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Le parfum de vie de Goudi

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Rock Herk : samedi 18 juillet 2015

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Deuxième journée, toujours placée sous le signe de la détente, passée au milieu des champs limbourgeois.
Bonne humeur et convivialité se roulant des pelles dans l’herbe brûlée par le soleil, le public prend son temps avant d’envahir les lieux.
Place aux nostalgiques de tout poil pour une nuit calée sur les années 90.

Le public est encore maigre quand Eagulls, premier nom d’envergure à l’affiche, prend possession du podium.

Issus de Leeds, ces musicos vont offrir un set rugueux et âpre, à l’image de leur premier album éponyme.

Un rien linéaire, mais suffisamment intense que pour tenir en éveil notre curiosité.

Si les évidents rapprochement avec le Post Punk de Killing Joke, mâtinés de Cold Wave épi(Cure)ienne se distinguent clairement dès les premières notes, l’ensemble, sans réellement être transcendant, propose tout de même un aperçu du potentiel de ces jeunes, maternés à la discographie de leurs aînés.

Sur les planches, le groupe peine à se créer une identité (ou alors il en manque cruellement), mais la rage poisseuse des compositions exécutées le plus sérieusement du monde compense largement cette carence.

Un moment, certes pas renversant, mais bien agréable, tout de même.

S’il m’est difficile de m’étendre sur Meuris, dont le patronyme évoque en mon for intérieur de brèves mais intenses visions sexuelles (sic !), c’est qu’il s’agit principalement d’une attraction locale.

J’entends par là une formation dont l’impact est très limité puisque le chant est exclusivement décliné en néerlandais.

Glorieux représentant d’un Rock Flamand aux accents anglophones, Stijn Meuris (ex-Noordkaap) affiche fièrement son amour de la langue maternelle et défend valeureusement son identité culturelle.

Provoquant l’engouement d’un public réceptif et connaisseur.

Ce que, bien sûr, je ne suis pas.

Par contre, je pourrais m’étendre longuement sur le cas Slowdive dont la dissolution éthérée remonte à 1995.

Le retour à l’avant-plan du combo de Reading, non pas majeur, mais qui a eu une influence certaine sur le mouvement Shoegaze –dont il est l’essence même– est de nature à me réjouir, mais également les aficionados –anciens et nouveaux– de plus en plus nombreux et même les membres du groupe, heureux de renouer avec leurs chansons phares. 

Slowdive a donc repris du service, il y a un an et demi.

Culte, le band n’a donc plus aucune raison de bouder son plaisir, ni le nôtre.

Actuellement occupé d’enregistrer un nouvel album, il réserve donc exclusivement aux concerts, les moments forts de sa discographie passée.

Loin de réunir des virtuoses, Slowdive est avant tout UN SON.

Mais quel son !

Vaporeux et puissant, il a le don d’emmener dans son sillage les voix pourtant communes de Rachel Goswell et Neil Halstead.

Ainsi, le set de ce samedi démarre dans les vapeurs de leur morceau éponyme, paru sous la forme d’un Ep trois titres, en 1990.

Comme un trait de lumière fendant la brume épaisse et se taillant un chemin au milieu de hautes vagues, images tellement ancrées dans l’imaginaire Shoegaze.

Car si l’on peut se référer à ces visions naturalistes, pour dresser un semblant de portrait de la musique de Slowdive, il est avant tout question de ressenti.

L’attitude scénique conférant souvent dans le genre au mutisme, on se réjouit des quelques échanges gênés et polis que les deux figures de proue adressent à leur public.

Mais au travers de cette façade floue comme une bruine colorée, se devinent les explosions et les chuchotements de « Just For A Day » et « Souvlaki ».

« Pygmalion » ne se prêtant guère au live, ne reste de ce troisième et ultime opus (à ce jour) que « Crazy For You », du reste, le morceau le plus faible du set.

Après un départ raté, « She Calls » entame enfin la dernière ligne droite d’un concert où, depuis les premiers rangs, la communion entre le combo et ses fans devient palpable.

Au moment où, à peine soutenue par quelques notes éparses, la voix de Rachel prend la mesure du « Golden Hair » de Syd Barrett, les souffles se contiennent dans les poitrines et les poils se dressent sur les épidermes.

Quelques minutes plus tard, une dernière vague emporte tout sur son passage.

Laissant flotter ci et là, des sourires béats.

Pas de rappel, festival oblige, mais un rendez-vous pris pour demain avec ce groupe d’hier, mais toujours bien d’actualité.

La suite promet d’être plus musclée, puisque d’autres vétérans (de la même époque) prennent le relais.

Car Helmet n’est pas réputé pour faire dans la dentelle.

Si son leader, Page Hamilton a étudié le Jazz dans sa jeunesse, ses aspirations musicales ont vite pris une tournure moins cérébrale.

Directes et abrasives, les compositions du band new-yorkais se sont rapidement démarquées dans le paysage du début des nineties.

Un peu à l’image de Tool, il suscite alors l’intérêt des amateurs de son lourd et puissant, mais attire également l’attention d’un public plus mélomane.

Le show de ce soir reflète d’ailleurs parfaitement la dualité inhérente à Helmet. Bien que curieux, je prends néanmoins vite quelques distances. Et pour cause, la chape de plomb versée inlassablement par cette machine à riffs a irrémédiablement raison de ma patience.

Profitant nettement mieux des événements depuis l’extérieur du chapiteau, mon attention finit logiquement par s’échapper ; et ne distingue bientôt plus qu’un grondement sourd et lointain.

Car si ce n’est Helmet, c’est donc l’orage !

Organisation : Rock Herk

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Walls of Jericho a besoin de vous !

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Alors que cela faisait sept ans qu’ils n’avaient plus sorti d’album, les Américains de Walls of Jericho s’apprête aujourd’hui à entrer en studio. Et pour cette occasion, les pointures du Hardcore proposent à leurs fans de participer au processus de composition.
 
Comment ? C’est très simple : il vous suffit de vous enregistrer (une qualité smartphone ou ordinateur suffit) en train de prononcer : « I Am Relentless ». Toutes ces enregistrement seront ensuite mixés et formeront l’intro d’un morceau du nouvel album. Votre prise de son est à envoyer à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Ce titre fera référence à la Relentless Foundation, crée dans le but non seulement de réunir de l’argent mais également de sensibiliser et aider des familles du Michigan dont un des enfants souffre d’une maladie nécessitant un traitement à vie. Cette fondation organise également chaque année dans ce but une rencontre de powerlifting (dérivé du body-building, pratiqué intensivement par la chanteuse du band, Candace Kucsalain).
 
Cela ne prend que quelques minutes… Faites-vous plaisir !
 

Dour Festival 2015 : vendredi 17 juillet

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C’est déjà la deuxième journée complète à Dour. Le temps passe assez vite et il faut avouer qu’après avoir passé une très bonne journée ce jeudi, on s’attend bien évidemment à une meilleure encore, le lendemain. Mais plus chaude également. D’ailleurs la température va frôler les 35 degrés. Pas de panique cependant, car il y a de quoi se rafraîchir sur le site. Et puis les festivaliers vont avoir l’honneur de rencontrer Damon Albarn aujourd’hui. En route !

