Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Biohazard 8/8/26
Guns N Roses

Lucinda Williams

Good souls better angels

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Louisianaise, Lucinda Williams peut se targuer d’une longue carrière, tant dans l’univers du blues, du folk que de la country. Le premier elpee de cette chanteuse, "Ramblin' on my mind", date de 1979. En mai 2017, elle a été bombardée Docteur honoris causa en musique par le célèbre Berklee College of Music.

"Good souls better angels" a de nouveau bénéficié du concours de Ray Kennedy à la mise en forme. C’est déjà lui qui s’était chargé de la production de "Car wheels on a gravel road", en 1998. Mais pour cette tâche, il a été épaulé par Tom Overby, manager et néanmoins époux de Miss Williams. Les sessions se sont déroulées à Nashville, en compagnie du fidèle backing group de Lucinda, Buick Six, dont le line up implique le guitariste Stuart Mathis, le bassiste David Sutton et le drummer Butch Norton.

Au bout de quarante années de parcours, sa voix est devenue ravagée et rocailleuse. Et c’est cette voix qui donne le ton à cet LP, même si elle peut compter sur un excellent band, au sein duquel le gratteur affiche un fameux potentiel…

Dès "Can't rule me", lugubre, cette voix déclame face aux guitares prêtes à faire feu à tout instant. Les accords sont secs, et ceux traités à la slide émergent de ce mur flamboyant, psychédélique, qui entretiennent cette atmosphère étrange. Cette voix agonise sur "Bad news blues", sans doute en apprenant toutes ces mauvaises nouvelles. "Man without a soul" baigne au sein d’un climat ténébreux. A cause de cette instrumentation réminiscente du Velvet Underground des sixties. Reverb’, la guitare rôde en arrière-plan. Mathis arrache tout au passage. La voix monte en puissance avant d'être ensevelie par les cordes débridées. L'album recèle plusieurs ballades folk rock. Superbes et chiadées, elles sont partagées entre les cordes acoustiques de Mrs Williams et celles amplifiées de Mathis. A l’instar de "Big black train", une piste tapissée par l’orgue de Mark T Jordan, et de "Shadows & doubts". La ligne de basse balise "Wakin' up", mais les cordes demeurent toujours aussi dramatiques.  Stuart découpe le morceau au scalpel, avec une précision chirurgicale effrayante. "Pray the devil back to Hell" nous précipite au cœur d’un climat morbide, digne d’un film d’épouvante. Mathis y double guitare et violon. Bien ficelé, "Down past the bottom" libère toute sa puissance, un garage blues dominé par les vocaux, alors que les interventions traitées à la slide sont intransigeantes. Hypnotique, "Big rotator" est propice à la transe, une compo hantée par le géant Howlin' Wolf. Quoique difficile, sombre et sans concession, cette œuvre est vraiment remarquable… 

oG

Water Birds

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oG est un multi-instrumentiste belge qui s’est inspiré des illustrations de la dessinatrice britannique Una Woodruff (NDR : elle avait également puisé son inspiration dans le bouquin ‘Inventorum natura’, une œuvre décrivant des animaux fantasmagoriques et des plantes fabuleuses, que recelait, un livre disparu de Pline l’Ancien, l’ancêtre romain des scientifiques), pour concocter ce « Water birds ». Après avoir écouté cet elpee, on n’est pas étonné d’apprendre qu’oG a bossé en compagnie de l’ex-Soft Machine et leader de Gong, feu Daevid Allen. Parce qu’expérimentale, l’expression sonore baigne au sein d’une forme de psyché-folk-prog-rock-électro-ambient propice à l’évasion de la conscience. Tour à tour atmosphérique, électrique ou cosmique, dans l’esprit du Floyd circa « A saucerful of secrets », elle est essentiellement instrumentale. Bref, hormis l’énigmatique voire angoissant « The blemmyae », qui pourrait servir de B.O. à un thriller, et « The mermecolion » au groove inattendu, en général, on voyage dans la stratosphère. Et le titre maître, qui clôt cet LP, symbolise parfaitement ce périple éthéré, traversé de vocaux angéliques, alors qu’une guitare jouée en picking vient se poser délicatement sur les sonorités aquatiques…

John Primer & Bob Corritore

The gypsy woman told me

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L'un est noir, chante et joue de la guitare, l'autre blanc, souffle dans son harmonica. Deux artistes reconnus dans l’univers du blues. Le premier, John Primer, accuse 75 ans. Il vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Son haut fait d'armes ? Avoir été membre du Muddy Waters Band durant les trois dernières années de vie du bluesman légendaire. Mais il a également et longtemps accompagné une autre grande figure du blues, Magic Slim, au sein de Teardrops.

