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Cactus 2016 : dimanche 10 juillet

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C’est déjà le troisième jour du festival Cactus et l’ambiance est toujours aussi excellente. Sur la route, après avoir garé mon véhicule, un papa et son fiston –en vélo– s’arrêtent pour me demander pourquoi je prenais des notes. Quelques explications plus tard, ils reprennent leur chemin en direction du site. Et tout au long du Cactus, des festivaliers viennent tailler une bavette, sollicitant ou demandant notre avis sur les prestations des artistes. En français ou en anglais. Certains médias l’ont déjà souligné, ce festival a conservé une taille humaine, ce qui explique ce esprit convivial qui y règne en permanence… 

Goat est une formation suédoise qui pratique une forme de fusion expérimentale entre (hard) rock, psychédélisme, afrobeat, worldbeat et world (Niger et Mali). Notamment. Sur les planches, ils sont masqués et ont revêtu des parures ésotériques. Dont deux filles, chanteuses et danseuses ; mais les leurs sont particulièrement colorées. Le reste du line up implique deux gratteurs, un bassiste, un drummer et un percussionniste. Préposé au djembé, c’est lui qui balise les rythmes. Le plus souvent tribaux. Parfois, la musique semble évoluer quelque part entre Hawkwind et Tamikrest. Les deux nanas sont absolument déchaînées et si l’une se sert d’un tambourin et l’autre de maracas, il faut reconnaître qu’elles font le show. Et hormis un morceau un peu trop rapide, le set se révèle terriblement excitant. Le public remue et applaudit chaleureusement un spectacle qui devrait faire un malheur dans le cadre de Couleur Café ou de l’Esperanzah.

Place ensuite à Kurt Vile et ses Violators. Et on ne peut pas dire que le départ soit donné en fanfare. On s’ennuie ferme. Kurt essaie –enfin– de communiquer avec le public en balançant quelques onomatopées, du style ‘Hey’. Mais au bout d’une vingtaine de minutes, il aborde un titre acoustique en solo que plus personne n’écoute. Et au moment où on craint que le concert ne tourne au fiasco, les musicos se réveillent et lancent enfin la machine. A partir de cet instant, le set entre dans une toute autre dimension. Les riffs de guitare giclent. Le climat devient carrément hypnotique et on se rend alors compte que le quatuor (de temps à autre enrichi d’un 5ème musico) a un potentiel incroyable… qu’il doit encore explorer. Et lorsque le saxophone entre en piste, pour un long titre, le band est alors au sommet de son art. Manifestement, Kurt essaie d’aller de plus en plus à la rencontre de son public. Il lui reste à trouver les mots justes, et puis pourquoi ne pas utiliser l’arme de l’humour ? Pourtant, après le concert, en backstage, il est venu à la rencontre de fans, posant sur des selfies ou bavardant spontanément en leur compagnie et surtout cassant cette image de personnage introverti. C’est un fameux pas dans la bonne direction…

SX est une formation courtraisienne drivée par la chanteuse/claviériste Stefanie Callebaut. Ce soir, outre le drummer Jeroen Termote, elle est soutenue par deux membres d’Amartorski. Aux synthés. Expérimentale, l’électro du combo n’est pas facile à digérer. D’autant plus que le volume sonore est bien trop puissant. Stefanie a une superbe voix. Elle est vêtue d’une veste en (simili ?) cuir et une robe flamboyante (NDR : elle est mannequin dans l’univers de la mode vestimentaire). Un logo ‘SX’ ténébreux tourne régulièrement en fond de scène. Le public est aux anges. Votre serviteur un peu moins, même s’il reconnaît une belle cohésion dans l’ensemble. Et c’est paradoxalement lors des titres les plus accessibles, au cours desquels Stefanie se concentre sur les claviers, que la mayonnaise prend le mieux. Mais honnêtement, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé…

Neuf ans déjà que The Cinematic Orchestra n’a plus publié d’album. Mais un nouvel essai est prêt à sortir. Bref, la bande à Jason Swinscoe est très attendue. Ils sont 13 artistes sur les planches, dont une section de cordes, réunissant un violoniste, un altiste, un violoncelliste et un contrebassiste. Enfin, de ce qu’on peut deviner, car ces musicos sont cachés derrière un claviériste au matos conséquent. Circonstanciellement, deux choristes féminines –de couleur noire– viennent se joindre à l’ensemble, pour ajouter une touche soul à l’expression sonore. Le drummer est protégé par des parois transparentes. Et on est parti pour un concert dont les compos allient acid jazz, musique de chambre et electronica ; le tout imprimé sur un downtempo. Les solos sont impressionnants, surtout ceux du saxophoniste. Mais les compos baignent le plus souvent au sein d’un climat fusion complexe rappelant même l’époque glorieuse du jazz/rock des seventies (NDR : pensez à Weather Report ou à Chic Corea). Peut-être en plus climatique. Filmique aussi. Ben, vu le patronyme. Et le tout sous la houlette de Jason Swinscoe, le maître à penser de ce collectif londonien. C’est excellent, mais un peu trop intello pour être programmé lors d’un festival…

Il revenait au duo français Air, de clôturer l’édition 2016 du Cactus. La paire fêtait ses 20 années d’existence l’an dernier. Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel n'ont pas la réputation de briller sur les planches. Et pourtant, ce soir, ils vont démentir l’adage. Les musicos sont vêtus de blanc. Et le light show colle parfaitement à leur look rétro futuriste. Ils conjuguent leurs voix falsetto. Comme sur disque. Ils sont soutenus par un drummer/percussionniste, planté en retrait, sur la droite. Les singles se succèdent : « Venus », « Cherry Blossom girl », titre à la fin duquel le vocodeur émet un ‘Merci beaucoup’ totalement hilarant, le nostalgique « Playground love » ou encore « Alpha Beta Gaga », un morceau pimenté par des accords de banjo. Caractérisée par une voix computarisée, mais tellement séduisante, les aventures érotiques de Stephen Hawking sont décrites tout au long de « How does it make you feel ». « Kelly watch the stars » nous propulse du côté de la voie lactée. Après l’incontournable « Sexy boy », « La Femme d’argent » clôt le spectacle, une compo tramée sur une ligne de basse chaude et profonde. De quoi terminer en beauté cette 34ème édition du festival Cactus. A l’année prochaine ! (*)

(Organisation : Cactus)

Merci à Nick Nijfels (*)
 
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Cactus 2016 : samedi 9 juillet

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Deuxième jour du Cactus, et les travaux sont suspendus sur l’autoroute. Ce qui rend le parcours plus facile. Aussi, comme le temps est toujours de la partie, que demande le peuple ? Bien sûr, la fatigue se fait inévitablement sentir, lorsqu’on rentre à 2h30 du matin. Votre serviteur débarque donc au milieu de l’après midi. Puis quittera le site un peu avant 20 heures, afin de se ménager pour le lendemain. Nick(*), correspondant pour la partie néerlandophone de Musiczine, relatera donc la fin de la journée.