C’est devenu une habitude, ma journée débute par le show d’un groupe belge. Et à nouveau sous le chapiteau de ‘La petite maison dans la prairie’. Fùgù Mango n’est pas venu sur la plaine de la Machine à Feu seul. C’est accompagné des Binti, un collectif réunissant six sœurs, chargées des backing vocals, que le quatuor monte sur l’estrade. Ce qui fait évidemment beaucoup de monde sur ce podium étroit ; mais la configuration a été bien pensée. La chorale se mêle aux percussions exotiques, ce qui se solde par un cocktail bien original. Les premiers déhanchements de la journée pour les festivaliers !

Une certitude, le mercure a encore grimpé de quelques degrés, par rapport à la veille. Dès lors, sous les chapiteaux, c’est intenable. Bref, je reste planté au même endroit pour le concert de Klub des Loosers. Resté seul depuis le départ de Dj Detect en 2013, Fuzati demeure malgré tout une figure incontournable du rap français. Chargés de mal être et d’ironie, ses textes ne laissent personne indifférent. Il est épaulé par un backing group en ‘live’. De quoi me ravir ! Suivant un rituel immuable, le rappeur porte un masque blanc qui ne recouvre que la première partie de son visage et sur lequel il pose ses lunettes. Un look particulier mais qui fait totalement partie du personnage. Tout comme sa démarche d’ailleurs qui n’est pas naturelle pour un sou. Bref, il intrigue. Musicalement, le concours d’un groupe permet une fusion savante entre style rock et chant rap. C’est diablement efficace et pour un amateur de rock comme votre serviteur, l’approche de la musique dite ‘urbaine’ est plus aisée. Je prends donc une bonne baffe complètement inattendue. Fuzati m’a en tout cas particulièrement impressionné. Un personnage charismatique et mystérieux. A revoir, c’est une certitude !

Votre serviteur se retrouve en suite face à un dilemme comme Dour et ses huit scènes peuvent en poser. Entre Deerhoof et Zola Jesus, mon cœur balance. Finalement, j’opte pour le band californien… avant de faire demi-tour assez rapidement. L’univers sonore de Deerhoof est trop paisible par rapport à mon humeur du moment. Zola Jesus, c’est autre chose… De son véritable nom Nika Roza Danilova, cette artiste propose une musique gothique, baroque, mais teintée d’électro. Une expression sonore qui colle parfaitement à sa voix, capable de monter très haut dans les aigus. Et le résultat est épatant. Ce bon moment m’a aussi permis de profiter tranquillement d’une petite pause, assis dans le coin de la ‘Jupiler Dance Hall’. Les jambes fatiguent et il faut encore tenir plus de deux jours !

On en arrive enfin à un des moments les plus attendus du festival. Tony Allen nous fait sa review sur la Main Stage en invitant des amis notoires : Damon Albarn et Oxmo Pucino. Pour ma part, l’envie de voir l’homme fort de Blur et de Gorillaz est grande. Il ne s’attarde que pour deux titres, qu’il assure au piano et au chant. Mais quelle classe ! Jet privé pour arriver du Portugal où il tourne en compagnie de Blur, pour fêter à Dour les 75 ans de son ami batteur : chapeau ! En outre, il nous a concédé quelques mots en français. Perso, j’en avais des étoiles plein les yeux. Et heureusement que le Damon s’est déplacé, car le reste du set s’est révélé ennuyeux, ne s’autorisant aucune envolée. Une déception, finalement.

Direction ‘Le labo’ pour assister à la fin du show de Roscoe. Si cette petite scène est vraiment sympathique, elle ne bénéficie d’aucune aération. Et c’est un problème. J’y suis resté très peu de temps. Une véritable fournaise ! Et le genre bien dark du band liégeois n’est pas parvenu à réduire la température. C’est sans doute la raison pour laquelle ce set m’a bien moins plu que celui accordé aux Ardentes, la semaine dernière. Question physiologique : le confort et la chaleur peuvent-ils influer sur la perception de la musique ? La réponse est sans doute affirmative…

The Wombats est une forme de symbole pour votre serviteur. En fait, il a découvert cette formation en 2007, c’est-à-dire lorsque son goût pour le pop/rock a commencé à se développer. Bien sûr, leurs deuxième et troisième long playings font un peu pâle figure. Mais « A Guide to Love, Loss and Desperation » est une petite pépite de rock anglais. Gros coup de nostalgie donc. Sous un soleil couchant, le groupe entame son set par un titre du dernier opus, avant d’enchaîner par le puissant « Jump Into The Fog », un des rares morceaux à épingler sur le deuxième elpee. La foule jumpe. La faire réagir au quart de tour est un véritable art cultivé par le band. Tous les titres ou presque s’achèvent par un refrain contagieux que finit par reprendre en chœur l’auditoire. Pour communier avec les fans, rien de tel ! Après un peu plus d’une heure –en n’oubliant pas d’inclure quelques plus anciennes compos– le trio de Liverpool accorde son titre phare : « Let's Dance To Joy Division », avant de se retirer. Quelle ironie ! Ravi d’avoir pu voir une formation qui a marqué mon adolescence, il est difficile d’être totalement objectif. Mais en observant les visages des spectateurs, j’imagine que le concert était quand même d’excellente facture…

Place ensuite à Glass Animals. Issu d’Oxford, ce jeune quatuor pratique une forme de psyché/pop. Un peu dans l’esprit d’Unknown Mortal Orchestra, programmé la veille. Sauf que c’est moins bien. Les mélodies ne sont pas aussi travaillées et la coloration R&B injectée dans l’expression sonore, n’est guère convaincante. Son LP s’est cependant très bien vendu en Wallonie. Ce qui explique sans doute ce capital sympathie dont il jouit lors du show. 

Une grosse pointure va clôturer la programmation sur la Main Stage, ce soir : C2C. Le groupe de breakbeat est supposé mettre l’ambiance –et elle particulière– au sein d’un auditoire conquis d’avance. Les Nantais vont donc livrer une prestation bien maîtrisée en toute décontraction. A leur image finalement. Un concert fort sympathique qui clôt ma journée.

Car malheureusement, impossible d’approcher la ‘Red Bull Elektropedia’ pour assister au set de Nina Kravitz. Il doit y avoir 10 000 âmes autour d’une scène majestueuse, composée de plusieurs tours, garnies d’écrans et de haut-parleurs. Côté son, ça envoie. Mais vu les conditions, je préfère renoncer… Tant pis et rendez-vous demain !

(Organisation Dour festival)

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Rock Herk 2015 : vendredi 17 juillet

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Situé à quelques encablures de Hasselt, dans le Limbourg, la ville de Herk –qui compte 275 habitants au kilomètre carré– accueille les amateurs de musique, au cours de l’été, depuis 1983.
Pour ma part, ma première expérience date de 93, année où s’étaient alors produit Therapy ?, Senseless Things , The Afghan Whigs et encore Pond pour… pas un rond.
Et le tout dans une ambiance détendue et aux proportions idéales pour jouir pleinement de cette fête annuelle.
Ne dérogeant pas à sa règle initiale, Rock Herk nous offre donc en parallèle, du lourd (une scène réservée au Hardcore et aux styles disons musclés) et de l’éclectique (une scène destinée aux autres genres musicaux).
Ainsi, pour un prix absolument modique, il vous est toujours permis de venir faire la fête dans cette charmante entité et surtout de profiter d’une programmation, au demeurant modeste, mais chaque année pertinente.
Si le festival est resté gratuit de nombreuses années, les organisateurs ont dû revoir leur politique il y a peu, sous peine de devoir disparaître.

