Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Afghan Whigs
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Broken Social Scene

Au feeling !

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Eponyme, le dernier opus du collectif canadien remonte déjà à 2005. Les mélomanes les plus difficiles l’estimaient trop brouillon. Les autres, particulièrement créatif. En tout cas, il n’était pas aussi raffiné que « You Forgot It in People », publié en 2002. Pour enregistrer « Forgiveness Rock Record », le collectif canadien a reçu le concours, entre autres, de Feist, Sam Prekop (The Sea and The Cake) ainsi que du légendaire John McEntire (Tortoise) à la production. A quelques semaines de la sortie de leur 3ème album, nous avons rencontré Brendan Cannings (NDR : il partage le leadership du combo, avec Kevin Drew), au café de l’Ancienne Belgique. Loquace, affable et surtout passionné de musique, Brendan nous livre ses premières impressions sur ce nouvel opus…

Pourquoi avoir choisi votre héros, en l’occurrence John McEntire pour mettre en forme « Forgiveness Rock Record » ? Qu’attendiez-vous de lui en matière de production ?

John McEntire est en effet une sorte de héros pour certains membres du groupe ! Nous sommes en tous cas fascinés par son œuvre. Quel mélomane ne le serait d’ailleurs pas, en écoutant ce qu’il a pu réaliser au sein de Tortoise. Les sessions se sont déroulées dans ses studios, à Chicago. Une merveilleuse expérience ! C’était la première fois que nous enregistrions, à l’extérieur de Toronto. J’avoue avoir été envahi par une certaine appréhension, au cours des premiers jours, mais au fil du temps l’expérience est devenue de plus en plus enrichissante. Nous avons d’ailleurs accumulé plus de 30 morceaux !

Avant d’entrer en studio, aviez-vous déjà une petite idée du choix de votre nouvelle orientation musicale ?

Avant d’entamer l’enregistrement d’un album, nous ne décidons jamais de la direction que prendra notre musique. Tout le monde débarque avec ses propres idées et nous commençons à jouer, en attendant que l’alchimie opère, que le moment magique arrive. Et après des heures de répétition, les morceaux prennent forme tout naturellement. Au feeling ! Jusqu’au moment où nous touchons à la mélodie idéale… C’est une chance que nous soyons tous véritablement mordus par la musique. Nous pouvons jouer des heures, sans nous accorder la moindre pause…

Certaines de vos dernières découvertes musicales vous ont-elles influencées ?

Tout ce que j’écoute m’influence, que je le veuille ou non. Mais il est certain que les dernières productions de Neon Indian, Atlas Sound et Animal Collective nous ont fortement marquées. Certains artistes hip-hop comme Mos Def également. Tout mon parcours musical agit sur mon subconscient, en fait. De mes premiers amours ‘metal’ jusqu’à l’indie-rock des années 90, en passant par la scène contemporaine. En entrant ici, j’ai entendu une chanson d’Erika Badu ; et je suis convaincu qu’elle influera sur mes compositions futures. Cette chanson me sensibilise tellement, que cet après-midi, j’essaierai d’aller me procurer ce cd, chez un disquaire, à Bruxelles.

Votre dernier elpee remonte à 2005. Depuis, il me semble que vous vous êtes, à l’instar de  Kevin, surtout concentrés sur vos projets solos respectifs. Vous vouliez faire un break ?

Non, non, croyez-moi, je n’ai pas chômé une seconde ! J’ai participé à l’écriture de la B.O. de certains films comme « Half-Nelson » de Ryan Fleck en compagnie de Ryan Gosling (Dead Man’s Bones) ainsi que pour deux long métrages mettant en scène Ellen Page. Tout d’abord « The Tracy Fragment » en 2006, jamais projeté dans les salles européennes, et surtout « Juno » (NDR : sorti en 2007, il a décroché une multitude d’Awards, ). En fait je compose sans arrêt…

Six personnes seulement ont participé à l’écriture de « Forgiveness Rock Record ». Cette simplification vous a-t-elle facilité la tâche ?

Que nous soyons 15 ou 6, le processus de travail en studio est quasiment invariable.

Sam Prekop (The Sea and the Cake) a participé à la confection de cet album. Vous l’aviez invité ?

Sam est un ami de John McEntire. Ce dernier lui a demandé de participer aux sessions. La rencontre s’est donc déroulée sans aucun problème. D’autant plus que tous les membres du groupe aiment ce flirt si caractéristique, entre pop et jazz, pratiqué par The Sea and the Cake…

L’aspect mélodique de « Forgiveness Rock Record » semble plus soigné. Et par conséquent les compos paraissent plus accessibles que sur les disques précédents. Notamment des plages comme “Texico Bitches” ou encore “All To All”. Etait-ce intentionnel?

Pas du tout! Nous composons nos morceaux en fonction de leur bonne transposition en ‘live’. Nous avons opéré consciemment un seul choix : ajouter un chant africain pour introduire « Highway Slipper Jam », une décision prise après avoir découvert Fela Kuti. Et je dois avouer que sa musique nous a beaucoup impressionnés…

Pourquoi avoir choisi un tel titre pour l’album ? Avez-vous quelque chose en particulier à vous faire pardonner ?

Des milliers de choses… j’estime que le pardon est l’une des émotions les plus nobles. Pas facile à accorder mais ça fait tellement du bien.

Vous avez souvent parlé de l’esprit collectif propre à la communauté musicale de Toronto. Est-il toujours bien présent, malgré le succès rencontré par certains groupes ?

Oui, la scène de Toronto est toujours aussi soudée qu’il y a quelques années. Tout le monde se connaît et s’entraide. Le centre de la ville est comme un grand village peuplé d’artistes. On se croise constamment. Il faut avouer que pour un musicien, cet endroit est assez formidable. J’ai quitté la banlieue et surtout son formatage, pour emménager au centre de la Cité, à la fin de mon adolescence. Mais je crains fort que cette ‘standardisation’ ne me rattrape et gagne peu à peu le cœur de la ville. Certains signes avant-coureurs alimentent mon inquiétude, malheureusement.

Y a-t-il un groupe sur lequel vous avez flashé, récemment ?

Vous connaissez Broken Social Scene (rires) ?

Votre collectif prend toute sa dimension sur les planches. Certaines de vos prestations sont même proches de l’envoûtement. Le public belge aura-t-il bientôt la chance de vous y revoir ?

Nous nous produirons, en tout cas, dans le cadre du Festival des Ardentes, à Liège, ce 8 juillet, ainsi qu’à l’Ancienne Belgique (NDR : la date n’est pas encore confirmée). J’espère que nos shows seront de meilleure facture que celui accordé à Louvain, il y a quelques années. Nous avons donné, ce jour-là, le pire concert de toute notre tournée…

 

 

Blood Red Shoes

Tout feu tout flamme!

Écrit par

Le second album de Blood Red Shoes est paru ce 1er mars 2010. Et il s’intitule « Fire Like This ». Réputé pour ses prestations incendiaires, le duo de Brighton est réduit à un couple. A l’instar des Kills et des White Stripes. Steven Ansell se charge de la batterie et Laura-Mary Carter, la guitare. Ils se partagent les parties vocales. Steven et Laura-Mary (NDR : très belle fille !) se sont prêtés volontiers au feu des questions allumé par Musiczine…

Apparemment, vous êtes passionnés par le cinéma. Votre nouvel album s’intitule « Fire Like this », une référence, je suppose, au film de David Lynch, « Twin Peaks ». Est-ce que ce long métrage constitue un symbole pour vous ?

S. : En partie. Mais c’est une des raisons pour laquelle nous avons choisi ce titre. Il en existe cependant 25 autres. Le feu, c’est comme une passion créatrice. De la création et en même temps de la destruction. De l’excitation et du danger, aussi.
L-M. : Cette notion est illustrée par l’image reproduite sur la pochette ; une sensation de fièvre lorsqu’on se brûle les mains…

Vous aimez, semble-t-il, également les films d’horreur et les thrillers. ‘Jack l’éventreur’ et les histoires de vampires, je suppose. Bref, où il y a du sang, des couteaux, de la terreur et des meurtres. Etes-vous des disciples des Cramps ?

L-M. : A une certaine époque, j’étais vraiment une fan. Au fil du temps j’ai un peu décroché (NDR : Lux Interior est décédé l’an dernier)
S. : Ce qui m’a toujours plu chez eux, c’est leur attitude malsaine, sordide, agressive, un peu perverse…

Que représente le mouvement ‘Riot Grrrrl’ pour Laura ? Et je pense plus particulièrement à des groupes comme Blake Babes, Breeders ou Babes In Toyland ? 

L-M. : Notre démarche n’a jamais été politique, ni féministe. Nous sommes davantage orientés vers la recherche des émotions.
S. : Bikini Kill était vraiment féministe. On est plus proche d’un Babes In Toyland. Un peu dans l’esprit ‘fuck you’.
L-M. : Leur attitude était vraiment punk ; mais je ne pense pas qu’elles se tracassaient beaucoup pour les lyrics. Elles privilégiaient le feeling…

Vous avez déclaré que vous véhiculiez une énergie destructrice en vous. Prôneriez-vous le nihilisme ?

S. : (rires). Mais non ! Par contre on pourrait trouver une explication dans le style du jeu de guitare, car notre inspiration vient du punk, du hardcore US des eighties ; et puis de groupes comme les Stooges, Nirvana ou encore Babes In Toyland. C’est notre musique qui libère cette énergie agressive et destructrice. Briser, fracasser, sont des actes cruciaux du concert. Et puis, nous sommes aussi prédateurs, parce que nous sabotons nos propres chansons. Certaines de nos mélodies sont contagieuses, accrocheuses, accessibles même ; mais nous ne voulons jamais qu’elles sombrent dans la facilité. Et c’est alors qu’intervient le carnage à la guitare. Et qu’on rentre dedans. On ne veut pas la perfection. C’est un peu comme si on voulait foutre la merde…

Oui mais pensez-vous que vous pourrez reproduire une telle énergie, en ‘live’, toute votre vie ?

