Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Les Nuits Botanique 2021 : vendredi 10 septembre

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En septembre 2001, Björk –alors au sommet de son art– se produisait au Botanique, soutenue par un orchestre symphonique, une chorale et un duo électronique. Plus près de nous, Great Moutain Fire avait eu une idée semblable, lors d’un concert accordé au Cirque Royal, également épaulé par un ensemble classique. Ce type d’expérience a été inauguré par Deep Purple en 1969. Pas une grande réussite, il faut le reconnaître. A contrario de ce que vont réaliser Procol Harum, les Moody Blues, The Nice, Renaissance, Barclay James Harvest ou encore ELO, au cours des 70’s ; mais aussi, il ne faut pas l’oublier, de nombreux groupes de métal (Page & Plant, Metallica, Within Temptation, … et la liste est loin d’être exhaustive), par la suite. Et cocorico, à partir de 2012, Hooverphonic a accompli une longue tournée en compagnie d’un orchestre philarmonique, dénombrant parfois plus de 60 musiciens. On ne va pas refaire l’histoire, mais simplement rappeler que ce type d’aventure nécessite une énorme préparation et qu’elle est souvent… casse-gueule ! Bref, le projet imaginé par Julie Rens et Sasha Vovk est audacieux, même s’il a bénéficié du concours de Jean-Marie Rens, le papa de Julie. C’est lui qui s’est chargé de tous les arrangements. Vibration (c’est le nom du collectif) implique donc 23 musiciens, dont quatorze préposés aux instruments à cordes (violons, violoncelles), sept aux flûtes, un contrebassiste et un guitariste. Et c’est Denis Menier qui est à la baguette.

En 2019, lors de la release party accordée au Vk de Molenbeek, suite à la sortie du second Ep, « Crumbs », Juicy avait déjà surpris tout le monde en jouant au milieu du public, flanqué d’un quatuor à cordes, deux flûtistes et un contrebassiste, lors de la partie acoustique du concert. Le duo avait également créé la sensation en 2019, dans le cadre du festival de Dour, en proposant un set réarrangé par le trompettiste Thomas Mayade, impliquant 13 cuivres différents. Mais également la même année à Paris en la salle Le New Morning, appuyé alors par les ‘jazzeux’ de Commander Spoon et la chanteuse Yseult.

Pas de doute lors de cette création, l’orchestre va devoir sortir de sa zone de confort…

Le supporting act est assuré par Wayi. Agée de 28 ans, grande, effilée, cette belle femme afro a figuré dans différentes chorales gospel, au cours de sa jeunesse. A ce jour, elle a gravé un Ep 5 titres, « Love In Progress », en 2019, et un single, « What I Want », en juin dernier. Elton John n’a pas hésité à louer son talent de vocaliste. Et il est vrai que c’est une fameuse voix pour chanter le r&b et la soul. On dirait presque qu’elle s’en sert comme d’un instrument.

Sur scène, elle est épaulée par une choriste et un préposé à la guitare semi-acoustique. Les deux voix se complètent parfaitement et a cappella, le résultat est superbe. A vous flanquer des frissons partout ! Et en fermant les yeux on se plaît à rêver des artistes qui ont illuminé la Tamla Motown ou encore issus de la Nouvelle-Orléans…

Il y a du peuple sur le podium. Outre les 23 musiciens (le guitariste n’interviendra qu’à deux reprises) et le chef d’orchestre, il faut également caser Sasha et Julie. La première se plante à gauche, devant ses pianos, Julie à droite, derrière un tom bass sur pied et des cymbales. La foule est debout. C’est sold out ! Et comme d’habitude, c’est Benoît, l’ingé-son de Puggy, qui est derrière les manettes.

Sous une explosion lumineuse, le set démarre. Julie et Sasha sont vêtues de robes bouffantes à paillettes (NDR : pas pratique pour se déplacer !) ; des paillettes qui illuminent également leurs chevelures.

La setlist va proposer 6 anciens morceaux des 2 premiers Eps (« Cast A Spell » et Crumbs »), revus et corrigés pour la circonstance. Et puis une majorité de titres prévus pour le prochain elpee, dont la sortie est prévue pour l’an prochain.  

L’orchestre est impressionnant. Cordes et flûtes nous plongent au sein d’un univers atmosphérique qui fluctue constamment, mais parfait de maîtrise. Les filles et tout particulièrement Julie observent régulièrement le maestro pour rester en phase avec l’ensemble...

