La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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METZ

Plein la tronche !

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Il fallait être prêt pour assister au concert du mercredi 17 juin, à la Rotonde du Bota.

Si le public belge sait recevoir –et ce n’est plus un mythe– les musiciens canadiens savent offrir. Le plus bel exemple ? Metz. Il nous vient tout droit de Toronto ; et ce soir, il a décidé de nous défoncer les tympans dans la joie, l’allégresse et la béatitude. Amen ! De quoi satisfaire les aficionados…

Il fait beau, chaud, et le houblon coule à flots au sein et autour du Botanique. Les casquettes et les chapeaux sont bien vissés sur la tête des badauds qui croisent les inconditionnels arborant fièrement le t-shirt du groupe phare de la soirée.

La moyenne d’âge oscille autour des 35 ans et on reconnaît certaines têtes habituées à fréquenter ce type de spectacle. Et à s’y remuer. Faut dire qu’il est un peu élitiste. Bien que signé chez Sub Pop, le combo ne bénéficie pas réellement d’un support radio tout public. C’est bon d’être snob dans le fond… enfin, perso, je l’assume quoi…

Mais commençons par le début. Soit le supporting act. Qui ouvre les hostilités à 20h00. En l’occurrence Bad Breeding. Un trio. En transe, les musicos britanniques –et c’est une habitude– se comportent comme des fous furieux. Mais la fluidité du flow a de quoi susciter l’interrogation. Inaudible, incompréhensible dans ses vociférations, culpabilisant et outrancier, le band communique à merveille cette sensation de déni de confort. Balançant un noisy punk/rock avec la délicatesse d’une punaise que l’on chevauche pieds nus. Les Britons suent comme je p**** sur les femmes infidèles (NDR : mais non, là je déconne).  

Le set est magistral. Les postures du chanteur sont inquiétantes. Il descend dans la fosse et y reste pour hurler tout en observant ce qu’il s’y passe. Il est dérangeant et met mal à l’aise l’auditoire. Il a un regard de schizo sociopathe. Bad Breeding provoque, bouscule et en une vingtaine de minutes nous assène la première gifle de la soirée. P***** : 20 minutes simplement foudroyantes… (NDR : pour mieux comprendre l’attitude et l’esprit du band, je vous invite à cliquer ici et …)

Et si vous souhaitez regarder les photos c’est encore ici

Pendant que les roadies s’affairent, on court au ravitaillement ; ou tout simplement à la fontaine à mousses…

21h00. Accrochez-vous, le set de Metz démarre. Il va durer 60 minutes seulement et ne déboucher sur aucun rappel (NDR : pas très cool ça !)

Les Canadiens sont aussi bouillants que leurs prédécesseurs. C’est la soirée ma parole !

Encore un trio. Il faut croire qu’un line up basique est idéal pour décupler les décibels et lacérer l’espace sonore de déflagrations électriques.

Le set sera court mais intense. Alex Edkins et sa bande ne font pas certainement dans la dentelle ; ils préfèrent mordre, déchirer, déferler et tout renverser sur leur passage… La quantité d’énergie libérée est hallucinante. Les hurlements sont dévastateurs. On se demande quand même comment ils parviennent à faire autant de bruit à l’aide de 10 cordes et 4 fûts…

Venu défendre « II », son deuxième elpee, le band n’oublie pas d’insérer dans sa setlist quelques perles issues du premier album (« Knife in the Water », « Headache », etc.) Les morceaux s’enchaînent (« Spit You Out », « Nervous System », « Wait In Line » …) Le show semble bordélique et sauvage. Et pourtant, le band parvient parfaitement à maîtriser son sujet, tant à travers les accords que la reverb. Des pros dans le style. Edkins et ses acolytes semblent s’éclater sans en faire des tonnes. Pas nécessaire. Simplement envoyer le bois pour que l’auditoire en prenne plein la tronche. Et pas un seul spectateur n’y échappera. A un moment ou à un autre, ce sera pour sa poire. Lors d’un concert aussi bruitiste, il faut une âme de jardinier pour accepter un tel pilonnage sans broncher.

Il est 22h00, les tympans en sang et la gueule de travers, on quitte la Rotonde. Heureux comme après avoir vécu un orgasme qu’on n’espérait plus connaître…

Petite remarque quand même, si on souhaite conserver une tache sur le sofa, c’est que ce genre de set ‘live’ élude toutes les subtilités ciselées sur disque. Il est donc brut de décoffrage…

On gardera cependant à l’esprit son potentiel énergétique et sa violence qui en font sa spécificité et notre petit bonheur. Il a donc fallu enfiler quelques pintes, après ces concerts, histoire de se remettre de ses émotions. Raison ou prétexte ? J’hésite encore…

Un doute qui nous a d’ailleurs beaucoup émus…

(Pour les photos, c’est )

Organisation Botanique

 

 

 

 

Un nouveau chanteur pour Terror cet été !

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Scott Vogel, actuel chanteur du groupe de Terror, a annoncé ce matin sur les réseaux sociaux qu’il ne pourra pas être en tournée avec le groupe cet été. Bien que ne nécessitant apparemment pas d’être opéré, le vocaliste souffre de problèmes dorsaux assez sévères. Dans l’obligation de suivre un traitement physique afin de combattre cette douleur, Scott Vogel et le groupe ont décidé de laisser, le temps de cette tournée estivale,  le micro à David Wood, bassiste du band mais également chanteur de Down to Nothing.
 
« J’espère que tout le monde comprendra cette situation et supportera Terror cet été avec autant de fun et d’énergie que les précédentes. Ce sera difficile pour moi de me mettre à l’écart pendant que le groupe sera sur scène, mais je n’ai pas le choix », explique le Scott.
 
Terror sera en Belgique le 21 juin au Graspop Metal Meeting et le 18 juillet au Dour Festival.

