La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

And Also The Trees

Born into the Waves

Écrit par

« Born into the waves » constitue le 13ème opus studio d’And Also The Trees, un disque qui s’inscrit davantage dans la lignée de « Hunter not the Hunted » que de l’Ep éponyme, paru en 2014, essentiellement acoustique. L’inspiration des compos de ce nouvel elpee émane d’une tournée accomplie en Europe de l’Est et au Japon. Et les lyrics traitent de l’amour, non pas sous sa forme traditionnelle, mais comme une émotion et une force par opposition à la haine : lumière et obscurité, énergie et destruction. Tout un programme qui, vu le contexte dramatique actuel, prend plus que jamais toute sa signification.

Tout au long de l’œuvre on retrouve ces fameuses cordes de guitare en couches qui sonnent soit comme des mandolines ou du balalaïka. C’est une marque de fabrique d’AATT, entretenue par Justin Jones. Et tout particulièrement sur « Boden » ainsi que les trois premiers morceaux de l’elpee, des morceaux mélancoliques, empreints de délicatesse, que Simon chante ou déclame à la manière d’un conteur, et qui évoquent plus que jamais le célèbre long métrage « Docteur Jivago », mais au cours desquels le drummer/percussionniste impressionne par ses interventions empreintes de subtilité et de feeling (« Your guess », « Hawksmoor & The Savage », « Winter sea »). Elément neuf, la présence de sonorités claviers et surtout d’orgue. Sonorités créées par la guitare de Justin Huw Jones (NDR: et c'est tout à fait bluffant!) Elles rappellent même et curieusement le Genesis de l’époque « Trespass ». A l’instar de « Seasons & the storms », sur lequel Adam Sherry (Dead Forest Index) vient poser la voix, une plage dont le vent d’optimisme tourne étrangement à la mélancolie. Ensuite sur la ritournelle « The sleepers ». Et enfin lors du morceau de clôture, « The Skeins of love », un titre remarquable, mystérieux, dont le groove hypnotique est dynamisé par la ligne de basse jazzyfiante et les drums à la fois souples et amples, alors qu’une clarinette traverse épisodiquement cette piste, dans l’esprit du « Pierre et le loup » de Sergueï Prokofiev.

Simon Huw Jones se lance dans le ‘spoken word’ tout au long du minimaliste « The bells of St Chritopher’s », une compo qui s’achève par quelques bruitages électro, cliniques, comparables à ceux émis par une machine de réanimation cardio-pulmonaire. Un instrumental ? « Naitô-Shinjuku ». Qui met surtout en exergue les percus de Paul Hill, et tout particulièrement des cylindres fabriqués par ses soins. Ce qui communique un climat oriental à ce morceau.

Spectral, « Bridge » alterne entre deux tempos. Et lorsqu’il devient offensif, on ne peut s’empêcher au « One of these days » du Floyd.

Bref, And Also The Trees vient de commettre un des meilleurs albums de sa discographie et peut-être déjà un des albums de l’année. On en reparlera. Il se produira à Bruxelles (Os à Mœlle) et à Paris (Petit Bain), respectivement, ces 30 et 31 mars, mais c’est sold out pour ces deux dates.

 

Unknown Mortal Orchestra

Multi-Love

Écrit par

« Multi-Love », le troisième elpee d’Unknown Mortal Orchestra, est paru l’an dernier, et il faut reconnaître qu’à première écoute, hormis deux morceaux, cet album n’avait guère convaincu votre serviteur. Après avoir assisté à sa prestation dans le cadre du festival de Dour, l’an dernier, il était quand même temps de faire le tour du propriétaire. Mais si le nouveau bilan est moins négatif, il demeure néanmoins fort mitigé.

« Multi-Love » (NDR : c’est le titre maître), en ouverture, fait instantanément mouche. Sublimé par des percus puissantes, il se distingue par des notes de synthé bien senties. Et « Can't Keep Checking My Phone » constitue certainement une des meilleures compos enregistrées par le groupe, à ce jour, le band parvenant à réaliser la parfaite synthèse de tout son potentiel, en agrégeant indie rock et r’n’b. Malheureusement, les tentatives de fusion entre d’autres styles se révèlent le plus souvent indigestes. On épinglera cependant un titre catchy comme « Ur Life One Night » ou encore une piste expérimentale intitulée « Extreme Wealth and Casual Cruelty ». Mais en général, les compos du band néo-zélandais manquent cruellement de puissance. Et faute de grandes envolées, l’ensemble s’avère finit par voler au raz des pâquerettes.

Trop inégal, « Multi-Love » est partagé entre titres susceptibles de faire danser son public et morceaux tellement brouillons qu’ils ne présentent finalement qu’un intérêt plus que relatif. Il s’agit quand même de la troisième fois qu’Unknown Mortal Ochestra se contente de remplir son verre à moitié. A moitié vide ou plein, selon les affinités ; cependant, il serait quand même temps qu’il nous en serve un bien tassé…

 

Calogero

Live 2015

Écrit par

Après avoir écumé les plus belles salles de France, de Suisse, de Russie (Moscou) ou encore d’Angleterre (Londres), c’est à Bruxelles, et à Forest National plus précisément, que Calogero a décidé d’immortaliser ‘live’ son excellentissime « Feux d’artifice ». C’était le 25 avril 2016.

