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Les Nuits Botanique 2017 : jeudi 11 mai

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La première journée qui marque l’ouverture de l’édition 2017 des Nuits Botanique est déjà bien chargée. Ainsi DAAN remplit bien le chapiteau situé en plein cœur du parc, tandis que la nouvelle dream-pop du duo parisien Isaac Delusion fait vibrer l’Orangerie.
Mais de notre côté, nous optons pour l’intimité du Grand Salon. Si le lieu semblait propice à la chanson française intimiste d’Albin de la Simone, nous déchantons toutefois rapidement.
Arrivés il est vrai quelques minutes en retard, nous devons, comme beaucoup d’autres spectateurs, attendre quelques minutes supplémentaires à l’extérieur de la salle. Les exigences des artistes français nous surprennent souvent. Dans ce cas-ci, il était imposé de ne pénétrer dans la salle qu’à la fin de chaque titre. Pourtant une imposante porte, puis un rideau, puis encore une paroi nous séparent de l’auditoire concentré en masse devant la petite scène.
La chaleur est étouffante, et le public un peu trop massé (accroupi ou assis) devant l’artiste. (NDR : ce qui rend d’ailleurs l’exercice de notre photographe très périlleux).

Albin de la Simone est resté une bonne dizaine d’années dans l’ombre comme musicien ou parolier (pour des artistes de prestiges comme Vanessa Paradis ou Miossec). Avant de publier quatre albums studio entre 2003 et 2013. Et de revenir en 2017 pour un opus rafraîchissant baptisé « L’un de nous », décrivant de nombreuses scènes d’amour et de la vie de tous les jours.

Sur l’estrade, ce soir, l’instrumentation est assez dépouillée. Notre chanteur reste assis derrière son clavier, et ne se lève que pour se détendre les jambes (NDR : comme il ironise). Anne Millioud-Gouverneur l’accompagne au violon et parfois au chant, pendant qu’une autre souriante jeune femme, Maëva le Berre, se concentre sur son violoncelle. Sur la gauche, un percussionniste –aux interventions très minimalistes– switche parfois vers la guitare.

Plutôt discrète, la première partie du set est résolument acoustique et propose des titres comme « Mes épaules », « Il pleut dans ma bouche » ou « L’un de nous ».

Il faut attendre « La fleur de l’âge » pour que notre frontman se livre un peu plus à son auditoire. Lui expliquant comment il a été amené à écrire ce titre, après qu’une ophtalmologue lui ait signifié qu’après 45 ans, il y avait une dégringolade.

La seconde partie du set (étouffée par deux rappels) est, elle, bien plus légère voir loufoque. Les protagonistes se rapprochent de la foule, se lancent dans des compos et chorégraphies plus déjantées. En terminant même par un poème émaillé de quelques touches paillardes.

Un show bobo, agréable malgré tout, mais destiné à un public proche de celui de Vincent Delerm. De quoi, sans doute, apporter certain vent de fraîcheur à la chanson française… (Voir notre section photos ici)

Albin de la Simone 

(Organisation : Botanique)

Roots & Roses 2017 : lundi 1er mai

Le temps est resté menaçant toute la journée du 1er mai, à Lessines, mais pratiquement pas une goutte de pluie n’est tombée. La foule n’y est pas venue cueillir du muguet, mais écouter du blues, du bluegrass, du punk, du punkabilly, du roots, du garage et des dérivés de ces styles. Une bonne nouvelle en appelle une autre, puisque la huitième édition du festival a accueilli 3 700 personnes, soit presque un bon millier de plus que l’an dernier. Faut dire que l’affiche, cette année, propose des artistes qui attirent le peuple, comme les Fuzztones, The Sonics et surtout Pokey Lafarge, particulièrement populaire au Nord du pays.

Il est à peine 11h00 et les régionaux de l’étape, Power Skake, entament les hostilités. Le line up réunit d’excellents musiciens ; en l’occurrence le chanteur/harmoniciste Fred Janus, le contrebassiste Jonathan Blondel, le drummer Antoine Olivier et le guitariste Jérôme Rasson. Ces deux derniers militent également chez Rockin’ and Drinkin’ Guys, un combo qui s’est déjà produit dans le cadre de ce festival. Power Skake pratique un excellent roots/blues/rock, parfois teinté de punk. Le chanteur se démène et occupe tout l’espace scénique. Mais on se demande ce que fabrique le responsable derrière les manettes. Il chipote constamment les paramètres de ses ordinateurs et ne parvient pas à trouver les bonnes balances. Conclusion : le son est exécrable. Pas vraiment sympa pour les musiciens. Aussi, je quitte le chapiteau, après deux morceaux.

Et la qualité sonore n’est toujours pas au rendez-vous pour le set de The Scrap Dealers, une formation liégeoise qui pratique une forme de psyché/noisy/garage inspirée par Spiritualized. Ici, c’est le volume sonore qui est excessif. Les infra-basses vous arrachent les tympans. C’est intenable ! Et puis, franchement, ce style de musique n’est pas adapté à ce type de rendez-vous. Pourtant, il y a certainement du potentiel chez cette formation ; aussi j’espère la revoir dans d’autres conditions. Et comme pour Id!ots, le confort d’écoute est toujours aussi déplorable, votre serviteur prend un bon bol d’air frais.

Il y a quelques années, Jon Spencer avait emporté, dans ses valises, le trio danois PowerSolo, pour assurer le supporting act de sa tournée. Son style ? Du rock’n’roll contaminé à la fois par la noisy et le rockabilly. A l’extérieur du chapiteau, le son est potable. Mais c’est toujours le même type qui est chargé de la console. Donc…

Désespéré, je me rends sous l’autre tente, où la bande à Woody Pines –qui nous vient de Nashville, dans le Tennessee– opère son soundcheck. Et ce jugband va nous livrer une forme d’americana qui se nourrit à la fois de country, blues, hokum et hillbilly. Une expression sonore qui sent bon les grandes plaines parcourues par les cow-boys. Non seulement Woody joue de la sèche, du dobro et imprime le tempo à l’aide d’un tombass, mais il souffle superbement dans un harmo. Il est soutenu par un contrebassiste et un gratteur, également préposé au banjo et à la pedal steel. C’est la première fois que le combo met les pieds sur le sol européen et ce ne sera que du bonheur. Il y a du monde devant le podium. Le son est enfin au point. Et vu le style musical proposé, votre serviteur prend son pied. En attendant impatiemment le set de Pokey Lafarge… (D.D.)

Sur le site, un ring a été installé Et tout au long de la journée, il sera le théâtre de combats de catch. Amusant, mais parfois aussi effrayant ; surtout quand on voit une masse musculaire s’abattre sur un concurrent pour l’aplatir, malgré ce plancher, finalement plutôt caoutchouteux.

Place aux Pine Box Boys, une formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste Lester T. Raw, dont la barbe est impressionnante. Tout comme celle du drummer, d’ailleurs. Le line up implique également un banjoïste (NDR : il joue en picking), un contrebassiste, et sans doute pour la tournée, un cinquième larron qui se charge de la trompette ou du dobro. La musique de cette bande de joyeux lurons (NDR : tout le reste de la journée, ils vont danser le rock’n’roll, dans la fosse, avec leurs copines) oscille du bluegrass à l’americana, en passant par le gothique, alors que les textes, chantés d’un timbre graveleux (NDR : sur son micro, figure un drapeau de l’Arkansas, en miniature), un peu à la manière de Garth Brooks, racontent des histoires de mort, de meurtres et de misère. Un show, fort sympa auquel il ne manquait, finalement, que la participation d’un violoniste. De quoi rendre l’ambiance encore plus festive. Un coup de cœur, quand même, une compo plus pop, intitulée « Dog named death », digne de REM…

C’est en 2005 que votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer le leader des Fuzztones, Rudi Protrudi (voir ici). Depuis, le band continue de rouler sa bosse, mais plus tout à fait sous le même line up. Aujourd’hui, y figurent deux musiciens italiens. Le premier, Marco Rivagli se charge des fûts. Et le second, Nicoló Secondini, remplace Lana Loveland, l’épouse de Rudi (NDR : qui vient d’accoucher), aux claviers. Le line up est complété par un bassiste et un second gratteur. Les deux guitaristes se servent toujours d’une Vox Phantom qu’ils vont croiser, à la fin du set, comme sur la pochette de l’album « Lysergic legacy ». En 12 ans, Rudi Protudi a bien évidemment changé. Il semble avoir plus de mal à bouger son immense carcasse, et son visage est bien buriné. Il monte sur les planches à partir du deuxième morceau, « 1-2-5 », une cover de The Haunted, au cours de laquelle il souffle dans son harmo, des sonorités écorchées. Lunettes noires, il saisit le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre afin de poser le baryton profond de sa voix. Au bout du quatrième titre, il ôte ses lunettes et le suivant, empoigne donc sa gratte pour attaquer « Ward 81 ». Le claviériste nappe les compos de tonalités bien rognées. Parfois trempés dans le feedback, les guitares crépitent et nous entraînent dans un véritable tourbillon de psyché/garage croustillant, rafraîchissant. Un bémol quand même, le son est beaucoup trop fort, et on perd inévitablement les nuances. Plus amusant, c’est le comportement du drummer, torse nu après deux titres, qui focalise les regards. Il ne tient jamais en place, monte sur sa grosse caisse, s’assied de travers ou joue de l’autre côté de ses fûts, parfois couché (?!?!?). Du set on retiendra quand même les inévitables « She’s wicked » et puis la cover de « Strychnine » des Sonics. D’ailleurs, les musiciens sont absolument ravis d’avoir croisé leurs idoles, qui joueront en fin de soirée…