Laetitia Shériff aime les oiseaux…

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"Friendly Birds", le nouveau clip de Laetitia Sheriff, issu de son nouvel album « Pandemonium, Solace and Stars » prévu pour le 13 octobre, vient d'être dévoilé !

Il visible ici

(...) elle sort un troisième album solo à la fois sombre et scintillant, qui pourrait bien être son meilleur (...) Les Inrocks

(…) Entre rock crépusculaire sous réminiscences cold wave et guitares rageuses, la Française ne fait pas dans la dentelle (…) Tsugi

(..) envoûtant et lumineux (…) LO

(…) La Rennaise sort un album de chansons douces et dures, souvent bouleversantes. Une grande dame du songwriting (…) Ouest France

(...) Après l'excellent album de Flip Grater, voici assurément l'un des grands disques de rock au féminin - et pas seulement - de l'année (...) MAGMA Bourgogne

(..) Laetitia Sheriff vient de sortir son meilleur album à ce jour, voire l'un des meilleurs de l'année en France. A écouter de toute urgence! (..)  L'Yonne Républicaine (Yonnemag)

(…) Son dernier disque, Pandemonium Solace and Stars, est ainsi une petite merveille de rage lumineuse, de désespoir fertile, qui l’autorise désormais à marcher dans les pas d’illustres ainés comme Scott Walker, Neil Young ou Nick Cave. (…) Ferarock

(...) Une fois de plus Laetitia Sheriff frappe fort et juste. Son nouvel album est l’un des bijoux rock indé de cette rentrée (...) RIFFX.fr

(...) cet opus offre une vue imprenable sur un univers méchamment captivant (...) Concertandco

 

Horsedreamer en mode DIY

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Le mini-album de Horsedreamer vient juste de sortir. Il est le fruit de sa collaboration avec le poète et chanteur Roger Robinson.

L’artiste a profité de la sortie de cet Ep pour réaliser une nouvelle animation vidéo 'faite maison'...

Il a poussé à l’extrême l’idée de ‘travail pauvre’ avec les seuls outils en sa possession : l’aquarelle, du papier A4 et un scanner Canon de base !

Difficile de trouver un film plus artisanal !

http://t.ymlp337.net/uhhsataeshmhataushaoambmb/click.php

 

Fear Factory prédit l'avènement de l'homme-machine

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Du haut de leurs vingt-cinq ans de carrière, les Américains de Fear Factory sortiront, le 7 août prochain, leur neuvième album studio. Le titre de ce nouvel LP, Genexus, est selon le vocaliste Burton C. Bell, une forme hybride de deux mots : ‘genesis’ et ‘nexus’. « Ce mot décrit la prochaine évolution de l’humain, passant du stade de l’homme à un stade plus ‘mécanique’. Ray Kurzweil prédit que cette transition devrait se passer aux envirions de l’année 2045, où les humains deviendront des machines et les machines des humains. La différence ne sera plus perceptible à l’œil nu », explique le chanteur, avant d’ajouter que « cet album sera l’enregistrement de modes de pensée, de psychologie et de rebellions de cette nouvelle génération. La machine cognitive est arrivée et elle veut acquérir son autonomie par rapport à l’industrie qui l’a créée. La machine se rebelle, comme tous les êtres humains l’ont fait au cours de l’Histoire. C’est en fait l’histoire de nous tous ».
 
Curieux de voir à quoi cela va ressembler ? C’est par ici que ça se passe
 
Que les fans se passent le mot : Fear Factory sera le 17 juillet prochain au Dour Festival.
 

Premier lâcher de corbeaux pour Do or Die

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Do or Die, une des figures de proue du Metal/Hardcore en Belgique, a dévoilé le 13 juin dernier le clip de 'Crows', titre qui figurera dans leur prochain album éponyme dont la sortie est prévue dans les mois à venir. Produit par Mikey Doling (Channel Zero, Snot), ce nouvel LP commence à se faire attendre, quatre ans après la sortie de 'The Downfall of the Human Race'. Une attente qui, à première vue, semble avoir été fructueuse. Le band originaire de Mons propose ici un morceau sortant des sentiers battus, rejoignant de plus en plus les rangs du Metal mais tout en gardant des racines Hardcore. Ce clip bénéficie en outre d'une belle esthétique et ne manque pas en fin de vidéo de rendre hommage à Alexandre Wuillot, proche du groupe et co-fondateur du salon de tatouage La Main Bleue (Mons), décédé le 12 mars dernier suite à un accident de moto.
 
 
 
 
 

Twin Peaks

Wild Onion

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Il y a plus ou moins un an, ce jeune quatuor américain (Chicago), fan de David Lynch, publiait un premier opus intitulé "Sunken". En moins d'une demi-heure, ce combo était parvenu à démontrer un véritable potentiel. On attendait donc Twin Peaks au tournant du deuxième album, histoire de voir si la confirmation était au rendez-vous...

Tout d’abord, on a encore et toujours l'impression que leurs sessions se sont déroulées au sein d’un grenier. A cause des nombreux grésillements et crissements d'amplis. Cadien Lake James continue d’alterner chant perçant ou soyeux, selon les morceaux. Les plages sont tantôt crasseuses, dans l’esprit des Black Lips ou Thee Oh Sees, tantôt psyché/rock, propices à se transformer en pseudo tubes, comme chez Ty Segall. Et dans une même chanson, on peut entendre des riffs de guitare incisifs et des choeurs qui tapissent l’arrière-plan. Le fil conducteur ? Le sens mélodique que l’on retrouve tout au long des seize morceaux de cet opus, capable de vous communiquer une forme de jouissance ambiante. Et après plusieurs écoutes, on tombe carrément sous le charme.

Twin Peaks vient donc de confirmer tout le bien qu’on pensait de lui... 

