Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Dernier concert - festival

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Emilie Simon

Le charme d'une princesse...

Pour la venue d'Emilie Simon au Botanique, on s'est mis sur notre trente et un : c'est que le premier album de la jeune Française nous a tellement enchantés, qu'on croirait presque la connaître… Comme s'il s'agissait, à chaque fois qu'on l'écoute, d'un tête-à-tête. Sauf qu'ici on est plusieurs centaines à l'attendre patiemment, dans cette Orangerie transformée pour l'occasion en salle assise. Pas le temps de bâiller pendant la prestation d'Holden qu'elle arrive à pas de louve, dans une robe excentrique chatoyante : une vraie princesse. On a dit d'elle et de sa musique qu'elles ressemblaient à Björk, Leila, Anja Garbarek, Kate Bush. C'est vrai qu'à la voir, on pense à toutes ces femmes charmantes, chez qui l'atypisme passe aussi par la garde-robe. Mais l'important ce soir, c'est de vérifier si ses chansons, si belles soient-elles sur album, tiennent la route en live. Parce qu'Emilie Simon a beau avoir sorti un album magnifique, encore faut-il voir si ces compositions écrites en studio, sur un ordinateur, se révèlent aussi surprenantes sur une scène, en direct et sans filet. La réponse ne se fera pas trop attendre…

Si la jeune fille semble un peu timide et gauche pendant les trois premiers morceaux (" Dancers ", " Secret " et " Il Pleut ", où elle abuse des effets vocaux), elle se lâche rapidement avec " Flowers ", la chanson la plus pop de l'album. Sur scène, elle est entourée d'un guitariste et d'un (contre)bassiste, d'une choriste-pianiste et d'un programmateur. A côté d'elle, un étrange thérémin lui permet de moduler sa voix à l'envi… Tout l'album sera passé en revue (+ un inédit, " Solène "), avec en rappel " Vu d'ici ", un " Flowers " bis, " Femme Fatale " (du Velvet Underground) et le superbe " Chanson de Toile ". Emilie Simon n'aura pas dit grand chose, concentrée sur cette (belle) musique dont elle est la (fort mignonne) génitrice. Comme un aimant dont nous serions la limaille, Emilie nous aura captivés pendant une bonne heure, pendus à ses mots susurrés avec grâce.

rinôçérôse

Une machine de guerre...

Si rinôçérôse sonne déjà pas mal sur disque, c'est carrément une machine de guerre en concert, lancée telle une torpille qu'il est difficile d'arrêter. Trois, voire quatre guitaristes, une charmante bassiste (Patou), un percussionniste : en autant de cordes, comment ces musiciens de Montpellier arrivent-ils à faire de la house, et de la bonne en plus ? Le talent sans doute, l'originalité sûrement (et puis quand même, avouons-le : il y a un programmateur derrière tout ça, à la console son). Et même si leur deuxième album, " Music Kills Me ", ne propose rien de bien neuf par rapport au premier, il enfonce le clou : plus de refrains accrocheurs, de beats sautillants, de guitares qui tressaillent. " Le Rock Summer " ou " Music Kills Me " sont de nouveaux classiques, à côté du " Mobilier " et du fameux " Guitaristic House Organisation " (tous joués ici). Ces gars-là assurent donc un max en concert : leurs loops ensoleillés et leur riffs faciles mais tellement entêtants s'en prennent à nos têtes et nos jambes, pour ne plus les lâcher : " rinôçérôse ", un sacré coup de soleil dans la morosité de ce mois d'avril, une aubaine pour ceux qui croyaient encore qu'entre rock et house, l'entente était impossible…

En première partie, M83 nous donna des sueurs froides avec son electro congelée, pleine de nappes à la Orbital.

