Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Dernier concert - festival

Jon Spencer
Biohazard 8/8/26

Sleaford Mods

Spare Ribs

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Quelques siècles après avoir enfanté le célèbre Robin Hood, Nottingham sort enfin du bois, grâce à un OVNI musical baptisé Sleaford Mods, un duo de vétérans réunissant le charismatique MC Jason Williamson et le placide beatmaker Andrew Fearn.

Naviguant quelque part entre post-punk et hip-hop, sa musique jouit d’une considération rare au sein de l’univers musical contemporain. Et elle est légitime. A cause de son style vindicatif et minimaliste qui ne ressemble, en effet, à aucun autre…

Sur « Spare Ribs », le tandem est égal à lui-même. Inimitable, la signature sonore est sauvegardée. En outre, la verve est intacte et symbolise à merveille l’opinion de la working-class anglaise. Et pour cause, le tandem y vilipende copieusement le libéralisme, les élites, le Brexit ou les stars de pacotille. Il s’érige ainsi en dernier ambassadeur du punk originel. L’esprit de Robin des Bois n’est pas très loin…

Will Butler

Generations

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William Butler, c’est le frangin du leader d’Arcade Fire, Win. Etabli aujourd’hui à Broklyn, ce multi-instrumentiste nous propose son second opus solo, cinq ans après avoir gravé « Policy ». Et tout au long de cette œuvre, il démontre qu’il possède également un talent de songwriter.

La plupart des compos de ce « Generations » navigue dans des eaux sonores proche de celles fréquentées par Arcade Fire. Certains titres auraient d’ailleurs pu figurer au sein du répertoire du band montréalais. A l’instar des dernières compos du combo, Will nous réserve même des pistes plus ‘dance’. Cependant, si en général les compos font la part belle aux claviers (« Hard Times », « Hide it Away »), elles embrassent surtout un profil pop/rock (« Close My Eyes ») voire punk (« Bethlehem »), à travers des morceaux énergiques et vindicatifs, mais aux mélodies efficaces.

Quant aux textes, sombres, ils trahissent le pessimisme affiché par Will à l’égard de la société contemporaine. En outre, ils reflètent son état d’esprit critique à l’égard de son pays d’adoption. 

Si vous êtes un inconditionnel d’Arcade Fire, cet album devrait vous permettre d’attendre le prochain essai de la formation, qui selon les déclarations de l’artiste, serait en phase d’écriture. Perso, je ne me lasse pas d’écouter ce « Generations » …

The Notwist

Vertigo days

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Changement de line up chez The Notwist, puisque Cico Beck a remplacé Martin Gretschmann. Ce programmateur avait rejoint le groupe en 1997. Et c’est surtout lui qui a entraîné le groupe à se tourner davantage vers l’électronique. Les frères Acher, Markus Acher (guitare, chant) et Michael (basse) ainsi que le drummer Andi Haberl sont toujours bien au poste, mais pour enregistrer son huitième opus, ils ont reçu le concours de toute une volée d’invités.

Et d’abord Juliana Molina pour « Al sur ». La productrice argentine y pose sa voix sur des spasmes tumultueux de percus et quelques bruitages expérimentaux. Saya (Tenniscoats, Spirit Fest), la sienne sur l’intriguant « Ship ». Une compo paradoxalement imprimée sur un tempo motorik, alors qu’elle y glisse délicatement son timbre suave. Un rythme krautrock qui revient ponctuellement à la surface sur cet elpee, à l’instar d’« Exit strategy to myself ». La clarinette d’Angel Bat Dawid se frotte à des sonorités de trompette sur le jazzyfiant « Into the ice age », une piste qui frémit au gré des oscillations de synthés. Le multi-instrumentiste américain Ben LaMar Gay a composé le sombre « Oh sweet fire » et y partage le micro avec Markus. La voix de ce dernier est douce et fragile alors que celle de Ben, se révèle plus conquérante. Langoureux, légèrement teinté de dub et de jazz, ce morceau frôle l’univers trip hop d’un Massive Attack.

