Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Scène sur Sambre 2016 : samedi 27 août

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Le festival des Barges se déroule au sein du cadre idyllique de l'Abbaye d'Aulnes, un site unique en son genre. La scène est installée sur des barges en bord de Sambre. Elle fait face au public sur la rive gauche (à bâbord). A taille humaine, le festival peut accueillir un peu plus de 8 000 âmes par jour ; et ce samedi, c’est sold out. Il en est déjà à sa sixième édition et commence à devenir une solide référence au cœur de l'été. On s'y sent bien et il existe une grande complicité entre les artistes et le public…

L'astre de lumière est haut dans le ciel et tape déjà dur sur la plaine. Seule zone d'ombre (?!?!?) au tableau, la tente qui protège la régie sons et lumières. Votre serviteur avait dû déclarer forfait la veille, suite à un gros coup de chaleur. L'affiche était exceptionnelle, mais quand il faut affronter de telles conditions climatiques, les organismes ne sont jamais à l’abri d’une défaillance…

C’est à 15h45 que Sonnfjord ouvre le bal. Perso, il s’agit de LA découverte pour l’année 2016. Et pour cause, la formation avait tapé dans son oreille, en supporting act de Joe BeL, à l’AB, et puis au Cirque Royal, en première partie de Caravan Palace. Issu de Braine-L'Alleud, elle est drivée par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est soutenue par son frère Aurélio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérôme Van Den Bril à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon) aux drums. Très attendu, son premier album devrait sortit d’ici quelques semaines. Il fera suite à un Ep paru en février 2015 (« Up The Wooden Hills »). D’ailleurs, si le combo va largement puiser dans ce disque pour sa set list, il ne va pas pour autant négliger ses nouvelles compos. Difficile d’en dire davantage sur cette prestation, car la très jolie et prometteuse Emma Bale attend votre serviteur pour une interview… Set list : « The Tree », « Alpinist », « Fever », « Four Hundred Sunny Days », « Desert Town », « City Lights », « Carry On ».

Retour sur la plaine sur laquelle la foule commence à affluer. Mais la température semble encore avoir grimpé de plusieurs degrés. Ce qui n’empêche pas l’auditoire d’être chaud boulette pour assister au spectacle de Julian Perretta. Quoique d’origine italienne, il est de nationalité britannique. Ses bras sont couverts de tatouages. Il ne doit plus y avoir un morceau de peau de libre. Pour la petite histoire, en 2008, il avait rejoint Mark Ronson pour adapter un morceau des Smiths, « Stop Me » ; et en 2009, il avait été invité à assurer la première partie de Beyoncé. Cet artiste prête également sa plume à pas mal de confrères (Jessie J, Cee Lo Green, Taio Cruz, etc.). Il revendique, pour influence majeure, Jamiroquai. Pas étonnant qu’il ait collaboré en compagnie de deux de ses anciens musicos. Tout au long du concert, il va aligner ses hits. Et comme sa pop teintée de soul est propice à la danse, il met une chouette ambiance dans l’assistance.

Place ensuite à Emma Bale, aka Emma Balemans. Dès l’âge de 14 ans, elle s’était illustrée dans l'émission diffusée par VTM, 'The Voice Kids'. 3 ‘Mia's’, un disque d’or, des tas de vues sur YouTube et de streams plus tard, elle est invitée par Milow à assurer le supporting act de sa tournée. Nous sommes alors en 2015. Et certains n’hésitent pas à la comparer à Birdy, Gabriel Aplin voire même Adèle. Faut dire que le succès est au rendez-vous…

Il est 18h15 et elle entre en scène. Sexy, rayonnante, toute de blanc vêtue, elle s’installe derrière un pied de micro garni de fleurs blanches. Elle se sert circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique et est rejointe rapidement par deux claviéristes/guitaristes (sèche ou électrique). Pas de bassiste ni de drummer, cette instrumentation est reproduite par un des synthés. Elle attaque son set par une version folk du « All I Want » de Kodaline, la cover qui avait permis de la découvrir sur le plan international. La voix est claire, limpide et lumineuse. Son adaptation du « Strange Entity » d'Oscar And The Wolf est dépouillée. Mais elle est encore meilleure que l’originale. Tout au long de « Nothing Arrived », son toucher de gratte est précis. Elle nous réserve une nouvelle chanson, « Greatest Lover », une compo empreinte de douceur. Autre cover, celle de « Stolen Dance » de Milky Chance ; et elle est particulièrement électrique. Parfois Emma pousse sa voix dans les aigus, à l’instar du tendre « World Untouched ». Elle n’oublie pas « Who's Sorry Now », un morceau co-écrit en compagnie de Jasper Stevelinck. Et c’est un délice pour les tympans. Plus électro, « Strangers » incite l’auditoire à remuer le popotin. Pas de Lost Frequencies, comme en 2015, pour attaquer « Run ». Mais encore une reprise, celle de « Fortune Cookie », un tube signé Milow. Et stupeur, on n’entend plus la voix d'Emma. Panne de micro ! Sans paniquer, elle rappelle ses deux musicos, qui s’improvisent danseurs de samba brésilienne. Et lorsque le son est de retour, Emma reprend le cours de sa chanson. Manifestement, elle a séduit le public du festival de Barges…

Le public est (a) chaud ; et il va complètement se lâcher lors de la prestation de Talisco, très attendue par le public. De son véritable nom Jérôme Alandi, le Bordelais est soutenu par un drummer, un guitariste/bassiste et un claviériste. Basiquement folk, sa musique est à la fois teintée de rock (NDR : à cause de l’intensité des grattes électriques) et d’électro. Ce qui ne l’empêche pas de nous servir des tubes. A l’instar de « Your Wish », « Follow Me », « Sorrow », « Glory » et « Everyone », particulièrement taillés pour la bande FM. Mais le plus intéressant procède de ses nouvelles compos qui figureront sur son prochain opus. Et franchement, à première écoute, elles sont vraiment excellentes. Sans quoi la voix de Jérôme est toujours aussi atmosphérique, des compos qu’il interprète dans la langue de Shakespeare. Et puis, il faut également souligner son art à faire participer le public, qui a vraiment apprécié cette forme d’interactivité.

Au loin, des éclairs lézardent le ciel. La température devient insupportable. L’orage guette. Aussi votre serviteur préfère quitter le festival pour rejoindre ses pénates. Pas de Balthazar. Ce n’est pas un problème, il a déjà vu le band à plus de 10 reprises. Dommage pour Ghinzu. Quant à Mustii, il revient au Cirque Royal. Donc pas de souci pour le revoir bientôt en concert. A l’année prochaine !

