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Lokerse Feesten 2016 : lundi 8 août

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Les Lokerse Feesten s’étalent sur 10 jours ; et pour cette édition, ce sera du 4 au 14 août. Il y a dix ans que votre serviteur s'y rend. La programmation est différente chaque jour et réserve, tour à tour, des icônes issues des années 80 des groupes belges confirmés ou des pointures internationales. Hier, elle était consacrée au métal et ce lundi 8, se concentre sur le rock alternatif. L’affiche propose la formation flamande Zornik, dont c’est le grand retour après un hiatus de 8 longues années, Neil Finn, la tête pensante de Split Enz et Crowded House, Garbage, dont le nouvel elpee revient aux sources et enfin Trixie Whitley, une vocaliste d’exception.  

Finaliste du Concours Humo Rock Rally en 1999, Zornik avait alors signé chez Parlophone pour lequel il avait publié 4 albums. De retour en 2015, mais sous un nouveau line up, il a gravé un cinquième opus baptisé « Blinded By The Diamonds ». Koen Buysse est toujours au poste. C’est le chanteur, guitariste et leader du band. Un véritable showman qui saute, danse et tente de stimuler un public qui commence à débarquer sur la Grote Kaai. Hormis le batteur –son drumming me fait penser à celui de Mario Goossens (Triggerfinger)– qui déménage en s’acharnant sur ses fûts, les autres musicos sont plutôt statiques. La voix de Koen est claire. Ses accords de gratte son incisifs. Le son est excellent. Et la set list n’oublie pas le single « My Friend, My Stranger », extrait du dernier LP. Une bonne mise en bouche…

Neil Finn était la pensante de Split Enz et Crowded House. Il a entamé une carrière solo en 1998. Ce qui ne l’empêche pas de s’entourer d’un backing group, en tournée. Après une très sympathique ouverture assurée par le drummer et le claviériste/guitariste, le reste de la troupe monte sur les planches. Neil est resplendissant dans son costume mauve qui scintille sous les rayons d'un astre, masqué par quelques nuages. Neil signale d’entrée que le soleil brille et que c'est l'hiver dans son pays d'origine. De quoi déclencher un fou rire général. Parmi ses musicos figurent son épouse Sharon. Elle se consacre à la basse et s’installe discrètement en arrière-plan, près de la choriste/percussionniste. Puis son fiston Liam, à la guitare. Une histoire de famille… même si c’est Elroy qui se charge des drums. La set list puise essentiellement dans le back catalogue de Crowded House et notamment en final, le hit planétaire, « Weather With You ») ; mais également de Split Enz. Un joli plongeon dans les eighties. Nostalgie, nostalgie… Reconnaissable entre mille, la voix de Neil est intacte. Entre les musicos, l’osmose est parfaite. La foule reprend les refrains en chœur. Un véritable juke-box qui a aligné ses tubes pendant 60 bonnes minutes.

Trixie Whitley, c’est la plus new-yorkaise des Gantoises. Sa mère est belge et son père, Chris, américain. Adolescente, elle était partie rejoindre son paternel aux States, pour se consacrer à la musique. Mais c’est lorsque Daniel Lanois la découvre que sa carrière va véritablement démarrer.

Bien que la scène soit immense, les musicos se concentrent au milieu ; un peu en carré, le claviériste et le drummer se faisant face. Un bassiste côtoie Trixie, au centre du (petit) jeu de quilles. Grande, blonde, elle est vêtue d'une longue robe noire. De couleur blanche, le light show se focalise sur les artistes. Trixie maîtrise parfaitement sa six cordes. Elle s’y révèle même impressionnante. Sa voix est tour à tour, fragile, puissante, chaude, rocailleuse… mais surtout, sculptée pour le blues, un peu comme celle de Beth Hart. Un blues qui baigne dans le Bayou. Malgré un petit problème technique (NDR : un ampli défaillant…), la prestation est chaleureusement applaudie par l’auditoire. Et à plusieurs reprises, l’artiste va le remercier pour son écoute attentive et presque religieuse. Elle se produira au Cirque Royal ce 20 décembre.

Garbage constitue la tête d’affiche de ce lundi 8 août. Il a publié un nouvel opus en juin, un disque intitulé « Strange Little Bird ». Il existe toujours une grande complicité entre ce groupe –qui compte quand même 22 ans de carrière– et la Belgique. Car le band y a acquis très rapidement une notoriété certaine. C’est le tout premier pays visité par Garbage lors de sa première tournée européenne ; et la frontwoman, Shirley Manson, va le rappeler à plusieurs reprises, tout au long du show. Pas de Butch Vig (NDR : un petit problème de santé l’a forcé à rester aux States) derrière les fûts ; mais un jeune musicien particulièrement talentueux le remplace. Et il bénéficie également du fameux plexiglas destiné à se protéger des sonorités émises par les autres instruments. En arrière-plan, une toile a été tendue. On y voit des tas de léopards, comme sur l’illustration de la pochette du dernier long playing. Un disque (NDR : c’est le sixième) qui a retrouvé toute sa félinité et sa saine agressivité.

« Subhuman » ouvre le bal. Les interventions des deux gratteurs sont frénétiques. La basse vrombit déjà. Mais l’ensemble supplante la voix de Shirley qui, a plusieurs reprises, adressera (discrètement) un signe à l’ingé-son, pour monter le volume de son micro. Les titres se succèdent, dont l’irrésistible « I Think I'm Paranoid » (« Version 2.0 »), et bien sûr les inévitables « Stupid Girl » (« Garbage »), « Automatic Systematic Habit » et « Blood For Poppies » (« Not Your Kind of People »), « # 1 Crush » (« Absolute Garbage») et « Supervixen » (« Garbage»). Une petite pause s’impose et Shirley en profite pour saluer la foule. Toujours aussi jolie, elle est particulièrement volubile. Pendant le pétillant « Sex Is Not My Enemy » (« Bleed Like Me »), elle en profite pour nouer ses cheveux en chignon. Elle prend alors dans un bain de foule. De quoi ravir l’auditoire. Conquis d’avance, il faut quand même le souligner. Bref, si votre serviteur a apprécié, il espère que ce 11 novembre, Garbage accordera un concert mémorable, au Cirque Royal. Assister à un show lors d’un festival c’est bien, mais en salle, c’est mieux. Néanmoins, en quittant la Grote Kaai, le refrain de « Cherry Lips (Go Baby Go!) » trottait encore dans les têtes.

(Organisation : Lokerse Feesten)

Garbage + Trixie Whitley + Neil Finn + Zornik

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Ronquières 2016 : dimanche 7 août

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Cette seconde journée du Festival de Ronquières s’annonce sous les meilleurs auspices. La programmation vaut le détour !
Les souvenirs liés aux attentats perpétrés sont encore bien vivaces ! Les militaires –à la mine patibulaire– se tiennent prêts au cas où… Les mesures prises ne sont pas aussi drastiques qu’à Dour. Pas de portiques de sécurité. Juste une fouille sommaire, à l’entrée du site ! Tout simplement !
Le temps devient maussade ! Gageons que la pluie ne vienne pas gâcher la fête !