En débarquant, on constate la présence de nombreux enfants –qui pour la plupart ont un casque de protection sur les oreilles– accompagnés de leurs parents, des petites têtes blondes partis à la chasse aux gobelets en plastique pour décrocher un t-shirt. Sympa et écologique en même temps.

Daniel Norgren a quitté sa Suède pluvieuse pour débarquer au cœur d’un Bruges ensoleillé. Le singer/songwriter a entamé son set par des compos trempées dans un americana rafraîchissant. Il s’accompagne tour à tour à la gratte, à l’accordéon ou au piano à queue. Un set agréable à l’écoute mais pas vraiment bouleversant (*).

Black Mountain a une bonne dizaine de minutes de retard sur l’horaire. Le band est victime de petits problèmes techniques, apparemment. Ce qui semble se reproduite régulièrement. Comme lors de son dernier concert accordé au Botanique. Faudra peut-être penser à faire réviser le matos. Heureusement, il y a de la marge entre chaque prestation. Le quintet monte enfin sur les planches. Un claviériste, un guitariste, un batteur, un drummer, un bassiste et une chanteuse. Les 20 premières minutes sont particulièrement toniques. Les claviers sont tour à tour atmosphériques ou rognés. Et les interventions gémissantes du leader, Stephen McBeam, à la guitare, rappellent celles d’Erick Braunn (NDR : pensez à celles dispensées sur le légendaire « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly). Quant au timbre vocal –superbe– d’Amber Webber, il campe un hybride entre celui de Siouxsie Sioux et de Grace Slick. Un compliment, quand même. Malheureusement, côté présence de scène, la chanteuse parvient rarement à trouver sa place. Tant qu’elle est derrière son micro, elle joue parfaitement son rôle, mais lors des longs passages instrumentaux –pour la plupart vaporeux– elle reste plantée comme un poireau. Sculptées dans un blues/psyché/rock, parfois subtilement teinté d’électro (NDR : mais dans l’esprit d’un Kraftwerk), la plupart des compos ne manquent pas d’allure. Mais souffrent encore trop d’inconstance dans l’intensité. Black Mountain a du potentiel, mais il est encore trop court en ‘live’ pour faire la différence…

Issue de Birmingham, en Angleterre, Laura Mvula est une chanteuse de soul dont la carrière solo n’a débuté qu’en 2013. Auparavant, elle avait milité au sein d’un groupe a cappella et puis fondé son propre groupe, Judyshouse, en 2008. Elle est diplômée du Conservatoire, et a publié son deuxième elpee, « The Dreaming Room », en juin dernier. Elle reconnaît pour influences majeures Nina Simone, Jill Scott, Erykah Badu et Lauryn Hill. Elle a bossé en compagnie de Nile Rodgers et puis avait accompli le supporting act d’une des dernières tournées de feu Prince, qui était tombé sous le charme de sa musique.

Sur les planches, elle se sert d’un keytar (sorte de guitare/clavier) qui semble aussi grand qu’elle. Ses boucles d’oreilles sont impressionnantes. Elle est soutenue par un trio de choristes habillées de noir, un claviériste, une guitariste (c’est sa sœur), un drummer (Troy Miller, le directeur musical de Laura, qui avait notamment bossé pour Amy Winehouse), un bassiste et un contrebassiste (NDR : c’est son frère et il se sert d’une contrebasse électrique, de plus petite taille que la conventionnelle). Sophistiquées, les compos mêlent pop, rock, world, électro et néo-soul. La voix de Laura est à la fois puissante et profonde. Elle n’hésite pas à plaisanter entre les morceaux. Elle invite le public à réagir qui régulièrement, frappe des mains en cadence. Car manifestement, il apprécie le spectacle…

Flanqué de ses Extraordinaires, Charles Bradley transpire la soul par tous les pores. Mais, ce soir il a divisé son set en deux actes. On aurait pu qualifier sa première partie de presque religieuse. Il demande d’ailleurs à l’auditoire si elle accepte de se rendre à l’église, en sa compagnie. En interlude, pendant que les musicos nous réservent deux titres instrumentaux, Charles change de costard. De retour, il se lance dans un show bien plus funky. Sensuel également. A la limite, obscène. Un peu dans l’esprit de James Brown. Encore que lors des morceaux les plus tendres, c’est à Marvin Gaye qu’on se met à penser. Un chouette concert pour tous les amateurs de r&b (*).

Le tempo a ensuite baissé d’un cran, en compagnie de Gregory Porter. Un musicien dont la voix de crooner (NDR : pensez à Frank Sinatra) est parfaitement soulignée par les ivoires. Sa musique baigne dans un mélange de soul, de blues, de gospel et de jazz. Il reprend le « What’s going on » de Marvin Gaye ainsi que le « Papa was a rolling stone » des Temptations, deux version particulièrement réussies. Bref, un concert qui a certainement séduit un large public, mais qui n’a guère été transcendant (*).

