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The Cure
L7

Mike Zito

Quarantine Blues

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Coronavirus oblige, les musiciens sont au repos forcé. Pour un hyperactif tel que Mike Zito, impossible de tourner en rond à ne rien faire. A l’issue de leur dernière tournée européenne, Mike et son band ont dû rester en quarantaine durant quatorze jours avant de retrouver leur liberté en mère patrie. Une belle occasion de composer de nouvelles chansons, de les enregistrer et d'offrir un album gratuit à leurs fans ; des chansons immédiates où transparaissent leurs émotions, espoirs, craintes, peurs et passions du moment. Finalement, dix chansons pour libérer le monde de ses anxiétés.

Le backing group de Mike implique Matt Johnson (batterie), Doug Byrkit (basse) et Lewis Stephens (claviers). Il a écrit et réalisé des démos qu’il a transmises à ses musicos, qui chacun de leur côté ont opéré leurs interventions respectives, puis retransmis la matière au leader. Ce dernier s’est alors chargé de collecter, mixer et produire l’ensemble. Le disque est disponible sur le site web de Mike, tant en cd qu’en téléchargement (voir ici)

L’opus démarre par l’excellent power blues rock "Don't let the world get you down" (Trad : 'Ne laissez pas le Monde vous descendre’). Le conseil d’un sage. La voix est juste, l'orgue, chaleureux, et la guitare, magique. Tout aussi délicieux, "Looking out this window" conjugue cordes électriques et acoustiques. Fruit d'une collaboration avec Tracii Guns, co-fondateur de Guns N' Roses et de L.A Roses, le puissant, "Don't touch me" baigne dans le métal. "Quarantine blues" s’abat comme un couperet et plombe l’ambiance. Un blues du mal-être, du repli sur soi, de la solitude. Face à la slide lourde et torturée, la voix ressemble à un cri. Le riff simple, mais efficace adopté sur "Walking the street" lorgne vers ZZ Top. La section rythmique épaule parfaitement la voix. Un climat qu’on retrouve tout au long de "Dust up". Slow blues, "Dark raven" baigne au sein d’une l'atmosphère dramatique. Mike double les guitares lors d’un duel où émergent des chapelets de notes entrelacés. Excellent, "Call of the world" est abordé dans l’esprit de Neil Young et son Crazy Horse. Cool, "After the storm" rappelle la collaboration entre Eric Clapton et JJ Cale. Mike avait écrit "Hurts my heart" en 2012 pour le Royal Southern Brotherhood, morceau qui figure sur son premier opus. Il nous en propose une nouvelle version. Et le long playing de s’achever royalement par la ballade acoustique "What it used to be".

Grand Palladium

Grand Palladium

Écrit par

Après avoir bourlingué chacun de leur côté, Kevin Moal et Vincent Dauvergne ont décidé de faire converger leurs talents vers Grand Palladium, formation née sur les cendres de leurs aventures musicales.

Après cinq années d’existence et une expérience rondement menée, l’union sacrée de deux comparses aboutit à la sortie d’un premier elpee éponyme.

Enregistré avec l'aide de Benoît ‘Scholl’ Fournier, drummer de Matmatah –dont le combo a assuré la première partie lors de la tournée 2017/2018– ce premier opus baigne résolument dans le pop/folk.

Plutôt simples dans la construction mélodique, les compos s’inspirent très largement de l’univers des Innocents dont ils aiment d’ailleurs souligner la filiation avec une fierté non dissimulée.

Les grattes, la rythmique envoûtante, la ligne de basse scandaleusement entêtante et les bidouillages, dont le duo a le secret, alimentent des titres tour à tour espiègles, matures, joyeux ou mélancoliques et même une piste faussement négative (« Emilie »).

Le résultat surprend, car si le genre a été exploité maintes fois dans le passé, grâce à des thématiques passe-partout (histoires d’amour, de rencontres, de voyages, envie de vivre des choses nouvelles...), ce premier essai parvient à se démarquer de la norme. Et pour cause, les sonorités sont chargées de subtilités et de feeling. Enfin, on épinglera l'artwork de la pochette tiré d’une photo de Rod Maurice.

