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Claud et la musique

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Dernier concert - festival

L7
Ora Cogan

Orelsan

Civilisation

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Trois ans après la sortie tonitruante de son elpee « La fête est finie », Orelsan nous propose deux beaux projets en cette fin d'année 2021. D'abord sa série documentaire, en octobre, ensuite son nouvel opus intitulé « Civilisation », en novembre. Et ce timing a du sens ; et pour cause, il s’agit de deux essais à parcourir comme une œuvre unique en deux parties. En immersion dans les images filmées par son frère, on a la sensation de le côtoyer pendant les 6 épisodes de la série, comme si nous plongions dans un album de photos de famille. Et maintenant, après avoir écouté ce disque, on le quitte comme on sort d’une salle de cinéma. Et son dernier LP est un film fort ! Il suscite autant l’envie de danser et de chanter que de débriefer l'histoire qu'il raconte ou de revenir sur ses différentes punchlines.

À travers les 15 titres de son long playing, Orelsan dépeint une photographie actuelle du monde qui nous entoure. Comme on écrirait une carte postale, il raconte ce qu'il voit. Des faits relatés les uns à la suite des autres, sobrement décrits, qui laissent le loisir à l'auditeur d'entendre le cynisme du rappeur, de deviner ce qui lui pose sans doute question et d'y mettre nos propres réflexions. Effectivement, comme il le dit lui-même dans l'introduction de « Casseurs Flowters Infinity » auquel participe Gringe, il ne parle que de sa meuf et de la société dans cet album ! D'ailleurs, ce titre est vraiment rafraîchissant. On sourit et on entonne avec eux, presque bêtement, ‘bimbadaboum’, pendant le refrain. Et alors qu'on l'écoute nostalgiquement des moments qu'on n'a pourtant pas vécus, ce morceau met en lumière cette relation floue qui existe entre le public et l'artiste, mais qu’ils entretiennent.  

Cependant, même si les paroles sont lourdes de sens et que chaque mot pèse, Orelsan enchaîne très justement les plages ; tantôt les instrus sont douces et brumeuses, tantôt les ambiances groovy, voire funk vous incitent à remuer…

L'histoire commence par « Shonen » sur lequel sa voix est presque tremblotante. Tout au long de « La quête », il rappe avec cette nonchalance qui le caractérise en avouant qu'il a perdu foi en l'univers. Il se livre aussi à travers ces mots : ‘Les choses que j'ose dire à personne sont celles qui remplissent les salles’, une phrase qui illustre à quel point l'intime est ‘politique’. Et puis après s’être levé pour « Du propre » et « Bébéboa », on a envie de danser encore et encore. Pourtant les paroles ne sont pas anodines. Au contraire. Et c'est sans doute sous cette approche que son talent s'exprime le mieux. Interpeller avec légèreté. Les morceaux aux paroles criantes de vérité continuent de s'enchaîner, et les instrumentales de Skread sont toujours incroyables. Et puis bien sûr, on ne peut pas passer à côté de « Dernier verre » en feat avec The Neptunes. Enfin, le rappeur clôture par le titre maître où les paroles rejoignent celles du premier morceau. Et finalement, il y a peut-être un peu de soulagement que ce soit terminé... Aurait-il mis le doigt sur ‘du trop vrai’ ? Peut-être ! En tout cas, la boucle est bouclée, de shonen à civilisation, d'Aurélien à la société, on imagine le générique du film défiler. Alors au-delà d'aimer ou non l'artiste et son album, le projet d'Orelsan est une œuvre qui ne peut se résumer en quelques lignes d'une chronique : on aurait envie d'en faire l'objet d'une discussion podcast –ce qu'il accomplit presque lui-même sur « Manifeste »– afin de décrypter toutes les références glissées tout le long du projet ou pour relever la présence de la thématique de l'alcool qui s'est immiscée vicieusement dans de nombreux titres. En tout cas, on a envie de partager l’espoir de l’artiste : si on est ensemble, on peut créer un nouveau monde ! « Civilisation » appartient déjà à ces œuvres qu'on écoute encore et encore. Juste parce qu'elle est joyeusement fascinante et tristement sublime…


 

Rose City Band

Earth Trip

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Outre ses dérives psyché chez Wooden Shjips ou Moon Duo, Ripley Johnson s’autorise des aventures folk au sein de son projet solo, Rose City Band. Un retour à l’essentiel peut être dû à la crise de la Covid.