(Organisation : Scène sur Sambre)

Mustti + Ghinzu + Balthazar + Talisco + Emma Bale + Julian Perretta + Sonnfjord

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W-Festival 2016 : mardi 23 août

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Le W-Festival se déroule au milieu des champs. A Wortegem-Petegem, c’est-à-dire quelque part entre Audenarde, Deinze et Waregem. Et il se consacre essentiellement à la synth wave, l’electro dance et le post punk. Pour y parvenir, c’est quand même la galère. Aucun panneau indicateur spécifique ne vous dirige vers le site, et le GPS ne renseigne pas de destination ‘Den Brandenwiijn’. Ce n’est qu’après avoir sillonné les routes de campagne, en long et en large, qu’on arrive enfin à bon port. Au milieu de parcelles agricoles, où la moisson vient sans doute d’être achevée. Coup de bol, il ne pleut pas, car sur ces terres, le sol est encore relativement meuble, donnant l’impression de marcher sur des sables mouvants. Un parking y a été aménagé. Après les contrôles d’usage, on pénètre au sein d’un espace particulièrement bien aménagé. Le podium est impressionnant. Il y a du plancher qui couvre le sol sur tout le site et des chapiteaux, dont la plupart sont en structure pyramidale, y sont plantés autour. Judicieusement. Un plus grand a même été érigé à une cinquantaine de mètres face à la scène principale… au cas où il pleuvrait. 

En débarquant à 16h05, le set de Heaven 17 vient de commencer. Donc pas eu le loisir d’assister à ceux de The Serious Five, Portrait et De Brassers. Dommage pour ces derniers, car son style qui oscille de PiL à Wire, en passant par The Clash, The Damned et Joy Division mérite qu’on s’y intéresse.

Bref, revenons à nos moutons. C'est à l’issue de la scission de Human League que Heaven 17 est né. Le leader Phil Oakey et Phil Wright prendront la destinée du premier, alors que Glenn Gregory, Martyn Ware et Ian Craig Marsh fonderont le second. Depuis, pas mal d’eau a passé sous les ponts et Ian a abandonné le navire. Malgré quelques hits notoires, le combo est toujours un peu resté dans l’ombre de sa ligue humaine. En outre, il lui a fallu 17 ans, pour qu’il se décide à se produire en ‘live’ (NDR : en ne tenant pas compte des show télévisés, bien sûr). Ce sera en 1997. Et c’est surtout à travers ses vidéos et les pochettes de ses albums qu’il va véritablement s’illustrer. Des clips qui véhiculent le plus souvent des messages politiquement engagés…

Ils sont 5 sur les planches. Soit deux claviéristes (NDR : qui se servent de ‘Roland Fontana’ identiques, excusez du peu), dont Marty Ware, et deux choristes plutôt sexy ainsi que le chanteur Glenn Gregory. Souriant, il a la boule à zéro. Le son est excellent. Et le quintet va nous réserver une chouette prestation au cours de laquelle il va rendre un hommage à David Bowie, en interprétant son « Boys keep swinging »…

Green Gartside n’est pas davantage un adepte des planches. Ainsi, de 1980 à 2006, il n’a accordé aucun concert. Et pourtant, cet artiste a exercé une influence certaine sur de nombreux artistes. Et tout particulièrement sur Beck. Mais aussi Kurt Feldman (The Pains of Being Pure at Heart) et plus que probablement George Michael voire même Prince. Mais ici les avis des spécialistes divergent.

Quoi qu’il en soit, Scritti Politti va nous réserver un set partagé entre compos récentes et tubes, dont les inévitables « Absolute », « Wood Beez » et le plus reggae « The sweetest girl ». Green est soutenu par un préposé aux drums électroniques, un claviériste et un guitariste. Lui-même se consacre à la gratte. Il dispose d’un pupitre devant lui, mais –et c’est particulièrement cocasse– les feuilles qui lui servent d’aide-mémoire s’envolent au gré du vent ; un roadie s’évertuant à y remettre de l’ordre, à plusieurs reprises. Le son est nickel. Peut-être un peu trop puissant, quand même. Et falsetto, la voix de Gartside est d’une douceur infinie. La musique oscille entre synthpop, reggae, hip hop et soul ; mais si le concert s’avère agréable, il n’est guère interactif et finalement, on comprend mieux pourquoi Scritti Politti est considéré comme un groupe essentiellement de studio…  

Chanteuse de Kosheen, Sian Evans est très peu populaire au Sud de la Belgique. Grande fan de Joni Mitchell, elle rencontre cependant un énorme succès en Flandre, aux Pays-Bas et en Angleterre. A l’origine, Kosheen était une formation de musique électronique, mais son mélange de rock, de hip hop, de blues de drum n’ bass et folk est devenu de plus en plus organique, au fil du temps. Ainsi, sur les planches, elle est soutenue par un contrebassiste, un claviériste, un drummer, un guitariste (il se sert d’une sèche amplifiée) et de deux choristes. Et franchement, non seulement Sian a du coffre, mais c’est une fameuse showwoman. Elle invite la foule à frapper dans les mains et arpente l’estrade de long en large. Superbe, sa voix me fait parfois penser à celle de Joan Baez. Avant d’attaquer « All in my head », elle enfile une chasuble de couleur turquoise aux motifs fleuris. Mais sur ce titre plus blues, elle pousse ses inflexions vocales à la manière d’une Janis Joplin. En fait, c’est sa voix qui donne l’essentiel du relief à une musique qui malheureusement en manque singulièrement...

Place ensuite à Marc Almond. Tout de noir vêtu et chaussé de lunettes fumées (NDR : qu’il ôtera après quelques morceaux), il grimpe sur l’estrade lorsque tout son backing group est bien installé. Soit un guitariste, un drummer, un claviériste et deux choristes (NDR : une noire et une blanche). Et manifestement, il a l’air de tenir la forme. Et puis sa voix est intacte. Enfin, il fait constamment le show, par exemple en tendant le micro vers la foule pour qu’elle reprenne les refrains, les ‘sha la la la la’ ou encore les ‘woh woh woh’. Il arpente également l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Frappant des mains ou incitant l’auditoire à l’accompagner dans ses gestes. Et la foule s’exécute avec enthousiasme. Elle se met même à dodeliner de la tête, à chanter et même à danser. Des moments d’émotion traversent votre serviteur à l’écoute de « Bedsitter », « Tears run rings » ou encore « Torch ». Sans oublier l’incontournable « Tainted love », le hit de Soft Cell. En fin de parcours, il n’oublie pas sa version galopante du « Jacky » de Brel. Et achève le show par un titre au cours duquel il échange vigoureusement ses vocaux avec les choristes. Il va bien sûr recueillir des acclamations nourries. Et il le mérite amplement. Franchement, je n’imaginais pas un tel show de la part d’un artiste qui aujourd’hui tente de nouvelles expérimentations…

Ex-Joy Division et ex-New Order, Peter Hook a donc monté son propre groupe, The Light. En compagnie de David Potts à la guitare, de son fils, Jack Bates, à la basse, d’Andy Poole aux claviers et de Paul Kehoe aux drums. Mauvaise nouvelle, ce dernier n’est pas arrivé à destination. Il dispose probablement du même GPS que le mien (?!?!?). Résultat des courses, le claviériste doit aussi se charger de la boîte à rythmes, qu’il manoeuvre en se servant d’un pc portable. Deux basses dans la même formation, c’est plutôt rare ; et c’est ce qui fait le charme du combo. Mais également la guitare, dont les accords bien cinglants sont dignes de ceux dispensés par Phil Cunningham. Car pour le reste, on a quand même le droit d’être frustrés. Bien sûr, les morceaux proposés sont essentiellement puisés dans le répertoire de Joy Division ou des débuts de New Order (« Thieves like us », « Your silent face », « Subculture » « Blue Monday », « Isolation », « She’s lost control », etc.) ; et à l’écoute de ces classiques, on est envahi pas un sentiment de nostalgie. Peter se sert épisodiquement d’un clavinet, qu’il a placé dans un sac accroché à son pied de micro. Malheureusement, la voix de Peter est trop limitée. N’est pas Ian Curtis ou Bernard Summer qui veut. En fait, on a l’impression de goûter à un plat réchauffé. En outre, le set tire bien trop en longueur. Et n’apporte strictement rien de neuf. Peter aurait tout intérêt à engager un bon chanteur, et à oser la différence, s’il ne veut pas voir mourir son projet, à court terme…