Votre serviteur débarque pour assister à la prestation de Shake Shake Go. THE bonne surprise de la journée ! Ils sont quatre garçons et une fille ! Ils ont débuté leur carrière dans la rue et les pubs. C’est d’ailleurs lors d’une de ces prestations qu’un gosse de six ans s’est exclamé ‘Shake shake go’ ! Le patronyme venait d’être trouvé. La suite de l’histoire ressemble à un conte de fée ! Jugez plutôt : une première partie de James Blunt assurée en 2014 dans le Royaume-Uni, puis en France (notamment celle de Rodrigo y Gabriela), un premier single publié en décembre 2014, un premier Ep (éponyme), en mars 2015 et un premier album « All in time », début 2016. Aujourd’hui, la nouvelle sensation venue d’outre-Manche se produit dans le cadre d’un périple international ! Pas étonnant, lorsqu’on sait que plus de 7 millions de personnes ont écouté "England Skies". Ronquières avait flairé le bon filon puisque c’était leur première date belge. Sans doute pas la dernière ! Le combo est franco-anglais. Il réunit Poppy Jones (une très jolie Galloise), Marc Le Goff, Kilian Saubusse, Virgile Rozand et Toby Barnett. Sa musique baigne au sein d’un univers pop/folk mélodieux, gracile, où se mêlent évasion et bienveillance ! Les compositions s’inspirent de la nature, de la vie, des expériences et des gens qui les entourent ! La voix candide de Poppy subjugue ! Elle est dynamique, puissante, organique, épique et surtout optimiste ! D’entrée de jeu, elle tente de s’exprimer dans un français approximatif. Manifestement, elle n’y arrive pas, alors, elle s’excuse. Posés, parfaitement maîtrisés, les riffs sont dispensés tout en retenue ! Pas mal pour des jeunes en culotte courte ! Ils s’amusent beaucoup sur scène, sans se prendre la tête ! Ce qui frappe, c’est la symbiose qui les unit ! Aucune individualité ! Chacun est là pour servir l’autre ! Magnifique !

Un arrêt s’impose au bar pour se désaltérer ! De quoi aussi en profiter pour faire le plein de calories ! Les stands food fleurissement ici ! On trouve aussi bien de la bouffe africaine, asiatique ou italienne. Reste à savoir si les produits sont bien frais ? Car parfois, l’hygiène de ces commerces éphémères laisse à désirer…

Matt Simons est programmé à 15h50 ! De loin, j’entends sa pop léchée. Insuffisant pour pouvoir étayer une critique objective. La file qui me précède s’étend à n’en plus finir. Non, manifestement, ce sera impossible d’assister à ce live. Je m’en mords les doigts, mais tant pis…

Le soleil chauffe à plein régime et accompagne Naâman tout au long de sa prestation. La belle gueule masculine de la journée ! Une surprise ! Le présentateur annonce un groupe de reggae. Donc, on s’attend à voir un black coiffé de dreadlocks. Pas du tout, c’est un visage pâle aux cheveux courts ! On est loin de retrouver l’effigie de Bob Marley ! Stéréotypes, quand tu nous tiens… Il est accompagné d’une poignée de musiciens ! Ils sont plutôt étonnés de la bonne réception accordée par l’arène. Plusieurs groupies chantonnent les refrains mêlant influences urbaines et caribéennes. Agé d’une vingtaine d’années, le Normand mêle reggae, hip-hop et soul. Une réinterprétation des codes du genre tout en les modernisant ! L’empreinte vocale de Naâman est caractéristique. Digne de ses grands frères ! Les flows tonitruants accompagnent chacune des chansons. Pourtant, ce n’est pas vraiment le style de musique que votre serviteur préfère ! Faut dire que qu’il a été bercé au rock depuis sa plus tendre enfance. Profitons donc du spectacle en position horizontale. L’endroit est herbeux et sec. Les applaudissements nourrissent ma curiosité de temps à autre… 

La folle dingue Giedré s’installe à l’heure dite en costume de scène enfantin et guitare sèche à la main. Détail croustillant, juste derrière elle, au milieu de l’estrade… trône un vagin fabriqué en carton pâte duquel elle semble sortir! Complètement barge cette nana ! Son apparence innocente lui confère une filiation lointaine avec une certaine Chantal Goya. Sauf qu’ici, ses textes ne sont pas à mettre entre des oreilles chastes ! On est donc plus proche d’un ‘Il fourre, il fourre le curé’ que ‘Il court, il court le furet’ ! Son univers dépeint avec un humour d’une noirceur épouvantable, les aspérités de la vie. Ben oui, on fait tous caca ! Elle chantourne la prostitution, la pédophilie ou encore la mort en se servant de sa verve légère et tellement fraîche (enfin, pas toujours). Ses compositions ne sont jamais méchantes, ni provocantes. Juste marrantes ! Une ode au rire et à la bonne humeur en quelque sorte ! Celle qui pourrait être le fruit de l’union sacrée entre Pierre Perret et de Georges Brassens rend hilare le parterre de spectateurs ! Bon allez Giedré, ‘Ferme ta gueule et apporte-moi une bière’ !

Changement de podium. Direction Thomas Dutronc. Le contraste est surprenant et parfois mal orchestré à Ronquières. D’une ambiance prout-prout, on passe à un univers ‘manouche’. Qu’est-ce qu’il ressemble au paternel ! Troublant et en même temps subjuguant. Quelques chansons défilent. Tant Thomas que ses musicos sont particulièrement expérimentés et la mise en est scène parfaite. J’ai pourtant beaucoup de mal à accrocher ! Question de goût !

Filons à l’anglaise pour se placer au plus près possible de la frontstage pour ne rien rater des Innoncents. De séparations en reformations, les ‘Innos’ sont aujourd’hui constitués de la tête pensante de toujours J. P. Nataf et de son double Jean-Christophe Urbain. Parce que, si dans le passé, ces deux-là ont connu des affres enragés, le couple qu’il forme à nouveau aujourd’hui fonctionne plutôt bien. Encourageant, pour une séparation qui a duré quand même quinze ans ! La palette musicale du duo est influencée par la pop anglo-saxonne. Mais, le fer de lance de leurs compos reste le français qu’ils utilisent et manient avec dextérité pour ciseler des textes qui dépeignent un univers métaphorique. Le groupe a marqué les nineties par des standards du rock comme « L'autre Finistère », « Fous à lier », « Un homme extraordinaire » ou encore « Colore ». Votre serviteur a la gorge nouée dès l’apparition du binôme. Il avait pu les découvrir en 1989 au Festival de Dour (NDR : dont la taille était encore humaine). JP arborait alors un visage de poupon et ses cheveux étaient nettement moins clairsemés qu’aujourd’hui. C’était l’époque au cours de laquelle la formation était au complet, aussi… Les temps ont bien changé ! Exit batterie, basse et guitare électrique. Nataf se charge de la guitare folk et Urbain de la guitare acoustique. Naturellement, le public est très varié ! Preuve en est que ces vieux briscards ont déjà bien bourlingué ! On y croise les fidèles de la première heure, bien sûr, mais aussi leurs enfants, des fans ou des curieux venus pour entendre les tubes séculaires. Cette formule électro acoustique est savoureuse. Elle expose les chansons sous un angle différent. Suffisamment intéressant pour permettre la découverte ou la redécouverte ! L’enveloppe sonore renvoie au passé, mais demeure imprégnée par l’œuvre solitaire du leader ! Instruments en bandoulière, ils sont contraints de rester statiques ! Leur envie de se mouvoir est manifeste ! Le singer singe à deux ou trois reprises un grand écart ! Risqué pour un homme qui porte le jeans serré ! Le service trois pièces pourrait en prendre un coup ! Bref, ce quatre mains confirme un talent certain et une complicité retrouvée ! Seule ombre au tableau : l’absence de « Fous à lier », tube séculaire pourtant entendu lors de la balance…

Votre serviteur se faisait une joie d’entendre ce que The Kooks avait dans le pantalon. Un groupe dont il n’a jamais vu la prestation en live. Forfait ! Il semblerait que le batteur se soit blessé…

