Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
Afghan Whigs

Front 242

Live Code

Il existe chez Front 242 deux dimensions diamétralement différentes. La première, vous vous en doutez, répond à des normes de haute technologie et de synthétisation du son. Elle s'élabore exclusivement en studio. La deuxième transmet des pulsions viscérales dans un environnement visuel épileptique. Elle se consomme ‘live’. Alors, un enregistrement public, reproduit sur disque, sans son support optique et énergétique souffre inévitablement d'une carence d'efficacité. Bien que bénéficiant d'une remasteration studio, ce set accordé à la radio néerlandaise VPRO3 le 25 octobre 93 a davantage une valeur documentaire, voire sentimentale, qu'artistique. Pour fans exclusivement !

 

Front 242

Off

Deuxième album en moins de quatre mois pour Daniel B et Patrick Codenys, alias Front 242. Et comme prévu, Jean Luc et Richard se sont effacés pour une chanteuse. Une certaine 99 Kowalski du trio transylvanien Spill. Une chanteuse dont le timbre voluptueux, translucide, campe un hybride entre celui de Cossey F Tutti et de Sarah Cracknell (Saint Etienne). Malgré l'une ou l'autre intervention plus musclée, plus rageuse, plus virile (!), "Off" privilégie les atmosphères instrumentales. Ce qui le différencie de son précédent opus "Up evil", jaugé alors pour deux mesures d'électro hardcore yankee (Ministry, Rage Against The Machine, Nine Inch Nails) et une d'acid techno (The Orb, Sunscreem et consorts). Le nouvel opus ne se contente pourtant pas d'inverser les doses. D'abord, il limite les samplings de guitares. Ensuite, il revient à des formes synthétiques plus originelles (Throbbing Gristle?), voire contemporaines (Terry Riley?). Bien sûr, Front continue de sculpter sa matière première sur un tempo viscéral. Mais cette substance cybernétique n'est plus systématiquement martyrisée, torturée, militarisée. Elle épouse des pulsions climatiques d'une manière plus instinctive. En outre, le disque recèle trois fragments qui débordent du contexte rituel. "Serial killers don't kill the girlfriend" flirte avec la cold wave gothique de Daniel Ash, "Skin fur coat" sanctifie la techno pop de Depeche Mode, alors que l'envoûtant (quoique trop bref) "Animal Gate" transcende la phase la plus féconde de Shamen ("Progen", "LSI").

 

Front 242

Religion

Six versions différentes du titre maître et deux de "Crapage" recyclés tour à tour par Andy Wallace, J.G. Thirwell, Lion Howlett et par The Orb. Huit remixes qui dénotent quelque peu par rapport à "Off" et "On", les deux excellents albums gravés par la bande à Daniel B et Patrick Codenys au cours de l'année 1993. Ce n'est donc pas la peine d'en faire une religion...

 

Failure

Magnified

Non content de se partager la basse, la guitare et la batterie, Greg Edwards et Ken Anderson ont également produit leur deuxième album. Un musicien de studio est bien venu donner quelques coups de baguettes en studio, mais seulement pour quatre titres. Si ce duo yankee trahit quelques affinités avec le grunge, côté vocal surtout (NDR : qui a parlé de Kurt Cobain?), son expression est "Magnified" par le post punk et la pop. Drums tribaux (Magazine?), cordes de guitare effilées, scratchées, filandreuses (Siouxsie & The Banshees), basse menaçante (Stranglers?) scellent un excellent profil mélodique, cold pop, réminiscent de Killing Joke, quelque temps avant qu'il ne se sépare, et surtout de Psychedelic Furs...

 

The Fall

Middle Class Revolt

Aussi prolifique qu'imprévisible, Mark E Smith a enregistré la bagatelle de dix-huit albums depuis 1976. Soit une moyenne d'un elpee par année. Une performance hors du commun pour un artiste qui ne s'est jamais laissé submerger par l'évolution du temps ou des modes. Mieux encore, ces paramètres, il les a toujours anticipés, pour ne pas dire prophétisés. Et pourtant sa musique complexe, radicale, répétitive est toujours aussi reconnaissable. A cause de cette sensibilité chaotique qui transpire de ses mélodies. De sa voix laconique, impénétrable, glaciale, sorte de monologue ésotérique qui lui permet de marmotter ses lyrics merveilleusement enchevêtrés. Mais chaque elpee exhibe une nouvelle facette de son rock kaléidoscopique. Pour "Middle Class Revolt", il a ainsi recours tantôt aux cordes de guitares acoustiques fastueuses, capricieuses, tantôt aux claviers fluides, volatiles. Une œuvre fatalement difficile à décoder. Mais tellement fascinante et hypnotique, qu'il est inutile de lui résister...