M-L. : Ce n’est pas possible !
S. : L’être humain n’est pas capable de produire ce flux d’énergie éternellement. Mais comment fait-il Iggy Pop ? Je me vois mal tenir le coup aussi longtemps que lui, à ce régime…
M-L. : Il n’est pas si vieux !
S. : J’aimerais bien, à 60 ans, pouvoir continuer à faire du rock sur scène. Il faut donc l’imiter et continuer à boire…

Mais dans l’histoire du rock’n roll, quelle grande chanson symbolise le mieux Blood Red Shoes, le « Fire » de Jimi Hendrix, d’Arthur Brown, « I’m on fire » de Bruce Springsteen ou encore le « Light my fire » des Doors ?

S. : « I’m on fire » de Bruce Springsteeen ». Très évocateur pour moi. C’est une chanson à la fois belle et triste. Quand j’avais 7 ou 8 ans je voulais devenir Bruce Springsteen. Mon père était un fan et écoutait beaucoup sa musique. Dont le fameux « Born in the USA ». Cette chanson est sans doute mon premier souvenir d’enfance. Quand au « Fire » de Jimi Hendrix », son impact est plus émotionnel…

Mais au sein du couple, qui est l’eau et qui est le feu ? (rires et hésitations)

S. : Qui est froid et humide et qui est bouillant et dangereux ? On est un peu les deux. En fait quand je suis le feu elle est l’eau et inversement. Car on réagit chaque fois l’un à l’autre…

Mike Crossey se consacre à nouveau de la production. Apparemment, il est devenu un ami. Se chargera-t-il encore de la mise en forme des prochains albums ?

S. : C’est devenu un ami, c’est vrai. Il fait partie de notre cercle. Mais nous ne savons pas encore si nous allons poursuivre l’aventure ensemble.
L-M. : Ce n’est pas impossible. Mais rien n’a été décidé encore à ce sujet.
S. : Nous n’avons même pas encore écrit de nouvelles chansons. Il comprend bien la situation, d’autant plus que dans le passé, il n’a jamais accompli ce boulot pour deux albums d’un même artiste. Et il en a assuré des tonnes.
L-M. : La porte reste néanmoins ouverte…

Quelle est la différence majeure entre « Box of Secrets » et « Fire like this » ?

L-M. : L’écriture. On l’a améliorée. Puis on a acquis une certaine expérience depuis la sortie du premier. On a appris à devenir un groupe. On s’est bonifié au niveau des arrangements, des compos, de la maîtrise de nos instruments. C’est là que se situe la différence principale.
S. : C’est surtout notre compréhension de la musique qui a changé. Et ce nouvel album reflète très bien notre progression. Il y a plus de variation dans la chanson, dans les sonorités. Nos voix se sont également améliorées.
L-M. : Pour cet album, on a été beaucoup plus attentif aux détails.
S. : Lors du premier, c’était comme si on avait enregistré des chansons en ‘live’. Tandis que pour celui-ci on a accordé davantage d’attention aux atmosphères, au feeling, à la capture des émotions…

Etes-vous ouverts aux autres styles musicaux ?

 S. : Oui, je l’ai déjà déclaré, nous sommes en pleine phase d’expérimentation. Nous cherchons à faire reculer les limites du genre, en incorporant de nouvelles idées. Maintenant, on n’enregistrera jamais un disque de reggae, ni de ‘fucking’ world music impliquant quarante drummers africains. Juste pour le fun. Ce serait stupide. Cela ne correspond pas à notre démarche.
L-M. : L’art musical consiste à absorber d’autres éléments…
S. : Mais nous on crée de nouvelles sensations, de nouvelles émotions. Elles viennent de manière naturelle. On ne peut pas tout contrôler. On ne se pose pas la question de savoir si c’est différent. Il faut laisser la musique arriver à maturation. Elle doit évoluer naturellement et on doit simplement s’appliquer à devenir meilleur musicien. A ce que l’album sonne mieux. Tu dois laisser grandir la musique dans son propre espace. On n’appartient pas à ces groupes qui pour se démarquer des autres, ajoutent un petit truc, mettent des chœurs, par exemple. Ca, c’est du calcul. Nous on ne calcule pas.

Apparemment, vous improvisez constamment. Rien n’est préétabli ? Est-ce le même processus en ‘live’ ?

L-M : Tout à fait !
S. : Une compo est davantage le résultat d’un accident ou d’un événement fortuit. On déconne ou on bricole, et puis c’est le hasard qui guide nos choix.
L-M. : Rien n’a jamais été balisé. Nous ne sommes pas déterministes.  

Parlons un peu de votre nouvel album. J’ai remarqué la présence d’un violoncelle sur « Follow the line » ; et puis il y a ces ‘wow wow’ qui me rappellent quelque part Siouxsie & The Banshees. Tout comme lors de l’hymnique « One empty chair ». Des coïncidences ?

L-M. : Nous avons partagé la même affiche.
S. : Je connais très peu son répertoire, mais elle est vachement cool.
L-M. : Au sein de mon premier groupe, on disait que je chantais comme elle…

« Don’t ask » et « Colours fade » sont les deux chansons les plus pop de l’album. Soit la première et la dernière du cd. Vous envisagez de les sortir en singles ?

S. : Oui.
L-M. : Le premier morceau est déjà sorti en single et le second est prévu pour le printemps.
S. : Enfin, c’est plus que probable, mais rien n’a encore été décidé.

« When we wake » est une méditation sombre sur la mort. Que représente la mort pour vous. La fin ? Une nouvelle vie ? Croyez-vous à la lumière après la mort ? A un dieu ? Aux esprits ?

S. : Putain, c’est une question vachement profonde !
L-M. : Je ne crois pas en Dieu, mais je pense qu’il existe quelque chose après la mort. Je prie, mais pas de manière consciente. Je ne crois pas à l’influence divine. Ni à un quelconque sauveur. J’ai suivi une éducation dans un milieu catholique. Et on m’a enfoncé tous ces principes dans le crâne. Maintenant, je crois qu’il existe un état de conscience après la mort ; mais lequel ?

Vous ne disposez pas seulement de la musique comme corde à votre art. Vous vous intéressez également à l’art sous toutes ses formes. Dont la photo. A l’instar de PJ Harvey, vous avez ainsi posé nus. Partagez-vous le même concept ?

S. et M-L. (en chœur) : Wow !
S. : Justement j’en parlais hier à Laura hier soir, lorsqu’elle se déshabillait.
L-M. : Oui, on parlait de l’opportunité pour les pop stars de poser nus.
S. : Cette démarche peut être artistique, mais aussi commerciale, et une manière détournée de vendre son produit. On ne joue pas à poils sur scène ! Dans le monde musical, la nudité est plus commerciale qu’artistique. Il y a bien un album des Pixies dont la pochette est vraiment arty ; mais en ce qui concerne PJ Harvey, sa nudité était surtout destinée à promouvoir son album.
L-M. : C’est une véritable icône, mais elle est bizarre. Et puis tellement maigre.
S. : La nudité peut être artistique, mais la majorité du temps, elle ne l’est pas.

J’ai lu un article marrant racontant qu’à l’instar de Peaches, porter une fausse barbe était un phantasme pour Laura. Vous partagez les mêmes obsessions que la Canadienne ? (fou rire !)

L-M. : Et m****, qui a écrit un truc pareil ?
S. : Tu vois, on fait des tas d’interviews, on boit un coup de trop, on rigole et puis on raconte des conneries…

(Merci à Vincent Devos)

 

Lonelady

Le goût de l’extrême…

Écrit par

De son véritable nom Julie Campbell, Lonelady est une passionnée de new wave et de post punk. Pas étonnant lorsqu’on sait quelle est issue de Manchester. Et pourtant, ce n’est pas en fouillant dans les vieux vinyles de ses parents, qu’elle a acquis cette culture. Simplement, en s’intéressant à l’histoire de la musique de sa ville de naissance. Progressivement. A un tel point qu’actuellement, sa musique en est profondément imprégnée. Et « Nerve up », son premier elpee en est la plus belle illustration. Pourtant au cours de sa jeunesse, elle écoutait surtout la musique américaine des 90’s ; entre autres REM, Nirvana et Hole…

