Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gary Numan
The Cure

Excellente Attitude

A votre convenance

Écrit par

Si vous souhaitez prendre un bon bol d’air frais tout en restant confiné. Si vous souhaitez prendre un bon coup de jus, histoire de vous changer les idées, alors ce nouvel album d’Excellente Attitude est pour vous. Il y a maintenant plusieurs années que les deux Mouscronnois exilés à Bruxelles propagent leur bonne humeur en écumant les scènes belges. « A votre convenance » fait suite à « Bienséance, étiquette et galanterie », paru en 2017. Le nouvel opus reprend les choses là où le duo les avaient laissées. Toujours très poliment, les deux hu(r)luberlus vous assènent leurs brûlots à la figure. En extrapolant, on pourrait décrire le style comme issu d’un croisement entre Gâtechien, Mr.Bungle et la musique traditionnelle bouddhiste. Le tandem prend un malin plaisir à briser tout ce qui peut, de près ou de loin, ressembler à une structure. Ainsi, le temps d’un morceau, le climat oscille du calme à la tempête. Tout en agrégeant riffs de basse et frappes de drums, les deux poètes viennent déclamer leurs vers.

Avouons-le, se faire retourner les neurones n’aura jamais été réalisé de manière aussi courtoise. Ces messieurs sont des gentlemen. Alors si cet elpee est à savourer « A votre convenance », en cette période de confinement, il tombe à pic…

(The Reverend) Shawn Amos

Blue sky

Écrit par

Agé de 52 ans, Shawn Amos est issu de New York City. Il est chanteur, compositeur et producteur. En 1997, il bossait pour le label Rhino. Parallèlement, il grave alors, un album solo. Intitulé "Harlem", il paraît en 2001. Son second elpee personnel, "In between", sort l’année suivante. Il décide alors de se consacrer à la production (Dirty Dozen Brass Band, Solomon Burke). En 2005, il publie "Thank you Shir-lee May", un opus qui rend hommage à sa maman, qui s’était suicidée deux années plus tôt. En 2014, opte pour le patronyme The Reverend Shawn Amos et enregistre à une cadence infernale.

Pour concocter "Blue sky", il a reçu le concours de son backing group, The Brotherhood ; en l’occurrence le drummer Bobby Blader, le bassiste Christopher Thomas et le guitariste Doctor Roberts. La prise de son s’est déroulée à Wimberley (NDR : c’est au Texas) au sein des studios Blue Rock, en compagnie de nombreux amis, invités pour la circonstance.

Un solide tempo entraîne la pedal steel pour lancer "Stranger than today", alors que la voix sereine et les interventions tout en douceur de l’harmo entretiennent le contraste. Chargés de reverb, des riffs propulsent "Troubled man", une piste imprimée sur un mid tempo. Shawn et la Texane Ruthie Forster (NDR : une chanteuse de blues et de folk notoire) chantent en duo ce morceau qui baigne au sein d’un climat menaçant. Excellent ! Ballade acoustique, "Her letter" met en exergue la contrebasse de Christopher. Puissant, offensif, "Counting the days" constitue le point d’orgue de l’elpee. Un blues rock qui s’appuie sur un riff redoutable. Epaulée par un chœur féminin, la voix est bien distincte ; et pourtant, les solistes, que ce soit le gratteur ou l’harmoniste, tirent leur épingle du jeu. "Hold back" trempe dans le pur rock'n'roll. Bien que d’excellente facture, il se révèle un peu trop court. Bien enlevé, "The job is never done" est soutenu par l'ensemble vocal féminin Sisterhood. La voix d’Amos brille également dans l’univers du rythme très lent. A l’instar des dépouillés "The pity and the pain" et "Albion blues". Kenya Hathaway (NDR : c’est la fille de l’illustre chanteur de soul, Donny Hathaway) lui donne la réplique, face au piano de Matt Hubbard. Le Révérend réserve, en fin de parcours, un envol à l’harmo au jump blues sémillant, "27 dollars". Cet LP s’achève par "Keep the faith, have some fun". L’ambiance participative du brass band nous entraîne alors à la Nouvelle Orléans…

