Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Swans

Leaving meaning

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« Leaving meaning » constitue déjà le quinzième album de Swans, et suivant son habitude, Michael Gira et sa troupe se sont montrés généreux. Très généreux, même, puisque cet elpee est double et propose une heure trente de musique en 12 morceaux. A propos de troupe, le New-yorkais, outre son backing group et plusieurs membres d’Angels of Light, a reçu le concours de toute une volée de collaborateurs. Dont son épouse Jennifer et les sœurs Anna et Maria von Hausswolff, aux chœurs, ainsi que Jeremy Barnes et Ben Frost, ce dernier assurant également la mise en forme. Soit 18 musicos, en tout !

A l’instar de l’œuvre de Michael Gira, et tout particulièrement chez Swans, les compos sont ténébreuses, angoissantes, hypnotiques, reptiliennes, parfois propices à la transe. Un sentiment de fausse quiétude envahit cependant le plus folk « Annaline », une plage trempée dans le minimalisme atmosphérique. Mais également « Amnesia », un morceau au cours duquel les voix féminines semblent pousser des cris de chauves-souris. Incantatoire, « The hanging man » réveille le souvenir du « Whatevershebringswesing » de Kevin Ayers, mais parcouru de volutes bouddhistes psalmodiées, alors que des sonneries de passages à niveau accentuent la perception d’angoisse. Des voix (les sœurs von Hausswolff, bien sûr et celle shamanique de Gira) qui entretiennent un climat gothique, tout au long de « Sunfucker », malgré la présence discrète de cuivres jazzyfiants, assurés par le trio de jazz noir The Necks, une section de cuivres australienne notoire pour ses impros. Elle est bien plus présente tout au long de « The Nub », une compo à la progression sinueuse, latente et lugubre. Valse mid tempo, « It's Coming It's Rea » est littéralement porté par les chœurs chatoyants et lumineux des frangines von Ausswolf. Paru en single, ce titre est également le plus accessible. Ritournelle quasi-liturgique (NDR : cet orgue !), « Cathedrals of heaven » s’enfonce progressivement dans le psychédélisme éthéré du « More » de Pink Floyd. Un rayon de soleil éclaire quand même « What is this ? », une composition atmosphérique qui nous entraîne au cœur d’un Mercury Rev. L’album s’achève par « My phantom limb ». Cette finale réverbère des échos spectraux et des harmonies vocales désynchronisées qui finissent par se démultiplier jusqu’à l’infini.

Fallait quand même en parler, mais existentialistes, les lyrics traitent du chaos et de l’effondrement du monde contemporain. Pas une surprise, puisque Gira revient régulièrement sur le sujet. Bref, les aficionados d’Angels of Light et de Swans devraient être aux anges (?!?!). Pour le mélomane lambda, l’écoute de cet album risque d’être épuisante et déprimante, à moins que vous ne l’abordiez avec un sens du 2ème voire 3ème degré. Une chose est sûre, on ne peut pas dire qu’au cours de sa carrière, Michael Gira (NDR : il est aujourd’hui âgé de 65 balais) ait accepté le moindre compromis. C’est tout à son honneur, même si le personnage est plutôt hermétique, quand on s’intéresse à son discours…

Test Dept

Disturbance

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Dans l’univers de la musique industrielle, Test Dept (ou Test Department) a vraiment marqué les eighties de son empreinte. Et pas seulement à cause de sa musique, mais aussi parce qu’il a pris parti pour la classe ouvrière britannique sous le mandat de Margaret Thatcher. Aujourd’hui, il est considéré comme un vétéran du style. Son dernier elpee, « Tactics of evolution » remontait quand même à 1997. A partir de cette époque, les différents membres du groupe se sont lancés dans d’autre projets artistiques et culturels. Et puis, en 2014, Graham Cunnington et Paul Jamrozy ont décidé de remonter le combo sous un nouveau line up et de repartir en tournée. Cinq ans plus tard, Test Dept publie donc son 14ème elpee. Et son titre est toujours aussi engagé. « Disturbance » reflète l’état d’une société en crise, victime d’un néo-libéralisme qui a entraîné l’austérité, le chômage et l’inégalité entre les revenus, mais également s’inquiète de la menace imminente d’un conflit nucléaire…

