L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Dernier concert - festival

The Cure
Gary Numan

Blur

Parklife

Pour le commun des mortels, Blur est le responsable du hit single "Girls And Boys", une chanson dont la version electro disco, revue et corrigée par les Pet Shop Boys, fait aujourd'hui un véritable tabac dans les charts internationaux. Et pourtant, le quintet insulaire (Colchester) compte déjà trois albums à son actif! Produit par Stephen Street (Morrissey), "Parklife" se révèle, dans l'ensemble, palpitant. Dans l'ensemble, puisque son ventre mou (!) s'abandonne un peu trop facilement dans la romance mielleuse, un peu comme si Style Council s'était vu priver de ses propriétés jazzyfiantes. Un intermède qui par bonheur n'excède pas quatre fragments. Pour le reste, l'opus recèle quelques morceaux post mod, post adolescents de la meilleure veine. Le hit en puissance "London Love", par exemple. Et puis une composition monochrome, déchirante, à laquelle Laetitia Sadier (Stereolab) et l'acteur Phil Daniels sont venus apporter leur concours aux backing vocaux ("To The End").

 

Cement

Cement

Un bassiste impliqué successivement chez les Barking Spiders Acrophobic, puis les Agrobatics Troups, un guitariste qui a joué chez les Beer Nuts et un drummer qui a transité par une foule de combos, parmi lesquels les moins anonymes répondent au nom de Pygmy Love Circus et de Murder I Exile, ne constituent pas des informations suffisantes susceptibles de provoquer dans votre esprit une réaction de prise rapide. Par contre, si vous ajoutez comme hydrofuge la présence de l'ex-chanteur de Faith No More, Chuck Mostley, vous améliorerez le processus de durcissement. Parce que Cement manœuvre sur un chantier sonore contigu. Avec ce petit côté grunge qui colle à l'air du temps, un sens du pastiche particulièrement aiguisé et quelques incursions dans le folk alangui, ouaté, question de mettre en évidence, le talent de guitariste acoustique de Chuck...

 

Channel Zero

Unsafe

Écrit par

Bien que fondé en 1990, Channel Zero en est à son troisième opus. Un disque qui a été enregistré à New York sous la houlette de Michaël Barbiero (Metallica, Soundgarden, L7, Slash), alors que le précédent avait été produit à Nashville par Vinnie Paul, drummer de Pantera. De solides références pour cet ensemble belge dont le trash metal sauvage, redoutable, impitoyable est de la même veine que celui d'Helmet. Un seul reproche, la présence de clichés trop souvent empruntés à Alice In Chains. Sans quoi, dans l'univers du hardcore, cet "Unsafe" est loin de faire pâle figure...

 

Vic Chesnutt

Drunk

Victime d'un grave accident de voiture à l'âge de 23 ans, Vic Chesnutt s'est retrouvé hémiplégique et partiellement paralysé d'un bras. Il a donc réappris à jouer de la guitare. Et à force de volonté s'est remis à composer. Pourtant, il a fallu que Michael Stipe (REM) le pousse à entrer en studio. Ce qui explique pourquoi Vic n'en est qu'à son deuxième album. Il reconnaît pour principal défaut, son penchant pour la divine bouteille. Mais c'est en état d'ébriété qu'il parvient à sortir le meilleur de lui même tout en exorcisant, à travers ses lyrics, sa déprime, son amertume. Comme sur ce "Drunk" où il alterne compositions country folk sirotées dans la plus pure tradition américaine et morceaux plus intenses, plus rock, plus électriques, imbibés de la conscience de Billy Bragg ou de Randy Newman...

 

Toni Childs

The woman´s boat

Avant d'enregistrer son premier album solo en 1988, disque pour lequel elle avait décroché le ‘grammy’ de la meilleure nouvelle artiste et de la meilleure performance vocale féminine ("Union"), Toni Childs a vécu un véritable parcours de combattant. Fugueuse à 15 ans, elle s'est rendue à Los Angeles pour chanter dans les petits clubs de blues locaux. Progressivement, elle a investi l'un ou l'autre combo ; pour finalement atterrir chez Toni and the Movers. Un ensemble au sein duquel elle séjournera deux ans en compagnie du futur Bangles, Micki Steele, et du futur Red Hot, Jack Sherman. En 1981, elle met le cap sur Londres et fonde Nadia Kapichi en compagnie de David Rhodes (Peter Gabriel), Mike Cotzi (Shriekback), Martin Swaine (Waterboys, World Party) et Steve Creese (World Party également). C'est au cours de cet épisode, qu'elle va prendre goût à la ‘World music’, et en particulier à la musique indienne. On comprend mieux pourquoi sur son second opus elle a fait appel à une telle équipe de musiciens hindous. Qui se partagent tamboura, sarangi, mridangam, tavil, nyatti, moorsing, tabla et didgeridoo. Africains également. Notamment le trio a cappella Zap Mama. Et puis des illustres personnages comme Peter Gabriel, Robert Fripp et Kurt Wallinger (World Party). Si Toni a également recours aux samples et à la boîte à rythmes, c'est surtout son talent vocal qui est mis en exergue sur cette œuvre. Une voix ample, poignante, remarquable, qui rappelle parfois celle de Tracy Chapman, mais en plus voluptueux ; une voix qui s'épanche en thèmes universels, comme celui de l'inévitable cycle naissance, mort et renaissance...