Son second album, « Earth Trip », révèle ses envies opiacées. Il a ainsi déclaré : ‘J’essayais de capturer ce que l’on ressent lorsque l’on prend des drogues psychédéliques et qu’elles commencent juste à monter ; les objets commencent à bourdonner à la limite de votre champ de vision, vous commencez à voir de légères traînées, peut-être même que la nature du son change subtilement. Mais vous n’êtes pas encore complètement parti’. Hormis ces observations très particulières, le climat s’avère très roots et bluegrass, la présence d’une steel guitare accentuant cette impression. Cependant, cet americana est tellement bien ficelé qu’il devient rapidement irrésistible ! Un véritable plaisir laidback !


 

Mac McCaughan

The sound of yourself

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Avant d’entamer une carrière en solitaire, Mac McCaughan a sévi comme chanteur/guitariste au sein du groupe américain Superchunk. Mais il est également membre fondateur du mythique label Merge (Arcade Fire, Spoon, Destroyer, …), écurie qu’il avait lancée en 1989, pour servir d’abord de tremplin à son band.

Ce n’est qu’en 2015 qu’il grave son premier elpee solo, « Non-Believers » ; et après deux singles, il enregistre deux disques en compagnie de la harpiste Mary Lattimore. D’abord un Ep (« New rain duets ») en 2019, puis un album (« AVL »), en 2019. « The sound of yourself » ne constitue donc que son deuxième opus individuel.

Soutenue par des claviers omniprésents, la musique de cet LP navigue quelque part entre electronica, dream-pop et rock. Une œuvre partagée entre morceaux instrumentaux propices à la méditation et plages aux mélodies langoureuses mais accrocheuses. Après une intro instrumentale tapissée de claviers et infiltrée discrètement de cuivres, McCaughan entre dans le vif du sujet en attaquant « The Sound of Yourself » et « I Hear a Radio », deux plages aux mélodies efficaces que souligne par la voix androgyne de l’Américain.

Si « 36 and Rain » est entièrement interprété au piano, « Burn a Fax » se distingue par une superbe intervention au saxophone.

Pourtant, « The Sound of Yourself » baigne au sein d’une atmosphère glaciale (NDR : elle est même bien de saison !). Même le plus direct « Cicling Around » ne parvient pas à briser la glace.

Après avoir écouté ce long playing, on a l’impression d’être à la fois refroidi mais envoûté. Paradoxal, quand même. En espérant ne pas devoir encore attendre 6 longues années avant de connaître une suite à cet album. En attendant, on restera attentif aux soubresauts de Superchunk…


 

Juliette Armanet

Brûler le feu

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Alors que le public lambda est sans doute passé à côté du premier elpee de Juliette Armanet, les fans trépignaient d’impatience en attendant la sortie du second. Faut dire que 4 années séparent « Petite amie » de « Brûler le feu ».

Commençons de suite par se démarquer des comparaisons plutôt faciles et lourdes livrées sur la toile. Il n’est pas question ici de rentrer dans cette surenchère de jeux de mots sur le feu, la combustion, sa capacité à ‘enflammer’ la scène et autre métaphores douteuses. On pourrait nous taxer de rabat-joie ou de manquer d'imagination, mais malheureusement un constat s’impose : ce nouvel album ne nous a guère transportés.