Il revient alors aux Belges de Balthazar de reprendre flambeau (NDLR : ce sont les jeux olympiques !) Pour la quatrième fois… on reste attentif, mais d’une oreille. Enfin, en début de parcours… L’origine de la formation est plutôt cocasse ! Issus de Courtrai, Maarten Devoldere, Jinte Deprez et la violoniste Patricia Vanneste se sont produits sur le pavé pour récolter un peu d’argent. Au lieu de se faire concurrence, ils décident de rassembler leurs forces. Cette rencontre scellera leur destin. En 2004, ils forment le groupe que l’on connaît. Visiblement, les mélomanes n’ont pas perdu au change ! Les influences sont éclectiques et le résultat oscille entre pop et rock. C’est propre et gentillet et cadre parfaitement avec la philosophie de ce genre de festival ! Les compositions sont simples, mais efficaces. L'utilisation de synthétiseurs et d'un violon les démarque du rock alternatif classique reposant sur le trio basse/batterie/guitare. C’est sympa ! Durant près d’une heure, on va assister à une valse de titres sucrés/salés qui vont titiller les conduits auditifs des festivaliers. Un très, très grand moment d’émotion intense ! Du beau spectacle ! Pas de regret, donc…

Celle qui arpentait récemment les couloirs de la RTBF dans une émission de télé-crochet a fait du chemin depuis. Il s’agit évidemment d’Alice On The Roof qui bénéficie depuis ses  débuts d’un raz-de-marée médiatique. J’ai manqué son show à plusieurs reprises. Mal m’en a pris. Cette fois, elle ne m’échappera pas ! Elle tombera dans les griffes d’un obsédé… textuel ! C’est donc avec pas mal d’appréhension que son arrivée sur scène est attendue… Encore une arriviste me dis-je… A peine a-t-elle montré son joli minois que les premières notes de « Lucky you » envahissent l’espace sonore ! Trois gars sont chargés de balancer les nappes de synthé. Aux percus, c’est  Santo Scinta qui s’y colle. Tous deux sont natifs de la région de Mons ! Alice tape à merveille sur un pad électronique pour balancer ses loops. Un floor tom lui permet de se défouler de la pression envahissante ! L’expérience discographique de Madame Dutoit est pauvre puisqu’elle n’a qu’un seul album à son actif ! Baignant dans un flot d’electro/pop, « Higher » a été produit par Marc Pinilla et son complice Dada. Le mixage a été assuré par Tim Bran, producteur-mixeur anglais connu pour ses collaborations avec London Grammar ou La Roux. Verdict ? Globalement, le show est bien ficelé. Elle et son team savent y faire ! Vêtue d’un tutu blanc gonflé par un arceau à la taille, d’un haut noir aux épaulettes saillantes et chaussée d’une paire de baskets, on a peine à croire que l’accoutrement n’a pas été emprunté à Dark Vador. Manquait plus que le casque et la ressemblance était parfaite ! On ne peut pas dire que ce concert soit très audacieux ! Un live propre placé sous le signe de sonorités accrocheuses et des ballades douces et sucrées ! Vocalement, elle s’en sort plutôt bien aussi ! Sans artifices, ni esbroufe ! Un grain de voix très légèrement éraillé, une certaine candeur et un tout petit zozotement apportent à l’expression artistique de cette jeune femme les ingrédients pour devenir grande ! Le caractère homogène du live rendait parfois les choses un peu (trop) convenues ! Le charisme dont elle jouit navigue entre naturel, fraîcheur et spontanéité ! Détail croustillant, plus on avance dans le temps et plus elle se dévêt ! Exit la longue robe blanche pour une plus courte de couleur noire. On enlève le haut. Ensuite les chaussures. Si la prestation avait été plus longue, Dieu seul sait ce à quoi nous aurions pu assister… Proposition : allongeons le concert de deux bonnes heures ! Surprenant, la reprise d’un tube d’ABBA. Tiens, pour l’occasion, elle s’est chaussée de bottillons pailletés. En guise de clôture, elle est descendue de l’estrade et s’est livrée aux spectateurs, complètement ébahis, comme pour mieux les remercier d’avoir collaboré à son succès ...

En prélude au concert de Zazie, les Dirty Monitor remettent le couvert et suspendent une fois encore durant quinze (trop courtes) minutes le temps sur le site de Ronquières. Quelle magie ! Le spectacle sera identique à celui de la veille, mais vu sous un angle différent, il prend encore une autre dimension.

Zazie entre enfin en scène flanquée de ses musicos. Pas de pitié pour les retardataires, la belle brune démarre pile à l’heure. D’entrée de jeu, on peut observer deux nanas. Elles pincent les cordes électriques ! A titre anecdotique, elle a interdit aux photographes de shooter… avant de se raviser quelques minutes après. Elle fournit un semblant d’explications… plus ou moins convainquant… Après deux ou trois chansons, elle signale qu’elle a joué la semaine dernière sous des trombes d’eau ! On s’en fout, mais on est content de le savoir quand même!

L’ambiance est électrique ! La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 36 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé sur un fauteuil rouge dans ‘The Voice’ made in France !

Les compositions virevoltent ! Le son est plutôt rock et brut ! Parfois la pointe électro apporte cette touche d’amertume et de mélancolie qui fait du bien ! Le show alterne entre anciens succès et nouveautés. La chanteuse a bien fait de miser sur les vieilleries. Dans le temps, elle était vraiment dotée d’un sens irréprochable de l’écriture.

Elle assène les aficionados d’excuses ‘Merci à vous d’avoir aidé ces grandes sœurs à grandir’, dit-elle, comme pour se faire pardonner de la médiocre qualité des titres du dernier format où on la sentait un peu affable dans l’exposé des thématiques !

Gageons que l’époque où cette femme parvenait à l’aide de sa plume incisive à dénoncer les travers contemporains de la société ne soit pas (encore) révolue !

Les arrangements délicats et brillamment orchestrés parviennent à faire oublier ces erreurs de parcours. La voix éraillée de Zazie fait toujours autant mouche (mais pour combien de temps encore ?) et glisse ou crisse en fonction des compos. La dame est contente ! Vive l’autosatisfaction ! Le spectacle est populaire, certes, mais est parfaitement huilé, efficace et nerveux! Y a pas de doute, la chanteuse est une vrai baroudeuse dans le domaine !

Sa voix autrefois maîtrisée, laisse de temps à autre place à une imperfection lyrique. Mais, ce n’est pas vraiment gênant ! C’est aussi ça la beauté d’un live !

L’icône de la chanson française se retire après une heure trente d’une prestation torride, mais  à l’image de sa personnalité: simple, amusante et chaleureuse. Humaine, tout simplement…

Il est minuit quarante-cinq… Le festival s’achève et déjà certains soulignent leur volonté de revenir l’année prochaine…

Les attentats perpétrés récemment n’auront pas entaché la bonne humeur de ceux qui étaient présents… N’est-ce pas l’essentiel ?

(Organisation : Ronquières Festival)

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Brussels Summer Festival 2016 : samedi 6 août

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Il est 19h15. Votre serviteur débarque au Monts des Arts. Il y recense à peine 40 âmes devant le podium, alors qu’une centaine d’autres profitent des derniers rayons de soleil qui dardent le côté droit des marches du complexe urbanistique. Serait-ce dû à la concurrence de plus en plus forte exercée par les autres festivals ? Entre celui d’Esperenzah et de Ronquières, qui affichent complet, et le Micro de Liège, consacré exclusivement aux découvertes (NDR : malheureusement pas vraiment d’actualité ici), le choix devient de plus en plus difficile pour le mélomane. Néanmoins, la veille, 8 000 personnes avaient participé à la soirée d’ouverture ; ce qui manifestement avait l’air de réjouir les organisateurs…

Antoine Hénaut aurait mérité un auditoire bien plus conséquent. Le teint pâle et chaussé de lunettes fumées, il accuse un bon quart d'heure de retard lorsqu’il grimpe sur l’estrade. Il est flanqué de son backing group ; soit un second gratteur, un bassiste/contrebassiste, un batteur et un claviériste. Le Montois tente de chauffer l’ambiance en invitant régulièrement le maigre public à faire du bruit. Entêtants mais parfois aussi un peu trop simplistes ses refrains laissent dubitatifs ; à l’instar de « La vie s’écoule ». Mais progressivement, le site se remplit et le set gagne en vitalité. Il atteint même son point d’orgue lors de l’interprétation du single « Inévitable », avant qu’il ne s’achève par « For intérieur ».

