Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Didier François

Nyckelharpa Solo

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Le violoniste et nyckelharpiste Didier François est un touche-à-tout hors du commun qui collabore avec les plus grands noms du monde artistique. S’intéressant aux musiques traditionnelles, jazz et classique, il participe entre autres à la composition et à l’enregistrement de B.O. de films et de documentaires. Le nyckelharpa, son instrument de prédilection, est un instrument traditionnel d’origine suédoise se rapprochant du violon. Le mot ‘nyckelharpa’ signifie ‘vièle à clavier’. Sa sonorité rappelle celle de la vielle en plus doux et chaleureux. On doit à Didier François l’élaboration d’une nouvelle tenue pour cet instrument qui améliore la vélocité du jeu et la qualité du son.

Ce disque est plaisant à l’écoute, les harmonies y fleurissent bien et nous surprennent sans cesse. Accompagnées par les cordes bourdons, les cordes sympathiques répondent aux résonnances de celles mélodiques frottées par l’archet et déploient des couleurs et des textures fort différentes de celle du violon. Nous sommes plongés dans un monde intimiste et mystérieux, un peu méditatif qui exhale les dissonances de la musique ancienne en même temps que les échos du folklore scandinave et ottoman. Le disque est ponctué d’œuvres plus connues issues du catalogue classique et jazz et les réinterprétations opérées par Didier François, de celles tirées du répertoire pour violon, sont belles et respectent le caractère d’origine de l’œuvre. Loin de déranger ou de dénaturer Bach et Ysaÿe, la sonorité du nyckelharpa rafraîchit en quelque sorte notre écoute. Les compositions originales du musicien que l’on retrouve également sur le disque sont toutes en déploiement et recherche des sonorités, célébrant au mieux les qualités de l’instrument.

 

Captain Mantell

Ground Lift

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Le 7 janvier 1948, vers 13h00, plusieurs dizaines de témoins signalent aux autorités locales du Kentucky la présence d'un objet rond, lumineux et de grande taille se dirigeant lentement vers le sud.

Lancé à la poursuite de cet O.V.N.I., le capitaine Mantell disparaîtra bientôt aussi bien des écrans radars que de la surface de la terre.

Soixante-trois années plus tard, il réapparaît sous le couvert d’un trio italien produisant un mélange hybride entre Pop et electro kitch disco.

Personnellement, j’estime que les extra-terrestres auraient dû le garder encore un moment.

 

Kristofer Astrom

From Eagle to Sparrow

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Ex-membre des vétérans émo de Fireside, Kristofer Åström mène depuis 1998 une régulière et attachante carrière solo dont on avait perdu la trace depuis « Sinkadus » (2009). Habituellement flanqué de ses fidèles Hidden Trucks, c’est aujourd’hui seul maître à bord que le Suédois revient dans un registre folk immuable qu’il maîtrise à merveille à l’aide de sa guitare acoustique et son inséparable harmonica (« For You »). Il tisse des complaintes folk aux accents pop et mélancoliques (« Strong & Tall), rappelant parfois Elliott Smith (« Taser Gun ») voire Conor Oberst (« Can You Imagine ? »), mais qui s’avèrent malheureusement parfois soporifiques (« Full Moon »)…

Pas convaincu que cette nouvelle étape lui permette de décrocher une notoriété pourtant méritée ; et pourtant, la musique du ‘loner’ nordique est une valeur sûre sur laquelle on revient avec plaisir, certains d’y retrouver quelques pépites à écouter en solitaire…

 

Voivod

To The Death 84

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La patience est une vertu que tout fan de Voivod doit posséder. Et il leur en a fallu de la patience. Plus de trente ans avant de pouvoir s’enfiler goulûment ce superbe témoignage live de l’époque thrash punk des Québécois qui deviendront, quelques années plus tard, les plus grands représentants de la scène techno thrash (techno dans le sens de technique, entendons nous bien !) Et pourtant de nos jours hélas, de nombreux aficionados de metal connaissent à peine leur nom. Nombreux aussi sont ceux qui respectent le côté visionnaire du combo aussi bien influencé par Killing Joke, Venom que Pink Floyd.