Bob Corritore est âgé de 63 ans. Il est propriétaire du Rhythm Room, un club notoire de Phoenix, en Arizona. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, le plus souvent, sous le patronyme, Bob Corritore & Friends. Il avait déjà gravé deux long playings avec John Primer, deux disques parus chez Delta Groove, "Knockin' around these blues", en 2013, et "Ain't nothing you can do!", en 2017.

"The gypsy woman told me" est découpé en douze plages. En studio, le tandem a reçu le concours d'amis, tous excellents musiciens. Essentiellement constituées de reprises signées par de célèbres bluesmen, les sessions se sont déroulées dans une ambiance propice aux jams.

Dynamique, le "Keep A-driving" de Chuck Willis (NDR : un artiste trop tôt disparu à l'âge de 30 ans) ouvre l’elpee. "The gypsy woman told me" est issu de la plume de Muddy Waters. La reprise, qui met en exergue le piano de Bob Welsh, la slide de John et bien sûr l'harmo, est impeccable et nous entraîne au cœur du Chicago southside. L’adaptation acoustique du "Gambling blues" de Lil' Son Jackson (NDR : un Texan !) est chargée de feeling. Signé Sandy Jones (NDR : c’est lui qui avait composé "Laudromat Blues" pour Albert King, en 1966), il constitue un des sommets de cet LP. Les interventions à l’harmo de Bob sont bouleversantes tout au long du "I got the same old blues" de JJ Cale, une plage qui bénéficie de la participation Jimi ‘Primetime’ Smith (NDR : un pote issu de Chicago) aux cordes. Bob Corritore ressuscite le fantôme de Sonny Boy Williamson 2 sur son "My imagination". Le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rodgers nous replonge dans cette superbe ambiance du Chicago de la grande époque. Billy Flynn y brille aux cordes. Tout comme lors de la finale, une reprise du "Ain't gonna be no cuttin' loose" de James Cotton, au cours de laquelle il épaule Bob…

TAU

And the Drones of Praise

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C’est en rentrant du Mexique que Sean Mulrooney (musicien irlandais, installé aujourd’hui à Berlin) décide de lancer son projet TAU, en référence au ‘père soleil’, dans les civilisations préhispaniques. Depuis le troubadour s’est converti à un psyché/folk aux relents acides.

Inspiré par les sonorités world, « And the Drones of Praise » constitue le deuxième album de la formation. Lors des sessions, l’Irlandais-berlinois a reçu le concours de quelques invités, dont Idris Ackamoor (multi-instrumentiste au sein de la formation jazz The Pyramids), Earl Harvin (percussionniste qui a notamment bossé pour Tindersticks), Knox Chandler (dernier guitariste de Siouxsie and the Banshees) ou encore Lalitha et Nandini (alias LN Sisters), responsables d’une forme de musique classique indienne. L’opus recèle huit plages richement instrumentées, que ce soit sous une forme acoustique ou l’électrique (flûte, banjo, claviers, bouzouki, violon, vielle à roue, piano ou percussions diverses). TAU développe des danses chamaniques construites sur des riffs hypnotiques. Et nous entraîne même un peu plus loin, du côté de l’Orient, tout au long d’« Erasitexnis ».

Paisible ballade spirituelle, « And the Drones of Praise » est idéal pour transcender tout trip psychédélique…

Ibibio Sound Machine

Doko Mien

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Depuis 2013, Ibibio parvient à fusionner judicieusement électro et afro-punk. Cette joyeuse bande londonienne réunit la charismatique chanteuse Eno Williams (NDR : pratiquée au Nigéria, l’Ibibio est la langue maternelle de sa mère), le guitariste Alfred Kari Banneman, le percussionniste Anselmo Netto, le batteur Jose Joyette, le bassiste John McKenzie, le tromboniste Tony Hayden, le trompettiste Scott Baylis ainsi que le saxophoniste Max Grunhard. Une belle brochette de musicos qui participe à la confection d’un cocktail sonore au sein duquel se rencontrent sonorités africaines et électroniques, mais aussi disco, post-punk et funk. Et le troisième opus d’Ibibio, « Doko Mien », ne déroge pas à la règle, libérant tour à tour un groove imparable (« I Need You to be Sweet Like Sugar »), un funk futuriste (« Tell Me »), de l’afro-beat (« Guess We Found a Way ») lorsqu’il ne s’évade pas dans des ambiances plus jazzyfiantes. C’est une certitude, ce genre de ‘vibes’ devrait vous aider à vaincre le Covid-19 ! Du moins mentalement…