Si l’affiche de ce vendredi fait figure d’amuse-gueule, quelques artistes intéressants sont à épingler.

BRNS, présent presque partout, figure fort tôt dans la grille de programmation.

Une heure apéritive qui ne change pas d’un iota les ambitions du groupe de secouer le cocotier.

Du moins, je le présume, puisque je suis arrivé après leur set…

Mais habitué à leur excellence, j’imagine mal comment il pourrait en avoir été autrement.

C’est donc par Baths que j’entame cette nouvelle édition.

Plongeant dans le bain (certains jeux de mots faciles sont difficilement contournables), je découvre le duo de Los Angeles pour la première fois en ‘live’.

Si Will Wiesenfeld en est la tête pensante et le géniteur, le projet peut compter sur les interventions de Morgan Greenwood, se consacrant aux divers bidouillages.

Fort de deux excellents albums (« Cerulean » et « Obsidian », parus respectivement en 2010 et 2013, sur le label Anticon), Baths a la délicate tâche de reconstituer le raffinement de ses titres vaporeux dans un esprit dynamique sans trahir le propos.

Et c’est là que le bât va blesser.

Entamant le concert face à un parterre distrait d’une dizaine de personnes, le duo s’emmêle rapidement les pinceaux. Bref, il est brouillon.

Si heureusement, une centaine de curieux se joignent rapidement au maigre auditoire, il finit car complètement louper sa prestation (NDR : Will s’en excuse d’ailleurs, en affichant un sourire gêné).

Trop d’effets, de sonorités maladroitement incontrôlées et d’approximations au bout du compte.

Misant beaucoup sur sa voix au timbre clair distillée dans des échos spatiaux, modulés par un synthétiseur Roland, Will apporte la part vivante du spectacle, mais, trop occupé à jongler entre ses différents instruments, il semble quelque peu débordé.

Si le concert n’est pas aussi catastrophique que ces dernières lignes peuvent le laisser supposer, il n’en reste pas moins que la prestation de Baths a déçu.

Si auparavant, Napoleon avait battu campagne sur le second podium, c’est au tour de Non Turning Back d’agiter le deuxième chapiteau, pendant que les préparatifs s’activent sous le premier.

Une houle menaçante roule comme un rouleau compresseur ; ce qui, sans surprise, m’incite à prendre mes distances.

Blood Red Shoes envahit donc les planches sur le coup de vingt et une heure quarante.

Une invasion qui pourrait sembler mince si l’on considère que le groupe consiste en un joli minois (celui de Laura-Mary Carter préposée à la guitare) et une frêle silhouette (celle de Steven Ansell derrière les fûts).

Un duo qui a tôt fait de faire voler en éclats les hypothétiques préjugés.

Énergique et rageur, la paire de Brighton occupe parfaitement l’espace et maîtrise son sujet.

Si les compositions ne se démarquent pas vraiment dans le paysage musical, les prestations ont le mérite d’assurer leur part de spectacle.

S’ensuivent quelques gentilles bousculades dans un public, avide de comparer son degré de testostérone.

Les accords aux accents grunge du combo s’y prêtent d’ailleurs à merveille.

Une prestation agréable et efficace qui résume finalement le statut de Blood Red Shoes, à savoir, en premier lieu, un groupe de ‘live’.

Car c’est bien là qu’il déploie toute son envergure.

La suite de la programmation adoptant des dispositions plus dansantes, il n’est pas étonnant de voir affluer le plus gros du public à cette heure tardive.

Une  annonce discrète sur un grand écran délavé m’apprend le désistement en dernière minute de Nathan Fake. Ce qui me chagrine. Il est souffrant.

Ce n’est pas l’abominable condensé de mauvais goût communiqué par The Subs qui me consolera.

Indigeste au possible, leur rudimentaire mélange de genres décroche le succès escompté, et c’est sans doute bien là l’essentiel.

Succombant aux plaisirs faciles d’un condensé d’évidentes recettes ‘prêtes à danser’, de nombreux nightclubbers s’agglutinent sous la toile cirée du chapiteau et la transforment en boîte de nuit.

Pendant ce temps, je mets le cap sur le second, abritant les rebondissantes vibrations drum&bass du producteur Allemand et DJ Mathis Mootz alias The Panacea.

Une ambiance toute aussi survoltée, mais correspondant bien mieux à mes aspirations dansantes.

Avant que Gui Boratto n’apporte sa touche à la nuit, sous le ciel étoilé de Herk.

Mettant tout le monde au pas sur le dancefloor.

Perso, quelques kilomètres se promettent de m’avaler avant de retrouver mes pénates.

Je me dirige donc vers la sortie tout au plaisir de revenir au même endroit, demain.

(Organisation : Rock Herk)

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Dour Festival 2015 : jeudi 16 juillet

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Après une première soirée assez terne, les choses sérieuses peuvent commencer. Ce jeudi constitue un premier jour complet et bien rempli. Le programme est en outre très varié ; ce qui devrait satisfaire un max de monde. Perso, c’est une bonne occasion d’enfin découvrir la plaine de la Machine à Feu !

C’est à 14h sous ‘La petite maison dans la prairie’ que mon parcours de la journée commence. Comme souvent, un groupe belge ouvre le bal. Recorders propose un pop/rock atmosphérique teinté d’électro à un public trop peu nombreux lors de l’entame. Non seulement les Bruxellois sont venus défendre leur dernier elpee, mais ils nous réservent quelques nouveaux titres. Plus d’un an après la sortie d’« Above The Tide », les cinq jeunes artistes n’ont guère chômé. Ces nouvelles compositions sont très réussies et augurent le meilleur pour le futur. C’est sur le très puissant « Beach » que le set s’achève, après 40 minutes. Le chanteur grimpe sur un pylône afin de saluer une dernière fois l’audience, un peu plus consistance qu’en début de show. Pas étonnant en tout cas que certains membres de la troupe pointent les Anglais de Breton parmi leurs références majeures. Leur expression sonore est proche et aussi addictive. Une bonne manière de lancer son festival !

Direction la ‘Jupiler Dance Hall’, grande scène à tendance électro située à quelques pas de la main Stage. Le groupe qui s’y produit milite pourtant dans un tout autre registre. Ce sont les rockeurs maliens de Songhoy Blues qui sont venu présenter leur premier LP, « Music In Exile ». Guère notoire, ce groupe respire la joie de vivre ! Son style, fortement inspiré par la tradition africaine, ne peut que vous rendre de bonne humeur. Hymnes allègres et danses folles sont au programme. Aliou Toure, le chanteur, a le rythme dans la peau et pas qu’un peu ! Quel plaisir de le voir se déhancher devant nos yeux ébahis. Tout le monde se prendra d’ailleurs au jeu et va se remuer sous les directives de Toure. Et c’est sous un tonnerre d’applaudissements que Songhoy Blues quitte les planches. La première révélation de Dour 2015 !

Avant le concert très attendu d’Unknown Mortal Orchestra, je me pose quelques instants devant Tokyo Ska Paradise Orchestra. Référence en terme de ska, le collectif ne parvient pas vraiment à faire oublier la fournaise causée par un soleil flamboyant qui brûle au-dessus de la Main Stage.