Pas vraiment fan d’Alphaville, votre serviteur décide de rentrer à la maison ; et c’est Wim, notre photographe, qui lui a rapporté ses impressions. Un concert au cours duquel le groupe (un drummer, une bassiste, un guitariste, un claviériste et bien sûr Marian Gold au chant) a accordé un set particulièrement énérgique, bénéficiant d’un superbe light show, et tout particulièrement tout au long du hit « Big in Japan », la toile tendue derrière le band reproduisant des images de mangas (« Juliette je t’aime », « Cat’s eyes »), des signes en écriture japonaise ou des tracés géométriques bien nippons, sur fond de lumières rouges. Et selon notre collaborateur, la foule a beaucoup apprécié le show exécuté par le band allemand.

Bref, pour une première, on peut considérer que le W-festival a été une réussite. A taille humaine, il doit avoir attiré plus ou moins 2 000 festivaliers, pour la plupart des quinquas, dont le comportement a été vraiment exemplaire, car ils étaient venus pour faire la fête. Un public au sein duquel on a recensé de nombreux francophones. L’an prochain, faudra peut-être prévoir une autre bière que la pils (NDR : décidément, la blanche n’a pas beaucoup de crédit au Nord du pays), un vin rouge potable (à 4€ le verre, c’est un minimum) et de la nourriture un peu plus variée (entre les frites ou les pizzas, il n’y avait guère d’autre choix). Enfin, si l’organisateur cherche d’autres vieilles gloires qui ont marqué les eighties, tout en ne risquant pas trop de grever son budget, il pourrait penser à D.A.F., Gang of Four, Modern English, Wire et And Also The Trees. Enfin, si ces groupes sont alors encore bien en activité. Ce n’est qu’une suggestion, qui en vaut bien d’autres ; mais franchement, fallait oser un tel festival !

(Organisation : W-Festival)

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Sziget Festival 2016 : mardi 16 août

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C’est déjà le dernier jour du Sziget ! Le calendrier n’en est pas la seule preuve. Il suffit de se balader autour des tentes pour comprendre que pour bon nombre de festivaliers, il est temps de prendre un peu de repos. Mais avant le retour au pays, il reste encore huit bonnes heures de musique. Let’s go !

L’Europe Stage accueille une nouvelle fois le premier concert de la journée. Il s’agit de Salmo, un ‘gruppo’ de rap italien. 95% de l’audience doit certainement être composé de ressortissants du pays de Dante. Il faut dire que ce collectif est particulièrement notoire dans la botte ! Soutenu par ses collaborateurs, le chanteur met immédiatement le feu. Je ne comprends strictement rien de ce qu’il déblatère, mais son chant est nerveux et puissant. En outre, il a recours à des refrains aisément mémorisables. Lors d’un morceau de reggae –apparemment récent– il enjoint la foule à se diviser en deux camps, afin qu’elles se rentrent dedans. La journée démarre en force et elle se déroulera sous le signe du pogo !

Après une petite restauration, direction l’A38 Arena pour applaudir FIDLAR. Issu de Los Angeles, ce groupe de garage est, à ce jour, responsable de deux excellents elpees. Une chose est sûre, il va faire très chaud sous la tente. En fait, le combo jouit d’une notoriété turbulente. Et dès 18 heures, le chapiteau se transforme en véritable sauna. Pourtant, on est surpris par le premier titre du set. Une reprise du « Sabotage » des Beastie Boys. Et comme prévu, la foule remue déjà dans tous les sens. Une agitation qui sera constante tout au long du show. Et en enchaînant par « Cheap Beer », Zac Carper et ses potes mettent directement le public dans leur poche. Véritable hymne à la boisson, le morceau fait mouche ! Les compos défilent sans guère de répit. Tout le monde se bouscule et Zac passe la moitié du concert à jouer de la guitare, couché sur les planches. Mais impossible d’observer plus de dix secondes d’affilée ce qui se passe sur l’estrade tellement il y a du remue-ménage dans la fosse. Après le surpuissant « No Waves », je craque. Je suis forcé de sortir du chapiteau pour rejoindre le bar adjacent. La bouteille d’eau achetée passe cul sec et je retourne dans la bataille. Tout le monde est littéralement baladé du 30ème au 3ème rang sans trop comprendre comment. C’est la folie. Et physiquement, c’est éreintant. Les festivaliers vont perdre de nombreux litres de sueur durant l’heure de show ! Et c’est à l’issue de « Cocaine » que FIDLAR tire sa révérence. Il s’agit de la chanson la plus emblématique du combo. Elle baigne au sein d’un climat malsain ; ce qui ajoute du piment à cette fin de spectacle. Le quatuor californien a donné tout ce qu’il avait dans le ventre. Bien aidé par un public déchaîné, il a provoqué le plus beau pogo du Sziget. Et l’intensité était telle que de nombreuses personnes se sont effondrées, dès les derniers accords exécutés. Il ne leur restait plus qu’à aller s’hydrater. C’était même devenu impératif.

Après avoir pris un bon verre, cap vers la Main Stage pour un concert qui devrait être parfait et en même temps nous réserver un moment de détente : celui de The Last Shadow Puppets. Soit le projet commun d’Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kanes (The Rascals). Le duo est venu défendre son dernier opus, paru il y a quelques mois (« Everything You've Come To Expect »). Un rock bien british mais plutôt paisible ; et certainement bien plus cool que celui pratiqué par Turner et ses singes arctiques. On arrive plus au moins à mi-concert ; mais il y a encore quelques jolies compositions dans la set list à savourer. A l’instar de « Bad Habits », aussi dansante qu’addictive. Mais ce qui frappe d’abord, c’est l’état d’ébriété affiché par Alex. Il est même carrément bourré. Une chose est sûre, il n’a pas carburé à l’eau de la journée. S’il partage le chant avec Miles, il semble bien moins conscient que son compère. Son regard est livide. Il est même drôle à regarder, car il fait absolument n’importe quoi. Il finit même à quatre pattes durant la cover du « Tottaly Wired » de « The Fall ». Heureusement, les deux artistes se connaissent parfaitement. Ce sont des amis. Et ils sont parfaitement complémentaires. A plusieurs reprises ils osent l’impro ; et le résultat est totalement bluffant. Bref, on a vécu un bon moment en compagnie de marionnettes qui n’ont besoin de personne pour les articuler !