« Killing Technology » est un opus culte. Une tuerie de riffs déments plongés au sein d’une ambiance de vieille usine désaffectée. « To The Death 84 » nous renvoie donc aux racines de la carrière du groupe basé à Jonquières, banlieue de Québec. A cette époque, Snake, Away, Piggy et Blacky commencent à composer ferme dans l’espoir de marcher sur les pas de Motörhead et de Venom. Bien vite repéré par Brian Slagel, qui leur ouvre les portes du label Metal Blade, le groupe vomit deux albums monstrueux de puissance (« War and Pain » et « Rrroooaaarrr ») et s’embarque pour une tournée américaine chaotique en compagnie de Celtic Frost. « De War and Pain » à « Incantation », de « Slaughter in a Grave » à « Iron Gang », tout n’est ici qu’énergie et violence absolue. Un sommet pour l’époque, digne des représentations des Iroquois de Discharge. Et on se régale de cette reprise bien perso du classique « Evil » de Mercyful Fate ainsi que d’une autre cover moins inattendue, le « Bursting Out » de Venom. Aujourd’hui, la conviction de Voivod envers la cause sacrée du metal demeure intacte, même si la direction musicale empruntée est résolument différente de celle délivrée à merveille sur cet album live poisseux, authentiquement underground. Imparable !

 

Tomat

01-06 June

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"01-06 June" est le projet solo de David Tomat, un DJ italien issu de Turin qui s’est forgé une  notoriété dans l’univers de l’électro/rock, chez N.A.M.B., un band au sein duquel militent ses comparses Luca Cognetti, Silvio Franco et Andrea Ghio.

Réunissant 11 titres, l’opus n’a nécessité que 6 jours pour être réalisé et mixé. C’était en juin 2010. De l’aveu même du musicien, il est le fruit d’improvisations consécutives à des sessions électro opérées en multipistes, des sessions alimentées notamment, par la voix du Deejay, un synthétiseur analogique et des effets spéciaux enfantés par la guitare et un ordinateur.

Le titre de l’opus est inspiré par une légende. Historiquement, du 1er au 6 juin, on a toujours assisté à une période faste en matière de découvertes. On y aurait bricolé la première radio, accompli le premier vol en ballon (NDR : un exploit attribué aux frères Montgolfier), réalisé la première photographie d’une comète, etc.

Pourtant, on ne peut pas dire que cette période ait vraiment inspiré le Transalpin. Peut-être pour le choix des titres de l’elpee…

"CE-2" ouvre la plaque. Une compo qui souffre de ses longueurs et de sa carence en rythmes. Et "Radio" qui embraie n’est pas davantage convaincant. L’amorçage est très (mais alors vraiment très lent !) et le reste guère transcendant. Au fil de l’opus, on se rend d’ailleurs compte que c’est à l’allumage que le bât blesse, ne permettant jamais aux morceaux de décoller. Pire encore, en écoutant "Soyuz", on se demande si le disque n’est pas rayé, tellement sa structure est chaotique. 

"Lovelyplace" est l’exception qui confirme la règle. Une plage vraiment originale qui n’empêche pourtant pas le naufrage général. Pas de paroles, des mélodies sommaires et un mixing sans grande envergure, on se demande dès lors quel public David Tomat vise-t-il ? Je n’ai toujours pas la réponse.

Il serait peut-être judicieux que l’artiste se concentre sur ses autres projets, et en particulier N.A.M.B. et Niagara, pour lesquels il semble nettement plus inspiré…

 

Tigers of the Temple

Death Light Fire & Darkness (Ep)

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On ne peut pas dire que la toile regorge d’infos au sujet de Tigers of the Temple. Et en tapant ce patronyme sur un moteur de recherche, on atterrit rapidement dans l’univers des tigres de Thaïlande. En fait, cette formation est suédoise. Elle nous vient même très exactement de Göteborg. Et pas la peine de le répéter 100 fois, les Suédois sont particulièrement branchés sur la musique folk. D’ailleurs le premier Ep de ce sextet scandinave en est une nouvelle démonstration.

