La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Ani DiFranco

Which Side are You on?

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Ani DiFranco a aujourd’hui plus de 40 ans (NDR : elle est née le 23 septembre 1970 !) La féministe américano-italienne n’a pourtant plus rien à prouver ; mais elle revient régulièrement sur le devant de la scène afin de dispenser ses brûlots politiquement engagés, dans un style folk très caractéristique. Depuis 1990, elle a publié, chaque année un nouvel elpee. Mais « Which Side are You on? » fait suite à “Red Letter Year”, gravé en 2008. Et toujours sur son propre label, Righteous Babe.

Pas de grands bouleversements à observer sur sa nouvelle œuvre. Comme d’habitude, les textes sont d’une importance primordiale (NDR : c’est probablement la raison pour laquelle cette artiste ne jouit que d’un succès limité de ce côté de l’Atlantique). Le jeu de guitare est dépouillé et sa voix puissante. Le combat mené par Ani semble, en outre, semble tomber à point nommé, aux Etats-Unis. Il colle ainsi parfaitement au mouvement créé par les ‘Indignés’ qui luttent contre les dérives de la Finance et la toute puissance de Wall Street.

Ainsi, ballade folk qui ouvre l’elpee, « Life Boat » nous raconte l’histoire d’une femme qui se bat pour survivre, à la Nouvelle-Orléans. Un combat qu’elle mène au jour le jour. Mais le sommet de l’album est atteint lors de la reprise du « Which Side Are You On », un classique de Pete Seeger (‘Are you part of the solution or are you part of the con?’), auquel le pionnier participe d’ailleurs aux chœurs. Quoique puisant ses influences dans le folk, le jazz et même la soul, cette œuvre s’adresse principalement au peuple yankee. A cause des lyrics, bien sûr. Et pourtant Mrs DiFranco possède suffisamment de talent pour faire son trou, sur le Vieux Continent…

 

Daniel Darc

La Taille De Mon Ame

Écrit par

Sortant de l’obscurité comme un faisceau de lumière Divine, Daniel Darc refait à nouveau le printemps.

Attendu au tournant mais n’ayant plus rien à prouver à quiconque, l’homme au passé tumultueux gravé à même le cœur nous gratifie d’un album de grande f(r)acture.

Au seuil de la dernière partie de son existence, l’ex-Taxi Girl valse debout et célèbre cet improbable exploit, nous invitant à communier avec la vie.

Introspections, génuflexions, réflexion, abandon.

Aventureux, il fuit le confort et la facilité, prend des risques mesurés mais que d’aucuns ne se permettraient.

Fidèle à lui-même, touchant la grâce d’une tremblante caresse, et embrassant l’absolu dans un souffle, il transfigure sa musique et lui donne l’ampleur des œuvres inoubliables.

De la notoriété, il n’a que faire.

Soldat de l’Art au nom de l’Art, Daniel Darc poursuit son chemin, entamé comme un calvaire, un chemin qui ressemble de plus en plus à s’y méprendre à une marche glorieuse vers les étoiles.

Partant dans tous les azimuts, l’album montre plusieurs facettes de son talent.

L’humour opère par touches subtiles, la voix et les intonations guident au gré des flux et reflux de son âme au pays de Cocagne, alors que le propos retrace un parcours chaotique et particulièrement chahuté, mais sans céder à l’apitoiement.

« La Taille De Mon Ame » est un titre particulièrement bien choisi, et à l’écoute de cet album, on imagine aisément la place conséquente que celle-ci prendra au paradis.

 

Weekend

Red (Ep)

Écrit par

-  Et toi, que fais-tu le Weekend ?

-  Je retrouve les potes et on spolie nos aînés.

-  Ah ? Et quel est le résultat ?

-  Du shoegaze old school

Nostalgiques des années 90 ? Envie de découvrir un groupe dont la musique rappelle cette glorieuse décade où les gamins affichaient des profils bas et des franges qui leur bouffaient le visage ?

Jamais remis de la disparition de Chapterhouse & Co ?

Alors, ce disque est pour vous.

Dans le genre, c’est sympa, mais il reste quand même un arrière-goût de plagiat.

 

Sven Väth

In the mix / The sound of the Twelfth season

Écrit par

Sven Väth est un DJ et producteur allemand qui milite plutôt dans la House et la Trance. Véritable machine à mixer, celui que certains surnomment le parrain de la techno allemande enchaîne les productions, compilations et différents sets à un rythme effréné!

Aujourd’hui, il nous offre une double compilation bien dense consacrée à la douzième saison (oui vous avez bien lu) de « The Sound of … », une série de compilations produite par Cocoon Recordings.

Mais assez de préambules, passons donc à l’écoute du premier disque, qui recèle 13 pistes. Première constatation, le démarrage est assez lent. La techno y est même assez minimaliste. C’est un style particulier que je n’affectionne pas particulièrement. D’un point de vue personnel, je trouve toujours délicat d’introduire son sujet de pareille manière. En effet, son écoute a la plupart du temps tendance à (r)adoucir un auditeur pourtant en attente de beats et d’electronica plus travaillée, et ce, particulièrement au sein d'une double compilation.

