Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Ora Cogan
Afghan Whigs

Caleb Landry Jones

Gadzooks Vol. 1

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Caleb Landry Jones est un drôle de personnage ! Artiste ‘touche-à-tout’, il mixe habilement tout en y insufflant une belle dose de douce folie, une carrière d’acteur auprès des plus grand cinéastes (Jim Jarmusch, les Coen ou Brandon Cronenberg) et une aventure musicale solo dont la baroquerie pop impressionne. Le Texan ne se fixe aucune limite dans la composition de ses œuvres psychédéliques ; et son second album, « Gadzooks Vol.1 » (un second tome est-il en préparation ?), fluctue entre fulgurances pop et expérimentations dignes d’un cabaret foutraque. Avouons que le natif de Garland est bien plus à l’aise lorsqu’il ne verse pas dans le second élément, à l’instar des inutiles 20 minutes de « This Won’t Come Back » ; car des titres plus immédiats (tout est relatif par rapport à cette imminence…), comme « Bogie » ou « California », dévoilent des mélodies folles à l’interprétation plutôt géniale…


 

Coldplay

Music of the spheres

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A l’instar de Radiohead, Coldplay peut se targuer de disposer d’un line up immuable. Mais les comparaisons s’arrêtent là ; car si la bande à Thom Yorke a toujours résisté aux sirènes purement rémunératrices du ‘mainstream’, celle à Chris Martin y a cédé depuis longtemps. Pourtant à l’origine, à l’instar du band d’Oxford, Coldplay pratiquait une musique indie, puisant notamment ses références chez Echo & The Bunnymen et House of love. Deux excellents elpees plus tard (« Parachutes » en 2000 et « A Rush Of Blood To The Head », en 2002), la magie avait déjà fini d’opérer et on pouvait déjà classer la formation dans la catégorie des grosses cylindrées vides de contenu et prête à engranger des thunes.

Début du millénaire, votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer Will Champion, le drummer. Il l’avait invité à venir revoir le groupe, 20 voire 30 ans plus tard, car les musiciens n’avaient pas grand-chose à raconter (à lire ou relire là). Et Chris Martin, croisé quelques minutes plus tard, avait confirmé ses propos. Maintenant, faut pas rêver quand même…

Et puis de quoi causerait-on ? Certainement pas de musique. De bande dessinée, peut-être, car Chris est un excellent cartooniste. Et puis, bien évidemment, de leur engagement auprès des associations caritatives et en matière d’écologie. Et ça, on ne peut pas leur retirer. Après avoir consulté des experts de la crise climatique, le band compte d’ailleurs bien diminuer ses émissions de CO2 de 50%. Batterie de spectacle rechargeable (NDR : au lieu des générateurs à hydrocarbures), confettis biodégradables, éco-gobelets, panneaux solaires et plancher cinétique contribueront à cet objectif lors de leur tournée 2022.  

A propose d’écologie, sur le nouvel opus, figure « Higher power », titre dont le clip est consacré à une pub destinée à la promotion d’une voiture électrique. Une chanson contagieuse, mais dont la mélodie finit par vous énerver tellement elle est difficile à évacuer de votre matière grise. Sans quoi le thème principal de l’album tourne autour l’espace intersidéral et des aliens (NDR : des petits hommes verts ?). Le disque recèle ainsi quelques interludes d’ambient cosmique. Mais pas de titre susceptible de déclencher une nouvelle guerre des étoiles. D’autant plus que ces mélodies, on a l’impression de les avoir déjà entendues, dans le passé…

Plusieurs collaborations sont quand même à épingler. Tout d’abord Selena Gomez qui chante en duo avec Chris sur le slow insipide « Let some body go ». We are King et Jacob Collier sur « Human heart », une plage chantée a cappella qui aurait pu se révéler remarquable si elle avait été abordée sous forme polyphonique et pas computarisée. Et enfin, le groupe K-pop BTS sur « My universe », une plage que le band pourrait défendre dans le cadre du concours Eurovision. « People of the pride » s’autorise quelques accès plus enlevés et groovy, mais faute de digressions électriques, elle retombe rapidement à plat. Le long playing propose deux morceaux plus électro, fallait s’en douter. Tout d’abord, le mid tempo « Biutyful », dominé par le tempo d’une boîte à rythmes, et puis « Infinity sign », carrément converti au ‘tchack, tchack, boum’.