Retour donc dans ‘La petite maison dans la praire’ où se produit Unknown Mortal Orchestra, ensemble réunissant des Américains et des Néo-Zélandais. En partant du rock indépendant, le quatuor consomme de la pop, du garage et même parfois du R&B. Un cocktail judicieux qui alimente un set très varié sans aucun temps mort. Le combo termine sa set list par une des meilleures chansons cuvée 2015 : « Multi-Love ». Sorte de synthèse de tout ce qu’il fait de mieux, elle clôture à merveille une très bonne prestation.

La ‘Cannibal Stage’ a, en principe, le but de concentrer les artistes qui font le plus de bruit sur la plaine de La Machine à Feu. Premier crochet pour y admirer A Place to Bury Strangers. Les New-yorkais ont pris la bonne habitude de façonner un son à mi-chemin entre le post/rock et le post/punk, en plaçant une guitare puissante bien en avant. Pour ce concert, le trio a mis les petits plats dans les grands. Même si le chapiteau n’est pas aussi rempli qu’espéré, APTBS va mettre le feu pendant 50 minutes. Malgré une attitude classique, Oliver Ackermann, le chanteur et guitariste, et Dion Lunadon, le bassiste, se lâchent complètement durant le show. Et ils se déchaînent sur absolument tout. A commencer par leurs pauvres instruments. Guitare et basse explosent sur le sol à de nombreuses reprises. Lunadon s’amuse même à lancer son engin à quatre mètres de haut. Sans provoquer de gros dégâts d’ailleurs. A croire que leurs instrus sont en caoutchouc ! La fin de parcours est complètement épique. Les deux compères se jettent dans la foule et jouent leurs deux dernières chansons au beau milieu d’un auditoire totalement ébahi. Plus personne ne regarde le podium et on comprend pourquoi : le batteur l’a tout simplement quitté ! Et on ne le reverra plus. C’est donc sur ce moment complètement dingue que se clôture le spectacle. Après quelques poignées de mains accordées à leurs fans, les deux hommes rentrent incognito ou presque en coulisses, avec le sentiment du devoir accompli. Quelle claque !

Je décide de rester dans les parages, en attendant la suite, mais également afin de pouvoir m’alimenter. Yelle joue au même moment, mais impossible de tout voir. Les échos recueillis sont plus positifs qu’imaginés. Apparemment il y a moyen de bien rigoler en compagnie de la Bretonne, mais il faut absolument tout prendre au second degré. Et on comprend pourquoi, vu la richesse de ses textes…

C’est l’heure du metal sur la ‘Cannibal Stage’. Kvelertak nous vient de Norvège. Son style ? Typiquement scandinave mais aussi très puissant. Erlend Hjelvik, le chanteur, affiche un look de Viking. Il arbore une longue chevelure, se distingue par une certaine largeur d’épaules et a décidé de passer une bonne partie du concert torse nu. Autant dire que ça décoiffe, c’est le cas de le dire ! Si je suis peu amateur du genre, le public semble y trouver son compte et remue sec à hauteur des premières rangées. Il ne faudra d’ailleurs pas très longtemps avant de voir éclater les premiers pogos. Et ceux-ci vont durer jusqu’à la fin d’un concert mené tambour battant par la formation.

Après un bref détour par le set de Squarepusher –peu convainquant, par ailleurs– je décide de mettre un terme à cette journée. La chaleur est devenue presque insoutenable et la fatigue commence à gagner. Il faut quand même encore tenir trois jours. A demain !

(Organisation : Dour festival)

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Nouveau clip pour AaRON

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Issus de l’album « We Cut The Night » qui sortira le 18 septembre prochain, « Onassis » est le nouveau single d’AaRON. La vidéo est disponible depuis peu. Vous pouvez la visionner ici.
 
Les Français seront de la partie au Brussels Summer Festival le 23/08 afin de faire découvrir leurs nouvelles compositions au public belge.

Première offensive des ex-Megadeth

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Souvenez-vous : le 24 décembre 2014, Shawn Drover et Chris Broderick, respectivement alors batteur et guitariste de Megadeth, décidaient tous deux de quitter le groupe  suite à des divergeances artisitiques et musicales. Après un flou de quelques semaines, les deux compères ont ensuite annoncé qu'ils avaient pris la décision de continuer à jouer ensemble, accompagnés de Matt Bachand (bassiste de Shadows Fall) et du vocaliste Henry Derek (ex-Scar The Martyr), afin de former Act of Defiance. 
 
"''Refrain and Re-Fracture' est un bon exemple de l'utilisation de dynamiques musicales dans un morceau de Heavy. Tous les membres d'Act of Defiance ont toujours été amateurs d'intros accoustiques avant un déferlement rythmique propre au Metal. Quand Chris m'a présenté cette chanson, j'ai tout de suite apprécié la mélodie. Henry Derek a également fait du bon boulot, utilisant un peu plus ses facultés vocales en tant que chanteur et partant d'un chant plus brutal tout en injectant de temps à autre des phrasés mélodiques", explique Shawn Drover, avant d'être complété par Chris Broderick : " La création de ce morceau a débuté à la guitare classique. Je voulais passer d'une intro plutôt maussade à un couplet lourd, où chacun des instruments ferait petit à petit son entrée en instaurant, lentement, une tension et un passage vers le couplet. Cett transition a donc nécessité un changement de tempo, afin d'arriver à quelque chose de plus rapide au niveau du rythme et plus agressif au niveau de la voix. En tout cas, cette composition permet de montrer à quel point Act of Defiance peut être varié, tout en restant fermement cramponné aux terres du Metal".
 
Curieux ? C'est par ici que ça se passe !

Hello Bye Bye, plus qu’un bonjour, un au revoir ?

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Hello Bye Bye a été classé dans la catégorie noisy pop, shoegaze club et indie rock dance par Rubin Steiner en personne !

Ce groupe bordelais est revenu en 2015 avec un Ep intitulé « Over the » ; et la sortie de son album, baptisé « Better Day », est prévue pour le 28 août.

Hello Bye Bye fait partie de cette génération pour qui la séparation entre rock et électro ne veut plus rien dire et qui peut passer de titres à la LCD Soundsystem à de la pop atmosphérique, en gardant une forte exigence dans le songwriting et la qualité des mélodies.

On le vérifie tout au long du clip consacré à  « Over » ? C’est ici

 

Nouveau single gratuit de FRONT 242

It's A Lovely Day! Le groupe culte belge FRONT 242, un des leaders de l'EBM (Electronic Body Music), a annoncé la sortie d'un single en téléchargement gratuit sur Bandcamp: "Lovely Day (Remastered)" / "Take One (RADICAL G Mix)".

Le remastering de "Lovely Day" annonce la sortie imminente d'une réédition de l'album emblématique "No Comment" (1984). Le label, Alfa Matrix, affirme que cette réédition "présentera le son novateur de l'album dans la meilleure qualité audio possible aujourd'hui, tant sur vinyle que sur CD". On se réjouit d'avance! 

En supplément, le nouveau single propose un remix de "Take One" par Glenn Keteleer, aka RADICAL G, un des artistes les plus prometteurs de la scène Dark Techno/EBM en Belgique.

Et ce n'est pas tout: FRONT 242 offre de surcroît un kit de remix de "Take One" pour les candidats remixeurs. Le groupe sélectionnera les trois meilleurs remixes, qui seront intégrés dans un deuxième single en téléchargement gratuit, qui sera publié le 30 août.

On est évidemment déçus que FRONT 242 ne propose pas de nouvelles compositions mais les membres du groupe ont déclaré à plusieurs reprises qu'il préfèrent ne rien sortir de nouveau plutôt que de sortir quelque chose dont ils ne sont pas satisfaits à 100%. 