Découpé en 8 pistes, cet LP nous rappelle que s’il a été influencé par Cabaret Voltaire, Test Tept a aussi influencé Einstürzende Neubauten et même Front 242. Il est d’ailleurs amusant de retrouver ces références électro/indus ou électro/body/music (EBM) tout au long de cet opus. A l’instar de Laibach, l’hymnique « Speak truth to power » a recours aux synthés orchestraux. Plus paisible voire lunaire, « Debris » baigne au sein d’une forme d’ambient. Sombre et tourmenté, « Full spectrum dominance » est sous tension permanente, mais n’explose jamais, nous réservant des échantillonnages de voix de dictateurs, de tribuns ou de chefs-terroristes que la foule acclame. Le meilleur morceau est pour la fin, « Two flames burn ». Oriental, son intro évoque celui du « Larks’ tongues in aspic » de King Crimson, motif qui réapparaît au fil d’une plage grimpant progressivement en intensité, sur des rythmes et des chœurs martiaux, avant de s’achever par un glas à vous glacer le sang... Un album vraiment perturbant…

Antoine Goudeseune

Antoine Goudeseune plays The Beatles

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Le Zik-Zak a entamé sa saison d’été le 3 juillet dernier par le concert de Fred and The Healers. Vu le déconfinement, les salles de moins de 250 personnes peuvent réouvrir leurs portes, bien-sûr en respectant la distanciation sociale et en autorisant un nombre limité de spectateurs. Soit un maximum de 60 âmes. Pour se déplacer, il faut porter le masque. Assis à une table, vous pouvez l’ôter. Dans la salle, il ne manque que Zorro et son fidèle étalon Tornado. Seul l’artiste qui se produit sur les planches n’est pas masqué. Ce vendredi 10 juillet, place à Antoine Goudeseune, un grand admirateur des Beatles. Une passion qu’il assouvit en interprétant leurs chansons à la guitare, en fingerpicking. Si en 2012, il avait intitulé son premier elpee, « Fingerpicking The Beatles », il a baptisé les deux suivants « Abbey Road » et « Let it be », parus respectivement en 2014 et en mai dernier, deux long playings enregistrés aux studios Abbey Road. Pour le premier, il avait reçu le concours de Mathias ‘IA’ Eklundh, du groupe Freak Kitchen, sur « Here come the sun », un LP exclusivement instrumental. Lors du deuxième il a bénéficié de la participation de Jacques Stotzem, de Fred Lani ainsi que de Julie Compagnon (si, si, celle qui faisait partie de l’équipe de l’émission ‘On n’est pas des pigeons » présentée alors par Sébastien Nollevaux), sur l’un ou l’autre titre…  

La première partie du set débute à 20h30 précises. Antoine Goudeseune s’installe sur son siège haut et salue le public. Il se sert d’une gratte semi-acoustique, d’un looper et d’un Mac.

Antoine relate avant de débuter chaque chanson, l’historique de chaque chanson et ce qu’il ressent, en l’interprétant. L’interactivité avec le public est parfaite.

Il entame sa prestation par « For You Blue ». Les sonorités de cordes sont fidèles aux originales. Puis embraie par « Come Together », en prenant soin de respecter les arpèges. « Don’t let Me Down » succède à « With a little help from my friends ». Antoine a décidé de puiser essentiellement dans ses deux derniers opus pour la setlist. On a l’impression de replonger un demi-siècle dans le passé. Pas de Fred Lani en chair et en os pour « One after 909 », mais bien sa partition à la ‘six cordes électrique’ qui émane du Mac.

Le concert est presque exclusivement instrumental, sauf sur deux morceaux, pour lesquels Julie Compagnon vient poser la voix. Soit la dernière chanson de la première partie, « The Long And Widing Road » et la dernière de la seconde, « Across The Univers ». Et ma foi, superbe et juste, sa voix est capable de monter très haut dans les aigus.  

Le second volet commence par une cover magistrale du tube « Ob-La-Di, Ob-La-Da », une piste qui figurait sur le « Double blanc », œuvre pourtant la plus expérimentale du quatuor. Oui, c’est vrai, la vie continue, comme nous raconte cette chanson bien de circonstance. Hymne à la nature, « Mother Nature’s Son » rappelle le séjour des Fab Four en Inde.  