Julie confirme : « Effectivement. En fait, ce sont ces formations qui m’ont incité à acheter ma première guitare » Parmi ses influences américaines, elle cite encore Pylon ainsi qu’Emerald, Sapphire and Gold (NDR : dites ESG), deux combos américains qui ont marqué le début des eighties. Elle est un peu surprise de la formulation de la question, marque une pause, puis réagit : « Ah, c’est ce que signifiait le sigle ESG ? » Puis embraie : « Ces deux groupes pratiquaient une musique minimaliste, entrecoupée de longs silences, à l’instrumentation très parcimonieuse. Et on retrouve dans mes nouvelles chansons, ces formes de vide. Mais si la palette de sonorités était minimale, les compos étaient très énergiques et imprimées sur un rythme saccadé, funky ». Mais retraversons l’Atlantique pour revenir aux Iles Britanniques. Trois décennies plus tôt. Soit à une époque marquée par Throbbing Gristle, XTC, John Foxx, An Clark, Cure, The Smiths, Gang of Four, Joy Division et quelques autres. Et qui constituent quelque part une source d’inspiration majeure pour Julie : « Tous ces groupes et artistes ont eu une influence sur ma création. Mais il n’entre pas dans mon intention de me réapproprier leur musique. Cela n’aurait aucun sens. J’essaie de créer mon propre univers sonore, notamment en me servant de ma voix. Parfois les influences peuvent devenir un fardeau. Il faut savoir faire la part des choses. » Ecouter Joy Division est, en outre, une expérience quasi religieuse pour mon interlocutrice. Elle avoue : « Leur musique se détache de la vie quotidienne. Elle me fascine. Elle est intemporelle. Un peu comme si on figeait le temps à travers l’espace. Et il ne faut pas oublier d’y associer le producteur Martin Hannett, également responsable du son ». Vu sa fascination exercée pour les eighties, on pourrait facilement imaginer que l’artiste reprenne, de temps à autre, des morceaux composés par ses maîtres. La réponse fuse : « Non ! On a juste enregistré sur une flip side, la reprise d’un single très peu connu de The Fall. Et c’est vrai que dans le passé, on l’a jouée en ‘live’. Mais depuis, elle ne fait plus partie de mon répertoire, sur scène ». Vu le come-back de la new wave, illustré notamment par des formations comme Editors et Interpol, une question me brûlait les lèvres. Celle de ces fameux cycles dans l’histoire du rock’n roll. Elle argumente : (rires) « C’est une approche intéressante. Personnellement, je pense plutôt qu’il s’agit du fruit du hasard. C’est plutôt aléatoire que cyclique. D’ailleurs je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe sur la scène musicale contemporaine. Et puis, l’important c’est plutôt l’aspect tridimensionnel (NDR : la musique, la parole, l’interprétation) qui compte quand on revisite une époque. »

Le parcours musical de Lonelady a commencé en 2004, un itinéraire jalonné d’une poignée de singles. Qu’elle produisait elle-même. Elle a même aménagé un studio dans une ancienne filature. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle s’est forgé une solide expérience. Mais comment a-t-elle réussi à se faire signer par Warp ? Julie raconte : « L’histoire et un long processus. Au départ c’était du D.I.Y. ; puis en 2007, Jason (NDR : White) de Too Pure a agi comme catalyseur pour que je puisse franchir une étape. Il m’a permis de rencontrer Steve Beckett. Et puis de fil en aiguille, il s’est intéressé à ma musique, puis nous a signés ».

Julie estime que la plupart des critiques de disques et même de concerts sont rarement pertinents. Pourquoi donc ? « La manière de me poser cette question implique que tout est noir ou blanc. Personnellement, l’écriture est un acte privé, individuel. Et mon but n’est pas de faire l’objet d’un article dans un magazine. Or une majorité de journalistes essaie de tout traduire en mode et en courants. Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse… » Parlons quand même un peu de ‘Nerve’, son premier opus. Et tout d’abord de cette compo baptisée ‘Army’, caractérisée par des riffs de guitare très effilés, comme chez Gang Of Four. Or, un des titres les plus notoires du band de Leeds s’intitule ‘I love a man in a uniform’. (Eclats de rires). C’est peut-être une coïncidence… « Et ça te fait rire ! J’adore ce groupe. Il véhiculait une énergie funkysante incroyable. Andy Gill est un guitariste génial. Et leur musique était à la fois brutale et fragmentée… » A contrario le morceau maître de l’elpee est beaucoup plus soul/funk disco. Davantage dans l’esprit de Madonna. Mais était-ce intentionnel ? « J’apprécie beaucoup Madonna. Elle est une de mes influences. Et sur cette compo, plus précisément, c’est vrai. En fait, mes prochaines adopteront un profil plus funky… »

Julie a déclaré beaucoup aimer la poésie et le cinéma extrêmes. Souhaiterait-elle mener une vie extrême ? Serait-elle blasée par la vie quotidienne ? (Eclats de rires…) Elle réplique : « Ca, c’est la meilleure question qui m’ait été posée aujourd’hui. Oui, j’éprouve le désir de ne pas mener une vie ordinaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis attirée par les idées extrêmes. Et je suis particulièrement fascinée par les films d’Ingmar Bergman ; et notamment par ‘7th Seal’ (NDR : le titre –en français ‘Le Septième Sceau’– provient d'une phrase de l'Apocalypse selon Saint Jean l'Évangéliste, chapitre 8 ; voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Septi%C3%A8me_Sceau) ». Dans le même esprit, sur la homepage de son site Web on peut lire ‘La brutalité a une place dans la pop. La férocité et le secret, également’. Ce qui méritait quand même un complément d’explications » Elle clarifie : « Il serait peut-être judicieux de demander des explications à Paul Morley. C’est un journaliste (NDR : plume brillante qui a longtemps sévi au New Musical Express), mais aussi un écrivain qui jouit d’une belle popularité aux Royaume-Uni. Au cours des dernières années, il a aussi composé pas mal de musique. C’est lui qui a rédigé ce texte sur le site. Je l’avais contacté pour qu’il consacre quelques lignes sur Lonelady, parce que j’aime bien la façon dont il formule ses impressions au sujet de la musique. Ce texte n’est pas linéaire, mais plutôt abstrait… »

Après avoir abordé tant de sujets sérieux (NDR : quoique), rien de tel que de terminer un entretien par une boutade… Mancunienne, Julie n’a pas son permis de conduire. Ni son drummer. Pas évident quand on doit se déplacer pour jouer en ‘live’. Or dernièrement, elle a engagé un claviériste, qui lui est détenteur du permis de conduire. Ce critère était sans doute indispensable avant qu’il ne soit engagé. Elle se défend : « Une manière très intéressante d’aborder le problème (rires). Le claviériste est autorisé à circuler en automobile sur la voie publique. Quelle belle coïncidence ! Vous savez j’habite au centre-ville. Je me déplace donc à pied. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’apprendre à conduire. C’est vrai qu’il n’est pas évident de se produire en concert dans ces circonstances. Et avant qu’il ne rejoigne le band, on sollicitait un proche ou un ami pour nous véhiculer… »

Merci à Vincent Devos

Warpath

Trasheurs anglais sur le sentier de la guerre

Écrit par

Nous avons récemment découvert les trashers anglais de Warpath lors de la sortie de leur album « Damnation ». Leur voyage aux sources du Trash métal original a été pour nous une véritable cure de jouvence. Interview de ces guerriers britanniques quelques semaines avant leur grand voyage à la conquête du Pays du Soleil Levant.

Quelques mots de présentation tout d’abord, pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore…

Rich : Warpath est un groupe Heavy/Trash métal basé en Angleterre. Notre premier album « Damnation » est sorti en 2008 après avoir été mastérisé par James Murphy (Testament).

Vous avez été élu ‘Meilleur Groupe Non Signé de l’Année’ par les lecteurs de Terrorizer Magazine pour la seconde année consécutive. N’est-il pas un peu frustrant de ne pas être sous contrat, alors que vous êtes soutenus par tant de fans?

Rich : Oui et non. Nous ne voudrions pas conclure un mauvais deal. Nous allons patienter jusqu’au moment où nous recevrons une offre à la fois satisfaisante pour nous ainsi que pour le label, afin de pouvoir donner à nos fans ce qu’ils méritent. D’un autre côté, c’est génial d’avoir une fan-base aussi importante qui nous soutient même si nous n’avons pas de label.
Pete : Oui, et qu’un groupe de métal parvienne à prendre de l’amplitude par ses propres moyens, est vraiment fantastique. En tout cas, ne pas être sous contrat nous encourage à travailler dur pour encore progresser.

James : Aussi, c’est génial de savoir que tant de monde aime ce que nous faisons !

Certains artistes préfèrent écouler leurs albums directement auprès de leurs fans sans passer par l’intermédiaire d’un label. Est-ce aussi le choix de Warpath ?

Rich : Jusqu’à présent, personne ne nous a offert de deal qui vaille la peine d’être accepté ; aussi nous avons choisi de ne rien signer tant qu’un label ne nous fasse pas une proposition intéressante. Les temps sont en train de changer pour les compagnies discographiques et pas question de se faire entuber ! A l’heure actuelle, notre contact auprès des fans est direct ; et c’est plutôt génial.
James: J’adore discuter de notre musique et de tout ce qui s’y rapporte avec les gens qui nous apprécient. Nos fans comptent parmi les gens les plus sincères que j’ai pu rencontrer.

Votre biographie sur MySpace vous décrit comme un groupe ‘Métal’. Cette appellation ne décrit pas vraiment très bien votre style. ‘Trash Métal Old School’ serait une bien meilleure définition. Votre musique me fait penser aux vieux Metallica, Testament, Megadeth ou Exodus. Dans le processus de composition, avez-vous déjà décidé d’écarter tel ou tel riff parce qu’il ne sonnait pas comme du Trash Old School ?

Rich : Nous essayons de prendre un peu de recul par rapport aux autres combos trash anglais, parce qu’il y se produit tellement de merdes entre la plupart d’entre eux que nous préférons ne pas être impliqués. Nous ne nous forçons pas à ressembler à quelqu’un d’autre. Nous sommes des fans de heavy/trash métal et si un riff sonne bien, il sonne bien. Nous le conservons et nous l’insérons dans une chanson. Nous ne penserons jamais quelque chose comme : ‘Ce riff ne sonne pas comme Exodus, abandonnons le !’ ; ce serait complètement ridicule.
Pete : Nous détesterions écrire de cette manière. De nos jours, il existe tellement de groupes trash qui veulent marcher sur les traces des vieux Overkill ou comme les autres ensembles trash issus de cette période. Ils se baladent en baskets blanches et portent des cartouchières comme s’ils vivaient encore en 1987. Pour moi, ce n’est vraiment pas très original et je commence à trouver cette attitude très agaçante…
James : Personnellement, je n’ai jamais entendu une seule chanson d’Exodus. De plus, je méprise vraiment les bandes dessinées, les déchets nucléaires et les autres conneries que tous ces nouveaux combos trash semblent glorifier religieusement.

