Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Editors

Phantom Blues Band

Still cookin'

Écrit par

Début des nineties, le Phantom Blues Band servait de backing group à Taj Mahal. La formation avait ainsi participé aux sessions d’enregistrement de l’album "Dancin' the blues", gravé en 1993. Le line up impliquait des musicos qui avaient collaboré avec des bluesmen confirmés comme BB King, Buddy Guy, Bonnie Raitt ou Robert Cray. Notamment. Malgré le temps, le combo n’a guère subi de bouleversement marquant. Il continue d’ailleurs de réunir la crème des musiciens de studio issus de Los Angeles ; en l’occurrence le batteur Tony Braunagel, le claviériste Mike Finnigan, le guitariste Johnny Lee Schell, le bassiste Larry Fulcher ainsi que Joe Sublett et Les Lovitt, préposés aux cuivres. Le précédent opus, "Inside out", remonte déjà à 2011.

Particulièrement homogène, "Still cookin'" est le fruit d’une nouvelle rencontre entre musiciens talentueux qui partagent le même plaisir de jouer ensemble. L’elpee s’ouvre par l’excellent "Don't fight it", un hit r&b du regretté Wilson Pickett, décroché en 1965. L’adaptation oscille entre blues et rock'n'roll, une compo que chante les trois vocalistes, Mike, Larry et Johnny, alors que Smokin' Jo Sublett s’autorise un envol au saxophone. Le PBB reprend aussi deux titres signés par feu le chanteur/pianiste louisianais David Egan. Tout d’abord, "Blues how they linger". Mike se consacre au micro tout au long de ce slow blues. Puis "Fess on up". Focalisé sur la slide de Schell, "Wingin' my way" est sculpté dans un funk réminiscent du Little Feat. Mike est toujours au lead vocal sur "Just in case", une plage imprimée sur un tempo allègre. En outre, il double piano et orgue face aux deux cuivres en effervescence. "Better but not good" baigne au sein d’un climat jazzy bien néo-orléanais, une piste caractérisée par la sortie à la trompette de Lovitt, mais qui surtout met en exergue la voix chaleureuse de Finnigan et la sortie à la trompette de Lovitt. On épinglera encore le “I’m Just Your Fool” du pianiste de jump blues, Buddy Johnson, une compo qui remonte à 1954. Johnny Lee Schell en profite pour sortir une dernière fois de sa réserve…

W.H. Lung

Incidental Music

Écrit par

Qui se cache derrière l’étrange patronyme W.H. Lung ? Un groupe très talentueux issu de Manchester tout simplement ! Drivé par Joseph E., ce trio a décidé de frapper fort en publiant un premier album plutôt jouissif. « Incidental Music » puise son inspiration dans une marmite sonore qui grouille de claviers 80’s à la New Order, de saveurs psyché et d’émanations Krautrock. La plupart des plages sont dominées par les claviers, à l’instar du bluffant et survolté « Simpatico People », morceau de 10’ qui ouvre la plaque. Et tout au long des « Inspiration ! » et « Nothing Is », compos particulièrement habitées et nerveuses, on a parfois l’impression de vivre une rencontre improbable entre David Byrne et New Order. Que de promesses sur ce magnifique premier essai !

Casey Hensley

Good as gone

Écrit par

Casey Hensley est chanteuse. Elle signe la majorité de son répertoire qu’elle consacre au blues, à la soul, au swing et au rock'n'roll. Cette authentique jeune Californienne vit non loin de la frontière mexicaine, à San Diego très exactement. Elle n'a pas encore trente ans. Ses débuts discographiques remontent à 2017, année au cours de laquelle elle avait déjà gravé "Casey Hensley Live", sur le label notoire Vizztone. Elle est toujours soutenue par un  backing group impliquant d’excellents musicos, parmi lesquels figure la guitariste Laura Chavez, ex-gratteuse de feu Candye Kane, qu’elle a côtoyé au cours des dernières années de son existence. Et comme le monde est petit, Evan Caleb Yearsley se charge des drums. Il s’agit, en fait du fils de Tommy Yeartsley, le bassiste des Paladins, et de… Candye Kane. Le line up implique également un autre musicien issu de San Diego, en l’occurrence, le vétéran Jonny Viau. IL se charge des saxophones. Le second elpee de Casey Hensley est découpé en neuf pistes. 