 

Tahoe

Wonders (Ep)

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Tahoe est un jeune groupe parisien fondé en 2013. La même année il grave déjà deux premiers singles prometteurs : « Diopside » et « Vision Blurry ». Décembre 2014, il sort « Incomplete », un nouveau single, puis un clip baptisé « Vectors », juste avant de publier cet Ep. Découpé en 6 titres, « Wonders » est paru début 2015.

Tahoe est un quintet réunissant le chanteur Mickaël Lope, le claviériste/vocaliste Pierre Kerneis, le guitariste Maxime Thomas, le bassiste Maxime Portant et le drummer Antoine Sanna.

Tahoe pratique une musique alternative qui mêle post rock, hardcore, metalcore, rock, pop et électro. Si elle est naturellement agressive et balayée de synthés atmosphériques, le chant est clair, ce qui devrait ravir les fans de Dance Gavin Dance, Slaves ou encore Saosin.

Caractérisé par ses cordes de gratte discrètement métalliques, le titre maître est gorgé de claviers. Mais lorsque les riffs éclatent, l’ensemble s’emballe. La conjugaison entre la voix de Mickaël et de Pierre est judicieuse tout au long de « Vectors », une compo au cours de laquelle on pense tour à tour à Linkin Park, Korn, Asking Alexandria et même Betraying The Martyrs. Et la section rythmique s’y révèle particulièrement efficace, tout comme sur « Memory Failures ».

« Incomplete » est une plage puissante, paradoxalement caractérisée par des accords de gratte subtils. Le chant est envoûtant et stratosphérique. D’abord tout en douceur, la voix prend alors de l’amplitude lorsque « Crossed Paths » glisse vers le metalcore, une piste pourtant mélodieuse et bien structurée. Contaminé par l’électro, « OA » baigne dans un climat plus paisible.

La scène métallique hexagonale a peut-être trouvé une future merveille…

 

Rusty Apollo

Oh yeah

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Les Pays-Bas viennent d’enfanter un nouveau groupe. Un de plus, serions-nous tentés d’ajouter. Manifestement, le blues contemporain y est en pleine effervescence. Rusty Apollo nous vient d'Amsterdam. Un quintet fondé au printemps 2014. Il réunit Rogier Van der Ploeg (ex-Soviet Sex, Blue Murder, Astral Bodies) à la gratte, Onno Vorhoeve (ex-Cadillac Walk) à la slide, Kim Snelten (ex-Drippin Honey) à l’harmo, Mike Meijer (ex-Gigantjes) à la batterie et Michiel Van Leeuwen (ex-Gruppo Sportivo, Rudolph Dancer) à la basse. Ces trois derniers se partagent les vocaux. Un aréopage de musiciens issu d'univers différents qui ont décidé de s’associer sous la bannière du blues! Une union bien scellée ou simplement momentanée ? Difficile à dire, car l’elpee n’épingle que des reprises de titres, pour la plupart notoires dans l'univers du blues.

La cover du "I'm going down" de Don Nix ouvre l'opus. La voix de Mike Meijer est âpre. L’harmo de Snelten s’impose naturellement. Mais les deux sixcordistes tirent également leur épingle du jeu. Celle du "I'm going upstairs" de John Lee Hooker est plus enlevée, un boogie chanté par Michiel Van Leeuwen et lacéré par quelques petits coups de griffe assénés par l'harmo. Le meilleur bluesman du lot est sans aucun doute Kim Snelten qui propulse le riff célèbre du "Mellow down easy" de Willie Dixon, popularisé par Little Walter. Le "Smokestack lightning" de Howlin' Wolf nous entraîne dans une transe hypnotique. Impérieuse, la section rythmique favorise la progression acide des guitares. Calme et sérénité reviennent au cours de l’indolent "Highway 13", un morceau signé John Lee Hooker. Epaulé par l'harmo et la slide d'Onno, Michiel murmure plus qu’il ne chante. La plage monte ensuite en puissance, se chargeant d’une profonde intensité dramatique, lorsque les cordes largement amplifiées se joignent à l’ensemble. Retour aux origines du blues et à ces fameux ‘fife'n'drums’ pour le "Chevrolet" de Memphis Minnie. Seules les percussions de Mike et la flûte d'Onno se conjuguent pour baliser la voix profonde, caverneuse et déclamatoire de Meijer. Caractérisé par ses percus à l’avant-plan, le "Kokomo me baby" de Mississippi Fred McDowell est un blues primitif et originel. L'harmonica participe au riff. Les deux grattes fluctuent discrètement. Un morceau qui gagne en intensité en fin de parcours. Le prologue de "Back door man" est totalement déjanté. Issue de la plume de Willie Dixon, cette compo a été popularisée par Howlin' Wolf, en 1960. Les six cordes sont à l'agonie et gémissent de désespoir. Rusty Appolo semble dans son élément quand il adapte le répertoire de Wolf. Snelten brille sur sa musique à bouche, tout au long de "Wreck my life". La cover du "Take out some insurance" de Jimmy Reed s’étire sur le rythme paresseux du blues des swamps louisianais. En finale, Rusty Appolo s'attaque au "Crawling King snake" de Big Joe Williams, un titre écrit en 1941 et repris par une multitude d’artistes, dont Howlin' Wolf en 1966 ; et c'est bien entendu la version de ce dernier qui inspire nos Bataves. La voix de Mike Meijer est la plus adaptée pour perpétuer l'esprit de Wolf. Kim se défonce sur son harmonica ; ce qui nous plonge à nouveau dans une ambiance hypnotique. Si cet elpee est de bonne facture, il faut espérer que Rusty Appolo puisse se montrer aussi intéressant dans un répertoire plus personnel…

 

Ben Rice & Lucy Hammond

Destination Clarksdale (mini album)

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Ben Rice est un artiste issu du Nord-ouest américain. Il a étudié la guitare –section jazz– et la musique classique à l'université de l'Oregon. C'est cependant par le blues qu’il est le plus séduit. Il se sert de guitares Resophonic ou bricolées à l’aide de boîtes de cigares, qu’il utilise comme caisse de résonance. Il a été finaliste, au sein des Illmatics, lors de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2014, dans la catégorie groupe. Il y est retourné en 2015 et a été à nouveau finaliste, mais dans celle de ‘solo/duo’. Il y a aussi remporté le prix de meilleur guitariste dans cette même section. Il a publié son premier opus en 2013, "Pour me some whiskey".