Tout en se concentrant sur les ivoires, Sasha et Julie posent leurs voix en couches successives. Et lorsqu’elles fusionnent, le résultat s’avère aussi beau qu’harmonieux ; mais quand elles montent en puissance, elles entrent alors en duel.

Si Juicy puise ses influences majeures dans la musique urbaine et tout particulièrement le r&b et le hip hop, au cours de ce concert, elles vont se frotter, bien entendu aux références classiques, mais également contemporaines et jazz.

Sasha et Julie vont même goûter à la langue de Voltaire, pour deux morceaux, alors que leur répertoire est interprété dans celle de Shakespeare. Tout d’abord « R’n’b de rue ». Puis l’improbable et décalée « La gigue de la quequette », chanson qui adresse un petit clin d’œil à Jean Sébastien Bach.

Conquis, le public a savouré ce moment de bonheur. Mais surtout, Juicy a gagné son pari. Le duo remettra le couvert à l’Ancienne Belgique, en février 2022.

Juicy Orchestra + Wayi

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Le Botanique)


 

We Hate You Please Die

Can’t wait to be fine

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Après avoir gravé un premier elpee en 2018 (« Kids are lo fi ») et un Ep en mai dernier (« Waiting room »), We Hate You Please Die nous propose son deuxième opus, un disque qui nous replonge dans l’univers des B52’s du début des 80’s. D’abord, il y a la voix de Raphael Monteiro, aussi déclamatoire que celle de Fred Schneider. Puis, ces chœurs –notamment des ‘na, na, na’ et des ‘ouh, ouh, ouh’– qui rappellent ceux de Kate Pierson et Cindy Wilson. Mais le ton est résolument plus frénétique, les compos –en général garage/punk– se révélant même davantage échevelées qu’enlevées ; le tout entrecoupé régulièrement de brisures de rythme comme chez la formation mythique d’Atlanta.

Bien sûr, cette première analyse nécessite des nuances. Ainsi les guitares se déchaînent littéralement sur « Barney ». Bien que dérapant dans le délire, « Paula » adopte le célèbre tempo 4/4 des Ramones. Ou encore « DSM - V104 » qui s’autorise des accès de funk metal (Red Hot Chili Peppers ?) tant dans le rythme que le débit vocal (Zack de la Rocha ?), même si la voix masculine déblatère de temps à autre comme celle de Johnny Rotten, entre interludes plus ou moins paisibles. La compo la plus complexe de cet LP.

Autre piste qui tranche avec le reste de ce disque, « Exorcise ». A à mi-parcours elle s’enfonce dans le shoegaze, climat accentué par les harmonies vocales qui reflètent une insouciance toute adolescente.


 

Little Jimi

The Cantos

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Little Jimi est un trio bordelais qui ne compte pas de bassiste, mais deux guitaristes et un drummer. Et « The cantos » constitue son premier elpee. Un disque dont la musique baigne au sein d’une forme de psyché-doom-prog qui aurait pu naître d’une rencontre entre le Pink Floyd et Black Sabbath, au début des seventies. Passages accablants et atmosphériques se succédant tout en véhiculant des vocaux sinusoïdaux.

S’ouvrant sur un tempo blues/rock plutôt lent, « Indian rain » prend son envol cosmique, dans l’esprit de Hawkwind », après avoir opéré un crochet par la prog de King Crimson, avant de refermer la boucle, comme elle avait été amorcée… Enfin, morceau final « Last Cantos XXIV » synthétise parfaitement le style psyché-doom-prog de Little Jimi, embrassant même des connotations orientales chères à Syd Barrett…

Et pour que votre info soit complète sachez que ‘L’Odyssée d’Homère’ sert de fil conducteur à ce périple sonore…


 

DogOn

Floater

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Emmenée par la guitare exploratrice d’Eric Hunziker (NDR : c’est lui qui signe les 10 titres !), DogOn ravive la flamme du jazz/rock progressif. Boosté par l’incroyable groove entretenu par la basse à 6 cordes de Thomas Tavano et le drumming plutôt curieux de Tobias Hunziker (pourtant pas le frère de l’autre…), le trio zurichois s’autorise même des incursions dans l’univers oriental (« Dashashwamedh Gha ») ou encore électronique (« Priester »).   

En résumé, tout en marchant sur les traces de Tribal Tech, Bunny Brunel et Wayne Krantz (pour les connaisseurs), cette formation helvète élabore une musique à la fois –et c’est paradoxal– complexe mais accessible…


 

Don Nino

A beautiful cloud

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Don Nino, c’est le projet de Nicolas Laureau, multiinstrumentiste chez NLF3 et chanteur/guitariste au sein de Prohibition.