On reste sur place pour vivre l’‘End Show’ d’Hardwell ; mais franchement, hormis les artifices pyrotechniques, son dj set est vraiment banal.

On change alors de décor, puisque sous l’A38, Bullet for My Valentine achève sa prestation. Devant de nombreux fans. Il faut préciser qu’il y a près de 20 ans qu’ils sévissent sur la scène métallique. Les Gallois sont en pleine forme. Le quatuor n’a strictement rien perdu de son énergie et propose un set partagé entre ancien et nouveau répertoire. Et alors que tout le monde pense que le spectacle est terminé, il nous offre un rappel de deux chansons, clôturant définitivement le show par le tube « Walking the Demon ». Il me semblait bien que cette chanson manquait à la set list…

Crystal Palace, ce sera le dernier concert de ce Sziget pour votre serviteur. Honnêtement, avant qu’il ne débute, une grande crainte m’avait envahi. Et pour cause, depuis le départ d’Alice Glass, Ethan Kath s’est retrouvé un peu seul. La chanteuse charismatique et son partenaire n’étaient plus sur la même longueur d’ondes. Et elle a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc recruté une nouvelle vocaliste. Quid de la remplaçante, alors ? L’A38 est plongée dans l’obscurité. Même les écrans géants sont éteints. Les haut-parleurs crachent leurs rituelles sonorités électro ; mais la voix est beaucoup trop en retrait. A tel point qu’on dirait presque de la musique instrumentale. Edith Frances (NDR : c’est la nouvelle !) fait pâle figure dans le rôle d’Alice. Bref, les appréhensions se confirment : toutes les magnifiques chansons du premier album ont été abandonnées, car elles étaient bien trop imprégnées par la personnalité de Mrs Glass. Seule Crimewaves échappe au carnage, maigre consolation… En fin de set, « Celestica » tentera bien de nous mettre un peu de baume au cœur, mais la déception est immense. Dommage de clore ce festival par une aussi piètre prestation…

Les bagages sont prêts et l’avion décolle dans quatre heures. Il est temps de partir. Le Sziget est un événement bien à part de tout ce que votre serviteur a pu vivre dans le passé. Le temps semble comme figé sur cette île où finalement la musique n’est absente qu’entre 6 et 10 heures du matin. Le public vient de tous les horizons pour faire la fête ; et la solidarité est le maître mot. Des bars ouverts toute la nuit ou des tentes plantées à dix mètres des scènes. Une telle situation n’existe qu’à Budapest ! Côté musique, on regrettera une programmation un peu trop commerciale sur la Main Stage. Pour le reste, c’était top ! Dans l’avion, les souvenirs se bousculent et il est certain que lors de la première nuit dans mon lit, les rêves vont être colorés ! A bientôt Sziget. Et surtout, ne change pas !

(Organisation : Sziget Festival)

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Sziget Festival 2016 : lundi 15 août

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Plus que deux jours à savourer… Pourtant, la fatigue est de plus en plus palpable ; mais heureusement, la chaleur est un peu retombée et quelques nuages bienvenus se sont invités dans le ciel. C’est une bonne nouvelle, car aujourd’hui la plupart de la journée se déroulera devant la Main Stage. Mieux vaut éviter les insolations !

Il est 16 heures quand Years and Years grimpe sur l’estrade. Sculptés dans l’électro/pop, les morceaux sont bien trop lisses ; en outre, la voix du chanteur est excessivement mise en avant. Surtout qu’elle n’est pas vraiment irrésistible. Pas de quoi s’emballer. Finalement, on a l’impression de se farcir le show d’un facsimilé d’Oscar and the Wolf ; mais en moins bien. Cependant, le public féminin semble à nouveau prendre son pied. Tant mieux pour elles, alors !

Pour votre serviteur, la tête d’affiche de ce lundi revient à Kaiser Chiefs. Faut dire qu’il est un fan de longue date. Et puis, le chanteur, Ricky Wilson, est une véritable bête de scène. Le set démarre à 17h45. Le ciel est gris mais il ne pleut pas. C’est parfait ! A la surprise générale, la formation anglaise entame les hostilités par une nouvelle compo : « We Stay Together ». C’est une première ! Mais cette ballade diffère du rock nerveux pratiqué, en général, par le band issu de Leeds. La chanson est agréable à l’oreille, mais elle n’est pas vraiment transcendante. Heureusement, on ne reste pas trop longtemps sur sa faim. Car le combo embraie immédiatement par « Every Day I Love You Less And Less ». Soit le titre d’ouverture de son premier LP. Caractérisé par sa mélodie addictive et son refrain contagieux, ce morceau est du pur bonheur ! Tiens, le suivant est encore récent. Apparemment, la set list alterne ancien et nouveau répertoire. Pas un mauvais choix, car il permet de reprendre sa respiration après chaque tube ! Suivant sa bonne habitude, Ricky communique énormément avec son public et prend plaisir à le faire hurler de chaque coté de la fosse, ‘Kaiser’ et ‘Chiefs’. Tout en imposant le tempo. L’ambiance monte encore d’un cran !  Et bien sûr, le set s’emballe définitivement dès les premières notes de « Ruby », chanson reconnaissable entre mille. L’auditoire chante le refrain en chœur. Plus de temps de récupération, car le team va enchaîner par un triptyque de folie ! Après l’excellent « The Angry Mod », le classique « I Predict a Riot » résonne à travers la plaine. De quoi déclencher un pogo général. J’en perds même une chaussure. Pas grave, l’instant valait le coup ! Ricky Wilson décide alors de rejoindre la foule dans la fosse. C’est la folie ! On imagine alors que le set va s’achever tranquillos par le « Pinball Wizard » du Who. Mais les Anglais en ont encore sous la pédale et s’attaquent à « Oh My God ». Constant qu’il lui reste encore un  peu de temps disponible, Wilson intègre des ‘Na Na Na Na Naa’ au beau milieu de la chanson. Incitant le public à reprendre ces onomatopées, en chœur, bien entendu. Et pour  couronner le spectacle, il escalade un pylône avant d’entonner une dernière fois son ‘Oh My God I Can’t Believe It…’ Le show de Kaiser Chiefs s’est révélé à nouveau grandiose. Et l’intensité qu’il y a injectée était tout bonnement phénoménale. Un plaisir pour les oreilles et les yeux !