Quel est votre background musical ? Avez-vous milité au sein d’autres formations avant Warpath ? Quel genre de musique écoutez-vous ? Qui sont vos groupes favoris et vos héros ?

Rich : J’ai commencé à jouer de la musique à l’âge de 5 ans. J’ai étudié le classique et la théorie musicale. Je suis passé au heavy métal à 16 ans. Mes groupes favoris et mes influences sont Dave Mustaine, Megadeth, James Hetfield, Metallica, Axl Rose, Guns’n’Roses, Marty Friedman, Pantera et tout un tas de choses en musique classique. J’aime aussi les bandes originales de films, la musique latino et quelques trucs pop/rock des seventies et des eighties.
Pete : J’ai commencé à apprendre la guitare à 10 ans, mais ce n’est qu’à 14, lorsque j’ai découvert le clip vidéo d’Iron Maiden « Stranger in A Strange Land » que j’ai pris la musique –et particulièrement le heavy métal– au sérieux et que je m’y suis consacré entièrement. J’écoute à peu près tout. De King Diamond à Primal Fear en passant par Nile et Hypocrisy. Dans un autre style, j’aime aussi Sarah Brightman et même Norah Jones ! Mais ne le dis à personne (NDR : Tu peux compter sur moi). Mes plus grands ‘guitar heroes’ sont Doug Aldrich (Whitesnake), Glen Drover (King Diamond, Megadeth), Jeff Waters (Annihilator), Dave Murray (Iron Maiden) et Tony Macalpine, qui sont tous des guitaristes fantastiques.
James : En écoutant notre album « Damnation », tu peux remarquer la grande variété de rythmes et l’abondante utilisation de la grosse caisse. Le métal que j’écoute est vraiment d’une autre génération que celui qu’écoute Rich. Je suis influencé par tout ce qui est sorti entre la moitié des nineties et aujourd’hui car, à partir de cette époque, la manière de jouer de la batterie a commencé à évoluer et même à s’améliorer. Mes groupes préférés sont Fear Factory, Devildriver, Static X, Dagoba, Divine Heresy et presque tout ce qui relève de la scène extrême et industrielle de Los Angeles, San Francisco et de la Floride. Je suis un fan absolu du travail de Derek Roddy (Hate Eternal, Nile), George Kollias (Nile) et Tim Yeung (Hate Eternal, Divine Heresy).

Au cours des eighties, les leaders de la scène trash metal anglaise étaient Onslaught et Sabbat. Vous sentez vous proches de ces groupes? Ont-ils influencé votre musique? 

Rich : Non, en aucune manière.
Pete : Personnellement, je n’aime que l’album « In Search Of Sanity » d’Onslaught. Je pense que les titres qui y figurent sont meilleurs que tout ce qu’ils ont pu faire et ce, parce que Steve Grimmet (ex- Grim Reaper) y assure les vocaux. Sans quoi, je n’aime rien de la scène trash anglaise.

Comment avez-vous rencontré James Murphy ? A-t-il été difficile de le convaincre de masteriser votre album ? Etes-vous toujours en contact avec lui ?

Rich : Je lui ai envoyé quelques e-mails, nous avons discuté un peu au téléphone et il a accepté de masteriser l’album. Il a été génial sur ce coup là. C’était un très grand honneur pour nous qu’il accepte de travailler sur notre album. La dernière fois que nous avons parlé ensemble, cela devait être l’année dernière. C’est un mec très occupé !

Vous semblez attirer un public conséquent au Japon. Toutes les copies de votre album y ont été vendues en deux jours. De plus, votre participation au True Trash Festival d’Osaka en mars 2010 a été confirmée. Pourquoi êtes-vous aussi populaires au pays du soleil levant ?

Rich : Les gens sont fous de heavy métal au Japon. En plus, l’organisateur du True Trash Festival est notre distributeur dans ce pays. Il nous aide constamment à faire la promotion de Warpath au Japon. C’est un grand fan du groupe.
Pete : Il existe quelques groupes heavy géniaux au Japon : Anthem, Loudness, Earthshaker. D’excellentes formations trash aussi comme Sabbrabells et Crowley pour n’en citer que quelques unes. Donc, ce n’est probablement pas seulement parce que nous sommes anglais et que nous jouons du métal qu’ils nous apprécient. Ils adorent la musique en général et sont très fidèles aux artistes qu’ils aiment.

Etes-vous excités à l’idée de jouer au Japon?

Rich : Enormément ! Dès que nous y serons, je crains qu’on ne veuille plus revenir chez nous…
Pete : C’est un honneur et un ‘rêve métal’ devenu réalité de pouvoir se rendre là-bas !
James : P… oui ! Ça va être une expérience unique et en plus, nous sommes très emballés de savoir que nous allons travailler en compagnie de toute l’équipe de l’organisation. Ces shows vont être de véritables tueries.

De nombreux albums live géniaux ont été enregistrés au Japon. Est-on en droit d’espérer un « Warpath Made In Japan » ou un « Warpath at Budokan » ?

Rich : Budokan dans quelques années peut-être ! Mais pour l’instant, l’organisateur à l’intention de sortir le show complet en Cd et en Dvd. Donc, il y aura bien de l’audio et de la vidéo à se mettre sous les oreilles et les yeux. Nous filmerons aussi notre voyage dans son entièreté afin de réaliser un Dvd.
Pete: Arch Enemy a filmé son dernier Dvd au Japon et le résultat est incroyable ! Les fans sont à la fois sauvages et respectueux du groupe. Ils rentrent vraiment dans la musique et semblent reconnaissants envers les artistes qui jouent dans leur pays. Je suis tellement excité de vivre une telle aventure.

Si vous aviez le choix, de quel groupe célèbre voudriez vous assurer la première partie ?

Rich : Metallica, Megadeth ou Testament!
Pete : Je ne sais pas. Ca ne me dérangerait pas de tourner avec les Pussycat Dolls!
Rich : En fait oui, les Pussycat Dolls aussi pour moi!
James: Slayer.

Vous vivez au Pays de Galles. Parlez-nous un peu de la scène métal galloise. Y dénombre-t-on des groupes intéressants? Quels sont les rapports entre les groupes gallois ? Amicaux ou source de compétition ?

Rich : Il y a longtemps que j’ai cessé de prêter attention aux groupes issus de ma ville d’origine (NDR : Swansea). Cependant, à Cardiff, il y a un excellent groupe appelé Hunted. Nous avons aussi joué en compagnie d’excellentes formations de la région de Newport.
Pete : Je viens de Coventry, dans la région des West Midlands, où le groupe le plus célèbre jouait du ska/punk dans les années quatre vingt. En fait, c’était plutôt de la merde. Ceci dit, cette ville est très proche de Birmingham d’où sont originaires des groupes géniaux comme Judas Priest, Black Sabbath et Diamond Head et ça, c’est plutôt cool.

Les fans de métal sont collectionneurs dans l’âme. Même s’il y a beaucoup de moyens différents d’acheter de la musique de nos jours, ils préfèrent toujours tenir un véritable Cd entre leurs mains. Est-ce également le cas pour votre album ? Vendez-vous toujours plus de compact discs que de fichiers mp3 ?

Rich : Je partage ton avis. Les MP3’s c’est de la merde comparé au vrai Cd. Jusqu'à présent, nous avons vendus plus de cds que de téléchargements digitaux, cependant, depuis peu, les téléchargements digitaux semblent s’intensifier.
Pete : J’aime tenir un véritable Cd dans les mains et lire les paroles des chansons en même temps que j’écoute la musique. Un Cd est quelque chose de beaucoup moins impersonnel qu’un fichier Mp3. Et puis, j’adore signer notre album pour les fans. C’est quelque chose que tu ne peux pas faire sur des MP3s.

En tant que groupe, quelle est votre opinion à propos des téléchargements illégaux ? (*)

Rich : J’y suis opposé à 100%. Il n’y a absolument aucune justification à cette pratique. C’est du vol pur et simple. De nos jours, tu peux écouter des albums entiers sur MySpace, YouTube, etc. et les téléchargements légaux coûtent moins d’une livre sterling par chanson. Je pouvais comprendre les téléchargements illégaux il y a dix ans, quand les gens étaient obligés de payer très cher pour des Cds alors qu’ils n’aimaient qu’une chanson ou deux. Mais, ce n’est plus le cas depuis qu’iTunes existe. Le téléchargement illégal doit être réprimé car il cause énormément de tort aux artistes.
James : Tu ne volerais pas un CD à quelqu’un dans la rue, n’est-ce pas ? Et tu ne piquerais pas un Cd sur notre stand pendant un concert ? Pourtant, c’est exactement la même chose pour le téléchargement illégal. Que ce soit au niveau de la musique, de la vidéo, des livres et même des pochettes de Cd, cette pratique doit cesser.

Pensez-vous qu’en programmant un de vos titres le ‘Bruce Dickinson BBC Rock Show’ a accentué votre popularité en Angleterre? Avez-vous constaté un ‘rush’ sur votre web shop après la diffusion d’une de votre chanson, par le chanteur d’Iron Maiden, dans son émission ?