Fruit d’une collaboration entre Marie Bastide (son épouse), Dominique A., Alex Beaupain, Christophe Cirillo et Paul Ecole, ce sixième opus studio avait reçu d’excellentes critiques, lors de sa sortie, en 2014. Ce qui lui a permis, notamment, de décrocher une Victoire de la Musique, l’année suivante. Mais ce succès populaire lui a surtout permis d’écouler un peu plus de 700 000 exemplaires de ce disque et puis d’accomplir une tournée de 83 dates qui a drainé 350 000 spectateurs.

Sans aucune surprise, « Live 2015 » survole plus de vingt ans d’une carrière bien remplie. Le chanteur y aborde certes les thématiques sociétales de son dernier bébé telles que les familles recomposées (“Le Monde moderne”), l’homosexualité (“J’ai le droit aussi”) ou encore des enfants sans mères (“Le Portrait”, deuxième extrait de l’histoire très émouvante de ce petit garçon dessinant sa mère que l’on devine décédée, à la craie), mais aussi des titres qui l’ont poussé en haut de l’affiche : "Aussi libre que moi", "En apesanteur", "Face à la mer", "Tien An Men", "Yalla", "Si seulement je pouvais lui manquer" ou "C'est dit"...

Le tout bien évidemment dans une ambiance survoltée que l’on devine en écoutant les hurlements en filigrane !

Un des moments forts de ce concert reste « Un jour au mauvais endroit », un morceau au cours duquel le public, encouragé par l’artiste, clame haut et fort son indignation face au drame d'Echirolles (banlieue de Grenoble) où deux jeunes adolescents ont trouvé la mort.

Le bassiste le plus populaire de l’Hexagone, poursuit donc un chemin inexorable et capitalise une fois encore ce qui fait son succès depuis le début : de belles mélodies et des textes poignants.

Bref, les feux d’artifices de Calo continuent de nous laisser des étoiles plein les yeux !

 

Nefkeu

L’art de souffler sur les braises, pour mettre le feu…

Écrit par

Dans l’univers du rap français, Nekfeu a marqué de son empreinte l’année 2015. Son premier elpee, « Feu », est paru début juin. Cinq mois plus tard, il se produit à l’Ancienne Belgique, devant une salle comble. Et en décembre, il réédite son long playing. Ce qui a inévitablement entraîné une forte demande pour qu’il se produise à nouveau en concert, au sein du Royaume. Et afin de satisfaire un max d’aficionados, le rappeur du S-Crew a finalement décidé de fixer cette deuxième date du ‘Feu Tour’, à Forest National. Une excellente initiative !

Flanqué d’Hologram’ Lo (DJ), le duo Phénomène Bizness assure le supporting act. Comme tout au long de cette tournée. Pas étonnant, quand on sait qu’il relève du même label que Nekfeu. Réunissant John Hash et Saïga, la paire est loin d’être méconnu du public de la tête d’affiche, puisqu’elle a également participé à la nouvelle mouture du premier LP solo du rappeur. Les deux acolytes enchaînent les titres face à un auditoire presque comble et très réceptif au set proposé. Ils reprennent quelques uns de leurs morceaux majeurs comme « Les Nuits Parisiennes », « Bizi Baby » ainsi que leur couplet de « Les Bruits de ma Ville », issu du long playing de Nekfeu. En une demi-heure, Phénomène Bizness a délivré un show particulièrement convainquant. Et laissé des braises chaudes pour la tête d’affiche…

Lorsque retentissent les premières notes de « Martin Eden », il ne reste pratiquement plus de place libre. L’entrée en scène de Nefkeu est tout à fait étonnante. Fracassante même. On laisse la surprise à celles et ceux qui n’ont pas encore assisté au concert. Il est accompagné de Doums, un membre de L’Entourage. Dès l’entame, il enflamme un auditoire particulièrement réceptif. Qui se lance dans quelques pogos, à la demande du Trinitaire sur « Tempête », avant qu’elle ne se calme, pour aborder « Egérie »…

La plupart du répertoire se concentre sur l’opus. Nekflamme (NDR : c’est un autre pseudo) est bien entouré. Outre Doums, il bénéficie du concours de S-Crew, pour nous fourguer quelques sons à l’ancienne. Surprise, le groupe MZ vient soutenir Nek pour interpréter « Les Princes ». Doums a également droit à un morceau en solo. Mais d’autres guests sont prévus. Ainsi, le tandem belge Jean-Jass et Caballero se réserve un extrait de « Double Hélice », un Ep dont la sortie est prévue pour la fin du mois avril. Et c’est Hamza qui complète la liste des collaborateurs belges…

Déjà pourtant bien servi en invités, le public belge n’est pas au bout de ses émotions, puisque S.Pri Noir débarque pour interpréter « Ma Dope ». Et le Parisien n’en reste pas en si bon chemin, puisqu’il accorde, quelques instants plus tard, un duo en compagnie d’Alpha Wann, pour le très efficace « Lunettes Noires ». Le dernier hôte n’est autre que Sneazzy. Il se distingue sur le couplet de « Deux-Trois », un track qui figure sur la nouvelle mouture de « Feu ». L’ambiance est alors survoltée. Nekfeu conclut son show par quelques titres phares dont « Reuf » avant de quitter définitivement l’estrade après avoir interprété « On verra ».

En deux heures de concert, Ken Samaras (NDR : c’est son véritable nom) a régalé son public. Dont il est resté très proche, tout au long du spectacle, s’offrant quelques bains de foule, y entraînant même son acolyte de scène, Doums. Ce qui aura eu le don de mettre l’auditoire de bonne humeur. Celui que l’on surnomme également le Fennek n’a jamais levé le pied ni laissé le moindre détail au hasard. Un show maîtrisé de bout en bout. Magnifique par son aspect visuel et le choix de ses invités. Pour son premier périple ‘solo’, Nekfeu ne n’est pas contenté des souffler sur les braises laissées par Phénomène Bizness, il a littéralement mis le feu à Forest National…

Nekfeu se produira cet été dans le cadre des festivals Ardentes et Solidarités.