Fucked Up

Dose Your Dreams

Écrit par

Il est venu le temps du double album concept pour le très énervé et novateur Fucked Up, un groupe issu de la scène hardcore/punk de Toronto. Cinquième LP, « Dose Your Dreams » succède à « Glass Boys », gravé en 2014. Il est publié chez Merge et recèle 18 titres qui apportent une variété infinie de couleurs à son hardcore. Dans ce style, peu de formations sont d’ailleurs capables d’embrasser autant d’amplitude. Le long playing nous réserve ainsi un zeste de dream-pop (« How To Die Happy »), de la pop, du krautrock et même du disco, au sein d’un univers sonore peuplé d’interventions de saxophone, bien entendu. Lors des sessions, le combo canadien a reçu le concours d’une floppée d’invités, dont Owen Pallett aux arrangements et J. Mascis à la gratte (« Came Down Wrong »). Peut-être tiré en longueur (18 titres pour plus de 80 minutes, quand même !), « Dose Your Dreams » nourrit la belle ambition de devenir le premier opéra hardcore de l’histoire du rock tout en ayant passionné, votre serviteur, du début à la fin… 

Glass Museum

Notre musique est assez cinématographique ; elle dépeint des paysages, des cadres naturels…

Écrit par

Antoine Flipo (synthés) et Martin Grégoire (batterie) ont fondé Glass Museum en 2016, un duo qui a, quelque part, osé bousculer les codes du jazz. Depuis, le tandem a décroché plusieurs prix, s’est produit à Dour, à l’Ancienne Belgique et même dans le cadre de festivals renommés à l'étranger. En 2018, il a gravé “Deux”, un tout bon premier elpee. Et le second, “Reykjavik” paraîtra ce 24 avril 2020. Un disque dont la musique mêle jazz et musique électronique. Mais pas seulement. L’occasion était donc belle de poser quelques questions à la paire. Un questionnaire soumis par e-mail.

Quelle est l’origine du patronyme Glass Museum ? Et d’où vient le groupe ?

Notre duo batterie-synthé est établi à Bruxelles et notre style oscille entre jazz, électronique et néoclassique. Le nom est issu d’un morceau du groupe Tortoise. Il évoque la fragilité et la puissance du verre, qu’on peut ressentir dans notre musique.

De nombreux événements se sont produits pour vous, depuis 2016 : performances à Dour et à l’Ancienne Belgique outre les récompenses que vous avez remportées. Comment avez-vous vécu ces moments intenses ?

La première année nous a réservé de nombreuses surprises. On venait de lancer le projet et notre deuxième concert s’était déroulé à Dour. Nous étions en 2016. Il s’en est suivi la finale du concours circuit, et des moments mémorables comme ceux vécus l’AB, la sortie de notre premier album, “Deux”, et des concerts accordés en Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas….

Cette période mouvementée vous a-t-elle rendu plus fort, quand on sait que pour de nombreux artistes, elle est souvent considérée comme préjudiciable à l’équilibre d’un groupe ?

On s’est toujours bien entendu, et les rôles ont toujours été bien répartis entre nous deux, tant pour la composition que l’organisation… Nous n’avons pas vécu de tensions majeures au cours des premières années, car je pense qu’on est toujours parvenu à bien communiquer… Maintenant, il faut reconnaître qu’au cours des derniers mois, on a accumulé beaucoup de fatigue et de stress, afin de préparer l’enregistrement du deuxième album, mais c’est finalement une bonne expérience qui s’est révélée gratifiante…

Après avoir écouté votre nouvel opus, « Reykjavik », à plusieurs reprises, il semble que vous ayez réalisé un mariage parfait entre le jazz et la musique électronique, mais dans un large contexte. Qu’en pensez-vous ?

On a attaqué les compos de cet album, directement après la sortie du premier, « Deux » en mai 2018. Ce dernier constituait une synthèse de nos deux premières années de tournée. Pour « Reykjavik » on a voulu davantage se concentrer sur la recherche de sonorités, entre morceaux acoustiques et arrangements électroniques. Contrairement au premier, celui-ci a été composé pour le studio.

Au fait, quelle est la signification exacte de ce titre ?