« A beautiful cloud » constituerait déjà son septième opus en solitaire, un disque aux sonorités minimalistes, limitées à une guitare, un clavier, une basse, une boîte à rythmes et des timbales arides, métalliques, presque indus ; sans oublier la voix laconique parfois incantatoire mais bien timbrée de Nicolas qui se fond bien dans l’ensemble.

Si « Rainbow » emprunte un ton pseudo reggae, « Fascinating times » s’enfonce dans un psyché folk cher à Syd Barrett, alors que tout au long d’« In the distance » et « Walking the skyline », le bip angoissant d’un moniteur cardiaque passe en boucle, laissant planer des nuages pas aussi magnifiques que pourrait le prétendre Don Nino, malgré des textes qui ne manquent pourtant pas d’humour…


 

Old Sea Brigade

Motivational Speaking

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Second elpee pour Old Sea Brigade, projet du chanteur-compositeur-multi-instrumentiste Ben Cramer, « Motivational speaking » baigne au sein d’une forme d’électro-pop-americana-folk aux arrangements soignés et aux jolies mélodies, parfois susceptibles de rappeler les Chills (le plus enlevé « Day by day », malgré ses synthés vintage réminscents de New Musik). Sans quoi, sur les autres pistes de ce long playing, Ben Cramer privilégie les ballades, qu’il interprète d’une voix feutrée, chansons qui traitent de la perte, l’anxiété et l’isolement ; mélancolique, « Nothing clever » frôlant paradoxalement et en même temps, les univers de The Apartments et de Prefab Sprout. Si les sonorités frémissantes de gratte électrique –malheureusement pas assez présentes au goût de votre serviteur– apportent une chouette coloration aux compos, l’ensemble est tellement sophistiqué qu’il finit par souffrir d’une inévitable uniformité…


 

Flavia Coelho

Aux rythmes endiablés des cariocas…

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C’est la rentrée post-covid à l’AB et ce lundi 6 septembre, l’affiche est double, puisqu’elle accueille Flavia Coelho et Chicos Y Mendez. Une affiche ensoleillée, festive, dansante et colorée pour un spectacle auquel pourra assister un public de plus de 250 personnes, sans masque ni distanciation sociale, mais sur présentation du Covid Save Ticket. La salle est en mode Box (600 personnes) et elle est sold out.

Le périple proposé ce soir va traverser la cordillère des Andes, depuis le Venezuela au Chili, en passant par la Colombie, l'Équateur, le Pérou, la Bolivie et l'Argentine, mais également nous entraîner jusqu’aux Caraïbes, et tout particulièrement en Jamaïque.

Chicos Y Mendez a été choisi pour entamer les hostilités, mais il aurait pu, tout aussi bien, clôturer la soirée. De son véritable nom David Méndez Yépez, le Bruxello-péruvien partage sa joie de vivre sur scène et ce n’est pas pour nous déplaire. Sur les planches, il est soutenu par un backing group de quatre musicos : un préposé à la guitare électrique, un autre aux cuivres (chauve et barbu il souffle tantôt dans une trompette piccolo ou en ‘Ut’ à valves rotatives), un bassiste et un drummer. Ce dernier a été installé en retrait sur une estrade. Juste à côté d’une autre sur laquelle campe des bongos destinés au batteur et des synthés au sixcordiste.

Chicos Y Mendez pratique de l’alterlatino. En quelques sorte, une musique latino-américaine alternative qui cherche à se réinventer sans la dénaturer, se connecter à ses racines tout en créant son propre chemin, mais également en véhiculant des textes engagés, traitant des problèmes rencontrés par la société contemporaine lorsqu’ils n’évoquent pas son pays natal ; des chansons interprétées tantôt en français ou en espagnol.