Au final, ce souffle poétique fait du bien. Et si Grand Palladium brandissait le nouvel étendard de la chanson française ?

Screaming Use Of Bass

Join The Evolution

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Screaming Use Of Bass (Süb) est un quatuor atypique impliquant deux bassistes, dont Joris Oster (Yel, Organic, Silver Riot) et Michaël Colart, mais également le chanteur Jairo Alvarez Garcia ainsi que le drummer Olivier Justin (Organic, Yel). C’est la combinaison entre les deux basses qui forge la singularité de l’expression sonore. L’une libère des sonorités distinctes, incisives et mécaniques ; et l’autre, caoutchouteuses. Saccadé, le tempo finit par envoûter au sein d’un univers grunge bien seattlenesque, et dans l’esprit des Nirvana, Pearl jam, Soundgarden voire Alice In Chains, et que hante par la voix limpide, atmosphérique et enflammée de Jairo. 

Paru en single avant la sortie de cet elpee, « Agora » ouvre la plaque. Les deux basses sont particulièrement mises en exergue, tout au long de « Plastic Dream ». Très 90’s, « Breakdown » agrège prog, psyché et grunge.

Caractérisé par les sonorités profondes et caverneuses d’une des quatre cordes « Just Shine » nous replonge dans l’univers de la cold wave.

« Sliding Doors » exhale des effluves empruntés à Organic (NDR : normal, puisque Justin et Joris y militent également) et ouvre plutôt que de fermer les portes qui mènent à Seattle…

Si Birdpen se convertissait au métal, il pourrait composer un morceau de la trempe de « Cinnamon Light »… Un format métallique également adopté par « Emergencia », que chante Javier dans sa langue natale (NDR : l’espagnol) et « Utopia »

Radiophonique et dansante, « Teenage Lust » est une plage dominée par les synthés.

Mick Clarke

Big wheel

Écrit par

Mick Clarke est l’un des plus anciens blues rockers anglais encore en activité. Il a vécu la glorieuse époque du British Blues Boom de la fin des sixties au sein de son band de l'époque, Killing Floor. Depuis près de quarante ans, il mène son MC Band. Cet infatigable musicien a beaucoup tourné, surtout en Europe. Aujourd'hui il passe la plupart de son temps chez lui. Il y compose, enregistre dans son studio, produit et publie ses albums sur son label Rockfold.

L’opus recèle 14 plages, dont onze inédites et trois nouvelles versions de compos datant de l'année dernière. "Trouble at your door" ouvre le bal, un ancien morceau signé Elmore James, qui remonte à 1960. Un blues rock bien classique, sans fioritures, caractérisé par de brèves mais meurtrières phrases sur les cordes. Il double cordes électriques et dobro acoustique et force sa voix afin de communiquer sa souffrance sur "Trouble trouble", une piste qui évolue sur un tempo plus lent. Inspirée par Roy Buchanon, "Snappin' at the wheel" accélère le tempo. Concis, saignants et incisifs, ses envols constituent du MC pur et dur. Le long playing recèle trois plages instrumentales. "Full circle", une autre cover d’Elmore James. Clarke y étale sa technique à la slide. "Mick's guitar boogie" ensuite. Il a rage de vaincre, dans l’esprit de Chuck Berry et Jeff Beck. "Flyin' lo", enfin. Un hommage chargé d’émotion adressé à Freddie King qu'il avait accompagné en tournée, dès 1969, avec Killing Floor. Mick, rocker de cœur mais bluesman dans l'âme respecte les monuments du blues. Sa reprise du "I stay in the mood" de BB King est nerveuse. Celle du "Everything' s gonna be alright" de Little Walter, allègre et convaincante. Et enfin du "Heard it all before" d'Otis Rush, chargée de feeling. Le riff de gratte exécuté sur "Dog and bone" semble emprunté à Keith Richards, même si l’attaque du morceau évoque plutôt ZZ Top. Boogie classieux, "Down to the bridge" se souvient d’un ancien club londonien. Et "Big wheel" clôt cet LP, tout en subtilité.