Paranoïa anti-terroriste oblige, chaque spectateur est fouillé minutieusement (au détecteur de métaux) avant de pénétrer dans la Madeleine. Il est 20h30 et Brisa Roché monte sur les planches à l’heure pile. Il n’y a que 200 personnes pour l’accueillir, soit un quart de la capacité de la salle. Néanmoins, les musicos se révèlent plus qu’enthousiastes et tout particulièrement la choriste, plantureuse. Brisa est vêtue d’une longue robe aux motifs asiatiques. Huit ans plus tôt votre serviteur l’avait découverte dans le cadre des Nuits Botanique (NDR : voir la review ici). Bien que d’origine américaine, elle s'exprime en français. Et dès le deuxième titre, elle brise (?!?!) le talon d’une de ses chaussures et sollicite son remplacement (NDR : de son soulier, of course !) Mais finalement, elle décide de se produire pieds nus après avoir invité l’auditoire à exprimer son choix sur le sujet. Belle opération de com’ ! Elle se révèle très à l'aise sur scène. Haut perchée, sa voix évoque tour à tour Björk, Bianca Casady (CocoRosie) voire Chelsea Wolfe, dans les rares moments plus sombres. Un show multi facettes qui réserve des morceaux plus électro et dansants, dans le registre du dernier Ep, « Disco », paru en mai dernier.

Place ensuite à Mickey 3D. Ses membres semblent s'ennuyer ferme, que ce soit le leader Mickaël ou la choriste/claviériste Najah, jadis pourtant passionnée. Résultat des courses, l’ambiance retombe d’un cran. Et de toute évidence, ce spectacle ne va pas nous faire mourir de rire. Après avoir plongé la foule dans une profonde léthargie, « Matador » la réveille (enfin) quelque peu. Mais le sursaut est de brève durée, car « Respire » qui embraie, est tout bonnement peu inspiré. Les déclarations se limitent à des poncifs du style ‘Merci et bonne fin de soirée’. Un rappel quand même, « Rallonge tes rêves », un morceau censé nous plonger dans un univers féerique. Mais qui n’y parviendra pas. Finalement, Furnon va miraculeusement retrouver son enthousiasme pour aborder le dernier morceau, « Le chaudron », c’est-à-dire le stade Geoffroy-Guichard, une compo qui glorifie son équipe de foot de cœur, Saint Etienne. A défaut de se montrer grand orateur ce soir, il a rappelé qu’il était un fervent supporter des Verts. Mickey 3D est probablement en bout de course ; et pourtant, en 2005, la formation avait accordé un show autant électrique que sympathique, au festival de Dour. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts. De la Loire, bien sûr.

Feu ! Chatterton jouit d’une belle popularité en Belgique. Popularité qu’il a acquise en se produisant, notamment, au Botanique (Rotonde et Orangerie) ainsi que dans le cadre du festival des Ardentes. C’était en 2015. Mais il y a quelques mois, il s’est révélé encore plus performant, tant au Cirque Royal que lors des Nuits Botanique. Logique donc que la foule se presse au Mont des Arts. Fougueux, « Ophélie » ouvre le set. « Fou à lier » et « Côté concorde » s’enchaînent pour le plus grand bonheur des fans. « Boeing » prend son envol et incite l’auditoire à esquisser quelques pas de danse. Tout comme lors du final, « La Malinche ». En rappel, « Je l’ai toujours aimée », un titre empreint de tendresse, se révèle digne du meilleur de Dominique A. Faut dire qu’Arthur a un don particulier pour narrer ses histoires peuplées de métaphores, des contes aux envolées lyriques et théâtrales. Mais perso, j’estime qu’elles passent mieux la rampe au sein d’une salle sombre et intimiste qu’en open air. Le peuple qui est venu assister au concert semble principalement constitué de Bobos, qui ont acquis un pass de 10 jours pour passer le temps en ‘after-work’ ou en début de soirée, afin de siroter quelques bières et passer du bon temps, plutôt que réellement aller à la découverte des artistes en devenir. 

(Organisation : BSF)

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Ronquières 2016 : samedi 6 août

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Le grand rendez-vous musical de la région du Centre jouit d’une popularité toujours croissante.
A peine cinq années d’existence et déjà les plus grands artistes s’y collent !
Le festival est sold out ! Ce ne sont pas moins de 36 000 personnes qui sont attendues sur la plaine.
Première journée très éclectique à Ronquières. Il y règne une atmosphère familiale qui n’existe nulle part ailleurs. La pyramide des âges y est bien représentée ! Ce qui est plutôt sympa !
Le week-end sera chaud et ensoleillé ! Que demander de plus ?
Seul bémol, une signalétique un peu trop vague. Pas facile d’atteindre le site ! Les militaires examinent chacun des véhicules mitraillettes en main ! Pas de doute, la sécurité n’a pas été négligée ! Ce qui est anxiogène pour certains est sécurisant pour d’autres ! Question de perception !
On est tous venus pour s’amuser ! Pour nous y aider, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands afin de fêter dignement ce premier quinquennat !

Votre serviteur se présente pile poil pour le concert d’ouverture, c’est-à-dire celui d’Ulysse. Pour la circonstance, le singer s’était mis sur son… 31 !

Formé en 2013, ce tout jeune groupe réunit Arnaud Duynstee, Julien Gathy et Benoît Do Quang ; et il ne cesse de prendre du galon !

Une rencontre sur les bancs de l’école et une passion commune pour la musique débouchera sur une belle alchimie ! La référence à l'un des héros les plus célèbres de la mythologie grecque est plutôt osée ! C’est déjà très marqueté !

Un seul Ep publié en 2014 : « U as in Ulysse ». Ce qui a permis au band d’ouvrir les portes (bien méritées, il faut le dire) de la notoriété !

Très prometteur, sa deuxième livrée, « Cashmere Guns » est découpée en cinq titres aux lignes mélodiques beaucoup plus structurées. Preuve que la formation a gagné en maturité !

L’electro/pop contemporaine est servie à toutes les sauces ! Ce qui démarque ces gamins de la masse, c’est la fougue de leur jeunesse et l’inventivité des sons : un mix de pop, rock, folk, coloré d’un soupçon de hip-hop ; un univers sonore hybride lancinant et alléchant contaminé par des refrains additifs !

Sûr qu’ils seront sifflotés dans de nombreuses salles de bain durant les prochains jours !

Ces néo-musiciens sont véritablement habités par leur musique ! Votre serviteur avait pu assister à leur prestation quelques jours plus tôt au Dour Music Festival. Le live proposé aujourd’hui communique autant de sensations, voire plus… Lorsque les poils se redressent, c’est toujours bon signe !

Un set de quarante minutes, c’est peu lorsque c’est bon ! Mais, on doit faire avec, malheureusement…

Direction bâbord maintenant pour accueillir Mustii.

Thomas Mustin, chef de file, s’est illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques, au cours des derniers mois. 

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante. Un peu convenue, certes, mais bien ficelée ! C’est l’essentiel après tout !

La puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier.

Dents blanchies, sourire ravageur et coiffure soignée (NDR : il aurait jouer le rôle de figurant au sein d’une vieille pub défraîchie pour un dentifrice), il arbore, en général, un vieux peignoir.

Pas de réelles surprises lors du live de ce soir ! Ni bonnes, ni mauvaises !

