Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

Mouse On Mars

Parastrophics

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Ils sont marrants ces Allemands. On n’entend plus parler d’eux pendant six ans et ils reviennent, l’air de rien, en nous assénant une putain de claque electro-orgasmique. Le plus drôle dans cette affaire, c’est que l’on s’attendait à un album de cette trempe de la part de Modeselektor. Finalement ces derniers ont délivré, fin 2011, un 3ème LP qui, dans son ensemble, n’a pas convaincu grand monde. Drôle et ironique puisque c’est sous les tuiles de Monkeytown, le label de Modeselektor, que Jan St. Werner et Andi Tomas, alias Mouse On Mars ou Mom pour les plus intimes, se sont réfugiés.

Déjà considéré comme le meilleur labeur des deux hommes depuis leur « Idiology » de 2001, « Parastrophics » recèle un festival de killer-beats, de rythmes saccadés et de basses puissantes qui te prennent à deux mains et te secouent le bide et la cervelle frénétiquement tellement tu t’y attendais pas. Tout au long de ce disque, Mouse On Mars démontre à tous ses contemporains que le projet a évolué au fil du temps, sans tomber dans la caricature du vieux groupe des années ’90 qui s’accroche tant bien que mal à sa carrière en s’attaquant pathétiquement au genre dominant. Bien au contraire. Le duo originaire de Düsseldorf fait la nique aux petits jeunes, Modeselektor en tête (« They Know Your Name »). On pense même parfois à du Hudson Mohawke (« Gearknot Cherry », « iMatch ») ou du Rustie (« Polaroyced »), la sophistication des vieux loups en sus. Y'a même un arrière-goût d'Aphex Twin là-dedans. Après s’être pris tout ça dans les oreilles et la tronche, ne reste plus qu’à lever du poing et affirmer dur comme fer que « Parastrophics » est ZE album électro de ce début d’année.

A voir de plus près pendant les Nuits Botanique, le 15/05 (Orangerie)

 

Luise Pop

Time is a habit

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Ce quatuor viennois nous propose son troisième opus. Hormis le drummer, il réunit des filles. Signé chez Siluh, Luise Pop n’a jamais vraiment dépassé les frontières des pays germaniques.

Luise Pop revendique des influences aussi diversifiées que New Order, The Drums, Le Tigre ou encore Patti Smith. De quoi légitimement se demander si l’elpee n’allait pas de nouveau nous plonger dans le revivalisme 80’s.  Heureusement, hormis « Conceptual Dance », ce n’est pas le cas. En fait, la formation autrichienne s’inspire du rock épicurien. Pensez à une rencontre hypothétique entre The Kills, les White Stripes et Los Campesinos. Et franchement, dans l’ensemble les morceaux de « Time is a habit » passent plutôt bien la rampe. Les guitares mènent la barque, pendant qu’une des demoiselles vient pousser la chansonnette. Rien de réellement neuf, mais un elpee plutôt agréable à écouter, dans son ensemble. Un bémol : « Blue lights », une piste sur laquelle une des vocalistes pousse sa voix au bord de la rupture. Et puis dommage qu’à mi-parcours le groupe continue de camper sur ses acquis et ne cherche plus jamais à innover.

A l’instar de Killed by 9V Batteries, Luise Pop est un autre sympathique groupe autrichien. Mais ce dernier n’est pas suffisamment original pour espérer une quelconque reconnaissance internationale…

 

Le Peuple de l’Herbe

A Matter of Time

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Il y a déjà quelque temps que les beats, les samples et autres breaks chers au Peuple de l’Herbe nous manquent. Depuis 2009, très exactement. Mais, en ce début d’année, les Français nous proposent enfin leur sixième livraison : « A Matter of Time ». De quoi mettre une nouvelle fois nos tympans en péril sur scène, là où le collectif excelle. Davantage chargés de groove que d’habitude, les 13 titres mélangent allègrement les genres tout en restant résolument scotchés aux musiques urbaines. L’énergie du crew lyonnais se déploie à travers le hip-hop engagé et old school de « Parler le Fracas » interprété en compagnie de Marc Nammour (du groupe La Canaille), du funk imparable de « Mothership » et de « Let Us Play », une compo enrichie de drums, samples, cuivres et accès de basse ainsi que des inévitables scratches ; sans oublier des tubes potentiels « New Day » et « Jasmin in the Air ». Le team s’aventure dans l’électro 80’s (« Numbers »), le spoken-word (« Matter of Time ») et courtise même les sonorités orientales (« Wooden Jam »). Tout un éventail nous rappelant combien le groupe nous avait manqués…

Après 14 ans de bons et loyaux services enfumés, le Peuple les réclamera bien sûr en manifestant une même ferveur, malgré quelques baisses de régime rencontrées au cours de l’elpee Mais, comme toujours, ‘Le dernier mot appartient au Peuple…’

En concert, dans le cadre du Couleur Café, ce 30 juin 2012.