Lorsque le disque est sorti, nous avons posé une réflexion autour de l’ambiance générale au sein de laquelle baigne la musique. L’Islande, où nous nous sommes produits, en novembre 2019, nous rappelait le climat froid de l’album, les grands espaces, les éléments, et cet univers collait assez bien aux sonorités très aériennes de nos morceaux. C’est pourquoi on l’a intitulé « Reykjavik » …

En laissant libre cours à son imagination, le décor devient rapidement cinématographique. Des images très apaisantes qui conduisent parfois au big bang. Qu’en pensez-vous ?

Notre musique est, en effet, assez cinématographique, elle dépeint également des paysages, des cadres naturels… C’est à cause de son aspect néoclassique, de la structure de base des compos très mélodiques au piano. La batterie est destinée à imprimer un rythme à ces fresques, et les ambiances électroniques/synthé apportent une texture, une couleur en plus.

Parfois on a aussi l’impression de vivre un beau duel entre percussions et piano. Et le résultat est superbe. Qu’en pensez-vous ?

Quand on a commencé le projet, nous rêvions effectivement d’un combat entre le piano et la batterie, parce que l’impro jouissait encore d’une place de choix lors des concerts, et que les compositions étaient issues de jams. Aujourd’hui, on pense davantage à une alliance, face à face, sur scène comme lors des répétitions.

Avez-vous l’impression d’être devenus plus proches, depuis ?  

Entre les concerts, le studio, les répètes, le temps nécessaire à la composition et la fête, on passe quasiment la moitié de notre temps ensemble depuis 4 ans ! Donc oui, en évoluant ensemble pour ce projet, nous nous sommes rapprochés !

Outre le jazz et la musique électronique, votre musique laisse transparaitre subtilement des traces de post rock.

Effectivement ! On apprécie des formations comme Godspeed You! Black Emperor, Slint, Mono, Mogwai, Sigur Ros, Mùm… Je le précisais en début d’interview, le nom du groupe est directement inspiré d’un titre du groupe de post rock, Tortoise ! Il existe aussi un duo de post rock piano-batterie qui s’appelle Nordic Giants.

Et justement, quelles sont vos influences majeures ?

Nos principales influences ont toujours été puisées au sein du catalogue Gondwana Records : Gogo Penguin, Portico Quartet, Mammal Hands… On aime également les artistes du label électro Erased Tapes, et tout particulièrement Nils Frahm, Ólafur Arnalds, Rival Consoles ou des projets plus classiques du label WARP tels que Battles, Boards of Canada ou encore des producteurs comme Floating Points et Four Tet. Mais il y en a aussi d’autres…  

La manière dont vous entraînez le mélomane sur un chemin de traverse à travers des mouvements ondulatoires est de nature à combler l’aventurier que je suis. Cette approche est-elle délibérée ?

On compose parfois des ballades, comme « Colophane » ou des morceaux plus progressifs tel « Abyss », mais on affectionne les structures afin qu’elles puissent surprendre le mélomane et l’emmener sur des terrains inattendus, un peu comme si l’écoute intégrale de l’album ressemblait à un voyage…

De nombreux jeunes s’intéressent aujourd’hui au jazz. A Gand la scène est florissante ; mais il me semble également que Bruxelles n’est pas en reste….

Il se passe effectivement quelque chose dans l’univers du jazz ‘hybride’, en Belgique. En Flandre, ce mouvement a été baptisé la ‘new wave of Belgian jazz’. On y retrouve des groupes qui nous ont inspirés à nos débuts, comme STUFF. ou Black Flower… En région Wallonie-Bruxelles, c’est moins perceptible, mais dernièrement, des excellents bands de jazz y sont nés ; et on pense à Commander Spoon, Echt ! ESINAM ou The Brums !

Près de l’AB, il existe un club de jazz qui est en plein boom. Pourquoi le jazz est-t-il redevenu aussi populaire auprès des jeunes ?