La plage éponyme met rapidement en exergue la voix imposante et autoritaire de Casey. Quand elle passe au tempo boogie, c’est pour autoriser la première sortie fulgurante de Laura sur les cordes. Et c'est bien ce schéma de l'union entre les deux femmes qui va s'imposer sur toutes les pistes. Le charisme de Miss Hensley s’impose naturellement sur les titres lents, et notamment lors des ballades aux accents R&B, comme "Love will break your heart" ou "Don't want it to stop", mais encore lorsqu’on est plongé dans l'ambiance du Chicago Westside chère à Magic Sam, comme sur "You should be so lucky". Et puis, l'ombre de Candy Kane se met à planer sur les jumps californiens, "Be my baby" et 'All in", des morceaux au cours desquels Laura Chavez peut laisser éclater son énorme potentiel. Un excellent album !

Land of Kush

Sand Enigma

Écrit par

Land of Kush est une forme d’ovni musical qui sied bien au mythique label montréalais Constellation. Derrière cet étrange patronyme se cache Sam Shaladi, un musicien canadien d’origine égyptienne. On lui doit quelques albums signés Shaladi Effect. Il y a une dizaine d’années, il s’est lancé dans l’aventure Land of Kush. Pour mener à bien ce projet, ce musicien avant-gardiste dirige un orchestre d’une trentaine de musiciens.

Sur ce troisième opus intitulé « Sand Enigma », Sam Shaladi agrège les musiques classiques arabes, les rythmes traditionnels égyptiens et le jazz, tout en y injectant un soupçon de musique électronique. Cet album réunit quatorze morceaux, s’étalant entre 1 minute et 10 minutes. Mais nonobstant sa grande richesse instrumentale (cuivres, cordes, percussions, claviers, tout y passe…), il faut reconnaître que pour apprécier sa musique, il faut s’accrocher. Tour à tour brutiste ou bucolique, notamment lorsque les compos sont traversées par les interventions d’une flûte, mais encore arabisante, climat accentué par les interventions de la chanteuse Nadah El Shazly, l’expression sonore n’est pas facile à assimiler. Et franchement, votre serviteur vous déconseille vivement d’écouter ce « Sand Enigma » après une soirée bien arrosée ou après une journée difficile. Vous risquez de ne pas apprécier du tout. Mais, si vous êtes bien disposé et que vous êtes ouvert aux musiques sans structures et aux improvisations, alors, « Sand Enigma » pourrait vous plaire…

Wide Mouth Mason

I wanna go with you

Écrit par

Actif depuis 1985, Wide Mouth Mason est un duo canadien qui pratique du blues/rock. Issu de Saskatchewan, il réunit le chanteur/guitariste Schaun Verreault et le percussionniste Safwan Javed. "Wide Mouth Mason" constitue déjà son 8ème opus. Originale et rafraîchissante, sa musique puise ses racines dans le blues originel.

"Bodies in motion" ouvre l’elpee, un morceau dépouillé qui baigne dans le delta. La voix est excellente et la mise en forme impeccable. Subtiles, les interventions à la slide ne demandent qu’à se mettre au service du répertoire. Très clean, la voix apporte une coloration pop à "Every red light", un blues très proche de ses origines. Un petit joyau ! Plus pop encore et particulièrement mélodieux, "Anywhere" est enrichi des cordes et de chœurs ! Parmi les titres qui adoptent un profil country/blues plutôt classique, "You get used to it" est marqué du sceau de la beauté et de la pureté. C’est la piste qui clôt cet opus. De cet LP, on épinglera cependant encore deux compos : "Erase any trace" et "Only child". Imprimées sur un tempo boogie, elles permettent à Verreault d’y étaler sa technique à la trislide lap steeling. Imparable !

Tom Gilberts

Old school

Écrit par

Tom Gilberts est aujourd’hui établi au nord-ouest des States, quelque part dans l’Oregon. Tout comme lui, la plupart des membres de sa famille sont musiciens. Il joue de la guitare, de la basse et même du violoncelle. Et pourtant, dans la vie, Roberts est avant tout, médecin. So dernier elpee, "Grit", avait été fort bien reçu par la critique. Il a pris des cours de guitare auprès d’un des maîtres de la scène issue de Portland, Terry Robb. C’est d’ailleurs lui qui produit cet "Old school". Roberts signe toutes les plages. Lors des sessions, il a reçu le concours de musicos locaux ; en l’occurrence le bassiste Dave Captein et le drummer Brian Foxworth. On suppose que vu sa profession, entre les consultations de ses patients, il se met à gratter une six cordes. Ce qui explique, sans doute pourquoi, parmi les douze pistes du long playing, sept sont instrumentales.