Par la suite, les morceaux s’enchainent mieux, et l’on tombe petit à petit sous le charme de l'LP. Typiquement, ce premier volet vise à fournir une musique dite ‘d'ambiance électro’, un style que l’on se plaira à écouter tout particulièrement dans les cafés branchés de la Capitale.

Au final, c’est donc chouette et plaisant, voire fort agréable parfois. Et l’on notera ça et là les changements de direction et de rythme dans la compilation, par exemple lors du passage de la quatrième chanson Boys Noize - « Adonis ». Bonne idée, ces variations permettent d'apporter une vraie bouffée d’air frais au travers des morceaux.

Mais au-delà de ce plaisir, il manque à ce recueil un petit quelque chose. Une explosion. Une piste qui casse la baraque et puisse convaincre le mélomane que, décidément, cette électro est purement géniale. Les morceaux sont bien arrangés, mais la carence en ruptures dans le rythme ne permet pas d’insuffler le tonus adéquat à la bonne electonica. De même, l’absence de chants sur certains morceaux n’aide pas à tonifier l'ensemble.

On reste donc dans une sorte de musique ‘d’accompagnement’, et d’un avis personnel, il ne s’agit pas ici d’un cd que le mélomane écoutera attentivement, confortement installé chez lui. Au final, on reste donc sur une impression partagée pour ce premier disque, un peu comme si le Deejay teuton avait travaillé en mettant un pied sur l’accélérateur et un autre sur le frein.

Par contre, une fois la deuxième galette glissée dans le lecteur, les changements (entendez améliorations, d’un avis purement personnel) sont notables, et ce immédiatement ! Les chants et voix qu’on jugeait trop absents dans la première partie font ici leur apparition dès les premiers tracks, et dynamisent véritablement le contenu offert à nos oreilles.

Les 12 titres de cette seconde partie sont donc bien plus agréables à l’écoute. Et la troisième chanson signée Steffi – « Yours feat. Virginia » vient confirmer définitivement l'idée qu’il est préférable de s’appuyer sur le chant pour libérer les mélodies et apprécier pleinement le travail fourni par Sven Värth dans sa compilation.

De même, se distingue également parmi les morceaux proposés sur ce second CD la chanson Osunlade – « Envision » (remixée par Âme). Assez calme au départ, sa puissance monte doucement pour finalement nous emporter totalement, même si la piste aurait gagnée à être plus courte (6 minutes au compteur), et ce d'autant plus que la sauce est lente à prendre.

En conclusion, une bien chouette compilation qui devrait ravir les fans ; mais à mon humble avis, pas encore parfaitement au point dans son ensemble, car un peu trop inégale entre sa première et sa seconde partie.

 

Unkle

Where Did The Night Fall - Another Night Out

Écrit par

Remodelé autour de l’immuable James Lavelle, Unkle (re)visite la nuit sous divers horizons.

Tout commence nulle part (« Nowhere », une boucle vaporeuse anecdotique) pour s’achever au dehors, sous la bannière étoilée d’un ciel sans lune (« Another Night Out », bercé par la voix grave et profonde de Mark Lanegan).

La surprise majeure de cet album est son approche radicalement Rock pour un projet initialement conçu dans une veine abstract Hip Hop.

Jadis, les différents invités apportaient leur touche à l’univers d’Unkle ; or, aujourd’hui, il semble que ce soit l’inverse qui se produise.

Ainsi, il n’est plus question de style à proprement parler, et l’album manque parfois de cohérence.

Néanmoins, la plupart des titres s’avèrent de qualité, et c’est bien là le principal.

Les fans de la première heure seront sans doute déçus, mais ce « Where Did The Night fall » recèle suffisamment de bon matériel pour le hisser dans le haut du panier.

Les accompagnements vocaux de Sleepy Sun (« Follow me down »), The Black Angels (« Natural Selection ») ou encore Gavin Clarck (« Feeling Stars » et « The Healing ») ne sont pas présents pour décorer ; et si la patte de Lavelle se démarque encore circonstanciellement (« Ablivion »), il s’agit en fait d’une fresque commune à appréhender en tant que telle.

A défaut des ambiances rencontrées sur le premier elpee (« Psyence Fiction ») et loin des errements de

« End Titles », ce cinquième essai a le mérite de ne pas se répéter et le malheur de ne rien inventer.

Un généreux bonus disc creuse le même sillon en recelant des titres d’aussi bonne facture.

Epinglons au passage le concours de Nick Cave sur « Money And Run ».

Promis à un bel avenir au seuil de ce vingt et unième siècle, Unkle est peut être rentré dans le rang ; mais s’affiche toujours comme une valeur sûre.

