Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Guns N Roses
L7

The BellRays

Une voix d'exception...

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel (NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEUS dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence ainsi que la fulgurance de leur musique mêlée à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

 

 

Erlend Oye

Sans tambour ni trompettes...

Les soirées rock made in Namur sont toujours de qualité : c'est que la scène locale est soutenue par quantités d'associations actives et passionnées, telles le Bear Rock, pour n'en citer qu'une. Ce soir pourtant, pas de Namurois au programme. Peu importe... A Namur, on n'est pas chauvin : pour preuve avec le groupe d'ouverture, My Little Cheap Dictaphone, des Liégeois abonnés à la Soundstation. Ou plutôt un : Redboy, grand échalas fan des Pixies et de Grease qui nous a livré l'année dernière un premier album fantastique (« Music Drama »). Ca commence dur avec un « Am I Your Friend ? » survolté, qui met déjà tout le monde d'accord. Le reste passera comme une lettre à la poste, et le public d'être impressionné par ce Liégeois pro du manche, adepte d'un rock classe et sans fioritures. Chapeau Redboy : même les coincés au bar en auront pris plein les tympans, de quoi les détourner un peu de leur verre de blanche de Namur (cela dit onctueuse et goulue).

Ensuite, pause acoustique avec Erlend Oye, échappé de Kings of Convenience, duo norvégien venu sauver les guitares en bois de la casse  il y a deux ans, avec un album digne de ces bons vieux Simon & Garfunkel. « The New Acoustic Movement », qu'ils appelaient ça : sans doute qu'Erlend en a eu marre de se voir traité de bobo fleur bleue fan de Nick Drake, puisque son premier album, « Unrest », sent plutôt l'électro tendance de chez Colette (beats eighties, prod' béton et copinage hyper hype). N'empêche que ce soir, le Norvégien n'aura pas failli à sa vieille réputation, en entonnant ses morceaux seul à la guitare, sans claviers ni séquenceurs. Comme quoi, une chanson bien écrite peut se jouer aussi bien avec des BPMs que sans tambours ni trompettes (ou bien c'est le contraire ?). Et avec un petit « Remind Me » ressorti du répertoire de ses amis Royksopp (la voix, c'est lui), les buveurs de bière, un peu bruyants, l'auront au moins écouté trois minutes. Chapeau Erlend : t'as même fait craquer les minettes avec ta grosse moustache et tes lunettes ringardes. A quand le look Erlend branché dans les soirées aware de Bruxelles et d'ailleurs ?

Enfin, les Allemands de Schneider TM, plutôt pénibles dans une version pouet-pouet de leur électro pourtant pas si mauvaise, auront (presque) clôturé la soirée. C'est qu'Erlend, trendy jusqu'au bout, nous aura fait le coup du DJ-pousse disques à l'éclectisme sans failles : Michael Jackson, Wham !, Felix Da Housecat et j'en passe. Ce type est trop cool, y a pas de doute. Dommage qu'il n'aura mixé (sic) qu'une demi-heure, parce que c'était drôle, surtout de le voir danser sur Jimmy Sommerville. Quelle teuf !

Millionaire

Millionaire a mis le public dans sa poche!

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel (NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEUS dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence ainis que la fulgurance de leur musique mêlées à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

 

 

 

 

Mia Doi Todd

Un talent à l'état pur...

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Ne pas confondre Alaska et Alaska et Alaska ! Si un distrait pensait assister à un concert du combo espagnol ou à celui réputé pour sa musique progressive, il a dû déchanter. Et le set auquel il a assisté le laisser de glace. Et pourtant ! En fait, le groupe qui ouvrait la soirée est californien ; et implique deux musiciens du nouveau Folk Implosion. Soit le guitariste Imaad Wasif (ex Lowercase) et le drummer Russel Pollard (toujours Sebadoh), pour la circonstance préposé à la basse. Un line up complété pour la tournée par une drummeuse. Très jolie par ailleurs. Ce qui ne l'empêche pas de taper dur sur ses fûts, la longue chevelure noire lui cachant constamment le visage. Enfin, pour ce que j'ai pu voir de leur prestation. Une bonne vingtaine de minutes. Au cours desquelles le band s'est fendu d'un long trip électrique, psychédélique, vivifiant, dans l'esprit du 'Paisley Underground'. Imaad y prend vraiment son pied et finit par se contorsionner en se roulant sur les planches. Bonne entrée en matière, même si Alaska pourrait y gagner en faisant preuve d'un peu plus d'originalité.