 

The Family Cat

Magic Happens

Depuis 1989, année de la sortie de son premier et remarquable album, "Tell' em we're surfin'", on ne peut pas dire que ce quintet insulaire ait bénéficié des bonnes grâces de la presse spécialisée anglaise. Les rares singles ou Eps et les prestations ‘live’ se sont même vus, et régulièrement, battus en brèche. A un tel point que nous nous demandions si la formation n'allait pas finir par splitter. Et puis, les fossoyeurs de talents ont dû se sentir mal à l'aise en écoutant ce "Magic Happens". Personnellement, nous ne nous cachons pas pour avouer avoir toujours beaucoup apprécié Family Cat. Mais sincèrement, nous ne pensions pas que le groupe était capable d'une telle performance. Et c'est tant mieux ! D'abord il y a les lyrics. Dramatiques, convaincants. Ensuite le sens mélodique. Fertile en sonorités électriques chatoyantes, torrentueuses, épileptiques, onctueuses, diffusées à la manière d'un House Of Love chargé d'adrénaline. Enfin la richesse des compositions. Pas toujours faciles à aborder, mais qui épinglent des moments totalement transcendants comme ce "Hamlet for now" ou sinueux, énigmatiques, à l'instar de "Move over I'll drive". Magique !

 

The Farm

Hullabaloo

Si le groupe liverpuldien était parvenu à défrayer la chronique fin des eighties début des nineties par un succession de singles aussi savoureux les uns que les autres –pensez à "Hearts & Minds", "Stepping Stone", "Groovy Train" et "All Together Now"– puis par la confection d'un premier opus largement rétrospectif, il s'était totalement planté lors de la sortie d'un deuxième album jugé sans âme et sans identité. Tellement insipide qu'il ne méritait même pas qu'on lui consacre plus de deux lignes. The Farm vient heureusement de revenir à son meilleur niveau sur ce "Hullabaloo". Pas de hit potentiel cependant, mais dix compositions à la spontanéité rave, à la sensibilité house, à l'idéologie rouge et au groove contagieux. Une bonne raison pour penser qu'en poursuivant dans la même voie, la formation pourrait occuper rapidement, dans l'univers ‘scally’, la place vacante laissée par le défunt Happy Mondays...

 

The Fatima Mansions

Lost in the farmer west

Persécuté par ses idées sur la pollution, l'écologie, la société, la spiritualité et la sexualité, Cathal Coughlan continue de faire passer toutes ses obsessions et ses visions cauchemardesques à travers sa musique. Pas en abusant de slogans. Mais en démontrant tous les mécanismes de la politique du monde contemporain. Un album riche, imprévisible, aux mélodies fracturées, truffées de bruitages aussi étranges que judicieux. Un disque féroce, solennel et venimeux exacerbé par les cordes de guitare sauvages, puissantes, mordantes, infiltré de claviers insidieux, et infecté par le vocal tantôt tendre, grinçant ou schizophrénique de Cathal. " Lost in the farmer west " épingle même deux chansons totalement antonymiques. " Walk your way ", qui macère dans un climat déchirant, sombre, proche d'American Music Club ; et " Humiliate me ", qui affronte la face la plus basique rock d'un Captain Beefheart…

 

Fetish 69

Brute Force

En psychanalyse, un fétiche est un objet inanimé ou une partie du corps non sexuelle, capable de devenir à lui (ou à elle) seul(e), objet de la libido. Hormis son patronyme nous ne voyons pas très bien ce que ce groupe autrichien (Vienne) peut susciter d'aphrodisiaque. A la rigueur un exhibitionnisme post industriel stérile, à la limite du sadomasochisme hardcore (Sigmund Und Sein Freund?), notamment lorsqu'il maltraite la cover de Lydia Lunch, "Stares to nowhere". Pour le reste, "Brute Force" risque purement et simplement de vous donner l'envie de vous taper la tête contre les murs.

 

Zeke Fiddler

Waterproof

Pour convaincre John Mascis de jouer de la batterie sur son album, Zeke Fiddler doit certainement être un musicien d'exception. Quant on connaît le caractère acariâtre du leader de Dinosaur Jr, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. "Waterproof" ne date pourtant pas d'hier, mais de début 1993. Et si nos souvenirs sont exacts, les sessions d'enregistrement se sont déroulées peu de temps avant que Dinosaur Jr n'annule sa tournée européenne... suite à l'application d'un plâtre au bras de John, victime d'une tendinite persistante... Revenons à notre imperméable ; qui dégouline, vous vous en doutez, d'électricité vivifiante, pétillante, crépitante. Et dont l'intensité varie suivant les différentes charges conduites tour à tour par Gumball, Screamin' Trees, Smashing Pumpkins et Dinosaur Jr (quoi de plus naturel!)