Les membres de The Experimental Tropic Blues Band sont contents de retrouver la scène. Faut dire que ces derniers temps, ils ont été très occupés par la confection de la B.O. du film, « Spit’n’Split », qui va inévitablement alimenter le set (NDR : réalisée avant le spectacle, une interview du groupe vous sera proposée prochainement). Dont en seront extraits « The power of the fist », titre balancé en forme de coup de poing et « Baby bamboo », un morceau davantage à connotation sexuelle. Le trio adapte l’hymne du ‘Roots & Roses’, à la sauce shoegazing. Etonnant ! Mais le plus intéressant procède d’une autre reprise, celle du « Ghost rider » de Suicide. Jeremy harangue la foule. Il invite son luthier sur les planches pour le remercier du travail exécuté sur sa guitare flambant neuve. Et puis, bien dans l’esprit du Jon Spencer, les compos défilent sur un tempo métronomique imprimé par Devil d’Inferno. Jean-François (NDR : qui se sert régulièrement d’un bottleneck) sort ponctuellement son harmo de sa poche, pour déchirer le climat des compos. En final, il va même se laisser porter par la foule, tout en en jouant ou en éructant des vocaux spasmodiques, alors que Jérémy, qui a balancé sa gratte, joue des boutons et des pédales, sur le sol, avant que les deux ne décident de se lancer dans un exercice de hip hop. Un concert rentre-dedans, à la limite de la saturation sonore, qui manque encore de l’une ou l’autre variation pour vraiment plaire au plus grand nombre. Mais est-ce vraiment leur objectif ?

Tout comme The Sonics, Pokey Lafarge s’était déjà produit aux Roots & Roses, en 2014. Et apparemment, il a changé de line up. Il est soutenu par un batteur, un contrebassiste, un trompettiste, un guitariste (électrique) un saxophoniste et un multi-instrumentiste (harmonica, percus, banjo, sèche, etc.), coiffé d’un superbe chapeau de paille. Pokey joue de la semi-acoustique. Au bout de quelques morceaux, il laisse tomber la chemise, pour laisser apparaître un maillot de football américain floqué du n° 83. Vintage, la musique est le fruit d’un mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et celle du multi-instrumentiste est presque une copie conforme. D’ailleurs, le résultat est plutôt étonnant quand ils les conjuguent. Ce dernier utilise également des percus en os ; et franchement sa dextérité est impressionnante. Bref, ce show particulièrement agréable à écouter, a enchanté un auditoire, certainement conquis, enthousiaste et qui a même obtenu un rappel !

En 2014, le concert des Sonics s’était révélé de bonne facture, mais un peu mou du genou. De quoi laisser dubitatif, quant à une performance de choix, trois ans plus tard. Et pourtant… Du line up initial, il ne reste plus que le saxophoniste (parfois harmoniciste), Rob Lind. Qui affiche quand même plus de 70 balais. Les deux autres membres, Gerry Roslie et Larry Parypa ont cédé leur place au guitariste Evan Foster et au claviériste Jake Cavaliere (The Lords of Altamont). Enfin, en tournée, car les autres fondateurs du band continuent de participer aux sessions d’enregistrement. Et finalement, ce renouvellement a donné un fameux coup de boost à la prestation ‘live’. Le gratteur est d’ailleurs littéralement déchaîné ; mais également talentueux. Et puis, le chanteur/bassiste, Freddie Dennis ainsi que le drummer Dusty Watson, ne sont pas en reste. Ecorchée vive, la voix de Dennis transperce littéralement les hymnes qu’il interprète. Et celle de Cavaliere passe également bien la rampe. Rob bavarde énormément entre les morceaux, incite le public à crier, parle du dernier album (« This is The Sonics », dont la reproduction de la pochette est projetée en arrière-plan), paru l’an dernier, et invite les spectateurs à l’acheter ou alors les t-shirts à l’effigie du groupe. Freddie et Evan osent quelques pas de canard à la Chuck Berry. Les reprises son légion : le « Louie Louie » de Richard Berry, le « Black Betty » de Huddie ‘Lead Belly’ Ledbetter, traduit en hit par Ram Jam en 1977, le célèbre « Lucille » de Little Richard, le « Sugaree » de Grateful Dead, le « Have love will travel » de Richard Berry et celle du « Money (That's What I Want) » des Beatles ; mais aussi les classiques, comme « Boss Hog » (NDR : qui a inspiré le patronyme d’un projet de Jon Spencer) et l’inévitable « Strychnine ». Sans oublier les compos issues du dernier elpee. Une véritable déferlante ! Aux premiers rangs, la foule se lance dans du crowdsurfing. Et puis, le public réclame un rappel. Trois morceaux, au cours duquel la formation légendaire va oser une cover vitaminée du fameux « I don’t need no doctor » de Ray Charles, popularisée par Humble Pie en 1971. Une claque !

Le festival se clôture par les Paladins, un trio roots-rock-rockabilly issu de San Diego, drivé par le guitariste Dave Gonzalez. Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un contrebassiste. Le premier titre est instrumental, et après la reprise du « Memphis, Tennessee » de Chuck Berry, nous tirons notre révérence, tout en prenant bien soin de réserver à ce groupe Californien, quelques clichés… (B.D.)

Voir notre section photos, ici

(Organisation : Roots & Roses)

 

 

Wolfrock 2017 : samedi 22 avril

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Déjà dix longues années que le courageux Fabien Dieu, cheville ouvrière hennuyère, œuvre au service de la musique. Et la meilleure !
En outre, ce sont les locaux du Centre culturel de Dour qui hébergent, une nouvelle fois, le Wolfrock.
On se souviendra que pour des raisons obscures, l’édition 2015, qui aurait dû accueillir Jeronimo, avait été annulée.
Drôle d’idée de s’entêter à occuper cet endroit, alors que la Ville, fief du plus grand festival d’Europe, dispose de locaux autrement adéquats !
Dans le public, on remarque la présence de Marc Pinella. Entendez par là, le beau gosse de The Voice Belgique et leader de Suarez ! Inutile de dire que le pauvre a été assailli de demande de selfies par une gente féminine particulièrement excitée à l’idée de poser auprès d’un tel bellâtre !
Antoine Hénaut, artiste belge originaire de Honnelles, avait aussi rehaussé de sa présence cette sympathique manifestation. Curieusement, il n’est pas parvenu à s’attirer la moindre demande de photo. Même constatation pour Joe Salamone (Acta) !
Pourtant, même s’ils sont moins connus que leur comparse, ils se sont forgés une certaine notoriété dans le milieu.
Point positif à épingler, la qualité sonore ! Si dans le passé, l’acoustique était proche de la catastrophe industrielle, malgré les efforts surhumains des gars flanqués à la technique, cette édition a manifestement appris des erreurs du passé !
La salle est étonnamment clairsemée ! Comme les cheveux sur la tête d’un quinqua ! Faut dire que dans cette partie de la région, proche du Borinage, les gens sont davantage biberonnés à la Cara Pils et aux émissions télévisuelles proches de la débilité.
Supputons que les absents soient restés prostrés devant leur TV aujourd’hui, préférant user leur fond de pantalon dans le sofa en grignotant des chips, plutôt que de s’intéresser à un événement culturel, pourtant rendu fort accessible au vu du prix affiché ! Tant pis pour eux, car des découvertes, il y en avait de belles !

A commencer par Wicked Expectation. A peine sortis de l’adolescence, ces quatre gars au visage de poupon grimpent donc sur l’estrade ! Ce sera une des plus belles surprises lors du 10ème anniversaire de cette édition !

Originaire de Turin, le groupe s’est formé en 2012. Ces jeunes gens n’ont pas tardé à se tailler une place de choix dans la jungle musicale. Seulement trois années ont suffi pour sortir un premier elpee prometteur, « Visions », qui leur permet d’ailleurs de tourner en Italie et en Suisse.

Ce soir, ils sont venus présenter leur nouveau né, « Folding Parasite », dont le style oscille entre électronique et pop/rock, tout en revisitant agréablement les poncifs du genre.

Si les sons synthétiques s’avèrent fort contemporains, ils sont soulignés intelligemment par des instruments plus conventionnels. Les guitares électriques renforcent le caractère graveleux des compos et la batterie acoustique permet de syncoper les morceaux en leur communiquant du relief.

C’est surtout en live qu’ils parviennent à étaler toute l’amplitude de leur talent, sans pour autant sacrifier les caractéristiques typiques du shoegaze.

Leur univers pourrait se résumer à la relation triangulaire entre l'homme, les instruments et la technologie, une coexistence souvent houleuse, mais qui dans le cas d’espèce se solde par une complète réussite en générant des innovations incroyables.

Un band dont on entendra encore parler prochainement !

Quelques minutes plus tard, Return From Helsinki est invité à fouler les planches.

Là aussi, ce sont des gamins ! La vingtaine à tout casser ! De l’aveu même du leader, il s’agit de leur tout premier concert. En tout cas, sous cette forme !

Parce qu’à y regarder de plus près, certains d’entre eux ne sont pas des inconnus ! Buzz (ex-The Tangerines ; qui s’était produit ici même il y a quelques années) et John (ex-Larko) font partie de l’équipe !

Le fer de lance de ce combo belge est l’électro. D’ailleurs, l’instrumentation est purement issue de machines électroniques et de synthétiseurs. Plus contemporaine et noisy aussi !

A tour de rôle, chacun distille un savant mélange de rythmes sauvages digne d’un western spaghetti sauce aigre douce voire piquante !

Une dualité constituée de sonorités éthyliques qui créent une atmosphère sous tension, partagée lors d’un show rudement gonflé et à la limite de la transe.