Outre les deux interludes instrumentaux, l’opus nous réserve également l’une ou l’autre composition plus romantique voire mélancolique. Dont « Into love / Stars », qui paradoxalement nous plonge quelques secondes dans le carnaval. D’« Into love again », morceau qui clôt cet LP, auquel participe le groupe japonais Zayaendo (au sein duquel on retrouve Saya). Ou encore du superbe « Loose ends », dont la fin de parcours se charge progressivement d’intensité électrique.

Enfin, on épinglera encore un « Night’s too dark » aux arpèges de sèche et surtout à la jolie mélodie.

Les 14 plages de cet LP se fondent les unes dans les autres, et défilent en suivant pour fil rouge, la voix fragile, vaporeuse et tellement sensible de Markus Acher.

En gravant « Vertigo days », le groupe allemand a de nouveau démontré qu’il était encore à la pointe de l’expérimentation dans sa fusion entre rock indé et électronica, tout en ne négligeant jamais l’aspect mélodique de ses compositions.

Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro/pop, mais à partir du moment où elle est créative et accessible, il ne peut que s’incliner…

The War On Drugs

Live Drugs

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Si votre serviteur n’est pas très emballé par les albums immortalisés ‘live’, il reste attentif à la moindre sortie de War on Drugs. Au fil du temps et de l’évolution de sa discographie, la formation portée (à elle seul) par Adam Granduciel s’est imposée comme une référence sur la scène rock. Remplissant les plus grandes salles, War on Drugs est un de ces groupes que l’on espère un jour, découvrir sur les planches…

Les dix plages de cet elpee sont issues de différents concerts accordés lors de ces deux dernières années (plus de 40 disques durs d’enregistrement !) Aux côtés des principaux titres des deux plus récents long playings (« Lost in the Dream » et « A Deeper Understanding ») du band philadelphien, figurent « Buenos Aires Beach » (il était paru sur « Wagonwheel Blues », son premier LP) et « Accidentally like a Martyr », une reprise de Warren Zevron.

A l’écoute de l’album, ce qui frappe d’emblée, c’est la capacité de War on Drugs à recréer sur scène le son si particulier des albums studio ; technique que maîtrise parfaitement, par exemple, Bob Dylan et Dire Straits. La voix et les guitares aériennes sonnent à l’identique, les claviers et les cuivres sont toujours subtilement dosés.

Mais si on retrouve bien la marque de fabrique déposée par War on Drugs, ce dernier parvient à apporter une dimension supplémentaire aux compos à travers des solos de guitare bien sentis (« Thinking of a Place ») et d’efficaces lignes de saxophone (« Eyes to the Wind », un titre au cours duquel la musique monte en intensité grâce son superbe crescendo).   

Après une heure passée à écouter « Live Drugs », l’envie de retourner dans une salle de concert nous démange. En attendant, il faudra se contenter de la formule des albums ‘live’…

Kings of Leon

When you see yourself

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En vingt années de carrière, Kings of Leon aura donc publié 20 albums studio. Et « When you see yourself » constitue son huitième. Si aux débuts, la musique proposée mêlait rock sudiste et blues, au fil du temps, le groupe issu de Nashville va y intégrer garage, post-punk et country. Mais en même temps, le mélomane va de plus en plus souvent avoir l’impression que les compos s’édulcorent en sortant d’un même moule. En outre, la sophistication de la mise en forme –à l’instar de ce nouvel opus, produit par Markus Dravs (Arcade Fire, Coldplay, Florence + the Machine), un disciple de Brian Eno– va également accentuer le phénomène.

Fondamentalement, cet opus n’est pas mauvais ; il est même agréable à écouter. Il recèle d’ailleurs quelques plages intéressantes et bien électriques, comme « The bandit » et sa ligne de basse ténébreuse, presque post punk. Ou encore « Golden restless age », dont les accords de gratte jacassent dans l’esprit d’un XTC. Des sonorités de cordes qui peuvent également devenir chatoyantes lorsqu’elles sont tirées d’une Rickenbacker, à la manière d’un George Harrison. Surprenant quand même, « A wave » surfe sur la vague d’Archive, lorsque le morceau monte en crescendo.