A mon avis, le phénomène vient des Etats-Unis. Des artistes comme Kamasi Washington, Thundercat ou BadBadNotGood sont parvenus à mêler jazz et hip hop, en collaborant avec des Kendrick Lamar, Tyler The Creator ou des producteurs électroniques comme Flying Lotus. Une situation qui a nourri le genre, apporté une influence éclectique importante en Europe sur les nouveaux projets de jazz moderne. On peut aussi citer le label Brownswood, sur lequel on retrouve Kokoroko, Nubya Garcia, Comet is Coming. Une scène londonienne en plein essor et hyper hype pour le moment !

Alors le créneau de Glass Museum, il est jazz ou va-t-il au-delà de cette définition ?

Il est difficile de catégoriser notre musique dans un style… Je crois que le terme ‘jazz’ est un mot générique assez large du terme qui inclut de nombreuses recherches sonores associées à la musique acoustique. Dans notre cas, on a plutôt tendance à dire qu’on est influencés par le jazz, mais nous ne maitrisons pas vraiment les codes du jazz classique.

Lors de certains concerts, le public est souvent beaucoup plus âgé que vous. A moins que ce ne soit une fausse idée, dans le cas de Glass Museum…

Tout dépend des contextes… Les statistiques youtube et spotify attribuent une moyenne d’âge entre 25 et 35 ans à notre public. La réalité aux concerts est un peu différente : dans des salles plus classiques ou festivals un peu spécialisés en jazz, comme c’est majoritairement le cas pour nous, il est vrai qu’on rencontre un public un peu plus âgé que lors des festivals, comme celui de Dour par exemple.

Vu les règles actuelles relatives au confinement, votre planning en matière de concerts est plutôt aléatoire. Comment gérez-vous cette situation ? Quand espérez-vous reprendre votre tournée ?  

Actuellement, nous sommes occupés de reprogrammer un maximum de dates vers septembre/octobre, dans la mesure du possible. D’autres sont malheureusement annulées… La release party au Botanique, est reportée au 7 octobre ! Ce sera un moment important pour nous.

En peu de temps, vous avez réussi à réaliser pas mal de vos projets. Mais y en a-t-il un qui vous tient encore le plus particulièrement à cœur ? En d’autres termes, quelle est votre ambition ultime ?

Notre rêve serait d’être reconnus à l’étranger, de remplir des salles de taille moyennes partout en Europe. Et aussi, pouvoir vivre de la musique car actuellement ce n’est pas le cas !

Avez-vous un message à transmettre à nos lecteurs ?  

Oui, on espère vous voir lors de notre release party qui se déroulera le 7 octobre à Bruxelles ? ! Ce sera l’occasion de fêter la sortie de l’album dans le cadre d’une des rares dates accordées en Belgique…

Photo : Barthélemy Decobecq

Adaptation : B.D.

Deadbeat & Camara

Trinity Thirty

Écrit par

Alors qu’il débarque à l’aéroport de Rio de Janeiro, Scott Monteith entend la reprise du « Sweet Jane » (NDR : un titre composé par Lou Reed) de Cowboy Junkies, un groupe de country alternative canadien, et se remémore avoir beaucoup écouté et aimé « The Trinity Session ». Hasard du calendrier, l’elpee est paru trente ans plus tôt. Scott Monteith (NDR : mieux connu sous le pseudonyme de Deadbeat, il est considéré comme un pilier de la scène électronique berlinoise, où il s’est exilé) y voit l’opportunité de célébrer cet événement. Après avoir contacté les membres de Cowboy Junkies et recueilli leur approbation, il se lance dans une relecture intégrale de ce classique country/folk. Pour l’accompagner dans l’aventure, il fait appel à Fatima Camara, une musicienne active au sein de cette même scène. Le duo se lance alors dans une réappropriation du long playing « Trinity Thirty ». Pas question de guitare acoustique, accordéon ou autres instruments organiques, puisqu’ils ont été remplacés par des claviers et une boîte à rythmes. A l’instar du morceau original, le climat est glacial et le rythme langoureux. Même que la voix de Fatima Camara est aussi sensuelle que celle de Margo Timmins.

Finalement, Deadbeat & Camara est parvenu, à travers cet LP, à rendre hommage à Cowboy & Junkies. Et pourrait, peut-être, inciter le mélomane à (re)découvrir la mouture originale de « Trinity Thirty ». 