« Death Light Fire & Darkness » est découpé en quatre plages sculptées dans un folk mélancolique et touchant, alimenté par un violon, un banjo et des chœurs. Des chœurs auxquels participe une vielle connaissance, Kristofer Åström sur les deux premiers titres, « Mental Walks » et « Lions Cape ». 

Bref, dans le style, ce Tigers of the Temple se débrouille plutôt bien ; et j’ajouterai même que cet Ep m’a mis l’eau à la bouche. J’attends ainsi impatiemment la sortie de leur premier opus… 

 

School of Seven Bells

Ghoststory

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Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les 80’s sont bien de retour. Interpol avait allumé la mèche en 1998. Et les Editors l’avaient soigneusement entretenue. Depuis, c’est la déferlante. Les disciples les plus récents ? Active Child, Chairlift et School of Seven Bells (alias SVIIB), même si ces derniers en sont déjà à leur troisième elpee. Symptomatique, le label Full Time Hobby, en général favorables aux artistes pop-rock ou folk, semble avoir été atteint par ce virus revivaliste. 

School of Seven Bells n’est pas une formation inconnue sur la scène des States. Il s’est ainsi déjà bien illustré, en participant aux tournées de quelques pointures comme Interpol (NDR : ben tiens !), Blonde Redhead, Prefuse 73 ou encore Bat For Lashes. Depuis la publication de « Disconnect From Desire », le trio est passé à un duo, suite au départ de Claudia Deheza. Cependant, cette modification de line up ne semble pas avoir influé sur la motivation de Benjamin Curtis et Alejandra Deheza, puisque « Ghoststory » constitue déjà leur troisième elpee en trois ans. Après avoir tâté de la dream-pop mielleuse, adopté les rythmiques électroniques et goûté au shoegaze réminiscent de Cocteau Twins voire My Bloody Valentine, SVIIB a donc opté résolument pour un retour aux eighties.

Dès les premiers morceaux de ce troisième album, et en particulier sur « The Night », on est littéralement éclaboussé par ces lignes de claviers très caractéristiques. Puis progressivement, le tempo ralentit et l’expression sonore s’élève dans l’éther atmosphérique, atteignant son point culminant lors des envoûtants « Reappear » et « Show My Love ». Et en fin de parcours, le band de Brooklyn nous réserve l’un ou l’autre dernier périple dans l’univers pop-new-wave, notamment sur « Scavenger ».

En s’ouvrant à un autre courant musical, School of Seven Bells estime qu’il évolue. Mais ce choix risque peut-être de lui faire perdre certains anciens adeptes. Reste maintenant à vérifier cette métamorphose, lorsque le groupe se produira en ‘live’. Et ce sera le cas, ce 10 mars sous la Rotonde du Botanique.

 

Rodrigo y Gabriela

Live in France

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Une plage décapante ouvre cet album live immortalisant la tournée française, accomplie par le duo mexicain Rodrigo y Gabriela, qui module énergiquement des rythmes flamencos aux accents rock, jazz, et métal.

Deux guitares acoustiques et quatre mains menteuses, qui font croire à l'orchestre et aux percussions. L'un s'occupe en réalité des accords pour que l'autre puisse courir sur des soli endiablés.

L'album claque comme un coup de fouet, les doigts jouent avec les résonances des cordes, cassent le rythme, frappent les corps des instruments.

Expressionnistes, Rodrigo et Gabriela semblent être un feu d'artifice permanent. Accélérations, tension, puissance maximale. On en prend plein les oreilles.

Mais toujours, la même intensité, le rythme frénétique et régulier, qui gagnerait à reprendre son souffle dans des compositions plus lentes ou en jouant davantage sur les variations de volume. Le duo ne fouille pas assez les subtilités de gammes, de dissonances, de contrastes, comme si la prouesse technique se suffisait à elle-même.

Certaines potentialités physiques de la guitare sont explorées, les sons ne sont pas désagréables, mais la composition n'offre que trop peu de surprises. Les mélodies s'enchaînent, le public exulte, et en fin de parcours, on a envie d'aller prendre l'air, de respirer un peu, après cette fête bruyante ou rien d'important n'a été dit.

 

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