Lucy Hammond est chanteuse, compositrice et productrice. Elle rencontre pour la première fois Ben Rice, en 2011, Au printemps 2014, ils tournent en duo et se produisent dans le Mississippi, l'Arkansas et le Tennessee. Ensemble, ils viennent de graver ce mini album de cinq titres pour témoigner leur attachement au blues authentique. 

"Destination Clarksdale" ouvre le disque. Un titre particulièrement bien choisi ; et pour cause, Clarksdale est situé au cœur du delta du Mississippi, une ville qui abrite le ‘Delta Blues Museum’. La musique est ici uniquement acoustique. Ben est un brillant guitariste. Tout en expression, sa voix est étonnante ; et elle est tout à fait complémentaire à celle, plus puissante, de Lucy. Et dès le titre d’ouverture, "Ida Mae", c’est flagrant. Profondes, ces harmonies deviennent même bouleversantes, tout au long de "Oh Lord", un plage qui glorifie le Seigneur, au cours de laquelle Ben a recours à une Resophonic au son métallique. Ben chante divinement "Wants me back again", tout en exprimant des émotions authentiques. Des sonorités minimalistes entretiennent "Turn my back on you", une jolie ballade au cours de laquelle la guitare se fait discrète pour permettre aux deux voix d’épancher toute leur sensibilité. Lucy Hammond signe "Muddy water", une piste qui nous entraîne au cœur du delta. Sa voix est grave, expressive, naturellement puissante, probablement forgée dans l'exercice du gospel.

 

Nevermind Nessie

Story of a Lost Generation

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Il n’y a rien à faire, je me méfie toujours –légitimement– des groupes qui posent comme des boys band sur les photos illustrant leur album ! Une faute de goût commise par Nevermind Nessie, un ensemble issu du Nord de la Belgique (NDR : de Lokeren, très exactement), formé en 2009. « Story of a Lost Generation » constitue leur premier elpee. Et finalement, son punk/folk d’obédience celtique n’a rien de déshonorant et s’avère même plus que respectable, s’inscrivant dans la digne lignée d’un autre combo belge, le Black Tartan Clan. Respectant la pure tradition ‘Singalong’ (NDR : un « Raise the Flag » aux effluves marines), Nevermind Nessie se pose en version ‘unplugged’ des fameux Dropkick Murphys –si populaires de l’autre côté de la frontière linguistique– en propageant des hymnes célébrés dans les pubs (« Party in Sin City »), entonnés par une voix d’ivrogne (NDR : en anglais mais aussi en flamand, breton et italien !) et entretenus par un violon, une rythmique enlevée ainsi que le classique accordéon. Efficace dans le style, ce band est à écouter en regardant le film ‘Braveheart’ ou pour fêter la Saint-Patrick en consommant une Guinness. Ou une Duvel, bien entendu !

 

Manu

Tenki Ame - The Japanese (Ep)

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Bretonne, Emmanuelle Monet, aka Manu, est l'ex-chanteuse de Dolly, une formation qui a marqué la galaxie du rock hexagonal, au cours des 90’s. Le combo a publié quatre albums qui se sont vendus à près de 400 000 exemplaires. Après une décennie de succès (NDR : rappelez-vous de leur tube paru en 1997, « Je N' Veux Pas Rester Sage »), l’aventure s'est tragiquement interrompue en mai 205, suite à la mort du bassiste Micka.

Manu est attirée par le Pays du Soleil Levant, c’est indéniable. Réalisé et mixé par Jean-François Delort et Nikko, son premier elpee solo, « Rendez-Vous », est paru le 29 septembre 2008. Il s’est écoulé à plus de 10 000 copies. Plutôt intéressant, il a bien accueilli par la critique musicale et le public. Elle part alors en tournée dans toute la France jusque fin novembre 2009, périple ponctué par la sortie d’un cd/dvd live intitulé « Rendez-Vous à l'Elysée Montmartre », l’année suivante. Et elle grave en 2012 son second LP, « La Dernière Etoile ».

Manu vient de publier un Ep 4 titres au cours duquel elle chante en japonais. Certaines plages ont été remixées ou enregistrés dans une version live.

« Tenki Ame » a bénéficié du concours du violoncelliste/pianiste Damien Jarry et du harpiste Christophe Saunière, une compo dont la superbe mélodie est balisée par la voix cristalline, douce et apaisante de Manu. C’est d’ailleurs cette voix qui fédère les différentes chansons. Des émotions positives émanent de cette chanson, comme si elles nous venaient du pays insulaire de l’Asie de l’Est. On y retrouve les couleurs, ses douceurs, ses traditions et ses sourires. De l’exotisme aussi. Une petite merveille qui prélude la sortie d’un remarquable opus…

Puis, le rythme change pour « Mô Jikkai », une version nippone de « J'Attends L'Heure ». C'est beau ! L’artiste se frotte également à l’électro. Notamment sur « Amaku Ochiru », déjà excellent dans sa mouture, proposée en 2008. 

« Suteki Ni » a été enregistré live à L'Elysée Montmartre en 2009. Nicolas Bonnière, l'ancien guitariste de Dolly, y apporte son concours. L’adaptation ‘live’ a de la pêche. Et les accords saturés de la gratte n’y sont pas étrangers. La voix de Manu évoque ici plutôt celle de Satomi Matsuzaki (Deerhoof). Pour la petite anecdote, c'est cette chanson qui a déclenché chez Manu, l’envie de réaliser ce projet. Elle avait la musique, mais pas les paroles. En 2006 Suzuka Asaoka, animatrice de l'émission 'Tokyo Café' (sur la chaine Nolife), va lui écrire les textes en japonais. Et le morceau figurera sur le premier elpee solo de Manu. Depuis les deux femmes ne se sont plus quittées. Preuve en est, elles réitèrent l'expérience et écrivent 3 autres titres. Manu les enregistre et demande à des amis de les remixer : « Amaku Ochiru (2080) », Alif Tree Remix et « Tenki Ame » (Santiago Walsh Remix). Les versions sont différentes et agréables à l’oreille...