Rich : Tout à fait ! C’est Bruce Dickinson ! Qu’une légende comme lui qualifie notre musique de ‘classic trash metal’ est tout à fait incroyable. C’est comme un véritable cachet d’approbation de la part des autorités du métal !
Pete : Comme je l’ai dit, je suis un véritable fan d’Iron Maiden. C’est, sans doute possible, mon groupe préféré et ma plus grande influence. Que Bruce passe un de nos titres et fasse un commentaire aussi incroyable était pour moi une véritable joie et un immense honneur. Si je n’étais pas membre de Warpath et que j’étais simplement un fan de métal, j’aurais à coup sûr essayé d’en savoir un peu plus sur ce groupe dont Bruce Dickinson a dit du bien.

“Damnation” est sorti en mai 2008. C’était il y a presque 2 ans. Bossez-vous actuellement sur la confection d’un nouvel album ? Si oui, avez-vous une idée de la date de sa sortie et de ce à quoi on doit s’attendre ?

Rich : Nous avons composé quelques nouvelles chansons. Nous commencerons probablement à les travailler dans quelques mois. « Damnation » se vend encore bien et nous recevons toujours de nouvelles chroniques deux ans après sa sortie. Dès lors, nous allons continuer à en faire la promotion avant de commencer à travailler à plein temps sur un nouveau Cd.

Personnellement, j’ai découvert Warpath via MySpace. Que pensez-vous de ces ‘sites web de réseaux sociaux’ ? Est-ce le meilleur moyen pour un groupe non signé comme le vôtre de faire connaître son nom dans le monde entier ?

Rich : Oui, sans aucun doute. C’est le meilleur moyen pour un groupe non signé et ne disposant d’aucun budget pour promouvoir sa musique.

Bien que je sois vraiment impressionné par toute cette histoire de ‘Meilleur Groupe Non Signé de l’Année’, je souhaite vraiment que vous n’obteniez pas ce titre une troisième année de suite. C’est pourquoi, hormis un contrat discographique chez un bon label, j’aimerais vous demander ce que nous pouvons vous souhaiter pour l’année 2010 ?

Rich : Merci ! Je crois que certains groupes en voudraient à notre vie si nous obtenions ce titre pour la troisième fois consécutive. Donc, si vous travaillez pour un label et que vous lisez cet article, sachez que cette décision ne dépend plus que de vous ! Outre notre périple au Hammerfest et au Japon, nous allons accorder d’autres shows en Angleterre et en Europe. Nous préparons aussi notre future invasion de l’Amérique et un autre clip vidéo. Nous étudions également une nouvelle ligne de merchandising.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Rich : Merci pour la lecture et le support. Rendez-vous sur scène !
Pete : Merci pour cette chouette interview Michel. Salut à toi, à tes lecteurs et à tous ceux qui supportent les vrais groupes et le métal véritable.
James : Salut à tous et continuez à supporter le métal et Warpath !

*(NDLR : ayant réalisé un mémoire sur le marché du disque, à une certaine époque, je me permets de mentionner quelques remarques. Car le débat bien est plus complexe qu’il n’y paraît. Et évitons de se voiler la face derrière des arguments simplistes. D’ailleurs, rien qu’en posant les bonnes questions, il est facile de les démonter. Lesquelles ? Tout d’abord pourquoi le téléchargement illégal est-il né ? Qui en est le véritable responsable ? Pourquoi lors de son lancement sur le marché, le compact-disc coûtait presque trois fois plus cher qu’un vinyle, alors que le prix de revient du cd était trois fois moindre que celui du 33 tours. A qui a profité cette arnaque ? Pas aux artistes, c’est une certitude. Ou alors aux plus fortunés. Et quand ces responsables, qui aujourd’hui se plaignent du manque à gagner, ont cherché à rectifier le tir, il était déjà trop tard. Le mal était déjà fait. Et pour faire marche arrière… On appelle cette pratique, scier la branche sur laquelle on est assis. Ou ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Et pour élargir le débat, on pourrait transposer, voire même lier, le chapitre au prix des places de (certains) concerts et festivals. On peut même encore soulever la nouvelle philosophie de certains artistes (surtout alternatifs !) qui préfèrent être téléchargés (il)légalement pour mieux se faire connaître et ainsi tirer parti de cette popularité pour remplir les salles, lors de leurs tournées. A méditer ! B.D.)

Emily Jane White

Le jardin très secret d’Emily…

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Ce 2 décembre, Emily White Jane se produisait à l’Orangerie du Botanique. Deux heures avant son set, elle nous a accordé un dizaine de minutes d’entretien. Juste le temps de parler de son magnifique second album, de ses influences et de la France, pays au sein duquel elle a vécu presque une année pour y apprendre la langue de Molière (NDR : dont elle a pratiquement tout oublié, faute de pratique) et tutti quanti. Plutôt timide elle manifeste une gentillesse naturelle, mais son discours semble quelque peu bridé par la présence du ‘tour manager’…

Emily, tu as composé la musique du long métrage ‘Wild Tiger I Have Known’. C’est ce qui m’a permis de découvrir ton univers. Mais par quel hasard as-tu été choisie pour décrocher la confection de cette bande sonore ?  

Le réalisateur, Cam Archer, est un ami proche. Lorsqu’il a dû poser son choix afin de composer la bande sonore de son film, il s’est naturellement tourné vers moi. J’ai vécu une expérience simple et agréable que j’aimerai recommencer.

Tu as déclaré aimer répéter dans ta chambre. Y composes-tu également ta musique ? En arrivant en studio est-ce que tout est déjà prêt à être enregistré ?

Ma chambre est mon jardin secret. Et je suis une personne très ‘privée’. Je m’y sens bien et en confiance. Mais de là à dire que j’y compose toutes mes chansons, il y a une marge que je ne franchirai pas ! Je ne m’impose pas de règles préétablies, car je n’ai pas encore finalement tellement enregistré dans ma vie (rires)… Effectivement, quasiment tout est prêt avant d’entrer en studio. Quelques détails sont ajoutés suivant les circonstances ; mais tout est écrit. Je ne suis pas loin du ‘control freak’, en studio…

Malgré ce côté ‘control freak’, y a-t-il certaines personnes particulières à qui tu demandes conseil quand tu composes ?

Je ne demande jamais conseil ! Même si en studio je sollicite parfois l’avis de personnes en compagnie desquelles je travaille. Mais j’accomplis surtout ce que j’estime le plus judicieux. Je n’en fais un peu qu’à ma tête.

Crois-tu au paranormal ? Aux esprits, aux spectres, bref tout ce qui tourne autour du surnaturel ?

Pas vraiment, même si je ne contesterai jamais leur existence. Je suis très intéressée par le sujet, mais ce n’est pas une obsession au quotidien…

Tu parles également beaucoup de la mort dans tes chansons. Ce qui explique sans doute pourquoi la presse te considère comme une chanteuse de ‘Dark Folk’. Est-ce justifié ?

Je me sens proche de la mort, en effet pour certaines raisons d’ordre personnel. Ce sujet transparaît évidemment dans mes chansons, même si ce n’est pas nécessairement voulu. C’est inconscient ! Mais en parlant, on évoque également beaucoup la vie, finalement ! Elle ne m’effraie pas, en tout cas…

Tu sembles influencée par la littérature. Gothique, en particulier. Un auteur comme Flannery O’Connor constitue-t-il une source d’inspiration pour tes lyrics ?

La littérature gothique ne m’attire pas particulièrement mais j’aime bien certains auteurs américains tels que Cormac McCarthy, Edward Allan Poe ou d’autres poètes issus de mon pays, moins connus. Mes lectures influencent inévitablement ma propre écriture.

Tu as milité pour une association destinée à combattre la violence contre les femmes. Tu as déclaré être féministe. Que signifie cet engagement pour toi ?

Je suis féministe et défend les droits des femmes mais j’ai ma propre définition du féminisme. C’est compliqué car il y a tellement de définitions de ce que doit être le féminisme. Je crois à l’égalité des sexes, à la justice sociale et j’ai des opinions bien arrêtées par rapport à la violence conjugale ! J’ai d’ailleurs été conseillère pour couples en crise au sein de cette association. Mais je ne suis pas une porte-parole des féministes, je suis une artiste dont l’avis est très tranché sur le sujet.

Pour revenir à des questions plus légères, en compagnie de quel artiste aimerais-tu partager un duo ?

Je ne sais pas trop. Un ami probablement ! Je préférerai cette formule plutôt que de le réaliser avec quelqu’un que je connais à peine ou pas du tout. Mais les propositions n’ont pas été nombreuses à ce jour, même si j’ai participé, en tant que collaboratrice, à pas mal d’enregistrements.

Es-tu fatiguée d’être comparée à Alela Diane et Cat Power ?

Pas réellement car j’ai confiance en moi et puis j’avoue que ces comparaisons sont flatteuses ! Alela est plus jeune que moi. Elle est aussi californienne et joue de la guitare acoustique en utilisant les cordes mineures. Un peu à ma manière. D’où ces raccourcis faciles, probablement.

Tu as vécu à Bordeaux pendant un an. Est-ce la raison pour laquelle tu as signé chez le label bordelais Talitres ?

Non ! C’est Bernard Lenoir (NDR : le John Peel français sur France Inter) qui m’a révélée à Talitres. Je connaissais cette maison de disques via certains artistes que j’aime comme Swell, Scary Mansion ou The Walkmen ! J’ai vécu à Bordeaux, pour y étudier le français à l’école et j’ai ensuite participé à un programme d’échange dans le Nord de la France. A mon retour en Californie, j’ai rencontré des Français qui m’ont proposé de venir jouer à Bordeaux. En compagnie de Kim par exemple. Un artiste injustement méconnu ! Au cours de ce séjour, je me suis énormément consacré à la musique et j’ai passé beaucoup de temps auprès des artistes sur place. De très bons souvenirs !