Morceau final, « Coloratura » s’étale sur un peu plus de 10 minutes. Tramé sur des accords de piano et traversé d’envolées de guitare floydiennes, pour ne pas dire gémissantes, il est manifestement plus élaboré, sans pour autant s’avérer révolutionnaire.

Après une telle chronique, votre serviteur va encore se faire des amis…

 

 


 

Faye Webster

I know I'm funny haha

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En 2019, Faye Webster frappait un grand coup en publiant un troisième album intitulé « Atlanta Millionaires Club », déjà distribué par le label Secretly Canadian. Cette songwritrice nous plongeait au sein d’un univers sonore original, à la croisée des chemins du hip hop (style au sein duquel elle a fait ses débuts aux côtés de Lil Yachty, Ethereal et Playboi Carti), le folk (dans lequel elle baignait au cours de son enfance) et le r’n’b. 

Agée de 24 ans, depuis juin dernier, elle nous propose déjà son quatrième opus ; et manifestement, tout au long d’« I know I’m funny haha », elle a placé la barre très haut. Non seulement son écriture s’est encore affinée (NDR : ses textes sont pimentés d’ironie), mais sur cet LP, elle nous réserve quelques pépites de folk/country/rock aux accents r’n’b. A l’instar du langoureux titre maître. D’ailleurs, indolents, la plupart des compos incitent au farniente. Et comme la voix est propice à l’envoûtement… Parfois on pense à Whitney, Aldous Harding ou plus récemment Cassandra Jenkins.

Un album que votre serviteur vous recommande vivement… surtout si vous cherchez à évacuer le stress de la vie quotidienne…


 

Geese

Projector

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Dan Carey, responsable de la mise en forme de l’album de Black Midi, « Schlagenheim », a produit le premier elpee de Geese, un quintet new-yorkais réunissant des musicos qui n’ont pas encore 20 ans. On devait donc s’attendre à un opus qui évolue dans un registre underground. Et c’est le cas, même si « Projector » n’est pas aussi tordu que celui du band insulaire. Ce qui ne l’empêche pas, tout au long de cet opus, d’expérimenter. 

Dans la musique de Geese, on rencontre des riffs de guitares –dispensés par Gus Green et Foster Hudson– qui s’entrecroisent, des variations ainsi que des ruptures de tempo, des fluctuations de feeling, des explosions et des implosions inattendues, sans oublier la voix de baryton, tour à tour emphatique ou éclatante de Cameron Winter, qui rappelle parfois Julian Casablancas (The Strokes) ou Paul Smith (Maxïmo Park). Même que parfois l’ombre de ces deux formations se met à rôder. Plus accessible que celle du combo londonien, la musique de Geese reste quand même complexe, se nourrissant de post punk (Squid, Parquet Courts), de punk/funk (Radio 4, !!!), de funky new wave (Talking Heads) et aussi de de néo prog (The Mars Volta) ; mais aussi et bien sûr, en général, de pop et de rock. 


 

Biffy Clyro

The myth of the happily ever after

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Si l’album « A celebration of ending », paru en 2020, se voulait optimiste, « The myth of the happily ever after » se révèle plutôt sombre, traitant de sujets aussi brûlants que la religion ou les problèmes sociaux et personnels rencontrés au cours de l’existence. « Unknown male 01 » aborde même le sujet du suicide chez les hommes. Ce qui ne signifie pas que cet opus soit déprimant ; en fait, il traduit plutôt un sentiment de colère. Simon Neil, le chanteur, a même déclaré que les chansons constituaient une réponse émotionnelle à la tourmente vécue ces 18 derniers mois. Des compos qui oscillent, en général, entre post-hardcore, alt et pop rock. D’ailleurs, la ballade « Holy water » se mue en valse avant de s’enflammer, alors qu’enflammé, « Denier » prend le temps de souffler lors des refrains, en optant pour la valse.

