Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
Guns N Roses
Chroniques

Peter, Björn and John

Gimme Some

Écrit par

Manifestement, nos trois amis suédois trainent aujourd’hui comme un bouler le succès de leur tube mondial, « Young Folks », sorti en 2007. Une compo qui figurait sur leur elpee « Writer's Block », publié l’année précédente. Les deux albums suivants, « Seaside Rock » et « Living Things », n’ont pas suscité le même enthousiasme auprès du public, malgré leur qualité et une volonté de s’ouvrir de nouvelles perspectives. Ce qui explique pourquoi le trio a accepté de confier la mise en forme de leur nouvel opus à Per Sunding, un producteur qui a notamment bossé pour les Cardigans (NDR : ah ces Cardigans, emmenés par Nina Persson princesse de la pop FM suédoise !) Etonnant, quand on sait que Morén, Yttling et Eriksson sont de véritables rats de studio.

Après avoir tâté un peu de l’électro et s’être enfoncé dans des humeurs ténébreuses, « Gimme Some » en est revenu à une forme plus rock. Plus percutantes, entraînantes, énergiques, dansantes même, les compos piochent tour à tour dans l’univers du post punk, de la pop, du blues ou de la soul. On a même droit à des rythmes africains et des chœurs allègres sur l’imparable « Dig A Little Deeper ». Et « Eyes », le titre le plus mélodique de la plaque, abordé l’esprit de Vampire Weekend, devrait ravir les fans de la première heure. Tout n’est cependant pas parfait. Les mélodies sont parfois un peu légères. Ce qui n’est pas le cas du bien lourd et dispensable « Second Chance » ; mais en général les plages traduisent et communiquent un sentiment de bonne humeur. 

 

Mirrors

Lights and offerings

Écrit par

Que reflètent donc ces jeux de miroirs?

Révérencieux jusqu'au titre de leur album, les Mirrors sacrifient leur originalité dans une méticuleuse copie carbone des modèles adulés.

« Fear of drawing » donne le ton, et les neuf autres titres lui emboîtent le pas.

Passé cet indéniable malaise procuré par le sentiment d'entendre une énième resucée des Saintes eighties et passant outre le légitime ressentiment envers ce qui s'apparente presque à un plagiat, force est de constater l'indéniable qualité de certaines chansons.

« Into the heart » et « Hide and seek » et ses doux relents humés quelque part entre The Cure et Editors sont effectivement des titres très efficaces. De fait, leur sortie en single avait tôt fait de susciter l'engouement mais aussi de provoquer forcément une déception après avoir écouté l’album.

Pourtant irréprochable d'un point de vue technique, « Lights and Offerings » a l'éclat terne d'un reflet appelé à s'estomper sur la surface du temps.

Reste l'aspect live à juger le 22 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique, aux côtés des jeunes pousses de Crookes et Suuns, qui à eux seuls, méritent déjà toute l'attention.

Mastodon

Live At The Aragon (Cd + Dvd)

Écrit par

Depuis la sortie du superbe « Crack The Skye » en mars 2009, plus personne n’oserait s’aventurer à mettre en doute le génie musical de Mastodon. Le quatuor d’Atlanta est, incontestablement, la révélation métal américaine de ces dix dernières années.

Mastodon publie aujourd’hui son tout premier ‘live’. Après douze ans de carrière, l’exercice devenait presque indispensable. « Live At The Aragon » reprend (en version Cd et Dvd) l’intégralité d’une prestation accordée le 17 octobre 2009 à l’Aragon Ballroom de Chicago. Le tracklisting (identique sur les deux supports) reprend tous les titres de « Crack The Skye », interprétés dans le même ordre que sur l’œuvre originale, ainsi qu’une plage extraite du « Blood Mountain » de 2006 (« Circle Of Cysquatch »), deux du « Remission » de 2002 (« Where Strides The Behemoth », « Mother Puncher »), une du « Leviathan » de 2004 (« Aquae Dementia ») et, pour terminer, une cover des mythiques Melvins (« The Bit »).