Quant à Télépopmusik, leurs morceaux formatés pour passer en boucle sur les radios ont montré une tout autre envergure sur scène : rallongés, malmenés, triturés, ils conserveront leur trame mais perdront de leur rigidité, pour se changer en furieux hymnes à la défonce, des oreilles au cerveau. Et en reprenant Kraftwerk et Visage, ces trois Parisiens ne pouvaient qu'attirer nos faveurs. Cette soirée, 100 % Français (normal, pour un Parcours Chanté) aura dépassé toutes nos espérances… Mieux : elle aura prouvé encore une fois que l'électro de l'Hexagone est décidément l'une des plus novatrices et festives, bien loin d'être limitée au sempiternel duo Air-Daft Punk.

Under Byen

A suivre de très près...

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Pour cette longue soirée, l'ordre de passage avait été modifié, suite à des problèmes de transport rencontrés par la formation danoise Under Byen. Au lieu d'entamer les festivités, celle-ci allait donc les clôturer.

Drivé par Miles Kurosky, chanteur dont le vocal campe, nonobstant un timbre plus clair, des inflexions fort proches de Stephen Malkmus, Beulah compte déjà la bagatelle de 4 albums à son actif ; le dernier, « Yoko », étant paru au début de cette année. Un sextuor californien qui pratique une pop plutôt allègre, contagieuse, mais parfois un peu trop dissipée. Pourtant, la moitié des musiciens sont multi instrumentistes et possèdent suffisamment de talent pour faire décoller un set. Et en particulier le trompettiste, dont les interventions cuivrées, parfois rythm'n blues, donnent une coloration plus chaleureuse aux chansons. Et puis les harmonies vocales sont impeccables, rappelant même parfois tantôt les Beach Boys, tantôt ELO. Mais les moments de pure intensité ne sont pas suffisamment développés pour ne pas perdre le fil du sujet. En fin de parcours, le groupe invite deux spectatrices à monter sur scène pour essayer de reprendre une chanson des Beach Boys. Une catastrophe ! Et les gesticulations des deux filles agitant des maracas ou un tambourin, lors du final, faisaient franchement tarte. N'importe quoi !

Les concerts accordés par Sophia, dans le cadre de leur dernière tournée n'ont pas trop eu l'air de plaire à la presse spécialisée. Même Lina, qui avait assisté à leur concert lors de leur passage au Bota, n'est pas repartie emballée par leur prestation. C'est donc avec beaucoup de prudence que je suis allé voir ce qu'il en était réellement. Première constatation, le groupe semble détendu. Il s'agit du dernier concert de ce périple destiné à promotionner leur album, « People are like seasons ». Et en montant sur les planches, Robin Proper Sheppard se rend compte qu'un nombre important de Belges a fait le déplacement. Et leur demande de lever la main. Il a raison… Le set s'ouvre sur un ton semi acoustique, countryfiant (bottleneck oblige !) ; puis le climat s'électrifie progressivement épinglant une version particulièrement réussie d'« Every day » et une de « The see », découpée dans les guitares bringuebalantes. Tout est bien mis en place, mais c'est la prestation du drummer qui, au fil du set, va impressionner. Son style chatoyant, chaloupé, mais bigrement efficace, canalise la prestation du groupe. Et sous le flux d'électricité maintient parfaitement le navire à flots. Après un bref retour acoustique en rappel, Sophia va achever sa prestation par un rock'n roll particulièrement enlevé et un « River song » au cours duquel cette électricité se mue en intensité blanche. Et pour cause, Robin et le claviériste ont alors respectivement troqué leur sèche et leur clavier pour une gratte bien électrifiée. De quoi se délecter d'une bonne dose de décibels, comme à l'époque d'un certain God Machine…

Il était très tard lorsqu’ Under Byen s'est mis à jouer. Et pour cause, il devait d'abord régler les balances. Et lorsqu'un line up se compose de huit musiciens, il y a du boulot. En l'occurrence deux drummers (dont une percussionniste), un claviériste/pianiste, une pianiste, une bassiste, un violoniste, une violoncelliste et une chanteuse. Dont la voix me rappelle Björk, sans les inflexions énervées et furieuses. Une formation qui mélange allègrement pop, folk, jazz, classique et électronique, dans un univers trip hop brumeux, empreint de mystère, qui aurait pu naître d'une rencontre hypothétique entre Sigur Ros et Portishead. Les problèmes de mixage rencontrés au cours de ce set n'ont pas empêché d'entrevoir l'émergence d'un groupe fort intéressant. Mais je dois avouer que j'étais beaucoup trop fatigué pour pouvoir réellement apprécier leur musique. Ainsi, après une bonne demi-heure, je me suis éclipsé. A revoir dans d'autres circonstances : mais à suivre de très près…

 

The Dubliners

L'atmosphère des pubs irlandais...