Eric Clapton assurait la fameuse partie de guitare sur « While my guitar gently weeps » que chantait George Harrison. Ce dernier expliquait d’ailleurs que la présence d'un invité incitait toujours les Beatles à masquer les conflits ; car à l’époque, les tensions étaient très vives entre les quatre de Liverpool…

Finalement le temps a passé très vite. Un vrai régal pour les tympans délicats…  

Setlist partie 1 :

« For You Blue »,« Come Together », « With A Little Help from my friends », « Don’t Let Me Down », « I Want You », « Dig A Pony », « Two Of Us », « Penny Lane », « Strawberry Fields », « Here Come The Sun », « One After 909 » feat Fred Lani en virtuel, « The Long and Winding Road » feat Julie Compagnon

Setlist partie 2 :

« Ob-La-Di, Ob-La-Da », « Mother Nature’s Son », « While My Guitar gently weeps », « Helter Skelter », « Something », « Eleanor Rigby », « I Me mine », « I’Ve Got A Feeling », « Golden Slumbers / CTW», « Let It Be », « Across The Universe » feat Julie Compagnon. 

(Organisation : Zik Zak)

Songe d’une nuit BW 2020 : vendredi 17 juillet

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Le cadre est magnifique. Les trois scènes ont été installées à des endroits différents, mais en prenant soin de préserver le coup d’œil sur les étendues d’eau des carrières, considérées comme formant un des plus beaux sites de Wallonie. Eclairé, le parcours réunit des groupes de 50 spectateurs accompagnés par des guides bénévoles. Un petit trajet de 1 200 mètres qui longe le haut de la carrière afin d’accéder aux 3 scènes. La distanciation sociale est très bien respectée. Pour une première organisation, c’est vraiment parfait et chaque équipage est complet. Un équipage constitué de 3 ou 4 artistes qui joueront chacun à 5 ou 6 reprises des sets de 30 minutes. C’est un peu court, mais le showcase est d’autant plus captivant. De quoi espérer une prochaine édition en 2021. Dix-huit artistes belges vont se succéder sur les quatre podiums pendant trois jours. Blanche remplace Saule au pied levé. Il s’est blessé au pied. Le soleil est au rendez-vous. Quoi de mieux pour espérer une superbe rentrée musicale des festivals intimistes

Le premier podium est planté au milieu des fleurs et laisse apparaître, en arrière-plan, des roseaux. Elodie Delvaux, aka Blanche, va s’y produire. D’origine namuroise, la jeune fille s’est révélée lors de sa participation à la saison 5 du ‘télécrochet’ The Voice Belgique, en 2016, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle a également été sélectionnée pour représenter la Belgique, lors de l’édition 2017 du concours Eurovision, qui s'était déroulé à Kiev, et au cours duquel elle avait interprété « City Lights », une chanson écrite par Pierre Demoulin, le chanteur et leader du band liégeois Roscoe. Elodie avoue ne pas être habituée à se produire en mode piano/voix. Elle est généralement accompagnée d’un groupe. Elle demande un autre siège et de l’aide afin que le synthétiseur soit à la bonne hauteur. Timide, elle signale qu’elle doit encore regarder son clavier et sentir ses doigts parcourir les ivoires. Sa voix est douce et mélodieuse. De son répertoire, elle a choisi cinq extraits de son premier album « Empire », paru en mai dernier. Elle ouvre son set par le titre éponyme de son elpee. Si le morceau est ténébreux, sa voix est cristalline, et sa montée en puissance dans les aigus est impressionnante. Une compo empreinte de mélancolie qui évoque une certaine Lanna Del Rey. Hymnique, « 1.2. Miss You » traite du manque d’affection et de la perte d’un être cher. Blanche s’épanche avant d’attaquer « Only You ». Elle aime bien être seule, mais le partage est quelque chose de primordial. En version dépouillée, donc sans percus et électro, les émotions sont davantage palpables. « Moment » parle de la vie au présent. Il faut essayer d’oublier ses doutes et ses peurs. On doit apprendre à se laisser vivre et à profiter du moment présent… Elle accorde un encore sous la forme d’une reprise de London Grammar. Blanche est programmée comme artiste ‘découverte », ce 11 septembre à l’AClub.  