Les hauts parleurs crachent une musique préenregistrée, avant que le combo ne grimpe sur le podium, sous un light show de couleur rouge. Le set s’ouvre par « Llévate ». L’intervention du trompettiste est immédiatement suivie par celle du drummer. Place ensuite à « Respira » (NDR : dont le clip –à découvrir ici– a été tourné en République Dominicaine, à Los Cacaos), une compo qui invite les gens à prendre du recul, saisir l’importance, la sincérité et la profondeur des moments simples et anecdotiques de notre existence. « Porque » incite la foule à esquisser quelques pas de danse. L’ambiance monte d’un cran. « Proliferanos » adopte un profil plus rock. « Parte De Mi » draine de plus en plus de monde sur le dancefloor, mais en groupe. L’enthousiasme de David commence à contaminer l’auditoire. Une choriste débarque sur le podium et participe à la seule chanson interprétée dans la langue de Voltaire, « Ils dansent ». Elle est même slammée. « Mi Ciudad » nous entraîne sous le soleil de Kingston. Lorsque Flavia Coelho rejoint le quintet, la foule s’enflamme. Elle et David échangent un duo pour « Reggaeton Feminista », sous un climat toujours aussi jamaïcain. Mais dans l’esprit de Mano Negra voire de Manu Chao. Et « Nostalgia Mia » clôt le concert. Avant un rappel sous la forme de « Sendito ». L’exploration intégrale de l’album est terminée. Un bon moment à revivre sur ABTV ici

La fête ne fait que commencer !

Setlist : « Llévate », « Respira », « Porque », « Proliferamos », « Dilo Mas », « Parte De Mi », « Ils dansent », « Mi Ciudad », « Reggaeton Feminista », « De Pie », « Nostalgia Mia »

Rappel : « Sendito »

Brésilienne, Flavia Coelho est née le 26 juillet 1980, à Rio de Janeiro. En 2002, elle se produit en Europe au sein d'une troupe de carnaval. Installée depuis 2006 à Paris, elle chante dans le métro et dans un bar de Saint-Ouen, où elle fait la connaissance du musicien camerounais Pierre Bika Bika. La véritable aventure musicale débute.

Son dernier opus, « DNA » est paru en 2019, une œuvre dont les compos abordent les thèmes de la corruption, de l’homophobie et du racisme, mais qui fait également écho à la situation politique du Brésil.

Trois estrades sont installées sur le podium. A gauche, celle du drummer/percussionniste. Il a le rythme dans le sang et une sorte de pot de fleurs retourné sur la tête, mais sans les fleurs. A droite, celle du claviériste, coiffé d’un chapeau de cow-boy. Plus petite, celle plantée au centre est destinée à Flavia pour exécuter ses pas de danse.

Elle est vêtue d’une tenue moulante au couleurs des cariocas.  

La setlist réunit principalement des extraits des deux derniers albums ainsi que l’inévitable hit « Paraiso ».

Sa voix sensuelle et son flow énergique se baladent au rythme des influences brésiliennes et afro-latines mêlant joyeusement samba, baile funk, reggae, afrobeat, boléro, hip-hop, et forró.

Sur le podium, l’ambiance est digne du carnaval de Rio, une ambiance qui se propage dans la fosse. Faut dire qu’elle a le don pour chauffer le public.

Elle chante tour à tour dans la langue de Luís de Camões ou de Voltaire.

Flavia interagit entre chaque chanson avec le public. Elle incite la foule à lever les bras ou à danser. Une silhouette lumineuse se dandine dans le fond juste derrière l’estrade qui lui est destinée. Flavia fait tourner son chignon haut, comme une hélice, chevelure qu’elle dénoue à mi-parcours. Moment choisi pour jouer des percus devant le kit du batteur.

Flavia nous parle du Brésil qui célèbre le sourire, la dance et surtout l’amour. Pour elle, l’amour est essentiel et elle invite son public à rencontrer sa voisine ou son voisin sauf si l’on est accompagné…

Une toute belle fête à la musique et aux rythmes endiablés des cariocas… également à revivre là

(Organisation : Ubu concerts + Ancienne Belgique)


 

Les Nuits Botanique 2021 : jeudi 9 septembre

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Un an plus tôt, Pomme était programmée dans le cadre des Nuits Botanique, à la Rotonde. Suite à la Covid, le spectacle avait été annulé. Et aujourd’hui, elle est tête d’affiche sous le chapiteau. Bonne nouvelle, pour accéder aux concerts, le masque et la distanciation sociale ne sont pas imposés, mais un Covid Save Ticket doit être fourni à l’entrée. Baptisée ‘Les Failles Tour’, sa tournée visite la Belgique, depuis un bon mois (Festival de Ronquières, Théâtre de Mons, Nuits Solidaires à Namur) et ce soir elle se produira devant 1 200 personnes.  