Noel Gallagher et ses High Flying Birds succèdent à Kaiser Chiefs. Pas de quoi en faire tout un plat, mais il est toujours chouette de revoir un membre d’un des plus célèbres duos de frères ennemis, en concert. Bien sûr, ce sont les morceaux du répertoire d’Oasis qui recueillent le plus de succès. A l’instar de  l’incontournable « Wonderwall ». Sans quoi, le set s’avère désespérément plat. Pourtant, Noel se montre particulièrement sympa à l’égard de son auditoire. Enfin, davantage que d’ordinaire. Opération séduction ? Possible, surtout depuis qu’il a annoncé, il y a quelques jours, avoir l’intention de reformer Oasis, en compagnie de son frangin. Affaire à suivre donc…

On abandonne la prestation du célèbre Mancunien flanqué de ses Oiseaux qui volent haut, pour mettre le cap vers l’A38 Arena, où Chvrches va se produire. Et je dois être parmi les derniers à avoir pris cette décision, car bon nombre d’autres mélomanes se sont déjà bien installés sous le chapiteau. Si bien qu’en débarquant, il est bourré comme un œuf. Et à cette heure-ci, c’est inattendu ! Il faudra donc assister au début du spectacle, à l’extérieur. Il règne une ambiance incroyable sous la tente. Faut dire que non seulement la belle Ecossaise ne manque pas de charme, mais elle a un don pour manipuler la foule. Maintenant, côté musical, l’électro/pop dispensée par la formation n’est vraiment pas dans mes cordes…

Retour donc sur la scène principale où Sia est programmée. Quand elle monte sur les planches, elle accuse un léger retard. Elle est vêtue d’une majestueuse robe blanche. Qui s’ouvre à mi-parcours d’« Alive » pour laisser la place à trois danseuses. Parmi lesquelles figure la petite Maddie Ziegler, devenue célèbre pour ses apparitions remarquables dans les clips de l’Australienne. Une chose est sûre, c’est l’autre star du show. En fait, on se demandait comme Sia –en général, bien trop statique– allait parvenir à rendre ses spectacles attractifs. Et bien elle a trouvé la solution : elle demeure en retrait, et laisse les danseurs et les acteurs focaliser tous les regards. Parfois on a l’impression d’assister à une pièce de théâtre, voire à un film. Si les titres les plus notoires ne sont pas négligés, il faut avouer que l’assistance est avant tout scotchée par le talent de Maddie. La gamine épate la galerie et tout particulièrement sur « Eslastic Heart », morceau au cours duquel elle réalise une performance parfaite en duo avec un danseur (NDR : qui n’est pas Shia Labeouf, comme dans le clip). Le show est superbement travaillé, et au sein d’un amphithéâtre, il devrait être incroyable.

Impossible ensuite d’accéder à l’A8 Arena, pour assister au concert de M83. Il y a beaucoup trop de monde, y compris à l’extérieur. Tant pis, on se contentera de l’Europe Stage où un groupe luxembourgeois, Say Yes Dog, a pris place sur le podium. Les drapeaux grand-ducaux flottent dans les airs. Le trio défend une forme d’électro assez proche de celle pratiquée par M83. Il y a peu de monde sous la tente, mais le combo se vide les tripes. Et franchement certains morceaux, surtout les plus dansants, comme « A Friend » ou « Stronger », passent parfaitement la rampe…

Une nouvelle journée se termine. Encore 24h à tenir. Mais pourquoi donc se plaindre quand on prend autant de plaisir ?

(Organisation : Sziget Festival)

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Lokerse Feesten 2016 : dimanche 14 août

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La 42ème édition des Lokerse Feesten s’achève aujourd’hui. L’affiche de ce dimanche 14 août a de quoi mettre l’eau à la bouche. Et pour cause, y sont programmés G. Eazy, responsable d’un hip hop ravageur, Lost Frequencies, c’est-à-dire le Skrilex belge, dont le dj set devrait s’avérer de haut vol ainsi que Faithless, notoire pour son electronic dance music. Sans oublier le feu d’artifice, un spectacle digne de celui proposé devant le Palais Royal, un 21 juillet. Côté statistiques, le festival a pulvérisé tous les records de fréquentation, en accueillant 140 000 spectateurs, sur un total de 10 jours.

Aka Emma Balemans, Emma Bale s’était illustrée, dès l’âge de 14 ans, dans l'émission diffusée par VTM, 'The Voice Kids'. 3 ‘Mia's’, un disque d’or, des tas de vues sur YouTube et de streams plus tard, elle est invitée par Milow à assurer le supporting act de sa tournée. Nous sommes alors en 2015. Et certains n’hésitent pas à la comparer à Birdy, Gabriel Aplin voire même Adèle. Faut dire que le succès est au rendez-vous…

Elle grimpe sur l’estrade à 19h00. Sexy, rayonnante, toute de blanc vêtue, elle s’installe derrière un pied de micro garni de fleurs blanches. Elle se sert circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique et est rejointe rapidement par deux claviéristes/guitaristes (sèche ou électrique). Pas de bassiste ni de drummer, cette instrumentation est reproduite par un des synthés. Elle attaque son set par une version folk du « All I Want » de Kodaline. Plus dépouillé encore, une adaptation du « Strange Entity » d'Oscar And The Wolf. Et elle est encore meilleure que l’originale. Limpide, délicieuse, la voix d’Emma brille de mille feux et me fait de plus en plus penser à celle de Gabriel Aplin. Encore que parfois elle la pousse dans le aigus, comme sur le tendre « World untouched »

Elle est uniquement soutenue aux ivoires sur « Greatest Lover » et la cover du « Magic » de Coldplay. Superbe ! Lors des moments les plus électro, à l’instar de « Strangers », elle ne tient plus en place. Et la foule réagit au quart de tour en remuant le popotin ou commençant à jumper.

Parmi les reprises, on épinglera encore le « Stolen Dance » de Milky Chance, moment particulièrement électrique. Et Emma n’en oublie pas pour autant « Who's Sorry Now », cosigné par Jasper Stevelinck. Elle se produira dans le cadre du festival Scène sur Sambre ce 27 août…

Gerald Earl Gillum a choisi pour pseudo G Easy. Son style. Le hip hop. Sur les planches, ce jeune prodige est flanqué d’un drummer et d'un préposé aux machines. Et il faut reconnaître qu’en ‘live’, il mouille sa chemise ; les deux autres musicos se concentrant sur leurs instruments. D’une durée de 45 minutes, le set s’achèvera par « Me, myself and I », son tube qu’il avait partagé avec la chanteuse Beba Rexha. Plus étonnant, « Fuck Donald Trump » s’attaque à l’un des candidats à la Maison Blanche ; en l’occurrence le promoteur immobilier new-yorkais. Les paroles défilent sur les deux écrans, placés de chaque côté du podium. La foule les reprend en chœur ; et pourtant, elles tirent à boulets rouges sur ce politicard populiste, extrémiste, protectionniste et islamophobe, qui fait peur à l'Amérique et à l'Europe.

Après une longue attente, le traditionnel et magnifique feu d'artifice clôture les Lokerse Feesten. Enfin, pas tout a fait, car il reste encore un dj set et un concert…

Une immense table trône sur la scène. Elle est surplombée par une dizaine d'écrans LCD sur lesquels seront diffusés des vidéos, lumières et effets spéciaux. Félix De Laet, aka Lost Frequencies, s’installe, bien entendu, derrière. Le prodige francophone du mixing entame son set par un classique du Grand Jacques : « Ne Me Quitte Pas ». Brel squatte tous les écrans. On y voir ses bras, ses jambes et même ses grandes dents blanches. Il ajoute alors : ‘Je suis belge, j'aime la Belgique’. Il ne manque plus que la présence du Roi Albert II sur les planches. Il salue l’auditoire en néerlandais. Il passe toute la musique contemporaine à la moulinette : de Britney Spears à Coldplay, en passant par Daft Punk et Bob Marley dont le titre se fond parfaitement dans le « I Feel Good » de James Brown. C’est un véritable showman. Pas pour rien qu’il a déjà mixé devant 100 000 personnes à Sao Paulo. A l’instar de Martin Solveig, il monte sur sa table, chante et incite la foule à remuer. Et elle réagit au quart de tour.