On épinglera encore le solennel « DumDum » qui ouvre le bal (?!?!?), l’épique « A hunger in your haunt » et l’hymnique « Haru Urara » qui véhicule quelques accents jazzyfiants. Mais surtout le plus étonnant « Slurpy, slurpy, sleep, sleep ». D’une durée de 6 minutes, cette plage se distingue par ses changements incessants de tempo, épousant même, sans peut-être le vouloir, un profil néo prog. On a même droit à des accès post punk (cette ligne de basse) sur « Separate missions », une plage infiltrée de synthés à coloration eighties…


 

The War On Drugs

I don’t live here anymore

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Si à l’origine, la musique de The War on Drugs était souvent comparée à celle de Spacemen 3, au fil du temps elle s’est étoilée (NDR : le band est issu de Philadelphie), en épousant une forme plus américaine, mais dans l’esprit de Bruce Springsteen voire de Bob Dylan. Des références qu’on retrouve sur le dernier opus, mais en fin de parcours (« Old skin », « Rings around my father’s eyes »).

« I don’t live here anymore » constitue son cinquième elpee, un disque coproduit par Shawn Everett et Adam Granduciel, le leader et chanteur/guitariste de la formation. Et il faut reconnaître que la mise en forme est particulièrement soignée. Résultat des courses, les compos sont sculptées dans une forme de soft/classic rock qui devrait flatter l’oreille de tout mélomane lambda. Donc très susceptibles d’être diffusées sur la bande FM. Les sonorités de gratte sont cristallines ou gémissantes, vintage, les claviers fluctuent entre synthés eighties (New Musik ?) et orgue sixties bien rogné. Et puis, métronomique, le tempo est imprimé par une section rythmique basse/drums très soudée. Quant aux lyrics, ils soulèvent un questionnement sur le changement et le destin. Enfin, accrocheuses, les mélodies réverbèrent des échos empruntés à Deacon Blue, la voix de Granduciel rappelant même quelquefois celle de Ricky Ross. La formation s’autorise pourtant une plage plus électro au rythme frénétique, « Victim ». Une frénésie qui s’arrête là. Car en cherchant la perfection à tout prix, The War on Drugs a gommé toute aspérité créative. Et ce n’est pas la participation du duo indie pop Lucius au titre maître qui change quoi que ce soit au climat général de cet album. Dommage !


 

Pond

9

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Si à l’origine, Pond était considéré comme un groupe de rock psychédélique, il semble de plus en plus perdre son identité rock, pour embrasser un format plus électro/pop, voire disco, parfois glam, quand même. Une démarche qui ressemble fort à celle entreprise par Tame Impala, depuis deux elpees. Et Tame Impala, parlons-en, puisque Pond compte en son sein, un ex-membre Nick Allbrook et Jay Watson, qui y est toujours impliqué.

Pour la première fois depuis longtemps, le groupe australien n’a pas fait appel au producteur /mixeur Kevin Parker pour mettre en forme ce nouvel opus, le quintet ayant privilégié l’autoproduction.

En se servant de synthés analogiques, de chœurs et de lignes de basse pulsantes, le combo cherche à démontrer que le psychédélisme est multi-facettes. En outre, la reverb dans la voix de Nick ajoute un effet ondulatoire à l’expression sonore. Encore que sur l’ensoleillé « Rambo », elle emprunte un falsetto réminiscent de Brett Anderson (Suede).

Particulièrement indus, "Pink Lunettes" s'inspire ouvertement de Suicide et de Cabaret Voltaire. Morceau final, « Toast », est subtilement tartiné d’orchestrations symphoniques. Seul « Gold Cup/Plastic » revient quelque peu aux prémices du combo, les interventions carillonnantes à la guitare (une Rickenbacker ?), renforçant cette impression.

Un album (NDR : le neuvième, vous vous en doutez) bien dans l’air du temps, mais qui ne convainc pas votre serviteur…


 

Red Beans & Pepper Sauce

Un concert bien vintage…

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Red Beans & Pepper Sauce a été fondé à Béziers, en 2010. Ses références oscillent du ‘new blues (Gary Clark Jr., Tedeschi Trucks Band) au ‘néo vintage’ (Blue Pills, Wolfmother, Saverio Maccne & Double As, The Excitements) en passant par le ‘classic rock’ des seventies (Led Zeppelin, Deep Purple), contemporain (Rival Sons, The Black Keys) et le funk. En dix ans d’existence, ce quintet hexagonal a gravé cinq albums, dont le dernier, « Mechanic Marmalade », est paru en 2019. Il vient, en outre, de publier un Ep 4 titres. Et il s’intitule « Song For The Past ». Enfin, le combo est considéré, comme un des groupes de rock les plus intéressants, sur la scène française.