Tyler Morris

Living in the shadows

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Agé de 21 printemps Tyler Morris est chanteur et guitariste. Issu de Boston, il vient de publier son quatrième elpee solo. Ses deux premiers, il les avait gravés en 2015 et 2016, alors qu’il n’avait que 16 ans. Bien que fidèle au blues, il reconnaît volontiers son admiration pour un hard rocker comme Eddie Van Halen. Son troisième opus, "Next in line", était paru en 2017, chez Vizztone, une œuvre pour laquelle il avait reçu la collaboration du célèbre Joe Louis Walker. Les sessions de ce nouvel LP se sont déroulées à Nederland, au Texas. Lors des sessions, il a bénéficié du concours de sa section rythmique ainsi que de Lewis Stephens, le claviériste de Zito, qui se charge également de la mise en forme. Mais également d’autres musicos notoires, qui cependant enregistré depuis leur domicile. Le long playing nous réserve ainsi onze excellentes plages, dont quatre reprises.

Le surprenant "Movin' on" de Gary Moore (NDR : il figurait sur de l'album "Still got the blues") ouvre la plaque. Le tempo est nerveux. La guitare se révèle aussi présente qu’efficace. Mais la voix est loin d’être transcendante. Don Nix signe "Everybody wants to go to heaven". La nouvelle version est plus roots. L’envol à la gratte bien gras dispensé par la Gibson Les Paul demeure cependant sur la réserve. Tyler s’autorise une cover bien sentie du hit intemporel de Tony Joe White, "Polk salad Annie". Le Newyorkais Joe Louis Walker se consacre au micro, alors que Morris s’applique à la slide. Morris ne s’est pas converti au blues à l'écoute des mythiques musicos de couleur noire, mais –et il n’est pas le seul– suite à la British Invasion. Le titre maître nous replonge 40 ans en arrière. A l’époque du Free. A cause de son riff de guitare bien spécifique. Dans le même esprit, "Taken from me" nous réserve une excellente partie de gratte. "Nine to five" lorgne vers Bad Company. "Better than you" est issu de la plume de Mike Zito. Ce dernier se consacre aux cordes rythmiques et Stephens au piano roadhouse, tout au long de ce rock'n'roll que chante brillamment Amanda Fish, la citoyenne de St Louis. Une trame rythmique qui se révèle élémentaire sur "Young man's blues", une piste caractérisée par des échanges de cordes entre le jeune Tyler et l'un des seigneurs du blues, Ronnie Earl. Slow blues mélodique, "Temptation" se distingue par ses superbes envols dignes de Gary Moore...

Charles in the kitchen

The fith mechanism (Ep)

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Charles in the Kitchen s’est formé en 2011. A Neuchâtel, en Suisse. Un quintet qui, à l’origine, se contente de reprendre des classiques du rock. Puis, progressivement, il commence à composer son propre répertoire, dans un style qu’on pourrait alors qualifier de grunge-punk-rock.

Son dernier Ep, « The Fith Mechanism », en revient cependant à rock plus classique qui met en exergue les sonorités de gratte. Ainsi, les refrains de « Slip to the Night » et « I Wanna Know » se distinguent par leurs tonalités stoner. « The Boy & the Girl » émarge carrément au punk. Et le disque de s’achever par le survitaminé « You never talk », un morceau de plus de 6’30 qui ne lésine pas sur les solos de guitare.