Pour finir en douceur. Quel est ton plat français favori ?

Pas facile à poser un choix ! Je dirai le fromage de raclette !!! Et puis les aubergines ; car j’adore la façon dont ce mot sonne en français…

 

Iris Corporation

La nouvelle sensation...

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Il arrive de tomber éperdument amoureux d’une femme. Quelle que soit la compagnie du moment, c’est à elle que l’on pense et avec elle que l’on a envie d’être. « A New Saint Session », le nouvel album d’Iris Corporation me fait à peu près le même effet. Généralement, quand la chronique d’un album est terminée, je range le Cd et je passe à un autre. Il en va un peu différemment pour ce « A New Saint Session ». Et pour cause, je ne retire ce disque de ma platine qu’à regret. Quel que soit l’album à chroniquer, c’est toujours celui-là que j’ai envie d’écouter ; et c’est vers lui que je reviens inlassablement dès que l’occasion se présente. Il faut que je commence à me surveiller ; car mon fils (âgé de quatre ans), pourtant pas intéressé par le rock pour un sou, commence à fredonner « I am The Greed Man » et mon épouse me regarde d’un air compatissant en me jetant : ‘T’aime bien ce truc hein ?’ Et bien oui, j’aime Iris Corporation, et je pense sincèrement que ce groupe mérite une attention toute particulière ! D’ailleurs, en général peu enthousiaste pour réaliser des interviews, je me suis laissé tenter par le challenge. Et John Iris, le leader de ce combo exceptionnel, a accepté de bonne grâce, de répondre à mes questions…

Pour commencer, pourrais-tu présenter Iris Corporation ?

Iris Corporation est un trio originaire d'Albi dans le sud de la France. Il est composé de Thibaut Gluchowski, Will De La Perez et John Iris. Notre musique est clairement orientée rock ; mais un rock teinté de musiques du monde. En fait, l'expression ‘World Rock’ semble ainsi le mieux définir son esprit.

A l’écoute de « A New Saint Session » et de son mélange d’électrique et d’acoustique, d’ambiances orientales et de vocaux haut-perchés, on pense immédiatement à Led Zeppelin ; pourtant, aucune de vos chansons ne ressemble vraiment à un titre de groupe de Robert Plant et Jimmy Page. Led Zep fait il vraiment partie de vos influences ?

Notre cheminement artistique résulte vraiment d'une envie de rapprocher des cultures à priori très différentes. Led Zeppelin a montré la voie sur quelques uns de leurs titres et reste une référence majeure pour de très nombreux groupes, y compris le nôtre. Mais nos influences sont tout autant occidentales qu'orientales. Ce métissage et beaucoup de recherches personnelles donnent cette couleur particulière à notre musique.

Quelles sont les autres formations qui vous ont inspiré ? Avec quelle musique avez-vous grandi ?

On peut citer Rabih Abou Khalil, Radiohead, Munir Bashir, Jeff Buckley, Chemirani, Massive Attack, Pink Floyd, Natacha Atlas, Rage Against The Machine et bien d'autres... Globalement, le rock des années 70 et 90 et les musiques improvisées du monde entier.

D’où vient ce côté oriental qui transparaît dans certains de vos titres comme « Highest Love » et « HeartH » ?

Les sonorités orientales sont petit à petit devenues une base de nos compositions. Les ambiances y sont très profondes et sensuelles. De telles associations m'ont toujours fasciné dans des titres comme "I Don't Know" de Noa ou "Friends" de Led Zeppelin. Nous avons donc creusé afin d'intégrer des éléments World dans le rock traditionnel.

Si, comme on l’a dit plus haut, votre musique évoque Led Zeppelin, votre son est cependant très actuel et diffère totalement des formations issues des seventies. Te sens-tu plus proche d’ensembles récents comme The Answer ou Witchcraft qui tentent de retrouver le son vintage des années 70 ?

Le travail de The Answer et Witchcraft est remarquable en bien des points. Mais à vrai dire, nous nous soucions peu de la mode vintage. Nous apprécions par contre beaucoup des groupes comme The Mars Volta ou Queens Of The Stone Age qui tout en conservant un respect immense envers leurs aînés sont capables d’amener une couleur nouvelle.

Pourrais-tu expliquer le titre de l’album : « A new Saint Session » ?

Le titre est un jeu de mots : "A New Sensation" - "Une Nouvelle Sensation". Il synthétise les thèmes abordés dans nos textes : le côté ‘nouveau’ nécessaire à l'évolution de nos sociétés, la prise de conscience de ce qui est objectivement ‘Saint’ dans un sens non religieux et permet la vie, comme notre écosystème. Il intègre aussi la notion du début d'un mode de pensée respectant enfin l'environnement et l’Homme.

Tes textes sont très critiques à l’égard de la société actuelle et des ravages causés par la science des hommes sur la nature. Crois-tu qu’il est un devoir pour les artistes d’ouvrir les yeux du public sur certains problèmes de notre monde ?

Si l'art permet de faire avancer et admettre l’idée que les modèles de fonctionnement de nos sociétés devraient être basés sur le partage afin de permettre à l'homme de vivre en harmonie, alors il ne faut pas hésiter ! Quant à la science, elle peut être la meilleure et la pire des choses. Einstein regrettait que ses découvertes aient amené la bombe atomique. Tout est une question de conscience. L'Humanité doit garder une éthique pour ne pas jouer avec le feu sans pour autant empêcher son évolution.

Certains de tes textes comme « Highest Love » ou « Sun Dog » semblent critiquer ouvertement la religion. Crois-tu que les religions ne sont qu’une autre manière d’abuser de la crédibilité des gens ?

L'histoire révèle des dérives dues à la religion, de la terre plate aux intégrismes de tout temps. La religion souvent dicte des réponses à des questions métaphysiques en les faisant passer pour un savoir. Chacun a une personnalité, une ‘âme’, et un parcours différents liés aux traditions, à la culture et à ses facultés. La religion a souvent confisqué des domaines laissés vides par la connaissance. Trop souvent certaines propagent la peur du lendemain pour en retirer du pouvoir. Mais ce n'est que mon humble avis et n'enlève aucune force à la foi individuelle.

L’artwork de votre album est absolument magnifique. Peux-tu nous parler de Nicolas Senegas, l’artiste qui l’a réalisé ? Comment en êtes-vous venus à travailler avec lui ? Lui avez-vous donné des directives bien précises ou a-t-il travaillé en solitaire ?

Nous sommes effectivement très fiers du travail réalisé par Nicolas Senegas. Nous nous connaissons depuis une dizaine d'années et son univers nous a toujours séduits. Il a merveilleusement cerné les textes et la musique de l'album pour réaliser une iconographie splendide ! Du cœur représentant l'amour et le partage aux symboles mystiques récents ou anciens. C'est un graphiste et photographe hors pair qui travaille sur ses clichés d'une manière unique. J’en profite pour laisser ici l'adresse de son site MySpace : http://www.myspace.com/infotographie. A visiter, c'est du pur bonheur !

Votre album a été masterisé par Michel Geiss qui a travaillé avec Jean-Michel Jarre, Michel Jonaz, Michel Sardou, Catherine Lara, Trust, Lio, Marc Lavoine, Patrick Bruel et Laurent Voulzy. Ce concours explique-t-il la qualité exceptionnelle du son de « A New Saint Session » ? Comment avez-vous été amenés à travailler avec lui ?

Michel Geiss est une rencontre importante pour nous. C'est un ami commun qui nous a mis en contact et son travail au niveau du mastering a fait preuve d'une efficacité et d'un respect du son originel sans défaut. Nous avons passé beaucoup de temps au mixage de l'album, pour peaufiner chaque détail et obtenir un son en même temps puissant et aéré. Un mastering trop radical aurait écrasé l'espace sonore. Michel a trouvé le parfait compromis. C'est un grand professionnel qui développe encore un peu plus la valeur artistique du projet qu'il masterise. Ce qui n'est souvent qu'une étape purement mathématique et technique devient un embellissement supplémentaire.

Iris Corporation semble être ton bébé puisque tu portes pour nom de famille Iris. Es-tu le compositeur principal du groupe ou laisses-tu Thibaut et Will participer à l’élaboration de vos titres ?

Notre fonctionnement est très ouvert. Nous avons fait appel à quelques musiciens additionnels pour les percussions ou les chœurs. Tout apport extérieur est souvent  accompagné de richesses supplémentaires. Il en est de même pour le fonctionnement interne au groupe. Chacun est libre de développer ses parties comme il le conçoit. Même si je suis le moteur du groupe, les titres sont généralement composés ensemble.

Considères-tu Iris Corporation comme un groupe français ? Que penses-tu de l’évolution de la scène Hard Rock et Métal française de ces dernières années ? Ne trouves-tu pas que les Français gagnent une crédibilité musicale qu’ils n’avaient pas avant ?

Iris Corporation est bien entendu un groupe français. Et vu le succès de groupes comme Gojira ou Watcha aux États-Unis, il n'y a plus vraiment de crainte à avoir par rapport à cette situation. Certes, l'attitude des médias et maisons de disques françaises nous laissent un peu dubitatif quant à leur volonté ou capacité à promouvoir ou signer des groupes jouissant d’un vrai potentiel international. Le vieux complexe d'infériorité par rapport aux Anglo-saxons n'existe plus que chez eux. De nombreux groupes hexagonaux ont évidemment ce potentiel et explosent de l'autre coté de l'Atlantique dés qu'ils sont un peu soutenus.

Pourtant, en étant d’origine américaine, ne penses-tu pas qu’Iris Corporation aurait plus de facilité à percer aux États-Unis qu’en Europe ?