Cap vers la seconde scène où nous attend le duo Juicy. Sasha et Julie sont en pleine forme et impatientes de retrouver le ‘live’ après ce long confinement. La setlist prévoit 5 chansons. Montée sur ressorts, Sasha met d’emblée le feu aux poudres. Dans sa danse folle, elle laisse tomber son I-pad placé au-dessus de ses claviers. Lors d’un concert de Juicy, il se produit toujours un incident technique. Ce qui rend finalement chaque prestation différente. Après « Seed And Ride », le tandem attaque « Mouldy Beauty ». C’est au tour de Julie d’être perturbée. La cymbale est tombée sur les planches. On n’y voit pas grand-chose, mais le show est plaisant. Le public est chaud-boulette et la pression monte encore d’un cran. Les filles esquissent un pas de danse et certains spectateurs se mettent également à leur emboîter le pas. D’autant plus que l’entraînant « Mama Told Me » dynamite littéralement l’assemblée. Sasha néglige la guitare, ce soir. Mais votre serviteur est aux anges, puisqu’on lui réserve « La boulette » de Diam’s. Rien que pour lui ! Et puis, par gourmandise, il va assister à un second set de Juicy. Sans la moindre anicroche côté matos. Un concert particulièrement vitaminé. Partout ou Juicy passe, le public est incapable de rester de glace. Juicy se produira le 3 octobre 2020, dans le cadre des Nuits Botanique, accompagnée de 23 musiciens. Les places sont limitées. A l’issue du set, les filles ont confié être heureuses d’avoir pu retrouver les planches, et que cela faisait un bien fou…

Setlist : « Seed And Ride », « Mouldy Beauty », « What You Can’t Confess », « Mama Told Me », « Count Our Fingers Twice ».

Le troisième podium est plus grand. Il est réservé à Balimurphy pour 30 minutes de démonstration. Le line up réunit le drummer Mathieu Catala, les deux gratteurs François Delvoye et le barbu chantant Cédric Van Cailli, sans oublier le contrebassiste Rodolphe Maquet et le claviériste/violoniste Martin Lauwers.

Depuis 1999, cette formation bruxelloise est parvenue à créer un univers bien personnel, grâce à des textes signés Catala et Delvoye et la musique, Cédric Van Caillie. En un peu plus d’une décennie, elle a acquis une solide expérience scénique en se produisant aussi bien en Belgique, qu’à l’étranger, tant sur de petites scènes, que lors de grands festivals. A ce jour, elle a gravé 5 elpees, dont le dernier, « Nos voiles », est paru en 2017.

« Echos » ouvre la prestation tout en douceur. Progressivement, les percus s’incrustent alors que d’abord vaporeuses, les sonorités traitées à la slide s’autorisent des envols plus sauvages. Harmonieuse et talonnée par des accords de gratte semi-acoustique, la voix de Cédric vous prend aux tripes. Il ne manquait plus qu’une seconde, mais féminine, pour le soutenir.

Le vocaux se révèlent de nouveau superbe tout au long de « Je Reste Là », une compo qui nous entraîne jusqu’en Afrique…  

Le contrebassiste tire son épingle pendant « Plus Belle Sans Moi », un morceau au cours duquel la foule reprend les ‘la la la’, en chœur.  

Les cowboys traversent les grandes plaines de la Wallifornie, tout au long de « Le Calendrier ». Les accords de piano sont sautillants. Un regret, quand même : l’absence de cuivres.  

Poussé par une légère brise marine aux embruns délicats, « Nos Voiles » se dressent sur l’embarcation qui flotte au-dessus de la mer.

Et en finale, « Plus Belle Sans Moi » s’achève dans un climat paisible, à la limite du recueillement…

Setlist : « Echos », » Je Reste Là », « Le Calendrier », « Nos Voiles », « Plus Belle Sans Moi »

Balimurphy + Juicy + Blanche

Organisation : Inc’ Rock BW + Festival Songe d’une Nuit BW + Le Coup de Pouce ASBL