Le singer a tout de même assuré un concert digne de ce nom ! Non seulement, il possède un grain de voix très particulier, mais en plus, sa prestance scénique est hors du commun ! Les spectateurs en ont eu pour leur argent !

Très mature pour son jeune âge, il n’a cessé d’arpenter le podium, de long en large, au gré des compositions. De quoi provoquer l’essoufflement des spectateurs ! Parce que lui, le veinard, pétait la forme !

Point d’orgue, la reprise d’un standard de David Bowie, « Heroes ». Une réinterprétation osée, mais très juste, sacrément jolie et savamment dosée ! Une ode à la perfection ! 

Place ensuite aux Français de Hyphen Hyphen. Propulsés par le single « Just Need Your Love », Santa (chant/guitare/synthé), Line (basse/chant), Puss (guitare) et Zak (batterie) font de l’electro pop leur musique de chambrée.

Ce genre passe-partout s’inscrit, semble t-il, de plus en plus dans les mœurs culturelles d’une tranche de la population !

Le combo libère un groove à l’énergie brute de décoffrage ! Les compos puent l’oestrogène et la testostérone ! Bref, elles décoiffent ! De quoi, colorer la fête dans la bonne humeur !

Impossible de rester insensible aux soubresauts hystériques, à l’accoutrement et à l’étrange peinture fluo flanquée sur le faciès de celle qui tient la barre du navire !

Sans oublier ses chorégraphies de dingue ! Elle virevolte, saute et danse sans arrêt ! Et elle ne peut s’empêcher d’afficher sa joie d’être sur scène afin de nous faire partager son talent ! En même temps, son public n’est pas là pour s’emmerder ! Alors, autant mettre le paquet, quitte à grossir les traits !

Autre scène, autre ambiance. Sharko entame sa prestation à 15 heures 50. Plus difficile d’accès pour les non-initiés, la musique de David Bartholomé & Co est davantage rock. Et certains la qualifient même de pop surréaliste !

Enfin, de vrais instruments ! Exit boîte à rythmes et loops divers ! Ce qui fait un bien fou !

Le line up du combo a peu évolué depuis ses débuts. L’imparable Teuk Henri est toujours bien présent, aux guitares, et Olivier Cox a remplacé Charly De Croix à la batterie.

Sueur sur le front et odeur fétide sous les bras, Sharko est responsable d’un son crasseux, définissable entre mille. Il revient donc en force après un trop long hiatus de sept ans afin de présenter aux aficionados un nouvel opus ! Peut-être même celui de la renaissance ! Ou de la rédemption, c’est selon !

Bruts et puissants, les premiers riffs de guitare laissent entrevoir un concert de qualité !

David Bartholomé, auteur-compositeur-interprète et leader de la formation, se consacre à la basse ! Le quadra est moins excentrique que dans le passé ! Aurait-il chopé la sagesse ! Ses cheveux poivre et sel trahissent la (crise de la) quarantaine bien sonnée !

Autant le dire, « You Don’t Have To Worry », mixé dans le studio du New-yorkais Mark Plati (David Bowie, Alain Bashung…), frise la perfection ! Il renvoie les fans insulaires au feu sacré qui habitait le groupe à ses débuts !

Le trio balance des morceaux ravageurs et intenses ! Poisseux parfois aussi, il faut l’avouer ! La voix éraillée de l’Arlonais sublime chacune des compos !

Le dernier format est évidemment jeté en peinture au parterre ! Mais pas que !

Le concert navigue entre l’ombre et la lumière ! Une dose de doutes existentiels et un blues chronique. Intemporels, à l’image d’« I went Down ».

Assagi donc, mais tourmenté et à fleur de peau, la tête pensante a prouvé une fois de plus qu’il reste un des piliers du rock au sein du paysage musical belge.

Souvent imité, mais jamais égalé !

Le set s’achève par « Sweet protection », un titre qui aborde le thème de celle dont on a besoin. En filigrane évidemment, on y décèle les inquiétudes a peine dissipées, provoquées par la vague d’attentats que la Belgique a traversé.

Virage à 90° à droite pour le concert de Jain. A 24 ans seulement, la petite Jeanne à l’état civil s’impose comme l’icône pop de l’année !

Elle est venue présenter son nouveau-né. Baptisé « Zanaka » il signifie ‘enfant’ en malgache.

Seule sur les planches, elle est entourée de machines étranges, dont une boîte à rythmes. Elle se consacre au chant aussi. Pendant une heure, elle va arroser les spectateurs d’ondes positives…

Elle réalise des loopings à volonté et se sert d’une boîte à rythmes (NDR : période post Kraftwerk). La demoiselle parvient à s’inventer un monde aux allures de carnets de voyages qu’elle a réalisés durant une bonne partie de sa vie.

Fille d’expatriés, elle a parcouru le monde pour suivre les impératifs professionnels de son père.

Ses influences sont donc imprégnées de toutes ces cultures musicales ! Les percussions guerrières qui font rage sont au centre de sa musique ! Le style tangue entre hip hop, electro, reggae-dub ou encore funk tribal.

Son set est tout simplement explosif, torturé et déjanté ! Soixante minutes de pur bonheur !

Véhiculant des textes dans la langue de Shakespeare, sa voix douce et chaleureuse envoûte l’auditoire.

Sportive, elle ne cesse de courir de long en large ! Sûr que son podomètre doit afficher quelques chiffres au compteur ! 

Le parterre de fans le lui rend bien ! Il sautille, frappe des mains et applaudit à tue-tête. Faut dire que l’aura dont elle bénéficie est naturelle et sympathique ! Teinté d’un soupçon d’espièglerie quand même !

En guise d’au revoir, la belle descend de l’estrade et invite quelques personnes installées devant le podium à donner de la voix dans un drôle de micro ! Il s’ensuit alors des boucles de gimmicks qui accompagnent le pétillant « Come » sur fond de folie. Un régal !

Broken Back est un combo issu de Saint-Malo.

L’histoire de Jérôme Fagnet est peu banale. Un déplacement de vertèbre l’a immobilisé pendant quelque temps. Et c’est durant sa convalescence forcée que le gaillard s’est mis à composer.

Ses vidéos postées sur le net ont créé un véritable buzz ; ce qui lui a permis d’ouvrir les portes d’une gloire aussi surprenante que soudaine.

Accompagné simplement d’un drummer (NDR : parfaitement à l’aise, il faut le souligner !), son style mêle électro, folk et deep.

Folk à cause de sa voix et de l’interprétation. Mais aussi de la structure et de l’écriture des compo. L’électro, davantage dans le soin apporté à la production.

Ses influences sont nombreuses et variées ! De Cat Stevens à Buena Vista Social Club en passant par Supertramp, Lumineers, Ben Howard et Hozier.

La sphère est planante et nostalgique à la fois ! La toile captive l’auditoire ! Tout est ouaté et présenté en douceur, libérant de l’énergie à dose homéopathique.

Les compositions sont habillées par une voix chaude, profonde, puissante et mélodieuse à souhait. Variées, elles ont ce relief nécessaire tout en véhiculant une émotion forte !

Une belle surprise !

Votre serviteur n’assistera pas à la prestation de Lilly Wood and The Prick. L’interview de Sharko est en effet prévue en backstage. C’est la loi du métier ! On fait ce qu’on peut et pas ce qu’on veut !

Les stands ‘food’ se situent sur la gauche, côté bâbord. L’appel du ventre est de plus en plus lancinant. Il faut donc faire la file pendant près de quarante minutes si on veut éviter l’hypoglycémie !

Même si le stand de la Croix-Rouge se situe à une encablure, il vaut mieux ne pas prendre de risques !

Un choix cornélien s’impose maintenant ! Soit s’avancer vers Milky Chance et prendre le concert au vol (il ne reste de toute façon que quelques minutes), soit rester sur place et attendre patiemment que Puggy montre le bout de son nez. 

