Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Epica - 18/01/2026
Gavin Friday - Het Depot
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

jeudi, 20 septembre 2018 13:39

American utopia

« Grown Backwards », le dernier album studio de David Byrne remonte déjà à 2004. Bien sûr, entre-temps, il a participé à de multiples projets, dont un opéra disco, en compagnie de Fatboy Slim, à partir de 2005. Pour enregistrer « American utopia », il a reçu le concours d’une belle brochette de collaborateurs, dont Jack Penate et surtout Brian Eno, qui non content de se charger du volet électronique, coécrit « Everybody’s coming to my house ». Une excellente composition qui aurait pu se révéler sublime, dans l’esprit de « Remain in light », si elle avait été davantage organique. Car le défaut de cet opus est bien là ! On retrouve bien la voix si particulière de Byrne, mais hormis le funky « It’s not dark up here », cet excès de synthétisme délave toute bonne disposition. Et « This is that », titre minimaliste dispensé dans l’esprit de sa collaboration avec Ryuchi Sakamoto, opérée sur la B.O. du film « Le dernier empereur », fait pâle figure. Une déception !

jeudi, 20 septembre 2018 13:38

Emotions singulières

Fondé en 2015, Antidote (NDR : ne pas confondre avec le band punk batave, ni le groupe anarcho/hardcore/punk britannique) est un duo réunissant Alain Verdier et Khadija Othman. Le premier est loin d’être un néophyte, puisqu’il a participé à l’aventure de The Shakes, au cours des sixties, une formation considérée comme précurseur du psychédélisme ; un combo au sein duquel figurait un certain Dany Lademacher, guitariste belge qui a notamment milité chez Herman Brood & His Wild Romance ainsi que Kleptomania. La seconde a sévi au sein du groupe africain Princesse Mansia M’Bila, du crew hip hop Zamenhof et du combo electro/pop Urban Vibe ; en outre, sous le pseudo de Zelda, elle a atteint la finale de la Biennale de chanson française, qui s’était déroulée à Bruxelles (NDR : concours qui est devenu ‘Parcours Francofaune’).

Mixé par Ian Caple (Bashung, Higelin, Kate Bush, Tricky, Tindersticks, Yoko Ono, Simple Minds, etc.), « Emotions singulières » baigne au sein d’une mélancolie sombre qui reflète des sentiments comme la nostalgie, l’ironie, l’espoir, le désespoir ou l’humour, à travers des textes poétiques rédigés dans la langue de Molière, des poésies que chante d’une voix incantatoire, mais au timbre proche de Pierre Bachelet, Alain Verdier, ou/et –mais trop peu souvent– chatoyante, vibrante et expressive, Khadija Othman ; des textes qui reposent, à l’instar de Seterolab, sur une forme d’électro/pop minimaliste, le plus souvent dispensée en boucle. Une homogénéité qui, au fil de l’opus, finit par rendre l’ensemble monocorde...

Dommage, car quelques titres sortent du lot, à l’instar de « Soho 66 », dont la mélopée rappelle « Set the control for the heart of the sun » du Floyd, alors que les interventions vocales de Kahdija communiquent une touche arabisante à l’ensemble, de l’indolent « Femme éphémère », réminiscent du duo Gainsbourg/Birkin ou encore d’« Eclipse du sommeil », au cours duquel la voix féminine épouse la musique, un peu à la manière de Mylène Farmer.

Un concept orignal, mais bien trop dépouillé, à mon goût…

 

jeudi, 20 septembre 2018 13:35

Here come the aliens

Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

A l’instar de Sad Lovers & Giants, Modern English est une formation atypique responsable d’une musique atmosphérique dont la ligne de guitare claire a exercé une influence majeure sur de nombreux groupes pop/rock. Fondée en 1979, près de Colchester (NDR : c’est dans l’Essex), elle s’est séparée à trois reprises, et s’est reformée autant de fois, sous des configurations différentes, avant de retrouver, début 2010, les 4/5 de son line up. Soit sans le batteur Richard Brown. Le groupe enregistre même un nouvel elpee, cette année-là, ‘ Soundtrack’, puis en 2016, ‘Take me to the trees’….