Née sur la côte Ouest des States, d'un père d'origine japonaise et d'une mère irlandaise, Mia Doi Todd me fait penser à… une squaw cheyenne. Et je dois vous avouer qu'on l'inviterait bien dans son tepee (NDR : pour y prendre le thé, hein !). Pratiquement inconnue en Europe, Mia a déjà commis quelques albums, dont le dernier « The golden stat » a été produit par l'ex époux de Suzanne Vega, Mitchell Froom. Et en assistant à son set, on comprend mieux pourquoi Froom a accepté ce challenge. Mia est avant tout une ‘folk singer’. Sur les planches, elle s'accompagne tout simplement d'une guitare sèche, et s'autorise même une version a cappella de « Age ». A vous flanquer des frissons partout ! Elle possède une très jolie voix. Pure, cristalline, douce, mais très intense et profonde. Son timbre me fait d'ailleurs tantôt penser à Joni Mitchell, à Joan Baez, à Jacqui Mc Shee (NDR : pour ceux qui ont connu Pentangle !), ou encore bien sûr, à Suzanne Vega. Elle interprète des chansons qui parlent de liberté individuelle, de conflits sociaux et personnels, de la nature et de ses cycles. Franchement, il n'y manquait qu'un quatuor à cordes et on tombait de sa chaise (NDR : surtout qu'il n'y en avait pas, et qu'une partie du public était assis à même le sol). Mais que voulez-vous, chez certains majors, il faut vendre des centaines de milliers d'albums pour qu'on s'intéresse à votre cas. N'empêche, d'ici quelques mois, on risque bien de reparler de cette talentueuse Mia Doi Todd. Et en bien !

Exit John Davies, le nouveau Folk Implosion implique donc Imaad Wasif à la six cordes, Russell Pollard aux drums et bien sûr Lou Barlow, qui en est revenu à ses premières amours, en troquant sa guitare contre une basse. Il se réserve toujours le chant en se servant de deux micros aux tonalités différentes. Petite surprise, Mia Doi Todd vient apporter son concours aux samples et aux boucles, pour entamer le concert. Et elle reviendra en fin de parcours, pour assumer quelques backing vocaux. Lou est en pleine forme. Il plaisante entre chaque interprétation. Et son humour est toujours aussi subtil. Il entame son set par les compos les plus musclées de son nouvel opus. Et je dois avouer, qu'elles passent bien la rampe. Tout comme celles du Folk Implosion première mouture, d'ailleurs. Après une bonne demi-heure, Barlow et Imaad s'asseyent pour entrer dans la phase acoustique. Barlow a repris sa vieille gratte. Imaad a recours au bottleneck. L'intensité et l'émotion sont très palpables. Et atteignent une nouvelle dimension en rappel, lorsqu'il revient seul, toujours flanqué de sa sèche. Pour interpréter une nouvelle chanson. Puis égrener quelques morceaux intimistes, minimalistes, mais dont il a le secret pour les rendre magiques. Deux rappels plus tard le public était aux anges… Et moi aussi !

Nicolai Dunger

Un Suédois qui prêche dans le désert...

Benjamin Schoos est un petit marrant, même si sa musique, elle, n'est pas drôle (« Forgotten Ladies », son nouvel album). Un soupçon de Venus et de Don Corleone (l'abat-jour et le fauteuil, la gomina et la grosse caboche), un zeste de Ry Cooder et de Tindersticks (le trio en backing band – Jacques Stotzem, André Klenes, Phil Corthouts – et l'air emprunté de Miam), un léger parfum de belgitude (l'accent liégeois, le surréalisme des paroles – trois mots, à toutes les sauces, love despair sadness) : circulez, y a rien (de neuf) à voir ! ! ! Benjamin, en plus, est aussi à l'aise sur scène qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine : une blague belge, une blague belge, une blague belge ! Eh bien non, pas de blague… même si ce concert de Miam Monster Miam en fût une. Les musiciens, eux, étaient parfaits. Dommage que Benjamin n'a pas la classe d'un Stuart Stapples, et qu'il ferait mieux de chanter en français. « When I was a ninja », pop-song idiote dédicacée à Bruce Lee, clôturera ce concert raté, même si livré avec plein de bons sentiments. Miam Miam Miam ! ? Non : pas glop.