Pourtant, le départ avait de quoi rassurer. « Dernier jour du disco » est un titre judicieux. Les vibes rétros pop invitent à danser joyeusement en pantalon à paillettes. On retrouve ses mots d’amour sur « Qu'importe » et « Tu me play ». L’instrumentation est entraînante voire explosive et on se surprend à répéter inlassablement les refrains en boucle. Les sonorités de « Boum boum baby » nous plongent dans le passé, mais la nostalgie n'a pas suffi... Ce titre nous a perdus et la suite n’est pas parvenue à nous rattraper. Les morceaux se ressemblent et se confondent. Les paroles sont parfois creuses. Elles traitent systématiquement de l'amour, sans pour autant apporter ce petit plus susceptible de nous convaincre. On reste coincé à la surface de la recette ‘couplet-refrain-bridge-refrain en boucle et fin’.

Parler de relations amoureuses en se servant de la métaphore d'une écharde dans « Epine » a ravivé l’espoir. Et même réveillé notre intérêt. Mais la piste est finalement restée ‘simple’ (ce qui n'est pas un problème en soi !) et on n’a pas flashé... Dommage ! On avait vraiment très envie d'accrocher !

Heureusement, il reste le timbre aérien, sublime et délicat de sa voix. Et on l’adore !

Juliette Armanet déclare s’être dépassée pour réaliser ce projet. Elle a eu envie d'explorer d'autres univers, de se livrer ; et la vulnérabilité à laquelle elle s'abandonne en nous l'offrant est touchante. De même pour son audace à reprendre ‘Joyeux anniversaire’ » sur « HB2U » ! Alors, si on n’a apprécié que quelques titres sur ce long playing, on ne la lâchera pas autant ! On a même envie de continuer à la suivre... Parce que sa voix céleste a de quoi séduire, et puis elle est capable de se frotter à d'autres styles qui pourraient même nous plaire…


 

Gabriel Rios

Sur la route des Caraïbes et de l’Amérique latine…

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Gabriel Rios a publié son cinquième elpee, « Flore », en février dernier. Une œuvre qui recèle de véritables hymnes à la musique d’Amérique latine et des Caraïbes. Des morceaux qui remontent à l’enfance de son père et de son grand-père. Des chansons qu’ils auraient adoré l’entendre chanter. Une concoction enivrante à la fois nostalgique et iconoclaste qui redécouvre une culture musicale qu’il a laissé derrière lui depuis plus de vingt ans, lorsqu’il a quitté Puerto Rico pour l’Europe. Cet album n’est pourtant pas seulement un hommage aux classiques latinos, c’est également une réalisation qui reste fidèle aux arrangements et à l’instrumentation de la Salsa Nuyorican des années 60 ainsi qu’aux anciennes ballades populaires mexicaines et cubaines. Mais également un vibrant hommage à son père musicien, atteint de la maladie d’Alzheimer. C’est cet opus qu’il va défendre, ce soir, sur les planches de l’Ancienne Belgique, en mode AB Flex, c’est-à-dire, configurée en places assises. Et le concert est sold out. 

Le supporting act est assuré par la pétillante Emmy D’Arc. Issue de Hasselt, dans le Limbourg, c’est la première fois qu’elle foule les planches de l’AB.

De son véritable nom Ine Tiolants, elle est aujourd’hui âgée de 24 printemps, et avait remporté le ‘MNM Rising Star’, en 2018. Depuis, elle a décidé d’opter pour un pseudonyme. Elle adore interpréter des reprises de ses artistes préférés, et tout particulièrement des chansons signées Bruce Springsteen, Eddie Vedder et Johnny Cash ou encore Sinéad O'Connor et Dixie Chicks.