« Tenki Ame » a été immortalisé en live. La combinaison exclusive entre la harpe de Christophe Saunière et la voix de Manu est magique et parachève ce bien bel objet.

Cette pop sucrée/salée (NDR : un peu comme ces galette bretonnes) se savoure de préférence au sein d’un climat zen et cosy… 

The Mahones

The Hunger And The Fight Part one

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Finny McConnell est né à Dublin, en Irlande. Il est chanteur/guitariste/mandoliniste et parolier de The Mahones. Très jeune, sa famille rejoint Kingston, au Canada. C’est d’ailleurs là qu’il fonde son groupe, le jour de la Saint Patrick, en 1990. Le style ? Il sera celtique, festif et punk. Et paradoxalement ce band va inspirer une volée de formations irlandaises qui vont adopter le genre.

Conceptuel, « The Hunger And The Fight Part one » constitue le huitième elpee du combo. Après une première partie (‘Part one’), on suppose qu’il y aura une suite. Logique. Un disque d’abord essentiellement acoustique, et dans un deuxième temps, carrément électrique.

« Brian Boru's March » ouvre la plaque. Une cover d’un combo irlandais, The Chieftains. Né en 941, Brian Boru est un roi irlandais qui a tenté d'unifier l'Irlande. Chanson traditionnelle épique, elle est dynamisée par les fifres et tambourins. Une bonne mise en jambes et une invitation à rejoindre le dancefloor. Tara Slone (NDR : chanteur canadien qui sévit chez Joydrop) et Finny conjuguent leurs voix sur le titre maître de l’LP. Et elles sont puissantes. Un hymne fédérateur et dansant. Autre chanson traditionnelle issue du folklore irlandais, « Paddy On The Railway » remonte à 1850. Elle avait déjà été brillamment reprise par les Pogues et les Dubliners.

« Stars (Oscar Wilde) » a été écrit par Oscar Wilde. Pete Townsend (The Who) se réserve le micro et la sèche. Et son concours est remarquable. « Prisoner 1082 » conte l'histoire de Donal 'Danny' Donnelly, un prisonnier politique irlandais qui avait été emprisonné dans la célèbre ‘Crumlin Road Prison’ de Belfast, rebaptisée ‘Europe's Alcatraz’. Joindre l'histoire et la musique. Et le message est clair…

Jolie ballade, « A Pint Of The Plain (A Drop Of The Pure) » a sans doute été composée au sein d’un irish pub en sirotant une ' Guiness' bien tiède. Tout comme « Someone Saved Me », « The Auld Triangle » et « Blood on The Streets Of Dublin ». Nous sommes dans un univers proche de Shane MacGowan, le chanteur de The Pogues et des Dubliners…

« St. Patrick's Day Irish Punk Song » nous rappelle le jour de la naissance du band.

Le disque nous réserve deux bonus. Tout d’abord une excellente version du « I Can Only Give You Everything » de Scott et Coulter, un excellent morceau de rock/garage/r&b réminiscent des sixties, que le Them de Van Morrison avait repris, mais aussi les Troggs. Puis, le « Last One To Die » de The Rancid, un titre qui figurait sur leur long playing, « Let The Dominoes Fall », paru en 2009. Endiablée, l’adaptation est également très réussie…

 

Lower Dens

Escape From Evil

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La ville de Baltimore, dans le Maryland, enfante régulièrement des groupes hors normes. Sur la scène contemporaine, Beach House et Future Island en sont certainement deux des plus beaux fleurons. Beach House est d’ailleurs une des formations de dream pop la plus reconnue à l’heure actuelle. C’est justement un album d’un combo fort comparable que votre serviteur s’apprête à chroniquer. Lower Dens a d’ailleurs régulièrement assuré la première partie de ses mentors. Il s’agit également de deux bands s’appuyant sur une chanteuse à la voix androgyne, Victoria Legrand et Jana Hunter.

Le décor planté, nous pouvons maintenant nous intéresser à « Escape From Evil », le troisième opus du quatuor américain. Après deux premières productions complètement réussies, l’impatience était de mise. Le premier titre mis à disposition des mélomanes, quelques semaines avant la sortie de l’elpee, met directement les choses au point. « To Die In L.A. » débute sur un rythme très entraînant. L’instrumentation est certes simple mais terriblement efficace. Et que dire du refrain ? Jana entonne un « Die » qui résonne longuement dans votre tête et dont vous aurez bien du mal à vous débarrasser. La définition même de la chanson addictive.

Autant dire qu’après un tel trailer, la suite de l’LP était attendue avec grande curiosité. Et le single annonçait en effet la couleur. Le quatuor a pris un léger virage électro-dream pop sans toutefois trop s’éloigner du Lower Dens traditionnel, car la voix de Hunter est fortement mise en avant sur de nombreux morceaux un peu plus dépouillés (« Ondine » et « I Am The Earth », par exemple).

Malgré ces sonorités plus électroniques, les guitares sont présentes et permettent de surprenantes analogies comme par exemple le morceau de clôture, « Société Anonyme », qui adopte cette gratte atmosphérique spécifique aux Smiths. Nous n’attendions pas vraiment ce genre de surprises de la part des citoyens de Baltimore ; et pourtant ce dernier titre est clairement un des plus marquants de l’opus.