Mike Zito

Rock'n'roll

Écrit par

Mike Zito fêtera le demi-siècle en cette fin d'année 2020. Originaire de St Louis, dans le Missouri, ce musicien est certainement l'un des plus actifs dans l’univers contemporain et du blues et du rock. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, il est aussi l'une des chevilles ouvrières du label allemand Ruf. On lui prête des grandes vertus comme l’honnêteté, l’authenticité et l’intégrité. Mike possède un cœur de rocker. Pas étonnant qu’il ait alors intitulé cette plaque "Rock'n'Roll" en la sous-titrant ‘A tribute to Chuck Berry’. Tout comme Mike, Chuck Berry était né à St-Louis. Il nous a quittés en mars 2017, à l’âge de 90 ans.

Mr Zito produit cet opus qui réunit vingt titres issus du répertoire du grand rocker disparu. Il est soutenu par son band et, vu les moyens mis à sa disposition, a invité toute une série d'invités notoires.

L’ouverture est royale. Mike s'affiche en compagnie de Charles Berry III, le fils de Chuck pour "St Louis Blues", un morceau écrit par le légendaire WC Handy, en 1914. Un véritable festival de hits du grand rock'n'roller défile ; et il est émaillé de quelques incontestables réussites. A l’instar de "Johnny B. Goode", pour lequel il est épaulé par Walter Trout, "No particular place to go", par son concitoyen Jeremiah Johnson, le boogie infernal "Reelin' and rockin'", par Tommy Castro ou encore "Let it rock", par Jimmy Vivino. Berry avait signé son premier contrat sur le label Chess, à la demande de Muddy Waters en personne. Le blues n’est donc pas négligé. Le superbe "Wee Wee hours" auquel collabore un Joe Bonamassa en très grande forme le confirme. Mais la face roots non plus. Comme sur ce "Memphis", une piste au cours de laquelle les interventions d’Anders Osborne à la slide sont élégantes. Puis "Too much monkey business", une plage à laquelle Luther Dickinson (North Mississippi All stars) et Stephens au piano boogie participent. Et aussi l’exotique "Havana Moon", une compo alimentée par la slide Sonny Landreth. Mais également "Brown eyed handsome man", un titre que chante Zito, épaulé par Kirk Fletcher et Josh Smith aux cordes. Et enfin, la finale, l'amusant "My ding a ling" morceau auquel contribue Kid Andersen. Un excellent hommage !

Mike Zito & Friends

Mourn

Sopresa

Écrit par

Difficile de déceler sous son sobre patronyme l’origine de ce quatuor. Et bien, il est espagnol ! Cette jeune formation mixte nous vient pourtant de Barcelone (NDR : serait-elle alors plutôt catalane ?) ; mais la puissance ravageuse de ses compositions lui a permis rapidement de percer les frontières ibériques. Son 3ème album, « Sopresa Familia », nous réserve un beau condensé de musique indie plus qu’énergique. Une belle dose d’At The Drive-In (« Bye Imbecile ! ») un peu de post-punk mélodique (« Skeletons ») et une pincée de folie (« Barcelona City Tour ! ») s’invitent dès l’ouverture des hostilités. Emmené par la voix enragée de Carla Pérez Vas, les compositions carburent entre hardcore et post-punk façon Iceage. Un groupe d’une étonnante maturité ! Torturé, dynamique et inspiré à la fois ! 

Télégram

Kraft

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La musique de Télégram ne passe pas facilement comme une lettre à la poste… Elle procède en effet d’un pot-pourri d’influences qui frisent parfois l’indigestion. Drivé par Laurent Kebous et Vincent Serrano, également impliqués chez les Hurlements d’Léo, le band mêle une certaine forme de la chanson française engagée et écorchée (« Moins Qu’un Chien ») à l’indie (« Open My Eyes »), au folk (« Addiction ») et même à la world. Entre des reprises ratées de Leonard Cohen (« I’m Your Man ») et Soft Cell (« Tainted Love »), figurent cependant de belles réussites susceptibles de rappeler Mano Solo (sur le beau « L’Enclume des jours ») ou encore le punk très frendhy si cher aux Wampas (« Les Ornières »). Pas à discuter, le groupe s’en sort bien mieux sous sa forme hexagonale…

Lucky Peterson

Disparition du chanteur, organiste et guitariste de blues, Lucky Peterson…

Écrit par

Lucky Peterson, l'un des plus célèbres bluesmen contemporains, est décédé à l'âge de 55 ans. Lucky avait été admis d'urgence à l'hôpital de Dallas. Il est décédé ce dimanche 17 mai des suites d'un accident vasculaire cérébral.