(Organisation : Live Nation)

Castus revient avec un troisième album sous le bras

Écrit par

Castus revient avec un troisième album sous le bras. Dense et monomaniaque, il s'intitule "Orca".

Sortie prévue sur le label Matamore le 6 avril et release party aux Ateliers Claus.

Soutenu par les membres de Hoquet, Girls in Hawaii, Le Colisée, Mièle ainsi que de Françoiz Breut, Castus nous y livre ses instrumentaux musclés et colorés, entre une pop ondatoire et un rock expérimental prudent, pour 5 guitares, une basse et une batterie.

Kousy Larsen sort de l'ombre !

Écrit par

Reflet de l’énergie et du travail rythmique caractéristique de Kouzy Larsen, avec la voix pour mélodie mêlée à des sonorités brutes et martelées qui nous ramènent à la terre – d’où l’on vient – l’ombre donne cette voix aux passionnés, à ceux qui ont l'audace de vivre leurs rêves et celle de ne pas hésiter à entraîner les autres dans leur sillage.

C’est teintée de cet espoir que la chanson oscille entre raison et folie, fascination et dépendance, nuit et jour.

L’ombre décrit un Bruxelles qui change, une errance nocturne là où la gnole, les stups mais aussi les rêves trouvent leur place.

L’ombre est un cri de liberté.

Et pour voir le clip, c'est ici

Les prochaines dates de concert sont :

24.03.16  | Nostos, Xanthi, GR
25.03.16  | Ypogio, Thessalonique, GR
26.03.16  | Surprise Concert, Thessalonique, GR
Tournée Allemagne | été 2016
Tournée Hongrie | automne 2016

 

 

LYLAC propose un moment de délicatesse ...

Écrit par

LYLAC vous propose un moment de délicatesse avec son morceau "As One", issu de son dernier album "Living by The Rules We're Making". Une version acoustique (disponible en cliquant ici) enregistrée au coeur d'un lieu historique de Bruxelles: l'Hôtel Métropole.

Une bonne nouvelle ne venant pas seule, LYLAC se produira dans le cadre des Francofolies de Spa le samedi 23 juillet à 20h!

Les prochaines dates de concert:

23/04/2016: HEH on stagE Festival - Tournai
22/05/2016: Festival solidar xl - Place Fernand Cocq, Bruxelles
26/05/2016: Cellule 133 - Bruxelles
23/07/2016: Francofolies de Spa
15/12/2016: Centre Culturel de Chênée (Province de Liège)
20/01/2017: Centre Culturel de Verviers (Province de Liège)
17/02/2017: La Grange - Soignies

Sortie du premier EP du groupe MAKJA

Écrit par

" En ces terres arrières, royaume des ronces tenaces où les arômes errent, la plume et la voix de MAKJA se jouent des lois de la gravité.

Pas d’artifice, juste une présence, une parole singulière portée dans la tradition des plus grands interprètes français.

Dès la première écoute, tout s’impose comme une invitation incontournable, comme un appel à l’émotion.

MAKJA a tout du buisson ardent : la densité et la révélation.

Dans un kaléidoscope de tableaux sauvages de paysages musicaux aux influences variées, MAKJA nous laisse entrevoir sa soif de multiplicité.

Il est de ces rencontres qui nous marquent. Ses mots touchent et laissent place à l’effet papillon ; d’oreilles à bouches, de rues à places, de caves à pavillons. "

Plus d'info sur le site officiel .

Jil est un homme chanceux !

Écrit par

Le nouvel album de Jil is lucky, « Manon », sortira le 8 avril prochain chez Roy Music. Il sera accompagné d'un court-métrage musical en 360° qui permettra d'obtenir un travail plus abouti qu'un clip.

Cette sorte de Melody Nelson des temps modernes, narre une romance entre Jil et une jeune Djette branchée ayant pour toile de fond les nuits parisiennes.

Organisée le 8 avril, la release party sera retransmise en direct et en 360° et bénéficiera d'un reportage lors du JT de TF1.

Cliquez ici pour pour vous donner une idée de l’esthétique du projet.

 

Other Houses

Bad Reputation

Écrit par

Derrière Other Houses se cache Morgan Enos. Jusqu’à présent on connaissait surtout cet Américain comme co-fondateur du duo de doom-shoegaze, Hollow Sunshine. « Bad Reputation » constitue le premier album de son nouveau projet. Pour le réaliser, le multi-instrumentiste (NDR : outre la guitare, la batterie et le synthé, il se réserve le micro) a reçu le concours de son pote, Reuben Sawyer, seconde moitié de Hollow Sunshine, pour quelques morceaux. Mais, c’est bien Enos qui est à la barre et signe tous les titres.

Sur ce premier album ‘solo’, Morgan Enos laisse de côté les distorsions et ses dérivés. Plutôt que de nous balancer des vagues électrifiées, auxquelles il nous avait habitués chez Hollow Sunshine, il nous propose des morceaux de pop/rock/folk d’assez bonne facture.