Tantôt joyeux et rythmé, comme sur l’hypnotique « Company », tantôt sombre et presque inquiétant, à l’instar de « Your Heart Still Beating », Jana Hunter et ses compagnons livrent un troisième LP qui se révèle le sommet de leur discographie. Puisant toujours au cœur de ses premières inspirations (Siouxsie and the Banshees, etc.), mais en apportant sa touche personnelle, Lower Dens franchit un nouveau cap et inscrit à l’encre indélébile son nom sur la carte mondiale de la dream pop. La réponse de Beach House est attendue pour fin août ; et pour cause, le duo y sortira son cinquième album.

King of The World

Live at Paradiso

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King of the World est sans aucun doute l'une des meilleures formations de blues aux Pays-Bas. Après avoir publié deux albums studio, elle a décidé de proposer une nouvelle approche de sa musique en enregistrant un album ‘live’. Où ? A Amsterdam, dans la salle mythique du Paradiso. Les cinq musiciens du band jouissent d’une solide notoriété outre-Moerdijk. Ruud Weber a été nominé meilleur bassiste en 2014 par la Fédération néerlandaise de blues et Govert Van der Kolm, meilleur claviériste. Et le batteur Fokke de Jong ainsi que le guitariste Erwin Java sont aussi talentueux. D’ailleurs, en 2013, le combo avait raflé la totale. Les quatre musicos avaient ainsi été décrétés meilleurs instrumentistes, et le KOTW, meilleur blues band!

Ils ont donc fêté cette consécration en se produisant au Paradiso. L’elpee est découpé en 13 pistes, dont 7 sont tirées du premier opus ("Can't go home"), 5 du second ("KOTW") et une seule plage inédite, "Woman across the river", un morceau issu du répertoire de Freddie King et un autre de l'Allman Brothers Band.

Le concert s’ouvre par "Messing with my mind". Le tempo est assez vif. Les deux solistes tirent leur épingle du jeu : Govert à l'orgue Hammond et Erwin sur ses cordes. Ce dernier amorce "On my way back home", un morceau au cours duquel Govert siège derrière le piano électrique. "If you want to leave" est un superbe blues lent qu’interprète Weber d’une voix très expressive, parfaitement adaptée à ce tempo lent, alors que Java est éblouissant sur ses cordes… L’orgue nappe le célèbre "Let's go get stoned" de Ray Charles. Indolent, "Bluesified" est empreint d’une extrême douceur. D’une grande sensibilité, la voix de Weber est proche de celle de son ami Snowy White. Les interventions de Java sont aussi parcimonieuses qu'expressives. Sa montée en puissance est impressionnante. "Evil thing" et le funky "Do it" excellent dans leur genre. "Better leave while you can" est davantage blues/rock. Le morceau lorgne carrément vers Deep Purple ou plus exactement Whitesnake ; on croirait presque entendre les grattes de Bernie Marsden et Mick Moody ainsi que le chant de David Coverdale. Une impression qu’on retrouve sur "Number one". "Can't go home" est la plus longue plage de l’elpee. Un slow blues bouleversant de près de 11' au cours duquel il règne une intensité dramatique réminiscente de Snowy White. Ces accords de gratte parcimonieux constituent la marque de fabrique du style adopté par Java. Govert passe ensuite au piano –avant de glisser à l’orgue Hammond– et nous entraîne dans les rues de la Nouvelle Orléans tout au long de "Broke and lonely", un morceau signé Johnny Otis et Johnny Guitar Watson. "Woman across the river" est hanté par l’Allman Brothers Band. Les interventions de Java sont exceptionnelles. Elles sont dignes de Duane Allman, tandis que Govert nous restitue celles de son frère, Gregg Allman. Un exercice de style remarquable. Ce superbe concert s’achève par le tendre et mélancolique "Beating like a dream". Le fantôme de Peter Green hante Erwin. A cause de ces sonorités profondément réverbérées. Excellent!

Laurence Jones / Christina Skjolberg / Albert Castiglia

Blues Caravan 2014 – Live (Cd + Dvd)

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Et nous retrouvons ici la Blues Caravan du label Ruf en 2014, lors d’un concert enregistré à la salle ‘Harmonie’ de Bonn, en février. Cette tournée assurait la promotion de trois artistes, deux hommes, Laurence Jones et Albert Castiglia et une femme, Christina Skjolberg. Une représentation très internationale! Laurence Jones est un jeune espoir du blues anglais ; il n'a que 23 ans et a représenté son pays en mars, lors de l'Euro Blues Challenge qui s’est déroulé à Bruxelles. Albert Castiglia a 45 balais. Originaire de New York, il s’est établi à Miami. Jeune, jolie et blonde, Christina Skjolberg est norvégienne. Tous trois chantent et jouent de la guitare. Live, ce « Blues Caravan 2014 » est paru sous la forme d’un cd et d’un dvd. Mais les supports sont sensiblement différents. Ce qui fait leur intérêt. Les trois musicos avaient déjà enregistré pour le label allemand. Lors de ce concert, ils ont reçu le concours d’une section rythmique : Roger Inniss à la basse et Miri Miettinen à la batterie.

