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Chroniques

Hooverphonic

With Orchestra

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Autant l’avouer tout de suite, Hooverphonic part avec un petit handicap en ce qui me concerne, toujours pas remis du départ de Geike. Même si sa remplaçante est parvenue à faire ses preuves depuis. Pour cette petite parenthèse, Alex Callier s’est offert l’un de ses fantasmes : interpréter les morceaux de son projet en compagnie d’un véritable orchestre. Un rêve qui se concrétise de jolie manière puisque le trio délivre non seulement un disque en compagnie d’un ensemble symphonique dirigé par Cédric Murrath, mais ce dernier l’accompagne également pour quelques dates sur la scène de la salle Reine Elizabeth à Anvers. Une tournée déjà pratiquement sold out chez nous. Les nouveaux arrangements proposés par la formation belge et les musiciens qui l’accompagnent au sein de ce « With Orchestra » rehaussent fabuleusement les morceaux du trio, au point que le départ de Geike n’est désormais plus qu’un lointain souvenir.

Entre « The Night Before » et « With Orchestra », Noémie Wolfs s’est incontestablement transcendée. Plus sûre d’elle, la chanteuse exhibe des vocalises supérieures à celles déployées au sein de la première œuvre à laquelle elle a participé. Même les plus vieux morceaux ne souffrent d’aucune fausse note, hormis sur « 2Wicky » et « Vinegar & Salt » qui ne collent pas vraiment à la peau de la demoiselle, originaire de Scherpenheuvel. Légère incartade dissipée par les excellentes versions de « George’s Café », « Expedition Impossible » ou encore une jolie reprise du « Unfinished Sympathy » de Massive Attack ».

Le nouvel habillage d’Hooverphonic lui va à ravir. Reste à savoir si le trio sera à la hauteur en octobre prochain pour le second volet de leur odyssée acoustique « Sit Down and Listen to…» qui avait donné le jour en 2003 à un album tout simplement splendide. Approuvé, le Hooverphonic version 3.1 !

Live : Tournée « With Orchestra » à la salle Reine Elizabeth d’Anvers du 27 au 29/04 (sold-out) et le 26/10. Ensuite, « Sit Down and Listen 2 », le 11/11 à l’AB.

 

 

Grinderman

Grinderman 2 RMX

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Grinderman n’est plus, longue vie à Grinderman. En guise de cadeau d’adieu, Nick Cave, Warren Ellis et leurs deux désormais ex-acolytes proposent une version revue et corrigée de « Grinderman 2 », le deuxième et ultime LP de ce projet, publié en septembre 2010. Un disque enflammé et 100% rock’n’roll qui se voit ravaler la façade par du beau monde. Et comme dans tout album remix qui se respecte, il y a à boire et à manger…

Et tout d’abord ceux qui s’en sortent haut la main comme Nick Zinner et Unkle. Ils revoient intelligemment « Bellringer Blues » et « Worm Tamer » (intitulé ici « Hyper Worm Tamer »). Cat’s Eyes réalise également un travail impeccable en ne se contentant pas de remixer, mais de réinterpréter intégralement « When My Baby Comes ». Du joli boulot comparé à celui de A Place To Bury Strangers dont l’adaptation de « Worm Tamer », quoique de bonne facture, s’avère également banale, car trop égale à ce que le trio a l’habitude de proposer. Vient ensuite Josh Homme qui ne se distingue pas beaucoup plus que les New-Yorkais, pour les mêmes raisons.

En tout, « Grinderman 2 RMX » recèle 11 nouvelles moutures de 7 titres issus de sa version originale, ainsi qu’une démo de « Evil » rebaptisée « First Evil ». La liste d’invités compte aussi Andrew Weatherall pour un remix moyen de « Heathen Child » et Matt Berninger (The National) qui en impose, comme d’hab’, sur le Silent Alert Remix de « Evil ». Morceau revu ultérieurement par Factory Floor également.