Ma nationalité est bien française même si je me sens beaucoup plus un citoyen du monde. Mais nous sommes effectivement plus diffusés aux Etats-Unis qu'en France et il suffirait de peu de choses pour que nous puissions toucher un public beaucoup plus large chez nos amis d'outre-Atlantique. Heureusement, le web existe et nous permet d'être de plus en plus visibles dans le monde entier.

L’album d’Iris Corporation est-il distribué internationalement ? Comment peut-on se le procurer en Belgique ?

Le label qui travaille avec nous, Muzikom, est associatif. Il travaille remarquablement mais ne dispose pas d'une puissance financière égale à celle d'un label international. Néanmoins, l'album est distribué internationalement par Musea, On peut donc se le procurer sur leur site : http://www.musearecords.com

Je rappelle ses références : Iris Corporation - A New Saint Session - Muzikom/Ref MZK08 Distribution Musea.

Pour la version mp3, il est aussi disponible en téléchargement sur Itunes, Fnac, Virgin, Amazon, Rhapsody, Orange, SFR, Vodafone, Napster, Nokia...

Les téléchargements sont aussi possibles sur notre page MySpace où nous serons aussi ravis d'accueillir tous ceux qui apprécient notre démarche artistique : http://www.myspace.com/iriscorporation

 

 

Disko Drunkards

You don't touch Michael, man!

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Disko Drunkards. Derrière ce patronyme se cachent quelques musiciens issus du Nord de la frontière belge. Des musiciens qui ont marqué le rock indépendant et créatif, il y a quelques années. Stephane Misseghers (Soulwax, dEUS), Ben Brunin (Vive La Fête), Tim Vanhamel (Evil Superstars, Millionaire) et Francois Demeyer (Vive La Fête, Soapstarter) constituent la fine équipe mise en place par les dj’s-producteurs gantois The Glimmers… Stephane Misseghers, batteur de la formation, nous apporte quelques éclaircissements sur ces ‘ivrognes du dance floor’…

L’album des Disko Drunkards ne sera pas vendu mais offert gratuitement lors de vos concerts. Un concept plutôt original. Mais combien de copies de ces disques comptez-vous distribuer ?

Jusqu’ici, on en a écoulé 5 000, de cette manière, lors de nos concerts. Le nombre s’est élevé entre 15 000 et 20 000 copies, lorsque la revue ‘Dj-Magazine’ a décidé joindre le cd à l’intérieur d’un de ses numéros. A l’avenir, on continuera à presser des disques tant que les opportunités de concert se présenteront.

L’industrie du disque est en déclin. Parallèlement, de plus en plus de compact-discs sortent chaque mois. Vous empruntez le chemin inverse en offrant le disque… Enregistrer sur un tel support est-il uniquement devenu un moyen pour se faire de la pub et décrocher des concerts ?

L’art de produire un disque a toujours été un moyen de révéler ta musique vers le monde extérieur. Je pense, par contre, que la distribution traditionnelle est totalement dépassée. Les maisons de disques gardent le même ‘modus operandi’, parce qu’elles doivent penser à leur survie et en même temps promouvoir les artistes qu’elles signent. Or, actuellement, le phénomène Internet bouleverse radicalement ces principes ; et les maisons de disques ne peuvent rien y faire. Notre idée était donc de se passer de ce cirque et de soutenir ce disque en utilisant des agents de promotion indépendants et une agence de booking efficace. En opérant de cette manière, on a pu décrocher de chouettes dates de concerts ; et en même temps distribuer l’album. Sans devoir abandonner le pouvoir de décision à d’autres personnes.

L’opus rend un hommage éclectique à différents styles de musique : le disco, le punk funk new-yorkais des années 80 (Liquid Liquid, ESG,…) mais aussi l’électro pionnière de Telex. Un style qui remonte entre 1975 et 1980. Quelle importance, en tant que musiciens, accordez-vous à cette période ?

Elle compte beaucoup pour les Glimmers. Surtout parce qu’ils ont commencé leur carrière de dj’s à ce moment-là. J’ai grandi au cours des années 90. Mais à cette époque, j’écoutais du rock à la Led Zep, Black Sabbath ou encore Barkmarket… Je dois admettre que je suis entré dans une nouvelle dimension quand j’ai eu accès à leur immense collection de disques. Nous avons utilisé beaucoup de références musicales afin d’obtenir le bon groove et la bonne ambiance pour le disque. On a donc effectivement beaucoup écouté Liquid Liquid et ESG mais aussi les Jackson 5 et Norman Whitfield.

Une ‘dream team’ du rock belge a été mise en place pour ce projet. Etait-il difficile de réunir tous ces artistes ; et comment l’idée de former les Disko Drunkards a-t-elle germé ?

L’aventure a débuté lorsque les Glimmers m’ont demandé ainsi qu’à Ben (NDR : le bassiste) d’enregistrer des parties instrumentales pour le remix de « Physical » d’Olivia Newton John. Ils pensaient que ce serait une bonne idée de remodeler totalement la chanson en conservant uniquement les paroles. Vu qu’aucun de nous quatre ne possédait les capacités vocales de la chanter, nous avons demandé à Tim Vanhamel de l’interpréter. Il a aimé le projet et est resté. Ensuite, François De Meyer, un pote, s’est pointé aux synthés. Tout simplement parce qu’il est arrivé au bon moment en affichant les goûts de circonstance. Après avoir entendu le résultat de « Physical » on a décidé de continuer à écrire jusqu’à ce que nous disposions de suffisamment de morceaux pour enregistrer un album.

« Physical » est sans aucun doute un des sommets du disque. Comment l’idée de la reprendre vous est venue à l’esprit ?

La marque de vêtement ‘ W.E.S.C.’ a demandé aux Glimmers de réaliser un mix pour lancer une nouvelle ligne de vêtement baptisée ‘Physical’. Ils ont donc mis en boîte une compilation réunissant douze artistes adaptant le même morceau. Quand on y pense, sans ‘W.E.S.C’, les Disko Drunkards n’auraient jamais existé. Quelle pensée effrayante !

Comment avez-vous élaboré les morceaux ? Est-ce une création collective ou alors le groupe a-t-il ‘jammé’ sur les beats des Glimmers ?

Chaque chanson de l’album a été composée en un jour. C’était en quelque sorte notre ‘dogme’. Nous entamions notre travail vers midi en écoutant quelques disques, un peu dans tous les styles… Ensuite, Ben et moi accomplissions quelques tentatives de grooves plutôt basiques jusqu’au moment où nous en dégotions un qui nous plaise. Un groove que nous pouvions répéter pendant des heures sans susciter l’ennui. Une fois le groove basse-batterie prêt, on ajoutait des tas de trucs : des claviers, des guitares, des cris, des sifflets… Je pense qu’un jour, on a même utilisé un sac poubelle en guise de shaker. Touche finale, les Glimmers éditaient le morceau pour qu’il ait une structure acceptable et nous, hum… on retournait à la maison !

Vous vous produisez beaucoup en Belgique. Envisagez-vous de tourner à l’étranger, où la réputation des Glimmers est flatteuse ?

On va d’abord finir la partie belge de la tournée ; et ensuite on fera quelques dates en Italie, en Hollande et en Angleterre. On espère aussi se rendre au Japon, vu que l’album sortira là-bas le 22 août.

Ce projet est-il un ‘one shot’ ou faut-il s’attendre à d’autres sorties des Disko Drunkards, dans le futur ?

On y pense, mais comme vous le savez peut-être, on est tous occupés dans d’autres groupes ; donc il faut d’abord mettre en commun nos agendas respectifs.

Si vous deviez choisir un morceau à reprendre avec les Disko Drunkards, lequel choisiriez vous ? « Optimo » de Liquid Liquid, « There but for the grace of God » de Machine ou « Don’t stop 'til you get enough » de Michael Jackson ?

Pffoohh… sûrement pas Michael ! Faut pas se frotter à Michael mec… Il faut toujours s’assurer que ta version est aussi bonne que l’originale, pas une reprise fade d’un grand morceau. Ainsi tu évites de te planter. Donc dans ce cas-ci je prendrais Machine, histoire de pas prendre de risques !

Vous vous appelez les Disko Drunkards, quelle est la boisson qui a le pouvoir de vous lancer sur la piste de danse ?

Je dirais une bière (ou deux), mais une fois qu’on est lancés, ‘we don’t stop ‘till you get enough !’.

 

Grizzly Bear

Piégé par le net

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Aucune question, aucune réponse n’épuisera l’univers foisonnant de « Veckatimest ». Aucun mot ne décrira avec justesse ce travail d’orfèvre, si ce n’est : écoutez-le. Dix fois, cent fois, mille fois. Déversez-vous entièrement. Et peut-être lorsque vous en aurez caressé les moindres saillies, ressenti les fiévreux vertiges ; lorsque vous aurez été à l’écoute de cette mise en abîme mystique ; que ces voix entremêlées auront conté leurs histoires épiques, que ces chœurs lancinants auront ensorcelé, que les crescendo auront percé les nuages, que l’autour se sera émietté devant la grandeur du maître. Lorsque la douceur psychédélique aura enveloppé ce qu’il vous restera de lucidité. Que vous aurez frissonné de ces mélodies en écho soufflées par le vent. Que submergés, désintégrés, il n’y aura d’autre choix que de recoudre les lambeaux et reprendre la route. Alors, les mots, le jugement, la description prendra un peu de sens. Quoique ! Réécoutez-le encore une fois. A l’envers. Ailleurs. Autrement. Et peut-être après…

Dans quel état d’âme étiez lors de l’enregistrement ?