Après réflexion, si de l’autre côté du Rhin, les deux garçons déchaînent les passions, il n’en sera pas de même en ce qui me concerne !

Doucement, le soleil se retire sur la pointe des pieds, lassé de devoir caresser la peau des festivaliers. Qu’à cela ne tienne, sa cousine lointaine, la lune, commence à endosser son rôle et nous gratifie d’une luminosité légère !

L’ambiance feutrée est parfaitement propice aux compositions qui vont suivre ! Ca tombe bien, la plaine est noire de monde. Faut dire que le groupe jouit d’une belle notoriété depuis quelques années ! Même hors de nos frontières !

Après trois albums et plus de 500 dates à travers le monde, le plus cosmopolitique des groupes belges vient juste de publier son dernier elpee, enregistré entre Londres et Bruxelles ! Le quatrième. Et il s’intitule « Colours » !

En une petite dizaine d’années (NDR : la formation est née en 2005), le trio est parvenu à imposer son style pop british en gravant des titres convenus, plutôt taillés bande FM.

Le public est familial et s’y retrouve plutôt bien ! Peut-être pas très exigeant du reste !

Le batteur a été remplacé au pied levé ! Le claviériste a le bras dans le plâtre ! Sale temps pour les gars !

Les titres s’enchaînent à une cadence vertigineuse ! Comme si de rien n’était ! Une certitude, les musicos assurent ! Coûte que coûte ! S’agit pas de prendre une claque !

Le combo s’inscrit dans une zone de confort au sein de laquelle il s’encroûte (l’air de rien) en balançant des sonorités pop/rock dansantes trop carrées !

Les gars sont venus interpréter les chansons de leur dernier opus. Ce qui a fait le succès du band n’est pas en reste comme "When You Know" ou encore "Last Day On Earth (Something Small)".

C’est lisse à souhait ! L’ensemble est cousu de fil blanc ! Comme s’il s’agissait d’un play-back ! Aucune surprise ! Toute spontanéité a disparu ! L’ennui est proche…

Presque obligées, quelques jolies ballades viennent bercer les conduits auditifs des aficionados grâce à des nappes qui leur confèrent une configuration atmosphérique comme le joli « How I needed you » sur lequel la voix androgyne du singer vient se poser en douceur pour faire mouche !

Quelques baisers amoureux s’échangent ! La musique adoucit les mœurs !

Etendard de la scène belge, le groupe qui interprète exclusivement ses titres en anglais s’inscrit donc dans un environnement maîtrisé. Trop peut-être…

Les applaudissements sont nourris. A tort ou à raison ! Sans doute la rançon de la gloire !

Beaucoup de monde attend impatiemment l’acronyme AaRON (Artificial Animals Riding on Neverland).

Faut dire que le duo français réunissant Simon Buret et Olivier Coursier a été révélé par le film ‘Je vais bien, ne t'en fais pas’ de Philippe Lioret, dont la chanson « U-Turn (Lili) » a été reprise comme thème principal de la bande originale.

Haro sur celui qui prétend n’avoir jamais entendu cet hymne à l’amour quasi-international !

L’environnement est à l’image de la carrière du duo ! Alors que certains titres déclenchent peu d’éclats et plongent le mélomane dans une frénésie poétique et tamisée, d’autres sont plus électroniques et dansants, proches de la new wave des années 80.

On passe donc d’un élan pop à une saillie synthétique sans vergogne ! Un partage entre spleen et une envie de trémousser son popotin jusqu’à n’en plus finir. Ce qui confère à l’ensemble soit un fond nostalgique où la mélancolie l’emporte sur le reste et fait appel aux déchirures, soit un appel irrémédiable au dancefloor.

D’une manière générale, tant dans le son que le visuel, ce live reste très sombre et éthéré ! L’intrigue et l’énigme n’ont pas leur place. Le light show épuré et ses lumières chaudes renforcent cette impression !

Un anniversaire ! Le premier du festival ! Les organisateurs ont décidé d’offrir à la foule une surprise ! Elle est de taille puisqu’un mapping video tout droit dirigé vers la tour du plan incliné de Ronquières est projeté !

Pour les incultes, il s’agit d’une technique qui permet de projeter de la lumière ou des vidéos sur des volumes, de recréer des images de grande taille sur des structures en relief, tels des monuments ou de recréer des univers à 360°.

Grâce à l'utilisation de logiciels spécifiques, des jeux d’illusion optique ont tantôt rendu confus la perception de cette grande tour de béton ou tantôt induit en erreur insidieusement le spectateur à partir de la déconstruction illusoire de ce qui était statique.

Durant un quart d’heure, de drôles de lutins et autres créatures célestes ont provoqué une frayeur (bien réelle cette fois) en jouant avec les reliefs, transformant ce qui est vrai par des illusions et des images aux possibilités infinies.

Tout simplement époustouflant !

Il est près de 23 heures 30 lorsque les premiers décibels dispensés par la musique de Selah Sue grondent. L’accent flamand de la belle est distinct !

Malheureusement, votre serviteur a bien bourlingué durant cette édition. La fatigue le ronge depuis un moment déjà. Il a de la route pour rentrer au bercail, et s’il veut être en forme demain, il n’a d’autre choix que de tourner les talons… pour regagner son véhicule !

Une bien belle journée placée sous le signe de l’éclectisme, de la découverte et la bonne humeur !

Que nous réserve ce dimanche ?

(Organisation : Ronquières Festival)

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Amphi 2016 : dimanche 24 juillet

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Retour sur le site bucolique du festival, sis en bordure du Rhin. Il y a même une plage, meublée de transats. Un cadre magnifique qui change des champs de patates ou autres immenses prairies qui servent de terrain aux nôtres. L’ambiance est paisible. Et les spectateurs, bien que vêtus majoritairement de couleur noire, adoptent des styles parfois bien différents.

Tout comme les styles musicaux, d’ailleurs. A l’instar d’Ost+Front, un groupe de métal qui singe carrément Rammstein. Même la rythmique est proche. On se demande cependant parfois si on n’est pas en présence d’un cover band. Faut dire que bodybuildé et couvert de sang (NDR : enfin, maquillé pour en provoquer l’impression), le chanteur mime également la dégaine de Till Lindemann. Quant aux masques des musicos, ils évoquent plutôt Slipknot. Au combo yankee, il semble également emprunter des touches hardcore et nu metal. Une chose est sûre, le groupe berlinois libère une fameuse dose d’énergie en ‘live’. Tout en se nourrissant de second degré. Ainsi, en cherchant sur la toile, on apprend qu’il utilise des symboles du IIIème Reich (NDR : notamment la Porte de Brandebourg comme décor, mais à l’époque de la propagande colportée par Goebbels), tout simplement, pour provoquer…

Retour sur le bateau (Orbit stage), car l’embarquement est immédiat vers The Devil and The Universe. Un ensemble autrichien qui pratique également le second degré. Son patronyme est judicieusement choisi. Et pour cause, les musicos portent des soutanes campant un hybride entre moines repentis et apprentis Jedi. Le show ressemble à une grande messe au cours de laquelle se mêlent projections vidéo et cérémonies rituelles mystiques voire diaboliques… L’expression sonore oscille entre électro, parfois légèrement enrichie de chœurs, et morceaux plus électriques, à l’instar de « The haunted summer ». Mais c’est surtout le percussionniste qui focalise l’attention. A côté de ses deux boîtes à rythmes, il se déchaîne sur ses percus, dans l’esprit d’Einstürzende Neubauten voire de Beinhaus.