Originaire de Buffalo, état de New York, il avait acquis une solide notoriété dans l’univers du blues et du jazz comme chanteur, guitariste et organiste. Son premier opus, "Lucky strikes!", était sorti en 1989. Son tout dernier, "50 Just warming up", date de l'année dernière. Il était très populaire en France. Ses derniers albums étaient parus sur le label français Jazz Village.

RIP

Rae Gordon

Wrong kind of love

Écrit par

Issue de Portland, dans l’Oregon, Rae Gordon est une chanteuse de soul et de blues. Son backing group réunit sept musicos, dont le guitariste Kivett Bednar (NDR : directeur musical, il compose l’essentiel du répertoire) et le claviériste Pat McDougall. Deux figures de proue au sein du line up. Son précédent elpee, "Better than I was", était paru en 2017. Au cours de cette même année, la formation avait décroché une 3ème place lors de l'International Blues Challenge de Memphis.

Le collectif attaque "Comin' back for more", un R&B dansant que chante Rae d’une voix puissante, alors que Kivett signe un envol remarquable sur ses cordes. Très belle ballade soul, "How you gonna" est empreinte de douceur. La voix et le piano électrique entrent en symbiose. Et les interventions à l’orgue Hammond de Mc Dougall sont chaleureuses. Tout comme sur "Sea of blue", un blues lent classieux, suave, que chante voluptueusement Miss Gordon. Kivett en profite pour prendre un billet de sortie. Etincelantes, chargées de feeling, ses cordes grimpent vers les sommets… Orgue et gratte slidée ouvrent le majestueux "Wrong kind of love", avant que le rythme ne s'accélère et vire au r&b ; un r&b flamboyant allumé par la voix solide et autoritaire de Rae. Elle chante à la manière d’Etta James tout au long de "Last call", une piste qui mène au Chicago blues. Scott Franklin se libère alors sur son sax ténor aussitôt relayé Allan Kalilk à la trompette. Cet LP s’achève par "Get right with the world", un rocking blues percutant, au cours duquel la voix se libère, pour la dernière fois, de la trame sonore qui agrège orgue et cuivres…

Rae Gordon Band

Samy Thiébault

Symphonic Tales

Écrit par

Ce musicien talentueux a fait ses classes au sein du conservatoire de Paris (NDR : un cursus qu’il a suivi en même temps qu’une maîtrise de philosophie à la Sorbonne !) et jeté son dévolu sur le saxophone. En 2004, il publie son premier elpee, « Blues for Nel ». Puis à espaces réguliers –tous les trois ans, pour être plus précis– il en grave de nouveaux, sur son label Gaya Music Production, dont il est le fondateur et directeur artistique. Au fil du temps, Samy Thiebault s’est forgé un nom au sein de l’univers du jazz et a reçu de plus en plus d’échos favorables auprès de la presse spécialisée. Cette notoriété lui a permis d’enchaîner les collaborations, les projets et les concerts aux quatre coins du globe.

Pour succéder à « Caribbean Stories », le Français a donc décidé de tourner son regard vers les Indes. Ne vous attendez cependant pas à de la musique ‘exotique’ réminiscente de Ravi Shankar. Non, il s’agit seulement d’une des sources de son inspiration (NDR : John Coltrane en est certainement une autre !), car il mêle de manière originale arrangements classiques, jazz modal et ragas indiens. Selon ses termes, la musique devait faire partie intégrante d’un swing nerveux. Pour accompagner cette frénésie, il s’est tourné vers l’Orchestre Symphonique de Bretagne, un orchestre dirigé par le jeune chef, Aurélien Azan Zielinski ; mais également vers d’autres comparses comme le réalisateur Sébastien Vidal. Il en résulte un mélange entre jazz et musique dite ‘classique’. Et sur ces orchestrations luxuriantes, Samy Thiebault régale les tympans sur son saxophone…

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