Modern English se produisait à Amougies, dans le cadre de l’édition 2018 du W-Festival. Et à l’issue du set, Gary McDowell, le guitariste (NDR : c’est lui compose la musique, Robbie Grey, les paroles), a accepté d’accorder une interview à Musiczine. Un personnage haut en couleur, extrêmement sympathique, cheveux et barbe en broussailles dont le visage tatoué est pourtant particulièrement expressif...

Le combo s’était produit en 1982, dans une salle de gymnastique, à Zedelgem, lors d’un concert exceptionnel ; mais Gary ne s’en souvient pas. Ajoutant que depuis près de 4 décennies, il a tellement fréquenté de salles de concerts, qu’il lui est impossible de se remémorer ce show. Par contre, quand on lui parle du festival de Weeley, qui s’est déroulé en 1972, près de chez lui et qu’on lui rappelle les groupes qui y ont participé, ses yeux s’illuminent estimant votre serviteur de veinard, pour y avoir vu des légendes comme Faces, T Rex, Van der Graaf Generator, King Crimson ou encore Barclay James Harvest soutenu par un orchestre symphonique, s’y produire. Ajoutant même : « Et Mott The Hoople ! A l’époque je n’avais que 11/12 ans… » 

Le band s’est donc reformé en 2010, sous les 4/5 de son line up, mais sans le drummer, Richard Brown. Y avait-il une raison particulière. Il clarifie : « Tout simplement parce qu’il ne se sentait plus suffisamment en forme pour reprendre le collier. Vers 85/86, il avait déjà été remplacé… » Et c’est un cinquième larron, issu de Liverpool qui le supplée… « Oui, il vient du Nord du pays. Et dans cette région, ils ont le sens de l’humour. Ce sont des marrants ! » Mais n’est-ce pas difficile de repartir en tournée, après tout ce temps ? « Il y a 21 ans que j’habite en Thaïlande. Quatre ans avant de m’y installer, j’ai abandonné le groupe qui avait alors splitté. Et puis, en 2010, l’idée a germé dans les esprits pour recommencer l’aventure. J’ai alors reçu de nombreux appels téléphoniques pour rentrer au bercail. Et je suis revenu au pays. On a enregistré un disque, et puis on est reparti sur la route… » Il était donc intéressant de savoir ce qu’il avait fait, durant ces longues années d’interruption… « J’ai joué dans la rue. Notamment du didgeridoo. Et puis j’y ai fait du cirque. J’ai aussi fréquenté le Covent Garden, à Londres. J’ai aussi participé à différents festivals. Mais comme je me sentais bien en Thaïlande, j’ai abandonné la musique et je me suis retrouvé dans le milieu de la finance. En gros, c’est ce que j’ai fait pendant ce long break… »