Rott'n Dan & Lightnin' Willy

Rott'n Dan & Lightnin' Willy

Écrit par

Issu du Canada, d’Edmonton plus précisément, ce duo réunit l’harmoniciste Rott'n Dan Shinnan et le guitariste Lightnin' Willy Ryan. Ils se partagent également les vocaux. Pratiquant une musique uniquement acoustique, ils puisent leur inspiration au sein du blues d'avant-guerre, tout en rendant hommage aux célèbres bluesmen tels que Sonny Terry, Brownie McGhee, Mississippi John Hurt ou encore Blind Willie McTell. Lors des reprises, la paire respecte les compos originelles des musiciens ancestraux, et tout particulièrement lorsque le blues était intimement lié au folk, à la country et au ragtime.

L’opus s’ouvre par le "I'm satisfied" de Mississippi John Hurt (NDR : né en 1892, il a commencé à enregistrer à partir de 1928). "You gonna quit me blues" est issu de la plume de Blind Blake, un spécialiste du ragtime, disparu dès 1937 à moins de 40 ans. Né à Mc Duffie (NDR : c’est en Géorgie, aux States) Blind Willie McTell agrégeait blues du Delta et celui –plus sophistiqué– de la Côte Est. Le tandem nous en réserve une adaptation de "Delia". Root'n Dan rend aussi hommage un patriarche de l’harmo, John Lee Willilamson, mieux connu sous le patronyme de Sonny Boy Willilamson I, une légende assassinée dans une rue de Chicago, en 1948, alors qu’il n’avait que 34 ans. Et le tandem s’attaque au monstre sacré, à travers "My belle" et "Coliseum station blues", deux plages qui trahissent bien leur passion pour l’artiste mythique, tout particulièrement dans l'exercice vocal. Chanté a capella, "Mercedes Benz" est une compo issue de la plume de Janis Joplin. Elle l’avait enregistré 3 jours avant sa mort, en octobre 1970. La nouvelle version rend hommage à Sonny Terry, inoubliable spécialiste du Piedmont blues. 

Roomful Of Blues

In a Roomful of Blues

Écrit par

Roomful of Blues est probablement le big band de blues et de swing le plus notoire de la planète. Etabli à Rhode Island, le groupe est né en 1967. Il est alors drivé par le guitariste Duke Robillard et le pianiste Al Copley. En 1980, Robillard cède le relais au talentueux Ronnie Earl. Depuis, vous vous en doutez, les changements de line up ont été très nombreux. Cependant, le cocktail de blues, jump, rock'n'roll, boogie et jazz du RoB a toujours été d’excellente facture. Gratteur, Chris Vachon en est le leader depuis 30 ans. Phil Pemberton se consacre au vocaux. Au poste depuis 1970, le saxophoniste Rich Lataille est le plus ancien membre du combo. Pour ce premier album concocté depuis neuf ans, Vachon a écrit ou co-écrit huit des treize plages.

L’elpee s’ouvre par "What can I do ?", une reprise d'un titre de Buddy Ace datant de près de 60 ans ; du rockin' r’n’b qui intègre parfaitement Rusty Scott au piano et se distingue par une sortie de Lataille sur son sax alto. Imprimé sur un mid tempo, le soul/blues "You move me" met en exergue un excellent envol de Chris sur ses cordes. De toute bonne facture, le titre maître se distingue par une intervention parcimonieuse à la gratte, légèrement inspirée par Otis Rush. Memphis blues humoristique et bien huilé, "Phone zombies" est directement inspiré par Albert et BB King. Le blues du big band rocke aisément sur "Watch your back" et "We'd have a love sublime". Les cuivres tirent leur épingle du jeu tout au long de "She's too much", du "Too much boogie" de Doc Pomus ainsi que lors de la finale tout en jump et swing, "I can't wait". Enfin, on n’en oubliera pas l'incursion dans le zydeco louisianais opéré sur "Have you heard", une piste entretenue par l'accordéon de Dick Reed…

Tiger & The Homertons

Shadow in the dark (Ep)

Écrit par

Tiger Finkel est parisien mais il a fondé son groupe, The Homertons, à Londres. Avant d’entamer une carrière musicale, il a beaucoup voyagé à travers le monde. Ce qui explique pourquoi sa musique est inspirée par les océans et la nature. Mais aussi par ses rencontres et la découverte d’autres cultures.