Des tas de fumigènes, des colonnes de feu et autres artifices jaillissent de boîtes placées à l’avant de l’estrade. Emma Bale, Lea Rue et Janieck Devy le rejoignent pour chanter sur les compos de Félix le Magnifique. Il a mis le feu et le public est ‘’chaud boulette’ avant d’accueillir Faithless.

Formation de musique électronique, Faithless réunit un trio de choc : Maxi jazz au chant, Sister Bliss aux claviers et machines ainsi que Rollo Amstrong aux choeurs (NDR : c'est le frère de la chanteuse Dido). Cependant, l’essentiel des parties vocales est assuré par Pauline Taylor, souvent impliquée auprès de Rollo au sein de projets parallèles. Des rampes de spots sont placées en arrière-plan. Mais le podium est également peuplé de nombreux stroboscopes, de lasers et d’énormes projecteurs led. A gauche un drummer et une percussionniste sont installés sur des estrades distinctes. Sister Bliss a également la sienne, sur laquelle sont installés ses claviers et ses machines. Le line up est complété par un gratteur et un bassiste. La voix de Maxi Jazz est vraiment particulière ; et surtout bien timbrée. Mais surtout, il déménage sur les planches. Il est partout : devant, derrière, à gauche et à droite. Les hits défilent : « Salva Mea », « Insomnia », « God Is a DJ » ou encore « We Come 1 »…

Mais la maîtresse des lieux est incontestablement Sister Bliss. Lorsque les ivoires prennent leur envol, une nuée de rayons laser balaie l’auditoire. Parfois, le sixcordiste injecte une bonne dose de métal aux compos. Il va même donner une leçon de guitare en s’autorisant une reprise d'AC/DC, « Back In Black ».

En rappel, le groupe va nous réserver une belle leçon d’humilité. Histoire de faire la nique aux aux attentats et au terrorisme, Maxi Jazz pointant un doigt pour un « We Come 1 » d'anthologie. A l'année prochaine !

(Organisation : Lokerse Feesten)

Faithless + Lost Frequenties + G Eazy + Emma Bale

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Sziget Festival 2016 : dimanche 14 août

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Déjà dimanche ! Le temps passe trop vite… Et pourtant, les nuits sont très brèves sur l’île de la liberté. La moitié du festival est déjà derrière nous et il ne reste donc plus que trois jours de musique. On va en profiter à fond ! C’est aussi une journée au cours de laquelle les drapeaux belges vont flotter dans le ciel hongrois, car Oscar And The Wolf se produit à l’A38 Arena !

Mais préalablement, direction la Volt Stage, située juste en face du podium où se produira le loup belge, en début de soirée. Babel foule les planches de cette estrade consacrée à la scène hongroise. Un jeune quatuor qui pratique un rock nerveux plutôt british. D’ailleurs, le Led Zeppelin constitue une de ses influences majeures. Il ne doit pas y avoir plus de 50 âmes ; mais malgré le contexte, le combo donne tout ce qu’il a dans le ventre. Les cordes sont acérées et la voix est particulièrement agréable à l’oreille. Hormis quelques mots en magyar, les textes sont exprimés dans la langue de Shakespeare. Ce qui facilite la compréhension, on ne va pas le cacher ! Sympathique, cette formation issue de Budapest constitue une jolie découverte pour votre serviteur !

Avant qu’Oscar ne grimpe sur l’estrade, on a encore le temps d’assister au set de Szabo Benedek Es A Galaxisok. Un combo de blues local, ma foi, fort classique, dont le chanteur impressionne, surtout pas sa voix singulièrement rauque.

Dès que la route est traversée, l’A38 ouvre ses portes. Les drapeaux belges et les maillots des Diables Rouges sont en supériorité numérique. Il n’est que 16h45 et le chapiteau est déjà bien rempli ! Oscar and the Wolf s’était produit à l’Alhambra de Mons, il y a deux ans, devant 300 personnes. La progression est hallucinante ! Si on ne peut qu’être impressionné par ce parcours, le scepticisme est de rigueur en ce qui concerne la musique. Les compos sont un peu trop tranquilles à mon goût et bien trop focalisées sur Max Colombie, le leader du combo. Malgré des tubes comme « Princes » ou « Strange Entity », le set ne parvient pas à m’emballer. En outre, le Belge joue beaucoup trop avec son image de beau mec ; et à la longue, cette attitude devient lassante voire agaçante. Ansi, le show devient de plus en plus redondant ; aussi, je décide de m’esquiver, un peu avant sa fin. En fait, ce genre d’électro/pop n’est vraiment pas ma tasse de thé…

Changement complet de décor sur la Main Stage. Sum 41 monte sur les planches. Il s’agit d’une des figures du proue du pop/punk de la fin des 90’s. A cette époque, les stations radiophoniques diffusaient régulièrement des titres comme « In Too Deep » ou « Still Waiting ». Le band canadien est donc de retour, cet été, avant de publier un nouvel elpee, dont la sortie est prévue pour la rentrée. C’est en tout cas typiquement le genre musical que les festivaliers appréciaient au cours de leur adolescence. Et manifestement, ils sont ravis de voir que le petit Deryck Whibley n’a rien perdu de potentiel vocal énergique. Peut-être pris d’un élan de nostalgie, la fosse commence à remuer dans tous les sens et se laisse entraîner par la puissance des morceaux développée par les Canadiens. Et cerise sur le gâteau, Sum 41 ose une reprise du « We Will Rock You » de Queen. Plutôt réussie d’ailleurs ! They are back !

Profitant d’un petit vide dans la programmation, je décide d’aller prendre une douche. Et elle est franchement réparatrice. Retour vers la Main Stage, vers 21h30, pour le dj set de David Guetta. Le Français jouit d’une énorme réputation dans le milieu. Pourtant, sa philosophie ne m’emballe guère. Trop commerciale à mon goût. Par curiosité, je me plante aux premiers rangs. Bien évidemment, le Parisien enchaîne les tubes. Surprise quand même, le répertoire est varié. Entre les passages électro et house, le rock a également droit de cité. A l’instar du remix d’un titre des White Stripes. Il est même plutôt sympa. Et le morceau qui a servi lors de l’inauguration de l’‘EURO 2016’ y passe aussi, forcément. Mais celui-là, on l’a trop entendu durant la compétition française… Finalement, je m’éclipse, après « Sexy Bitch », que reprend l’ensemble de la foule, avec enthousiasme. Guetta a finalement agréablement surpris dans le choix de sa set list. On s’attendait à bien pire !

Une nouvelle fois, c’est dans l’A38 que la suite de la soirée se déroule. Brains grimpe sur le podium, quand nous débarquons. Ce collectif de drum&bass jouit d’une solide notoriété à Budapest. Le spectacle est particulièrement énergique ; et on se prend facilement au jeu, même si on ne comprend rien à ce que le chanteur raconte. Pas le genre de truc qu’on réécoutera une fois rentré, mais très sympa sur place !