Là où le bât blesse, c’est lorsque la bande aux frères et au cousin Followill s’abandonnent dans des ballades tendres, romantiques, parfois mid tempo, en laissant les cordes gémir, un peu comme à l’époque dorée du hard FM.

Bref, un elpee sans grande surprise, qui devrait inévitablement satisfaire les nombreux fans du band, mais pas vraiment les mélomanes qui ne jurent que par l’indie rock…

InHuman

Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif…

Après avoir pris soin, au cours des dernières années, de faire évoluer sa musique, son style et ses performances, Anwynn a décidé de changer de patronyme afin de devenir un groupe percutant, sombre et ambitieux. Et il a choisi celui de InHuman. En gravant des titres comme "Keratin", "Shrine" ou encore une version symphonique du "Now I Lay Thee Down" de Machine Head, une nouvelle orientation semblait aussi naturelle qu'inévitable. Eponyme, le premier elpee s’attaque à de nouveaux thèmes lyriques et embrasse une dimension orchestrale, tout en s’ancrant plus profondément dans le death metal. En revenir aux airs folkloriques antérieurs n’était plus tellement opportun. Inspiré par la condition humaine, depuis ses moments de splendeur absolue aux regrets les plus profonds, cet elpee constitue un nouveau départ et augure d’un un avenir passionnant…

Le long playing a été enregistré et mixé au Nomad Studio par Julien Huyssens et les voix au Vamacara Studio, en France. Lors de sessions, le band a également reçu le concours du Chœur de l'Université de Gand. Enfin, les orchestrations ont été réalisées par Eerik Maurage. C’est Astrid, la claviériste, qui a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Tant chez Anwynn qu’InHuman tu as marqué et marques encore, de ton empreinte, la musique de ces formations. Mais quelles sont tes sources d’inspiration majeures ?

C'est partiellement exact. Mais pour ce nouvel album, l’influence des autres membres du groupe a également été très importante. Mes sources d’inspiration sont multiples. Et puis j’écoute aussi bien des bands de métal progressif, comme Devin Townsend, que hard tel que Machine Head qui est l'un de mes groupes préférés. Mais j’aime également la pop comme celle de Beyoncé. La plupart des autres musiciens apprécient le métal symphonique mais dans des styles très différents. Eerik, qui s’est chargé de nos orchestrations, est plutôt influencé par Dimmu Borgir, mais perso, je préfère SepticFlesh…

Votre musique est sombre, à la limite macabre. Vous vous y complaisez ?

Tu penses que notre musique est sombre ? (rires) Si tu penses à la partie la plus émotionnelle de l'obscurité, j’admets. Mais elle peut se révéler joyeuse et inciter les gens à danser, à s’amuser et à faire bien d'autres choses. Elle libère énormément d’énergie et lors de nos concerts, de nombreux spectateurs sautent et chantent les refrains. Tout dépend de l'humeur du jour… ou de la personne. 

En fait, c’est surtout l’intensité sombre de votre musique que j'aime… Et puis, on se sent à l’aise au sein du côté obscur de la musique.

Oui, mais on peut la percevoir de différentes manières. Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif… Je partage ton impression (rires). Elle est pertinente…  

InHuman, c’est quand même un peu une réincarnation d’Anwynn ?

Anwynn a entamé son aventure, il y a pas mal de temps. En 2010, on a vécu de nombreux changements de line up. Par conséquent, notre musique s’est également transformée. L’arrivée de nouveaux membres a inévitablement entraîné de nouvelles influences, et plus nécessairement issues du folk. Entre-temps, j'ai eu l'impression de vivre une époque complètement différente, et je suis aussi devenu une personne totalement différente. Donc ce concept 'InHuman' est fondamentalement distinct et prend une direction complètement différente de celle d'Anwynn. Les influences symphoniques y sont davantage marquées. Au fil du temps, je me suis rendu compte que non seulement nous avions changé de style, mais qu'il était également temps de changer de nom. C'est donc devenu un nouveau projet, avec un nouveau nom et un nouveau line up.