Warmduscher

Tainted Lunch

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Saul Adamczewski et Lias Kaci Saoudi retournés (définitivement ?) chez Fat White Family, Warmduscher continue son petit bonhomme de chemin. Un parcours ne manque pas de susciter la curiosité. Et puis, tant mieux si ces deux groupes excellent chacun de leur côté. Car oui, ce « Tainted lunch », deuxième opus du band londonien est bourré de bonnes idées. Une nouvelle fois produit par Dan Carey (Squid, Black Midi, Fontaine D.C., The Oh Sees, The Kills, etc.), cet opus est à la fois, excentrique, stimulant, riche et accrocheur. 12 compos en 32 minutes ! Enfin, si on tient compte de l’intro loufoque déclamée par Iggy Pop (« Rules of the game »). Autre invité de marque, la légende du hip hop Kool Keith qui vient poser ses rimes salaces et étranges sur « Burner ». Et vous savez quoi, ce mec pourrait parvenir à convertir un public rétif au rap. Côté rap, derrière son micro ou son mégaphone, Cams Baker Jr slamme plus qu’il ne chante. Et quand il hausse le ton, il le fait un peu à la manière de Jon Spencer, parfois soutenu, pour accentuer le contraste, par des chœurs falsetto. A l’instar du garage/blues « Fill it, don’t spill it ». Ou du sauvage titre maître. Quand ils ne deviennent pas carrément angéliques. Comme sur la rumba déglinguée « Precious things » ou le funky « Dream lotion », hanté par les spectres de James Brown et de Prince. Le funk adopte un profil très 80’s (George Clinton ?) tout au long du premier single « Midnight dipper », mais sous une forme que Beck devrait apprécier (NDR : pensez à « Odelay »). Disco funk, « Disco peanuts » rappelle le « Hit me with your rhythm stick » de Ian Dury, à cause de ce beat électro crade et libidineux. On comprend aussi mieux l’intervention de l’Iguane lors de l’intro, à l’écoute de l’obsédant « Blood load », une piste qui aurait pu figurer sur un des premiers elpees des Stooges. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le riff de gratte qui lacère « Grape face » semble calqué celui imprimé sur le célèbre « Double Dare » de Bauhaus. Enfin, aux extrêmes, on opposera inévitablement le bruitiste, chaotique et explosif « The Chimp » au slow gluant « Tiny letters », qui clôt ce long playing audacieux. Et le mot est faible !

Caleb Landry Jones

The Mother Stone

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Souvenez-vous de la belle escapade musicale opérée par Ryan Gosling au sein de son projet très gothique Dead Man Bones ? A peine âgé de 30 ans, Caleb Landry Jones (‘CLJ’, vu, entre autres, dans ‘X-Men’, ‘Get Out’, ‘Twin Peaks’ et ‘Three Billboards’) a également décidé d’entamer un parcours musical. Et déjà, il a réussi à signer sur le prestigieux et très ‘dark’ label de Brooklyn Sacred Bones. Excusez du peu ! En fait, il a bénéficié du concours de Jim Jarmusch, qui a servi d’intermédiaire…

Si « The Mother Stone » s’inspire d’abord du pop/rock des 60’s et des 70’s (NDR : pensez aux Beatles, au Who et au Pink Floyd de Syd Barrett), il s’inscrit surtout dans la lignée néo-glam récemment réactivée par Lemon Twigs ou Foxygen, en marchant, à son tour, sur les traces de Bowie et de T-Rex. Enregistré dans la grange de ses parents, sises au sein de son Texas natal, « The Mother Stone » reflète l’amour que porte CLJ a la musique de cette époque. Hormis la basse, il se charge de toute l’instrumentation. Depuis les claviers à la guitare, en passant par les drums. Il s’y révèle, quand même, impressionnant ! Et bien sûr le chant, qu’il assume avec une attitude particulièrement théâtrale. Ainsi, chanson à tiroirs, le très baroque et psyché titre maître évoque la facette la plus expérimentale des Beatles. Bref, cet opus constitue un exercice de style rétro et excentrique, parfois boursouflé, mais un album qu’on pourrait qualifier de résolument charmant, osé et gravé dans son époque...

Peel Dream Magazine

Agitprop Alterna

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Après avoir écouté « Pill », premier morceau de cet elpee, l’inconditionnel du shoegaze imagine avoir trouvé un digne héritier à My Bloody Valentine. Même les harmonies vocales éthérées échangées entre Joe Stevens et Jo-Anne Hyun rappellent celles de Bilinda Butcher et de Kevin Shields. Bon, en prenant un peu de recul, on se rend compte qu’il s’agit d’un pastiche de « Loveless ». Mais que c’est bien fait ! Aussi efficace que sonique. Le tout baignant au sein d’un climat mélancolique. Sur le second opus de ce combo new-yorkais (NDR : de Brooklyn, très exactement), on retrouve, bien sûr, d’autres plages du style. A l’instar de « Escalator ism », même qu’on entend le mot ‘shoes’ répété à l’envi. Une constante quand même : les vocaux vaporeux. Si bien que la plupart des compos de cet LP lorgnent vers la dream pop, le recours aux sonorités synthétiques et aux machines, accentuant cette impression. Si « Emotional devotion crator » et « NYC Illuminati » adoptent un tempo krautrock, cette dernière piste naviguant quelque part entre Yo La Tengo et MBV, s’autorisant même de la reverb dans l’esprit de Galaxie 500, « The Bertolt Brecht Society » rend hommage au théoricien et dramaturge allemand, rappelant que le dernier Ep de Peel Dream Magazine (« Up and up ») faisait déjà référence au célèbre Bavarois (1998 -1956). Et pour couronner le tout, engagés, les lyrics fustigent l’industrie musicale contemporaine en se servant paradoxalement de la culture du XXIème siècle. Un pari risqué, mais réussi.