Chris Bear (batteur) : On a essayé d’entretenir une ambiance vraiment très relax, la plus spontanée possible. Pour cet album, on a uniquement œuvré, animé par une véritable volonté de s’y mettre et lorsqu’on était vraiment dans l’humeur. Alors que pour « Yellow House », on s’est mis une pression terrible. Je ne comprends pas pourquoi puisqu’il n’y avait pas d’échéance ; mais en tout cas, on s’était imposé une deadline. Maintenant, il est vrai que nous devions partir en tournée ; et on voulait terminer le disque avant cette date. On a donc voulu éviter de travailler dans la précipitation pour ce nouvel album.

Vous avez travaillé par paires, il me semble ?

C.B. : Oui, nous avons essayé toutes sortes de combinaisons. Ed et moi pour « Two Weeks ». Chris Taylor et moi avons jeté les bases de quelques morceaux. Daniel était absorbé par le projet Department of Eagles ; et comme j’avais déjà enregistré les parties de batterie, j’étais plus libre. Au final, dans le travail de création, j’ai pas mal bossé en compagnie d’Ed.

Et vous avez choisi trois endroits différents pour réaliser ces sessions ?

C.B. : La première partie de l’album a été entamée dans une sorte de grand manoir. On était tous très isolés les uns des autres et on pouvait crier bien fort sans s’entendre. C’était un bon début. Mais nous n’y avons réellement rien concrétisé. Puis, quand on est arrivés à Cape Cod, on a commencé à enregistrer les guitares et les parties vocales. C’est un petit cottage qui appartient à la grand-mère d’Ed. Un petit îlot de beauté. Une presqu’île sur la côte Est des Etats-Unis avec des rochers et la mer. Il fait un peu froid le soir ; et si je me souviens-bien, on entend le craquement du bois sur « Dory ». Et de vivre au milieu de cette nature nous a rendu le boulot plus confortable, nous a détendus. Un tel espace influence vraiment la création. Le grand manoir en bois était très différent. D’un point de vue acoustique aussi. Enfin, les deux premiers morceaux, dont le single « Two weeks », ont été entièrement mis en boîte dans une Eglise, en deux semaines. Puis nous sommes partis en tournée avec Radiohead, avant de revenir à Cape Cod. Au fil de la tournée, on a réalisé qu’on maîtrisait de mieux en mieux les morceaux. En rentrant, on a adopté la même approche ; mais le tempo s’était équilibré. En fait, les compos étaient devenues un peu plus rapides. Un changement d’apparence mineur, mais une belle différence quand même.   

Existe-t-il une volonté collective dans l’écriture des lyrics ? Où est-ce à chaque fois une narration purement personnelle ?

C.B. : Nous débattons peu des textes. Par de façon spécifique en tout cas. Je suis incapable de t’expliquer le sens profond de chaque chanson. Le dialogue est ouvert. On n’évite pas le sujet, mais chacun d’entre nous en fait une interprétation personnelle. Et on se laisse cette liberté. En ce qui me concerne, je ne prête pas beaucoup d’attention aux lyrics. Une vraie bonne parole, j’aime bien, mais sinon…

Quoi en particulier ?

C.B. : Par exemple, j’aime beaucoup les textes de Beach House. J’ai vraiment été séduit par leur dernier cd. Leurs nouvelles chansons sont très très passionnantes ; et puis j’aime aussi beaucoup les derniers trucs de Dirty Projectors. Leur lyrics m’ont frappé ; sans doute parce qu’ils me touchaient personnellement. Pour le reste, j’estime que les paroles ne constituent pas la dimension principale de notre musique.

Le nouvel elpee épouse un profil plus psychédélique. Plus proche de Department of Eagles. Surtout « Dory » et « Hold still ». D’accord ?

C.B. : Totalement… Et en particulier « Hold still » et « Dory ». Le toucher de guitare de Daniel est beaucoup plus présent. Mais ce n’est pas un hasard puisque les deux morceaux ont été enregistrés au cours de la même quinzaine. Effectivement, Ed et Daniel partagent le chant sur « Dory ». Daniel au début ; et Ed reprend la section suivante. Pour cette compo, Daniel a d’abord dessiné les lignes de guitare. Ed disposait de ‘chœurs’ qu’il avait préenregistrés. Ils ont apporté leurs contributions. Et c’est de cette concertation mutuelle que le morceau est né. C’est vrai que la tonalité fait très ‘Daniel’...

Mais comment faites-vous pour bien distinguer les projets Grizzly Bear et Department of Eagles ?

C.B. : Grizzly Bear est en évolution constante. Le style a beaucoup changé depuis les débuts. Le groupe offre une dimension plus flexible, alors qu’« In ear Park » réunit au départ des morceaux d’Ed, de Daniel et de Chris. Bon, tout est relié à Grizzly Bear ; mais par exemple, l’ancien répertoire de Department of Eagles est totalement différent ! Les morceaux de Daniel font davantage partie d’un concept ; et il aurait été inopportun de les mélanger avec ceux de Grizzly Bear. Et puis je crois que Grizzly Bear avait aussi envie de prendre une pause ; et même si on a fini par jouer à nouveau beaucoup ensemble pour Department of Eagles, c’était différent. Je ne devais pas être présent tous les jours. Il était possible de prendre du recul, car il y avait une vision très claire de l’objectif à atteindre. En fait, Daniel est arrivé avec déjà presque toutes les chansons ! Alors que le nouveau Grizzly Bear voulait être le fruit d’une collaboration optimale entre tous les musiciens ; au sein d’un univers où on créerait les morceaux petit à petit, dans une évolution qu’on allait tous vivre. Mais il est sûr que je ne pense pas nécessairement d’une façon complètement différente quand je joue pour Department of Eagles ou Grizzly Bear…

Il paraît que votre album a ‘leaké’ très vite ? Connais-tu l’origine de ces ‘fuites’ ?

C.B. : Après avoir terminé les sessions d’enregistrement, on a envoyé les maquettes au mastering. Le produit fini était prêt pour être envoyé et reproduit dans les dix jours ; et c’est à ce moment-là que j’ai reçu un message d’Ed m’informant que notre disque avait ‘leaké’. Je me suis dit que le phénomène avait quand même été rapide. Parce qu’en général quand ça ‘leake’, c’est suite à l’envoi d’un ‘advanced cd’ à un magazine musical. Quelqu’un tombe dessus par hasard et décide de le poster sur internet. Je ne sais pas quel est son but mais bon… Ca arrive. Or, aucune promo n’avait encore été transmise à qui que ce soit. Donc j’ignore d’où vient la fuite…

Du mastering ?

C.B. : Non impossible… j’ai mes suspicions à ce niveau. Mais bon, de toute façon, ça n’a pas d’importance. Il n’y a plus rien à faire. C’est trop tard. N’empêche, on pourrait comparer cette situation au monde du cinéma. Quelqu’un prend un temps fou pour réaliser un film, y consacre des années de tournage, le peaufine pour qu’il soit superbe sur grand écran ; puis, il constate qu’il est posté sur Youtube sur un écran de 10cm x 10cm. Et en ce qui nous concerne, on concentre tous nos efforts pour bien le mixer, le mettre joliment sur des ‘analog tapes’ ; et puis tu découvres qu’il est disponible sur internet via des téléchargements numériques au son pouilleux [crappy download].

Mais franchement, votre public n’est pas vraiment celui qui écoute votre musique par ‘crappy download’ ?

C.B. : C’est aussi ce que je pense donc ; ceux qui veulent l’apprécier à sa juste valeur, l’achèteront ou le téléchargeront sous une forme de bonne qualité. Et ceux qui veulent juste downloader n’importe comment ne changeront pas de méthode. Que ce soit maintenant ou plus tard, c’est la même chose. Maintenant, si certains avaient très envie de l’entendre et ne pouvaient plus attendre, je peux encore le comprendre. M’enfin, on s’est dit c’est arrivé ! Que peux-tu faire ?

Que vous ont apporté les périples accomplis en compagnie de Radiohead, Beach House et Feist ?

C.B. : Se produire en première partie de Radiohead était évidemment impressionnant. Il n’y a pas un jour où on n’a pas regardé leur set! Et ils changeaient le show chaque nuit ! Johnny est vraiment super cool, c’est clairement une idole ! Maintenant, je crois qu’on a appris des deux ; autant d’ouvrir pour des groupes, que de faire la première partie. C’est pas qu’on a changé nos chansons mais je crois qu’on a dû adapter notre répertoire. Par exemple, pour Radiohead on n’aurait clairement pas interprété les morceaux calmes. Genre « Hold still »,  devant 20 000 personnes qui commandent des bières. Je crois que pour un groupe de notre taille, ça aurait été triste. Mais lors des shows de Feist, on a dû privilégier les compos calmes ; car l’ambiance était plus théâtrale, la foule plus paisible. Ce n’était pas un concert de ‘rock’. Le groupe réagit autrement et donc nous sommes amenés à jouer dans un autre registre. Et pour TV & The Radio, forcément on a joué beaucoup plus fort ! On cherche toujours à amener une énergie similaire. Donc ce travail est très intéressant : apprendre à reconnaître celui avec qui tu joues et, en fonction, trouver le registre approprié.

C’est plus gratifiant de jouer en puissance pour un batteur, non ?

C.B. : Plus fatiguant en tout cas ! Franchement, quand j’ai réécouté les enregistrements de ces concerts, je me suis vraiment demandé comment j’avais pu frapper ainsi. Je ne me rappelais pas qu’il était possible de jouer si vite et si fort !

Où allez-vous ensuite ?

C.B. : Demain on retourne à New-York. A la maison… J’espère qu’il fera aussi beau qu’ici !

 

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