Mais pourquoi Inhuman ? Y a-t-il une vision derrière ce choix ? Et que reste-t-il des références folk ?

Nous nous sommes éloignés du folk metal et des paroles celtiques. Et même si on en retrouve parmi nos nombreuses influences, ce n'est plus du tout sous cet angle que nous allons aborder notre musique, maintenant. Nous étions libres de faire ce que nous voulions de la musique et des paroles. En fait, c'est plutôt psychologique et émotionnel. C'est donc une métaphore de l'évolution que nous vivons. Le tout a commencé sur ce que c'est d'être humain, et ce que c'est d'aimer l'humain. Et c'est précisément ce que nous voulions tous dire dans "InHuman" ; il dit ce qu'il veut dire…

Quelles sont les réactions, en général, face à ce changement de direction ?

Nous n'avons pu nous produire que trois fois sous le nouveau nom. C'était très amusant et les réactions étaient plutôt bonnes. Malgré la transformation, les fans étaient toujours aussi enthousiastes, à cause de la bonne dynamique et puis grâce à Kelly Thaans qui a pris le relais au chant aux côtés d'Eline.

Comme tu bosses dans la sphère de la psychiatrie, tu dois certainement être confrontée au comportement des gens ? Cette situation constitue-t-elle une source d’inspiration pour la composition, les textes et a-t-elle influé sur le patronyme de la formation ? Es-tu également inspirée par le cours de la vie quotidienne ?  

Oui, sans aucun doute. Tout en pensant à la santé de mes patients, je me soucie de ce qu'ils ressentent. Et c'est, en grande partie, ce qu’on retrouve dans les paroles et la musique.

Qu’est-ce que vous attendez du nouvel elpee ? Quels sont vos projets et vos ambitions à court et à moyen terme ? Et caressez-vous un objectif ultime pour le groupe ?

Vu la crise que nous traversons, il est difficile de répondre à cette question. Parce que pour l’instant, on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'essaie de ne pas y penser. Pour ne pas me projeter dans le futur. Des dates de concerts sont prévues en mai, j’espère simplement qu’on pourra nous y produire. En live ou en streaming ? Personne ne le sait. Donc, pas la peine de faire des projets, vu la période que nous vivons… Nous en avons certainement, mais je ne sais pas comment nous allons pouvoir les réaliser. Nous voulons cependant continuer à faire de la musique… Et en matière d’objectif, il se résume à un processus évolutif sans fin. Si vous en avez atteint un premier, vous voulez en atteindre un autre. Et ainsi de suite. L’ambition, c’est de poursuivre dans cette voie et de persévérer dans ce processus.

Alors, où te vois-tu (et vois-tu le groupe) dans 10 ans ?

Personnellement, je me vois dans un tas de genres musicaux différents, dans des styles différents. Métal ou pas métal. Pour InHuman, j'espère que nous pourrons toujours faire de la musique avec le groupe, et enregistrer de la musique. Et, comme je l'ai dit, que le processus dans lequel nous sommes engagés continue. Dans le style au sein duquel nous travaillons maintenant.

Malheureusement, je crains que vous ne puissiez jouer devant du public. Sauf en streaming, concerts auxquels j’assiste pour l’instant, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vous y êtes-vous préparés ? Que pensez-vous de ce concept ? Ce n’est pas la même chose, mais bon, il faudra peut-être y consentir…

Comme tu le dis, ce n'est pas du tout la même chose. Notre musique est très cinématographique et vous ne pouvez la ressentir que lorsqu’on la joue sur scène face à la foule. Pas devant un écran ou autre système similaire. Bien sûr, il faudra bien s’en contenter, s’il n’y a pas d’autre solution, mais nous préférons nous produire devant des spectateurs en chair et en os… Maintenant, oui je le reconnais, c’est le seul moyen de mettre le groupe en vitrine…

Les conséquences de la pandémie que nous éprouvons encore exercent un impact énorme sur la population. Comment as-tu traversé cette période comme musicien (et être humain) ?