Dans une interview, Robbie Grey avait déclaré que les mouvements new wave et post punk symbolisaient le véritable rock alternatif. Or, au cours des 70’s, Yes, Genesis, King Crimson et bien d’autres se revendiquaient également de la scène alternative. Il explique : « J’adore King Crimson. C’était effectivement une musique alternative pour cette époque. En fait, on a trouvé notre place au sein de ce panel de formations, dont beaucoup manquent à l’appel aujourd’hui. Car au départ, on n’était pas prédestiné à devenir un groupe pop. Mais on a été rattrapé par le marché. C’était les débuts de MTV. La chaîne musicale nous a demandé de sélectionner un titre qui allait être diffusé trois fois par jour. Notamment aux Etats-Unis. Ce sera ‘I melt with you’ ». Mais pourquoi cette chanson ? « En fait, elle ne devait pas être trop proprette ni trop joyeuse. C’est Hugh Jones (NDR : qui a notamment bossé pour Echo & The Bunnymen, The Sound, Damned, Simple Minds, The Charlatans, Stan Ridgway ou encore Teardrop Explodes), le producteur, qui l’a choisie. Il a déclaré, je la prends, mais laissez-moi le champ libre. Je vais la faire à ma sauce. Il y avait un refrain avant-gardiste. Il a bossé dessus et l’a transformé en quelque chose de pop. Alors qu’au départ, elle n’avait rien de ce style. Ce n’était pas prévu ! Il a donc fallu écrire d’autres lyrics pour ce refrain ; ce qui donné naissance à une autre version de la compo. Pas de regret, cependant, pour cette entourloupe, car c’est ce qu’il fallait faire… » Finalement elle a servi de B.O. pour le film ‘Valley girl’ de Rachel Goldenberg, projeté en salle l’année suivante. « Et pour d’autres également (NDR : des reprises de ce morceau). Cette B.O. a permis d’élargir notre audience. La plupart des gens ont découvert Modern English, en assistant à la projection de ces films. Tout a changé pour nous, à cette époque. Car notre quotidien se résumait à se produire dans des clubs. Et rien d’autre. C’est ce qui nous a permis d’assurer le supporting act de Roxy Music. Un souvenir très agréable… » Surtout que Roxy Music est une influence majeure pour le band. Mais également David Bowie. D’ailleurs, sur son dernier elpee, ‘Take me to the trees’, le morceau « Trees » emprunte le rythme du ‘Heroes’ de Bowie. Volontaire ou involontaire ? « Jouer le morceau de cette manière nous semblait naturel. C’est bien que tu le mentionnes. Le riff est répétitif. La voix arrive sur le tard, un peu de la même manière. C’est une compo que j’adore, mais la comparaison est fortuite… »

La liaison est donc naturelle pour aborder le sujet du dernier long playing. Et tout d’abord le choix qui s’est posé sur Martin Young, pour la mise en forme. Ex-Coulourbox, c’est lui qui avait composé le hit ‘Pump up the volume’. « Il y a longtemps qu’on se connaît. A l’époque où on n’avait pas beaucoup d’argent, on partageait le même appartement. On l’a choisi, parce que c’est un excellent producteur. Quand il rencontre un problème, il l’épluche scrupuleusement. Il va recommencer la même prise, 100 fois s’il le faut. C’est un type méticuleux et c’est ce dont on avait besoin lors des sessions. Non seulement c’est un bon producteur, mais aussi un bosseur. En outre, il est ouvert d’esprit. Il ne rejette aucune idée d’emblée… » Pour l’artwork de cet LP, le groupe a encore fait appel à Vaughan Oliver, comme par le passé. En fait Modern English est un peu à ce graphiste, ce que Yes était à Roger Dean. Gary en donne la raison : « Notre collaboration remonte à l’époque où on était chez 4AD. Il réalisait tout le travail artistique pour le label. Il est la retraite, mais on a insisté pour qu’il réalise la pochette. Il a encore un emploi du temps bien chargé, mais finalement, il a accepté, parce qu’il existe un lien spécial entre lui et nous. C’est lui qui avait d’ailleurs signé celle de notre tout premier album… »

Faute de Robbie Grey, difficile d’aborder la thématique des compos. Mais quand même, lorsqu’un groupe choisit comme titre d’album ‘Talk me to the trees’, difficile de ne pas aborder le sujet de l’écologie. D’autant plus que 35 ans plus tôt, ‘After the snow’ était déjà de la même veine et constituait un message précurseur dans le domaine. « En fait, mon rôle consiste à créer des atmosphères musicales alors que Rob doit rester vigilant et observateur de ce qui se passe dans le monde. Et donc je colle la musique dessus (NDR : les cloches de l’église se mettent à sonner…) On a toujours conscience de ce qui se passe autour de nous. Et on veut préserver cet état d’esprit. Cependant, il est exact que les deux albums adoptent une semblable démarche. Et on sait où on va… »