Bloc Party est attendu de pied ferme. Les deux premiers long playings de la formation insulaire avaient apporté un vent de fraîcheur à la scène rock contemporaine. Depuis, elle a légèrement changé de cap en tâtant de l’électro. Une option pas vraiment convaincante. Apparemment, le set devrait inclure de nombreuses compos qui datent des débuts. C’est une bonne nouvelle ! Pourtant, Kele Okereke et ses acolytes entament leur show par le paisible « Only He Can Heal Me », une nouvelle compo. Un démarrage en mode mineur. Heureusement, « Hunting for Witches » embraie. C’est un des titres les plus notoires du band et il va définitivement lancer le concert. Hormis l’insipide « Mercury », le climat monte en puissance pour atteindre son premier point d’orgue sur « Banquet ». Quel plaisir de retrouver ces riffs de gratte tellement caractéristiques qui ont maqué les premiers pas de Bloc Party ! Mais aussi la voix du chanteur, dénuée de tout artifice. Rien que du bonheur ! Et après un interlude de deux ou trois morceaux plus calmes, « Flux » repart en force ! C’en est trop pour Kele qui tombe définitivement la chemise ! Et pourtant, l’expression sonore a replongé dans l’électro. Mais bien corsée. De quoi se régaler. Pas le temps de reprendre son haleine et « Helicopter » souffle tout sur son passage. Titre-phare du band, il administre une terrible décharge électrique à l’ensemble de l’auditoire. Et, sans doute pour permettre à celui-ci de reprendre ses esprits, suite à la claque qu’il vient de se voir administrer, le set se clôt par deux compos un peu plus anecdotiques. En quatre extraits du premier LP et trois du second, Bloc Party est parvenu à combler les fans de la première heure. Dont votre serviteur ! Un fameux retour en force !

La journée s’achève. Après avoir effectué un petit crochet par l’A38 Arena, où se déroule un set de drum&bass, on décide de s’attarder dans le Reggae Village. Le Sénégalais Azou est derrière les manettes ; et il a la lourde tâche d’entretenir l’ambiance jusqu’au bout de la nuit. Et c’est la tête remplie de ces rythmes afro que je pars me coucher. Plus que deux jours à tenir !

(Organisation : Sziget Festival)

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Sziget Festival 2016 : samedi 13 août

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Ce samedi est une journée très attendue par de nombreux festivaliers. Et pour cause, Muse y est programmé sur la grande scène. Pas vraiment fan du trio, votre serviteur ira quand même jeter un œil –et surtout une oreille– à son set. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il y a Sigur Rós, zappé lors du festival de Dour. Sans oublier Roisin Murphy. Mais encore et surtout des découvertes qui font le charme du Sziget.

Mais tout d’abord cap vers l’ Europe Stage pour assister au set de We Are Match. Je l’avais épinglé avant de partir pour la Hongrie. Mais je ne me souviens plus pourquoi. Ce sera donc une surprise. Mais dès les premiers accords dispensés par la formation française, la mémoire me revient. En fait, le combo pratique un math rock puissant qui plaît aux aficionados de Foals. Dont je fais partie. Un style de niche où chaque formation est une curiosité. En tout cas, le quatuor ne manque pas d’originalité. Dés le début du set, le chanteur balance trois requins gonflables dans la fosse. On comprend vite pourquoi : la chanson s’intitule « The Sharks ». Evidemment, les squales se promènent sur la foule au gré des impulsions données par les spectateurs. Arrivés sans matos, oublié quelque part dans l’Hexagone par la compagnie aérienne, les musicos se produisent sur celui prêté par les organisateurs. Et pourtant, ils n’hésitent pas à le malmener. Le synthé est fameusement secoué! Le quatuor ne manque en tout cas pas de rappeler combien il est content d’être là. Le show se termine d’ailleurs dans la bonne humeur grâce à des morceaux de plus en plus dansants. La journée est bien lancée !

A quelques encablures de l’Europe Stage, il y a la Volt Stage. Cette petite scène est destinée aux groupes locaux. Par curiosité, je m’y arrête au moment où Marge grimpe sur l’estrade. La jeune femme est flanquée d’un backing group. Et cette jolie petite brunette ne manque pas de caractère. Mais il ne faut vraiment pas s’arrêter à cet aspect plastique, car la musique est également de bonne facture. Et variée ! Aucune compo ne ressemble à une autre, et on a même droit à un titre de hip hop, interprété par le claviériste. Même si les textes sont exprimés en idiome magyar, dont on ne comprend que dalle, on passe un bon moment. Nouvelle découverte intéressante !

Après une petite balade, on me pose devant la Main Stage pour quelque temps. Car avant Sigur Rós et Muse, Bring Me The Horizon y est programmé. En débarquant un peu après le début des hostilités, on est déjà soufflé par le volume sonore. Les haut-parleurs tremblent. La formation britannique est un des grands noms du metalcore ; et elle n’est pas venue à Budapest pour rigoler ! La voix d’Oliver Sykes traverse toute la plaine. L’auditoire lève les bras ou jumpe sans relâche. L’intensité est constante et l’ambiance survitaminée. Un climat au sein duquel le concert va baigner de bout en bout. Pas étonnant que Bring Me The Horizon soit une référence du genre !

Votre serviteur avait volontairement délaissé le show de Sigur Rós à Dour, car il savait que le band islandais revenait au Sziget. Donc plus question de le snober. Et puis, il était intéressant de réaliser ce que les Nordiques ont encore dans le ventre. Mais il est manifestement difficile de définir le style du quatuor. Les influences sont nombreuses et les compositions s’avèrent généralement minimalistes. Pourtant elles sont superbes. Et le light show est impressionnant. Mais en plein air et sous le soleil, difficile de pénétrer dans leur univers. Sous un chapiteau sombre, en salle ou alors pendant la nuit, les envolées épiques communiqueraient davantage d’émotions. Tout comme les vocaux atmosphériques. Ou encore l’intensité, pourtant palpable. C’est un avis personnel, car on ne peut reprocher quoi que ce soit au groupe. Et pour cause, le répertoire proposé est tout bonnement excellent. A revoir dans un autre contexte !