Il y a déjà pas mal de monde dans la salle, quand Emmy grimpe sur l’estrade. Elle ouvre le set par le nerveux « My Silver Lining » et embraie par son premier single « The Odds » que le public semble vraiment apprécier. « I’m Alright » est davantage propice à la sérénité. Sa voix y est haut-perchée ; une voix tour à tour perçante, sucrée ou salée qui rappelle celle de Selah Sue. Elle a trois guitares à sa disposition. Deux semi-acoustiques et une électrique dont elle ne se servira qu’à une seule reprise. Derrière son sourire ravageur, se cache manifestement une perfectionniste qui ne manque pas d'ambition. A l’instar des icônes qu'elle admire, elle s'inspire de sa propre vie, des pensées qui flottent et rebondissent dans sa tête. Sculptée dans l’americana, « One Of The Weak » est une autre compo paisible, empreinte de délicatesse et de douceur. Dans l’imaginaire, on s’imagine traverser les grandes les plaines de l’Ouest américain. On attend impatiemment son premier Ep. Un grand talent en devenir…  

Pour les photos c’est là

Setlist : « My Silver Lining », « The Odds », « I’m Alright », « One Of The Weak », « Reveal », « Walk », « Mercedes Benz », « Troy ».

C’est la neuvième fois que votre serviteur assiste à un concert de Gabriel Rios. Ce soir, il va nous livrer une prestation semi-acoustique. Il est soutenu par son fidèle, Ruben Manama, à la contrebasse et aux chœurs. Ce dernier se plante à proximité d’un piano imposant de couleur noire, d’une gratte et de son instrument de prédilection. Pas de trace de la violoncelliste Amber ; et c’est bien dommage ! Armé de sa six cordes, Gabriel s’installe du côté droit, devant un micro au pied duquel il a posé une percussion électronique. Il est sobrement vêtu d’un jeans et d’un tee-shirt. Cool, il présente chaque morceau ; et le public, qui connaît parfaitement les paroles des chansons, reprend très souvent les refrains en chœur.  

D’habitude, Gabriel entame ses shows par sa version du « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix, seul à la gratte. Une forme de rituel… qu’il n’accomplira pas ce soir. Judicieux, le light show met bien en exergue les deux musicos, même si Gabriel est davantage sous le feu des projecteurs, notamment à travers les lumières qui convergent vers la foule. Un étrange contraste d’ombres et de lumières communique une ambiance différente à chaque titre. De temps en temps, Ruben pousse un cri ; et notamment lorsqu’il siège derrière les ivoires.

Mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, la musique de Rios ne manque pas de charme, mais aujourd’hui elle baigne inévitablement dans une ambiance latino.

L’intégralité de « Flore » sera passé en revue au cours du set, mais dans le désordre. Et lorsque le duo attaque le titre maître, Ruben se lèvre et empoigne sa contrebasse, il frotte délicatement ses cordes avec un archet, alors que Gabriel dispense de délicates notes de ses cordes. Le voyage vers les Caraïbes et Porto Rico et l’Amérique Latine est impressionnant.

Le set de 75 minutes se terminera par une version épurée de « A caballo vamos pal' monte » du Buena Vista Social Club. Et c’est encore par une cover de la célèbre troupe cubaine, « El Carretero », que Rios entame le rappel, un collectif que votre serviteur avait eu l’opportunité de voir en ‘live’. Quel merveilleux souvenir, d’ailleurs ! Enfin, cerise sur le gâteau, le concert s’achève par le bouleversant « Gold ».

Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit toujours autant sur disque que sur scène. Alliant tendresse, technique qualité et simplicité, son spectacle, ce soir, est passé trop vite…

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)


 

Hiss Golden Messenger

Quietly blowing it

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Il y a près de 15 ans que MC. Taylor promène ses messages, aux quatre coins des Etats-Unis, à travers son projet Hiss Golden Messenger. « Quietly blowing it » constitue son neuvième elpee, un disque qui, à l’instar de sa discographie, perpétue l’héritage de grandes figures de l’americana. Sans jamais connaître un succès de foule, le songwriter est pourtant parvenu à se faire une place au soleil et constitue l’une des valeurs sûres du label Merge.

Vu la pandémie, l’artiste a composé les morceaux, chez lui, à Durham (Caroline du Nord), entre mars et juin 2020. Ils sont ensuite passés par la case studio afin de les étoffer instrumentalement.