Aurélio Mattern assure le supporting act. Il a milité chez Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord. Multi-instrumentiste, il a décidé de se lancer en solitaire, en empruntant, pour patronyme, Aurel. D’Aurel à Aurélien, en passant par Aurélio et l’empereur romain Marc Aurèle, les racines sont identiques. Aurélio a gravé un premier Ep. Baptisé « Ah Ouais », il est paru en juin dernier.

Il est seul sur les planches avec pour équipement sa gratte électrique, son synthétiseur, ses machines et son iPAD ; et il jongle parfaitement entre les différents instruments. L’artiste semble bien plus détendu qu’au festival de Ronquières, en enchaînant facilement morceaux cool, nerveux, électro ou/et hyper dansants.

Aurélio adore la musique des années 80. Interprétées dans la langue de Voltaire, ses chansons sont autobiographiques. Celles d’un trentenaire pépère, perdu, et en même temps décidé à aller au bout de sa démarche. Il parle de tour-bus qu’il n’aura jamais. Il chante les couples qui se lassent. Il traite parfois du deuil et souvent de l’insomnie. Et s’autorise même d’un petit trip du côté de Coxyde, pour prendre un bain de soleil en amoureux (« Hier la plage »).

« Désert », « Vingt vingt » et « Saison Mandarine » sont de nouvelles compos écrites pendant le confinement. Aurélio voulait les partager et n’imaginait pas les jouer devant un vrai public. Bonne mise en bouche avant de croquer la Pomme…

Setlist : « Hier La Plage », « Esquisse », « Désert », « Vingt vingt », « Krang », « Ah Ouais », « Oxygène pour 2 », « Saison Mandarine ».

Claire Pommet a choisi comme patronyme et nom de scène, Pomme. C’est à l’école que ses camarades de classe lui avaient attribué ce surnom.

Pomme monte sur le podium et salue la foule, puis empoigne sa gratte semi-acoustique. Elle a coupé ses cheveux au bol comme Mireille Mathieu et n’arbore plus sa fameuse sa mèche blanche centrale si caractéristique. Elle est vêtue d’un pantalon noir et d’une chemise blanche à froufrou. Pomme est soutenue par le même backing group qu’au festival de Ronquières : une bassiste, également préposée aux synthés, juchée sur une petite estrade, et une drummeuse.

Elle entame son set par « Anxiété », un extrait de son second LP, « Les Failles », qui a forgé son succès. A cet instant, on aurait pu imaginer qu’elle allait dérouler le tracklisting de cet elpee. Finalement, elle n’en interprétera que 4 extraits.

Lors de ses chansons les plus acoustiques, donc intimistes, on dirait une petite sœur qui se confie en chuchotant à votre oreille.  

Particulièrement interactive, elle affiche un sourire permanent. Elle confirme tourner en Belgique depuis un petit temps et avoue apprécier le pays et sa gastronomie. Elle raconte qu’à Namur, elle avait demandé quelle était la spécialité culinaire. On lui avait appris qu’il s’agissait de la bière et du péquet. Mais elle avait répondu le vert à la pomme (NDR : c’est la couleur de cette eau-de-vie). Ce qui a déclenché l’hilarité dans l’auditoire.

Sa version du « Désenchantée » de Mylène Farmer booste l’ambiance. La foule connaît les paroles et chante en chœur. Notamment les aficionados agglutinés devant le podium. Et lorsqu’elle interprète « Les Séquoias », « Je Sais Pas Danser » et « Les Oiseaux », le public met littéralement le feu.  

Elle se sert de différents instruments : de la gratte semi-acoustique à l’électrique, en passant par le piano, un mini-synthé (qu’elle pose sur les genoux) et une autoharpe, un instrument à cordes pincées utilisée dans la région des Appalaches pour accompagner la musique folk, americana ou bluegrass. Et manifestement ces sonorités apportent une coloration originale à l’expression sonore.

Au bout de 50 minutes, le set proprement dit est terminé. Elle signale, qu’en général, elle passe un contrat verbal avec le public. S’il applaudit, elle reviendra pour 4 chansons. Finalement, on aura droit à 70 minutes de prestation.

En rappel, Claire revient coiffée d’un chapeau en forme d’énorme champignon. Elle déclare l’avoir reçu d’un certain ‘Pilou’ lors d’un concert à Tours. Depuis il est devenu son couvre-chef fétiche qu’elle porte à chaque concert. Projetés depuis l’arrière-scène, les faisceaux lumineux se focalisent sur Pomme ; surtout quand elle est seule sur scène. Tantôt de couleur verte ou rouge, ils passent au bleu et aveuglent littéralement les spectateurs, pendant « Soleil, Soleil ».