Dour Festival 2015 : mercredi 15 juillet

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Le premier contact avec Dour est un peu plus rapide cette année. En l’honneur de ‘Mons 2015’, une soirée a été ajoutée au programme du festival. Encore fallait-il que celle-ci ait une réelle plus-value par rapport aux autres jours. Coupons court au suspense de suite, ce ne sera pas le cas.

Si Gallowstreet ouvre gentiment la Main Stage, seule scène ouverte du soir, c’est grâce à La Smala que les choses sérieuses vont commencer. Si j’avoue être peu fan du rap proposé par le collectif, il faut admettre qu’il sera le seul à réellement mettre l’ambiance sur le site. Connaisseur, le public semble apprécier l’amuse-gueule. Il y a même une solide agitation dans la foule.

C’est principalement Jungle, le groupe suivant, qui avait suscité ma curiosité à la vue du programme. Quelle ne sera pas ma déception ! Au-delà des compositions hip-hop assez décevantes, c’est surtout l’équilibre sonore qui est mis à mal… Le son est trop faible et n’atteint pas le dixième rang. Dans ces conditions, difficile de bien profiter du set soi-disant élégant du band. Un coup dans l’eau pour les Anglais !

SBTRKT monte ensuite sur les planches. Le groupe électro est plutôt notoire chez les fans du genre, mais ne dispensera finalement qu’une prestation minimale. Aucune folie à signaler et pour finir on peut le dire : on s’ennuie ferme. Trop linéaire et même plat… 

Le DJ set final est anecdotique. Alors certes, l’idée d’un jour supplémentaire à Dour est intéressante. Mais dans les faits, ce n’est pas une réussite. Et même si l’apéritif s’est avéré peu succulent, ce mercredi était quand même une bonne occasion de fouler pour la première fois le site qui va voir défiler des centaines de milliers de festivaliers, les quatre jours suivants…

(Organisation Dour Music Festival et Mons 2015)

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BRNS enchaine les clips

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BRNS a dévoilé le clip de « Any House », nouvel extrait de l’album « Platine ». Les Bruxellois continuent ainsi de mettre en valeur leur premier elpee, sorti en 2014.

La vidéo est à découvrir ici.

Par ailleurs, le groupe sera en concert dans de nombreux festivals et notamment à Dour ce samedi 18 juillet.

Public Enemy

Ce n'est qu'un début, continuons le combat...

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Deux ans après son dernier passage en Belgique (NDR : Couleur Café en 2012), Public Enemy signe enfin son retour sur les terres belges. L’un des pionniers du Hip-Hop se produisait dans le cadre de l’Openlucht Theater Rivierenhof d’Anvers, ce 14 juillet. Affichant 33 ans carrière à son actif et malgré plusieurs départs au sein du line up, le binôme principal Chuck D et Flavor Flav est toujours bel et bien au poste. Un cadre superbe sous forme d’amphithéâtre situé en plein cœur du parc de Rivierenhof combiné à un temps radieux, il n’en fallait pas plus pour profiter pleinement du retour de P.E..

DJ Dysfunkshunal ouvre la soirée. Originaire de Louvain, il colle parfaitement au thème de la soirée en ne mixant que des classiques du Hip-Hop américain. Une ambiance très ‘old school’ au cours de laquelle il enchaînera pendant une demi-heure les scratches et les mixes des plus grands artistes Hip-Hop US comme Dr Dre, Notorious Big, Wu-Tang, Snoop Dog, Sugar Hill Gang et Tupac, pour ne citer qu’eux. Une première partie très réussie et une chouette découverte que ce DJ belge.

C’est à la fin du supporting act que l’Openlucht Theater commence véritablement à se remplir ; et il est quasi ‘full’ avant que la tête d’affiche ne monte sur le podium. Il est un peu plus de 21h30 quand DJ Lord prend place derrière ses platines à droite de la scène, accompagné d’un batteur sur la gauche et d’un bassiste entre les deux. Au milieu trône l’emblématique logo du collectif dessiné d’ailleurs par Chuck D, un logo représentant une personne de couleur noire ciblée dans le viseur d’un policier. Deux ‘danseurs’ habillés en militaire viennent compléter la troupe. « Lost at Birth » ouvre les hostilités. Seul, Chuck D aligne quelques titres en solo.

Il ne faudra pas attendre très longtemps avant de voir débarquer sur l’estrade l’excentrique Flavor Flav. Soit dès « 911 is a joke », titre très critique sur la qualité des services d’urgences aux Etats-Unis notamment lorsqu’on appartient à la communauté afro-américaine. Les deux MC’s sont à présent réunis et l’ambiance va clairement monter d’un cran. Un concert basé sur leurs plus grands classiques essentiellement issus de leurs premiers elpees. L’auditoire entre progressivement dans le bain et atteindra son point d’ébullition lors de « Bring The Noise », au cours duquel les jumps se multiplient lors des refrains. Une ambiance survoltée qui ne va pas redescendre, puisque le groupe enchaîne par « Don’t Believe The Hype » (titre revendiquant l’égalité et prônant la révolution) suivi de « Can’t Truss It ».

La formation nous propose même quelques nouveautés comme « Man Plans God Laughs », titre éponyme de l’LP sorti le lendemain du concert, mais aussi « Honky Tonk Rules » suivi de « Fight The Power » qui symbolise certainement le mieux le combat et les revendications de Public Enemy. Malgré un solo de scratches et de mixes très impressionnant exécuté par DJ Lord et Flavor Flav, le climat va légèrement retomber en fin de set… Le crew en profite pour remercier le public, immortaliser la soirée tout en continuant à revendiquer le droit à l’égalité pour tous. Un combat entamé au début des eighties.

Pendant presque deux heurs, Public Enemy est resté fidèle à son image. Chuck D, mais surtout Flavor Flav, ont été plus qu’omniprésents tout au long du show. L’excentricité de Flavor y est aussi pour beaucoup et c’est ce qui fait également le charme d’un concert de Public Enemy. N’hésitant pas à se multiplier sur les planches, que ce soit à la basse, à la batterie, en jumpant ou en serrant les mains des premiers rangs, on sent que Flavor Flav est plus qu’apprécié par le public.