Le supporting act est assuré par Bob Doug, une formation bruxelloise qui a choisi le nom de son leader comme patronyme. Bob se charge de la guitare et du chant. Il est soutenu par Arnaud Picqué aux synthés, Alessandro Damico à la basse et Louis Jassogne aux drums. Son style oscille entre blues, funk et (heavy) rock. Fondé en 2013, il s’apprête à sortir son troisième elpee, « Mirages ». Mais la spécialité du band, ce sont les jam sessions…

Le set s’ouvre par « Road 98 », un extrait du futur opus. Lorgnant vers le hard rock, ce morceau raconte l’histoire d’une voiture qui traverse le désert, afin de s’évader quelque peu du brouhaha qui règne dans le trafic, à Bruxelles. Le quartet embraie par le nerveux rock/blues « Here We Go (Now ?) », un morceau au cours duquel Bob se démène derrière sa six cordes. C’est une bête de scène et il monopolise l’attention d’une maigre assistance, pourtant attentive et interactive. Hormis « Sitting Of The Desert », extrait du premier elpee, la majorité des morceaux est issue du prochain long playing. Après un blues instrumental abordé à la manière de Stevie Ray Vaughan, « Sippin’ In Vain » ressuscite le mythe de Jimi Hendrix. Doug imite même les gestes du légendaire gratteur, en plaçant sa guitare dans son cou. Et, ma foi, il ne se débrouille pas trop mal. C’est aussi à ce moment-là qu’on se rend compte que les musiciens sont habitués aux ‘jam sessions’.

En rappel, le quatuor nous réserve « Driven By Sex », une compo sculptée dans une forme de garage-glam-rock qui collerait bien au répertoire de Romano Nervoso.

Setlist : « Road 98 », « Here We Go (Now ?) », «4 Am Room Service », « Black Coat », « Flip The Switch », « Sitting Of The Desert », « Going Back Home », « Friends », « Sippin’ In Vain », « Hard Jam ».

Rappel : « Driven By Sex »

Les musicos de Red Beans And Pepper Sauce grimpent sur l’estrade. Laurent Galichon, le leader (c’est également le compositeur), se charge de la guitare. Jessyka Aké se plante au centre, devant son micro. La chanteuse est coiffée d’un chapeau de couleur noire. Chevelu, Serge Auzier s’installe derrière ses claviers et Niko Sarran, ses fûts. Enfin, Denis Bourdié se consacre à la basse. 

Après une intro à la gratte, le set s’ouvre par « My and ». Laurent fait littéralement corps avec son instrument. Au fil du set, les claviers s’infiltrent généreusement dans les compos, les sonorités d’orgue réveillant en notre for intérieur le souvenir de feu Jon Lord. Ténébreux, sauvage et sudiste, le rock/blues de RB&PS transpire le bourbon et la sueur. Ça cogne, c'est sexy, sans oublier ce ‘quelque chose’ de lourd qui vibre sous le capot et sonne comme un appel à prendre la route. Charismatique, Jessyka fait onduler ses doigts sensuellement, le long de son micro. Véritable panthère noire, elle ne tient pas en place sur les planches. Sa voix peut devenir très speed. Balaise derrière ses drums, Niko va nous réserver un solo de batterie de plus de 10 minutes. Comme nombre de bands, dans les 70’s. Un exercice de style qu’on pourrait qualifier à la fois de de technique et de tribal. Et Laurent n’est pas en reste, puisqu’il va également s’autoriser le sien, dans l’esprit de Van Halen.

Un concert bien vintage qui a ravi les quelques quinquas (70 ?) présents ce soir. Dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de monde !

Setlist : « Intro, My Land », « Glitter City », « No Saint Today », « Give It To Me », « Time To Get Away », « Bright Lights (Gary Clark Jr) », « Thank You Drums Solo, Moby Dick », « I Am The Night », « The Battle », « My Holy Guest », « No Crossroads », « Black Panther », « You Can’t Turn Around », « Half World Changeling ».

Rappel : « Lock You Down, Meddley », « Ace Of Spades (Motörhead) »

(Organisation : Zik-Zak)


 

Low

Hey what

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Depuis le départ du bassiste Steve Garrington, Low est réduit à un duo. Enfin pas tout à fait, puisque BJ Burton (Bon Iver), le producteur, est pratiquement devenu le troisième membre du groupe.