L’elpee s’ouvre paisiblement par « Ladies of the Aeon » et « Sum of All Friends », deux titres bien sages et sans grande importance. Il faut attendre « Yellow and Starships », une plage caractérisée par son riff hypnotique pour nous réveiller tous les sens. Menos prend alors plaisir à teinter son folk/rock de psyché. Comme lors du « Computer of Life », tapissé d’interventions de claviers. Ces deux morceaux constituent certainement les deux moments forts de l’album. Malheureusement, le reste de l’elpee retombe dans l’anecdotique.

Deux titres –quoique excellents– sur un long playing, c’est un peu maigre. Aussi, qu’il ait bonne ou mauvaise réputation, ce disque risque fort de sombrer rapidement dans les profondeurs de l’oubli…

 

My Silly Dogfish

My Silly Dogfish (Ep)

Écrit par

Claudio (ex-chanteur de Victoria) et Cédric on fondé My Silly Dogfish en 2010. Le duo est depuis passé à un quatuor, Loïc et Yannick se chargeant respectivement de la basse et de la batterie. La formation pratique une forme classique de rock teinté de folk. Pas de quoi révolutionner la planète musicale. C’est en tout cas ce que cet Ep 4 titres laisse comme impression générale, malgré des ingrédients suaves mais souvent bien trop sages… Si tout est parfaitement au point et indéniablement agréable à l’oreille, ces gentilles compositions, lorgnant vers les ballades pop/folk de Cocoon voir d’Ed Sheeran (« Catch My Eyes »), ne sont guères tranchantes. My Silly Dogsih se révèle cependant bien plus convainquant lorsque qu’il muscle quelque peu le ton, comme lors du final « Give Me Some ». Si le combo français veut se démarquer, il a tout intérêt à quitter les eaux tempérées afin de passer de l’amourette au véritable amour pour ce ‘stupide chien de mer’.

 

Mr Rick

Sings about God + Booze

Écrit par

Mr Rick, alias Rick Zolkower, est issu de Detroit, un musicien passionné de blues, de jazz et d’americana, soit la musique des racines. Ses héros ont pour nom Muddy Waters, Lightnin' Hopkins, Howlin' Wolf et John Lee Hooker. Ses premiers pas, il les a accomplis à la tête de Rick and The Biscuits, publiant "Cocktails and Cornbread", en 2005, suivi de "Whole grain", en 2009. Pour concocter cet opus solo, il a voulu reprendre des thèmes traditionnels du blues, du gospel, de la country et de l’americana. Des chansons qui ont marqué sa jeunesse. Il y révèle sa passion pour cette musique volontairement ancrée dans le passé, en se servant d'instruments qui ont fait la richesse et le bonheur d'une certaine époque ; les guitares bien sûr, mais aussi le violon et la clarinette.

L'artiste aime enrichir les traditionnels d’arrangements personnels. Il ouvre l’opus par "One kind of favour", mieux connu sous le titre de "See that my grave is kept clean", un morceau signé par le légendaire Blind Lemon Jefferson. Le concours de la guitare et du violon est judicieux. La voix passe parfaitement la rampe. La ligne de basse tracée par Alec Fraser est impeccable. Et l’ensemble adopte finalement une tonalité rockabilly. Tout comme pour "You'll need someone on your bond", un autre titre de cette légende, qu’illumine la basse acoustique de Tyler. "It's the bottle talking" est un morceau issu de la plume de feu Cindy Walker, une chanteuse de country. Enrichie par la gratte de Steve Briggs et le violon de Drew Jurecka, cette plage lorgne alors vers le country swing de Bob Wills & His Texas Playboys. Les cordes de Briggs sont littéralement envoûtantes, tout au long d’"Uncle Junior". Rick tire encore son épingle du jeu sur le très country "Hush" et le plus swing "Champagne don't drive me crazy". Jurecka impressionne au violon tout au long de la subtile reprise du "Liquid store blues" de Sleepy John Estes, mais également sur "Don't put my bourbon down". "Two little fishes" est une compo écrite par Rosetta Tharpe, une légendaire chanteuse afro-américaine de blues et de gospel. Et ces chœurs que se réservent les Ted Hawkins Singers (à ne pas confondre avec Edwin Hawkins) sont particulièrement soignés. Une piste qui met également en exergue la clarinette de Jono Lightstone et la mando-guitare de Mr Rick. Une mando-guitare qu’on retrouve sur "Death come into my room", un blues savoureux auquel participe également le violon et la guitare. Plusieurs plages baignent au sein d’un climat plus folk. Dont "I'll fly away", rehaussé par la voix féminine de Julie Hill. L’émouvant "I know i've been changed" est dominé par les cordes électriques de Mr Rick et la clarinette. Jerry Irby est un chanteur texan âgé de plus de 98 ans. Le combo adapte son "Drivin' nails in my coffin". En finale, on a de nouveau droit à une autre cover de Rosetta Tharpe, "Beams of heaven", une ballade gospel à laquelle participent bien évidemment les Ted Hawkins Singers. Et comme dirait Mr Rick : ‘Love whikey – Fear God’ (Traduction : aimez le whisky mais prenez garde à Dieu!)

 

Mauvais

Pour toi je peux devenir Gérard Depardieu

Écrit par

La belgitude s’est une nouvelle fois imposée dans l’univers musical pour le plaisir de nos oreilles !

A l’instar des mousquetaires, ils sont quatre ! Calogero Marotta (le multi-instrumentiste), Christophe Enclin (voix), Patrick Schouters (batterie) et Marc Van Den Broeck (NDR : qui vient prêter main forte en ‘live’).

Costumes d’époque et épées au placard, les ‘Mauvais’ se sont ici simplement armés d’une feuille et d’un stylo pour planter un premier essai complètement absurde et décalé ! Une bien bonne surprise !