Toute l’équipe est sur les planches pour le morceau d’ouverture, "Join me on the Blues Caravan", un titre sculpté dans le pur funk. Gauchère, Christina adopte un jeu assez agressif sur sa gratte ; Laurence y révèle un toucher plus fluide, typiquement anglais. La voix d’Albert est la plus affirmée. Laurence est passée à l'orgue et Christina –grande, féline et séduisante– se réserve exclusivement la gratte lors des trois titres suivants issus de sa plume. La Scandinave semble hantée par Jimi Hendrix tout au long de "Come and get it", "Close the door" et "Hush". Laurence Jones reprend le leadership et la six cordes pour attaquer quatre titres. Tout d’abord "Wind me up", une plage qui met en exergue sa technique. Ensuite "Soul swamp river", un blues co-écrit en compagnie de Mike Zito (ex-Royal Southern Brotherhood). Et enfin "Fall from the sky" ainsi que le "All along the watchtower" de Bob Dylan, mais dans une version plus proche de celle de Jimi Hendrix. Place alors à Alberto Castiglia qui nous balance deux plages instrumentales, "Fat cat" et le "Freddie's boogie" de Freddie King, à l’aide de sa gratte particulièrement belliqueuse, avant de chanter un superbe blues lent, le "Bad Avenue" de feu Walter Williams (NDR : mieux connu sous le sobriquet de Lefty Dizz, il avait milité, au cours de ces dernières années d’existence, au sein des Houserockers du légendaire Hound Dog Taylor). Les trois artistes reviennent ensemble sur les planches pour participer à la jam finale qui épingle deux titres notoires : le "Cocaine" de JJ Cale et le "Sweet home Chicago" de Robert Johnson, une orgie de guitares à la clé. Les 14 plages du dvd sont ainsi décrites.

Le cd n’en recèle que onze, dont deux ne figurent pas sur le dvd, et pour lesquelles Castiglia est aux commandes. Il aborde son "Put some stank on it" et surtout une cover du "Sway" des Rolling Stones, une plage qui figurait sur l'album "Sticky fingers", gravé en 1971 ; Mick Taylor y signait une intervention bouleversante sur ses cordes. Celle de Castiglia n’est pas de la même veine, mais il ne s’en tire pas trop mal, quand même… 

The JPS Experience

I Like Rain

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Six années de travail ont été nécessaires pour confectionner ce triptyque destiné à remettre en lumière The Jean Paul Sartre Experience (NDR : patronyme originel), groupe injustement mésestimé voire carrément oublié à qui le label Fire Records a voulu rendre justice.

La préparation méticuleuse de ce ‘best of’ a nécessité de nombreuses heures d'interviews et un travail de sape conséquent, afin de rendre palpable l'évolution de cette expérience juvénile empreinte, dès le début, d'une grande sensibilité et d'une précoce maturité.

"I like Rain" dresse donc la cartographie d'une carrière, certes escarpée, mais dont la ligne de conduite ascensionnelle ne pouvait que les conduire, tel Icare, au plus près du soleil.

Des débuts fragiles au milieu des années quatre-vingt aux tumultes ‘noise’ des années 90, cette compile propose en filagramme, l'histoire d'un grand groupe resté petit.

Influence évidente de nombreuses formations qu'il serait exhaustif de citer, la discographie de JPS Experience fait figure de référence, tant leur parcours est exempt de la moindre faute de goût….

Toujours épris de liberté, sans doute initiée par les paysages à perdre de vue de leur Nouvelle-Zélande natale, Dave Yetton, Gary Sullivan et Dave Mulcahy ont donc, dès leurs débuts, enregistré leurs mélodies subtiles sur d'élégantes harmonies porteuses de tous leurs rêves adolescents.

Cette candeur teintée de nostalgie sera présente tout au long de leur carrière, achevée en 1994.

C'est donc non sans une certaine fierté que Fire Records ressort ces trésors cachés à fin de réhabiliter l'aura d'un groupe qui a laissé sa trace comme l'étoile au firmament.

Soigneusement remasterisé, recelant son lot d'inédits, de faces cachées et autres joyeusetés particulièrement excitantes, ce coffret luxueux nous offre donc une occasion magnifique de nous replonger ou simplement de découvrir la magie électrique de chansons parfois simplement parfaites.

Histoire revisitée en diagonale de trois albums majeurs parus initialement sur Flying Nun et qui malgré la longueur, ne lassent pas un seul instant.

Entre évidence Pop et incursions jazzy, noisy ou encore funky, les prémices de styles qui émergeront quelques années après leur disparition se ressentent clairement au travers de ce parcours exaltant au cœur d'une discographie sertie de pépites.

Si les ayants droit de Jean Paul Sartre auront finalement le dernier mot, résumant le patronyme du band en JPS Experience, il lui aura sans doute manqué peu de chose pour entamer sa marche menant vers le succès commercial.

À l'écoute de "I Like Rain", on ne comprend d'ailleurs toujours pas pourquoi...

 

 

 

Hurray For The Riff Raff

Small town heroes

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A peine âgée de 27 ans, Alynda Lee Segarra est américaine. Elle a choisi un patronyme improbable pour son projet : Hurray For The Riff Raff. Et a habillé son cinquième opus, « Small town heroes », d’une ignoble pochette. L’artiste a grandi à New York, avant d’émigrer en Louisiane. Elle n’a d’ailleurs pas tardé à y adopter les codes musicaux du Sud des States…

Découpé en 12 pistes, cet opus nous propose un périple musical à travers les Etats-Unis. « Blue Ridge Mountain » et « Crash on the Highway » émargent à la country. Violon et banjo virevoltants se prêtent aisément à l’exercice. Et puis le timbre vocal de Segarra colle parfaitement au style. « Good Ime Blues (An Outlaw’s Lament) » et « End of the Line » adoptent un profil plus folk. Le spectre de Bob Dylan plane. « St.Roch Blues » trempe même dans le blues ! Pourtant, si l’essentiel des compos est sculpté dans l’instrumentation acoustique, l’expression sonore est susceptible de s’électrifier et le tempo de s’élever... Et ce sont toutes ces subtilités qui font le charme de ce « Small Town Heroes »…

 

GRM

Et Nous On Est Où?