Ils sont bien habités ceux-là ! Un peu trop même ! Les yeux révulsés, le leader mine des gestes orgasmiques à faire frémir ! Que fait-il dans avec sa main dans le pantalon ? La question reste ouverte…

Une (fausse) première particulièrement réussie !

Si le chapitre 4 du livre de la Genèse raconte le fratricide d'Abel commis par son frère Caïn, soit le premier meurtre relaté par la Bible, le duo formé par les frères Greg et Micka Chainis est lui bien vivant !

Après avoir accompagné durant 15 ans une kyrielle de musicos de tous styles, de Ntoumos en passant par Superamazoo, Monsieur Dupont, Acta, Lady Cover et bien d’autres, les jumeaux multi-instrumentistes lancent leur propre projet en 2013 sous le patronyme d’Abel Caine.

Drivé vocalement par Milann Lafontaine (le fils de « Cœur de Loup »), « Miracles », le premier opus du combo, a bénéficié du concours de deux drummers : Pierrick Destrebecq (pierre angulaire du band à ses débuts) et Santo Scinta (qui accompagne Alice on the Roof en tournée).

Après avoir réalisé un check son qui a un peu traîné en longueur, la troupe arrive le sourire aux lèvres et le pas décidé !

Greg se consacre à la basse, Micka à la guitare et au pad électronique, Gorgo aux synthétiseurs et machines et enfin, le fils à papa, au chant et à la guitare.

D’une voix de ténor légère, largement chaude et subrepticement éraillée, les intonations du singer rappellent immédiatement celles d’un certain… James Blunt. Même si les styles sont diamétralement opposés, la mimique vocale est troublante !

La ligne mélodique du set mélange adroitement pop, soul et funky, tout en invitant quelques touches electro.

Il existe une réelle recherche dans les sonorités qui créent un univers particulier. Les amateurs de Two Door Cinema Club, Metronomy, Phoenix et Foster The People s’y reconnaîtront

Les chansons sont accrocheuses et immédiates ! Le public y prend manifestement beaucoup de plaisir. Ca virevolte, sautille, sent la fraîcheur de l’été et l’insouciance des grands soirs !

Les titres s’enchaînent à une cadence métronomique. Les gaillards sont manifestement rompus au ‘live’ !

Les compos sont essentiellement puisées au sein du dernier LP ! Le set est maîtrisé et quasi sans surprise ! C’est propre et lisse ! Un peu trop même…

Soudain, tout explose lorsque « Electric Purple », titre phare matraqué sur les ondes radiophoniques belges, est attaqué !

Les filles remuent leur popotin dans une hystérie frénétique ! « East West », qui les a révélés au grand public, prend le pas ! Aucun temps mort ! La chaleur d’un cran, la température devient difficile à supporter tant l’exaltation est à son comble !

Gorgo sort soudainement de la pénombre, casquette vissée sur la tête. Il s’installe devant l’estrade pour se livrer à une séance de beatbox impressionnante ! Plus qu’un gadget, les sons saccadés produits par sa seule bouche entretiennent une atmosphère légère, proche du hip hop.

En tout, plus de quarante-cinq minutes d’une musique bien construite. A l’instar de la gémellité, résultante d’une ambivalence et de confrontation, à laquelle on aura du mal à trouver de réels défauts !

Milk est très attendu par une large frange du public qui frémit d’impatience.

Fondé en 2004, d’un duo, il est passé à un quatuor ! Les influences majeures remontent jusqu’aux eighties : The Cure, Sneaker Pimps, Fischerspooner, I Am X, mais aussi The Kills.

Après les préparatifs d’usage, une bande son diffuse ‘Faisons l’amour avant de nous dire adieu’. En voilà une bonne idée ! Mais qui tombe mal à propos !

Aline Renard, la préposée au chant, monte sur les praticables ! Que les festivités commencent !

Ce qui aurait dû être un mets à la curiosité insoupçonnée devient vite indigeste dans l'acception ; à cause d’une connotation éventuellement un peu simpliste ou au contraire, un rien précieuse.

Bref, difficile d’accrocher ! Les morceaux cultivent souvent une ambiance sombre comme on en rencontre dans l'électro gothique.

Mais, pas que ! C’est morne et sans relief ! Il y a quelque chose d’inachevé ! Peut-être, votre serviteur est-il trop subjectif ! Quoiqu’il en soit, c’est répétitif à souhait ! Sans oublier le côté très (trop) facile de l’approche artistique ! Ici, on se complaît clairement dans la facilité et la mièvrerie !

Quel dommage ! Parce qu’il faut quand même avouer que chacun essaie d’en faire un max pour mettre le feu (au sens figuré, évidemment) !

A commencer par le drummer qui, dès qu’il le peut, vient rejoindre sa comparse et entame une danse de sioux à s’en faire déplacer les vertèbres !

Lorsque ses gestes ne sont pas à la limite d’un érotisme torride ! Il se touche ainsi le torse en se trémoussant ! Une fille s’approche, le caresse doucement et finit par lui mettre la main au paquet ! Un scénario qui se déroule sous les cris hilares de la quasi-majorité du parterre ! L’épilogue ne nous dira pas comment et avec qui il a fini sa soirée…

Après quinze minutes de ce spectacle navrant, direction le bar ! Là au moins, on est certain de ne pas être déçu !

Enfin, c’est en accusant un peu de retard (il doit être aux alentours de minuit) que The Von Dead a l’honneur de mettre un point final de ce qui restera l’une des meilleures éditions du Wolfrock.

Autant dire que les paupières commencent doucement à devenir lourdes !

Les minois font figure de déjà vu ! En effet, Elliott Charlier (chant) et Nicolas Scamardi (drums) sont les anciens membres de Von Durden. Pour monter ce nouveau projet, ils se sont entourés de Max Tedaldi (Mums and Clowns), Ludwig Pinchart (The Banging Souls) et Leila Alev (The Smock).

Tous ont donc déjà milité au sein d'autres combos et connaissent parfaitement les codes du genre ; ce qui leur permet d’afficher une assurance à toute épreuve.

Fort intéressant, son premier Ep, « Dog Souls Fight », reflètera parfaitement le concert de ce soir !

Un set particulièrement dynamique ! Un rock/noise rock, aux accents stoner, qui sent la transpi, le torse nu et l’arrogance dans l’énergie et l’intention.

Entre guitares dégoulinantes de fuzz, velléités psyché et petites touches féminines judicieusement enrobées de new wave, l’expression sonore trahit un véritable amour de la musique...

Du son bien crasseux et des décibels à n’en plus finir pour terminer en beauté !

Détail croustillant, le bassiste arbore un cache oreille bien étrange. Est-ce pour tenter de dissimuler un crâne dégarni ou pour se protéger les tympans ? Mystère…

Parfois bruitiste, ce show parvient difficilement, et malheureusement, à retenir une frange du public qui s’éloigne peu à peu. Si les uns se dirigent vers le bar, histoire de s’hydrater, les autres jettent l’éponge et regagnent leur véhicule.

Quoiqu’il en soit, le Wolfrock aura tenu ses promesses ! Rendez-vous dans 10 ans ?

 

 

No Sleep 2017 : samedi 15 avril

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Il s’agit déjà de la quatrième édition du ‘No Sleep festival’, un événement qui se déroule à Ath, dans un ancien hangar à grains complètement rénové, situé le long de la Dendre et derrière la gare. L’affiche propose des groupes et artistes en devenir, belges ou français. Honnêtement, en découvrant la salle, il y avait de quoi être inquiet. La raison ? La hauteur du bâtiment. Une frayeur vite balayée, au vu de la présence de Jérémy Samain, l’ingé son du Salon de Silly, derrière les manettes.

The Rackers ouvre les hostilités à 17h00. A son actif, un Ep, « Black » (NDR : dont le titre, « 1, 2, 3 », fait l’objet d’une vidéo ; et c’est à découvrir ici). Ce power trio (NDR : qui a déjà a remporté quelques ‘tremplins’) réunit le chanteur/guitariste Jim, le bassiste Alan et le drummer Yoan. Quoique en retrait, c’est ce dernier qui mène la danse. Sa frappe est métronomique et accentue progressivement l’intensité des morceaux. Ce qui permet à la température ambiante de grimper. Si bien que le batteur se retrouve rapidement en ‘marcel’… L’intro est gorgée de sonorités de gratte saturées, distordues ou triturées par les pédales. Ce sera d’ailleurs le cas, tout au long du set. Qui s’ouvre par « Snap ». La basse ronfle. Le climat est malsain et ténébreux. Et nous plonge dans les 90’s. Plus métallique, « You Could Be My Girl » est chargé de testostérone. Le drummer est vraiment époustouflant. Parfois, le spectre des Doors plane. Mais sans les claviers. Un set particulièrement rock exécuté dans l’esprit de bUNNY bLACK bONES. A suivre de très près…

Quatuor bruxellois, Boda Boda implique les chanteurs/guitaristes Benjamin Caroyez (NDR : ce barbu est né dans la cité des Géants) et Thomas Stadnicki, le drummer Lukas Melville ainsi que le préposé aux synthés Romain Rouklis. Le combo avait décroché le prix du ‘Best Live Act’, dans le cadre des Gentse Feesten, et avait atteint la 3ème place du Concours Circuit, en 2016. Il peut aussi compter sur un fan illustre ; en l’occurrence Dave Grohl (Foo Fighters) qui a déclaré à leur sujet : ‘The best rock band with at least two BODAs in its name’. Et c’est également l’an dernier que le band a publié son premier essai, un Ep 5 titres, baptisé « The Greatest Hits ». Fallait sans douter, la formation pratique un stoner/metal/grunge. Et il est inspiré par Queens Of Stone Age, Mastodon et Nirvana, auxquels les musicos ont certainement été biberonnés. Mais le contenu a été parfumé d’effluves empruntés à Raketkanon et surtout à Tame Impala. Les harmonies vocales sont accrocheuses. Branché sur un ampli à gratte, le synthé sonne comme une basse. Burné, « Bauver » entame les hostilités. Plus expérimental, « Mr. Bad Luck » baigne dans le noise rock. Les guitares s’y révèlent incisives. Et particulièrement efficace, « The Pillow, The Stairs And The Wet White Hair » décoiffe littéralement (NDR : c’est le cas de le dire !) Les percus sont particulièrement nerveuses, notamment sur le morceau de clôture, « Hafid ». Et les synthés y libèrent alors toute leur puissance.