Le Dvd contient, par ailleurs, une section supplémentaire intitulée « Crack The Skye - The Movie » qui n’est pas, comme on pourrait le croire, un documentaire de type ‘making-of’, mais la totalité des clips projetés en arrière-plan de la scène lors des prestations scéniques du groupe. Ce film, qui avait au départ été réalisé dans le but d’illustrer le concept plutôt glauque de « Crack The Skye », amène indéniablement l’auditeur à appréhender l’œuvre d’une nouvelle manière.

Si vous avez la chance de posséder la version studio de « Crack The Skye », le Cd audio du « Live At The Aragon » n’est pas d’une grande utilité. Pourquoi, en effet, auriez-vous envie d’écouter cette pièce maitresse, certes restituée note pour note, mais dans une version de moindre qualité ? Le son live est loin d’égaler celui de la version originale et le groupe semble, de surcroît, éprouver quelques difficultés à restituer les superbes harmonies vocales qui constituaient l’atout majeur de son opus. Nous vous conseillons donc de laisser de côté la version audio pour vous consacrer exclusivement à son pendant digital et versatile. Car celui-ci vaut carrément le détour. Comme le laisse entendre son patronyme, Mastodon en concert, c’est du lourd, du costaud et du poilu (NDR : ZZ Top ne semble plus avoir l’exclusivité de la pilosité faciale abondante). Les images sont superbes, le jeu des caméras est dynamique et restitue à merveille l’énergie dégagée par cette formation au style unique et inimitable. L’écran géant et les images qui y sont diffusées installent une ambiance particulière impossible à appréhender si l’on se contente de la version audio. Le visionnage du concert est tellement captivant que l’on en oublierait presque les imperfections sonores.

S’il vaut probablement mieux découvrir le « Crack The Skye » de Mastodon pour pouvoir apprécier toutes les subtilités de sa musique, « Live At The Aragon » constitue cependant un document indispensable à toutes celles et tous ceux qui apprécient la musique du groupe depuis ses débuts.

 

Bridget Hayden

A Siren Blares in an Indifferent Ocean

Écrit par

Bridget Hayden a longtemps sévi chez le groupe anglais Vibracathedral Orchestra, comme violoniste. Elle a ensuite rejoint Telescopes, au sein duquel elle partage un duo en compagnie du membre fondateur Stephen Lawrie. Et enfin, elle a décidé de mener en parallèle, une carrière individuelle. « A Siren Blares in an Indifferent Ocean » constitue donc son premier opus solo. Un disque au cours duquel elle a recours à son inévitable archet, à la guitare et a une multitude de pédales pour concocter une œuvre de drone pure. Les sept morceaux de l’elpee sont épais, denses, lourds (dans tous les sens du terme) et inertes. Peu de nuances. Après avoir écouté un titre, on est largement rassasié par ce type d’expérimentation extrême. Franchement, j’ai beau apprécier un groupe comme Sunn O))), le drone proposé sous cette forme m’insupporte…

Jacques Duvall

Expert en désespoir

Écrit par

La liste des artistes pour qui Jacques Duvall a écrit est longue comme une page d’annuaire téléphonique. De Lio à Télex en passant par Chamfort, Birkin, Daho, Lavoine, Rapsat et j’en passe, ce rescapé de la génération punk a servi de parolier à plus d’une vingtaine de chanteurs ou groupes d’origine et de styles complètement disparates. Notre homme est, comme un caméléon, capable de s’adapter à l’environnement dans lequel évolue son commanditaire.

Né Eric Verwilghen un 1er août 1952 à Schaerbeek, cet ancien employé de la médiathèque préfère l’ombre à la lumière et n’en est qu’à son troisième album personnel après « Comme la Romaine » en 1983 et « Je déçois » en 90. Il est également impliqué dans des projets tels que « Pourquoi pas nous » d’Elisa Point ou encore le dernier elpee (de très bonne facture) de Lio paru sous l’appellation ‘Phantom Featuring Lio’.