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Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore les plus dignes représentants de la musique folk celtique, une brève présentation s’impose. Prenez 5 Irlandais pure souche, mettez leurs des instruments traditionnels entre les mains comme la mandoline, le banjo ou encore la célèbre flûte « tin whistle » ; ajoutez-y un chant rocailleux usé par la Guinness ou le bourbon, et vous obtiendrez l’un des meilleurs ambassadeurs d’une musique celtique un peu matraquée par la mode ces dernières années. Pourtant, les changements de line-up se sont multipliés au sein du groupe, dont certains dus au décès d’une partie des membres (n’oublions pas qu’ils sont nés dans les années 30 !). En outre, Ronny Drew a quitté la formation en 1995. Chanteur et guitariste, célèbre pour sa barbe légendaire, il était sans doute lassé d’interpréter les mêmes morceaux folkloriques. Cependant, le retrait du fer de lance du combo n’a guère laissé de traces. Car son remplaçant, Paddy Reilly, traîne plus de 30 années de carrière solo derrière lui, et reste un des « balladsinger » les plus réputé d’Irlande. Dans le domaine du folk, bien entendu. Qu’importe donc ces changements de personnel, puisque deux des membres fondateurs - en l’occurrence le violoniste John Sheahan et Barney McKenna – (NDR : la création du groupe remonte à 1962 !) sont toujours présents pour perpétuer le rite. Ce jeudi 7 octobre, la salle du Cirque Royal avait été transformée en pub géant. Dommage que la célèbre bière sombre, dont on vous parle un peu plus haut, n’était pas disponible au bar. Dès que nos 5 Paddies montent sur scène (NDR : sobrement et avec distinction !), le public se montre enthousiaste. Il faut dire qu’on les attendait depuis longtemps et que leurs visites en Belgique sont plutôt rares. Outre McKenna qui semble avoir du mal à marcher (la goutte ?) et restera la plupart du tant assis pour jouer du banjo, les seniors ont l’air en forme. Rapidement, on en oublie le prix des places (jusque 48€ le sésame !), et on se laisse bercer par cette douce musique traditionnelle, et les agréables ballades dont l’une d’entre-elles est chantée en gaélique. « Rose » et « Black Velvet Band » s’enchaînent avant qu’une partie du groupe ne se lance dans un morceau instrumental, qui y va crescendo. Ca y est, la salle s’enflamme, certains sifflent ou poussent des cris (yiiiihiiiip !), pendant que les autres spectateurs frappent des mains tout en rythme. On la tient l’ambiance de fiesta irlandaise ! Tour à tour Reilly, Campbell et même McKenna, avec son rire contagieux, se relayeront au chant, faisant chacun preuve d’un humour très british (euh…quelle insulte…je voulais écrire Irish, of course). Leur (long) set se terminera par de grands classiques comme «Rocky road to Dublin », « Dirty old town », « Whiskey in the jar », et dans un final où tout le public participe au refrain, « Wild rover », avant une standing-ovation de circonstance. Pendant près de 2 heures (NDR : heureusement pour eux et pour nous qu’une pause bibitive avait été prévue), les Dubliners nous ont distillé un sacré élixir de folk traditionnel et de refrains accrocheurs qui nous on fait taper du pied ou frapper dans les mains ; une recette dont eux seul on le secret depuis plus de 40 ans. Et ils comptent sans doute bien le conserver, pour notre plus grand bonheur, et, pour à chaque écoute, nous replonger dans l’atmosphère des pubs animés. C’est sûr, rien que pour leur longévité, les Dubliners mériteraient d’entrer dans le…Guinness book !