A l’instar de Hyphen Hyphen, Alpes est un combo niçois. Mais ici s’arrête la comparaison, car le premier cité est surtout spécialisé dans le play-back… Fondé en 2013, le quartet réunit le chanteur/guitariste Quentin Munoz (NDR : un blondinet !), le gratteur Paul Chapuis, le bassiste Charles Eynaud De Fay et le drummer Antoine Jenkins. D’après les commentaires laissés sur la toile, les disques du combo sont excessivement soignés (NDR : intitulé « Between moon and sun », son premier elpee est paru en juin 2016) ; mais en ‘live’, il est bien plus percutant. C’est d’ailleurs cet LP qu’il est venu défendre. Si la structure des compos repose sur les deux grattes, l’ensemble est manifestement sucré par la french touch ainsi que le néo-psychédélisme cher à MGMT et Tame Impala. Sculptés tour à tour dans le surf ou le funk (NDR : celui des Scissor Sisters ?), les riffs sont puissants et tranchants. Titre d’entrée, « Feel It » nous entraîne dans un univers psyché pop paisible. Un peu trop, peut-être. La voix est légèrement vocodée. Les chœurs sont séduisants. Les claviers enrichissent judicieusement les bien plus sautillants « Another Secret » et « Betogether ». Le groupe ose deux nouvelles compos : « You Listen While I'm Taking » et « You Down ». Place ensuite au nouveau single, le plus cérébral « Lune et l'autre ». « Fleeting Sadness » et « Moon Boots » sont deux morceaux qui montent progressivement en puissance. Titre judicieux, « Learning To Fly » est davantage atmosphérique. Avant d’atteindre le Mont Blanc, grâce aux bien musclés « The Shy Bow Without » et « Target Tell Me Why »…

Sur les planches, Raphaël Esterhazy, alias Konoba, est flanqué de la moitié du groupe Solkins ; en l’occurrence Maxime ‘big moustache’ Simon, à la guitare et aux claviers, ainsi que Maxime Honhon, à la basse et aux synthés. Un line up complété par un drummer (NDR : encore un barbu !) Konoba vient de graver son premier opus, « Smoke And Mirrors ». Après s’être produit, à de nombreuses reprises, comme supporting act, il est enfin tête d’affiche ! Sur les planches, la complicité entre les différents musicos est étonnante. Il y a également une belle interactivité entre les artistes et l’auditoire, dont les filles (aussi bien les boutonneuses que les plus mûres), aux premiers rangs, boivent les paroles du chamane, comme du petit lait. La scène est décorée de grandes lampes vintage. Un flux lumineux intense arrose la scène. Et « Smoke And Mirrors » ouvre le show. Les deux claviéristes mènent la danse. Raphaël tapote sur sa machine. Il se déhanche et se balance. Atmosphérique, sa voix navigue quelque part entre celle de Joe Newman (Alt-J), Beck et Gotye. « I’M A Wolf » nous raconte l'histoire d'un homme et d'une femme, faits l'un pour l'autre, qui se croisent parfois, mais ne se rencontrent jamais. Big moustache empoigne sa gratte. Raphaël siège derrière les ivoires. Pop/rock spasmodique, « I’Ve Been Dreaming » est un nouveau titre. Place ensuite au moment ‘câlin’ du spectacle. Ainsi, pendant « Love » la foule se rapproche de Raphaël qui prend un bain de foule. Plus lent, sucré et dansant, « Penny Dropped » est inspiré des Fab Four (NDR : déjà ce titre !) Raphaël module sa voix comme il le souhaite. Encore un nouveau titre : « Dancing In The Moonlight ». Raphaël se sert d’une gratte semi-acoustique pour interpréter la cover du « Lover You Should’Ve Come Over » de Jeff Buckley. Surprenant ! Une seule chanson dans la langue de Molière : « L’indifférence ». Sur l’album elle dure 12 minutes. En ‘live’, elle est écourtée, sans pourtant nuire à sa qualité. Konoba n’oublie pas son hit, « On Your Knees », qui a enregistré plus de 2,5 millions de vue sur YouTube. Une autre cover. Celle du « My Body Is A Cage » d’Arcade Fire. Et elle est superbement revisitée. Le show est terminé et on reste indubitablement sur sa faim. Normal au vu de l’excellente prestation de l’artiste. Il se produira encore dans le cadre des Nuits Botanique, au Cirque Royal et lors de la plupart des festivals d’été. Qu’on se le dise ! Un seul regret, c’est que l’édition 2017 du ‘No Sleep’ n’a attiré que 150 spectateurs. Trop peu pour un tel événement !

Pomrad + Konoba + Alpes + Boda Boda + The Rackers

(Organisation : No Sleep ASBL)

 

Sofar Sounds Belgium 2017 : samedi 18 mars

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Deux groupes. Un public. Un lieu intimiste et gardé secret un jour avant les prestations. Des organisateurs passionnés. Ce cocktail, Jean-Michel Kulumba le contrôle de main de maître. Presque tous les mois, des spectacles Sofar Sounds sont organisés tant à Bruxelles qu’à Anvers ou à Gand. Ce concept est né à Londres, en 2009. Depuis, quatre cents concerts sont organisés chaque mois. La communauté Sofar Sounds est présente dans plus de trois cents villes à travers le monde.

Ce soir, la diversité est présente tant sur la petite scène de l’appartement qu’occupe Wip Music, siège de trois jeunes entrepreneurs belges, qu’au sein de l’auditoire. Ici, dans cet espace dédié à la musique, les conversations sont suspendues jusqu’à l’entracte. Le respect des artistes est presque un dogme. L’écoute attentive une nécessité. Le set commence par la voix suave mais puissante de la jeune chanteuse Julie Jadoul, qui n’est pas sans rappeler celle de Jevetta Steele, artiste connue grâce son single « Calling you », qu’on peut entendre dans le film ‘Bagdad Café’. D’entrée de jeu, elle s’impose sur la scène, malgré une nervosité apparente. Les morceaux sont mélancoliques. La tonalité du saxophone et celle de la guitare électrique, jusqu’ici timide, s’équilibrent. Le tempo est lent. Les notes s’accrochent à la ligne mélodique du blues et du jazz. A travers les compos, la jeune Julie s’interroge sur l’amour et le besoin de perfection. A l’instar de la chanson « Sarah Jane » qui parle d’une fille intelligente, drôle et parfaite. La prestation est chaudement applaudie par un public plutôt conquis par la voix au timbre si particulier de Jadoul.

La pause est longue. Les conversations vont bon train. Les organisateurs discutent en compagnie des heureux élus de la soirée (une centaine parmi une guest list de cinq cents personnes). La proximité, l’esprit de communauté sont des valeurs que véhicule Sofar Sounds Belgium. On peut dire que rien n’est laissé au hasard. L’accueil, un bar improvisé, des petits coussins disposés à même le sol. On se sent comme chez soi. Le groupe suivant s’installe.

Soul T est une formation issue de Bruxelles. Le chanteur, qui n’a jamais pris de cours de chant, chauffe ses cordes vocales en choisissant des ballades orientées soul, un style dérivé du gospel et du rhythm and blues (R&B). Le set se poursuit par des rythmes plus funky. Le tempo est plus rapide. Les invités commencent à danser. La facilité de l’artiste à passer d’une voix grave à une très aiguë évoque James Brown, le Godfather of Soul.

Le guitariste ne lésine pas sur les solos de guitare, démontrant ainsi toute l’étendue de son talent. Très à l’aise dans son rôle, Soul T s’amuse et invite ou plus exactement incite le public à répéter ‘I feel so good’. La fin de la prestation est plus surprenante. A cause d’une reprise très funky du « Come together » des Beatles. De quoi terminer une soirée pleine de surprises. On regrettera, cependant, l’excès de soli de gratte ainsi que le manque de rythme pour passer d’une compo à l’autre.

Les derniers mots reviennent à Zara, présentatrice de la soirée, qui nous rappelle l’importance de s’unir pour faire découvrir les artistes belges et étrangers. Elle parle de tous les Sofar Sounds à travers la Belgique (Bruxelles, Anvers, Gand et Liège). Car la musique n’a pas de frontières linguistiques, comme le souligne si bien Jean-Michel.

Soul T + Jadoul

(Organisation Sofar Sounds Belgium)

Persistence Tour 2017 : dimanche 22 janvier

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L’année 2017 démarre sur les chapeaux de roue. Et pour cause : s’il y a bien un évènement qu’il ne faut pas rater –à condition bien sûr d’accepter d’abandonner bouillotte et autres charentaises– c’est la nouvelle cuvée du Persistence Tour, le rendez-vous annuel du gratin du Hardcore (et de ses dérivés). Il faut dire aussi que, cette année, la charge dans le barillet était particulièrement impressionnante en matière de têtes d’affiche. Jugez plutôt : Suicidal Tendencies, Agnostic Front, Municipal Waste et Walls of Jericho.