A l’issue du concert, un constat s’impose : Pomme est à l’aube d’une grande carrière…

Setlist : « Anxiété », « Je Sais Pas Danser », « Les Cours D’Eau », « Pourquoi La Mort Te Fais Peur », « Désenchantée » (Mylène Farmer), « Les Oiseaux », « Saphir », « De Quoi Te Plaire », « Les Séquoias », « La Lumière », « Ceux Qui Rêvent ».

Rappel : « Grandiose », « Soleil Soleil », « Une Minute », « On Brûlera ».

Pomme + Aurel

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(Organisation : Le Botanique)  


 

Gate Festival feat Couleur Café : samedi 4 septembre

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Couleur Café est de retour à travers le Gate Festival. II avait été programmé du jeudi au dimanche, du 26 au 29 août et du 2 au 5 septembre. C’est donc à l’avant-dernière journée que votre serviteur participe. Après 8 jours de pur bonheur sous un soleil radieux, au cours desquels se sont déroulés plus de 40 concerts et DJ sets, le public a vécu du fun sans fin grâce aux ‘Anger Games’ ou s’est émerveillé devant les skate shows et d'innombrables autres surprises ; on peut dès lors honnêtement parler de succès. Les 10 000 festivaliers ont été comblés. Lieu magique, le ‘Studio CityGate’ a brillé de mille feux. Et ce festival s’est déroulé sans distanciation, sans masque mais avec le Covid Save Ticket.

Deux scènes ont été prévues : une petite dénommée ‘Brikabrak’ et une Main Stage, à droite, juste à côté. Comme à Couleur Café il y a des foodtrucks, des artistes de rue et des bars à profusion. On peut s’assoir et faire la fête. Les gens sont heureux de revivre et ont la banane. La vie normale reprend son cours…    

Scène Brikabrak : Diane

Il n’est pas évident d’ouvrir un festival. C’est la DJ bruxelloise et ingénieure du son Diane qui s’y colle. Un DJ set comme on les aime. Elle nous y réserve de la house (notamment afro), de la dance, du dubstep, du jazz, du funk, du disco, de la future bass, de la lo-fi et des soulful vibes, sous une forme percutante.

Bref, la musique est assez éclectique qui incite à remuer le popotin. Certainement à l’affiche du Couleur Café 2022…

Main Stage : Juicy

Juicy, c’est un duo réunissant Sasha Vovk (chant, claviers, guitare) et Julie Rens (chant, clavier, batterie électronique). Il est responsable d’une musique qui puise ses influences dans la pop, la soul, le jazz et le r&b, mais également le hip hop, notamment lors des covers de Diam’s…

Sasha et Julie sont en pleine forme et impatientes de retrouver un vrai ‘live’ face à un public démasqué, après ce long confinement. Une période au cours de laquelle elles ont décidé d’élargir leur palette sonore, s’affranchissant du RnB, pour embrasser le jazz, la musique contemporaine et classique, tout en se servant d’une instrumentation aussi bien électronique qu’acoustique…

La setlist prévoit 9 morceaux issus du futur elpee, dont la sortie est prévue pour 2022, ainsi qu’une nouvelle mouture de « Count Our Fingers Twice ».

Les filles sont vêtues de robes noires à froufrous et chaussées de claquettes, quand elles grimpent sur le podium. D’habitude, dès le début d’un set, Sasha est survoltée. Aujourd’hui elle est plutôt paisible. Julie lui fait face, derrière son piano. On aura ainsi droit à une prestation plutôt cool en mode piano/voix. Hormis tout au long de « Truth » et « Treffles », titres au cours desquelles elles sont vocodées, les voix sont parfaitement dosées et se conjuguent pour former différentes nappes, alors que les ivoires accentuent le climat atmosphérique des compos. Dans le passé, il se produisait plus que régulièrement un incident technique, lors de leurs concerts. Ce ne sera pas le cas en cette fin d’après-midi. Le son est nickel. Normal, puisque c’est Benoît (ingé-son de Puggy) qui est derrière les manettes. Enfin, on épinglera au sein du nouveau répertoire, « La gigue de la quequette », un morceau qui adresse un clin d’œil au célèbre Cantor de Leipzig, Jean-Sebastien Bach… Peut-être une indication pour le concert que Juicy accordera dans le cadre des Nuits Botanique, ce 10 septembre, flanquée de 23 musiciens…

