nerveux imprimé sur un tempo particulièrement. Bonita et Michael se partagent judicieusement les vocaux. Fabian se consacre à l’orgue et Michael s’autorise son premier billet de sortie. Barbara Lynn (NDR : une chanteuse texane) avait décroché un hit en interprétant "Love ain't never hurt nobody". La voix de Bonita est un véritable délice tout au long de cette plage de soul/pop dansante. Le style de prédilection des Blues Shacks, c’est le jump. Et ils le démontrent tout au long de  l’irrésistible "Turn the lamps down low", une composition signée Leiber & Stoller. Michael brille sur ses cordes ; il est rapidement talonné par son frère à l'harmo. La voix de Miss Niessen est veloutée sur "You keep me hanging on", un titre trempé dans la soul. Les Shacks rockent et rollent sur la cover du  "This little girl's gonna rockin'" de Bobby Darin ; ce qui permet aux ivoires de Fabian Fritz et aux cordes de Michael de se réserver des sorties irrésistibles. Puissance et panache guident la voix de Bonita sur le "Give me time" de Magic Sam, une piste qui agrège blues et soul. "Sure cure for the blues" opère un retour dans le r&b et le jump. Un tube décroché par les Four Jacks, en 1952. L’adaptation est excellente. Les solos de Michael, Andreas et Fabien se succèdent. Traditionnelle, "You're driving me crazy" est une chanson qui remonte aux années 30. Elle a été interprétée par de nombreux artistes légendaires, dont Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra et Sarah Vaughan. Soutenue par le piano particulièrement inspiré de Fritz, la voix de Bonita est convaincante. Et elle l’est tout autant sur "I'll be there", une ballade signée Bobby Darin. Cocktail de swing, jazz et jump, "Satisfy my soul" est un morceau issu de la plume du pianiste de jazz Buddy Johnson. Les frères Arlt s’y illustrent en exécutant de superbes envols sur l'harmonica et la guitare. "Bad news" est un blues chargé de swing. La voix de Bonita s’y révèle naturellement puissante. Les deux vocalistes se partagent le micro sur le classieux "I'm a fool for you", un titre soul que James Carr avait traduit en succès au cours des sixties. Feutré, "Be cool" est un autre traditionnel. "I'm lonesome" nous entraîne dans un West Coast jump d’envergure. C’est avec grâce que Bonita interprète cette compo signée Jimmy Preston, alors que mis sur orbite, les frangins Arlt et Hauerken (NDR : sur sa lourde basse acoustique) se déchaînent. D’excellente facture, cet elpee s’achève par le "Never let me go" de Joe Scott, une ballade soul.

 

Blues Karloff

Light and Shade

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Les vétérans du hard rockin' blues belge sont déjà de retour. Blues Karloff nous avait réservé un premier elpee explosif fin 2014, "Ready for Judgement day". La formule est identique. Le chanteur Alfie Falckenbach est toujours aux commandes. Et il est à nouveau soutenu par le drummer Georges Milikan, le multi-instrumentiste (bassiste surtout) Frans Ruzicka et le guitariste Paul Van Camp. Le line up s’est cependant enrichi d’un second gratteur, Thomas Vanhaute. Quelques invités ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Pyramide, à Beersel. Et c’est le leader qui assure la mise en forme. L’opus est découpé en 13 plages dont 5 sont originales. Une œuvre qui baigne parfaitement dans l'atmosphère du blues/rock anglais de la fin des sixties, début des seventies.