Faderhead embraie sur la même barque. Son électro, fruit d’un mélange d’EBM et de synthé pop, parvient à faire chavirer les nombreux moussaillons présents sur le pont. De quoi ravir les aficionados de Basement Jaxx, Prodigy et Front 242. Et pour vous donner une petite idée de l’ambiance qui règne pendant ce set, on vous invite à cliquer ici

Covenant va nous réserver le meilleur moment de la journée. Groupe mythique suédois, il est toujours drivé par Eskil Simonsson, un personnage autant charismatique que sympathique. Aussi bien sur scène qu’en compagnie des ses fans, au bar. Il a complètement changé de look. Il a la boule à zéro et son teint est pâle (NDR : on espère quand même qu’il n’est pas atteint d’une maladie grave). Mais pas ses compos, malgré le nombre d’années d’existence de la formation. Du show, on épinglera « Lightbringer » et « Dead stars », deux morceaux qui vont illuminer davantage cette déjà bien belle fin d’après-midi ensoleillée.

Project Pitchfork c’est du lourd. On remarque la présence de 3 batteurs en fond de scène. Les deux claviéristes (NDR : dont le fondateur original Dirk Scheuber) et le frontman Peter Spilles (NDR : dont le maquillage est digne de celui du Joker) assurent le spectacle. Les tubes s’enchaînent : « Timekiller », « Alpha Omega », « IO » ou encore « Conjure ». De quoi déclencher l’un ou l’autre pogo. Mais le point d’orgue du concert est atteint lors du duo échangé avec Sven Friedrich (Solar Fake) sur « The Dividing Line». Et la prestation de s’achever par « Requiem » et le langoureux « Souls ».

Editors assure la tête d’affiche. Alternant grandes et petites salles (NDR : du Palais 12 au Grand Mix, par exemple), tout au long de la tournée hivernale, le groupe anglais semble utiliser la même méthode lors des festivals. Après avoir foulé la grande scène de Werchter, il se produit aujourd’hui devant quelques milliers de personnes, à peine. Pour notre plus grand bonheur, ne le cachons pas. Inutile d’arriver une heure à l’avance pour être bien placés à devant l’estrade. « No harm » ouvre le set en douceur. Le show monte en puissance dès « Life is a fear » (NDR : une plage également issue du dernier album). Un spectacle pro jusqu’au bout des ongles, à défaut de se révéler le plus original du festival. Le son est parfait. Et la foule se met à gigoter tout au long de « An end has a start », « Munich » ou encore « Papillon ».

Par contre, il y a énormément de peuple pour participer à l’after party sous la Theater Stage. Comme si festivaliers ne voulaient pas que cette grande fête se termine. L’édition 2016 de l’Amphi a drainé plus de 12 000 personnes et les organisateurs ont d’ores et déjà communiqué les dates pour la prochaine. Ce sera les 22 et 23 juillet 2017. Il est même possible de gagner  5x2 tickets VIP en communiquant votre poll là

(Organisation : Amphi Festival)

 

 

 

Amphi 2016 : samedi 23 juillet

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Visiter la cathédrale gothique de Cologne le temps d’un week-end ! Oui, mais il n’y a pas que ce monument qui est gothique, mais également le festival Amphi. Aussi, pour la circonstance, les ‘corbeaux’ pullulent par dizaine de milliers dans la ville. Vous en croisez à chaque coin de rue et même aux terrasses de bistrots ; vous en rencontrez dans le couloirs de votre hôtel ou attablés au restaurant que vous fréquentez. Un défilé de mode digne du carnaval de Venise. Malgré la température caniculaire, ils portent des vêtements en cuir, ‘fetish’, médiévaux, militaires et on en passe… Et tout ce beau monde s’est donné rendez-vous au Tanzbrunnen.

Après avoir opéré une escale, l’an dernier, à la Lanxess Arena, le festival est à nouveau de retour sur ce superbe emplacement, en bordure de Rhin. Innovation, la répartition des scènes a été modifiée. Si la Main Stage a été maintenue au même endroit, et en plein air, La ‘Theater stage’ a pris ses quartiers en indoor, à l’entrée du site (NDR : là se déroulait uniquement les ‘after-party’, les années précédentes). Vu les récents attentats qui ont touché Munich, les mesures de sécurité ont été renforcées. Et la file pour entrer dans cette Theater Stage peut s’allonger sur une centaine de mètres. Néanmoins, les gardes et membres de sécurité sont bien plus sympathiques qu’ailleurs (NDR : l’état de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a la réputation de recenser la population la plus chaleureuse d’Allemagne).

Le nouveau podium ‘Orbit’ a été aménagé sur un bateau. Il est visible depuis son balcon dont le pont sert de terrasse romantique donnant vue sur la cathédrale ! C’est au sein de ce superbe endroit que notre soirée débute, en compagnie des revenants Nosferatu. Un groupe issu d’Outre-manche qui fêtera bientôt ses trente années d’existence, nonobstant quelques pauses et changements de line up. Fin des nineties, il avait publié un très bon elpee, « Reflections Through A Darker Glass » ; un disque enregistré au sous-sol du club Cactus (NDR : à l’origine de l’organisation et du festival). Pour info, il bosse actuellement sur un tout nouvel opus. Le set accuse un peu de retard, lorsqu’il démarre. Faut dire que lors du soundcheck, le band est confronté à de nombreux problèmes techniques. Et puis, en début de parcours, le public est clairsemé. Malgré son look de vampire et son flegme bien britannique, Damien Deville (NDR : guitariste, c’est le dernier membre originel) charme par son attitude sympathique. Chanteur, Tim Vic a conservé sa rituelle dégaine de rockeur, à mi-chemin entre celle de Wayne Hussey et Len Liggins. Malheureusement, il est victime de trous de mémoire et son prompteur –défaillant– semble ne lui être d’aucun secours. Ce qui oblige le combo à improviser les morceaux dans des versions davantage instrumentales. Le navire est constamment au bord du naufrage, mais les musicos font le max pour éviter qu’il ne sombre. C’est d’ailleurs tout à leur honneur. N’empêche, il serait sans doute judicieux de revoir la formation, sous un jour meilleur ; quoique ses apparitions se révèlent de plus en plus rares…

La file d’attente résorbée devant la Theater Stage, on assiste à la fin du concert de Front Line Assembly. Eux aussi célébreront bientôt leurs 3 décennies d’existence. Ex-Skinny Puppy, Bill Leeb (NDR : c’est le frontman) semble ne pas avoir vieilli. Sans doute que l’air canadien lui fait le plus grand bien. Le light show et les fumigènes entretiennent un climat brumeux. D’ailleurs on distingue à peine les images qui défilent, sur l’écran vidéo, en front de scène. Tout comme le batteur et les deux claviéristes. Les morceaux proposés oscillent de l’EBM à la techno dansante que propose, en général, Letfield. A l’instar du titre final du spectacle, « Mindphaser », compo qui lorgne quand même vers le « Tragedy for you » de Front 242.

La programmation du festival est quand même curieuse ; et pour cause, les trois derniers groupes sont programmés tôt, soit à 20h45, et simultanément. Donc difficile de s’autoriser un zapping, à l’instar des autres festivals. Blutengel se produit sur l’estrade principale. Un groupe berlinois né en 1998. La foule réunit des spectateurs plus jeunes, dont des cyber-goths aux cheveux fluo. Les compos sont davantage pop. La voix de Chris Pohl est monocorde. S’il n’y avait celle d’Ulrike Goldmann (NDR : c’est la choriste), la musique le serait tout autant. Son timbre est d’ailleurs aussi éclatant que sa chevelure, de couleur rouge. Il n’est même pas 22 heures, et il n’y a plus rien à se mettre sous la dent (NDR : dans le creux de l’oreille ?) Bref, demain on a intérêt à débarquer bien plus tôt afin d’assister à davantage de concerts…

(Organisation : Amphi Festival)

 

 

 

Boomtown 2016 : vendredi 22 juillet

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Lors de cette édition 2016 du Boomtown, de nombreux concerts se déroulent à l’Opéra de Gand, une salle somptueuse au sein de laquelle le son est vraiment nickel. Et puis particulièrement confortable. Votre serviteur ne s’en plaindra pas. Ce vendredi 22 juillet, le festival accueille Gabriel Rios. Pas de supporting act.