D’abord, parce que très coloré dans sa sonorité ! Proche de la ‘variétoche’ même ! Pas de ligne de conduite, certes ! Le disque part dans tous les sens et on s’y accommode rapidement ! On passe de la pop, au rock, sans oublier les rythmiques afros (« Boîte Noire ») ou encore un slow, sorte d’ersatz de la Boum où le singer s’entête à lanciner un non profond et caverneux tout au long de la chanson (« Non »).

On épinglera aussi la reprise hilarante, et en français, du standard « Word » de FR David qui vaut à elle seule son pesant de cacahuètes.

Ensuite, parce que les textes empruntent le même paradoxe ! Malgré un titre aussi déjanté que « Pour toi je peux devenir Gérard Depardieu », on est loin d’un album festif écervelé et ‘en dessous de la ceinture’ façon Patrick Sébastien. Ici, l’écriture, sans être réalisée dans un écrin de soie, est pensée intelligemment, avec tantôt de la drôlerie et tantôt de la franchise et de la sensibilité. Juste là où il faut sans exagération !

En filigrane, on peut y lire le récit d’une peine d’amour, ses paraboles et conséquences.

Le visuel du contenant est dans la même veine ! La pochette aborde joyeusement un Gégé (forcément) franco-belgo-russe flanqué d’une coquette robe de jadis dessinée façon peintres italiens de la Renaissance !

Reflet d’une récréation, d’une blague potache ou d’un cri du cœur, en gravant un tel LP, le groupe n’a pas voulu s'enfermer dans un carcan déjà entendu ici et là et a osé prendre du recul et des risques, notamment celui de ne s’adresser qu'à un public potentiellement élitiste !

Pourtant, ce long format mérite amplement qu’on s’y attarde. La pire des erreurs serait de tomber dans l’indifférence la plus complète !

Alors, Mauvais, groupe sérieux qui ne se prend pas trop la tête ?

 

Manu

La Vérité

Écrit par

En vérité, Manu ne vous est pas inconnue… Un petit effort quand même. Souvenez-vous ! Oui, oui, c’était l’ex-leader de Dolly, un groupe phare de la scène rock française qui a baissé pavillon, il y a plus de 10 ans, après avoir commis d’éphémères hits rock, comme « Je Ne Veux Pas Rester Sage ». « La Vérité » constitue déjà le troisième elpee solo d’Emmanuelle Monet, infatigable cheville ouvrière d’une musique fougueuse et efficace, née d’un subtil mélange entre rock et pop, aux fortes réminiscences 90’s. Entre salves power-rock (NDR : la reprise du « Teenage Kick » des Undertones), rock mélodique (« La Vérité », « Toi et Moi »), plages caractérisées par leur final lyrique (« A Quelqu’un ») et ballades bercées par la harpe et le violoncelle (« Je Pense à Toi »), la Nantaise alterne brillamment les genres. En outre, sa voix sensuelle apporte un plus à l’ensemble. Mais avant tout, elle y manifeste son amour du rock honnête… et véritable !

 

The Last Hurrah !!

Mudflowers

Écrit par

The Last Hurrah !!, c’est le projet du musicien et producteur HP Gundersen. Un Norvégien. Issu de Bergen, très exactement. Selon les circonstances et son humeur du moment, il invite quelques ami(e)s pour enregistrer toute une série de compos. Aucune ligne conductrice ne dicte sa voie. Pour enregistrer ce troisième album, Gundersen a décidé de faite la part belle à la voix de la charismatique Maesa Pullman. Sa frimousse tapisse d’ailleurs la pochette de l’album. C'est, en outre, elle qui se consacre au micro tout au long de « Mudflowers ».

L’album débute par deux morceaux de country-folk (« Okay », « The Weight of the Moon »). Les arrangements imaginés par Gunderssen sont riches. Mais ce sont la lap steel et le banjo qui font la différence. A travers sa voix empreinte de charme, Pullman tente de faire vivre ses récits, à l’instar de « Fairweahter Friend », un titre sur lequel elle n’hésite pas à hausser le ton. Mais, il faut bien avouer qu’on est loin de l’extase. L’ensemble se révèle un peu léger voire même un peu trop pop. Les morceaux se suivent et se ressemblent… Il faut attendre « You soothe me » pour que les événements se bousculent enfin. C’est-à-dire quand la musique intègre des éléments psyché. Soit lors des trois dernières plages. Tapissées de claviers et pimentées de solos de grattes, elles achèvent cet opus en force. Malheureusement, c’est un peu tard et il faut craindre que bon nombre de mélomanes risquent fort de décrocher bien avant cette apothéose. Dommage ! 

 

Faithless

2.0

Écrit par

Pour fêter ses 20 ans d’existence, Faithless, héros de l’électro mainstream des années 90, propose une relecture –baptisée « 2.0 »– de ses classiques, exécutée par quelques stars contemporaines du genre, comme Avicii, Tiesto ou encore Booka Shade. Initiative anecdotique, peut-être, mais qui constitue toutefois une manière dévoyée et certainement plus originale de redécouvrir un répertoire plutôt que de se limiter à un simple ‘best-of’, même si les puristes du genre devraient être rassurés de savoir qu’un bonus cd réunissant ses singles, a été joint à celui des remixes.