Il revenait à Damien Rice de clore la journée. L’Irlandais est seul sur le podium. Il se sert d’une sèche, d’un bandonéon et de pédales électroniques dont un looper. Le concert tient la route, mais il manque de punch. D’autant plus que l’artiste n’a pas le charisme d’un Luka Bloom. On retiendra surtout « 9 crimes » au cours duquel il déforme sa voix pour la rendre féminine et « It takes a lot to know a man » dont la structure monte en crescendo, son accompagnement virtuel reproduisant voix, clarinette, cloches, guitare électrique et acoustique. Manifestement le meilleur morceau du concert. Dommage qu’il n’ait pu bénéficier du concours d’un autre musicien pour l’épauler ; le résultat aurait sans aucun doute été bien plus convainquant… (*)

(Organisation : Cactus)

Merci à Nick Nijfels

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Mons Summer 2016 : samedi 9 juillet

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Deuxième jour de l’édition du Mons Summer qui, faut-il vous le rappeler, se déroule, cette année, non plus à Mons Expo, mais au zoning Geothermia. Ce samedi, la programmation est plus largement consacrée à la scène electro/pop et hip-hop.

Votre serviteur débarque pile poil avant le set de Mustii.

De son véritable nom Thomas Mustin, Mustii s’est fait connaître en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques, au cours des dernières semaines.  

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois. Un étrange cocktail fait de paradoxes et de déconvenues !

Le gaillard arbore une plastique de mannequin ! Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Dents blanchies, sourire ravageur et coiffure soigneusement peignée, il n’a de cesse de mettre en exergue sa belle gueule, léchant du regard les plus jolies filles. Il s’en approche même amoureusement afin d’attiser la jalousie de leur compagnon ! Inutile de dire que les selfies ont été légion ! Et les règlements de compte aussi…

Se couvrant d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’ acheté aux fripes, histoire sans doute de théâtraliser un peu plus l’évènement, le singer a manifestement pris beaucoup de plaisir à se produire sur les planches aujourd’hui.

Le public le lui rendait bien ! Les cris stridents d’une population féminine prépubère se propageant bien au-delà du cercle intimiste !

Ensuite, au tour d’un autre joli garçon d’arpenter la scène : Nicola Testa !

Son album, « No More Raibows », est paru en mars 2015. Un disque enregistré sous la houlette d’Antoine Gaillet, pour lequel il a notamment reçu le concours de Julien Doré, Talisco et M83. Et il a été plébiscité ‘Meilleur Artiste de l'Année’, en 2016, par les Octaves de La Musique.

Nico et son team ont bien bourlingué ces derniers temps, écumant salles de concerts et festivals. En ‘live’, derrière son micro, le Bruxellois se révèle particulièrement efficace.

Les titres défilent, conformes aux versions originales : « Lost And Found », « Land Of Glass », « Home  », « Koko »… Les musicos étalent tout leur brio ! Le chanteur assure son job. Sans plus, ni moins ! Aucune surprise ! Malheureusement !

Pourtant généralement percussives, les compos ne parviennent pas à éveiller un soubresaut de réaction chez les badauds.

L’absence de véritables build-up musical et les (trop) nombreuses ruptures de line-up ont  plongé la prestation dans une ambiance contre-productive. Peut-être conviendrait-il de la rafraîchir judicieusement ou capitaliser davantage sur la chorégraphie ?

Pas d’interactivité entre l’artiste et l’auditoire ! La ferveur d’un bon concert a vite laissé place à l’ennui intersidéral et à la platitude absolue !

« Rainbow », joué en finale, constitue la seule apothéose. La voix chaude de Testa parvient alors enfin à transcender les festivaliers… mais un peu tardivement !

L’équipe n’a malheureusement pas convaincu ! Gageons que ce n’est pas l’amorce d’une mort annoncée !

Changement de cap et d’ambiance ensuite en compagnie de Youssoupha.

Youssoupha Mabiki est un rappeur français connu et reconnu par ses pairs. Pas pour rien qu’il a déjà assuré le supporting act, notamment, de 50 Cent, Snoop Dogg, Busta Rhymes, Nas, Method Man ou encore Redman.

Pour la petite histoire, même le candidat socialiste François Hollande lui a demandé de rapper pour sa campagne présidentielle. Mais s’interdisant toute récupération politique, il décline la proposition…

Exit batterie, guitares et loops électroniques. Place aux fondamentaux du genre : basquets, training et casquettes retournées pour l’apparat. Sans oublier le langage châtié et ses termes argotiques ainsi que les chorégraphies minimalistes à souhait propres au style.

Malgré tout, il se distingue de bon nombre de ses confrères dans le milieu. Et la différence est de taille.

Notoire pour son engagement, et tout particulièrement dans le domaine de la non-violence, il peut s’appuyer sur une belle plume. Personnage intelligent, il s’en sert pour dénoncer sans vergogne les travers sociétaux, médiatiques et économiques.

Détail qui fait toute la différence : il évite les poncifs du genre. Pas de critiques à l’égard des forces de l’ordre ou encore des politiques, notamment. Son seul ennemi reste l’idéologie prônée par Eric Zemmour…

Ses textes sont chanfreinés pour un ‘parlement’ correct tout en pointant du doigt ce qui doit l’être ! On est donc très loin du fantasme du rappeur-gangster !

Les fans sont majoritairement jeunes. La plupart reprennent d’ailleurs les paroles sous le regard amusé des parents qui les accompagnent. Et le tout se déroule dans la bonne humeur !

Le leader et ses disciples s’amusent ! Faut dire qu’exécuter une danse de sioux sur un lit de rumba congolaise singulièrement endiablée, il faut oser. Il amène même l’auditoire à s’interroger sur l’importance de la communication, dans un courant philosophique, à travers « Entourage » ! La communion est solennelle ! Voir sectaire !

Il revenait au charmeur Doc Gynéco de clore le festival.

La plaine est (enfin) noire de monde ! Au cours des nineties, celui dont la verve s’est effilochée, était le rappeur phare de toute une frange de la population.

L’époque où il criait sur tous les toits qu’il se masturbait en écoutant Vanessa (Paradis) est révolue. Comme celle qui faisait la fierté des plateaux de télévision, lorsqu’il devenait le chroniqueur attitré de Marc-Olivier Fogiel sur France Télévision. Plus rien depuis ! Complètement rayé de la carte ! Oublié de tout le monde ! Enfin, presque…

Les ventes désastreuses de ses albums successifs l’ont obligé à travailler dans un bar-tabac et s’inscrire à Pole Emploi, l’équivalent belge du Forem.