Public Enemy a accordé une excellente représentation, face à un auditoire très réceptif dont la moyenne d’âge variait entre 40 et 50 ans. Malgré la notoriété mondiale du band, les textes engagés sont, hélas, encore d’actualité après plus de trois décennies… Ils ont même malheureusement, encore plus que jamais, de sens aujourd’hui…

Organisation : OLT Rivierenhof (Arenbergschouwburg , Anvers)

(Voir aussi la section photos ici)

 

 

 

Tangtype

Trajet

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Tangtype est un duo réunissant la chanteuse Julie Cambier et le compositeur Jean-François Brohée. Ce « Trajet » a été composé entre Bruxelles et Vienne, où ils vivent respectivement… Responsables d’un premier album (NDR : intitulé « Flake Out », il est paru en 2008) de musique dite ‘concrète’ (c’est-à-dire lorsque le compositeur de musique travaille directement avec les sons eux-mêmes, enregistrés et fabriqués le plus souvent par ses soins –merci Wiki– alors que la musique dite ‘abstraite’ nécessite l’écriture sur partition), les deux artistes ont donc décidé de poursuivre l’aventure sonore ensemble… et manifestement, ce périple évolue hors des sentiers battus ! Leur expression sonore s’avère en effet exigeante, avant-gardiste et expérimentale et peut d’ailleurs dérouter à la première écoute malgré la volonté de Tangtype de se faire plus accessible possible. Jean-François Brohée mixe des loops en se servant de bruitages en tous genres sur lesquels Julie Cambier pose sa voix profonde et éthérée… De cet opus, on épinglera le titre maître, caractérisé par son atmosphère intrigante, le jazzy (ou pas?) « East Morning Drive », « Drifting Cycle » parcouru de rythmes légèrement tribaux ainsi que la cover –très– originale du « In My Time of Dying » de Blind Willie Johnson (déjà repris par Bob Dylan et Led Zeppelin). Difficile cependant de coller des mots sur ces ambiances oniriques. Le mélomane estimera ce « Trajet » soit passionnant et unique ou carrément assommant. Selon que l’on soit ou pas ouvert à ce type d’expérimentations. Certains apprécient davantage les longues routes que d’autres ! Perso ça dépend de mon humeur…

 

JC Smith

Love mechanic

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Le JC Smith Band est établi au sud de la baie de San Francisco, en Californie. Le chanteur/guitariste, JC Smith, en est le leader. Il avait pourtant entamé sa carrière comme drummer au sein du Back to Back Blues Band. C'est en 2000 que JC, inspiré par T-Bone Walker, Albert King et Johnny Guitar Watson, opte pour une Gibson 335. En 2001, son JC Smith Band tout neuf publie un premier opus, "The Midnight creeper". En 2004, il embraie par "That's what I'm talkin' about", un disque coproduit par la chanteuse Joanna Connor, et pour lequel il reçoit le concours du batteur légendaire chicagoan, Willie Big Eyes Smith. Il faut cependant attendre 2009 pour voir sortir "Defining cool", un elpee bien reçu par la critique.

Pour concocter "Love mechanic", il a bénéficié de la participation de son backing group, soit le claviériste Todd Reid, le bassiste Robert 'Jay' Green et le drummer Donnie Green. Sans oublier une section de quatre cuivres : le tromboniste Gene Reynolds, le trompettiste Tommy Maitland, ainsi que les saxophonistes David Sandez  et Abraham Vasquez (NDR : un ex- Back to Back Blues Band).

"Jump for joy" s’ouvre dans le jump et le swing. Le front de cuivres est solide, mais le saxophone ténor de Vasquez s’autorise déjà un billet de sortie, tout comme JC, dont les cordes sont bien vivifiantes. La version du célèbre "Cold sweat" de James Brown est très personnelle. JC malmène à nouveau les cordes de sa Gibson et sa voix est autoritaire tout au long de ce R&B entraînant, dansant et irrésistible ! Les lumières s'éteignent. Le tempo ralentit. Richard Palmer double au piano et à l'orgue sur "Come on home to me", une ballade R&B indolente au cours de laquelle les ivoires s'installent subrepticement à l'avant-plan. JC introduit le titre maître à la manière d'Albert King, un southern R&B coloré par les cuivres. Le leader injecte toute sa sensibilité dans les cordes, alors que Todd se met dans la peau de Booker T à l’orgue. La gratte va et vient tout au long de "Ring around the Tub", un blues rythmé plus classique. Cap vers Chicago pour le "Yonder's wall" d'Elmore James, une version très singulière. Un R&B très funkysant entretenu par les cuivres et dynamisé par la section rythmique en effervescence. Vasquez brille à nouveau au sax. Jeannine O'Neal fait sonner ses cordes comme un banjo sur "Bad bad feeling", une piste sculptée dans le country/roots. Les arrangements de cordes et de claviers ont solides pour baliser "Last night", un superbe blues indolent signé Little Walter. Le JC Smith Band aime reprendre les classiques du Chicago blues, afin de les adapter à sa sauce personnelle. A l’instar du "Talk to me baby" d'Elmore James. Face aux interventions de cuivres, Cris Cain se révèle créatif à la six cordes. "Rocket to the moon" nous replonge dans le jump boogie. Pensez aux années 40 et tout particulièrement à Louis Jordan. Talentueux pianiste, Sid Morris, brille de mille feux. Et on assiste à de nouvelles sorties royales aux cordes, à la trompette ainsi qu’aux saxophones. Encore une cover, mais d’un titre notoire, le "Five long years" d'Eddie Boyd. JC Smith administre un max de feeling et de passion au cœur de ce blues lent authentique et à l'état brut. Tant au chant que sur sa gratte. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le dynamique "Ain't no stranger", un titre issue de la plume de Toronzo Cannon, un bluesman du south side de Chicago, de moins de 50 ans. Et cette excellente version est ponctuée par un solo remarquable de Mr Smith!

 

Pas de Printemps Pour Marnie

Cover Me

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Etrange patronyme que ce Pas de Printemps Pour Marnie, puisqu’il s’agit du titre d’un film réalisé par le maître du suspense, Alfred Hitchcock. En fait, on est en présence d’un projet –financé par la plateforme participative Microcultures– imaginé par le Français Jean-Pierre Isnardi. Il n’en est pas à son coup d’essai, puisque auparavant il avait eu l’idée insolite de reprendre des morceaux de My Bloody Valentine à sa sauce, et tout particulièrement « Loveless », en 2008. Mais aussi les Bee Gees en 2010 ! L’herbe doit être plus verte du côté de Toulouse pour oser se lancer dans ce genre d’improbable aventure.

Pour réaliser ce nouveau challenge, il a invité toute une série d’interprètes masculins mais surtout féminins, à l’instar de Nouvelle Vague. Mais, cet LP nous propose ses premières compos originales, à des années-lumière des distos de la bande à Kevin Shields. Affichant tour à tour un côté ‘classe’ comme un bon Divine Comedy (« Altogether »), dream-pop dans l’esprit de Beach House (« Mankind ») ou franchement léger et pop dans la lignée des Cardigans (« ESG »)… Pas de Printemps pour Marnie, peut-être, mais « Cover Me » prolonge discrètement le nôtre à l’aide de sa pop toute… printanière…

 

Lee Palmer

Like Elway

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Lee Palmer est canadien. Son style émarge à la roots. Au cours des dernières années, il avait publié deux elpees, "One take - Live at Canterbury" en 2013 et "60 Clicks" en 2014. Agé de 61 ans, il est originaire du New Brunswick, mais vit actuellement à Toronto. "Like Elway" constitue son dernier opus, un disque pour lequel certaines sessions ce sont déroulées dans la Music City de Nashville. Il signe les neuf plages et a coproduit l’LP en compagnie d’Elmer Ferrer qui apporte également son concours aux grattes acoustique et électrique.