Setlist : « You Don’t Have To Know », « Count Our Fingers Twice », « Truth », « Youth », « Haunter », « Remain », « Treffles », « La gigue de la quequette », « Call Me »

Main Stage : Kabola

Kabola est un collectif qui regroupe une nouvelle génération de jeunes musiciens congolais qui vivent à Bruxelles et pratiquent, bien évidemment, de la rumba congolaise. Le line up de base implique un drummer, un percussionniste, trois guitaristes, un bassiste, un chanteur, une chanteuse et un claviériste. Et au cours du set, des invités, chanteurs et/ou musicos, viennent rejoindre la troupe, pour atteindre, à un certain moment, la bagatelle de onze personnes.

Il ne faut pas très longtemps, avant que l’ambiance n’atteigne son paroxysme. Et pourtant dehors, la foule, massée aux premiers rangs, est accablée par un soleil de plomb. Qu’importe, les spectateurs sautent et dansent sans se ménager. Impossible de rester sur place.

Les chansons sont interprétées en français et en lingala. L’association drums, percus et basse remue littéralement les tripes. Les guitares libèrent chacune des sonorités différentes, dont la rythmique aux tonalités tour à tour afro ou caribéennes, lorsque la musique vire au reggae…

Main Stage : L’or Du Commun (ODC)  

Affichant au compteur plus de 10 ans d’existence, L’or du Commun est donc loin d'être un crew inconnu sur la scène hip hop, et notamment à Bruxelles où il multiplie les collaborations. Son line up réunit Swing, Loxley et Primero. Son style ? Du rap accrocheur, des flows old school, des lyrics pointus et des beats de qualité… Le projet a mûri, grandi et pris de l’assurance tout en restant très proche de son public. De la bande rigolarde, bourrée d’énergie boom bap décalée à la Saïan Supa Crew, la formation a conservé la spontanéité, la simplicité, mais en rendant le propos plus personnel. La famille est bien présente et en nombre, c’est ainsi qu’ODC interpelle ses fans.

Très concentré, Dj Junior Goodfellaz est planté derrière les platines. Il remue surtout les bras. Les 3 Mc’s bougent, sautent dans tous les sens, incitent le public à les imiter et à former des round circles. Dès le premier skud, « Négatif », la foule réagit au quart de tour. Le son est excellent. La setlist se limite à des titres issus du dernier opus, « Avant la nuit ». Mais en milieu de parcours, une panne de courant force les artistes à se retirer pendant 20 bonnes minutes. Le temps de chercher la cause du problème. Heureusement, le set ne sera pas écourté, mais simplement prolongé au-delà du temps normalement imparti.

Retour sur les planches pour le crew qui reprend donc du service…

Parfois le flow ralentit. Sans doute pour mieux comprendre les textes engagés, parfois quand même davantage teintés de mélancolie, comme sur le dernier long playing qui parle du passé, de leur carrière, des doutes et des nuits sans sommeil...  

La prestation monte progressivement en puissance. Anecdote, l’un des MC’s balance, en rigolant, qu’ils sont devenus des stars car ils ne circulent plus en tram et en bus…

Ils ont aidé Roméo Elvis à décoller et il leur rend bien. Il est ainsi sur place pour ce concert et les rejoint sur le podium pour attaquer les 4 dernières chansons. Coiffé d’une casquette et vêtu d’un short pantacourt, il prend même le temps de se rouler… ce qui ressemble à une cigarette…

La combinaison des trois voix est magnifique. Et lors du dernier morceau, le quatuor reprend, pour la seconde fois de la soirée, « Négatif ». Ils se produiront en concert à l’Ancienne Belgique le 15 avril 2022…

Setlist : « Intro », « Négatif », « C’est Dingue », « Ciel Rouge », « Nuit d’Hôtel », « Pansement », « Descente », « Cassé », « Ac », « Apollo », « Pollen », « Négatif »

Philou Louzolo + L’or du Commun + Juicy + Kabola + O’Simmie + DJ Insécure + Diane

(Organisation :  Couleur Café)


 

Konoba

En attendant de retourner en Géorgie…

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Le concert de Konoba avait été programmé dans la cour de la Ferme du Biéreau, mais vu l’incertitude de la météo, il va se dérouler dans la salle. En outre, ce spectacle devait clôturer sa tournée 2020, mais elle avait été interrompue, suite à la pandémie. Il a donc été reporté au vendredi 3 septembre 2021. Raison pour laquelle, ce sera la seule date pour cette année, en Belgique.