Comme cadeau d’adieu, c’est pas top-top malgré quelque belles réussites. Deux ou trois inédits auraient permis à l’ensemble de tenir la longueur, et à l’auditeur de reprendre son souffle. Car deux ou trois remix d’un même morceau à quelques minutes d’écart est difficilement digérable. D’autant plus que « Kitchenette » et « What I Know » ont tout simplement été ignorés dans le processus. « Grinderman 2 RMX » s’adresse principalement aux fans inconditionnels des travaux de Nick Cave. Pour les autres, un téléchargement sélectif sur iTunes, ou autre site du genre, est plus que recommandé.

Froggy

Destination Grooveland

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Froggy !?

Non, ce n’est pas une pub pour un quelconque produit d’entretien bio !

Ne vous méprenez pas ! Froggy n’est pas seulement une marque de détergent connue pour ses vertus soi-disant ‘non polluantes’ ; c’est également le patronyme d’un groupe rock noir jaune rouge.

Le line up réunit cinq membres : Bob Eggermont à la gratte, Bart Buytaert à la basse, Jürgen Slowack aux guitares, Julian Hills (il est british lui) préposé aux fûts et enfin la charmante Lety. Celle-ci et Bob se partageant le micro. Froggy n’est pas vraiment un nouveau groupe, puisqu’il compte déjà un parcours de près d’une décennie, même si la formule actuelle date seulement de 2006…

« Destination Grooveland » ne constitue cependant que leur second elpee. Il succède à « What the funk is rocking on », paru en 2008. Comme son nom l’indique si bien, la musique du band oscille entre rock et funk, à l’instar de ce proposent les Red Hot, toutes proportions gardées bien évidemment. Ce qui ne veut pas dire non plus que leur musique est insipide ou manque d’intérêt. Ça ‘rocke’ bien, chacune des dix plages swingue et dégage une chaleur susceptible de donner envie de remuer.

Ouvrant l’elpee, « Like a Zeppelin » laisse supposer que Bob a emprunté les cordes vocales d’Alice Cooper, tant le timbre de voix se rapproche de celui du grand-père américain… Tout n’est pas parfait sur ce disque, quelques ‘faiblesses’ démontrent qu’au niveau compo, il y a encore du boulot. « Star Eyes » par exemple, est l’exemple parfait du titre lassant, si on vient de découvrir Froggy ; car on s’ennuie ferme durant cinq bonnes minutes. Long ! Autre petit bémol à soulever, les huit premières plages semblent issues du même moule. A cause de la section rythmique relativement similaire sur la plupart de ces morceaux. Un peu de modulation n’aurait pas été de refus. A contrario, on épinglera quelques excellents moments, comme les deux dernières compos « Nice to meet you » et « Words Keep Coming » qui ne doivent rien à personne, même pas aux Red Hots… A mon humble avis, c’est cette veine que le band a tout intérêt d’exploiter. Les vocaux et les guitares font merveille dans ces blues/funk authentiques. Dommage qu’il faille attendre la fin de l’album pour savourer ces deux perles ! Et on en redemande…

 

Electric Guest

This Head I Hold (Ep)

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Electric Guest est un duo originaire de Los Angeles qui, après s’être glissé sur scène par la porte de service en publiant deux singles relativement confidentiels (« Troubleman », « This Head I Hold »), compte bien obtenir son accès à la porte principale. Pour y parvenir, les deux hommes ont fait appel à une figure incontournable de l’indie pop, l’über-prolifique Danger Mouse. De la rencontre entre les jeunes loups et le vieux sage est né un Ep, « This Head I Hold », annonciateur de « Mondo », un premier album prévu pour la fin avril.

 

« This Head I Hold » nous propose donc un avant-goût en 4 extraits. Deux de ceux-ci, « Jenny » et la plage-titre, se distinguent haut la main, malgré la touche très (même trop) flagrante du producteur sur toute la durée de l’Ep. Il y effectue un travail impeccable, comme à son habitude, mais qui se rapproche, sans le moindre complexe, de celui opéré sur deux autres de ses projets. Et pas des moindres : Gnarls Barkley et Broken Bells. Reste à voir si Electric Guest connaître le destin de ces derniers, ou celui de Joker's Daughter, excellente parenthèse du producteur, mais qui n'est resté rien d'autre qu'une parenthèse.