Ce dimanche après-midi, la température est négative. Pas de neige, ni de verglas. Autrement dit, les conditions sont idéales pour accomplir le trajet sans encombre. En arrivant devant l’enceinte de la salle De Mast, on est surpris par l’affluence. Alors que les hostilités viennent à peine de commencer, il ne reste plus beaucoup de places de parking libres. Quelques demi-tours et marches arrière plus loin, j’en déniche une, derrière le bâtiment. Le froid piquant incite à presser le pas. Une bonne partie du mur latéral droit de la salle –qui peut accueillir un peu moins de 2 000 personnes– est occupée par des stands, proposant le merchandising des sept bands au programme. Il y en a pour tous les goûts : du t-shirt au pull, du bonnet à la casquette, en passant les patchs et les stickers, tout le monde aura le loisir de repartir en emportant un souvenir de cette soirée marathon.

Vu les difficultés de stationnement, Stab, le seul groupe belge à l’affiche, passe malheureusement à la trappe. Un quart d’heure plus tard, c’est Mizery qui est invité à mordre les planches. Originaire de Californie du Sud, il propose un Hardcore old-school à la carapace métallique. Ne révolutionnant certes pas le genre, cette nouvelle formation parviendra néanmoins à sortir son épingle du jeu grâce à une prestation qui est montée en crescendo et en puissance, atteignant son apogée au bout du set.  

Cap ensuite sur New York, en compagnie de Burn, un quatuor drivé par son charismatique vocaliste Chaka Malik. Hormis ses chaussures, soit une paire de Nike aux tonalités rose et vert fluo, il est tout de noir vêtu. Et en jeans. Effets garantis ! Yeux mi-clos, regard perdu dans le vide, mouvements parfois hésitants et s’amusant à faire voltiger son pied de micro dans les airs, Chaka semble être sous influence, sans pour autant perdre la hargne et la forme revendicative de son chant. Se référant au Hardcore plus lent des années 80, Burn jouit d’une certaine aura ; et ce pour avoir semé, ça et là, des graines musicales au sein de bon nombre de formations. En témoigne peut-être la présence en backstage, tout au long du set, de Candace Kucsulain, vocaliste de Walls of Jericho. Cette dernière ne va perdre aucune miette du show, marquant le rythme des morceaux de ses mains et ne quittant jamais le chanteur du regard. Elle sera ensuite rejointe par Daniel Spector et Pokey Mo, respectivement batteurs de Down to Nothing et Agnostic Front. Une belle découverte.

Les roadies s’affairent, emportent les instruments pour laisser la place à Down to Nothing. Quintet ‘Straight Edge’ (mouvance du punk hardcore dont les membres bannissent toute consommation d’alcool, de tabac et autres drogues récréatives), le combo est le premier à bénéficier d’un backflag. Il est frappé du logo du band en lettres capitales blanches et vertes. Tout comme leurs prédécesseurs, les coreux ont pour mission de retourner la fosse en une demi-heure, top chrono. Un pari pour le moins réussi, insufflant une première vague de fièvre dans la salle : premières bousculades, va-et-vient musclés entre les spectateurs et quelques poings qui s’envolent. Les sacro-saints ‘mosh-pits’ commencent à émerger. David Wood, vocaliste du band, n’est également autre que le bassiste du légendaire Terror (voire même temporairement vocaliste, en remplacement d’un Scott Vogel souffrant) ; pas étonnant dès lors, qu’il n’a fallu que très peu de temps à la formation pour mettre le feu aux planches.

La salle De Mast est maintenant bien électrisée pour accueillir l’une des premières grosses pointures de la soirée, Walls of Jericho. Un nouvel opus sous le bras (« No One Can Save You From Yourself »), qu’il a quand même fallu attendre huit longues années avant de le voir sortir, le band de Detroit est attendu de pied ferme. Candace Kucsulain déboule sur le podium, jean noir ultra moulant et t-shirt de musculation à l’effigie du groupe. La chanteuse est en effet une grande adepte du deadlift, c’est-à-dire un exercice de musculation consistant à soulever de terre des charges (très) importantes. Une pratique qui non seulement développe le physique, mais nécessite, en outre, une force mentale phénoménale, afin de pouvoir accomplir l’effort nécessaire au bon moment. Un exercice qui ne peut que se répercuter sur les planches. Candace est survoltée. Elle arpente la scène de long en large et martèle le sol de ses membres surdéveloppés. Sa voix, est devenue de plus en plus grave au fil du temps. Elle lui permet de hurler telle une exorciste s’attaquant au pire des Malins. Certains classiques du band sont évidemment interprétés. A l’instar de « A Trigger Full of Promises » ou encore « The Americain Dream » ; mais la part belle du trop court set (quel dommage !) sera néanmoins constituée de pistes issues de son dernier LP ; et notamment « Relentless » ainsi que « No One Can Save You From Yourself ». C’est finalement sur « Revival Never Goes Out of Style » que le groupe prend congé de l’auditoire. La vocaliste descend de son perchoir pour rejoindre la foule, debout sur les barrières de sécurité, entraînant par la même occasion une ruée des premiers rangs afin de donner du cœur avec la chanteuse. Ça se bouscule, ça joue des coudes, ça s’agrippe les uns aux autres : le dernier morceau arrive à sa fin et il faut donner ce qu’il reste dans les poumons. Le groupe repart aussi vite qu’il est apparu, laissant la fosse entonner le refrain du dernier morceau, telle une promesse de se retrouver bientôt.

Place à présent au mouton noir de la soirée, Municipal Waste, sortant pour l’occasion des ornières Hardcore de la soirée. Le look des musiciens qui assiègent la scène ne laisse pas planer le doute : la fosse va recevoir une bonne dose de Thrash Metal (ou pour les puristes, de Crossover Thrash Metal, un Thrash Metal influencé par du Punk Hardcore). Vieilles vestes en jeans trouées, t-shirt old-school, cheveux longs –dont on épinglera la coupe typique mulet du guitariste Nick Poulos–, bandanas dans les cheveux, bref, toute la panoplie est au rendez-vous. Egalement issus de Virginie, les musicos ne font pas dans la dentelle : ça balance à gros coups de riffs, ça martèle sec et le chant de Tony Foresta est tout aussi violent que rapide. ‘On est content d’être là en Belgique, vous avez vraiment la meilleure bière au monde’, balance-t-il avant de poursuivre : ‘C’est d’ailleurs une chanson pour vous !’. Il ouvre une cannette de Jupiler, boit deux gorgées puis la secoue en arrosant les premiers rangs, avant d’attaquer le morceau évocateur, « Beer Pressure ». N’allez pas chercher de la grande philosophie chez Municipal Waste, les musicos sont venus pour boire des coups et jouer de la bonne musique. Puissante et efficace. ‘Direct to the point’, quoi. Et ça marche ! En marge de cette prestation, on notera quand même la présence, sur le stand le merchandising du band, d’un t-shirt particulier, arborant en façade un Donald Trump se tirant une balle dans le crâne (avec son lot d’hémoglobine, cela va de soi) et dans le dos, le message ‘The only walls we build are walls of death’. Comme quoi, on peut jouer au con et chercher quand même, et subtilement, à passer certains messages politiques…

Il est 21h45 et l’avant-dernier round de ce Persistence Tour est prêt à en découdre. Et pour la circonstance, le combo hardcore légendaire Agnostic Front bénéficie d’un quart d’heure supplémentaire de set, par rapport à ses comparses. Les lettres rouges du logo côtoient, en arrière-plan, une effigie de la Statue de la Liberté ; mais le doux visage a été remplacé par un crâne. En fait il s’agit de l’illustration de la pochette du dernier elpee du combo, « The American Dream Died ». Après une intro constituée d’un pot-pourri du répertoire de la formation, sur fond de sirène des forces de l’ordre, les musicos débarquent un par un. Roger Miret, en digne leader représentant du Punk Hardcore, en affiche ostensiblement le look : bandana sur le crâne surmonté d’une casquette coiffée à l’envers, chemise noire sans manches, short et chaussettes/bas noirs recouvrant entièrement ses jambes. Idem pour son guitariste, Vinnie Stigma, tempes complètement rasées, vêtu d’un t-shirt d’Iron Reagan, un groupe de Crossover américain qui implique notamment des membres de Municipal Waste. L’artiste est armé d’une gratte noire, ornée d’une couronne de lauriers, au dos de laquelle est mentionné ‘Stigma’ en lettres capitales. Chemise noire impeccablement repassée et pantalon de la même couleur, Pokey Mo, derrière ses fûts, ne laissera jamais transparaître la moindre émotion, mû par cette retenue typique de la tradition asiatique. Malgré un son pas vraiment génial, les New-yorkais ne vont pas perdre de temps et asséner, au cours des trois-quarts d’heure alloués, pas moins de quinze morceaux. En trente-sept ans de parcours et onze albums studio, ce n’est évidemment pas le choix qui manque : de « Victim in Pain », sorti en 1984, à « Police Violence », paru l’an dernier et figurant sur son dernier LP, en passant par les incontournables « For My Family » ou encore « The Eliminator » (en titre d’ouverture). Une prestation carrée, marquée en outre par un duo improvisé avec Chris Michez, chanteur de Do or Die, sur « Peace » (un duo assez symbolique en somme, vu que le leader du groupe de Hardcore belge, un des plus notoires du plat pays, a annoncé il y a peu son désir d’en revenir à un style originel, entraînant par la même occasion un remaniement du line up). Roger Miret s’adresse aussi à la foule : ‘Une des meilleures façons de soutenir un groupe, c’est de passer par notre stand merchandising’, avant de poursuivre ‘… car plus que jamais nous avons besoin de vous… ! From the East coast to the west coast… Gotta gotta gotta go !’, et d’enchaîner directement par « Gotta Go », le pit hurlant à gorge déployée le début du morceau, tel un hymne. Les slams s’enchaînent les uns après les autres, n’épargnant pas le boulot de la sécurité. Cerise sur le gâteau –ou plutôt dernier coup de botte dans la fourmilière– les icônes du mouvement signent leur prestation par une reprise pêchue du « Blitzkrieg Bop » des Ramones, achevant dignement les derniers survivants dans l’auditoire.