Melenas

Dias Raros

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Melanas est un quatuor féminin issu de la région de Pampelune (NDR : non, ce n’est pas derrière la lune ; expression populaire usitée quand on n’a pas envie de donner de réponse à quelqu’un qui vous demande où on habite). Eponyme, son premier elpee, était paru en 2018. « Dias Raros » constitue donc son second. Son titre adresse probablement un clin d’œil au « Strange days » des Doors. Les textes sont chantés dans la langue de Cervantès. Pas vraiment dérangeant, d’autant plus que les vocaux et les chœurs dépassent rarement le niveau de l’instrumentation. Une instrumentation plutôt classique basse/guitare/batterie/claviers, malgré le recours à un orgue farfisa et des sonorités de gratte qui empruntent parfois au surf. Ce qui communique un feeling vintage à une expression sonore qui puise généreusement dans le rock/garage des sixties. Pensez aux Seeds et à Question Mark & The Mysterians, ainsi qu’aux compiles ‘Pebbles’ et ‘Nuggets’. En général, les compos sont enlevées, toniques, entraînantes et même accrocheuses. Parfois aussi ‘motorik’, comme sur le morceau d’entrée « Primer tiempo » ainsi que « Los Alemanes ». Petite référence bienvenue aux Chills pour la mélodie de « No puedo pensar ». Et puis, pour clore le long playing, une valse psychédélique tramée sur un xylophone, tout simplement intitulée « Vals ». Bref, un opus plutôt agréable à écouter, sans pour autant révolutionner la planère pop/rock…

Modern Studies

The weight of the sun

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« The weight of the sun » constitue le troisième elpee de Modern Studies, si on ne tient pas compte de l’elpee paru en 2018, né de la collaboration entre la formation et Tommy Perman (« Emergent Slow Arcs »). Leader du band, Emily Scott en est la chanteuse. Elle vit à Glasgow. Tout comme deux de ses musiciens, Pete Harvey et Joe Smillie. Rob St John en est le chanteur. Et il est établi dans le Lancashire. Ils sont tous multi-instrumentistes.

La structure de la musique proposée par Modern Studies est fondamentalement folk. Mais un folk enrichi par une multitude d’instruments ainsi que des tas d’arrangements (NDR : le solennel « Jacquelin » évoque même Scott Walker !) et des chœurs (NDR : des arrangements symphoniques et des chœurs produits plus que probablement par des machines ou des synthés). Si bien qu’il finit par flirter avec la pop voire la folktronica. Une pop pastorale, poétique, atmosphérique, romantique, imprimée sur un rythme alangui ou un mid tempo. Les compos sont raffinées par la conjugaison des voix des deux vocalistes, des harmonies qui rappellent tour à tour Mark Lanegan et Isobel Campbell, mais en moins ténébreux, voire Chris Eckman et Carla Torgerson (The Walkabouts). Un morceau plus fouillé quand même, « Back to the city ». Paradoxalement, celui que votre serviteur préfère. Sans quoi si cet opus ne manque certainement pas de charme, il souffre quand même d’une trop grande homogénéité. Question de goût, sans doute !