Un artiste mort-né en quelque sorte !

Faisant fi d’un passé que l’on espère révolu, il a pris le parti de reprendre les tournées d’été pour le plus grand bonheur des fans ! Sans doute également pour renflouer son portefeuille aussi mince qu’un papier à cigarettes…

C’est pour fêter le vingtième anniversaire de « Première consultation », disque qui lui a valu la gloire et la consécration de la presse, qu’il opère son come-back.

Objectivement excellent, ce premier opus était un best-of à lui tout seul. Un florilège de bonnes chansons, bien torchées et plutôt décalées sur fond d’humour et d’amour !

Le Sieur est aujourd’hui devenu un papa assagi, délaissant sa coupe hirsute pour un poivre et sel, témoin de l’air du temps ! Sa nonchalance légendaire est restée, par contre, intacte !

Pour l’occasion, Bruno Beausir s’est entouré de musiciens expérimentés. Un claviériste, un batteur et un guitariste soliste. Un rasta également, dont le rôle reste obscur… Sa tâche ? Approvisionner son copain en joints, histoire de se détendre un peu !

Un concert grandiose certes, mais sans nouvelle matière première ! Dommage !

L’essentiel au final était de se replonger dans un passé pas si lointain. Souvenir, souvenir, lorsque deux décennies plus tôt, « Nirvana », « Passement de jambes », « Né ici » ou encore « Classez-moi dans la variet » faisaient les beaux jours des baladeurs cassettes.

Coiffé d’un bonnet, il prend un évident plaisir à descendre de l’estrade pour se fondre dans une foule complètement hystérique, pendant une petite dizaine de minutes. La sécurité avait peine à contenir cet élan de générosité !

Après une heure d’un show qui restera dans les annales de tout festivalier qui se respecte, le troubadour français quitte le podium d’un pas décidé afin de laisser s’exprimer les musicos une dernière fois.

Une consultation gynécologique bien sympathique et moins douloureuse que prévue !

(Organisation : Mons Summer Festival)

Cactus 2016 : vendredi 8 juillet

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Chouette, le temps est enfin de la partie pour assister à la 34ème édition du festival Cactus. Par contre, pour rejoindre Bruges, ce vendredi soir, c’est la galère. Près de Lichtervelde, on doit se taper une vingtaine de kilomètres de bouchons. Sur l’autoroute, une seule voie est accessible. Motif ? Des travaux. Or, c’est la ruée vers le littoral avant un week-end annoncé beau et chaud. Incompréhensible ! En outre, pour stationner au parking SNCB, il faut se taper un détour de plusieurs kilomètres. Ou alors se contenter de la rue adjacente à la gare, de l’autre côté des voies de chemin de fer. Soit à 20 minutes de marche du site. Conclusion, on débarque juste avant le set de Calexico.

En avril dernier, Calexico s’était produit à l’Aéronef de Lille. Gaby Moreno lui avait servi de tremplin, la chanteuse argentine participant ensuite au spectacle. Retour à un concert plus classique pour le septuor, au cours duquel on se rend compte que Zavala est de plus à plus à l’aise. Les trompettes que se réservent Jacob Valenzuela et Martin Wenk, apportent cette coloration mariachi à l’ensemble. Sergio, derrière ses claviers, inocule des tonalités bien cubaines à l’ensemble. Jon, aux drums, allie rituellement autant sobriété qu’efficacité. Et le timbre de Joey –qui porte une superbe chemise de cow-boy de couleur noire– est toujours aussi limpide. En plein air, les sonorités semblent davantage réverbérées. On a aussi l’impression que la trompette de Wenk est davantage mise en relief que celle de Jacob. Ce qui n’empêche pas l’ambiance de monter en crescendo. Bien sûr, les titres latino, sont les plus prisés. Et vous communiquent une irrésistible envie de remuer et même de danser. Le public devient de plus en plus chaud et puis, il fallait s’y attendre une invitée vient rejoindre Calexico, en fin de parcours, afin de participer à l’adaptation du « Soledad » de Los Galleros. Ce n’est pas Moreno, mais une certaine Sophie Bailey. Zavala fait à nouveau son show en invitant le public à reprendre de la voix les intonations de sa gratte. Le public est moins réactif que d’habitude, et Zavala n’insiste pas trop. Bref, on ne va pas raconter deux fois la même chose au sujet d’un concert, qu’on a tout simplement apprécié. Même s’il est demeuré plus conventionnel. D’ailleurs on est rarement déçu par un show de Calexico…

The Black Box Revelation jouit d’une énorme popularité au Nord du pays. Et l’engouement manifesté par la foule en est certainement la plus belle démonstration. Responsable d’un psyché/rock/blues particulièrement nerveux, directement inspiré par les White Stripes, TBBR est avant tout un duo qui réunit le drummer Dries Van Dijck et le chanteur/guitariste Jan Paternoster. En live, ils sont soutenus, suivant les circonstances, par une ou deux choristes. Qui ont du coffre, il faut le signaler. Et puis, par un claviériste qui siège derrière un Korg. Coiffé d’un chapeau, dans l’ombre, ce personnage semble entretenir le mystère…

Une toile a été tendue en arrière-plan. Y figurent le nom et l’emblème –deux yeux– du band. Tout au long du show, elle sera éclairée de spots aux couleurs différentes, pour mettre en exergue ce regard ténébreux. Peut-être celui de l’organiste…

Dès les premiers accords, la puissance du son souffle tout sur son passage. Jan triture ses pédales, libère des riffs incendiaires, grimpe régulièrement sur l’estrade réservée au batteur, pendant que celui-ci martèle ses fûts comme un malade. Les choristes apportent un feeling soul aux compos. Mais rien à faire, votre serviteur est littéralement assommé. Pourtant, le public est ravi et réserve une gigantesque ovation au combo. Qui va accorder un rappel au cours duquel il va se frotter à une version bien torchée du « Spoonful » de Willie Dixon (NDR : un classique repris notamment par Howlin’ Wolf). Et ma foi, il s’agit certainement du meilleur moment du set. Un peu trop linéaire, cependant, à mon goût.