Konoba, c’est le projet de Raphaël Esterhazy. Originaire de Wavre, il compte 10 années de carrière. Finalement, ce soir, face au public brabançon, il ne devrait pas être trop dépaysé

Konoba et son ami R.O., aka Olivier Rugi, avaient accompli un périple, à travers le monde, avant de sceller une collaboration sur l’album « 10 », paru en 2019. Ils s’étaient alors produits en Allemagne, en Italie, en Tasmanie, en Turquie, en Arménie et au Japon, et sont chaque fois revenus avec une chanson pour chaque pays visité. Mais suite au confinement, l’auteur, compositeur et multi-instrumentiste a mis à profit son temps libre pour composer les chansons d’un nouvel opus, dont la sortie est prévue pour 2022.

Leo Nocta assure le supporting act. Cet artiste milite également au sein de différents groupes, et notamment Delta, formation que votre serviteur avait eu l’opportunité de découvrir dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017.

De grande taille, il est seul sur scène faisant face au public devant ses ivoires. Ses interventions au piano sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion.

Après une intro instrumentale au piano, Il entame son set par son nouveau single « Porto ». Puis, il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, ainsi que de son elpee « In Motion », publié en 2020.  Une prestation de 45’ qu’on pourra qualifier de bonne facture. Dommage qu’il ne se produise pas plus souvent en ‘live’…

Setlist : « (intro) - Porto », « Lost In The Rhythm », « Satellites », « How Beautiful », « L’Envolée », « Higher Than Here », « The Red Cake », « When We All Fall ».

Le podium est relativement dépouillé. On remarque quand même la présence d’un espace affecté au drummer, à gauche ; en partie centrale un synthé, un MPD et une guitare ; et à droite un synthétiseur, un MPD et des machines, instruments réservés à R.O..

Comment créer une chanson de A à Z ? Douce et poétique, « In the Mirror » reflète la vision du monde de l’artiste en période de coronavirus. Un message positif qui sert de prélude au futur long playing. Dont Konoba va nous dévoiler quelques morceaux. Mais sa setlist va essentiellement se focaliser sur les deux premiers albums. Si pour cette ouverture, Raphaël est armé d’une gratte électrique, il a également recours aux samples pour les backing vocaux, les percus et les sonorités de synthés.

Très haut-perchée, la voix de Konoba communique une belle intensité à son répertoire, et tout particulièrement lors de cette première partie, où il est seul sur les planches et au cours de laquelle il privilégie les chansons empreintes de douceur. Raphaël a aussi le bon goût d’apporter un commentaire avant d’interpréter chaque morceau.

Pour le second volet de son set, un drummer le rejoint sur l’estrade. Et de suite, le duo attaque son nouveau single, « There’s Always Something Wrong », qui provoque une réaction enthousiaste au sein de l’auditoire. Raphaël nous confie qu’il est content de se produire dans ce lieu magique qu’est la Ferme du Biéreau. C’est sa seule date pour 2021 en Belgique. II repartira bientôt vers la Géorgie et plus précisément à Tbilissi, sa capitale, où il est devenu une véritable star, pour se produire dans le cadre d’un festival qui va accueillir 15 000 personnes. Pendant de ce second acte, Raphaël jongle entre gratte, synthé et machines, ce qui rend sa prestation plus dynamique.

Konoba nous annonce l’arrivée de son ami, RO. Une troisième partie au cours de laquelle il va notamment nous réserver « Till We Get There », une compo enregistrée en Géorgie d’où est issu sa copine. Mais surtout « Smoke And Mirrors » ainsi que l’incontournable et sensuel « On Our Knees », morceaux qui vont mettre le feu au dancefloor.

Enfin, Konoba va accorder un rappel en solitaire, pour interpréter 4 morceaux, ponctuant une prestation de haut vol…

Setlist :

Partie I

« In The Mirror », « Magic Mellow », « Dancing In Moonlight », « I’m A Wolf » (solo)

Partie II

« There’s Always Something Wrong », « It’s Was Only A Dream », « On Your Way », « Growing », « Smoke And Mirrors », « To Go » (+ batteur)

Partie III

« Get Home », « Too Much To Soon », « Red Dress », « Till We Get There », « I Need You With Me », « Outro (+ R.O., mais sans batteur)

Rappel

 « I Could Be », « Winning Is For Losers », « On Your Knees », « Roll The Dice » (solo)

(Organisation : La Ferme Du Biéreau)


 
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