« Hey what » constitue l’album le plus expérimental de la formation, gravé à ce jour. A première écoute, on a littéralement les tympans écorchés par la puissance et la compression du son. Les interventions de guitare et de batterie sont tellement compactées, qu’il est impossible d’en reconnaitre la moindre note. On se demande même si la chaîne hi-fi ne sature pas. Mais lorsque les harmonies vocales angéliques émergent, c’est un sentiment de perplexité qui vous envahit. Avant de se rendre compte que le couple joue constamment sur ce contraste tout au long de l’opus. Mais en prenant soin de torcher des mélodies enchanteresses. Qui laissent parfois transparaître de curieux spectres. Celui de Hooverphonic sur « All night », les vocaux se frottant même au gospel. De Neil Young et Emmylou Harris, qui auraient pu interpréter le mélancolique « Disappearing ». Dans un autre registre, évidemment. Et enfin les Corrs tout au long du plus punchy mais aux réminiscences celtiques, « More ».

Un album audacieux, dont les sonorités post industrielles sont purifiées par les harmonies vocales célestes. A ne pas mettre, cependant, entre toutes les oreilles.  


 

John Murry

The stars are god’s bullet holes

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L’histoire de cet artiste n’est certainement pas un long fleuve tranquille et sa biographie ne raconte pas tous les drames humains qu’il a pu endurer au cours de son existence. Ses coups durs les plus récents ? Le décès de son ami et mentor, Tim Money, par ailleurs drummer chez American Music Club, Toiling Midgets et Sun Kil Moon. A cette époque, c’est alors Michael Timmins, le guitariste de Cowboy Junkies, qui va l’aider à remonter la pente et à sortir son deuxième opus solo, « A Short History of Decay », qu’il va par ailleurs produire. 

Puis celui de Bob Frank, disparu en 2019. Un artiste en compagnie duquel il avait enregistré ses deux premiers essais. On comprend ainsi mieux pourquoi ses chansons ne respirent pas la joie de vivre.

« The stars are god’s bullet holes », le troisième elpee personnel de John Murry, a cette fois bénéficié du concours de John Parish (PJ Harvey, Arno, Dionysos, Giant Sand, Sparklehorse, Dry Cleaning), à la mise en forme. Ce qui explique, peut-être la présence d’électronique, dans l’expression sonore ; mais, et c’est une bonne nouvelle, elle ne corrompt jamais l’instrumentation organique.

John est en colère à l’égard de la violence qui gangrène notre société contemporaine, et il la manifeste à travers le single qui ouvre l’album, « Oscar Wilde (came here to make fun of you) », une plage jalonnée d’interventions de pedal steel. Un instrument qu’on retrouve, bien évidemment sur les compos les plus ‘americana’ de ce long playing.

Lorsque les guitares se mettent à bourdonner ou à entrer en distorsion, on entre alors dans un univers plus noisy/rock. A l’instar du titre maître. Incantatoire, il libère une intensité réminiscente du « Gimme shelter » des Stones. A moins que ce ne soit de Sisters of Mercy. Puis du tumultueux « Time & a rifle ». Ou encore de l’expérimental « 1 (1) 1 ». Sans oublier la piste finale, « You don’t miss me (so long) ».

John a également recours à l’électronique, de manière subtile, sans jamais empiéter sur l’instrumentation organique.

Evoluant sur une boucle reptilienne, « You little black book » invite des cuivres, en fin de parcours. Bien qu’imprimé sur un tempo new wave, « Perfume & decay » marche sur les traces de The National.

Titre le plus optimiste (?!?!?), « I refuse to believe (you could love me) » reflète le penchant pour l’autodérision de l’artiste, un titre qu’on pourrait qualifier de glam, mais au drumming particulièrement souple.

Enfin, Murry s’autorise une cover étonnante du « Ordinary world » de Duran Duran. Imprimé sur un tempo fiévreux, le morceau est nappé de claviers ‘manzarekiens’.

Un album sombre, introspectif et décadent, au cours duquel de superbes chœurs féminins –assurés notamment par Nadine Khouri– adoucissent les déclarations révoltées et grinçantes que Murry dispense d’une voix marmonnée, semblable à un discours…


 
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