« 2.0 » s’érige donc en sorte de condensé définitif du catalogue des Anglais. Une manière de démontrer l’influence que Faithless a exercé sur la nouvelle génération. Le trio réunissant le MC Maxi Jazz, DJ Sister Bliss et le producteur Rollo semblaient en hibernation depuis 2010, soit depuis la sortie de son elpee « The Dance ». Il nous accorde un reboot de ses tubes qui oscillent entre dance et trip-hop. Des adaptations souvent inégales mais néanmoins agréables à écouter (Armin van Buuren). Et tout particulièrement, des hits intemporels tels que « Insomnia » ou « We Come 1 ». A contrario de « God Is a Dj », une cover pseudo-futuriste immonde.

 

Cecile Doo-Kingué

Anybody Listening Part 2

Écrit par

D'origine camerounaise Cécile Doo-Kingué est née et a grandi à New York City. Elle a vécu en France et s’est établie depuis au Canada, à Montréal très exactement. Chanteuse/guitariste/compositrice, elle a publié son premier album solo, "Freedom calling", en 2010. En 2012, elle embraie par "Gris", et début 2015, grave "Anybody listening Part 1 Monologues", le premier volet d'une trilogie solo. Pour le deuxième, qu’elle a intitulé "Dialogues", elle s’est entourée d’invités. Parmi lesquels le batteur/percussionniste Anthony Pajot semble avoir pris une part prépondérante. Un opus dont le blues explore les racines et la vie, dans la diversité de ses aspects.

Paradoxalement, six des neuf compositions de "Monologues" figurent sur "Dialogues", dans des versions différentes, bien sûr. Cécile a voulu leur communiquer une sensibilité de l’instant, à travers ses échanges avec les autres musiciens et choristes, et bien entendu l'amplification. Il semble toutefois que l'une des meilleures compositions "Bloodstained vodka", sorte à nouveau de sa chambre. Les versions sont-elles différentes? Oui, quelques voix semblent avoir squatté la ‘bedroom’ de Cécile et l'effet est vraiment très réussi! Ce texte traite des droits civiques et de la condition féminine dans la Russie de Poutine. Il faut reconnaître que si la femme présente sur "Dialogues" est la même, son répertoire prend une toute autre dimension, ici. Et la férocité ainsi que la détermination manifestée tout au long de "Riot & Revolution" en est une belle illustration. Armée de son bottleneck, Cécile invite le mélomane à réagir. Elle semble enragée. L’amplification est judicieuse. Elle est soutenue par une section rythmique et des chœurs féminins. Puissants, les accords de slide accentuent une impression de profondeur tragique. Anthony Pageot et Fredy V impriment un tempo implacable au blues/rock très offensif "Sweet talkin' devil", un brûlot au cours duquel la slide talonne le chant résolu. Et une sortie aventureuse de cordes ponctue cette généreuse reprise. Tout à fait excellent ! Daniel DJ Joseph a apporté sa Stratocaster pour épauler Miss CDK, sur "Anybodys listening", un blues lent impeccable caractérisé par une sortie de cordes créative qui se fraie son chemin au milieu de voies (voix ?) amies. Cécile démontre tout son talent de musicienne sur "Little bit", une plage nerveuse à la sensibilité exacerbée. Superbe blues, "Six letters" est un titre dramatique qui traite du racisme et des horreurs commis un peu partout sur la planète. La densité des cordes est accentuée par le concours de JC "Dook" Doo-Kingué au dobro et de Jesse Padgett au banjo. L'amie guadeloupéenne et québécoise d'adoption, Malika Tirolien, apporte son concours aux vocaux. Tramée sur un profil acoustique, "Thankful" est une autre très belle composition. Un peu soul quand même ; mais qui autorise une sortie surprenante et de haute facture de Cécile sur les cordes électriques. Contaminé par un climat jazz presque manouche, "Pure entertainment" libère énormément de swing, une compo à la fois empreinte de subtilité et propice à la bonne humeur. "Animal Kingdom", "Faith" et surtout "Sunshine lady" sont de solides morceaux blues/rock. Le tempo est syncopé, néo-orléanais. Son amie Malika Tirolien y participe. Cette très intéressante fresque musicale s’achève par une cover musclée et sans concession du "Manic Depression" de Jimi Hendrix (NDR : un titre qui figure sur l’LP "Are you experienced").

 

Jake Chisholm

No more sorrow

Écrit par

Issu de Toronto, Jake Chishom est un jeune chanteur, guitariste et compositeur. Il drive aussi son groupe, The Blue Midnights. Cette formation a surtout sévi entre 1998 et 2005 et se produit encore circonstanciellement en ‘live’. Au sein de son nouveau backing group militent Sly Juhas à la batterie et Jamison Elliott à la basse. "No more sorrow" fait suite à "Diamond in a coalmine" et à un Ep publié en 2009, "Love and war".