Certaines répercussions sont positives, d’autre négatives. J'ai dû m’accorder une pause au sein du groupe, mais cette interruption m’a permis de prendre le temps de me remettre à jouer du piano. Ce qui est finalement bénéfique, car je ne pouvais plus y consacrer beaucoup de temps auparavant…

Et cette époque que nous traversons vous a-t-elle inspirée pour composer les morceaux de votre nouvel LP ?

Non, parce que tout était déjà enregistré et mixé avant le lockdown…

Penses-tu que la musique et la culture (mais aussi d'autres secteurs touchés comme l'horeca) vont survivre à cette crise ?

C'est une question difficile. Je pense qu'elle va se réinventer. Dans le bon ou le mauvais sens, je ne sais pas. Mais elles se régénéreront tôt ou tard, car l’histoire est faite de changements. La musique elle-même doit se réinventer de toute façon, comme elle l'a toujours fait. Peut-être que cette crise pourrait permettre à l’industrie musicale de se remettre en question et de repartir sur de nouvelles bases. Qui sait ? Est-ce un bien ou un mal ? Je n’en sais rien ! La suite sera aussi peut-être moins favorable qu'avant. Mais je pense que nous survivrons à cette crise, simplement parce que, dans le passé, la musique est toujours parvenue à surmonter les épreuves…

Si vous vous produisez dans le cadre d’un streaming, faites-moi signe et je rédigerai un compte-rendu à ce sujet. En espérant qu’on puisse vous applaudir bientôt sur les planches. Même dans un environnement corona proof.

CARM

37d03d

Écrit par

CARM, c’est le projet de CJ Camerieri. Trompettiste et corniste, il est surtout connu pour son rôle de musicien de studio. Il a ainsi et notamment participé aux sessions d’enregistrement d’albums de Paul Simon, Bon Iver et Sufjan Stevens. Et dans le même esprit, il a également cofondé YMusic, un ensemble de musique de chambre qui a déjà décroché quelques prix. A force de collaborations, il s’est forgé un fameux cercle d’amis. Dont certains sont venus l’épauler pour concocter ce « 37d03d ». Et tout d’abord Sufjan Stevens sur « Song of trouble » une plage d’entrée qui donne le ton à cet elpee : il sera généreusement cuivré ! Que ce soit à travers, les orchestrations ou les interventions de Camerieri à la trompette ou au cor d’harmonie. Mais également et circonstanciellement, le concours d’un tromboniste, d’un saxophoniste, d’un second trompettiste et autres préposés aux instruments à vent, 

Justin Vernon (Bon Iver) contribue à deux pistes. Il se charge des synthés tout au long de « Slantwise », un titre qui vire parfois au free jazz. Puis se réserve le micro sur le gracieux « Land », une compo au sein de laquelle on ressent bien le lyrisme emblématique de Vernon.

Georgia Hubley et Ira Kaplan (Yo la Tengo) murmurent tout au long de l’atmosphérique et cotonneux « Already gone ».

Mouse on Mars est préposé aux beats sur l’expérimental « Scarcely out », une plage issue d’un crossover étrange entre acid house, garage UK, breakbeats instrumentaux, free jazz et bruitages de jeux vidéo. Shara Nova (My Brightest Diamond), pose une voix de plus en plus échantillonnée au fil de « Tapp », un morceau truffé de bruitages et de pulsations.

Le producteur et Dj techno Dustin Zahn sculpte « Nowhere » dans la techno minimale, une piste qui s’ouvre à une bande sonore de western spaghetti, mais s’autorise, une nouvelle fois, une envolée dans le free jazz.