En 2006, Jacques Duvall a changé de crèmerie et s’est engagé chez Freaksville, label créé par Miam Monster Miam. Depuis lors, sa productivité a explosé tant en quantité qu’en qualité. Sans cesser de proposer ses services à d’autres, il ose de plus en plus et décline en onze titres ce troisième opus perso dont il a confié la production à Benjamin Schoos de Miam Monster Miam, bien secondé par Gilles Martin (Miossec, Dominique A).

Si la pochette style J.R. de Dallas a tout pour vous foutre le bourdon et surtout l’envie de ne pas acheter ce Cd, il faut oser franchir le pas. Derrière cette affreuse jaquette se niche un véritable petit trésor de pop musique légère, limpide et colorée. Oubliées les compos compliquées, touffues et indigestes. L’affreux Jacky (ben oui, il est pas vraiment beau hein sur la pochette) nous sert ici onze blagues bien bonnes, bien belges, à déguster sans modération. Certaines sont à prendre au second degré (minimum). Ecoutez donc « La grève des éboueurs », « Tout doucement » ou même « La chanson la plus triste du monde » pour en être totalement convaincu. Le bougre a visiblement enlevé son costume de gentil parolier gnan gnan (« Les brunes comptent pas pour des prunes ») et opère sa mue de façon surprenante.

Bien soutenu par 4 voix féminines partagées entre Coralie Clément, Mademoiselle Nineteen (fille du chanteur Marc Morgan), Sophie Gallet et Christa Jérôme, Jacques Duvall nous balade au fil de ses chansons dans des parfums sonores variés, parsemés de guitares et de rythmes à la ligne claire.

Du pur plaisir ! Assurément ce qu’il a fait de mieux depuis trente ans.

Sortez donc de l’ombre Jacques Duvall !

 

Crystal Stilts

In love with Oblivion

Écrit par

Dans le sillage du premier album « Alight of night », le nom de Crystal Stilts et apparu dans les astres. Si le ciel semble s'assombrir à l'aube de ce second opus, au titre fantasmagorique, l'univers de ces New-Yorkais semble définitivement s'illuminer au long de ces onze plages de très haute tenue.

Si leur shoegaze-psyché reste agrippé au bitume fumant, leur son semble avoir gagné en maturité et se démarque assurément de nombre de combos naviguant sur un surf rock aux accents hypnotiques.

Pour entamer ce voyage en terre d'oubli, « Sycamore tree » s'enfonce dans une forêt étrange à bord d'un bolide qui traverse le temps et l'espace en laissant dans son sillage une traînée de poudre blanche. Débouchant sur un paysage aride où la voix de Brad Hargett se faufile et se promène comme chez elle.

« Through the floor » s'avère tout simplement irrésistible et la suite de cet elpee s'avale comme un timbre de LSD, procurant son lot de visions extatiques et de plaisirs immédiats.

Quand atterrit l'O.V.N.I. « Alien Rivers », dans la nuit psychotrope, les sens viennent à s'oublier au bout de sept minutes dix-huit brumeuses où le fantôme de Jim Morrisson danse avec Dieu lui-même.

« Half a Moon », « Invisible city » et « Blood barons » s'envolent dans un registre plus enjoué, mais ne sombrent jamais dans la facilité.

Tout simplement épatant d'un bout à l'autre, résolument jouissif et impeccablement mis en orbite par la production de JB Towsend, guitariste du groupe, « In love with Oblivion » jette un pont entre Brooklyn et certaines étoiles qui illuminent le firmament.