C’est en 2007 que votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Wilco. Et il avait déjà été ravi par sa prestation. Une bonne raison pour vérifier le chemin parcouru, depuis, d’autant que son dernier elpee, « Star wars » est tout bonnement excellent.

En intro, les haut-parleurs diffusent « EKG », la plage instrumentale qui ouvre le dernier opus. Avant que le sextet ne monte sur l’estrade. Soit le chanteur/guitariste Jeff Tweedy (NDR : cheveux longs, chaussé de lunettes et coiffé d’un chapeau, il a pris de l’embonpoint mais est particulièrement souriant), le fidèle bassiste John Sirratt (NDR : il accompagne son leader depuis l’aventure Uncle Tupelo), le drummer/percussionniste Glenn Kotché, le claviériste Mikael Jorgensen, le claviériste/guitariste Pat Sansone et le guitariste (lead et pedal steel) Nels Cline.

Derrière le band, le light show est littéralement stellaire. Bref, dès le départ, on en a plein la vue. Le son est nickel. Les harmonies vocales sont impeccables. Et lorsque les trois guitares entrent dans la danse, on a la tête dans les étoiles. On pense tour à tour à T. Rex (« Random name generator »), aux Byrds (« Heavy metal drummer »), aux Beatles (« Hummingbird »), à Bowie circa « Ashes ot ashes » (« Handshake Drugs », « Kamera ») au Floyd (ce tempo réminiscent du célèbre « Echoes » imprimé tout au long de « Cold Slope »), à Santana (« Impossible Germany ») ou encore à REM (« Box full of letters »). Et si « Art of Altmont » est saupoudré d’un zeste d’électro, il ne prend jamais le pas sur l’instrumentation organique. Nels (NDR : considéré par le magazine Rolling Stone, par le 82ème meilleur guitariste de tous les temps, il avait accordé une interview à Musiczine, en 2007 – voir ici) est dans son trip. Ses pédales ne sont pas à ses pieds, mais sur un retour de scène. Il n’hésite pas à les triturer. Mais c’est sur sa six cordes qu’il étale tout son talent sur sa six cordes. Et même sur une gratte à deux manches, en fin de parcours. Il lui arrive même de donner une coloration jazzyfiante ou carrément noisy (Sonic Youth ?) a des morceaux pourtant carrément pop/rock. Mais c’est Jeff –dont la voix est savoureuse– qui trace la ligne de conduite en préservant le sens mélodique des chansons, tantôt en s’accompagnant d’une sèche électrifiée. Ou d’une guitare électrique. John et Pat Sansone soulignant régulièrement les compos de leurs harmonies vocales. Le summum du show sera atteint par « Spiders (Kidsmoke) », un long morceau chargé d’intensité électrique, dans l’esprit d’un Neil Young, au cours duquel le public va battre des mains en cadence. On ne voit pas l’heure passer, et au bout de 18 titres, Cline branche une autre de ses guitares, avant qu’on lui signifie qu’à 1 heure du matin, c’est l’extinction des feux et des lumières. Une finale qui s’achève un peu en queue de poisson (NDR : à l’instar de l’odeur désagréable qui a quelque peu balayé le site tout le week-end, à cause d’un bras de canal apparemment mal entretenu) pour un set tout bonnement époustouflant. Et le combo revient à l’AB ce 28 octobre…

Setlist : “More...”, “Random Name Generator”, “The Joke Explained”, “I Am Trying To Break Your Heart”, “Art of Almost”, “Pickled Ginger”, “Hummingbird”, “Handshake Drugs”, “Kamera”, “Cold Slope”, “Via Chicago”, “Spiders (Kidsmoke)”, “Jesus, etc.”, “Box Full of Letters”, “Heavy Metal Drummer”, “I'm The Man Who Loves You”, “Dawned On Me”, “Impossible Germany”.

(Organisation : Cactus)

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Mons Summer 2016 : vendredi 8 juillet

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Et de quatre ! Baptisées Summer Project Festival, les trois premières éditions s’étaient déroulées sous le dôme métallique et froid de Mons Expo. En outre, les premières moutures s’étaient révélées plutôt bricolées...

Désormais, les organisateurs ont décidé de prendre exemple sur les structures professionnelles et puis de caser leur événement entre ceux de ses deux grands frères, Dour et Ronquières ! Le festival a donc opté pour une nouvelle dénomination, mais pas seulement. Il se déroule en plein air, dure deux jours, compte quatre podiums, et propose une programmation éclectique. Sans oublier le camping. Cerise sur le gâteau, le soleil a étrangement inondé le site de ses rayons !

Mais malgré une météo idéale, on ne peut pas dire que le public se soit déplacé en masse. Il faut dire qu’en Belgique, les festivals sont légion, au cours de l’été. Ainsi, aux premières heures, la plaine était aussi clairsemée que les cheveux d’un quinqua !

Pourtant, le zoning Geothermia accueille du beau monde ! Quentin Mosimann, Doc Gyneco et Fritz Kalkbrenner, notamment.

Malgré une évidente bonne volonté, l’organisation doit encore faire ses maladies de jeunesse et remédier à l’absence d’indication permettant d’accéder au site, aux nombreux retards dans la programmation, aux problèmes techniques, etc.

En tirant le bilan de cette édition, les frères Vanderhaeghen devraient donc se forger une expérience nouvelle.

La première journée de ce Mons Summer Festival était surtout focalisée sur la mouvance électro. Les nombreux DJ’s se sont succédés dans une ambiance quasi monocorde. Les beats rageurs font cependant le bonheur des quelques rares initiés présents !

Autrefois, il fallait être un musicien chevronné pour séduire le mélomane ; aujourd’hui, il suffit de s’improviser (médiocre) bidouilleur pour contenter tout au plus le peuple… Triste monde !

Si l’ennui était bel et bien au rendez-vous durant une bonne partie de cette première moitié (f)estivale, les prestations de Benny B et de Quentin Mosimann ont constitué les deux bonnes surprises du vendredi !