"Rockin' this chair" s’enfonce nonchalamment dans la roots, tout en se balançant au gré des accents dispensés par l'accordéon de Lance Anderson. Lee chante d’une voix nasillarde. Les cordes amplifiées de Ferrer s'inscrivent rapidement au sein de ce climat indolent. "Life's a mess" (Trad : la vie est un foutoir) est une tendre ballade à la mélodie empreinte de charme. L’ombre de Dylan y plane, alors que le piano d'Anderson et les cordes acoustiques balisent l’ensemble. Le même piano introduit "Those winter blues", un blues cool aux intonations jazz. Subtil, le swing est entretenu par les percussions d'Al Cross. Une plage ponctuée par les sorties éclatantes de la six cordes d'Elmer Ferrer et des ivoires. Superbe ! "Lonely at the Top" est amorcé comme un blues lent, mais accélère rapidement et dans la bonne humeur. Mary McKay chante aux côtés de Lee ; et c'est encore le talentueux Lance qui tire son épingle du jeu au piano, avant de céder le témoin à Ferrer. Le titre maître est un autre sommet de l'opus. Lee nous y raconte sa rencontre avec un musicien de rue sur Broadway à Nashville, un personnage qui avait en lui le blues. Tout est parfaitement en place. La réplique vocale de Mary McKay. La guitare. L'orgue et la section rythmique au sein de laquelle David Woodhead se consacre à la basse. "This feels like one of those days" est un autre blues cool. Le team est alors soutenu par leur ami Roly Platt pour souffler dans l'harmonica. Miss McKay y injecte tout son vécu et se montre une nouvelle fois à son avantage. "Maybe that's why" est une ballade bouleversante. L’accordéon et les cordes délicates, immaculées, aux accents hispaniques, alimentent ce sentiment de mélancolie. "Have a wonderful life" opère un changement radical de style. Bien funk, cette piste intègre les riffs largement amplifiés d’Elmer, alors que l'orgue Hammond s’infiltre dans le décor sonore. De bonne facture, ce long playing s’achève comme il a commencé, c’est-à-dire par un morceau de blues/roots. Roly Platt se consacre à l’harmo, alors que Lance Anderson excelle à l’orgue. Le meilleur opus de Lee Palmer, à ce jour.

 

Cheryl Lescom

1953

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Cette Canadienne n’est pas née de la dernière pluie. Et pour cause, elle compte une carrière longue de 35 années. Elle a été choriste pour Ronnie Hawkins et tourné en compagnie du regretté Long John Baldry. Elle compte cinq albums à son actif. Dont ce "1953", enregistré au sein du studio torontois Phase One, en compagnie des Tucson Choir Boys, soit les guitaristes Sameday Ray et Dave the Cat, la percussionniste Kristine KK Walsh et le bassiste Les Graham.

Reconnaissons que dès les premières secondes de "Dime store lover", on est troublé par la voix de Cheryl ; une voix assez graveleuse, forgée par les vicissitudes de la vie, une voix qui a du potentiel, du relief et de la puissance. Une compo plutôt blues au cours de laquelle, les vocaux donnent la réplique à la guitare et surtout au piano de Steve O'Connor. Et elle chante superbement encore le "Soul shakin' romance", une plage de pop/rock/soul qui baigne au sein d’un climat réminiscent de la fin des 50’s, début des 60’s. Les cordes acoustiques de Dave the Cat sont un véritable régal tout au long de ce morceau qui aurait pu servir de 45trs dans un juke-box de l’époque. Une même atmosphère imprègne "Surrender", une ballade bluesy signée par son amie Lynn Jackson. Les échanges entre la voix de Miss Lescom et les chœurs sont sublimes, alors que discrètement, une gratte électrique montre le bout du nez. Plus acoustique, "Just pressed send" adopte un profil légèrement rock'n'roll que balise le piano et l'orgue de Steve. Excellent ! La voix rocailleuse de Cheryl parvient à se libérer d’arrangements subtils sur "Too much time", une piste davantage country voire americana. Elle la pousse un peu sur le rapide "Party girls". Un cocktail savant et délicat de rockabilly, de swing et de jazz, destiné à la danse. Et chante doucement et voluptueusement "It's not you, it's me", une ballade roots indolente, tout en affichant cette réserve de puissance toujours bien palpable. "Places I've been" est un autre titre issu de la plume de Lynn Jackson. La ligne mélodique est imparable. Les chœurs enveloppent la voix de Cheryl qui, lorsqu’elle s’emballe, force le respect. Réalisant la fusion entre rock’n’roll et r&b, "Nice mix of crazy" déménage littéralement, tout en lorgnant sans complexe vers une Tina Turner juvénile. Et les interventions de gratte ne sont pas sans rappeler son ex-époux, Ike. Que du bonheur! Face à l’orgue de Steve O'Connor, Ms Lescom interprète passionnément "Measure of a man". Cet excellent opus s’achève par "Twenty foot memory". La scène de Dave the Cat s'emballe tout au long de ce morceau rythmé, propice à la danse. Un fameux tempérament cette Cheryl !

 

The Junction (Italy)

Hardcore summer hits

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En 2012, ce trio italien publiait « Let me Out », un elpee fortement marqué par la britpop. Un premier essai qui se servait des codes spécifiques à ce type de musique, sans parvenir à développer une identité propre. Néanmoins, cet opus était susceptible d’être écouté d’une seule traite, à cause de ses compos aux mélodies bien torchées, alimentées par une énergie bien palpable.

Trois ans plus tard, The Junction semble avoir abandonné les codes de la britpop pour embrasser ceux du punk/pop. Et utilisant la même méthodologie. Tout au long de « Hardcore summer hits », les Transalpins exploitent tous les clichés du genre afin de réaliser son objectif. De bons vieux riffs qui accrochent, des chœurs en pagaille, des mélodies entêtantes et une batterie qui déroule. The Junction a parfaitement compris la formule, la totalement assimilée et l’a plutôt bien reproduite. Bref, le résultat est sympa mais manifestement stéréotypé. Prochain challenge : le grunge !

 

Amy Hart

Live at the Mayne Stage

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Chanteuse et guitariste de blues, Amy Hart est née dans la grande cité du blues, Chicago. Son début de carrière remonte déjà à 1979, lorsqu’elle militait chez Flash Point, une formation blues issue du Chicago Westside. Elle se produit régulièrement au sein des célèbres clubs de la Cité des Vents, tels que le B.L.U.E.S et Kingston Mines. En 1985, elle émigre à Los Angeles, avant de s’établir à Nashville. Elle fonde son propre label, Painted Rock, en 1999. L’année suivante, elle grave son premier elpee, "Every beat of my heart". Ne parvenant pas à se fixer, Amy s’installe alors à Destin, en Floride, pendant une dizaine d'années, avant de faire une brève halte à Chicago, puis de repartir pour Nashville. Elle y publie son second opus, "Congratulations", en 2011. Flanquée de son backing band (NDR : Gene Bush au dobro, PT Gazell à l’harmonica, son époux Wally Hoffman à la basse et Matt McDowell à la batterie), elle multiplie les tournées et se produit notamment au Mayne Stage (NDR : c’est au nord de Chicago), en juillet 2014. Sa prestation est immortalisée ‘live’ et fait l’objet de son 3ème LP, "Live at the Mayne Stage". Elle y est accompagnée de ses quatre musiciens.

Amy a écrit les douze plages extraites de ce concert. Sept d'entre elles figuraient sur "Congratulations" et cinq sont de nouvelles compos. Pour ce nouvel elpee, elle bénéficie du large réseau de distribution du label Vizztone!