Signé Willie Dixon, "I ain't superstitious" est un classique enregistré à l'origine par Howlin’ Wolf. Jeff Beck en avait réalisé une adaptation personnalisée pour son Jeff Beck Group, en 1968. Caractérisée par la présence de Rod Stewart au chant, elle figure sur l’album "Truth". Imprimé sur un tempo rapide, la version de Blues Karloff est particulièrement dynamique. Shorty Paul nous réserve déjà une déflagration de cordes. Le climat est toujours aussi tempétueux tout au long du "Close together", de Jimmy Reed. Bien secondé par Thomas Vanhaute, Van Camp n'est pas prêt à desserrer l'étreinte. En béton, la section rythmique soutient impeccablement les solistes sur le "Love doctor" de Tom Hambridge, un excellent blues/rock. Le tempo marque une pause sur "Don't lie to me", une compo maison, au cours de laquelle Vanhaute s’autorise un bel envol. "Take these chains from my heart" est une chanson popularisée en son temps par Hank Williams et Ray Charles. La cover est suprenante. La reprise du "I'm a bluesman" d’Alfie et Shorty véhicule des accents tragiques. Le morceau démarre lentement avant de monter en puissance. La voix domine le sujet et Van Camp prend son billet de sortie. Blues Karloff nous réserve une version musclée et très personnalisée du "All over now" de Bobby Womack, un titre que les Stones avait traduit en hit. Bob Seeger avait écrit "Hey Gypsy" pour rendre hommage à Stevie Ray Vaughan. Et cette dédicace est respectée par nos blues rockers belges. Les deux gratteurs se partagent les envols. Plutôt léger, "Looking tired" est un autre titre issu de la plume de Jagger/Richards. Peu connu, il remonte à 1965. Ruzicka le sculpte dans les cordes acoustiques. Le long playing s’achève par une version détonante d’"Evil" de Willie Dixon, un classique qui était devenu un cheval de bataille dans le répertoire du légendaire Howlin’ Wolf. Et on n’en oubliera pas pour autant les compositions signées par Blues Karloff, dont le rythmé "Blackout blues", abordée dans un style proche de Status Quo. Puis le cool "Pills and booze", au cours de laquelle Frans siège derrière l’orgue, alors que la section rythmique, assurée par Uncle Opdebeeck, Dominique De Vos et Jeff Brown, met en orbite une sortie de cordes particulièrement enivrante ! Et enfin, "Don't tell me what to do", soulignée par la voix agressive d'Alfie. Excellent !

 

Micke Bjorklof

Ain't bad yet

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"Ain't bad yet" constitue le sixième album de Blue Strip. Outre Micke Bjorklof, le line up implique le fidèle guitariste Lefty Leppänen, le batteur Teemu Vuorela et le percussionniste Timo Roiko-Jokela. L’elpee a été enregistré au sein du studio Rockfield, au Pays de Galles, sous la houlette du notoire John Porter, qui a notamment bossé pour BB King, Buddy Guy, Taj Mahal et Santana.

Micke nous invite à prendre « The last train to Memphis ». Les drums de Teemu impriment le tempo sur celui du chemin de fer. Perçante, la slide de Lefty déchire l’horizon sonore. C’est toujours le batteur qui balise "Troublemaker", une piste ‘rollingstonienne’ enrichie de chœurs féminins et balayée, à nouveau, par les sonorités métalliques et réverbérées de la slide. Qui traverse l'étrange "Rain in Jerusalem", un morceau morbide qui baigne au sein d’un climat proche du Delta. Les coups d’accélérateur opérés sur cet instrument sont irrésistibles. La voix de Micke est autoritaire. "Get ya in da moon" trempe dans la même atmosphère étouffante. Nous sommes dans le Sud, le long du fleuve Mississippi. Micke souffle dans son harmonica et se réserve une jolie sortie sur les cordes. Une certaine transe hypnotique s’installe, provoquée par des rythmes réminiscents de Howlin' Wolf. Un spectre qui hante encore "Hold your fire baby", un downhome blues qui met bien en exergue la voix de Micke et ses quelques coups de griffe à l'harmo. Dépouillé, le titre maître est une jolie ballade roots. Micke est soutenu par les cordes acoustiques d'une Resonator et l'orgue de Tim Lewis. Les percussions de Roiko-Jokela entrent en effervescence tout au long de "Rat Chase". Elles propulsent la voix du leader, enveloppée par les chœurs féminins, alors que l’harmonica s’autorise un petit accès de folie. Paisible, "Sweet dream's a sweet dream" est une autre piste roots que Micke interprète d’une voix délicate, face à l'orgue Hammond de Lewis et les superbes interventions de gratte, dispensées par Lefty. Ce dernier se sert d’un bottleneck pour attaquer le country blues "Today", une plage dont le profil acoustique est bouleversé par le piano électrique et la guitare John Porter (NDR : qui assure la production). Très en verve, Lefty Leppänen propage des sonorités de cordes réverbérées tout au long de l’épatant swamp rock, "Blame it on the bright lights". De toute bonne facture, cet opus s’achève par "In chains", un morceau qui nous conduit à nouveau au cœur des swamps louisianais. Un titre dont l’atmosphère dépouillée, accablante et désespérée se nourrit de vocaux particulièrement soignés, de drums martelés et d’un harmonica blafard…