Abdel Hamid Gharbaoui, alias Benny B, s’est véritablement fait connaître dans les années 80, en compagnie de son ami d'enfance Perfect ainsi que de DJ Daddy K, pionnier du mouvement hip-hop belge, en publiant des morceaux que les jeunes de moins de vingt ans ne peuvent connaître comme « Vous êtes fous ! », « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? », « Parce qu'on est jeune » ou encore « Dis-moi bébé »

Véritable troubadour de la mise en scène, il n’a cessé de faire le pitre entre deux mix afin de sortir le public d’une léthargie profonde. Il est même parvenu à l’entraîner dans ses délires fantasques ! Pari réussi !

C’est vers 22 heures 30 que QM prend place sur la main stage ! D’un naturel plutôt mollasson dans l’excellentissime ‘D6bels on Stage’, il s’est montré sous angulaire différente durant cette prestation ! La métamorphose est appréciable !

Plus qu’une déferlante de tubes, c’est véritable show visuel et sonore auquel le Sieur s’est livré !

Hautement perché derrière une table de mixage dernier cri, Quentin Mosimann n’a cessé de monter (parfois très haut et incliné dangereusement vers le sol) et descendre suivant le flot des titres diffusés avec en filigrane une projection d’images à son effigie ! Signe d’un égo surdimensionné ?

Etonnant aussi, lorsqu’il troque vinyles et autres bardas électroniques pour une batterie acoustique placée à droite du podium afin d’appuyer la rythmique et de dynamiter le groove (NDR : notamment lors d’une version revisitée de « Smells like teen spririt ») ou encore lorsqu’il s’empare d’un clavier midi pour renforcer les nappes de synthés !

Kid Noize lui emboîte le pas à 23 heures. Dj et compositeur electro-pop belge, il constitue une des pièces maîtresse de ‘Joshua’.

Reconnaissable entre mille, son visage est dissimulé derrière une prothèse faciale de singe. Un peu à l’image de Cascadeur !

Bénéficiant d’une renommée internationale, il a assuré tout récemment les premières parties des concerts de Stromae et de Prodigy.

Le Carolo d’adoption balance un son qu’il qualifie himself de ‘synthpop’. Durant plus d’une heure, les plus jeunes ont pu découvrir (et les plus âgés redécouvrir) des tubes venus d’ailleurs tels que ce bon vieux « Eisbaer » de Grauzone, groupe suisse fondé au début des années 1980 par Stephan Eicher et son frère Martin.

(Organisation : Mons Summer Festival)

 

 

 

Open’er festival 2016 : samedi 2 juillet

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Quatrième journée de l’Open’er. Focus sur At The Drive-In, Bastille, ChVrches et Pharell Williams. Après un vendredi caniculaire, au cours duquel le mercure a dépassé les 30 degrés, c’est la douche froide… un peu comme la veille, lors de la défaite des Diables Rouges...

On se presse cependant sous la Tent stage pour ne pas manquer le show d’At The Drive-In. Contretemps, le band accuse un bon quart d’heure de retard sur l’horaire. Résultat, le spectacle sera écourté ; car dans le cadre de l’Open’er, ce timing doit être scrupuleusement respecté. Pas question non plus de faire la fine bouche, car un mois plutôt, le combo avait dû annuler plusieurs dates de sa tournée américaine, suite à des problèmes de cordes vocales rencontrées par le leader, Cedric Bixler-Zavala. Après une courte intro de type western circa 70’s, les Texans déboulent sur les planches, prêts à en découdre. Le leader secoue des maracas et grimpe sur une timbale afin de se projeter en front de scène. Un démarrage en trombe ! Les pogos s’enchaînent et les aficionados se déchaînent ; notamment sur « Pattern against user ». La longue version de « Quarantined » baigne dans le psychédélisme. Mais si Omar Roriguez-Lopez dégaine de temps à autre, des riffs, plus vite que son ombre, on regrette l’absence de Jim Ward (NDR : membre fondateur d’ATDI, il milite également chez Sparta, mais ne participe pas au nouveau périple). En fin de parcours, Cedric s’excuse pour le manque de ponctualité. La veille, la formation se produisait à Werchter et l’avion qui devait les conduire en Pologne avait pris un certain retard. Il promet cependant de revenir rapidement sur ce territoire. Juste avant que le groupe n’attaque le titre de clôture « One armed scissor », un morceau qui déclenche à nouveau des vagues de ‘moshing’ et autre ‘circle pit’s dans les premiers rangs. Après un tel set mené tambour battant, on espère revoir très vite ATDI, mais en salle.

Autre scène et autre ambiance sur le podium principal en compagnie de Bastille. Relativement narcissique, Dan Smith (NDR : c’est le leader !) a choisi ce patronyme, car il est né un 14 juillet. Il est soutenu par quatre autres beaux gosses. Ce qui explique pourquoi les premiers rangs réunissent des jeunes filles en chaleur (NDR : l’ambiance a changé, vous vous en doutez…) Le groupe nous réserve « Good grief », une plage issue de son futur elpee, dont la sortie est prévue pour septembre 2016. Mais également la reprise du « Rythm of the night » de Corona (NDR : les Polonais raffolent de la disco/pop ‘old school’). Ainsi qu’en final, le single « Pompei ». Devant un public visiblement comblé… on ne sait trop par quoi ni pourquoi, mais comblé quand même…

Retour sous la Tent stage pour assister à la prestation de ChVrches. Dès le début, on se rend compte que le band est bien plus à l’aise, sur le podium, que dans le passé. En ouverture, « Never ending circles » bénéficie d’un fabuleux light show. Le single « We sink » baigne au sein d’un climat ténébreux. Vêtu d’un short en cuir, Lauren Mayberry est particulièrement sexy. Elle chante d’une voix fluette et (faussement) innocente. Martin Doherty abandonne ses claviers et se plante devant l’estrade pour se réserver le lead vocal sur « Under the tide ». Enfin, « The mother we share » confirme cette impression que le trio écossais a acquis une maîtrise nouvelle (NDR : Regardez ici) pour en avoir la confirmation), maîtrise qui devrait lui permettre de faire décoller sa carrière.