Damien Rice

Le monde merveilleux et onirique de Damien Rice

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La plus grande partie du public était clairement venue pour applaudir Damien Rice. Je considère plutôt qu'il s'agissait d'une double affiche partagée entre deux songwriters responsables d'un répertoire mélodieux et envoûtant. Le ton est donné dès la première chanson du set de Josh. Fort de deux albums aériens, l'Américain nous a montré qu'il avait du potentiel. Assez folk, ses chansons nous semblent tout de suite familières et flattent nos oreilles sensibles. Ses mélodies sont influencées par Leonard Cohen, Bob Dylan, mais surtout par les musiques traditionnelles irlandaises. Ritter est aussi à l'aise dans le rythme, flanqué de son groupe, que lorsqu'il entonne des chansons acoustiques, armé de sa guitare. Mais le clou du show arrive en fin de spectacle, lorsqu'il interprète, sans micro, une dernière chanson. A cet instant l'AB (NDR : comble pour la circonstance) retient son souffle et sa voix. Merveilleux ! Josh Ritter nous revient le 2 juin à l'AB club, salle intime à souhait. 

Damien Rice avait fort à faire ensuite pour convaincre… Il a passé le test haut la main. Son secret?? Il peut s'appuyer sur un groupe composé de Vyvienne Long au violoncelle et de Lisa Hannigan, dont le timbre vocal délicat, proche d'une Sinead O'connor, réchauffe les chansons de Rice. Dès le premier morceau, on est propulsé dans le monde merveilleux et onirique de Rice. Et quand vient « Eskimo », remodelé de la plus tendre des manières, le public a déjà fondu de bonheur. Le reste du concert est a cette image. On est transporté entre mélancolie et joie. Entre désir de sangloter (comme ce fut le cas pour certaines personnes) et envie de sourire, de s'abandonner dans la béatitude. Puis, vient un moment où le temps s'arrête, où l'AB s'illumine d'une sublime lumière verte et où retentit le début de « Cold water ». Un véritable arrière-goût de paradis. Et une sublime soirée à l'issue de laquelle on rentre chez soi, l'esprit dans les nuages, convaincu que le monde est beau.

 

Etienne Daho

Le minimum syndical...

Si on peut être déçu par « Réévolution », le dernier album d’Etienne Daho, le voir en concert reste un authentique plaisir. Dans un Forest National presque plein, le Français n’aura eu aucun mal à mettre le public dans sa poche, grâce avant tout à ses innombrables tubes eighties : de « Tombé Pour La France » à « Saudade »… Le show, cette fois, était cependant moins spectaculaire : moins de visuels, mais un jeu de lumières quand même bien foutu, bref élégant sans être tape-à-l’œil… Comme sa musique, en somme. Dommage que Daho, sans doute un peu fatigué par d’innombrables concerts donnés dans toute la France, ait choisi l’option karaoké pour bon nombre de ses classiques. Une fois c’est drôle, cinq fois beaucoup moins : le public chante tout seul, devant un groupe qui se tourne les pouces en attendant le signal du boss… Qui essaie quant à lui de jouer le jeu mais se plante à chaque couplet. Etienne Daho est un grand timide, c’est un fait : qu’il essaie ce genre d’exercice foireux pour communier avec ses fans, c’est une erreur. A la demande du public, il entonne « Le Premier Jour » mais abandonne après quelques vers. Rires. Gêne. Un téléprompteur, quelqu’un ? On se souviendra quand même d’un enflammé « Bleu Comme Toi », et d’un très beau « Ouverture », « sa chanson préférée » (c’est lui qui le dit). Mais on en attendait davantage d’Etienne Daho, qui pour la circonstance s’est contenté du minimum syndical (surtout dans la deuxième partie). Et ce n’est pas « Réévolution », son nouveau single, qui lui aura sauvé la mise : joué quatre fois (! ! !) en 1h30 (au début et en toute fin), ‘pour le clip’, on aura frôlé l’overdose. ‘Vous êtes trop gentils !’, clame-t-il, l’air embarrassé… Y a intérêt qu’on nous voie tous dans le clip sur MCM, sinon ça va barder. Notre patience a des limites, même si c’est pour la bonne cause.