 

Chris & Carla

Shelter for an evening

Les Walkabouts jouissent d'une réputation d'enfer sur la scène de Seattle. Parce que leur folk rock post moderne, chargé de poésie visionnaire et de passion mélancolique, s'inspire surtout de Neil Young, de Violent Femmes et de Clean. Chris Eckman et Carla Torgunsen, guitaristes et vocalistes du groupe ont accompli une tournée en Allemagne au début de cette année. "Shelter for an evening" épingle douze fragments enregistrés lors de leur passage à Hambourg et à Cologne. Malheureusement, nonobstant la virtuosité des musiciens, capables d'extraire des émotions fortes de leurs cordes de guitares minimalistes, malgré la conjugaison parfaite des timbres vocaux, l'œuvre suscite au fil du sillon une profonde lassitude. Sans la participation des trois autres musiciens, ce duo de folk song ne ressemble qu'à un autre groupe de folk song...

 

Christian Death

The Rage of Angels

A ne plus rien y comprendre! Auteur d'un album live commis en compagnie de son nouveau groupe Shadow Project, Rozz Williams a décidé de remonter en même temps le mythe californien, en compagnie d'Eva O. Et d'enregistrer sous cette formule un nouvel opus : "Rage of Angels". Un disque qui baigne inévitablement dans l'univers gothique sombre, distordu, austère et nauséeux des "Only theatre of pain", "Death wish", "Catastrophe Ballet" et autre "Ashes"... Ponctué d'une cover de "Panic in Detroit" de Bowie, il manque cependant de relief. La guitare est beaucoup trop tendre, étouffée, timide, et ne parvient jamais à élever le sens mélodique à son niveau le plus cruel, le plus douloureux, le plus intense. Sans la râpe de Valor (NDR : qui a mis un terme à son existence, voici quatre ou cinq ans), ce Christian Death est cliniquement mort!

 

 

 

Chuck

The importance of being Chuck

Son hard cold funk mâtiné de rap, de house, de rock, de blues et de reggae s'inscrit dans la lignée de Parliament et de Funkadelic. Ses messages politiques acerbes, impétueux, à l'encontre des injustices et des inégalités sociales qui sévissent dans l'Amérique contemporaine se traduisent inévitablement dans ses lyrics. Le groupe ne se prive donc pas de casser du ‘Chuck’ sur le dos d'un système à qui il reproche de marginaliser les gens de couleur et les miséreux, sous le couvert d'un idéal illusoire de puissance et de liberté... (Tu me passes le lait?)

 

Chumbawamba

Anarchy

Considéré à ses débuts comme formation anarcho punk, Chumbawamba adopte, depuis le début des nineties, une attitude beaucoup plus réfléchie. En fait, si la formation de Leeds continue de combattre toutes les formes d'injustice sociale ainsi que la philosophie politique capitaliste, qu'elle juge pour responsable de la montée du fascisme –le single "Enough is enough" en est probablement le plus beau témoignage– elle l'exerce d'une manière moins spectaculaire. Dans le passé, le groupe s'est régulièrement illustré à travers des attitudes provocatrices, pour défendre ses idées. Figurez-vous qu'à l'issue de l'épisode des Falklands, les musiciens n'ont pas hésité à scander des slogans hostiles lors des parades militaires organisées en l'honneur de l'armée britannique. Il leur arrive également de se peinturlurer le corps en rouge ou de se teindre les cheveux en vert. Récemment, ils ont même décidé de se nourrir exclusivement de porridge (NDR: Beurk!) et d'épluchures de pomme de terres (NDR: les déchets au menu, les tubercules à la poubelle!). Et pour illustrer la pochette d'"Anarchy", ils ont choisi le moment précis de l'accouchement où le nouveau-né commence à sortir la tête... Si leurs idées sont fondamentalement demeurées identiques, il n'en est pas de même pour leur musique. Sauvage et vindicative à ses débuts, elle adopte, depuis trois albums, un profil beaucoup plus soft, plus sophistiqué, plus pop. Un style comparable à Electronics et à Saint Etienne, auxquels Chumbawaba voue une grande admiration. Avec des samplings capricieux, un peu comme chez Carter USM. Agit pop!

 

The Church

Sometime Anywhere

Victime de dissensions internes depuis deux bonnes années, Church a bien failli rendre son dernier souffle.

Flashback ! Début 1992, Marty Wilson Piper revient de son intérim passé chez All About Eve. Première constatation, Richard Ploog a cédé ses baguettes à Jay Dee. Ce qui n'empêche pas le groupe kangourou d'enregistrer l'excellent "Priest = Aura", puis de partir en tournée. Un périple qui sera cependant abrégé par un nouveau départ, celui du deuxième guitariste Peter Kopper. A l'issue de ce fâcheux épisode, Marty et Steve Kilbey décident de se retirer quelques mois de la scène musicale, le temps de faire le point sur le futur du combo. Finalement, mi 93, le duo décide de se remettre au boulot et concocte ce "Sometimes Anywhere". Quelques musiciens de studio participent bien à la confection de cet opus, mais en général les deux comparses se partagent l'essentiel du travail. Et finalement, "Sometimes Anywhere" ne diffère guère des précédents elpees. Treize titres qui tout en épousant un sens mélodique proche du House Of Love le plus romantique, macèrent dans un univers psychédélique presque floydien. Les cordes de guitares sont cristallines, limpides, le tempo lancinant, énigmatique, les harmonies vocales tendres, veloutées, les arrangements soignés, atmosphériques, la texture mélodique complexe mais irrésistible. Un chouette album !