Eclectique, l’opus oscille entre le picking swing (« Zoot suit shuffle »), le traitement des sonorités à la Jeff Beck (« Sun Vibe »), les accents manouche (« Dark clouds »), le jazz blues mélodique (« The North Fork ») et la distorsion hendrixienne (« The Fuzz ») lorsqu’il ne frôle pas la beauté sensuelle du Peter Green originel (« Brown's Camp »). Lorsque Dr Roberts chante, il privilégie les tempos lents, à l’instar du jazzyfiant et dépouillé "Lady Luck", un morceau au cours duquel la ligne de basse souligne parfaitement la voix et la guitare, une guitare responsable de tonalités particulièrement fluides. La voix est empreinte de mélancolie tout au long du slow blues "Nighttime", une compo qui s'étire lascivement au sein d’un climat de western spaghetti. Superbe ! Caractérisé par son bottleneck aux sonorités métalliques, le titre maître baigne dans le delta du Mississippi. La fin de cet elpee est certainement la plus intéressante ; et en tout cas, un créneau que Tom devrait approfondir. Tout d’abord le shuffle subtil "You missed me", une plage ponctuée d’une intervention de cordes particulièrement inventive. Puis l’élégant et dépouillé "Ass, gas or grass", une piste bien balisée par la section rythmique au cours de laquelle, l’envol sur les cordes est parfaitement maîtrisé…

Sass Jordan

Rebel moon blues

Écrit par

Née en Angleterre d'une mère britannique et d'un père français (NDR : en l’occurrence Albert Jordan), Sass est chanteuse. Elle est à peine âgée de 3 ans quand sa famille s'établit au Canada, du côté de Montréal. Très jeune, elle s’intéresse à la musique. Son premier opus, "Tell somebody", est paru en 1988, sur le label Atlantic. En 1992, elle forme un duo avec Joe Cocker pour chanter "Trust in me", un morceau qui a servi de B.O. pour le film "Bodyguard". En 2002, elle interprète le rôle de Janis Joplin dans la comédie musicale "Love, Janis". Si jusqu’alors, elle pratiquait du rock, à 57 ans, elle a décidé d’enregistrer un album de blues. L'enregistrement et la production sont signés Jeremy Darby, un Anglais qui a bossé, dans le passé, notamment pour Caravan, Joe Jackson et… Lou Reed. Lors des sessions, elle a reçu le concours de son backing group, The Champagne Hookers.

Le long playing s’ouvre par une superbe reprise du "Leaving trunk de "Sleepy John Estes. La voix de Sass est éraillée, rauque même ; mais elle dispose d’une fameuse réserve de puissance. Sur ce morceau, elle est épaulée par le brillant harmoniciste Steve Marriner (NDR : ce musicien qui a décroché à 6 reprises l'oscar du meilleur souffleur au pays de l'érable milite au sein du band canadien Monkeyjunk). Il est toujours au poste sur la seconde plage, "My babe", un canon de Willie Dixon, traduit en hit, dès 1955, par le légendaire Little Walter. En outre Chris Caddell s’y distingue sur son dobro. Excellent ! "One way out" est une compo écrite 60 ans plus tôt par Elmore James et Sonny Boy Williamson II. Elle figurait au répertoire de l’Allman Brothers Band. La nouvelle version s'inspire manifestement du jam band floridien, les deux gratteurs et le pétillant harmoniciste Marriner conjuguant leurs efforts à l’unisson. L’adaptation du r&b "Palace of the King" de Leon Russell et Don Nix est respectueuse du titre originel. Autre cover, le "Too much alcohol" de J.B Hutto. Une parenthèse roots exceptionnelle, poignante, magnifiée par la slide de Caddell. Et c’est la reprise du classique "Still got the blues" de Gary Moore qui clôt cet excellent opus…

Backtrack Blues Band

Your baby has left

Écrit par

Blues Band issu de la région de Tampa, en Floride, le BBB roule sa bosse depuis 1980. "Your baby has left" constitue son 7ème opus ! Le combo pratique un blues électrique qui emprunte les courants traditionnels de Chicago et du Texas. Deux solistes tirent leur épingle du jeu : le chanteur/harmoniciste Sonny Charles et le chanteur/guitariste Kid Royal. La prise de son a été opérée chez eux en Floride. Au menu, six plages écrites par Sonny Charles, deux par Kid Royal et une reprise.