Le blues/rock proposé tout au long de "No more sorrow" est assez classique. Jake est loin d’être un manchot à la gratte. Sa voix est autoritaire et persuasive. Et le rock'n'roll "I'm on fire" en est une belle illustration. Il y démontre également toute sa dextérité et son allégresse sur ses cordes, à travers un premier envol. Jake et son ami Paul Reddick (NDR : également torontois, c’était le leader, chanteur et harmoniciste des Sidemen, un combo qui a récolté un franc succès, au cours des nineties et au début du nouveau siècle) cosignent "Weigh you down". Ce dernier apporte son concours à l’harmo sur cette plage bien balisée par la section rythmique. Indolent, "Is there another man" met bien en exergue la voix, avant qu’elle ne cède le relais à la gratte qui parvient à se libérer, mais tout en self control. Blues/rock bien construit, "Merry go round" est imprimé sur un tempo flemmard. La voix est chargée de feeling dramatique. La guitare se dédouble. Ballade majestueuse, "Just because you want to" lorgne vers le Jimi Hendrix Experience. La ligne mélodique est soignée. Les accords de gratte sont accrocheurs et prennent leur envol, bien suivis par ceux dispensés par la basse de Jamison. Sans aucun doute, l'une des meilleures compositions de l'opus. Cordes de sèche et de mandoline nous entraînent au cœur d’un climat sudiste tout au long de "Swamp stomp", un blues bien plus roots. Funky, I'm still alone" est une piste originale, un morceau au cours duquel les cordes du leader sont à nouveau bien senties. "I want you the way you are" s’ébroue sous une forme de blues/rock classique, avant de changer de cap pour permettre à la guitare de Chisholm de s’aventurer au cœur d’un savoureux psychédélisme. L’intro de "You never will" baigne au sein d’une atmosphère dramatique, une plage au cours de laquelle la gratte se révèle offensive, déjantée et dominatrice. Bénéficiant d’une excellente mise en forme, les titres de cet elpee montent progressivement en puissance, avant d’atteindre leur summum, en fin de parcours. 

 

Randall Bramblett

Devil Music

Écrit par

Originaire de la Georgie, Randall Bramblett est âgé de 68 ans. Au sein de la scène musicale du Sud des Etats-Unis, c’est donc un vétéran. A l’origine, il était destiné à embrasser une fonction de séminariste. Mais finalement il a opté pour une carrière musicale. Chanteur, compositeur, musicien de studio et showman, il s’est forgé une notoriété en côtoyant –notamment– Greg Allman, Bonnie Raitt, Robbie Robertson, Elvin Bishop et Stevie Winwood. Il a également et longtemps milité chez Sea Leavel. Drivé par Chuck Leavell, ce groupe de southern jazz/rock a sévi à la fin des 70’s. Ce muti-instrumentiste est capable de jouer aussi bien des claviers, du saxophone, de la guitare, de l’harmonica que de la mandoline, mais également de s'attaquer à des tas de styles différents, tels que le blues, rock, folk ou gospel. Il compte déjà une bonne douzaine d'albums personnels à son actif. La majorité des plages de son dernier opus, "Devil Music", ont été enregistrées au studio Sound Stage de Nashville, sous la houlette de Gerry Hansen. Pour la circonstance, il a reçu le concours de son backing group, ainsi que de quelques invités. 

"Dead in the water" est une ouverture classieuse. Randy Hanse, le drummer, imprime le tempo de cette plage, caractérisée par la présence de trois guitaristes ; en l’occurrence, Davis Causey (ex-Sea Level), Nick Johnson (Bramblett Band) et, surprise, Mark Knopfler en personne. Randall se consacre au chant et siège derrière l'orgue Hammond. Une légère rythmique balise "Devil woman". Les percus sont hypnotiques mais très contemporaines. Le tempo est versatile. Randall est partagé entre orgue et saxophone. Terne, la voix colle bien au style. Surprenant ! Et la compo traite du dialogue difficile entre le jeune Howlin' Wolf et sa maman à propos du blues, la musique du diable. Un style qu’approfondit Bramblett sur le très riche "Bottom of the ocean". Soutenue par des chœurs, la voix est un peu plus exposée. Les grattes de Causey et Johnson tirent leur épingle du jeu face à une solide section de cuivres, constituée de Randall au sax ténor ainsi que Tom Ryan et Kevin Hyde aux barytons. "Angel child" baigne au cœur d’une atmosphère chaleureuse. La voix est overdubbée. Une des meilleurs plages de l’elpee qu’illumine la slide de Derek Trucks (NDR : aujourd’hui, il est considéré comme un des maîtres sur cet instrument, à cause de son talent, mais aussi de sa créativité). Randall et Davis Causey cosignent "Pride in place", une piste nerveuse au cours de laquelle la voix originale et étrange du Georgien est parfaitement exploitée. L’un des deux gratteurs (probablement Causey) se réserve un bel envol sur ses cordes, se servant du tremplin proposé par les percussions généreuses de Hansen. Insolite, "Reptile pilot" est un morceau qui aurait pu naître d’une jam intégrant des éléments de jazz, rock et blues. Un créneau exploré jadis par Sea Level. D’ailleurs, l’ex-leader de ce combo, Chuck Leavell, se réserve, pour la circonstance, le piano ; un piano qui rivalise avec le saxophone de Bramblett. Des arrangements complexes, étranges, troublants même, entretiennent "Whiskey headed woman", une plage qui met en exergue les différentes facettes du talent de Randall, tant aux claviers qu’au saxophone, mais également du bassiste, Michael Rhodes. "Strong love" change encore de profil. Une compo qui baigne dans une ambiance R&B. Elle monte progressivement en puissance, tirant parfaitement parti de l'orgue Hammond et du synthétiseur. Piano et orgue tapissent "Ride", un blues particulièrement lent, minimaliste et dépouillé. Et le reste de l’opus est toujours d’aussi bonne facture, à l’instar du plus soul "Thing for you" et du R&B entraînant, "Missing link". Randall Bramblett est de nouveau parvenu à concocter une œuvre totalement différente de ses précédentes. Et sans jamais se départir d’un souci permanent de qualité.