 

Kronos Quartet

Music of Vladimir Martynov

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Affichant un parcours de plus de 45 enregistrements, de nombreux prix et 750 œuvres commissionnées, les membres du Kronos Quartet explorent depuis près de 40 ans les méandres de la musique pour quatuor à cordes sous toutes ses formes. Vladimir Martynov est considéré comme le chef de file de la génération de compositeurs issus de l’Union soviétique nés après la Deuxième Guerre. On retrouve dans l’écriture de cet artiste russe différentes influences. Et notamment de la musique sérielle, médiévale et de la Renaissance ainsi que celle des chants religieux russes. Outre Kronos Quartet, des interprètes tels que Guidon Kremer et le London Philharmonicon ont joué les œuvres du maître.

Le morceau « Schubert Quintet (Unfinished) » inspiré du Quatuor en do majeur de Schubert est un bel exemple du pouvoir expressif de la musique minimaliste répétitive. On se laisse facilement aller à la réflexion en écoutant cette marche scandée. Agréable, elle rappelle le caractère profondément humain des œuvres de l’Autrichien. « Der Abschied », quant à elle, végète dans une atmosphère assez glauque. Mais la lumière livide et mécanique qui semble être réitérée à l’infini est réchauffée de temps à autre par de superbes élans très expressifs. La musique de Martynov est une belle découverte. Inspirée de la tradition américaine de la musique minimaliste et du chant répétitif orthodoxe russe, elle est communicative et touchante. L’interprétation par le Kronos Quartet est impeccable.

 

Steve Hogarth & Richard Barbieri

Not The Weapon But The Hand

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Steve Hogarth (NDR : chanteur des Europeans et, depuis 1989, de Marillion) s'est associé à Richard Barbieri (NDR : claviériste de Japan et, depuis 1993, de Porcupine Tree) pour nous offrir une œuvre tout en douceur et en retenue. Les atmosphères sont paisibles. Elles baignent même au sein d’une sérénité quasi-tibétaine réminiscente du "Tin Drum" de Japan voire du "Brilliant Trees" de David Sylvian. On oscille entre ambient, progressif et trip-hop, particulièrement sur "Red Kite", "A Cat With Seven Souls", "Naked" et "Your Beautiful Face".

"Crack", par contre, est un OVNI sur cette plaque. Caractérisé par une rythmique déjantée et des voix en 'overdrive', cette plage est expérimentale dans l’esprit de Radiohead.

Piste la plus ambitieuse de l’elpee, "Only Love Will Make You Free" est également la plus ‘classique’, tant dans sa structure que ses mélodies. On passe d'une ambiance tribale à la Peter Gabriel pendant la partie "Only Love…" à un climat terrifiant lors du break "Only fear…", opéré en sol mineur. Steve Hogarth signe le refrain, de sa voix puissante et incantatoire.

En un mot: un bien bel album, dessinant des paysages musicaux beaux, paisibles et envoûtants, même si on aurait aimé davantage d’urgence, d’énergie même. Et pour que votre info soit complète, sachez que plusieurs collaborateurs ont participé aux sessions d’enregistrement. Et notamment, Danny Thompson à la contrebasse, Arran Ahmun (John Martyn) et Chris Maitland (ex Porcupine Tree) à la batterie et Dave Gregory (XTC) à la guitare, basse ainsi qu’aux arrangements de cordes.

 

Hazel-Rah

The Africantape (Ep)

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Hazel-Rah est avant tout le projet personnel de Tim Byrnes, un compositeur/chanteur/trompettiste/claviériste également actif chez PAK, Kayo Dot ou encore Tartar Lamb. Il a entamé cette aventure en solitaire dès 2006. Sous différents line up. Pour concocter ce nouvel Ep, « The Africantape », il a bénéficié de la participation de musicos issus de cette écurie (NDR : vu le tire du disque, fallait s’en douter). Et tout particulièrement Adam Minkoff, David Andrew Moore ainsi que Charlie Looker (Extra Life).

Partagé en deux pistes, cet elpee s’inscrit dans la lignée du travail opéré par Tim Byrnes, c’est-à-dire le fruit d’un mélange de prog-rock et de free-jazz. Vous l’imaginez aisément, la musique de Hazel-Rah n’est pas facile d’accès. Et pourtant, la presse spécialisée est élogieuse à l’égard de cette plaque. Faut dire aussi que finalement, malgré sa richesse, « The Africantape » demeure agréable à l’écoute. La présence d’une voix explique sans doute ce phénomène, car l’instrumentation est toujours aussi complexe. Sur une rythmique élaborée et syncopée, des tas d’instruments (parfois non identifiés) viennent prendre leur tour de rôle. Une indication ? Pensez à Mr Bungle voire Mike Patto, mais sans l’aspect free-jazz.