Fred & The Healers

Tous masqués, sauf Fred et ses Healers…

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Après un peu plus de 3 mois d’abstinence, c’est le retour des concerts. Le Coronavirus est cependant toujours d’actualité. Les salles d’une capacité moyenne de 250 personnes peuvent rouvrir, mais leur capacité est limitée à 65 personnes. Tout en respectant les mesures de distanciation sociale. Que ce soit à l’entrée, dans la file ou dans la salle, tout le monde est masqué. Et les dispositions sont parfaitement respectées. La Zik Zak a organisé un Pango Tour Summer 2020. Il est nécessaire de s’inscrire et de réserver pour participer aux concerts qui se dérouleront tous les vendredis de juillet et d’août. Et c’est Fred flanqué de ses Healers qui inaugure la formule, ce 4 juillet 2020. A ma connaissance c’est une des rares salles qui propose une programmation au cours de ces deux mois d’été…

Jacques de Pierpont, alias Pompon, retraité de la RTBF depuis deux ans, mais toujours actif dans l’univers de la musique, explique le concept de ces spectacles, avant que Fred et ses Healers ne grimpent sur l’estrade…

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son père, Jean-Marie ‘Papy’, à la basse, et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Mais également du blues/rock, dans l’esprit de Rory Gallagher et Jimi Hendrix. En 2003, sous l’impulsion d’un nouveau drummer, Bruno Castelluci, sa musique s’est alors écartée résolument des sentiers battus pour embrasser une musique plus personnelle et métissée, mélangeant le blues à la pop et au jazz. Une nouvelle orientation concrétisée par l’album "Red ". Mais en 2004, après dix ans d’existence, le combo splitte. Et Fred disparaît un peu des radars. A titre exceptionnel, le groupe se réunit, le samedi 5 juin 2010, à l'occasion du 15e anniversaire du Spirit of 66 à Verviers. Finalement, en 2012, le groupe ressuscite sous un nouveau line up, impliquant Nicolas Sand à la batterie et Cédric Cornez à la basse.

Le nouvel opus de Fred & The Healers, « Désiré », doit sortir depuis 1 an et demi ; et ce soir, le band va nous en proposer quelques titres. Le set est séparé en deux actes. Sur les planches, le line up est renforcé par la présence du frère aîné, Bertrand Lani, à la seconde gratte.

Assez équilibré, le tracklisting sera partagé entre standards du blues et compos personnelles.

Les accords dispensés par Fred sur sa Telecaster sont tour à tour envoûtants, tranchants voire sanglants. Très roots, la section rythmique est solide. Bertrand a été biberonné au blues de Chess, à la soul de Stax et au strass des Glimmer Twins. Et on le ressent dans ses riffs. Les deux frangins sont plutôt complices.

Tout au long d’« All Your Love » (NDR : signée Willie Dixon/Otis Rush, cette composition a été popularisée par John Mayall et ses Bluesbreakers, au sein duquel militait alors Eric Clapton), Fred est dans son trip et sa gratte prend son envol. Tout comme lors du « Messin’ With The Kid » de Junior Wells & Bonnie Raitt. Un slow crapuleux survitaminé.

Le band revisite « The Last Time » des Stones. Blues crasseux, doux et langoureux, « Thank You For The Snack » est un extrait d’« Electerrified ». Un morceau qui incite les couples à envahir le dancefloor… masqués. D’ailleurs, il y a des amateurs près de la table de mixage. Deux amoureux égarés s’embrassent goulûment (NDLR : avec ou sans masque ?). Et quand la solution sonore passe au funk, Bertrand semble se réincarner en Nile Rodgers.

Fred avait déclaré qu’il était capable de jouer 3 h40. Finalement, ce soir, il n’était pas loin de son record. Et à minuit, il était toujours en pleine forme. Ce soir, il a de nouveau démontré qu’il était un des meilleurs bluesmen de Wallifornie.

Après 3 mois sans concert, les aficionados du blues étaient ravis. La musique revit. Vive le rock ! Merci à tous les passionnés de partager cette drogue dure. La semaine prochaine, ce sera au tour d’Antoine Goudeseune de se produire au Zik Zak, pour un récital consacré aux adaptations des chansons des Beatles, en picking…

Setlist : « Easy Baby », « All Your Love »,« Messin’ with the kid », « The last time », « Same Old Blues », « It Hurts Me Too », « Back To Basics », « Sidetracked », « Dark Soul » (Désiré »), « Bad Luck And Trouble », « Lovers Boogie », « 130 Signs » (« Désiré »), « Thank You For The Snack », « Take A Step back » (« Désiré »), « The Pulse » (« Désiré »), « AVD », « Remedy », « Another Me » (« Désiré »), « The Best Thing »,« Watcha Wanna Do », « Doyle the hunter », « New Generation », « Red Gunhand », « How long », « Going Down », « Psycho Boogie », « Roots N Roses 3 », « Tore down »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

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