Gantois d’adoption, Gabriel Rios est considéré comme le plus belge des Portoricains. Il est particulièrement populaire au Nord du pays. Son dernier elpee, « This Marauder's Midnight », remonte à 2014. En fait, il avait compilé tous les singles, gravés depuis l’automne 2013, à raison d’un exemplaire chaque troisième lundi du mois.

Depuis quelques années, il tourne au sein d’un trio acoustique. Il est ainsi soutenu par la contrebassiste Ruben Samama et la violoncelliste Amber Docters Van Leeuwen. Mais pas seulement, puisque le line up est régulièrement renforcé par un trio de cuivres (bugle, cor de chasse, trombone à coulisse) et un percussionniste. Ce dernier est même particulièrement sémillant. Musiczine avait déjà pu le constater lors de l’avant-dernière édition du Cactus et puis l’an dernier, au sein d’un Cirque Royal plein à craquer. Chaque musico apporte sa contribution à une musique classieuse et empreinte d’émotion. Gabriel Rios communique beaucoup avec l’auditoire et semble transcendé par la configuration des lieux.

Evidemment, le public féminin craque face à la gueule d’ange de Rios. Tiens, le set ne s’ouvre pas par la reprise du « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix. En fait Gabriel débarque seul, sur l’estrade, pour interpréter une nouvelle compo. D’ailleurs, la set list va mêler ancien et nouveau répertoire. Ruben fait son apparition avant « Straight Song » (« The Dangerous Return »). Il empoigne et relève dignement sa contrebasse. Il a constamment le sourire aux lèvres. Rios et Samana tapotent subtilement sur la caisse de leur instru en guise de percus. Ce duo à deux voix et quatre mains ravit un public déjà conquis. Amber les rejoint pour la troisième chanson. Toujours aussi jolie et souriante, elle a coiffé ses cheveux en chignon. Elle s’installe sur son siège haut, derrière son violoncelle. Des spots blancs illuminent les artistes tout au long de « Skip The Intro », un morceau dont le feeling mélancolique est entretenu par  le violoncelle, avant qu’elle ne s’autorise un bel envol, en fin de parcours.  

Les nouvelles compos sont douces. Lorsque le percussionniste débarque, c’est pour frapper sur une calebasse retournée en bois. Et dans cet exercice, il est vraiment brillant. Les interventions du trio de cuivres sont remarquables. Au cours des 90 minutes de concert, on aura bien sûr droit aux inévitables « Gold » et « Police Sounds ».

En rappel, la troupe va notamment nous réserver « El Raton » et « El Carretero », deux titres particulièrement latino. Un final qui m’a fait penser, à un certain moment, à Buena Vista Social Club. Quelle belle soirée !

(Organisation : Boomtown Festival)

Gabriel Rios

 

Dour Festival 2016 : dimanche 17 juillet

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Avant d’entamer cette dernière journée, petit saut à la maison indispensable afin de pouvoir profiter d’une bonne douche et d’un vrai repas. Mais également s’autoriser une petite sieste ; car, il faut bien l’avouer, la fatigue a miné mon organisme !

Retour sur la plaine de la Machine à Feu pour Suuns. Qui se produit sous le chapiteau de La petite maison dans la prairie. Le quatuor canadien propose un électro/rock très mélancolique aux textes assez simples. Malgré le grand soleil (NDR : oui, d’accord, il y en a plusieurs sur l’estrade !) qui inonde le site, le climat est sombre. Le band est venu défendre son nouvel opus. Et il semble particulièrement motivé. Mais atmosphériques, les compos manquent singulièrement de rythme. Or, on sent que pour le dernier jour, la foule a envie de remuer. Il aurait peut-être fallu programmer le combo un autre jour…

Sans attendre la fin du set de Suuns, direction la Cannibal Stage pour accueillir Slaves. Issu du Sud-est de l’Angleterre, le duo propose un garage rock légèrement teinté de punk. Bourrée d’énergie et puissante, sa musique donne envie de danser. Le guitariste et le drummer se réservent le micro, chacun leur tour. Ce sont deux potes, et c’est très perceptible. En outre, ils ne manquent pas d’humour. De la setlist, on épinglera surtout « Cheer Up London », véritable condensé de tout ce que le tandem fait de meilleur. Un joli défouloir !

The Bronx se produit au même endroit. Mais il est temps de casser la croûte. Arrivé légèrement en retard, on ne voit pas où se trouve le chanteur. En fait, Matt Caughthran est déjà au milieu de l’auditoire. Il a emporté son micro. Chauve, rondouillet et de petite taille, il renvoie une image complètement différente du style musical pratiqué par le combo. Qui est pourtant bien punk. Mais le personnage est éminemment sympathique et passe son temps à haranguer les spectateurs ou à les rejoindre au milieu de leurs pogos. Quoique classiquement punks, les morceaux créent une superbe ambiance sous la tente. Même sans être particulièrement fan du punk hardcore, on passe un excellent moment !

Place ensuite à The Subways. Du rock insulaire, ma foi, bien traditionnel. Si la musique n’est guère originale, elle s’avère tout à fait rafraîchissante et bigrement efficace. Les refrains sont particulièrement soignés et sont repris en chœur par un public vraiment connaisseur. Un groupe britannique, comme il en existe des dizaines, mais dont la recette continue de fonctionner…

Pour la première fois, cap vers la Boombox. Une légende du rap français s’y produit : Oxmo Puccino ! Double disque d’or et vainqueur à deux reprises des Victoire de la Musique, le géant du hip hop francophone débarque à Dour, flanqué d’un live band. C’est évidemment un énorme plus ! Affichant sa bonne humeur légendaire, il aligne ses tubes les plus célèbres comme « Toucher l’Horizon » ou « L’Enfant Seul ». Pour chaque morceau, Oxmo demande au public de réaliser une nouvelle chorégraphie. Les bras balancent de gauche à droite et vice-versa durant l’entièreté du show. Un énorme spectacle accordé par un grand Monsieur de la musique française.

Le flop ? Les Pixies. La formation légendaire américaine va nous réserver un spectacle indigne de son rang. Les musiciens ne semblent guère motivés et manquent cruellement de peps. Réaction du public ? Aucune. Un véritable silence de cathédrale s’installe entre chaque titre, autour de la Main Stage. Une grosse déception ! A oublier au plus vite… 

Il n’y a plus vraiment de spectacle qui botte votre serviteur. Donc, il décide de vagabonder de podium en podium. Et sous La Petite Maison dans la Prairie, Helena Hauff se fend d’un Dj set. Cette productrice, propriétaire d’une boîte de nuit à Hambourg, va mêler électro et wave pendant un grosse heure. Une chouette prestation propice à la détente…

Dour Festival a battu tous les records cette année, en accueillant pas moins de 235 000 festivaliers sur les cinq jours. Un beau bilan malheureusement terni par le décès d’un jeune homme français, victime d’une overdose de LSD. Toutes nos pensées vont évidemment à sa famille.

Pour votre serviteur, il s’agissait d’une première au camping. Et si la fatigue consécutive à ces 5 jours est absolument totale, les souvenirs musicaux et les rencontres se bousculent dans mon esprit. Parce que Dour, c’est aussi ça : le mélange de jeunes attirés par des styles différents mais qui finissent toujours par se croiser durant un bout de concert. Dour est incontournable sur la scène musicale européenne et rien ne semble indiquer que le festival en restera là. Beaucoup de surprises nous attendent encore. En attendant, le retour au boulot va être difficile, mais on ne regrette rien ! A l’année prochaine !

(Organisation : Dour Festival)

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