Blues rock classique, amusant et séduisant, "Best friend's grave (Joy, Joy, Joy)" ouvre les hostilités. Promulgué ‘Vainqueur du Coolest Blues song of the year’, ce titre se distingue par son refrain accrocheur et de très belles sorties des solistes. La voix de Sonny Charles est autoritaire. Elle colle parfaitement aux plages énergiques, à l’instar de "Your baby has left", étonnement proche du "Boom boom" de John Lee Hooker. Le groupe déménage pas mal sur "Dixie grill", bénéficiant du renfort de cuivres et du piano de Bruce Katz (de Boston). Une seule reprise, le "Natural born lover" de Jimmy Reed, une piste attaquée comme un shuffle et dynamisée par la rythmique caractéristique de Reed. Très bien ficelés, les deux derniers titres sont issus de la plume de Kid Royal. Tout d’abord, le très rock’n’roll "She might get mad", révélant un Charles très saignant à l'harmonica. Et puis la finale "Time is hard", un blues lent qui s'étire longuement et libère au passage quelques éclairs instrumentaux.     

Jan James

Justify

Écrit par

Originaire du Michigan, Jan James est une chanteuse de blues rock qui jouit d’une solide réputation. Elle rencontre à l'université celui qui deviendra, jusqu'à ce jour, son partenaire : le chanteur et compositeur Craig Calvert. Le duo émigre vers Chicago. Il se produit dans les meilleurs clubs de la grande cité du blues, et tout particulièrement au Buddy Guy's Legends ainsi qu’au House of Blues. Son premier LP, "Last train", sort en 1994 chez Provogue, écurie sur laquelle, elle va graver plusieurs elpees. En 2005, le couple a fondé son propre label, Blue Palace. La prise de son a été réalisée à Chicago. Onze des douze plages sont signées par le duo ; et bien sûr, Craig est chargé de la mise en forme. 

Funky blues, "I'm always coming back" ouvre la plaque, une compo mélodieuse dont le refrain est repris en chœur… par les chœurs féminins. Face à l’orgue Hammond de Bob Long, Craig brille déjà sur ses cordes. Il semble hanté par Jimi Hendrix tout au long du titre maître. Il écrase frénétiquement sa pédale wahwah, alors que la voix de Jan emprunte un tour subtilement tragique. A cet instant, elle est vraiment dans son élément. C’est d’ailleurs sur les ballades indolentes qu’elle est au sommet de son art. Et elle peut ainsi étaler toute la puissance de sa voix. "Try", "Where you gonna run to" et "Never in the game" en sont certainement les meilleures illustrations. Calvert est intenable tout au long du rock'n'roll sémillant "Lucky U R ". Le reste du long playing est partagé entre plages de blues/rock sans grande surprise et une reprise du "Honky Tonk woman" des Rolling Stones quelconque.

Matana Roberts

Coin Coin Chapter Four Memphis

Écrit par

Il y a une dizaine d’années, la jazzwoman Matana Roberts s’est lancée dans un projet particulier qui lui tenait à cœur. Elle l’avait baptisé Coin Coin Project. A travers les douze chapitres annoncés, la native de Chicago revient sur l’histoire sombre de l’esclavage aux Etats-Unis en utilisant l’outil qu’elle maîtrise le mieux : le saxophone. Sur les treize morceaux de « Coin Coin Chapter Four : Memphis », elle relate les mémoires d’une jeune femme dont les parents ont été assassinés par le Klux Klux Klan. Cette histoire se déroule à Memphis, lieu de naissance de sa grand-mère. Comme sur les précédents chapitres, elle a invité des collaborateurs pour apporter davantage de substance à l’ensemble. Si auparavant on a déjà eu l’opportunité de croiser des musiciens du label Constellation (qui sort l’album) ou encore Prefuse 73, pour cet opus, elle convie un autre habitué du label montréalais, Sam Shalabi (que l’on a récemment croisé au sein de Land of Kush). Sur ce quatrième LP, Matana Roberts réalise un cocktail entre free jazz déstructuré et folk spirituel. Alternant passages plus ambiants sur lesquels viennent se poser une voix et d’autres qui laissent place aux impros dont elle a le secret. Et il fallait s’en douter, le gospel a également voix au chapitre sur cet opus...

Attention, si vous n’êtes pas réceptifs au free-jazz (NDR : ce qui est le cas de votre serviteur), l’écoute de ce disque risque de vous donner du fil à retordre ; mais au fil du temps, pourrait vous réserver quelques moments de satisfaction.

Page 118 sur 1356