Pharell Williams a bâti sa notoriété sur son job de producteur. Où il est franchement irréprochable. A contrario, ses apparitions en ‘live’ n’ont jamais vraiment été concluantes. Il a beau recourir à des tas d’artifices, s’entourer de jolies danseuses qui se déhanchent sensuellement ou bénéficier du concours d’excellents musiciens –en l’occurrence un drummer et un bassiste qui ont probablement effectué leurs premiers pas dans l’univers du jazz avant d’emprunter un chemin de travers(e)– le résultat est toujours aussi décevant. Pourtant, le spectacle est digne des MTV awards. Sans relief ni éclat, les titres se succèdent. Et il a beau essayer de rallier l’auditoire à sa bonne cause, son discours est complètement ‘bateau’. Il invite une bonne quinzaine de jeunes Polonaises sur l’estrade avant d’attaquer « She wants to move » (NDR : NERD). Elles sont toutes prêtes à se dandiner au plus près de la star ; mais lui rechigne à s’y frotter. « Get lucky » ne nous rend pas vraiment chanceux, pas plus qu’« Happy » ne nous remplit de joie. Et après une longue intro aux messages pacifistes, « Freedom » nous libère de ce concert exécuté par un artiste, manifestement plein de bonne volonté, indubitablement respecté, mais dont les prestations ‘live’ continuent à faire pâle figure...

(Organisation : Open’er)

 

Open’er festival 2016 : vendredi 1er juillet

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‘Désolé j’ai piscine’ ! Oh la belle excuse. Et ce soir elle va se transformer en ‘Désolé mais ce soir, la Belgique joue un ¼ de finale, dans le cadre de l’Euro 2016 de football, à partir de 21 heures’. Les excuses sont faites pour s’en servir, mais cette dernière tient mieux la route. D’autant plus qu’initialement, cette rencontre ne devait pas être diffusée. Mais suite à l’insistance des médias sociaux, les organisateurs ont accepté de la retransmettre sur écran géant. Une bonne nouvelle, car ce vendredi 1er juillet, l’affiche est moins intéressante que celle des deux premiers jours.

On vous l’avait signalé, lors d’un précédent article, le rock doit de plus en plus souvent concéder du terrain à d’autres genres musicaux plus populaires, lors des grands festivals. Ainsi, au cours de cet après-midi, la grande foule s’est agglutinée pour applaudir Zbigniew Wodecki. Un chanteur très apprécié en Pologne. Son style ? Quelque part entre Frank Michaël et Patrick Sébastien. Il fête perpétuellement son retour sur scène. Et célèbre même ses 40 ans de carrière. Sur le podium, on peut d’ailleurs y lire un panneau qui indique fièrement ‘1976-2016’. Il se prend même pour Frank Sinatra en croonant « My way » (NDR : « Moja Droga » dans la langue d’Henryk Sienkiewicz), une des rares compos signées Clo Clo, rappelons-le quand même. Il est soutenu par une dizaine de musiciens (Mitch&Mitch Orchestra) et deux jolies choristes qui comblent les lacunes d’un chant –ma foi– parfois défaillant. Artiste décalé ou ‘has been’, il est quand même programmé sur le podium principal. A quand Paul Severs à Rock Werchter ?

Aujourd’hui, c’est Wiz Khalifa qui a été choisi comme tête d’affiche. Ben, pas vraiment le type d’artiste pour lequel on se déplacerait d’ordinaire. Ni celui qui recueillerait les faveurs de Musiczine. Mais quand on a l’esprit critique, il faut aussi pouvoir assumer. Bref, au sein des premiers rangs, on ressent les good vibes. Et on sent aussi l’odeur de la marijuana (NDR : comme le suggère l’image d’une feuille, en toile de fond, derrière l’Américain). Cependant, les fragrances sont moins répandues que dans les festivals qui se déroulent en Europe de l’Ouest, car la réglementation est bien plus stricte à l’Est. Sur les planches, le rappeur est uniquement accompagné d’un MC. Des conditions qui donnent l’impression de vivre un ‘one man show’ à la Iggy Pop. Il se retrouve d’ailleurs rapidement torse nu, pour y exhiber ses tatouages. Il enchaîne ses tubes, dont les incontournables « Black and yellow » (NDR : un morceau qui témoigne de son admiration pour l’équipe de baseball de son Pittsburgh natal) et « Work hard, play hard ». Il est victime de quelques périodes d’absence –qu’on lui pardonnera facilement– sans doute dues à l’excès de cannabis. Comme lorsqu’il affiche un long sourire béat d’une bonne minute, en fin de set. Qui s’achève par un autre hit, « See you again » (NDR : pas sûr que la prochaine fois ce sera le cas).

Nothing But Thieves est le groupe britannique qui a actuellement le vent en poupe. Il figure d’ailleurs dans la programmation des plus grands festivals insulaires. Hors de la Grande-Bretagne, il a acquis une certaine popularité en assurant le supporting act de Muse. A leur invitation, il faut le préciser. Les deux formations partagent d’ailleurs pas mal de similitudes. Et tout d’abord, le timbre du chanteur et leader Conor Mason, très proche de celui de Matthew Bellamy. En outre, il pastiche la tenue de scène du trio de Teignmouth. Différence, la musique est à la fois plus éclectique et plus électrique. Faut dire que le line up implique trois gratteurs. Une impression confirmée par la cover haute en couleurs du « Where is my mind » de la bande à Frank Black, précédée d’une question à l’adresse de l’auditoire : ‘Are there Pixies fans in the audience ?’

Cap ensuite vers l’écran géant. Il y a bien une bonne trentaine de belges, démontrant ainsi qu’ils sont de plus en plus nombreux à  braver les kilomètres pour participer à ce festival… Pendant la mi-temps, on en profite pour jeter un œil et une oreille au set de Kurt Vile & The Violators. De quoi s’évader quelques instants, au fil des longues ballades folk/rock. Mais le Pennsylvanien éprouve toujours autant de difficultés à communiquer avec son public. Sa longue chevelure cache la moitié de son visage, un peu à la manière de Jay Mascis (NDR : pour lequel il a collaboré au sessions d’enregistrement de l’album « Several Shades of Why »). Son attitude de shoegazer évoque parfois Thurston Moore (NDR : ils ont d’ailleurs partagé quelques tournées ensemble). Mais quand le band s’attaque à « KV Crimes », on entre dans une autre dimension. De quoi alors faire taire, toutes ces critiques.

