Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Viagra Boys
L7

This Is The Kit

Off Off On

Écrit par

Fondé en 2003, This Is The Kit est apparemment une formation appréciée par ses pairs. Ce qui lui a notamment permis de tourner en supporting act de The National, Sharon Van Etten, d’Iron & Wine ou encore Herman Dune. Mais aussi de bénéficier du concours de producteurs émérites. John Parrish (PJ Harvey) sur le premier et quatrième opus. Aaron Dessner, guitariste au sein de The National, lors du quatrième. En retour, Kate Stables avait, de son côté, participé aux sessions d’enregistrement de l’album « I Am Easy to Find » de The National. Et de nouveau, Aaron est venu apporter sa collaboration –au piano– sur « Shin bone soap », une chanson délicate qui traite des thèmes de l’amour et de la solitude. Une compo magnifiée par la voix versatile, très british de Kate, souvent comparée à celle de feu Sandy Denny. D’ailleurs à l’instar du Fairport Convention de l’époque, soit entre 1969 et 1978, This is The Kit pratique une forme de folk/rock. Mais un folk rock bien contemporain, pétillant, plus riche qu’on ne pourrait l’imaginer. Cette ligne de basse discrète mais efficace, le drumming souple ainsi que les incursions judicieuses, mais ponctuelles des claviers (piano, synthés) y contribuent inévitablement. Mais surtout ces arrangements, parfois de cordes, souvent de cuivres (NDR : vu la présence d’un quatuor dévolu pour ce rôle) laissant parfois le saxophoniste ténor se réserver des interventions jazzyfiantes. Joués en picking, le banjo et la sèche raffinent l’expression sonore. Ainsi que les interventions de gratte électrique, aussi parcimonieuses qu’élégantes. Et en final, toutes ces cordes (acoustiques, semi-acoustiques, électriques) s’enchevêtrent, un morceau de plus de 6’, dont le climat pourrait rappeler The National (« Keep going »), mais en moins rock...

Hormis deux plages lancinantes un peu trop tendres et indolentes au goût de votre serviteur, dans le style, « Off Off On » est un bien bel album.

Et pour que votre info soit complète sachez que c’est Josh Kaufman, le parangon de l’alt folk, qui s’est chargé de la mise en forme.

Girl Friday

Androgynous Mary

Écrit par

Premier long-playing pour Girl Friday, un quatuor féminin issu de Los Angeles. Un opus qui fait suite aux Eps « Tiny hats », paru en 2017 et « Fashion Conman », en 2019.

Oscillant entre post punk et rock indé, la musique de Girl Friday est à la fois mélodieuse et percutante. D’abord il y a ces harmonies vocales tantôt exquises, allègres, glapissantes et susceptibles de se muer en slogans comme chez Mourn (NDR : le tumultueux « Earthquake ») ou encore lugubres et fiévreuses (NDR : l’énigmatique et menaçant « Eaten thing »), cette ligne de basse cold, profonde, et puis cette électricité dispensée par deux grattes aux sonorités tour à tour discordantes, croquantes, cristallines, caustiques, déchirantes ou même filandreuses, capable de libérer une intensité réminiscente du Paisley Underground (« Favorite friend ») ou dans l’esprit d’un House of Love (l’excellent « What we do it for »). Plus surprenant encore, cette voix particulièrement aigüe qui pimente le gothique « Clotting ».   

Enfin, on épinglera encore les textes qui suscitent la réflexion, abordant des sujets comme la lutte entre l’espoir et le désespoir tout épanchant des émotions telles que le chagrin et la mélancolie…   

Un chouette album !