Aujourd’hui, il drive une formation cosmopolite puisqu’elle implique la chanteuse/claviériste autrichienne Célia Kleindienst, le drummer breton Thomas Kerbrat, le bassiste italien Gabio Gentilin ainsi que les guitariste Dário Ferreira et Vamvakas Anthon. Le premier est d’origine portugaise, le second, gréco-américain...  

Tiger reconnaît pour influences majeures Neil Young et Tracy Chapman, mais sa musique lorgne vers Noah and the Whale voire The Civil Wars et surtout Angus & Julia Stone, notamment lorsque sa voix et celle de Célia se conjuguent. Son nouvel Ep, « Shadow in the dark », le confirme. L’Ep recèle quatre titres dont deux acoustiques, intimistes et mélancoliques, parmi lesquels « Winter » est caressé par des cordes de gratte jouées en picking et traversé par des interventions à la pedal steel, ainsi que deux plus pop/rock, au mélodies lancinantes et chargés d’intensité électrique. La formation envisage d’enregistrer un véritable album en 2020…

Guy Belanger

Eldorado

Écrit par

Guy Bélanger est un harmoniciste canadien notoire. Québécois, cet auteur, compositeur et interprète puise ses influences dans le blues, le folk et le jazz. Il a apporté son concours à de nombreux artistes célèbres comme Cécile Dion, Bob Walsh ou encore au spectacle ‘Le Cirque du Soleil’. Pour enregistrer son sixième elpee solo, "Eldorado", il a reçu la collaboration de son backing group (un trio !) et de quelques invités… 

Guy n'est pas un chanteur exceptionnel. Pas étonnant qu’il privilégie les plages instrumentales. Six sur les onze de cet "Eldorado" ! Et en ouverture, "Carving the wind" donne le ton. Guy sculpte le vent quand il souffle dans sa musique à bouche… Le titre maître symbolise sa ‘quête’ pour sa musique. "Wicked" et "Ganga" mêlent jazz et musique indienne. Guy imprime le "Bright side for the road" de Van Morrison sur un tempo enlevé. L'harmonica et les cordes de Robert Macdonald en profitent pour prendre leur envol, alors que l'orgue Hammond et le piano tapissent l’ensemble. Blues purs et durs, "When will I know", "Four little words" et "Hummin'" évoluent sur un tempo lent. Caractérisé par l’intervention d’un violoncelle et le recours d’un bottleneck, ce dernier morceau rend un vibrant hommage aux légendes du Chicago blues comme Muddy Waters, Junior Wells et James Cotton. Mr Bélanger ouvre une parenthèse très roots à "Sign of the times", un morceau signé Prince. Acoustique, la version est traduite en blues originel et met en exergue la démonstration de Mathis Haug au chant et aux cordes (NDR : de nationalité allemande, mais établi en France, il drive sa propre formation baptisée The Mathematiks) …

Tom Leeb

Recollection

Écrit par

Si vous vous posiez la question, oui, Tom Leeb est bien le fils de Michel ! Nous essaierons de ne pas lui en tenir rigueur et de ne pas juger son premier album au regard de la carrière du paternel dont l’humour est devenu incontournable. Vu son cv, il faut reconnaître que sa filiation a dû jouer en sa faveur. En effet, outre carrière de songwriter, le fiston est également acteur et humoriste. D’ailleurs, le trentenaire était censé représenté la France au concours de l’Eurovision avant que ce dernier ne soit annulé.

Mais, revenons-en à ce qui nous préoccupe ; à savoir, ce premier album intitulé « Recollection ». L’artiste nous y propose un recueil de treize morceaux sculptés dans une forme de folk/pop. Il y relate ses histoires d’amour déçues et ses tristesses diverses. Rien de bien original à se mettre dans le tuyau acoustique malheureusement. Certes, Tom Leeb chante juste. L’instrumentation est léchée. Mais sa musique est tellement prévisible qu’elle en devient insipide. Pire, ce petit côté ‘fleur bleue’ finit par agacer…

Page 115 sur 1356