Modern English a également participé au projet This Mortal Coil. C’était une réunion entre amis ou un exercice de style organisé par 4AD ? « A l’époque, c’était une idée du patron du label indépendant Ivo Watts-Russell. On a d’abord enregistré un medley de ‘Sixteen Days’ et ‘Gathering Dust’ (NDR : Elizabeth Fraser et Robin Guthrie de Cocteau Twins ont enregistré la face B, une reprise de "Song to the Siren" de Tim Buckley que Watts-Russell a finalement choisie comme face A du 7 inches ; mais c’est finalement la flip side qui a atteint le numéro un dans les charts britanniques). Je jouais de la guitare et Mick Conroy de la basse. Puis plein d’autres artistes du label ont apporté des compos pour enregistrer l’album ‘It’ll End in Tears’ (NDR : This Mortal Coil va encore graver deux autre opus, ‘Filigree and Shadow’, en 1986 et ‘Blood’, auxquels participeront de nombreux artistes de l’écurie, et notamment des membres de Dead Can Dance, Breeders, Pixies, Wolfgang Press ou encore Colourbox). On a même joué en concert dans une salle d’art ; mais on n’avait droit qu’à 20 minutes de set. Et finalement on a interprété le même morceau à sept reprises… »

Un elpee serait en préparation. Info ou intox ? « Pas un album, mais un Ep ! On a mis en boîte deux ou trois chansons lors de notre tournée, à Los Angeles. On va encore en écrire deux ou trois. Et il y a de fortes chances qu’il sorte dans 6 à 7 mois. Donc effectivement, on est occupé d’enregistrer. Rob bosse également sur les paroles afin de leur donner davantage de caractère. Pour leur communiquer, suivant les morceaux, un feeling plus sombre ou plus allègre. Ce qui va modifier, sans doute, les démos réalisées pour l’instant. Et tout cela est en préparation… »

(Merci à Vincent Devos)

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Memory of a cut off head

OCS est un projet monté par John Dwyer, avant qu’il ne fonde Thee Oh Sees (NDR : suffit de prononcer le sigle pour se rendre compte de l’analogie). Et « Memory of a cut off head » constitue déjà son cinquième essai ; le dernier « OCS 4: Get Stoved » remontant quand même à 2005. Lors des sessions d’enregistrement il a reçu le concours de plusieurs collaborateurs, dont son bassiste Tim Hellman et puis l’ex-chanteuse/claviériste Brigid Dawson ainsi que l’ex-drummer Patrick Mullins. Si le band de San Francisco pratique du garage/rock, OCS privilégie un psyché folk enrichi d’arrangements, notamment de cordes, mais aussi de cor, aussi discrets qu’efficaces. Un peu dans l’esprit du mythique Love, quoique les pistes les plus acoustiques et lentes lorgnent plutôt vers Nick Drake. Douces et rafraîchissantes, les voix de Brigid et de John créent des harmonies troublantes, déchirantes, limpides. L’opus recèle, en outre, deux morceaux aux références surprenantes. Tout d’abord « Choping block », réminiscent du « Space Oditty » de Bowie, et l’introspectif « Time turner », plutôt hanté par le Velvet Underground circa Nico. Et le recours au mellotron apporte un petit côté prog inattendu, à l’ensemble. Un chouette album !

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Catfish (Ep)

Mycatsigreen est un projet imaginé par Sébastien Flémal, en 2017, alors qu’il était encore impliqué chez Paperweight. Depuis, il a poursuivi sa carrière en solitaire, publié quelques singles et un premier Ep, « I will always use the telephone (my love) » via Bandcamp, avant de graver un second sur les plateformes numériques.