 

3 Dayz Whizkey

Live and let live

Écrit par

Fondé en 2012, 3 Dayz Whizkey est issu du Sud de l’Allemagne. Un trio de blues/rock impliquant alors le guitariste Tilo George (T.G) Copperfield, le bassiste Big Tony et le drummer Little Chris. Dans la foulée, il publie l'album "The devil and the deep blue sea", chez Timezone. Le line up passe ensuite à un quintet, lorsque débarquent le guitariste Brad the Snake et le chanteur Myles Tyler. Le deuxième elpee, "Black water" paraît en 2013. La formation tourne inlassablement dans son pays où elle y rencontre un gros succès, décrochant même plusieurs prix. Elle repart en tournée et grave un troisième opus, intitulé "Steams", l’année suivante, un disque dont les compos agrègent rock'n'roll, southern rock, R&B et country. "Live and let live" constitue son premier long playing ‘live’. Et les plages sont à la fois brèves et percutantes.

Le concert s’ouvre en force par "Amen rock and roll" et "The long road". Sculptées dans le southern rock, ces deux plages sont abordées dans l’esprit de Dan Baird. La voix colle parfaitement à l’expression sonore. Puissantes, les grattes sont bien mises en avant. Sans prendre connaissance de la biographie du groupe, on aurait tendance à imaginer le band issu de Nashville. A cause de ces sonorités généreusement trempées dans l’americana. A l’instar de son cheval de bataille, "3 days whiskey", un morceau de rock’n’roll qui déborde d’énergie, mais libère des effluves manifestement country. "You make my day" opère un retour au southern rock. Puissant, pimentés, les riffs de gratte dispensés par T.G et Brad the Snake se succèdent. Des accords qu’on retrouve sur le plus blues "Back to the blues". On en décèle des ‘rollingstoniens’ tout au long de… "Mick Jagger", une plage hantée par des légendes comme Chuck Berry, Muddy Waters et BB King. Un climat qu’on retrouve sur "White line", mais davantage dans l’esprit de "Jumpin' jack Flash" voire de "Brown sugar". Caractérisé par sa rythmique particulièrement rock, "The Devil and the deep blue sea" nous replonge dans l’univers de Rod Stewart circa The Faces. Un des sommets du concert ! L'ambiance vire au roots tout au long de l’impeccable "From sunrise to sunset". Country dans sa progression, cette ballade permet aux cordes de conjuguer mélodie et esthétisme. Des riffs écrasants ne laissent émerger que la voix de Myles Taylor tout au long du southern blues/rock primaire "No escape from the night". "Another days goes by" clôt le concert. Une finale essentiellement acoustique. Ou plus précisément country.

Trois titres ont été enregistrés dans un studio en Allemagne, et remasterisés à Los Angeles. Ce sont les bonus tracks. La chanteuse allemande Sabine Scherer (ex-Deadlock) y épaule Myles aux vocaux. Plage délicieuse, "Hard to be good" est tapissée par les interventions d’un orgue Hammond et sculptée dans des cordes élégantes ; un peu dans le style de Tom Petty and The Heartbreakers. "Down with the blues" est un solide blues/rock. Et dépouillé, "Sand" est une ballade folk qui ne manque pas de charme.

 

Sean Pinchin

Monkey brain

Écrit par

Agé de 35 ans, Sean Pinchin est issu de Toronto. Ce chanteur, guitariste et compositeur n’en est pas à son premier album. Paru en 2013, son précédent s’intitule "Rust Bucket" ; et apparemment "Monkey brain" constitue son cinquième. Un disque pour lequel il a de nouveau reçu le concours de Rob Szabo à la production. En principe, le Canadien se produit en formule trio, Mark McIntyre se consacrant à la basse et Adam Warner à la batterie. Lors des sessions, Rob a également apporté sa collaboration aux claviers. Sean possède une rare maîtrise du bottleneck et c'est bien cette technique qui domine ce nouvel elpee.

Puissant, le titre maître ouvre l’opus. Ravageurs, les riffs de slide balaient tout sur leur passage. "Can't stand it" élève le tempo. La voix de Sean est nerveuse mais autoritaire. Accrocheuse, sa slide la traque. Déterminante, la section rythmique balise l’ensemble. Le travail de mise en forme opéré par Szabo est efficace. A l’instar de "Charity case", une superbe piste qui met bien en exergue la voix et les arrangements plutôt complexes, des arrangements qu’enrichissent les percussions décisives de Warner. La slide libère une énergie phénoménale face aux claviers de Szabo tout au long de "Hard luck", une plage imprimée sur un tempo entraînant, vivace, spasmodique. Ce qui n’empêche pas la voix du chanteur de se mettre à nouveau en évidence. Elle devient d’abord tendre, indolente et dramatique sur "Living in the past", avant d’être rejointe par celles d'Emma-Lee et de Szabo Moment, moment choisi par Adam Warner pour injecter ses percus. La slide peut alors s’autoriser une sortie classieuse, pendant que les harmonies vocales se convertissent à la pop. Blues/rock, "Goin' hobo" baigne au sein d’un climat swamp. Flemmardes, les sonorités sont chargées de reverb. Les vocaux sont dispensés sous forme de chœurs. Et la slide finit par s’emballer, poursuivie par la section rythmique. Dans le même style, "Monsters" met davantage l’accent sur le chant et les percussions inventives de Warner. La slide peut une nouvelle fois décoller, mais dans un registre cool, peu usuel dans le genre. "Get burned" clôt l’elpee. Le trio s’y révèle particulièrement homogène. Une piste dont la construction est à la fois complexe et audacieuse. Les arrangements vocaux sont surprenants. Les changements de tempo vous transportent. Dommage que le disque n’aille pas au-delà de la demi-heure...