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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
Afghan Whigs

Collection d’Arnell-Andrea

Villers aux Vents

Les trois premiers albums de Collection D'Arnell Andrea projetaient des images romantiques, impressionnistes, réminiscentes de la Renaissance française, langage sonore éthéré, atmosphérique, sis à mi-chemin entre Cocteau Twins et Dead Can Dance. Si le nouvel opus demeure toujours sous l'emprise du passé, il aborde une époque plus vivace en nous plongeant dans l'univers sombre de la Grande Guerre 14-18. Le symbolisme de la poésie, essentiellement composé dans la langue de Voltaire, glisse sur des paysages de croix de lisière, d'arbres mutilés et de souvenirs indélébiles. Coproduit par Gilles Martin (Bel Canto, Tuxedo Moon), "Villers aux Vents" éveille ainsi de douloureux tableaux d'un théâtre de ruines, de boue et de tranchées ; évocation soulignée de cordes de guitare cinglantes, saturées, de rythmes métronomiques, minimalistes et emplie de ravissement mystique par la voix impassionnelle, frémissante et limpide de Chloé St Liphard...

 

Colm

Serum

Paradoxal, mais lorsqu'un ensemble français a bonne presse aux Iles Britanniques, systématiquement on le frappe d'ostracisme dans son pays natal. Pensez aux Thugs, par exemple! Colm semble rencontrer les mêmes difficultés. Le Melody Maker lui a même concédé le rôle de chaînon manquant entre Teenage FanClub et Levitation, alors que la presse d'outre-Quiévrain ne pipe mot de son premier album. Un véritable scandale compte tenu de la qualité de ce "Serum". Un disque qui catalyse avec nuance, conviction, arrogance, rage et frustration les dynamiques de l'électricité pour atteindre l'émotion la plus pure. Impressionnant !

 

Concrete Blonde

Mexican Moon

Quatrième album pour cet ensemble californien (Los Angeles) dominé par les fortes personnalités de la chanteuse et bassiste Johnette Napolitano ainsi que par Paul Thomson, ex-drummer de Roxy Music. Habillé d'une pochette au symbolisme sinistre (le Destin, La Faucheuse, etc.), "Mexican Moon" semble surtout inspiré par le psychédélisme américain. Garage d'abord, puisque Johnette a vécu le Paisley Underground. Mais également hérité de la West Coast du début des seventies. Celui de Quicksilver et surtout de Jefferson Airplane, pour ne rien vous cacher. A cause du climat intense et fiévreux qui règne tout au long de l'album. Et puis il y a les nombreuses références à la culture espagnole en général, mexicaine en particulier. Johnette n'hésite d'ailleurs pas à chanter un titre dans la langue de Cervantès ("Bajo La Lune Mexicana"), un peu à la manière de Grace Slick lorsqu'elle s'était aventurée en solo sur "Manhole". Bref, hormis trois ou quatre fragments dispensables, souvent inutilement enrobés de chœurs gospel, ce disque dispense une électricité rougeoyante, vulnérable et savoureuse. Concrete Blonde se paie même une cover de Bryan Ferry ("End Of The Line") et une autre de Steve Wynn ("When You Smile") au sein d'une œuvre où se détachent les très convaincants "Jenny I Read", "Jonestown" et le titre maître de l'œuvre...

 

Conspiracy Of Noise

Chicks With Dicks And Splatter Flicks

La conspiration du bruit ! Ne cherchez pas une hypothétique corrélation avec le titre d'un film d'Alfred Hitchcock, vous en seriez pour vos frais... Encore qu'il plane un certain suspense sur cette formation suspectée d'avoir dépouillé toute une série de valeurs sûres du rock'n’roll pour enregistrer ce "Chicks With Dicks And Splatter Flicks". Des artistes comme Fugazi, Fall, Hawkwind, Alice Donut, Captain Beefheart, Brian Eno et le Floyd ont ainsi été pillés puis maquillés par des samplings dans l'esprit de Pop Will Eat Itself, afin que Company Of Noise puisse se doter d'un potentiel hardcore aussi intéressant que complexe.

 

Alice Cooper

The Last Temptation

Pour enregistrer son vingt-cinquième album, Vincent Furnier s'est associé au célèbre créateur de bandes dessinées Neil Gaiman dont le best seller reste toujours "The Sandman"... Un projet original, jusqu'alors effleuré par Jethro Tull lorsque Ian Anderson a voulu illustrer son elpee "Too Old To Rock'n Roll ! Too Young To Die". "The Last Temptation" ne se résume cependant pas à deux planches, mais à trente-six pages en quadrichromie. Une BD qui a d'ailleurs été conçue avant d'être transposée en chansons. Et Alice Cooper est parvenu à en donner une interprétation dramatique, théâtrale. Une édition qui ne sortira malheureusement qu'en version limitée. Côté musical "The Last Temptation" nous a agréablement surpris. Pas d'envolées de guitares nombrilistes, mais un trash metal digne de "Killer", "School's Out" ou "Love It To Death". Une dernière tentation totalement irrésistible quoi !