Le Persistence Tour porte bien son nom : au-delà de la qualité des groupes sélectionnés, suivre ce mini festival du début jusqu’à la fin résulte d’une certaine forme d’obstination voire de ténacité. Et de l’énergie, mieux valait en avoir conservé un peu afin d’accueillir, comme il se doit, l’un des fers de lance du Crossover, Suicidal Tendencies. Un squelette vêtu d’une chemise à carreaux et coiffé d’une casquette à l’effigie du groupe fait à présent face au public, remonté à bloc pour ce final act. Les artistes opèrent également leur entrée un par un. Que ce soit le t-shirt, la vareuse, le bandana, le short ou les chaussettes, tous le vêtements sont les mêmes que ceux vendus sur le stand merchandising. L’introduction de « You Can’t Bring Me Down » bat son plein dans les enceintes tandis que Dean Pleasants, un des guitaristes de la formation, l’accompagne en enchaînant les notes suaves. Mike Muir, vocaliste, crâne quasi-rasé, hormis sa longue tresse qui lui tombe dans le dos et bandana au ras des yeux, se plante sur la droite du podium. Il ne tient plus en place jusqu’à finalement hurler ‘What the hell's going on around here?’. Le coup de feu est parti ! Les musiciens tournent en rond en adoptant ce pas typique du mosh, à longues enjambées. Pas question ici d’une éventuelle mise en bouche ; les Californiens taillent dans le gras directement grâce à l’un de leurs plus grands succès. La fosse se déchaîne, pieds et bras se perdent tout en aidant les coreux les plus remontés à slammer sur le public en transe. Malgré une setlist plutôt atypique –seulement dix morceaux– amputée de son plus grand tube « Institutionalized » (pourtant prévu sur la setlist papier !) et de son dernier single en date, « Clap like Ozzy », le combo reste fidèle à sa réputation et électrise totalement l’auditoire. Trente-sept ans de scène et, pourtant, le groupe témoigne encore tout autant sa joie de se produire en ‘live’. Les musiciens ne tiennent pas une minute en place, et tout particulièrement Mike Muir qui, quand il ne court pas dans tous les sens, se déchaîne sur le rythme des morceaux, en exécutant une gestuelle pour le moins étonnante ; et pour cause, il tourne les bras, mains acérées, tel un rongeur qui creuserait un terrier. Même si le patronyme du combo a résisté pendant plus de quatre décennies, il n’en reste pas moins que le line up a subi de très nombreuses modifications, au fil du temps. Trois des cinq membres ont en effet débarqué l’année dernière, dont Dave Lombardo, le ni plus ni moins ancien batteur de Slayer, parti de la formation après de profonds désaccords. Une arrivée de marque dans Suicidal Tendencies, qui ne peut ajouter qu’une couche de vernis brillant supplémentaire au band. À tel point que lorsque Mike Muir demande au public d’applaudir le batteur, ce dernier apparaît quelque peu gêné du succès récolté et demande d’acclamer également les autres membres du quintet. De « Subliminal » et « I Saw Your Mummy », tirés de leur album éponyme de 83, à « Freedumb » (99) ou encore « Living for Life » (16), les hommes forts du Crossover brasseront des titres dans l’ensemble de leur carrière. Et puis, et c’est peut-être là le plus important, ils ont permis à leur public de faire la fête. De la bonne humeur en barre, à laquelle la fosse a manifestement répondu présente, que ce soit par les dizaines de slams (dont un slammeur en kilt, qui retombera malheureusement assez mal, perdant connaissance après que sa tête se soit fracassée sur les barres de sécurité) ou cet acharnement à monter sur le podium à deux reprises, à l’invitation du groupe. Un beau bordel dont le leitmotiv principal consiste à faire passer du bon temps.

« Pledge Your Allegiance » clôt le set, moment au cours duquel le bassiste Ra Diaz invite la foule à reprendre en chœur les initiales du groupe en mimant les lettres à l’aide de ses mains. Les artistes reposent leur instrument et regagnent le backstage, à l’exception du chanteur qui préfère descendre de l’estrade et venir saluer ses fans, se prêtant au jeu de quelques photos souvenirs. Une attitude humble et modeste –un détail en somme !– mais qui démontre bien la mentalité du band, respectueux et en osmose avec ses aficionados. Une attitude qui caractérise généralement bien les participants à ces Persistence Tour : de la qualité, du respect et un profond amour de la musique et de la culture qui l’entoure. Allez, plus qu’un an à patienter ; on y sera vite !

(Organisation : Heartbreaktunes + ASBL Strike)

Le Père Noël est un Rockeur 2016 : samedi 3 décembre

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Pour cette 16ème édition, les organisateurs du ‘Père Noël est un Rockeur’ ont voulu innover.
Si dans le passé, le précieux sésame était échangé contre un ou plusieurs jouets, il faut aujourd’hui débourser quelques dix euros au profit de Viva For Life, pour l’obtenir.
Les fonds récoltés serviront à financer les associations caritatives qui bossent en faveur de la petite enfance et de la pauvreté en Belgique.
On ne peut qu’applaudir cette initiative ; mais également les bénévoles qui y participent ! Mais avouons tout de même que ce matérialisme outrancier dénature le côté féerique de l’événement ! Preuve du temps qui passe…
Etrangement, Dour, cheville ouvrière, ne les accueille plus ; et les concerts, autrefois répartis tout au long du mois de décembre, se déroulent à la même date, aux quatre coins de la Belgique. Bof, bof !
Bonne nouvelle quand même, ce mini festival est labellisé ‘Ecoresponsable’ ; donc il mène des actions de sensibilisation relatives aux thématiques touchant à l’environnement, la mobilité, l’alimentation et le développement durables.
Les amateurs de bon son ont donc dû faire un choix cornélien (et malheureux pour le coup) entre le VK de Bruxelles, le Rockerill à Charleroi, le Jardinet de Thuillies (qui signe là son grand retour et propose la seule véritable affiche digne de ce nom) et le Manège à Mons.

Direction Capitale Européenne de la Culture 2015 pour votre serviteur.
Quatre groupes y sont programmés !
En passant le portique, force est de constater que Santa Claus a fédéré peu de monde ! Il ne doit pas y avoir plus de 70 âmes dans la salle. On est donc loin du sold out ! Dommage qu’une si belle cause ne rameute pas davantage de peuple…
La météo capricieuse et le renforcement des contrôles de police, en cette période de fin d’année, auraient-ils eu raison de cette semi réussite ? Les lecteurs apprécieront…

Témé Tan a la lourde charge d’ouvrir les festivités. Malheureusement, un problème de timing ne m’a pas permis d’y assister. Ce sera pour une autre fois…

Vers 21 heures 15, Warhaus prend les commandes. Le public est un peu moins clairsemé ! Faut dire que les planches sont squattées par Maarten Devoldere himself ! Pas un inconnu dans le paysage musical…

Penaud, le gaillard se plante face à un public exalté ! Les applaudissements s’élèvent instantanément. Surpris d’un tel engouement, il baragouine quelques mots dans un français approximatif ! Bel exercice de style, quand même, pour un Flamand…

Il est venu présenter un premier opus prometteur paru cet automne : « We fucked a flame into being ». Tout un programme !

Des les premières notes, on est séduit par les mélodies franchement groovy ! Et les compos se révèlent à la fois hypnotiques et contemplatives.

Situé à l’avant-plan, le drummer se sert d’une batterie mi-électronique, mi-acoustique. Et ses interventions sont percutantes voire détonantes…

Les sonorités sont chaudes et sensuelles. La voix de Maarten est particulièrement flemmarde. Parfois on se demande quand même s’il est concerné. Et si c’est vraiment le chanteur du combo iconoclaste, Balthazar. Surprenant !

Il chante dans la langue de Shakespeare. Fluides, feutrées, douces, sucrées même, les plages s’écoulent naturellement…

Les projets solos pullulent, et en général, font souvent pâle figure ! Mais après ce set, tous les doutes qui auraient pu nous tarauder l’esprit, sont balayés. Malheureusement, pour un tel concert, 30 minutes, c’est trop peu. De quoi frustrer les aficionados ; et on les comprend…

Après une pause bien méritée, changement de cap et d’ambiance ! Place aux jeunes gens du Colisée.

Ne cherchez pas midi à quatorze heures, le patronyme s’inspire d’un bouquin intitulé ‘Tempo di Roma’ signé Alexis Curvers. Tout simplement !

La fosse est nettement plus clairsemée… trop occupée à s’en mettre derrière la cravate, au bar, sans doute ! Plus aucun danger de tomber sur une bande de pogoteurs !

A l’origine de cet ovni belge : David Nzeyimana. Il a également fréquenté l’Académie pour suivre des cours de guitare, de violon et de solfège.

Il assure les vocalises. Au départ, il menait la barque en solitaire. Sur les planches, il est soutenu par quelques acolytes ! Ils sont tellement jeunes qu’on peine à voir les premiers poils au menton ! Certains militent chez Robbing Millions et Lonely Drifter Karen.

Le Rwandais a sévi au sein plusieurs formations, endossant même des rôles différents. Son  nouveau projet est né dans l’inimité de sa chambre. Et il a rencontré un succès inespéré grâce au ‘following’ du net. Cet engouement l’a encouragé à poursuivre son aventure et dans la foulée, il a publié un deuxième Ep, baptisé « Vie éternelle II ».