Malheureusement le foot reprend rapidement ses droits. Même si l’issue de cette rencontre se soldera par une élimination des Diables. Deux ans plus tôt, votre serviteur était dans la même situation, lors du match Belgique-Argentine, dans le cadre du Mondial. Il est vrai que les horaires de ce festival et des grandes compétitions de foot ont tendance à se chevaucher. Et les résultats finaux à ne pas être favorables aux Belges.

(Organisation : Open’er)

 

Open’er Festival 2016 : jeudi 30 juin

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Ce soir, la foule est en effervescence. Et pour cause la Pologne rencontre le Portugal, dans le cadre de la coupe d’Europe de football. Le sujet alimente la plupart des conversations. Dans le bus qui nous conduit vers le site du festival, l’ambiance est déjà chauffée à blanc, et le déroulement de la rencontre est répercuté par les cris et les soupirs de la population indigène.

Suite aux mesures de sécurité, donc aux fouilles imposées aux festivaliers, il ne sera pas possible à votre serviteur d’assister au concert de Foals. De loin, on entend bien la longue intro musicale de « Two steps twice », un morceau caractérisé par l’accélération des drums. Vu les cris poussés par le public, on imagine que le show de ces Britanniques était à la fois remuant et dansant.

Red Hot Chili Peppers vient de publier un nouvel opus. Décevant ! Les Californiens semblent avoir gommé leurs aspérités funk qui communiquaient une énergie vivifiante à leurs compos. Pensez à « Mother milk » ou « Uplift Mofo party plan », deux albums incontournables publiés respectivement en 89 et 87. « The getaway » est tellement lisse, tellement mainstream, qu’il finit par exaspérer. Heureusement, il reste le ‘live’ pour sauver la face. La foule est nombreuse pour accueillir les 4 Apaches. Les premiers rangs sont confrontés à des mouvements de foule plutôt brusques, causés par des spectateurs qui tentent de se faufiler, afin d’arriver le plus près possible du podium. Conclusion, plusieurs jeunes filles sont victimes de malaises et doivent être évacuées, alors que l’intro du set vient à peine de commencer.

Sur fond de drapeaux aux couleurs rouge et blanc, l’entrée en scène du band est tonitruante. Soit les musicos ont décidé de supporter l’équipe locale (NDR : qui mène alors au score), soit c’est une opération de com’ destinée à mettre le public dans sa poche.

Pas de prise de risque, puisque le spectacle s’ouvre par le bondissant « Can’t Stop », suivi de l’inévitable « Dani California ». Mais dès que le quatuor s’attaque aux titres du nouvel opus (« We turn red », « Dark necessities ») l’ambiance retombe d’un cran. Pourtant, lorsqu’en guise d’intermède, Flea entame en solo « Polska, Biało-Czerwoni » (Trad : ‘Pologne, blanc-rouge’), des dizaines de milliers de spectateurs reprennent cet hymne footballistique en choeur. « Californication », « Around the world » et « By the way » permettent de garder tout le monde en haleine (NDR : surtout les supporters !) Mais lors du rappel, moment au cours duquel le Portugal s’impose aux tirs au but, l’atmosphère diminue fatalement d’intensité. Josh, le guitariste, revient seul pour interpréter le « Warsawa » de Bowie. Limité à quelques riffs de gratte, cette version est aussi déprimante que celle composée par feu David Robert Jones, lors d’un voyage le conduisant depuis la capitale polonaise à Gdansk. Heureusement, en finale (NDR : pas de l’Euro, hein !), « The getaway » et « Give it away » vont parvenir à faire bondir, une dernière fois, les aficionados. L’honneur des Red Hot est sauf. Le ‘live’ leur a de nouveau permis de faire la différence…

Sous le chapiteau, le climat est morose. La défaite de l’équipe nationale y est certainement pour quelque chose. Mais pas seulement. Beirut termine son set. En observant Zach Condon sur les planches, on constate qu’il n’a toujours pas remonté la pente. Il est soutenu par un bassiste, un batteur, un pianiste/accordéoniste et surtout trois cuivres, dont les interventions sont particulièrement grinçantes. Après avoir interprété « So allowed » (NDR : issu du dernier album « No, no, no », paru l’an dernier), Zach signale que le groupe va attaquer une compo qui n’a plus été jouée depuis 5 ans. Faut dire qu’entre 2011 et 2015, la formation s’était autorisée un long hiatus. Mais ce « Mount Wroclai » n’a rien perdu de sa superbe. Et avant que les cuivres ne s’élèvent, le chanteur s’avance seul en front d’estrade. En clôture, le combo va nous réserver « Nantes », démontrant ainsi qu’il n’est pas encore un vestige du passé…

Fondé en 1999, M83 a fait du chemin. Son septième elpee, « Junk » est paru en avril dernier. Mois au cours duquel le groupe français s’est produit dans le cadre du festival Coachella. Faut dire que le précédent opus (NDR : plutôt mainstream, quand même) « Hurry Up, We’re Dreaming », sur lequel figurait le tube planétaire « Midnight city », lui a donné des ailes. C’était déjà en 2011.

« Junk » est un disque plus difficile à cerner. Plus sombre. Et inévitablement, les titres de cet opus communiquent un feeling davantage ténébreux au spectacle. Un climat accentué par le light show dominé par les teintes bleues, mais tamisées. Le line up s’est enrichi d’une jolie chanteuse, Mai Lan. Tout en se trémoussant, elle pose sa voix douce sur certains morceaux, et tout particulièrement « Go ! ». Anthony Gonzales –c’est le leader– affiche un comportement plutôt contrasté. Des contrastes qui se répercutent dans la musique, par ailleurs, oscillant entre la pop et le psychédélisme. Soit Anthony reste planté discrètement derrière ses claviers, soit il opère des incursions au sein de l’auditoire. Un show presque à l’américaine. Faut dire qu’il s’est exilé depuis longtemps aux USA…

(Organisation : Open’er)

 

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