Bref, même si Hazel-Rah ne s’enfonce pas trop loin dans l’expérimentation, et se révèle finalement plus abordable que d’ordinaire, « The Africantape » s’adresse essentiellement aux inconditionnels du genre. A vous de juger !

 

Grimoon

Le Déserteur

Écrit par

Vu l’affreuse illustration proposée en cover (NDR : probablement inspirée par ‘Le Seigneur des Anneaux’), on aurait pu imaginer devoir se farcir une musique ésotérique et pompeuse. Mais si ténèbres il y a, c’est plutôt du côté de Black Heart Procession qu’il faut lorgner. Pas étonnant, lorsqu’on sait que l’elpee a été produit par son chanteur, le Californien Pall Jenkins.

« Le Déserteur » constitue le troisième opus de Grimoon, un trio italien impliquant également Solenn Le Marchand et d’Alberto Stevanato. Encore que Solemn soit française. Elle se charge des vocaux. Dans la langue de Voltaire. Ce qui crée une distorsion entre le mode d’expression du chant et la musique. Indolente, sombre, mélancolique, elle se veut pourtant sans frontières. Empreinte de lyrisme, caractérisée par son instrumentation riche (violons, clarinettes, saxo, accordéon, trompettes, piano et guitares torturées), elle évoque très souvent Arcade Fire.

Mais, venons-en aux textes qui abordent des sujets aussi divers que les conflits mondiaux (le magnifique « Monument aux Déserteurs » et le crépusculaire « Tango de Guerre), l’art (« Les Couleurs de la Vie ») et même le GPS (le moins réussi « Directions »).

Et finalement ce cocktail paradoxal ne manque pas d’allure. Il y a bien quelques moments plus faibles, mais en général, leurs longues litanies cinématographiques (NDR : un Dvd réalisé par Solemn, intitulé « Cinematic Pop », est joint au cd audio) et fantastiques finissent par flatter l’oreille, grâce à leur étrange subtilité. Inégal, puissant mais surtout original !

 

Glasgow

Le sexe des anges

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Glasgow… La question n’est pas où? La question serait plutôt qui ?

En effet, Glasgow, c’est la ville la plus peuplée d’Ecosse, mais également le patronyme d’un groupe rock français. Mais quelle drôle d’idée ! Pourquoi Glasgow ?

Petite explication : Cris, originaire de Lyon, est à la recherche d’un(e) guitariste lorsqu’il rencontre Sofi durant l’été 2006. Celle-ci rentre justement des îles, la guitare dans ses bagages. Aussitôt rentrée au pays, après avoir quitté Glasgow, elle intègre… Glasgow, le groupe au sein duquel milite  Cris comme chanteur. Simple, non ? Suffisait de creuser un peu…

A ses débuts, le duo enregistre quelques démos et deux/trois morceaux pour diverses B.O. mais pas vraiment satisfait du résultat, le binôme décide de s’expatrier à… Glasgow afin d’aller s’abreuver à la source de la britpop. La boucle est bouclée !

L’exil a visiblement boosté les deux compères et « Le sexe des anges », première réalisation de la formation est le fruit de leur émigration au pays du whisky.

Etonnement c’est en français que Cris chante. L’objectif visé n’était donc que purement musical.

Treize titres peuplent ce premier album, tous composés par Sofi, hormis les lyrics, signés Cris. La plume de ce dernier a visiblement trempé dans le cynisme et l’autodérision. Les influences sont de sources diverses et les mots sont réellement un enrichissement. On est bien loin des textes simplistes des ‘grands artistes’ de la chanson française. Riches, profonds, cruels, amusants, graves ou légers, tout est dit avec intelligence et talent. Le choix des mots, le choc des compos ! Car non content de se satisfaire de belles paroles, Glasgow soigne également sa musique.

Les rythmes résolument rock concoctés par l’autre moitié du band apportent un relief certain qui permet d’exprimer au mieux les idées développées. Reposant sur une structure classique guitare-basse-batterie, Sofi enrichit le répertoire de son comparse. Il suffit de se pencher sur « Petit soldat » pour s’en faire une (excellente) idée.

Du bien bel ouvrage assurément qui mérite que l’on suive leur parcours de très près. Car ce cd ne souffre d’aucune faiblesse. Tout est de bonne facture, rien n’est à jeter.

Et si le meilleur groupe de rock français nous venait d’Ecosse ?

 

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