A première écoute, le style proposé est particulier, naviguant entre digital et analogique ! Difficile à cataloguer même. Si pas inclassable ! Vu le recours aux vieux synthés (NDR : de type Bontempi), les références aux eighties sont manifestes. Encore que l’ensemble soit parfumé de fragrances hawaïennes. Quoique rafraîchissant, audacieux, déconcertant, léger et marchant à contre-courant de la norme consensuelle, c’est surtout très (trop) kitsch !

Finalement, ces ados sont venus pour prendre du bon temps. Ils aiment brouiller les pistes, sauter d’un genre à l’autre pour finalement entraîner le mélomane sur un chemin où il ne peut que s’égarer…

Au fil du temps, l’ennui commence à vous envahir. La boîte à rythmes est répétitive. Les sonorités sont bien trop similaires. Une forme de linéarité qui exclut le moindre relief ! A tel point que le set devient insupportable !

A la fin du show, les gosses invitent l’ingé son à prendre le micro pour pousser la chansonnette. Il n’a d’ailleurs pas l’air d’être particulièrement motivé pour ce rôle. Sans intérêt particulier, donc ! Sauf qu’il chante faux. On se serait bien passé de telles pitreries…

Dan San clôt la soirée.

Ce sextuor implique cinq mecs et une fille, Léticia Collet. Non seulement elle se consacre aux claviers, mais elle assure également les backing vocaux.

L’un des plus fervents défenseurs de l'indie folk belge est de retour. Son précédent elpee, « Domino » était paru en 2012. Son dernier, « Shelter » est paru en mars dernier. Depuis, la formation a tourné dans toute l'Europe, accordant plus de 120 dates. Pour enregistrer son nouvel opus, le combo a reçu le concours de Yann Arnaud (Phoenix, Air, Syd Matters), à la production.

Ce n’est pas la première fois que le groupe participe à ce festival ; deux ans plus tôt, il s’était déjà produit, dans le même cadre, sous le dôme de Dour Sport

Une prestation qui ne restera cependant pas impérissable. Molle du genou, imprécise, et sans conviction, elle s’était soldée –dans le chef de votre serviteur– par un ennui profond. A lui décrocher la mâchoire !

Ce soir, le set est bien plus convaincant. Le folk proposé s’avère nettement moins boisé, plus aéré, plus pop, pétillant, toujours bien atmosphérique, mais davantage électrique. De quoi susciter la curiosité.

Les titres valsent, laissant aux temps morts très peu de répit. Le ‘lead vocalist’ est beau gosse. Ses cheveux sont dorés. Comme une jolie femme. Mais sa barbe bien fournie relègue ce phantasme au placard.

D’ailleurs, il semble attirer le public féminin qui s’agglutine contre les barrières de sécurité. Les regards langoureux et les sourires baveux en disent d’ailleurs long, sur son pouvoir de séduction…

Chaque compo constitue une ode au voyage, une évasion vers de grands espaces. Un peu dans l’esprit de Damien Rice, Ben Howard ou encore Maximilian Hecker.

Un membre du combo annonce que le team va se mêler à l’auditoire, le temps d’une chanson.  Et là, le temps va s’arrêter pendant trois minutes trente.

Une émotion fébrile traverse le parterre. La sèche prend le relais. Les autres abandonnent leur instrument et se chargent des chœurs. La respiration est haletante. Quelques larmes coulent. L’émotion est à son comble. Quel grand moment de bonheur !

Le combo remonte alors sur scène pour aborder une flopée de titres sautillants.

Il est temps de se dire au revoir. Les comparses quittent un à un l’estrade, laissant les manettes au batteur qui continue de marteler ses peaux sans relâche…

Si cruellement, parfois le Père Noël est une ordure, il a peut-être aussi un sacré cœur de rockeur !

Dans San + Colisée + Warhaus + Témé Tan

(Organisation : Dour Festival + Go Go ! ASBL)

Sinner's Day 2016 : dimanche 20 novembre

Après une pause de 5 ans, le Sinner’s Day, grand messe dark, est de retour. Fondé en 2009, ce festival réunit, à Hasselt, la fine fleur de la musique new-wave/post-punk 'old school'. Indoor, il se déroule au sein de l'Ethias Arena. C’est l’organisation limbourgeoise Star Events qui en a repris le concept. Et l’édition, cette année, est très alléchante. Confirmation, plus de 7 000 fans ont fait le déplacement, bien décidés à enclencher la machine à nostalgie et à se remémorer cette période lumineuse de la musique sombre : les années 80.

En lever de rideau : The Cassandra Complex. Il s’agit du projet créé à Leeds, par Rodney Orpheus, en 1980. Nous n'avons pas pu assister à sa prestation, mais on se souvient bien de celle accordée dans le cadre du Rewind, en 2012. On est d’ailleurs certain que sa musique très originale, mélange de new wave, punk et electro, a dû séduire les festivaliers déjà présents à partir de 13h.

A notre arrivée, nous sommes accueillis par les organisateurs, qui ont mis le paquet pour faciliter le travail des journalistes. Très pro ! Un Press Café est installé derrière la table de mixage, une Press Room permet de se connecter et de travailler et le bracelet donne accès à la zone ‘Frontstage’ des photographes, pour autant que les artistes aient accepté de se faire tirer le portrait. Au sein de la programmation, seul Tricky refuse leur présence, frontstage.

Après le ska, dispensé par la formation insulaire The Beat, place au premier 'gros morceau' de la journée : Tuxedomoon. Il est alors 15 heures. Formé en 1977, à San Francisco, ce projet s'est taillé une place enviable sur la scène musicale. Il est même considéré comme un des pionniers du post punk et de la new wave. Son single, “No Tears”, remonte à 1978. Un classique du genre qui a influencé nombre d'artistes (dont un certain Brendan Perry de Dead Can Dance). Au cours des eighties, les musicos se sont exilés en Europe, s’établissant même tout un temps à Bruxelles. Ils ont étendu la palette de leur son en créant une forme d'art-rock hybride assez unique en son genre. Il faut imaginer une ambiance jazzy, cinématique, reposant sur des lignes de basse très post-punk et une rythmique minimaliste et obsédante, une expression sonore sur laquelle viennent se greffer des voix et d'envoûtantes arabesques de saxophone, de trompette ou de violon. Un peu comme si Velvet Underground se payait un improbable bœuf en compagnie de Chet Baker, Roxy Music, Frank Zappa et Death In June (!).

Sur l’estrade, on retrouve, pour notre plus grande satisfaction, les trois membres fondateurs : Blaine L. Reininger, Steven Brown et Peter Principle. Si Principle se concentre exclusivement sur sa basse Epiphone Gibson SG, les deux autres sont, par contre, d'étonnants multi-instrumentistes. Steven Brown alterne entre vocaux, piano et saxophone alors que Blaine L. Reiniger chante et joue du violon ou de la guitare. Le line up est complété un trompettiste et par un préposé aux machines et aux (superbes) vidéos.

Magique, la musique exécutée par le combo génère une ambiance très étrange, quasi-surréaliste, dans le grand hall de l'Ethias Arena. Il y a déjà au moins 4 à 5 000 personnes, toutes habillées de noir, évidemment ! En parlant de couleurs, les touches de guitare et de saxo dispensées tout au long de “Muchos Colores” semblent extraites d'un film de David Lynch. Plus rythmé, “What Use ?” est marqué par la voix très 'devo-esque' de Reiniger et les harmonies jazzy. « Seven Years », également extrait du sublime elpee « Half-Mute » (1980), évoque Gary Numan et Talking Heads. Un style bien personnel de no wave avant-gardiste, caractérisé par une rythmique hypnotique et une voix cinglante. Dans l'ensemble, le spectacle est une belle réussite. A voir absolument au cœur d’une ambiance plus intimiste !

Deutsche Amerikanische Freundschaft (DAF) prend le relais sur l'immense scène. Le logo DAF est projeté sur le gigantesque écran LED disposé au-dessus du podium. Saluons ici à nouveau Star Events, qui est a déniché le meilleur en termes de son, de light show et de logistique. Par contre, il aurait été plus logique que Tricky précède DAF, de manière à respecter une certaine progression dans la puissance des shows. Issu de Düsseldorf, DAF est un duo qui pratique une forme d’EBM minimale. Formé en 1978, il réunit Gabriel ‘Gabi’ Delgado-López (voix) et Robert Görl (batterie, percussions, instruments électroniques). La chanson la plus célèbre de DAF est incontestablement "Der Mussolini", un titre sarcastique et sombre qui figurait sur le long playing "Alles ist gut".

Il faut absolument vivre un concert de DAF. Si vous n’y avez jamais assisté, vous êtes passés à côté d’un événement majeur. Il est assez incroyable de voir et d’entendre ce que (seulement) deux personnes sont capables de réaliser sur une scène. Robert Görl frappe vigoureusement sur ses tambours acoustiques ; son style typiquement brut donne vie aux séquences électroniques. Et puis, Gabi est un véritable animal de scène. Pendant tout le show, il arpente l’estrade et vocifère intensément. Pendant le fameux "Der Mussolini", la foule réagit et se met à onduler. Mais la tension atteint son paroxysme sur "Ich Will", "Muskel" et "Sato-Sato". Suivant un rituel devenu classique, Gabi s'asperge abondamment d'eau ; et ouverte, sa chemise est trempée.

En écoutant des titres comme « Liebezimmer » ou « Nachtarbeit », on mesure l'importance exercée par DAF dans l'émergence de l'Electro Body Music (EBM), un genre créé par Front 242 et perpétré notamment par Nitzer Ebb. Un concert en forme de coup de poing, une ‘daffe’ dans la gueule, en somme...