Après une première écoute, on se rend compte que MC. Taylor a conservé une même ligne de conduite pour concocter ses chansons. Mais on ne s’en plaindra pas, vu la qualité des compositions. Armé de sa guitare acoustique, il nous livre des folk songs teintées de blues et de country. Le long playing alterne morceaux intimistes et dépouillés, à l’instar de « Way Back in the Way Back » ou de « Quietly blowing it » et plus électriques comme « Mighty Dollar » et « Hardlytown », mais toujours dans un climat propice à la quiétude.

Suivant sa bonne habitude, Hiss Golden Messenger vient encore d’écrire une belle page du folk américain...


 

Roberto Zanetti

Mother Afrika

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« Mother Afrika », c’est le titre du nouvel et 7ème album de Roberto Zanetti et les mots manquent pour le décrire. Peut-être est-il d’ailleurs préférable de ne pas trop lire d’articles concernant cette sortie ou de ne pas trop connaître l'intention du compositeur pour apprécier ce disque. Effectivement, à première écoute, on part à la recherche de l'Afrique dans tous les recoins des morceaux, avant d’essayer de réfléchir à définir le type de jazz auquel on est confronté. Et après avoir tellement cogité, on se rend compte qu’on passe à côté de l’essentiel. Mieux vaut alors tout oublier et appuyer de nouveau sur la touche ‘play’ ; et on en conclut qu’on a bien fait !

Cet LP est agréable à écouter partout, tout le temps, et il peut s'adapter à toutes les oreilles, adeptes ou non de jazz. « Katherine Johnson » nous est resté dans la tête et on y revient sans se lasser. C'est peut-être là que nous avons préféré Roberto Zanetti au piano, sans oublier son solo d'improvisation sur « Avalon Blues ».

L'artiste est soutenu par d’excellents musiciens : Valerio Pontrandolfo au saxophone, Luca Pisani à la contrebasse et Massimo Chiarella à la batterie. Le saxophoniste joue délicatement sur les nuances tout au long de « Ballad for Afrika ». Dommage que les interventions chaleureuses, rondes et rebondissantes de la contrebasse ne soient pas plus présentes ! En outre, elles auraient pu être davantage mise en exergue et les solos, plus longs. Des traces de gospel et de blues parsèment, pour notre plus grand plaisir, les pistes de ce long playing. A contrario, les sonorités africaines ne sautent pas aux oreilles, malgré le titre de l’opus. Ou alors parfois, elles transparaissent lors des solos improvisés du drummer. Il s’agit peut-être aussi d’un manque de culture, acquis qui permettraient de situer ce ‘conte d'histoire afro-américaine’, à travers l'elpee. Cependant, « Mother Afrika » reste un album plaisant à écouter, car il navigue loin des performances démonstratives souvent redoutées dans l’univers du jazz. Fluides, les morceaux s’enchaînent naturellement et finalement incitent à réécouter l’intégralité de l’elpee, avec une joyeuse naïveté. 

Roberto Zanetti Quartet


 

Ben Mazué

Des nouvelles (single)

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Ben Mazué se dévoile et ose ouvrir son cœur, tout en créant une intimité forte avec ses auditeurs. Ils sont ses confidents. Il les laisse entrer dans sa vie. Il leur donne sa confiance en se livrant, en leur offrant son intimité. Il leur parle comme à un ami, à une amie et leur confie, ses doutes, ses peurs, ses joies, ses peines dans une générosité et une douceur immense.

Trois titres inédits figureront sur la réédition (sortie ce 3 décembre 2021) de l’album « Paradis » (NDR : une pépite couronnée d’or en France !) dont le single, « Des nouvelles ». Dans cette chanson, il rend un hommage poignant à sa maman, un hommage qui s’adresse également à toutes les mamans du monde. Interrogeant le vide qu’un être cher laisse derrière lui.

En mode piano/voix, la musique est d’une simplicité magnifique.