Ozark Henry

La force tranquille d Ozark Henry...

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Responsable d’un nouvel album (« The sailor not the sea »), Ozark Henry est donc reparti en tournée. Un périple qui sillonne généreusement la Belgique et qui transitait par Lessines. Après avoir passé la porte de la salle du centre culturel, l’univers devient fascinant. D’une couleur bleue, semblable à la mer et à l’océan, si chers à l’artiste.

Ozark Henry ne pouvait plus se faire attendre. Venu en masse, le public était impatient d’entendre la voix mélodieuse du Courtraisien. Les morceaux qui s’enchaînent ressemblent à des poésies. Envoûtants, ils nous entraînent tantôt à planer, tantôt à remuer. Mais une chose est sûre, on ne contrôle plus rien. La qualité du timbre ne trompe pas, il est bien unique et pur, même si parfois il est comparé à celui de Chris Martin, chanteur du groupe Coldplay. Armé d’un synthé, Piet Goddaer s’appuie sur des musiciens friands de sonorité jazz-rock ou trip hop ; mais surtout bénéficie du concours d’une excellente choriste, Nina Babet. Une chanteuse dont le timbre très présent se fond cependant à merveille à celui du charismatique Piet. Bref, un concert magistral et à la force tranquille, au cours duquel, il a étalé tout son talent. Si vous avez manqué l’événement, il reste heureusement encore quelques dates. Et pour en savoir plus, je vous invite à consulter notre agenda. A moins que vous ne préfériez vous contenter du nouvel opus ; mais là, ce sera sans les images…

 

An Pierlé

De l'émotion, de l'énergie, du charme et de l'humour...

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La grande salle de la Maison de la Culture était presque pleine pour accueillir An Pierlé et son White Velvet. Pas vraiment un endroit adapté pour un concert de pop ou de rock, vu sa configuration en gradins et ses chaises (davantage destinée aux spectacles de théâtre, de cinéma ou de variétés et surtout de musique classique), mais finalement jugé très confortable par la majorité du public présent au cours de soirée, un public constitué pour la majorité de trentenaires, de quadragénaires et même de quinquas. En avril 2002, l’artiste s’était produite dans la petite salle devant un parterre réunissant essentiellement des jeunes. Depuis, elle a quand même commis un opus en compagnie d’un orchestre symphonique ("Live Jet set with Orchestra") et l’an dernier, « An Pierlé & White Velvet ». Il était donc fort intéressant de la revoir, sous un nouvel angle…

En première partie, Allan Muller s’est fendu d’un set d’une demi-heure. Muller n’est pas un néophyte, puisqu’en 1994, il militait chez Metal Molly, une formation belge responsable de trois albums. En 2003, il a également transité par Satellite City, un groupe dont les deux elpees sont passés inaperçus. Il a sorti, en mars dernier, un opus solo intitulé « Resting My Case ». Allan chante en s’accompagnant d’une gratte acoustique électrifiée. Il possède une belle voix dont les inflexions peuvent rappeler Mark Eitzel, mais en plus optimiste. Il entame son concert par la cover d’« Accident will happens » d’Elvis Costello, et embraie par plusieurs compos de son opus solo. C’est sympa, c’est frais, mais trente minutes suffisent amplement. A revoir dans un local de plus petite taille. Un club ou un bar, par exemple…