Après un concert si « délicieux » (dixit plein de gens venus en bus de la cité ardente), Nicolai Dunger (Suède), la vraie tête d'affiche de ce concert, n'aura bien sûr pas trop retenu l'attention. Pas de chance pour lui : c'était pas son show-case. « Va voir à Seraing si j'y suis ! ». Pourtant, son americana composée à quatre mains avec Will Oldham (excusez du peu) valait bien qu'on s'y attarde. Du sax, de la flûte, des guitares rugissantes, et surtout cette voix, râleuse et raclante, comme rôdée à l'alcool et au vieux tabac. Un Dunger vaut mieux que deux Miam tu l'auras, comme on dit. Pour les fans d'alternative country… Pas nombreux dans la salle, il allait sans dire.

 

 

Dave Gahan

Des hits à la pelle...

On avait raté Dave Gahan à Werchter, parce qu'il y avait Queens of The Stone Age : pas de bol, les Américains n'avaient pas réitéré leur prestation remarquable de l'année d'avant, cette fois en roue libre devant une assemblée terrassée par le soleil. Dave Gahan, lui, avait paraît-il mis le feu. Un peu bouffi par quelques années de défonce dont il eut beaucoup de mal à revenir, Dave Gahan venait y défendre son premier album solo, " Paper Monsters ", un disque inégal mais attachant, à l'image du leader de Depeche Mode trop souvent resté dans l'ombre de Martin Gore, cheville ouvrière du groupe et seul véritable songwriter. Avec ce disque, Dave Gahan prouve une fois pour toutes qu'il n'est pourtant pas que la belle gueule au micro, et que lui aussi sait écrire des chansons. De passage à Bruxelles pour un concert quasi sold out, on n'allait pas cette fois rater le coche.

Les Américains de Nu n'auront même pas rempli leur contrat de première partie, à savoir faire chauffer la salle. A contrario, il n'aura fallu que quelques minutes au sieur Gahan pour transformer la salle en bouilloire festive, grâce à cette aisance scénique qui le caractérise depuis deux décennies. Pas de doute : Dave Gahan est un sacré performer, haranguant le public (essentiellement des fans de Depeche Mode), de sa plus belle morgue, jonglant comme un diable avec le pied de son micro, investissant toute la scène avec une hargne de lion sorti de sa cage. Tout son album sera revisité, avec en bonus plusieurs hits de Depeche Mode. Martin Gore lui aurait donné son accord. Même si " Paper Monsters " contient quelques tubes (" Dirty Sticky Floors ", ici aussi en ouverture, " Bottle Living ", repris en chœur par le public, " Hidden Houses "), il ne fait pas le poids face au répertoire de Depeche Mode… D'autant que les autres titres solo de Gahan privilégient une atmosphère délétère peu propices aux raouts de masse type Forest National : dans de telles conditions live, des morceaux comme " Hold On ", " Stay " et " Black and Blue Again ", d'une délicatesse murmurée, passent mal. L'AB se serait sans doute mieux prêtée au genre d'atmosphère bluesy que Gahan a tenté d'installer, avec un bel effort mais sans grand résultat. Dans ces moments-là, difficile de ne pas s'ennuyer, en attendant qu'il nous sorte un petit hit certifié DM et que ça reparte. Et des hits de DM, ce concert n'en fut pas avare, parce que même si Gahan est fier d'avoir coupé le cordon avec ses deux potes Gore et Fletcher, il aime encore profiter de son statut de " chanteur de Depeche Mode " et voir cette foule onduler en chantant " Never Let Me Down Again "… Des hits donc, à la pelle : " A Question of Time ", " Personal Jesus ", " I Feel You ", " Walking in my Shoes ", " NLMDA ", " Useless ". Et en deuxième rappel, des versions acoustiques, lui et ses musiciens en rang serré au milieu de la scène, de " Policy Of Truth ", " Dream On " ainsi que d'" Enjoy The Silence " (entrecoupé du refrain de " I Just Can't Get Enough "), chantés par une foule en délire, les bras en l'air, avec un Gahan en transe, superbe performer au sang chaud exhortant ses fidèles à s'abandonner, corps et âme, avec lui. Magique.

 

The Craftmen Club

Le pied au plancher...