Nous sommes bien en ‘live’, car le groupe est présenté par le maître de cérémonie avant de s'embarquer dans "In the zone", un morceau balayé par l’harmonica de P.T.. Wally joue de sa lourde contrebasse, un œil fixé sur son épouse Amy qui chante, le bottleneck au doigt pour le laisser glisser le long des cordes. Amy possède une voix de fausset, un rien fragile, sensuelle mais veloutée qui colle parfaitement au style. Le souffleur tire encore son épingle du jeu sur "Blues at the Top of the World". Faut dire qu’il n’en rate pas une pour mettre le nez à la fenêtre. Amy a écrit "Get ready" pour son mari, un cri d'amour, qu’elle chante avec conviction et passion. Une excellente roots song. Gene Bush se sert de son dobro comme d’une steel guitare, à l'horizontale. Le ton d'ensemble s’avère homogène. Le band a un son, un style. Et "Put me back" en est encore une belle illustration. Les solistes restent à l'affût, Gene au dobro et Gazell à la musique à bouche. Miss Hart chante impeccablement "Blue eyed blues" et "Even country gets the blues", deux ballades sympas et chaleureuses. P.T. est vraiment le meilleur soliste de l’équipe. Et il le démontre à nouveau sur "Ribcage". "Red dress blues" est sans doute la meilleure plage du long playing. Apparemment, Amy se réserve les parties de guitare, et ses interventions sont remarquables. "Get  the girls dancin'" est d'évidence une invitation au déhanchement. P.T. se révèle toujours aussi inspiré aux côtés du dobro, alors que la voix adopte un ton plus implacable. Titre maître de son deuxième LP, "Congratulations" constitue un point chaud du concert, un morceau ponctué par de bons envols à la slide et l'harmo. Et le concert de s’achever par une nouvelle composition, "You drive me"…

 

Josh Garrett

Honey for my queen

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Chanteur/compositeur/guitariste, Josh Garrett est né en juillet 1979, à New Roads, en Louisiane. Il émigre ensuite un peu plus au Sud. A Houma, très exactement, où il fait ses premiers pas musicaux. Il publie son premier elpee, "Changed man", à l’âge de 24 ans. En 2008, il s’établit à Nashville. Il y grave un double album, "Live on Printer's Alley", en 2009. L'année suivante, il revient en Louisiane, pas loin de Baton Rouge. Et en 2011, il sort encore "String of problems". "Honey for my queen" reflète bien le talent du jeune Josh, inspiré par la Louisiane, ses voyages et sa famille.

C’est le titre maître qui ouvre l’opus. Le tempo est soutenu. La formule est simple, directe et efficace. Clay White souligne de son harmonica les couplets chantés par Josh. CR Gruver se consacre au piano roadhouse, alors que Josh concède parcimonieusement quelques lignes de guitare. L'ambiance est sereine et décontractée tout au long de "Memphis". Un climat cool réminiscent du blues des marais de sa Louisiane natale. La voix de Josh est ici bien claire, mais déterminée. "Same boat" est imprimé sur un rythme plus soutenu. Josh bénéficie du concours de James Johanson, un vétéran qui a milité au sein du backing group du légendaire Slim Harpo, l'un des fers de lance du swamp blues. James se réservait ainsi la partie de gratte sur le plus grand succès de Harpo, "Baby scratch my back", un morceau qui remonte à 1966. Un bail ! Il donne également la réplique vocale. Et pour la circonstance, on ressent une parfaite fusion entre deux bluesmen locaux, issus de générations différentes… Acoustique, "Goodnight Goodnight" est une piste très roots, caractérisée par un échange subtil entre cordes et harmo. La rythmique est soutenue tout au long du superbe instrumental "Slide in G". Les échanges opérés entre la slide, l'harmonica et l'orgue sont nerveux mais fondamentaux. "Easy chair" est un blues à la fois limpide et séduisant. Garrett multiplie les interventions spontanées, des chapelets de notes qu’il aligne sous le coup d'une inspiration sans limite, pendant que l'orgue Hammond chaleureux de CR Cruver balise l’ensemble. Toujours bien laidback, "Whole bottle of wine" fleure bon la Louisiane. On ressent le bonheur et la complicité des musiciens dans leur interprétation, des musiciens qui n'hésitent pas à reprendre le refrain en chœur : CR, Corey Duplechin et Joey Breland. La reprise du "Ain't nobody's business" de Freddie King est somptueuse. Une adaptation minimaliste, au cours de laquelle l’artiste injecte toute sa sensibilité en dialoguant avec ses cordes, dont il se délecte. "Dat's alright with me" est lancé au galop, mais surtout reflète une immense joie de vivre et de la bonne humeur. Une piste de country/roots alimentée par le piano roadhouse, la guitare en picking et le violon de Waylon Thibodaux. Ce superbe long playing s’achève dans une atmosphère néo-orléanesque. Drums et percus en première ligne, l’harmo de Clay White et les ivoires de CR Cruver se chargeant de la cultiver…

 

Amanda Fish

Down in the dirt

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Chanteuse/guitariste, Amanda Fish drive son propre band, spécialisé dans le blues/rock. Elle s’est établie à Kansas City, dans le Missouri. C’est la sœur aînée de Samantha Fish qui se taille un certain succès, depuis quelques années. Son backing group réunit trois musiciens, le drummer Kristopher Schnebelen (ex-Trampled Under Foot), le chanteur Sean McDowell et le bassiste Cole Dillingham. Ces deux derniers se consacrent aussi parfois aux vocaux. Elle signe son répertoire, seule ou en compagnie de son partenaire, McDowell.

Nerveux, bien funky, "I'mma make you love me" ouvre la plaque. La section rythmique  est solide et soudée dans la manœuvre. La voix d'Amanda est superbe et naturellement autoritaire. Invité, le jeune Brody Buster (NDR : il émane du Kansas voisin) fait chauffer son harmonica. "Player blues" est une ballade roots très agréable à écouter. Et lorsque la slide de McDowell transperce l’expression sonore, c’est un réel bonheur! Un riff musclé balise le blues/rock "Wait", démontrant ainsi la diversité de style du combo! Une nouvelle preuve ? La ballade country "Guess I'll lay down", sans doute chantée par McDowell, devant le violon de Jacob Hiser (Hiser Brothers) et le piano de Liam Goodrick. Nouveau changement d’atmosphère pour "Prisoner of your touch", une plage aux saveurs latines délicatement parfumées de jazz, qu’entretient le piano de Goodrick. Une compo interprétée par une voix masculine. "Boots on the ground" est sculpté dans le R&B funkysant. "I don't need it" marque un retour au blues pur. Talentueux espoir, Brody Buster imprime nonchalamment le tempo de son harmonica, avant qu’il ne soit relayé par la guitare de Coyote Bill (un ami issu de Kansas City). Epatant ! Amanda s'enfonce plus loin dans le Delta pour déclamer son "Hard walkin' blues". Elle chante, la voix saturée d'émotion, devant une guitare rythmique qui s'impose, avant l'explosion attendue des cordes. Clairement blues, "Lady of the night" adopte un bon rythme, proche du "Help me" de Sonny Boy Williamson. Tel un cortège funéraire, "Breaking me down" avance lentement. Le ton est tragique, le dépouillement total. La ligne de basse grave. A tout instant, les cordes sont prêtes à hurler de désespoir, et lorsque enfin elles se manifestent, c'est avec beaucoup de pudeur et de tristesse. "Watch it all burn" change une fois encore de registre, un R&B tapissé par l'orgue de Tyson Leslie. D’excellente facture, cet LP s’achève par le titre maître, un long blues déclamatoire aux accents dramatiques. Amanda vit son chant. Elle hurle son mal-être. Dévorante, ravageuse, torturée, la gratte de McDowell nous entraîne alors au cœur d’un trip psychédélique.