Le temps de casser la croûte, et le concert de Muse débute. Alors j’avoue clairement n’avoir jamais compris l’engouement dont profite ce trio. La scène rock britannique possède de meilleurs ambassadeurs (NDLR : en fait, c’est « Showbiz », son premier elpee, paru en 1999, qui a servi de détonateur ; il s’inscrit dans la même veine que « The Bends » de Radiohead –pas étonnant, il a également été produit par John Leckie– auquel on le rapproche) Mais manifestement, la notoriété de Muse est devenue phénoménale. D’ailleurs devant la Main Stage, il y a davantage de peuple que pour Rihanna. Après une courte intro enregistrée, le combo ouvre par « Psycho ». L’ambiance dans la fosse est rapidement hystérique. Et comme par hasard, « Hysteria » arrive très vite dans la set list. Le groupe sait gâter ses fans. Le problème, c’est que la communication est inexistante. Pas de surprise, les musiciens se sont déjà expliqués à ce propos. Ils veulent rester dans leur concert. Mouais, choix plus que discutable, parce que finalement, la plus-value par rapport aux versions studio n’est pas flagrante. Le son est plus puissant que celui diffusé dans les baffles de la voiture, mais pour le reste… Bref tous les tubes y passent. Donc pour éviter la cohue, je décide de mettre le cap sur l’A38 Arena. De loin j’entends –et ce n’est pas une surprise– « Knights of Cydonia » qui achève le show de Muse. Pas de regrets, j’ai une sainte horreur de cette chanson…

Molotov termine son set lorsque je pénètre dans l’antre. Les drapeaux mexicains flottent dans les airs ; pas besoin d’ouvrir le programme pour connaître le pays d’origine du band. Il n’y a pas grand monde, mais l’ambiance est phénoménale. En fait, sa musique campe un cocktail de rock et hip hop. En me renseignant auprès d’un spectateur, j’apprends que cette formation est une des plus notoires, dans le genre, au Mexique. Pas surprenant que l’atmosphère soit à ce point festive dans la fosse. La foule reprend d’ailleurs en chœur, le moindre petit refrain. Assez impressionnant et plus marrant que Muse en tout cas.

Irlandaise, Roisin Murphy est toujours aussi jolie. Et puis elle jouit d’une grosse expérience au sein de la musique électronique, expérience qu’elle a acquise en militant chez Moloko, pendant plusieurs années. Sa trajectoire solo ne dévie pas trop du genre. La voix est belle et le jeu de scène intéressant. Roisin change en effet de chapeau entre chaque chanson. Original ! Mais le set n’est pas vraiment transcendant. Et puis quelle déception de ne pas entendre la moindre référence à la musique traditionnelle de son pays. Les artistes irlandais – y compris les plus célèbres, comme U2, par exemple, n’oublient jamais leurs racines. Pas Murphy apparemment. Dommage ! 

Excision embraie sous l’A38. Ce qui va clore une longue journée. Le DJ canadien est soutenu par deux chanteurs ; et pendant une heure, il va envoyer de la grosse dupstep. En sortant du chapiteau, les oreilles sifflent quelque peu ; mais à nouveau, je suis satisfait d’avoir pu assister au dj set d’un artiste aussi réputé. Et ce même si son style n’est pas vraiment ma tasse de thé. Lors d’un festival, il faut garder l’esprit ouvert et goûter un peu à tous les râteliers. Demain on remet d’ailleurs le couvert, et la journée sera particulièrement chargée.

Jó éjszakát (ou bonne nuit) !

(Organisation : Sziget Festival)

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Sziget Festival 2016 : vendredi 12 août

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Nouvelle journée au milieu du Danube. Première constatation, la température est bien plus élevée que les jours précédents au cours desquels le mercure ne dépassait pas les 25 degrés. A midi, on est déjà au-delà ! Après l’apéro, on se dirige vers l’Europe Stage. Il s’agit d’une petite scène réservée exclusivement aux artistes européens. Mais vous vous en doutiez n’est-ce pas ?

La formation allemande Isolation Berlin ouvre le bal. Le public est assez clairsemé. M’enfin, on remarque la présence de quelques drapeaux allemands qui flottent dans les airs. Sa pop ne brille vraiment pas par son originalité. Sa spécificité émane du chant exécuté dans la langue de Goethe. Qui, il faut bien l’avouer, n’est pas la plus belle au monde. Un départ en mode mineur pour ce vendredi.

Bombay se produit au même endroit. Un quatuor néerlandais qui pratique du rock. Et franchement on ne va pas être déçus. Son style est manifestement influencé par Arctic Monkeys. Que ce soit la voix ou les compos, tout y fait penser. Le band aurait pu être britannique. Les morceaux sont rythmés. Les cordes sont nerveuses. Le point d’orgue du set ? « Slow Motion ». Le débit vocal est rapide. Les backing vocaux sont addictifs. Il s’agit d’un titre paru en single, en début d’année. Et c’est un tube en puissance. La première belle découverte de ce Sziget. A mon humble avis, ces jeunes Amstellodamois ont tout pour réussir…

Pour la première fois, nous nous rendons à la World Stage. Comme son nom l’indique, elle est consacrée aux musiques du Monde. Yiddish Twist Orchestra s’y produit. Un collectif insulaire dont la musique passe plutôt bien sous le soleil. Une expression sonore funkysante réminiscente des années 50 ; et qui s’adapte parfaitement au contexte. En dégustant un petit cocktail apéritif en plein air, c’est le pied !

Direction la Main Stage pour Bastille qui y est programmé à 19h30. Un crochet plutôt bref. Sa pop est tellement lisse… Le chanteur adresse de multiples clins d’œil aux filles. Et apparemment, elles apprécient. Pourtant, les compos se ressemblent toutes et sont loin d’être convaincantes. Comme groupe britannique, on a déjà vu et surtout entendu mieux. Heureusement qu’il y a Editors dans deux heures…

Le quintet issu de Birmingham montera sur les planches à 22h, dans l’A38. Sous un énorme chapiteau où la chaleur est insupportable. En débarquant vers 20h30, K.I.Z. achève son set. Encore une formation allemande. Berlinoise, très exactement. Qui s’exprime également dans sa langue natale pour y dispenser un hip hop terriblement puissant auquel répond –en hurlant– toute l’assistance. Qui remue comme un seul homme. C’est même impressionnant. Outre-Rhin le groupe jouit d’une solide réputation. Pas étonnant qu’elle reprend les refrains en chœur. Maintenant, il faut reconnaître que le style musical proposé n’est guère distingué…

Le public de K.I .Z. est totalement différent de celui d’Editors. Le chapiteau se vide. Avant de se remplir –mais à moitié– d’aficionados du combo britannique. Surprenant voire incompréhensible, mais Manu Chao squatte les planches de la Main Stage au même moment. Ceci explique sans doute cela ! Maintenant, il est vrai qu’Editors n’est guère connu en Europe Centrale. Et puis, je dois avouer ne pas encore bien connaître la carrière du band. Un bon concert devrait donc m’inciter à approfondir sa discographie.

Le spectacle démarre en force. Les musicos injectent énormément d’énergie dans leurs compos et la température monte rapidement de quelques degrés. Comme si dans ce sauna, elle n’était pas encore assez élevée. « All The Kings », « Sugar » et « Ocean of Night » retiennent particulièrement mon attention. L’interprétation est parfaite. Mais c’est évidemment « Papillon » qui va mettre le feu. Particulièrement entraînante, cette chanson synthétise tout ce que le groupe fait de mieux. Tout au long de ce morceau, le synthé est récurrent mais jamais redondant. Ce qui le rend terriblement addictif ! Une véritable tuerie et le meilleur morceau entendu lors de ce Sziget, pour l’instant.

Et le show de s’achever par « Marching Orders ». Un set vraiment épatant. Faudra vraiment que j’aille explorer le répertoire de cette formation.

Comme d’habitude, cette soirée se clôture par un DJ exotique. Pour l’instant, on tient le coup, mais la fatigue commence à s’installer. Enfin, demain est un autre jour !

(Organisation : Sziget Festival)

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