Last Quokka

Unconscious drivers

Écrit par

« Unconscious drivers » constitue le quatrième elpee de cette formation australienne, issue de Perth très exactement, responsable d’un punk/rock sombre aussi féroce que brutal. Une musique destinée à véhiculer des textes sociopolitiques engagés et notamment antifascistes, non dénués d’humour, proférés d’une voix impérieuse, parfois à travers des slogans, par Trent Rojahn…

Découpé en 10 pistes, cet LP alterne titres bien frénétiques et morceaux qui s’ébrouent lentement ou sur un mid tempo, avant de monter dans les tours. Il y a bien des exceptions qui confirment la règle. A l’instar de « Punks in the Palace » qui varie constamment de rythme. Et puis du superbe titre final, « Pictures of the end », aux nuances plus subtiles. Fiévreuse, l’atmosphère est constamment prête à éclater, mais sans jamais y parvenir, créant une tension permanente. Et puis, il y a ce drumming tribal ainsi que ces interventions du violon spectral qui traversent cette piste nourrie à la cold wave et au jazz. Enfin, imprimés sur un tempo métronomique, « Wake up Geoff » et « People » rappellent le fameux 4/4 des Ramones. Une bonne surprise !

Mourn

Self worth

Écrit par

Victor Álvarez Ridao parti, c’est donc Antonio Postius qui le remplace aux drums. Tout au moins pour cet LP. Les trois autres filles sont cependant, toujours au poste. « Self Worth » constitue le quatrième elpee de ce quatuor barcelonais. Toujours aussi sauvages que sur les trois précédents –pour la plupart– les compos baignent dans le post punk et servent de caisse de résonance à des textes qui reflètent notamment l’angoisse, la frustration et la colère, un peu dans l’esprit des groupes féministes du mouvement Riot Grrrl (Sleater-Kinney, Bikini KIll). Cette colère est très palpable dès le morceau qui ouvre le long playing, « This feeling is disgusting ». Tout comme sur l’implacable « Stay there », une piste qui lorgne vers le hardcore de Fugazi. Si on ne tient pas compte des voix, bien sûr. Des harmonies vocales passionnées, mais bien féminines. Elles claquent comme des slogans hip hop sur l’hymne menaçant et féroce « Apathy », une plage qui démontre que Mourn est une véritable machine à riffs. Tout comme sur l’offensif « Worthy mushroom ». Argentines, elles collent parfaitement au plus shoegaze « It’s a frog’s world » (NDR : faut dire que l’une des deux chanteuses emprunte parfois des inflexions à Björk, époque Sugarcubes). Et véhémentes, elles rappellent les Slits sur « I’m in trouble », un punk old school sombre, à la tension permanente.

Dépassant rarement les 3’, les morceaux sont donc bien électriques ; et soutenues, la plupart s’enflamment à la moindre occasion. Ainsi, des cordes de gratte joyeusement discordantes illuminent le presque new wave « Gather, really ». Elles se révèlent carillonnantes lors du morceau final, « The family’s broke », bien stimulées par la ligne de basse mordante et le drumming remarquablement souple. D’ailleurs, il faut le souligner, derrière ces fûts, Antonio a parfaitement pris le relais…

JARV IS…

Beyond the pale

Écrit par

En 2017, Jarvis Cocker avait monté une formation destinée à se produire en public et l’avait baptisée du curieux patronyme JARV IS… Un sextuor qui, au départ, n’avait nullement l’intention d’entrer en studio. C’est Geoff Barrow, membre fondateur de Portishead, qui a incité le groupe à sortir cet elpee. Et finalement, le combo a réutilisé quelques morceaux immortalisés en ‘live’, après avoir retravaillé la matière première, en y ajoutant, notamment, des overdubs.

Première constatation, même si l’instrumentation organique est bien présente (guitare, basse, batterie, violon, harpe, piano, percus, etc.), l’électronique l’est tout autant. Et puis les compos sont longues ; sur les 7 titres, 3 dépassent les 6 minutes.

L’opus s’ouvre par « Save the whale », une plage tapissée de chœurs féminins que murmure Jarvis, à la manière d’un Leonard Cohen. Des chœurs que l’on retrouve sur le dansant « House music all night long » et le final « Children of the echo », une piste dub qui laisse filtrer des élans psychédéliques. Et ces backing vocaux sont carrément emphatiques sur « Am I missing something ? », un morceau dynamisé par des sonorités de marimba, qui met enfin bien en exergue, la voix haut-perchée de Cocker.