Quoique bien maîtrisées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Si bien que finalement, on ne peut pas dire qu’il soit parvenu à susciter l’intérêt de votre serviteur…

Sharp Treble

Thylacine

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Sharp Treble est une formation liégeoise responsable d’un hard rock mélodique, plus que probablement inspiré par Kiss, Aerosmith, Guns N’Roses, Van Halen et même le Steve Miller Band. Entre autres. La power ballad « Sometimes » lorgnant même vers les Scorpions. Bref, le quintet se nourrit essentiellement de références 70’s. « Thylacine » constitue son deuxième elpee, un disque qui libère une belle énergie, mais pêche quand même par une uniformité de ton. Même la voix ne sort jamais de son confort. Pas qu’il serait souhaitable qu’elle soit hurlée (NDR : ce qui serait une très mauvaise idée), mais on l’aimerait plus naturelle, moins FM. Les compos son émaillées de solos de grattes judicieux, le tempo est souvent binaire et les compos délivrent un chouette groove. Donc, cet opus devrait plaire aux babas cool d’une certaine époque…

Anita Farmine

Seasons

Écrit par

De père Iranien et de mère française, Anita Farmine a fui son pays natal, à l’âge de 5 ans pour rejoindre l’Algérie. Deux années plus tard, la famille débarque en France. Anita prend goût à la musique et commence à suivre des cours de chant lyrique et de piano classique avant même qu’elle et les siens partent s’installer à Orléans. Elle y poursuit son cursus, mais ce n’est qu’à 24 printemps, qu’elle décide de se lancer dans la chanson, intégrant différentes formations. En 2014, elle publie son premier elpee solo, « From Above”, puis « Next », en 2017. « Seasons » constitue donc son troisième opus. 

Ces déracinements ont eu une influence majeure sur l’auteure-compositrice-interprète, dont les chansons mêlent les styles, les langues (anglais, persan, français) et les cultures. Instrumentation traditionnelle (karkabou, dayereh ou encore inuk), synthés et même électronique alimentent des morceaux, cependant dominés par des sonorités persanes ou issues du Maghreb, et surtout illuminés par la superbe voix d’Anita Farmine.

Propice aux rêves de voyages exotiques, cet univers sonore est riche et coloré, mais aussi enchanteur…

Sister Lucille Band

Alive

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Le Sister Lucille Band est un quartet issu de Springfield, dans le Missouri. A la tête du combo, on retrouve un couple, la chanteuse Kimberly Dill et le guitariste Jamie Holdren. Et le line up est complété par le batteur Kevin Lyons ainsi que le bassiste Eric Guinn. Les sessions d'enregistrement de l’album "Alive" se sont déroulées au sein du studio Ardent, à Memphis. Jamie signe et parfois cosigne, alors en compagnie de Kimberley, la majorité du répertoire. Bien que considérée comme blues roots, la musique de Sister Lucille se nourrit également de funk et de soul…

"Won’t give it" ouvre la plaque, un r&b bien balancé soutenu par une ligne de cuivres. Kimberly possède une bonne voix et Jamie se révèle un gratteur versatile. Le titre maître est balisé par un piano électrique, une ballade au cours de laquelle Miss Dill est épaulée par Reba Russell aux chœurs (NDR : cette vocaliste notoire est issue de Memphis). Traitée à la slide et bien amplifiée, la guitare de Jamie nous immerge dans le delta tout proche, au son du blues rock. Et lorsqu’elle devient gouailleuse, cette slide emporte tout sur son passage. Une rythmique exotique baigne "Devil's eyes". Dominée par les cordes et la trompette de Jared Dover, cette plage ne manque pas de charme. Retour au funky r&b pour "Wanna love you", une piste dont les sonorités de gratte sont triturées par les pédales de distorsion. Et la cover de "99 pounds", un hit décroché par Ann Pebbles, il y a près de 50 ans, est de la même veine. Les musicos ne tiennent plus en place, que ce soit Peter Climie au saxophone, le préposé à l’orgue et Holdren aux cordes. Blues lent, "Respect your woman" est illuminé par l'harmonica du musicien local Eric Hughes et Jamie… aux cordes. Kimberly et Muleman Massey (NDR : cet artiste est issu du pays des collines du Mississippi) se partagent les vocaux tout au long de "Think about you", une bien jolie chanson soul. Etta James a composé "W.O.M .A .N", en 1960, un pur Chicago blues. Cette nouvelle version donne une ultime occasion aux musiciens de sortir de leur réserve, que ce soit le préposé au sax baryton, celui au piano électrique et bien sûr Jamie, dont la gratte est littéralement enflammée. Cet opus s’achève par l’élégant "Lost", un titre que chante à l’unisson, Jamie et Kimberly…

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