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GRM le revendique d’emblée : il a la noble ambition de marier le rock ‘very british’ à l’esprit potache bien ‘frenchie’, tout au long de « Et Nous On Est Où? », un 3ème elpee supposé incarner le chaînon manquant entre les Rolling Stones et Téléphone…

Emmené par la voix du guitariste JP ‘Guitare Rouge’ (ex-Wild Horses), que soutient une certaine Céline aux chœurs, GRM (pour ‘Guitare Rouge Musique’) propose une musique résolument vintage, interprétée dans la langue de Molière ou de Shakespeare, à laquelle on aimerait succomber. Ce qui n’a pas été le cas de votre serviteur. Le second morceau de l’opus intitulé « Néandertal » en est certainement la cause principale. Les paroles et les jeux de mots m’ont d’emblée particulièrement irrité, jusqu’à m’ôter toute envie d’encenser les meilleurs titres de cet LP, tels que le diablement rock’n’roll « Just A Kiss » ou la jolie ballade « Waiting for You ». Si la formation manifeste des ambitions louables, le manque de soin apporté aux vocaux et aux lyrics a de quoi les dégonfler. En outre, vu son manque d’originalité, comment quitter son PACA d’origine ? Ce n’est probablement d’ailleurs pas l’objectif de ce combo français qui rêve sans doute tout haut du ‘swinging London’, mais se contente, pour l’instant, d’exceller en ‘live’, sur les scènes locales…

 

The Go ! Team

The Scene Between

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Le côté foutraque de The Go ! Team allait-il une nouvelle fois séduire ou mettre nos nerfs en boule. Avant de se prononcer, il a donc fallu bien écouter « The Scene Between », le nouvel et 4ème opus de la bande drivée par Ian Parton… Le joyeux bordel organisé par ces éternels ados issus de Brighton possède en effet cette étonnante faculté d’euphoriser les sens grâce à ses mélodies positives et sa bonne humeur communicative tout en irritant légèrement les tympans de sa cacophonie… Sans surprise, « The Scene Between » évolue entre les deux pôles. Des morceaux survitaminés comme « The Scene Between » et « Waking the Jetstream » ou le parfait hymne juvénile « The Art of Getting By » vous filent la pêche, alors que « Her Last Wave » et l’interlude « The Floating Felt Tip » sont restés à l’état de brouillon ! Le résultat final est toutefois positif, les bons moments supplantant les plus faibles. Et haut la main ! De là à affirmer que les fans de The Go ! Team vont à nouveau savourer ce mix unique de rock et de hip-hop, un cocktail saturé de sonorités de gratte boosté par les voix féminines et candides de Samira Winter, Casey Sowa et Glockabelle, il y a un pas que je n’oserai franchir. Mais où est donc passé le producteur ?

 

Debbie Davies

Love spin

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Debbie Davies est chanteuse, mais avant tout guitariste. Agée de 62 ans, elle roule sa bosse, sur les routes du blues, depuis bien longtemps. Fin des années 80, elle militait chez les Icebeakers, le backing band du célèbre bluesman texan, Albert Collins ; une expérience inoubliable pour cette artiste. Ensuite, elle a embrassé une carrière personnelle. Elle grave son premier opus solo en 1993, "Picture this". Depuis, elle en a publié une bonne douzaine. "Love spin", le tourbillon de l'amour, tente de poser un regard sur sa propre existence. A travers ses compositions, Debbie essaie de trouver la vérité dans chacune des situations qu'elle a vécues. Don Castagno est son fidèle partenaire musical ; plus de 15 années qu'il l’accompagne aux drums. C’est également un compositeur prolifique ; il signe d’ailleurs ici pas moins de cinq titres. 

"Life of the party" est dédié à un ami musicien disparu en 2013, le chanteur/harmoniciste John Juke Logan. Paul Opalach (NDR : il assure également la coproduction de l’elpee) siège derrière l’orgue pour cette plage très funky, destinée à la danse. Et il se réserve également la pedal steel sur le titre maître, une piste qui ne manque pas de charme et au cours de laquelle Debbie s’autorise un envol original et vertigineux sur les cordes, en alignant de courtes phrases. Excellent ! "Let the heartaches bebin" est issu de la plume de Don Castagno, un morceau qui remonte à une vingtaine d'années. Debbie en avait déjà réalisé sa propre version pour le long playing "I got that feeling", paru en 1996. Elle et Terry Hanck le reprennent en duo vocal. Ce dernier a aussi ramené son saxophone ténor ; il en profite pour communiquer un climat de fin de soirée à cet exercice style dans le blues lent. R&B à coloration Stax, "Don't change it up" déménage littéralement. Miss Davies excelle sur ses cordes en adoptant le jeu d'Albert King. Elle et Jay Stollman chantent en duo. Ce dernier possède vraiment la voix qui correspond au genre ; requin de studio, il est d’ailleurs souvent invité à participer aux sessions d’enregistrement. Aux vocaux, bien sûr. Debbie se réserve le micro pour "It's all blues", bien soutenue par sa section rythmique constituée de Wilbo Wright à basse et Don Castagno à la batterie que renforce le saxophoniste Dana Robbins (NDR : issu de Nashville, il sévit au sein du Delbert McClinton Band). Debbie écrase sa pédale wah wah afin de favoriser son envol alors qu’Opalach est retourné à la lap steel pour le superbe "Talk real slow", une compo signée Lenny McDaniel. "I'm not cheatin' yet" accélère le tempo, un divertissant swing boogie woogie. Dave Keyes se consacre au piano et Dana Robbins au saxophone, alors que Debbie fait rocker ses cordes. Dave Keyes siège toujours derrière son piano boogie pour "Two twenty-five year olds", un blues de toute bonne facture qui remue pas mal. Lady DD chante de manière cool le plus jazzyfiant "A darker side of me", une cover de Sven Zetterberg, un bluesmen notoire suédois. Debbie en revient au funk pour le dansant "I get the blues so easy", une piste marquée par le come-back de Terry Hanck au honky saxophone. Les échanges opérés entre le saxo hurleur et les cordes empreintes de délicatesse sont remarquables. La finale est plus classique. Debbie se consacre à la slide pour célébrer son retour à la maison. Et son intervention est lumineuse tout au long de ce "Way back home" ; d’ailleurs on aurait espéré qu’elle s’y colle plus souvent, même si cette galette est vraiment de choix!