 

Stuck in The Sound

Pursuit

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« Pursuit » constitue déjà la 3ème page de l’aventure de Stuck in the Sound. En 2006, le groupe français est lancé par son hit « ToyBoy ». Mais la suite ne confirme pas leurs excellentes dispositions. Il faut même avouer que sur les deux derniers albums, leurs bonnes intentions s’essoufflent un peu trop rapidement. Leur nouvel opus lorgne toujours vers le rock des années 90. Celui de Nirvana, Pixies, Pavement et consorts, tout particulièrement. On retrouve ce mur de guitares aux sonorités saturées. Ces compos bourrées d’énergie. Mais sur cet elpee, le combo tient la distance. Son rock a gagné en efficacité et devrait faire des ravages sur les planches. Comment résister au single accrocheur « Bandruptcy », caractérisé par sa ligne de basse imparable et des lyrics simples mais d’une frontalité rare: ‘We are Stuck in the Sound, we’ve been gone for years and now we are back again. For the worst, for the best, for trials and mistakes. If you want to join us for a while’. L’album recèle d’autres pépites comme « Silent and Sweet », une ballade empreinte de sensibilité ou encore « Fred Mercure », sorte de croisement parfait entre The Cure et les Pixies (NDR : on y revient !) Il reste cependant encore à la formation à bien digérer toutes ses influences, parfois encore trop évidentes (Stuck in the Sound of the 90’s ?) ; on est d’ailleurs pas tellement loin du plagiat d’Arid sur « Who’s the Guy ? » et même sur « Tender »…

Nonobstant ces petits dérapages, « Pursuit » constitue certainement un des meilleurs albums de rock (à fort potentiel commercial), sorti en ce début d’année. J’aspire même à redécouvrir les Parisiens en live !

 

Savaging Spires

Savaging Spires

Écrit par

Annoncé comme une révélation majeure par une certaine presse dithyrambique, ce premier long essai des Anglais de Savaging Spires déçoit.

Pourquoi ?

Dans une veine étiquetée Folk Psyché, ce qui revient à dire dans ce cas précis organique et foutraque, le groupe qui entretient soigneusement un halo de mystère autour de lui, emmène l’auditeur en balade dans une forêt mystérieuse mais oublie de semer les petits cailloux blancs qui permettraient de s’y retrouver parmi ses nombreuses et brumeuses divagations illuminées.

La lumière filtre au travers des feuillages, et au milieu des gazouillis d’oiseaux aux ramures étranges et bariolées, on distingue parfois l’une ou l’autre clairière où il est ma foi fort agréable de trouver le repos (le single « Bending The Rules Of Time », « Trust », « Apostrophe Lake », « Cemetery Lounge »).

Mais dans l’ensemble, l’album semble quelque part bâclé, même si l’on devine l’intention louable d’être le plus honnête possible.

Une conception qui rappelle l’œuvre en solitaire de Syd Barrett, mais en version pastorale.

 

Trent Reznor & Atticus Ross

The Girl with the Dragon Tattoo

Écrit par

Il y a un an, Trent Reznor et Atticus Ross décrochaient la timbale aux Oscars pour leur travail opéré sur la bande son de « The Social Network » de David Fincher. Il faut dire que le labeur des deux compositeurs était tout à fait impeccable. Au vu de cette réussite, Fincher n’a pas hésité une seconde à réembaucher les deux membres de How To Destroy Angels et proches collaborateurs pour illustrer la trame sonore de « The Girl With The Dragon Tattoo », relecture à l’américaine du premier volet de « Millennium », l’adaptation cinématographique de la fameuse trilogie de Stieg Larsson. Une trilogie que l’on avait déjà pu voir sur grand et petit écran dans sa version originale suédoise réalisée par Niels Oplev. Pas de nominations pour le duo cette fois, mais un résultat aussi trippant que celui de « The Social Network ». Et on ne peut pas dire que le leader de Nine Inch Nails et son bras droit se sont foutus de Fincher ou de leur public, en délivrant pas moins de 39 morceaux partagés sur 3 disques.

La B.O. démarre sur un autre remake, celui de l’« Immigrant Song » de Led Zeppelin, revu et corrigé par Ross et Reznor. Ceux-ci lui octroient un soupçon de sensualité en invitant une Karen O déchaînée à pousser la chansonnette. Le reste de la bande son est à l’image du film, à la fois sombre, intense et intriguant. Mais qui, comme la majorité des bandes originales de thrillers, ne se laisse résolument pas écouter à toutes occasions, à moins d’être un fervent amateur du genre. Car isolée des images censée accompagner le film, la B.O. de « The Girl With The Dragon Tattoo » peut s’avérer un peu longuette même si, paradoxalement, on ne peut rien reprocher au travail de composition des deux collaborateurs de longue date. A choisir, mieux vaut s’envoyer les trois galettes, plongé dans un bon roman à suspense…

 

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