D'aucuns s'étaient étonnés de voir Tricky à l’affiche d'un festival new wave. Pourtant, la trip hop d'Adrian Thaws, ce chanteur et musicien black originaire de Bristol, embrasse une dimension carrément 'dark' qui correspond assez bien à l'ambiance ténébreuse de la new wave. Epaulé par le batteur Luke Harris et par un guitariste, Tricky a présenté son dernier opus, « Skilled  Mechanics ». Un concert en tous points envoûtant. Les lignes hypnotiques de basse et les rythmes quasi-tribaux fascinent. Tricky est habillé tout simplement d'un jean et d'un t-shirt ; mais sa présence sur les planches est impressionnante. On ne sait si c'est à cause de substances illicites, mais il est à fond dans son trip. Que ce soit pendant « Hero » ou « Palestine Girl », il alterne passages calmes, où sa voix sensuelle murmure comme dans un souffle, et explosions de violence. Des changements de dynamique qui évoquent inévitablement Nine Inch Nails et Rage Against The Machine.

Un bémol quand même : le recours au play-back pour les voix féminines, la basse et les synthés. Décidément, les groupes qui se produisent 100% en live deviennent rares de nos jours. Néanmoins, on a assisté à un set plutôt bluffant. « Sun Down » et « Valentine » ont fait monter la pression ; mais les deux derniers morceaux, « Boy » et « Vent », ont littéralement 'déchiré'. A cause de l’intensité et la force dramatique que ce diable de Tricky injecte dans son interprétation. Agé de 48 ans (NDR : c'était le plus jeune (!) musicien à l'affiche), il a mis une bonne claque aux 'anciens' ! Une belle surprise !

Après l'incontournable paquet de frites, nous reprenons notre place 'frontsatge' pour assister au set d'Orchestral Manoeuvres in the Dark (OMD). Cette formation anglaise, issue de Liverpool, a marqué les années 80 en dispensant une new wave électronique particulièrement mélodique et très dansante. Formée en 1978, elle a connu une ascension fulgurante jusque dans les nineties, où elle a été balayée par les mouvements Grunge et Britpop. Mais en 2006, OMD s'est reformé, surfant sur la vague nostalgique des eighties. A contrario d’une belle brochette de combos 'rétros', ils ont composé de nouvelles chansons ; enregistrant d’ailleurs deux excellents long playings : « History of Modern » et surtout « English Electric ».

Le concert commence très fort par « Enola Gay » ; sans doute le plus gros hit d’OMD. L'ambiance monte immédiatement d'un cran. Sur l’estrade, on reconnaît le chanteur, Andy McCluskey. Derrière lui, aux claviers, son compère, Paul Humphreys, la cinquantaine, les cheveux grisonnants et un visage de poupon souriant. Ce soir, ils sont en mode 'duo', c'est-à-dire sans Malcolm Holmes (batterie) et Martin Cooper (synthés/saxophone).

‘Don't be afraid of old men playing synths', conseille Andy McCluskey avant « Messages ». En lâchant ces petites phrases, McCluskey établit dès le départ un très bon contact avec la foule. Il déborde d’énergie et son attitude très enthousiaste sur les planches force l'admiration. On le sait : ce type est un vrai showman ! Les hits se succèdent à un rythme effréné. « History of Modern (Part 1) » prouve qu'OMD est encore capable encore écrire des hits, 30 ans plus tard. Le riff au synthé est simple mais d'une efficacité redoutable. Après « Souvenir », chanté par Paul Humphreys, McCluskey raconte, non sans ironie, que « Joan of Arc » est un single uniquement paru en Belgique et qu'il ne s'est pas bien vendu. 'On va donc se venger ! Vous allez devoir souffrir et l'écouter à nouveau !' Ensuite, en toute logique, « Maid of Orleans » embraie ; un morceau caractérisé par son atmosphère médiévale hypnotique et fascinante.

Le set s’achève comme il a commencé : en puissance. D'abord, « Sailing On The Seven Seas », composé en trio avec Nik Kershaw ; et bien entendu, « Electricity », le premier single, gravé en 1979, qui illumine l'énorme espace du hall et parvient à faire danser un auditoire plus qu'enthousiaste... En un mot ? Un concert parfait. Tout y était : génie musical, énergie, présence, humour et modestie : bravo, OMD !

Changement radical de style, puisqu’on attend Public Image Limited (PIL), la formation britannique drivée par John ‘Rotten’ Lydon, le fantasque chanteur des Sex Pistols. Créé en 1978, après la dissolution des Pistols, PIL a été un des pionniers du Post-Punk, jusqu'en 1994. Après un hiatus de 15 ans, le band s'est reformé en 2009 et a publié deux nouveaux elpees : « This is PiL et « What the World Needs Now... ».

Ce soir, c’est la formation originelle qui grimpe sur le podium. Soit Bruce Smith (Pop Group, Slits) à la batterie, Lu Edmonds (Damned, Shriekbak) à la guitare et Scott Firth à la basse ; mais sans John Mc Geoch, décédé en 2005. John Lydon est intégralement vêtu de noir. Il a les cheveux dressés sur la tête. On dirait une perruche, mais une perruche très criarde...

Très tôt dans le set, « This Is Not a Love Song » met tout le monde d'accord : ce morceau, qui est un pur chef-d'oeuvre, est ici singulièrement allongé et trituré dans tous les sens. Le public est aux anges et chante le refrain en choeur. Un grand moment, sans doute le plus marquant de la journée. « Death Disco » est tout aussi magistral. Ecrit par Lydon, après le décès de sa mère, cet éloge dub/disco intègre un passage classique de Tchaïkovski, interprété à la guitare. Pendant « Warrior », on se rend compte de la très haute qualité du son : le mixage est parfait et on distingue aisément tous les instruments. « Rise » et « Shoom » clôturent en force ce concert en tous points remarquable.

Avant de quitter l’estrade, Lydon se fendra même d'un petit speech, remerciant ses musiciens en les appelant chacun ‘Madame’. Il souligne que sa musique a été jouée avec le cœur et conclut par un vibrant ‘f*ck the music business !’ Comme quoi, malgré ses 60 balais, Johnny est toujours un punk !

Le point culminant de la journée, c’est le Sisters of Mercy d’Andrew Eldritch qui est censé l’atteindre. Malheureusement, et on le déplore, jadis légende du rock gothique, le chanteur anglais (NDR : aujourd’hui établi à Hambourg) a renoncé depuis longtemps à composer de la musique. Il se contente de 'cachetonner' en accordant des concerts au cours desquels il n'y a rien à voir. Et pour cause, les musiciens sont, en général, plongés dans un brouillard épais de fumigènes. Ce soir, Eldritch ne déroge pas à la règle et le début du set est annoncé par le souffle des canons à fumée. On aperçoit les ombres des deux guitaristes, Chris Catalyst et Ben Christo, ainsi que le préposé aux machines (Dr Avalanche a été remplacé il y a bien longtemps par deux laptop Apple). Eldritch est également habillé en noir et porte ses inséparables lunettes de soleil. Il ouvre le spectacle (?!?!) par « Detonation Boulevard ». Suivant une mauvaise habitude, le son est lourd, trop lourd, les grattes sont trop bruyantes et la voix, difficilement audible.

Heureusement, un accès frontstage est quand même prévu pour la presse pendant trois chansons ; ce qui nous permet de prendre quelques photos, certes très enfumées. Des petites perles comme « Alice » ou « Marian » sont ici massacrées à la tronçonneuse tant l'interprétation est grasse et pataude. « Dominion », par contre, passe beaucoup mieux la rampe ; pour la bonne et simple raison que les guitares y sont limitées a des arpèges plus discrètes, ce qui laisse plus d'espace à la voix.

Bien sûr, le public est aux anges, car il connaît toutes les chansons par coeur et est heureux d'écouter tous ces hits immortels, même si le son n'est pas idéal. La fin de parcours va cependant nous réserver une jolie surprise : dans « Flood II », Eldritch se dirige vers le côté droit pour allumer une cigarette et s’installe tout au bord de la scène, à quelques centimètres seulement du public ; lorsque soudain, il semble sortir de sa léthargie. Il commence à onduler comme un félin et son interprétation devient plus vivante, plus ouverte. Ce qui confirme que s’il le souhaitait vraiment, Eldritch pourrait nous réserver des concerts nettement plus passionnants.

Lors du premier rappel, « Something Fast » est victime d’un véritable carnage. A cause d'une guitare acoustique désaccordée et de vocaux inaudibles. « Lucretia, My Reflection » se distingue par sa rythmique d'enfer et le pogo endiablé qu’il déclenche dans les premiers rangs. Enfin « Temple of Love » et « This Corrosion » clôturent une prestation décevante malgré quelques bons moments. Pour apprécier les Sisters en live, il n'y a rien de mieux que la vidéo du sublime concert enregistré en 1985, au Royal Albert Hall (voir là pour se consoler)

En conclusion, ce Sinner's Day est manifestement une belle réussite : et ce, à tous points de vue. Un regret quand même, l’absence de formations plus contemporaines dans la programmation, afin de démontrer toute la vitalité de la scène ‘wave’ actuelle. L'organisateur, Chris Vanhoyland, a dû nous entendre, car il annonce une prochaine édition qui s’appuiera bien évidemment sur des 'vieilles gloires', comme The Residents ou Revolting Cocks, mais proposera également du renouveau. La présence de Goose est d’ailleurs envisagée ; celle des Limbourgeois Whispering Sons, auréolés de leur victoire au Rock Rally, serait vraiment indiquée ; tout comme celles de Luminance, Organic ou Charnier... Et la liste est loin d’être exhaustive. Rendez-vous l'année prochaine !

Pour regarder les photos du Sinner's Day, c’est ici

Organisation : Sinner’s Day Festival (Star Events, Houthalen – Dp Communications) 

 

 

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