Sur l’opus, paru en novembre 2020, Ben Mazué emmène son public avec lui sur l’île de la Réunion à la recherche d’un paradis, perdu et à (re)trouver. Ses paroles sont délicates, ses réflexions profondes et d’une intelligence fondamentale. Cette quête fait écho à celle du Grand Jacques et de ses Marquises.

Aznavour disait qu’il était un des auteurs de chansons les plus autobiographiques de son temps. Aujourd’hui, Ben Mazué est un champion athlétique du genre pour le plus grand bonheur de ses auditeurs…

Méthode Chanson


 

Angelo Badalamenti + David Lynch

Thought Gang

Écrit par

Après avoir réhabilité John Carpenter, il semble que le label de Brooklyn, Sacred Bones, ait décidé de mettre en exergue des cinéastes cultes ! Il y a près de 25 ans, David Lynch et Angelo Badalamenti enregistraient « Thought Gang » ; mais cet opus vient enfin de bénéficier d’une sortie officielle ! Une conséquence de la 3ème saison de ‘Twin Peaks’, probablement… 

En mode spoken word, le jazz expérimental du duo avait été interprété en totale improvisation et faisait suite à leur collaboration sur la première saison de la célèbre série policière télévisée ; mais le résultat n’avait jamais été gravé depuis. Grady Tate, le batteur d’Herbie Hancock, y avait participé.  

Free jazz, cette musique n’est, bien entendu, pas facile d’accès ; et ce n’est pas une surprise lorsqu’on connaît l’univers barré, déroutant, intéressant et unique de Lynch.

Un album avant-gardiste, à la limite de l’art contemporain. Plus ‘Island Empire’ que ‘A True Story’, donc…


 

The Hives

Un bon moment de rock’n’roll

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Il y a 23 mois que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert. Et finalement, celui de The Hives était une excellente opportunité pour reprendre le chemin des salles, vu sa réputation de groupe ‘live’. Hormis quelques singles, le band n’a rien sorti de neuf depuis 2012 ; et son dernier album remonte à 2012 (« Lex Hives »). On doit donc s’attendre à une setlist qui privilégiera les hits.

La salle est déjà bien remplie lorsque The Dahmers grimpe sur l’estrade. Egalement un combo suédois qui accompagne la tête d’affiche pour cette tournée. Avant que le set ne démarre, les baffles crachent « It's Not Unusual », un hit de Tom Jones qui remonte à 1965 ! Les quatre musiciens sont vêtus de noir, un squelette blanc dessiné sur leur combinaison. Deux d’entre eux, dont le lead singer se servent d’une guitare ‘flying V’, comme de nombreux solistes, dans l’univers du metal. D’ailleurs la musique proposée trempe dans une forme de garage aux accents métalliques, et tout particulièrement à travers les soli de gratte. Au bout de quelques morceaux, les références se dévoilent, oscillant des Ramones à Kiss, en passant par Thin Lizzy et les Misfits. Le line up est complété par un bassiste et un drummer. Le patronyme du band est inspiré du célèbre tueur en série, Jeffrey Dahmer, et reflète le goût du groupe pour les films d’horreur. En fait, c’est après avoir fêté une fête Halloween, en 2011, que les musiciens ont eu l’idée d’opter pour ce look.

Le set est énergique, très électrique, mais pas toujours très rigoureux, perdant ainsi en efficacité ce qu’il gagne en impétuosité. Moment insolite, lorsqu’au milieu du concert, le chanteur/guitariste troque sa six cordes contre un accordéon, apportant ainsi à la compo un air de guinguette qui sent bon la France. Et finalement, le public réservera au quartet un accueil plus que favorable, reflétant ainsi encore un besoin urgent, aussi bien pour les musiciens que l’auditoire, de revivre des concerts…