Entre les deux morceaux mentionnés plus haut interviennent « Troubleman », jolie ballade de près de neuf minutes, dont la délicate partie instrumentale plantée en son milieu justifie largement la durée, et un « American Daydream » anecdotique. « This Head I Hold » est, malgré tout, une mise en bouche relativement alléchante. A condition d’être peu regardant sur les questions d’originalité.

Live : Aux Nuits Botanique (Rotonde), le 20/05.

Django Django

Default (Ep)

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Django Django réunit 4 Ecossais établis à l’Est de Londres. Il s’agit d’un ‘bedroom band’, c’est-à-dire un groupe de jeunes qui jouent et répètent dans la chambre d’un de leurs membres.

 

Suivant la rumeur, les musicos auraient d’ailleurs travaillé pendant plusieurs années dans celle d’un de leurs camarades, en l’occurrence leur leader/batteur/producteur : David Maclean. Fréquentent donc également ce home studio, le chanteur/guitariste Vincent Neff, le bassiste Jimmy Dixon et enfin Tommy Grace préposé aux synthés.

Après de multiples recherches ‘pour dénicher un nouveau son’ et ‘s’aventurer au sein de territoires inexplorés’, comme le précise le chanteur, ils réussissent à décrocher un contrat auprès du label Because.

Cet Ep est consacré à 5 variations plus ou moins inspirées du morceau « Default » ; ce qui devrait nous permettre de se faire une idée plus ou moins précise du style proposé par le quatuor issu d’outre-Manche.

Après avoir écouté ce « Default », je dois avouer ne pas être totalement convaincu du résultat. D’abord, il ne reflète pas du tout ce à quoi on aurait été en droit d’attendre de la formation insulaire. Et on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement passionnant. Je me demande même si les quatre potes n’auraient pas encore intérêt à retravailler leurs maquettes pour obtenir un produit un peu plus original et audacieux.

En fait, cet Ep trempe dans une forme de rock psychédélique expérimental pour le public non expérimenté. Le tempo est monotone, lancinant. Les bruitages me tapent sur le système. Pas de chant véritable et encore moins de mélodie. Bref, ce n’est pas ma tasse de thé. Tiens j’ai même lu que Django Django pourrait devenir les nouveaux Beach Boys. Ah bon ! On ne doit pas avoir écouté le même disque…

Marcel Dettmann

Conducted

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Marcel Dettmann est un artiste allemand devenu résident comme DJ au ‘Berghain’, un club notoire situé au cœur de Berlin, et consacré comme ‘Temple de l’Electro’. Selon la presse spécialisée, il s’agit d’un des meilleurs night-clubs du monde. Chaque week-end s’y réunissent des centaines de personnes avides de beats. Inutile de préciser que Dettmann est par conséquent considéré comme grosse pointure dans son domaine.

Après avoir enchaîné différents Eps en ‘underground’, il publie en 2010 un premier album sobrement éponyme, très bien reçu par la critique. Il nous propose aujourd’hui son second mix officiel, « Conducted » ; et cet opus semble suivre le même chemin que le premier, c'est-à-dire celui du succès.

Et pourtant, je dois vous avouer une confession presque honteuse : je n’ai pas apprécié le travail effectué par le Teuton sur cet elpee. Probablement parce que je ne suis pas trop branché sur la techno minimaliste. Car si je reconnais son incontestable talent pour mixer, ce Dj ne possède pas, à mon humble avis, la capacité de faire vibrer les foules à l’aide de sa musique. 

En outre, les morceaux qu’il choisit souffrent d’une carence mélodique. Et en général, il les imprime sur un tempo bien trop lent pour nous imposer un rythme de croisière. Pourtant, en ‘live’, il s’est bâti une réputation plus qu’enviable. Il y manifeste tout son potentiel. A cause de mix endiablés. Je n’ai malheureusement jamais eu le loisir d’assister à un de ces sets ; mais une chose est sûre, cet elpee m’a laissé sur ma faim et ne m’a pas vraiment convaincu.

« SandWell Dictrict – Immolare », ouvre la plaque. Un titre un peu trop mollasson, à mon goût. Tout au long de sa prestation, Dettmann greffe progressivement de nouveaux éléments sonores. Et une belle impression d’harmonie est renforcée par l’absence de césure entre les titres.