Deux compos s’écartent cependant du climat général de cet LP. Tout d’abord, « Swanky modes ». Une ballade mid tempo qui combine basse dubwise et piano jazzyfiant ; et dont les thèmes abordés (la pitié, le désir, le regret, le sexe, la drogue, la célébrité et le vide, notamment) raniment le souvenir de « This is hardcore » de Pulp…

Jon Lindsay

Cities & Schools

Écrit par

Coleader de The Young Sons, Jon Lindsay mène en parallèle une carrière solo depuis 2009. Paru en 2016, « Cities & Schools » constitue le 3ème chapitre de cette échappée en solitaire. Une œuvre gravée dans le bois power-rock (les Fountains of Wayne ne sont jamais loin) parementé d’americana pur jus. Un mélange galvanisant entre les harmonies **** étoiles chères à Weezer et un esprit de l’Amérique profonde institué par Gram Parsons et bien incarné par le Whiskeytown de Ryan Adams, au cours de la seconde moitié des nineties…

Faten Kanaan

A mythology of circles

Écrit par

Derrière le buste de dieu grec qui illustre la pochette de « A Mythology of Circles » se cache une musicienne allemande aux racines moyen-orientales. Etablie à Brooklyn, elle développe, depuis quelques années, une musique électronique harmonieuse et hypnotique essentiellement basée sur des synthés analogiques. « A mythology of circles » constitue son quatrième album, un disque paru chez Fire, un label qui héberge, notamment, Black Lips, Sebadoh ou encore The Chills.

Tout au long de cet elpee exclusivement instrumental (NDR : encore qu’on y décèle des échantillonnages de chœurs), elle nous plonge au sein d’une atmosphère empreinte de cosmologie, de mythologie et de mysticisme, en superposant des boucles de sonorités tant futuristes, classiques (flûte, hautbois, harpe, piano …) que traditionnelles et même insolites (une boîte à musique, par exemple).

S’il existe des mélodies, elles sont difficilement détectables ; c’est sans doute la raison pour laquelle cette œuvre est à aborder comme un concept. Une œuvre cinématographique, ambient, idéale pour s’autoriser une bonne séance de relaxation…

Cali

Cavale

Écrit par

Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature que, bien sûr, de la musique. 

Pour concocter ce neuvième opus, le troubadour de la chanson française s’expose encore un peu plus en opérant un virage à 180 degrés. Surprenant quand même !

Transgressant ses propres codes musicaux, il apparaît aujourd’hui à travers un prisme électro-pop à mille lieues des pas de Léo Ferré, dans lesquels il marchait, en reprenant ses textes, dès 2018.

Bruno Caliciuri à l’état-civil, propose donc un disque à quatre mains découpé en onze chapitres qui s’inscrivent dans l’optique d’un véritable renouveau.

Bénéficiant du concours d’Augustin Charnet, réalisateur, compositeur et pianiste âgé de vingt-trois ans, il livre ici plus qu’un album, puisque « Cavale » constitue le troisième volet d’un triptyque au sein duquel figurent un livre (NDR : paru l’an dernier ‘Cavale ça veut dire s’échapper’ constitue par ailleurs la   dernière réplique de la pièce de théâtre Cowboy Mouse de Patti Smith, dans laquelle il a joué en 2014), mais aussi un court-métrage.

Les instruments organiques s’invitent tout au long de cet opus, soutenus par la voix singulière d’un Cali dont la verve est on ne peut plus prolifique et intimiste.

L’artiste traite de sujets qui lui sont chers : la quête de l’amour (« Une séparation »), l’obsession de la vie (« Je voudrais vivre heureux ») ou encore l’absence du père (« Mon fils, ma vie »).

Des thématiques qui viennent souligner une expression sonore où les guitares foisonnent, les nappes de synthés se lâchent et le drumming cogne, dans l’esprit de la pop anglo-saxonne.