 

Corrosion Of Conformity

Deliverance

Corrosion Of Conformity nous vient de Caroline du Nord. De Raleigh très exactement. Ville tristement célèbre pour être le berceau du Ku Klux Klan. Cet environnement influe-t-il sur l'attitude de ce quatuor yankee ? Nous n'en savons trop rien ! Toujours est-il que les lyrics véhiculent des messages subversifs, provocateurs, nés d'une fascination morbide, ambiguë pour la guerre, la mort, la destruction et l'épidémiologie. Malheureusement, hormis un superbe instrumental acoustique, les treize autres morceaux vomissent un métal sombre, ambigu, indigeste, inspiré par Black Sabbath et les Melvins. Martèlement de drums primaires, cordes de guitare écrasées, criardes, parfois même nombrilistes et aboiements vocaux n'ont cependant pas encore la grâce de provoquer une quelconque "Deliverance"...

 

Cosmic Psychos

Down on the farm / Cosmic Psychos / Blokes you can trust / Slave to the Crave

Réédition du tout premier Ep et de trois albums de cet ensemble australien sous la forme de deux Cds vendus séparément. D'abord, le maxi 5 titres "Down on the farm" gravé en 86 couplé avec l'elpee initial éponyme, édité l'année suivante. Ensuite "Bloke you can trust" concocté en 1992, flanqué du live "Slave to the crave" enregistré à Melbourne en 89. De quoi satisfaire les aficionados de ce combo de trash/punk/metal/rock qui fait la part belle aux roulements de drums frénétiques (4/4 comme chez les Ramones), à la basse sourde, aux riffs de guitare frémissants, bourdonnants, aux vocaux tendres et lancinants. Une formation capable de dispenser une énergie inépuisable à une cadence vertigineuse, tout en dénonçant les injustices sociales et politiques...

 

Course Of Empire

Initiation

Album tout à fait étonnant pour ce quintet texan (Dallas) qui en est déjà à son deuxième essai. Fascinant et complexe à la fois, parce qu'il est très difficile d'y coller la moindre étiquette. A la rigueur, nous pourrions lui trouver des vertus hypnotiques, tribales, proches de celles développées sur les premiers albums d'Hunters And Collectors. Ou atmosphériques, délirantes. Surtout dans la deuxième partie du disque; lorsque la solution nous entraîne dans un voyage space rock aux confins de l'univers balisé par le Pink Floyd et Danse Society... Mais pour le reste, on ne peut que formuler des hypothèses. Bien sûr, il existe des références mal définies comme le métal, le punk, la cold wave, le hardcore, le post-industriel, le hip hop, le psychobilly, l'ambient, le psychédélisme et même le jazz circa Benny Goodman. Mais le cocktail est tellement homogène et dévastateur que nous ne sommes pas parvenus à en extraire une caractéristique dominante. Une seule constante cependant, les lyrics dont la teneur sociopolitique stigmatise le nouvel ordre mondial à la solde du néolibéralisme...

 

Cowboy Junkies

Pale Sun Crescent Moon

Écrit par

En 1988, lors de la sortie de son deuxième opus, "Trinity Session", nous nous étions extasiés devant le charme intuitif et fragile de la muse visionnaire épanchée par Michael Timmins. Des chansons romantiques, mélancoliques interprétées par la voix impassionnelle, bouleversante de sa sœur Margo ; des chansons cultivées dans un espace balisé par le country, le folk et le blues. Malheureusement, à force de ressasser les mêmes stéréotypes, Cowboy Junkies a commencé à se complaire dans la morosité, atteignant finalement l'abysse soporifique sur "Black Eyed Man". Aujourd'hui, la formation en revient à un style plus tonique, plus vivace, traversé de cordes de guitares acérées, frémissantes. Pas encore de quoi jeter les bras au ciel, mais la certitude d'être préservé d'une nouvelle chute dans les bras de Morphée. Bénéficiant du concours de Richard Bell, ex-claviériste du dernier groupe de feu Janis Joplin, Full Tilt Boogie, "Pale Sun Crescent Moon" implique néanmoins deux covers : "The Post" de John Mascis (Dinosaur Jr) et "Hard To Explain" du compositeur de rhythm’n’blues Ray Agee… Un concept album d'honnête facture qui nous réconcilie avec le quartet canadien (Toronto).

 

Kevin Coyne

Elvira : Songs From The Archives 1979-83

Concept album pour Kevin Coyne qui nous raconte, en neuf chansons, l'histoire d'Elvira Barney. Une tragédie vécue par cette fille de juge, qui au cours des années trente, avait bénéficié d'un non-lieu pour l'assassinat de son petit ami. Meurtre avec préméditation couvert par sa position sociale, comme le suggérait la presse populaire de l'époque ou légitime défense justifiée par le comportement violent de son petit ami? Un débat que mène Kevin armé d'une guitare sèche et de son humour noir très caractéristique ; un combat qu'il mène d'une voix rauque ou grinçante, fiévreuse ou même tendre. Ce morceau de plastique est en outre enrichi de cinq inédits composés entre 79 et 83. Des archives quoi !