Cinq minutes plus tard, An Pielé et son White Velvet montent sur les planches sous les applaudissements. An est vêtue d’une robe noire signée Sonia Rykiel. Ample mais mi-courte. De couleur noire. Elle est d’ailleurs tout de noir vêtue, y compris les collants. Elle se dirige immédiatement vers son piano sis à gauche de la scène et s’assied sur son traditionnel ballon ergonomique transparent. Les musiciens sont disposés de manière assez curieuse. En escalier. De droite à gauche, Koen Gisen le guitariste et pilier du groupe (c’est également le compagnon d’An). Au même niveau, le drummer. Il a une très longue chevelure qui lui couvre la quasi-intégralité du dos. Face à lui : un minimum de toms et une cymbale. Dans ses mains deux baguettes. Il joue debout. Un peu plus haut, le bassiste ; épisodiquement, il redescend s’asseoir pour jouer du violoncelle. On monte encore d’un cran où se cache presque Tom Wolf, préposé au laptop, à la sèche et aux backing vocaux. Un des deux musiciens de tournée. Le second, Dominique Vantomme trônant à sa droite derrière ses claviers, lorsqu’il ne vient pas remplacer Pierlé aux ivoires –après avoir pris soin de remplacer le ballon par un tabouret– lorsqu’An se consacre exclusivement au micro. Et manifestement si elle arrache une dose phénoménale de sensibilité de son piano, Dominique est un surdoué.

La première chanson nous plonge dans une atmosphère jazzyfiante, languissante, proche même d’un Robert Wyatt, s’il n’y avait les chœurs très mâles en fin de parcours. Pour « Good year », les claviers se font vintage alors qu’An chante avec un peu de reverb dans la voix. Une voix superbe, ample, sensuelle, dont le timbre peut osciller de Kate Bush à Tori Amos en passant par Hope Sandoval et Tanya Donnelly (NDR : à moins que ce ne soit Kristin Hersh). Les compos oscillent entre morceaux empreints de quiétude, d’intimisme (lorsqu’elle s’assied sur le bord du podium), parfois même dramatiques (« It’s got to be me » surtout !) et titres plus pêchus. Tout en y manifestant tantôt de l’émotion, de l’énergie, du charme ou de l’humour. Beaucoup d’humour même, notamment lorsqu’elle propose comme remède à nos problèmes de sexualité ou de kilos superflus d’acheter son cd à l’issue du spectacle. Ou lors du rappel, lorsqu’à l’instar d’une Liza Minnelli, elle passe la main ou le pied derrière le rideau, avant de réapparaître hilare. Mais revenons-en au contenu du show. On épinglera ainsi un « How does it feel », au cours duquel claviers atmosphériques et riffs de guitares ‘reverb’ tissent une trame presque floydienne circa « Echoes ». Sans oublier ce morceau assez insolite partagé entre An et Peter. Ce dernier joue sur le dossier d’une chaise pendant qu’An chante en s’accompagnant aux ivoires. Elle taxera même ce passage de numéro de cirque. « Jupiter », moment choisi par An pour siffloter. Le légèrement reggae « Tower » qui se mue lors du final en chaos organisé, presque psychédélique. L’accordéon, elle ne l’empoignera que pour interpréter « Not the end ». On ne l’entend presque pas, mais à cet instant sa longue silhouette et son piano à bretelles se déploient comme un éventail. Le charleston « Any time you live ». Elle en profite alors pour se livrer à quelques petits pas de claquettes. Et puis deux nouvelles chansons. En final, elle demande au public de se lever pour faire un peu la fête. Et, enfin, survolté il acclame et participe en frappant généreusement dans les mains à sa reprise du « C’est comme ça » des Rita Mitsuko. Elle arpente alors toute la largeur du podium, en tournoyant sur elle-même.

Les applaudissements sont nourris et après avoir passé le pied, puis la main derrière le rideau, An revient s’installer derrière son piano. Au grand complet son team la suit comme son ombre. Et ils se lancent dans une remarquable version du « It’s a shame » de Talk Talk. La formation s’éclipse, mais le public en demande encore. Ce sera une adaptation en français du « Anytime you leave ». Nouvelle ovation et remerciements de l’équipe qui bras-dessus, bras-dessous vient saluer une dernière fois le public. Pas de « Sing song Sally » dans le tracklisting de ce set, mais une chouette soirée au cours de laquelle tout le monde s’en est retourné ravi. Une chose est sûre, en ‘live’, bien soutenue par son Velours Blanc, An Pierlé prend une toute autre dimension, sans pour autant attraper la grosse tête. Et cela méritait d’être souligné.