Lumineuses, les plages de cet LP sont humanistes, mais surtout profondément humaines. Particulièrement introspectif, nostalgique même, Cali confesse avec une sincérité désarmante tout en affichant un bel élan d’empathie, ce qu’il connaît au fond le mieux : lui-même ; tout en regardant dans le rétroviseur les 15 dernières années de sa vie…

Grand Corps Malade

Mesdames

Écrit par

Depuis la nuit des temps, elles nous élèvent, nous encadrent, nous enivrent de leur amour, nous soutiennent au quotidien et sont devenues les véritables confidentes de l’homme. Paradoxalement, pourtant, elles font encore trop souvent l’objet de brimades et d’injustices infâmes.

Elles, ce sont les femmes. Toutes les femmes ! Chacune dans son individualité. De Rosa Parks à Simone Veil, en passant par nos femmes ou nos mères. Celles qui impactent immanquablement nos vies à travers des gestes, une grande dose d’affection, une oreille attentive ou parce qu’elles ont consacré leur vie à défendre une cause juste et noble.

Grand Corps Malade, devenu slammer (presque) par accident, leur rend un hommage vibrant à travers un album concept !

Lui qui a toujours été attentif à la condition féminine, s’entoure ici d’une brochette aussi riche que variée, jonglant aussi bien avec les âges que les styles.

Réunissant donc pas moins de neuf talents d’horizons différents, tant du côté du monde de la chanson (Sanson, Louane), de la musique (Julie et Camille Berthollet) ou du cinéma (l’actrice Laura Smet), sans oublier les jeunes artistes émergents (Manon), Fabien Marsaud réussit ici un exercice de haut vol fait d’échanges multiples et d’histoires éclectiques.

Propulsé par la ballade lacrymale « Mais je t’aime », issue de l’imagination fertile de Camille Lellouche, GCM ne se contente pas de parler des femmes, il les entend à travers une multitude d’histoires qui ont le plus souvent été écrites à quatre mains pour mieux recentrer les différences au centre du débat dans chacune des chansons.

Le Français qui se démarque depuis près de quinze ans maintenant de ses contemporains, en proposant des textes engagés, ne fait pas exception à la règle, à l’instar de « Pendant 24H », interprété en duo avec Suzane, qui s’imagine si hommes et femmes se retrouvaient dans le corps du sexe opposé le temps d’une journée. Ou lorsqu’il dénonce l’inégalité des chances (« Les enfants du désordre »)

Deux ans après la sortie de « Plan B », un an après celle de son film (‘La vie scolaire)’, salué unanimement par la critique, le septième opus studio, intitulé tout naturellement « Mesdames », est un véritable chef d’œuvre décortiqué en dix chapitres.

Plus qu’un disque, un plaidoyer pour la défense des droits féminins. Un disque enjoué par et pour des femmes ébranlant (enfin) une hégémonie masculine encore trop présente dans notre culture.

Bref, comme il le dit si bien, l’avenir appartient à celles que l’on aime trop…

The Buttshakers

Sweet Rewards

Écrit par

The Buttshakers est une formation française qui pratique une soul revivaliste. Mais ce band peut s’appuyer sur la présence d’une chanteuse issue de Saint-Louis, dans le Missouri. Sa voix est puissante. Elle a du coffre, quoi ! Parfois, elle rappelle celle de Tina Turner. Mais Ciara Thompson n’est pas laissée à son triste sort, puisque les musicos lyonnais sont capables de libérer une belle énergie pour faire la différence. « Sweet Rewards » affiche un réel potentiel. Entre r&b et funk (« Hypnotized), les plages sont généreusement cuivrées, quelquefois infiltrées de claviers rognés, et pour la plupart endiablées, elles baignent au sein d’un climat réminiscent des 60’s…

La Motown sur les bords du Rhône… Rien de neuf à l’horizon, mais une œuvre ‘vintage’ plus que bien exécutée…

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