Découpé en 5 plages, « Catfish » baigne dans une sorte d’indie pop/folk/rock/lo-fi inspiré à la fois par les 90’s et tout particulièrement The Feelies, Belle & Sebastian, Tahiti 80 ainsi que Lemonheads (NDR : un titre de cet Ep s’intitule d’ailleurs « I listen to the Lemonheads »). Au menu : riffs de guitare électriques, acoustiques ou semi-acoustiques plaqués (NDR : sauf sur la ballade mid tempo « Tuesday », jouée en picking), lead vocal et chœurs éthérés, ligne de basse élégante, que vient parfois soutenir des drums, et un zeste d’électro, histoire de donner un ton plus contemporain à l’ensemble. Un titre plus enlevé quand même, « Daisy », pour clôturer cet Ep qui ne manque vraiment pas d’allure…

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Welcome Strangers

Etabli en Ecosse, Modern Studies pratique une forme de pop de chambre contemporaine ; un peu comme chez The Divine Comedy, mais en moins punchy et emphatique, au sein de laquelle il y intègre folk, jazz, rock, suivant les morceaux. Les arrangements sont riches et  particulièrement soignés et les harmonies vocales échangées entre Emily Scott et Rob St John, impeccables, parfois pastorales, dignes même de Fairport Convention. Le groupe a également recours à un harmonium victorien, qu’il utilise aussi judicieusement que subtilement. Mais, pour enregistrer cet opus, il a également fait appel à de multiples collaborateurs, dont un orchestre de chambre (violons, altos, violoncelles, trombones, chœurs) et même des membres de leur famille, outre, bien sûr, l’utilisation par le quartet, d’une basse, d’une guitare et de drums.

« Welcome Strangers » constitue le second elpee de ce quatuor. Bien équilibré et homogène, il manque cependant de surprises. Ce qui entraîne, au fil de l’écoute, un sentiment de lassitude, bien légitime. Il y a bien le légèrement plus rythmé « Mud and flame », l’exotique « Let idle hands », au refrain euphorique (David Byrne ?) et l’envoûtant et bien cuivré « Horns and trumpets », dont les voix sont conjuguées un peu comme Nick Cave et Kylie Minogue, sur « Where the Wild Roses Grow », mais rien qui pourrait vous flanquer un coup de boost avant de commencer votre journée…

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Simple answers

Charlie Looker est un multi-instrumentise et compositeur new-yorkais dont l’expression sonore, qualifiée de ‘classique moderne’, s’inspire à la fois de la musique ‘classique’ (NDR : of course !) de l’indus, du rock alternatif, de l’électro, du métal et du post punk. « Simple answers » constitue son premier elpee solo. Avant d’entamer une carrière individuelle, il a sévi dans plusieurs groupes, dont Psalm Zero, Extra Life et Dirty Projectors, mais aussi participé à de multiples projets. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours d’un orchestre symphonique de 18 musiciens. Un projet ambitieux qu’il a donc concrétisé à travers ces 8 longues plages…

Le long playing s’ouvre par le majestueux et dramatique « What dawn is this ? (overture) », une plage qui met bien en exergue les choeurs éthérés et angéliques. Des chœurs qu’on retrouve sur « Fascists moments », un titre partagé entre collages sonores et envolées lyriques, malgré une intro focalisée sur la guitare en picking. Mais aussi sur « What dawn is this (return) », dans un climat davantage liturgique. Ce qui frappe également, c’est la voix baroque, emphatique, très anglophone, de Charlie ; et elle magnifie « Ritual fire », la meilleure piste du long playing », une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Radiohead. Malheureusement, au fil du sillon, ces atmosphères grandiloquentes, glaciales, tourmentées, nuisent à l’harmonie des compos. Et il faut attendre le final « Puppet », pour retrouver ce sens mélodique, sur l’excellent « Puppet », une piste qui paradoxalement est très susceptible de rappeler… Frank Zappa, quand elle adopte des accents ‘jazz fusion’…

On n’en n’oubliera cependant pas les lyrics qui posent, notamment, une réflexion sur la montée du fascisme en Occident.