L’entrée en scène de The Hives est saluée par un tonnerre d’applaudissements. Tout d’abord, la section rythmique, puis les deux guitaristes. Et enfin Howlin’ Pelle Almqvist. Qui crie à plusieurs reprises « Come on ». C’est le titre qui ouvre le set, mais aussi une invitation à participer la fête. Et la réaction est immédiate dans la foule. Les gobelets de bière voltigent dans les airs, arrosant collatéralement, les spectateurs, dans la fosse. Près du podium, les exercices de crowdsurfing se multiplient. Un remue-ménage qui va durer tout le concert. Sur les planches, Almqvist fait le show. Il jongle avec son micro à la manière de Roger Daltrey, balance son pied de microphone comme un punching-ball, bondit, harangue la foule, l’invite à agiter les mains ou à les frapper en cadence, arpente l’estrade de long en large ou descend dans l’arène pour serrer des mains, et se laisse même porter par la foule. En fin de morceau, il prend régulièrement la pose d’une rock star. Petit bémol, il un peu trop tendance à ressasser les mêmes slogans, parfois longuement entre les morceaux, en français ou en anglais, (‘les filles, criez… les garçons criez… les garçons et les filles, criez…’), ce qui finalement ne permet pas à l’intensité du show d’atteindre son paroxysme. Deux roadies (également préposés aux percus et au pré-mixing), déguisés en ninja, se multiplient aux quatre coins du podium pour accorder les guitares, remettre le matos en place, tester un micro ou donner du mou à son câble, lorsque le vocaliste s’aventure dans la fosse… Quant aux musicos, ils sont vêtus de costumes noirs traversés de motifs d’éclairs blancs. Et quand les lumières s’éteignent pendant le spectacle, ces éclairs fulgurent dans l’obscurité. Mais au fil du concert, les musicos vont finir en chemise… détrempée… Derrière le groupe, une immense toile est tendue sur laquelle est imprimée son patronyme, en lettres caractéristiques, qu’il utilise depuis plus de 20 ans.

Des accents empruntés à Franz Ferdinand et aux Black Keys (ce riff de guitare !) pimentent « Won’t be long ».  Le drumming devient tribal (NDR : il est vraiment balaise, ce Chris Dangerous) pendant « Walk idiot walk », un morceau aux accords de grattes décapants. Les Paranoiacs hantent « Hate to say I told you so », un morceau au terme duquel, le batteur monte sur ses fûts. Pelle invite un jeune spectateur à prendre la place du bassiste, pendant deux ou trois minutes, et le gars s’en sort plutôt bien.

Il récupère un enfant de 10 voire douze ans, dans la fosse, masqué et casque sur les oreilles, parce qu’il se rend compte du danger créé par les mouvements de foule et l’installe en sécurité, à droite du podium.  

Le rappel est inévitable et la formation attaque « I’m alive », son titre le plus pop. Alqmvist annonce la grande finale, « Tick, tick boom », que la foule reprend en chœur. Le groupe se perd dans un drone de 30’, puis les musiciens restent figés comme des figures du musée Tussauds, pendant deux à trois minutes. Pelle n’oublie pas de présenter longuement ses musicos, avant que la formation ne reprenne le morceau en cours. Il demande à la foule de s’asseoir, et insiste pour qu’elle s’exécute. Et lorsqu’elle se relève, c’est dans un élan de folie, qu’elle participe enfin à l’explosion ultime…

Après la distribution des sticks par le batteur (adroit, il parvient à les envoyer jusqu’au balcon !), c’est bras-dessus, bras-dessous que le quintet et les deux ninjas viennent saluer l’auditoire, Pelle promettant de revenir très bientôt se produire dans la salle lilloise. On a quand même vécu un bon moment de rock’n’roll, et ça, ça fait du bien…

Setlist

  1. Come on
  2. Main offender
  3. Go right ahead
  4. Paint a picture
  5. Won’t be long
  6. Good samaritan
  7. Walk idiot walk
  8. Two timing touch and broken bones
  9. My time is coming
  10. See through head
  11. Hate to say I told you so

Rappel

  1. I’m alive
  2. Try it again
  3. Tick tick boom

 


 
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