En général, l’ajout successif d’instruments et de sonorités est un procédé que j’apprécie beaucoup en électro. Sauf qu’ici, la structure est très longue à se mettre en place. Trop longue même. L’accroche est souvent excellente au départ, mais cette intro s’éternise, et on se demande même quand la plage va véritablement démarrer. Et il faut attendre la sixième piste, « Bluemoon Productions – Night », pour qu’enfin apparaisse une jolie mélodie. Puis, basta ! Pourtant, les mixes sont irréprochables et en fin de parcours méritent même un prix d’excellence. Des qualités qui sont cependant insuffisantes pour me séduire complètement. Pourquoi ? Difficile de répondre à cette question. Pourquoi ne pas partager l’avis de Monsieur et Madame Toutlemonde ? C’est sans doute aussi le rôle de votre serviteur d’avoir et surtout de conserver l’esprit critique…

 

Cloud Nothings

Attack on memory

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Issue de Cleveland, cette formation avait publié l’an dernier son premier opus éponyme. Un long playing qui faisait suite à la sortie de quelques Eps. On avait ainsi pu constater que le combo ne manquait pas de potentiel ; surtout pour concocter d’excellentes chansons indie rock instinctives, des compos issues de la plume d’un jeune songwriter de 20 ans, Dylen Baldi. Son sens mélodique avait même fait l’unanimité dans la presse.

Cloud Nothings nous propose donc son deuxième elpee, un disque qui paraît quelques mois à peine après la fin de sa tournée. Et on se demandait quand même si « Attack on memory » allait confirmer le buzz médiatique dont le band avait fait l’objet.

Pour concocter ce cd, le combo étasunien a fait appel aux services du notoire Steve Albini. De quoi imaginer facilement un résultat résolument plus énergique et davantage proche du son ‘live’. Et manifestement, l’énergie et la frénésie sont bien plus présentes.

Caractérisé par son excellent crescendo tout en puissance, « No Future/No Past » ouvre la plaque. La musique de Cloud Nothings concède clairement des relents 90’s. « Attack on memory » navigue entre grunge, punk et indie-rock. Le timbre de Dylen Baldi est nasillard. Et le chanteur insuffle toute sa jeunesse et sa fougue à travers le très ‘kurtcobainien’ « Wasted Days ». Judicieusement intitulé, « No sentiment » libère toute son agressivité. Le reste de l’opus embrasse un format plus pop, sans pour autant perdre de son intensité naturelle (« Our Plans », « Stay Useless », « Cut You »).

Fini de rigoler, Dylen Baldi montre les dents. Mais le plus paradoxal, c’est que cet « Attack on memory » regorge de tubes. Et si vous aimez ce style de musique qui déménage, mais en même temps bien torchée, vous devriez y trouver votre bonheur. Excellent !

 

Choir of Young Believers

Rhine Gold

Écrit par

Nonobstant leur patronyme emphatique, la musique de cette formation danoise ne baigne pas dans le néo-folk hippie, à l’instar d’Edward Shape ou I’m From Barcelona ! Formée en 2006, à Copenhague, par Jannis Noya Makrigiannis, cette chorale est une formation à taille variable qui gravite autour de son ambitieux chef d’orchestre. Et elle jouit d’un beau succès dans son pays. « Rhine Gold » constitue son second album.

La musique de ces jeunes fidèles rappelle le folk empreint de délicatesse concocté par Great Lake Swimmers. A cause de la superbe voix de Jannis. Et des plages comme « Paint New Horrors » ou encore « The Wind is Blowing Needles » en sont les plus belles démonstrations. Quant au groove lent et profond, il évoque davantage les Wild Beats voire Talk Talk (« Third Time » ou « Sedated »). L’instrumentation est fouillée et épique. Le climat lyrique et recouvert d’un voile de mystère. Faut dire que la voix ténébreuse est trempée dans la reverb, un peu comme si les sessions s’étaient déroulées dans une église. Quant aux mélodies, elles suintent de mélancolie. Et c’est en puisant au sein de cet ensemble de sources que Choir of Young Believers est parvenu à tisser ses morceaux de synthé-pop symphoniques, de longues plages qui nécessitent cependant un certain temps avant de vous pénétrer instinctivement et de vous envoûter totalement. Amen !

 

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