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Moderneanderthal

En 2007, Le Pied de La Pompe se résumait à un duo réunissant Erwann Cornec et Génome Briard. Le premier se consacre alors à la basse et à des claviers, qu’il avait installé au sol, alors que le premier, chanteur/guitariste, jouait de la batterie, à l’aide de ses pieds. C’est dans ce contexte que le combo a choisi ce patronyme. Au fil du temps, le line up s’est enrichi d’un autre gratteur et d’un véritable drummer. En une dizaine d’années, la musique du combo s’est frottée au style manouche, à l’électro, avant d’adopter un format plus folk/pop. A l’instar de ce 5ème opus, intitulé « Moderneanderthal », au cours duquel les cordes, l’oud et le banjo ont davantage leur mot à dire, un peu comme chez 13th Horsepower (NDR : le banjo, of course !), même si l’électro et l’instrumentation organique n’ont pas totalement disparus. En extrapolant, on pourrait la situer à la croisée des chemins de Louise Attaque, Noir Désir, Tryo et Boulevard des Airs. A propos de mots, les textes sont particulièrement engagés. Et pour cause, LPDLP prône un retour à l’écologie, mais également fustige le comportement de l’homme moderne qui a perdu ses valeurs fondamentales et se laisse soudoyer par la manipulation de masse. Mais propose ses thèmes à travers une incitation au voyage, à l’évasion tout en demeurant en phase avec les autres. Et en 10 pistes, jamais le quatuor breton ne souffre du moindre coup de pompe. Une jolie surprise !

Pour info, le combo prépare déjà l’enregistrement d’un nouvel LP, pour lequel il a reçu le concours de membres de Massilia Sound System, Tryo, La Rue Kétanou, et même d’Alee…

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Soyuz

Formation norvégienne, Gazpacho compte déjà plus de 20 années d’existence, et « Soyuz » constitue déjà son dixième elpee. Son style ? Le néo prog rock. Parce que son expression sonore s’inspire également de la world, du classique et de l’électronique. Naviguant quelque part entre Marillion, A-ha, Radiohead, Efterklang et Porcupine Tree, elle se focalise davantage sur les climats atmosphériques, contemplatifs, intimistes, ténébreux, mélancoliques voire cinématographiques que les mélodies. Les claviers et les cordes dominent la plupart des morceaux, même si régulièrement, la voix lancinante de Jean-Henrik Home, vient se poser. Pas de concept unique pour le thème central, mais plusieurs thématiques, dont les chants funéraires tibétains, les contes d’Anderson et surtout, l’épopée dramatique de la capsule Soyuz (NDR : d’où le titre de l’elpee), proposée en deux parties, dont la dernière, enrichie de chœurs d’enfants et au final jazzyfiant, se révèle la plus intéressante et expérimentale. Maintenant pour la saveur du Gazpacho, il aurait peut-être fallu ajouter un peu d’épices…

Formation norvégienne, Gazpacho compte déjà plus de 20 années d’existence, et « Soyuz » constitue déjà son dixième elpee. Son style ? Le néo prog rock. Parce que son expression sonore s’inspire également de la world, du classique et de l’électronique. Naviguant quelque part entre Marillion, A-ha, Radiohead, Efterklang et Porcupine Tree, elle se focalise davantage sur les climats atmosphériques, contemplatifs, intimistes, ténébreux, mélancoliques voire cinématographiques que les mélodies. Les claviers et les cordes dominent la plupart des morceaux, même si régulièrement, la voix lancinante de Jean-Henrik Home, vient se poser. Pas de concept unique pour le thème central, mais plusieurs thématiques, dont les chants funéraires tibétains, les contes d’Anderson et surtout, l’épopée dramatique de la capsule Soyuz (NDR : d’où le titre de l’elpee), proposée en deux parties, dont la dernière, enrichie de chœurs d’enfants et au final jazzyfiant, se révèle la plus intéressante et expérimentale. Maintenant pour la saveur du Gazpacho, il aurait peut-être fallu ajouter un peu d’épices…