 

Adam Kesher

Challenging Nature

Écrit par

Si le patronyme de cette formation bordelaise est également celui d’un personnage du chef-d’œuvre noir et dérangé de David Lynch, ‘Mulholland Drive’, sa musique est bien plus lumineuse et joyeuse ! Les 10 titres de « Challenging Nature » sont en effet taillés pour l’été, les ondes et les festivals. Les membres d’Adam Kesher ont décidé d’épurer leur expression sonore en se concentrant sur l’essence mélodique de leurs morceaux. Personne ne devrait résister à l’euphorie rythmique 80’s de « Gravy Train » –proche des Friendly Fires– ou à la mélodie ultra-efficace d’« Hundred Years Later » que n’aurait pas renié Foals. Plus accessible que le précédent elpee –le très réussi mais inégal « Fortune », sorti en 2009– l’ambitieusement intitulé « Challenging Nature » (NDR : ‘What we're doing here is challenging nature’ déclare Werner Herzog, une maxime tirée du documentaire Burden of Dreams qui a inspiré le titre de l’album…’) a bénéficié du concours des maîtres de l’entertainment. Tout d’abord Dave One, des joyeux allumés Canadiens de Chromeo ; et ensuite le pape de l’électro rock frenchie, Philippe Zdar, tête pensante de Cassius. Dave One a forcé le groupe à opérer un choix parmi les 20 chansons que le band avait composées afin de ficeler l’album le plus cohérent possible. Et il s’agit d’une véritable réussite ! Une déferlante pop aux mélodies irrésistibles qui constitue un véritable défi lancé aux Américains. 

Ce long playing devrait permettre à Adam Kesher de marcher sur les traces de Phoenix et surtout d’intégrer la très ‘short list’ des groupes français au potentiel international.

 

Watine

Still Grounds for Love

Écrit par

Derrière Watine musardent Catherine Watine, chanteuse française, et son compagnon de jeu Nicolas Boscovic. Le duo est entré sur la scène rock indie en 2006, en publiant l’album « Dermaphrodite », et a renforcé sa présence par « B-Side Life » en 2009. A peine un an plus tard, ils nous reviennent en nous plongeant dans l’univers organique, cinématographique et très personnel de « Still Grounds for Love ».

Dans le souffle d’un vieux vinyle, l’opus débute par un conte joliment progressif (« The Story of That Girl ») bercé par une ballade pop rock harmonieuse. Si les thèmes abordés semblent féminins (voire féministes), ils relèvent plus d’une philosophie personnelle et universaliste : « Connected Queen » aborde la Femme dans un son doucement expérimental insufflé de cordes qui octroient la même délicatesse que notre Raymondo national, d’autant plus par le xylophone qui conclut le morceau, rejoint par un piano, ouvre « The strings of my fate » dans l’intimité d’une boîte à musique en rythme de valse. Ce sont aussi des éléments tels que la résonance des ivoires ou de sabots sur les pavés qui confirment le monde féérique dans lequel Watine développe son savoir musical. Mais les synthétiseurs –fantomatiques, certes– nous rattrapent (« Trying to »), notamment en mode clavecin électrique sur « Books & Lovers » ; et si l’on replonge ci et là dans le sombre monde de Tim Burton, l’histoire mène toujours à une éclaircie et revient systématiquement à un confortable cocon. La voix étrangement masculine qui chuchote les mélodies dans son monde intimiste pourrait nous faire penser au petit frère de Keren Ann. « Strong Inside » reste dans la mélancolie et souligne l’impression baroque de l’album. Watine ne s’immobilise cependant ni dans le niais ni le contemplatif : leur plénitude est prouvée par l’intelligence compositionnelle de certains titres (le rythme décalé d’« Architect ») et le son brut qu’ils s’approprient très bien également (« Le cours de ma vie »).

Watine dépeint son univers par une electronica organique, à l’aide d’un son parfois analogue à celui exploré par Imogen Heap, dans une profusion d’arrangements réalisés avec maturité.

 

Page 425 sur 1252