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel ( NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEus, dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence et la fulgurance de leur musique mêlées à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

Alaska

Un apéro bien frais...

Écrit par

Ne pas confondre Alaska et Alaska et Alaska ! Si un distrait pensait assister à un concert du combo espagnol ou à celui réputé pour sa musique progressive, il a dû déchanter. Et le set auquel il a assisté le laisser de glace. Et pourtant ! En fait, le groupe qui ouvrait la soirée est californien ; et implique deux musiciens du nouveau Folk Implosion. Soit le guitariste Imaad Wasif (ex Lowercase) et le drummer Russel Pollard (toujours Sebadoh), pour la circonstance préposé à la basse. Un line up complété pour la tournée par une drummeuse. Très jolie par ailleurs. Ce qui ne l'empêche pas de taper dur sur ses fûts, la longue chevelure noire lui cachant constamment le visage. Enfin, pour ce que j'ai pu voir de leur prestation. Une bonne vingtaine de minutes. Au cours desquelles le band s'est fendu d'un long trip électrique, psychédélique, vivifiant, dans l'esprit du 'Paisley Underground'. Imaad y prend vraiment son pied et finit par se contorsionner en se roulant sur les planches. Bonne entrée en matière, même si Alaska pourrait y gagner en faisant preuve d'un peu plus d'originalité.

Née sur la côte Ouest des States, d'un père d'origine japonaise et d'une mère irlandaise, Mia Doi Todd me fait penser à… une squaw cheyenne. Et je dois vous avouer qu'on l'inviterait bien dans son tepee (NDR : pour y prendre le thé, hein !). Pratiquement inconnue en Europe, Mia a déjà commis quelques albums, dont le dernier « The golden stat » a été produit par l'ex époux de Suzanne Vega, Mitchell Froom. Et en assistant à son set, on comprend mieux pourquoi Froom a accepté ce challenge. Mia est avant tout une ‘folk singer’. Sur les planches, elle s'accompagne tout simplement d'une guitare sèche, et s'autorise même une version a cappella de « Age ». A vous flanquer des frissons partout ! Elle possède une très jolie voix. Pure, cristalline, douce, mais très intense et profonde. Son timbre me fait d'ailleurs tantôt penser à Joni Mitchell, à Joan Baez, à Jacqui Mc Shee (NDR : pour ceux qui ont connu Pentagle !), ou encore bien sûr, à Suzanne Vega. Elle interprète des chansons qui parlent de liberté individuelle, de conflits sociaux et personnels, de la nature et de ses cycles. Franchement, il n'y manquait qu'un quatuor à cordes et on tombait de sa chaise (NDR : surtout qu'il n'y en avait pas, et qu'une partie du public était assis à même le sol). Mais que voulez-vous, chez certains majors, il faut vendre des centaines de milliers d'albums pour qu'on s'intéresse à votre cas. N'empêche, d'ici quelques mois, on risque bien de reparler de cette talentueuse Mia Doi Todd. Et en bien !

Exit John Davies, le nouveau Folk Implosion implique donc Imaad Wasif à la six cordes, Russell Pollard au drums et bien sûr Lou Barlow, qui en est revenu à ses premières amours, en troquant sa guitare contre une basse. Il se réserve toujours le chant en se servant de deux micros aux tonalités différentes. Petite surprise, Mia Doi Todd vient apporter son concours aux samples et aux boucles, pour entamer le concert. Et elle reviendra en fin de parcours, pour assumer quelques backing vocaux. Lou est en pleine forme. Il plaisante entre chaque interprétation. Et son humour est toujours aussi subtil. Il entame son set par les compos les plus musclées de son nouvel opus. Et je dois avouer, qu'elles passent bien la rampe. Tout comme celles du Folk Implosion première mouture, d'ailleurs. Après une bonne demi-heure, Barlow et Imaad s'asseyent pour entrer dans la phase acoustique. Barlow a repris sa vieille gratte. Imaad a recours au bottleneck. L'intensité et l'émotion sont très palpables. Et atteignent une nouvelle dimension en rappel, lorsqu'il revient seul, toujours flanqué de sa sèche. Pour interpréter une nouvelle chanson. Puis égrener quelques morceaux intimistes, minimalistes, mais dont il a le secret pour les rendre magiques. Deux rappels plus tard le public était aux anges… Et moi aussi !