Bref, une œuvre originale au cours de laquelle ce sont les cuivres et non les voix qui mènent la barque…

Lambchop

Trip

Écrit par

On ne présente plus Lambchop, une formation réunissant des vétérans, dont le chanteur et leader, Kurt Wagner, possède une voix si particulière…

Depuis Nashville, elle publie, avec une régularité de métronome, des albums de country alternative délicieusement teintés de soul. « Trip » nous invite à voyager à travers quelques-unes de ses influences via 6 reprises bien senties. Depuis Wilco (les 13 minutes de « Reservations »), à Stevie Wonder (« Golden Lady ») en passant par les Supremes (« Love is Here and Now You’re Gone ») et même Yo La Tengo (l’inédit « Weather Blues »). Ce mélange des genres colle parfaitement à ce grand écart quasi-permanent cher à Lambchop accompli entre la soul ancestrale et l’indie americana contemporaine. Un bien beau « Trip » dont les morceaux sont totalement transformés par le son si particulier du groupe texan...

Sneaks

Happy Birthday

Écrit par

Eva Moolchan, aka-Sneaks, assène, depuis sa base arrière de Washington DC, ses uppercuts, à la fois dans l’esprit hip-hop et post-punk. Un mix très ‘DYI’ pas vraiment usuel sur l’honorable maison Merge, malgré la prédisposition du label pour le post-punk. Le ton est résolument engagé et féministe, mais vu la place plus conséquente prise par la house et le hip hop, le résultat s’avère plus facile d’accès qu’auparavant. En à peine moins de 30 minutes, « Happy Birthday » s’érige en incarnation parfaite des mouvements sociaux actuels (MeToo et Black Lives Matters en tête) … ‘A better humanity for you and you and you / For all the black people / A better humanity’. Une version ‘consciente’ de LCD Soundsytem !

Neil Young

Way down in the rust bucket

Écrit par

Neil Young n’en finit plus de publier des albums. En fait, il s’agit d’un nouveau volume de la série ‘Performance’ des archives du loner. Et après avoir pris la peine d’en avoir écouté quelques longues heures, il faut savoir que ces sorties vont encore se multiplier, dans les mois, voire les années futures.

Double album, « Way down in the rust bucket » a été immortalisé le 13 novembre 1990, au Catalyst de Santa Cruz, en Californie ; un set destiné à rôder la future tournée ‘Ragged glory’. L’opus recèle donc une majorité de titres de ce disque, mais nous réserve également d’inévitables classiques, dont les incontournables « Like a hurricane », « Cinnamon Girl » et une version chargée de feeling de « Cortez the Killer ». 

Petit historique, « Ragged glory » est une œuvre célébrant les retrouvailles de Neil et de son Crazy Horse, après trois années de bisbrouille avec le bassiste Billy Talbot et le batteur Ralph Molina. 

Aux grattes, Young et Frank ‘Poncho’ Sampredo sont toujours aussi complémentaires. A la fois mélodieuse et vivifiante, l’intensité électrique libérée vous remue littéralement les tripes. A tel point qu’à un certain moment, vous vous mettez à rêver d’un retour à la normale, afin de savourer une fois encore un concert de Neil Young et de son Crazy Horse sur les planches. Et il ne faudra pas trop gamberger, car Neil a fêté ses 75 balais en novembre dernier et si la scène, c’est aussi sa vie, il ne faut pas oublier qu’il a aussi l’âge de ses artères…

Sur les titres 19 proposés, trois sont cependant dispensable. En l’occurrence « Farmer Joe », une cover liquoreuse de Don Harris et Dewey Terry, le très léger « Roll another member (for the road) » et le plus glam « Homegrown ». A contrario, on épinglera encore les versions épatantes de « Love to burn », « Fuckin’ up » et « Love and on ly love ». A noter enfin, la présence de « Danger bird », un morceau issu de « Zuma » qui n’avait alors jamais été joué en ‘live.

Le set fait également l’objet d’un DVD sur lequel figure « Cowgirl in the sand », mais le morceau n’a pas été retenu pour le disque, car jugé de qualité sonore insuffisante…

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