Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Dana Fuchs

Bliss Avenue

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Agée de 37 printemps, Dana est plutôt jolie. Chanteuse, compositrice et actrice, elle est originaire du New Jersey mais a toujours vécu en Floride. Son premier album, "Lonely for a lifetime", remonte déjà à dix ans. Elle a également publié "Live in NYC" en 2008 et "Love to beg" en 2011. Son guitariste, Jon Diamond, elle le côtoie depuis l’époque où elle galérait à New York City. Depuis, ils ne sont plus quittés. Ils ont écrit les douze plages de cet elpee.

Le titre maître ouvre l’opus. Un blues au un riff très caractéristique. La voix semble lasse, rocailleuse, proche de feu Janis Joplin. La gratte crache le feu. L’intro de "How did things get this way" évoque les Stones ou plutôt les Faces, lorsque Ronnie Wood sévissait comme guitariste. Dana assure le rôle de Rod Stewart. L'orgue de Glenn Patscha s'intègre bien dans le rythme. Et le refrain est contagieux. "Handful too many" s’ébroue dans le country blues, avant d’adopter un profil plus élaboré et plus exactement en virant vers le boogie rock bien ciselé par les chœurs et l'orgue, empruntant au passage les accents familiers au "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Ballade pétillante, rythmée, "Livin' on sunday" est découpée dans les cordes de guitare acoustiques. La voix de Dana est puissante. Les arrangements vocaux se convertissent élégamment au gospel alors que l'orgue de Patscha semble guetter sa proie. Mrs Fuchs chante distinctement et d’un timbre terriblement expressif "So hard to move", une plage bluesy, indolente, caractérisée par une fort jolie mélodie. Sculpté dans le country rock, "Daddy's little girl" est parcouru de guitares rythmiques chaleureuses et raffiné par des accents pop réminiscents de Tom Petty. Nonobstant ses effluves country, "Rodents in the Attic" trempe davantage dans le rock. Colportant une certaine férocité naturelle, la voix accroche instantanément. Elle fait même merveille. La section rythmique imprime parfaitement le mouvement du galop, alors que la guitare de Diamond emprunte une sonorité très ‘morriconesque’. Le début de "Baby loves the life" (NDR : une ballade ?) nous renvoie de nouveau aux Stones, mais à l’époque de "Gimme shelter", avant que les cordes de Jon ne commencent à déraper puis de carrément déjanter ; si bien qu’on se retrouve dans un univers digne de Neil Young. Et c'est superbe! "Nothin' on my mind" baigne dans la country. Il y a du piano, des cordes de gratte acoustiques et électriques, mais ces dernières adoptent les sonorités de la steel guitar. Une plage limpide, mélodieuse que chante à la perfection, Lady Fuchs. La batterie de Shawn Pelton impose un tempo rock, légèrement funky à "Keep on walkin", une piste fiévreuse au cours de laquelle Diamond frétille comme un poisson dans l'eau. Tapissé par l’orgue Hammond et balayé par la guitare sublime de Jon, "Vagadond wind" est une plage dylanesque que Dana chante avec classe, passion et persuasion. Un des sommets de l’album ! Voyage psychédélique, "Long long game" clôt l’elpee. Tout au long de ce morceau, Dana est suivie à la trace par les tonalités acides de la guitare, un peu comme à l’époque du Paisley Underground. Excellent !

 

Candye Kane

Coming out swingin’

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Cette Californienne est très populaire en Europe et tout particulièrement en Belgique où elle s'est régulièrement produite. Chanteuse de blues, elle est également une activiste féministe. Au cours des dernières années, elle a rencontré de solides problèmes de santé et a été opérée, semble-t-il, avec succès d’un cancer du pancréas, en 2012. Elle est aujourd’hui âgée de 47 ans. Suite à cette intervention chirurgicale, elle a perdu énormément de poids. Faut dire qu’autrefois, elle affichait des formes très généreuses. Et cette métamorphose physique lui sied plutôt bien. Elle a toujours cherché à se produire en compagnie d’instrumentistes talentueux. A ses débuts, elle a ainsi pu compter sur le concours de la pianiste Polly Palmer. Une concitoyenne, puisqu’elles sont toutes deux originaires de San Diego. Elle a d’ailleurs participé aux sessions de cet opus. Et depuis quelques années, elle est soutenue par la jeune guitariste Laura Chavez.

Cet opus est judicieusement baptisé "Coming out swingin'". L’elpee s’ouvre par le titre maître, du pur jump à la sauce rétro swing. Et le "Rock me to sleep" de Benny Carter embraie dans le même style. Entraînant et nerveux, "I'm the reason why you drink" trempe dans l’authentique blues rock west coast. Les interventions des musicos sont excellentes. Tant l’harmonica de Billy Watson que la guitare de Laura. Celle-ci a bien assimilé la technique de ses maîtres, dont Jr Watson et Kid Ramos. Magique ! Orgue et cuivres dominent "When tomorrow comes", un R&B dansant. Du northern soul ! Au micro, Candye ne se débrouille pas trop mal, même si parfois on a l’impression quelle force sa voix. Encore un titre dansant : "Rise up!" Miss Chavez est intenable tout au long de ce Memphis R&B limpide. Dommage ce chant affecté. Blues lent, "Invisible woman" est caractérisé par une superbe sortie de Lara, digne des meilleurs contemporains du style. Parfait ! "You ain't all that" effectue un retour au west coast jump. Imprimé sur le rythme du cheval au galop, "I wanted to walk" est un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Nous sommes transportés sur les pistes du Far West. Subtilement réverbérée, la guitare adopte des accents surf. La présence d’un harmonica accentue cette empreinte filmique. "Darling baby" est issu de la plume du trio magique de la Tamla Motown, Holland–Dozier–Holland. Un blues passionné évoluant sur un tempo indolent, au cours duquel le saxophone baryton de Johnny Viau crache littéralement des flammes. Plus surprenant, "Barbed wire mouth" suinte de roadhouse blues texan. Laura emprunte rigoureusement ses riffs à Jimmie Vaughan, alors que Candye opte pour un timbre de fillette un peu fausset. Ballade R&B lente, "What can love do" est une composition écrite par le brillant souffleur Rick Estrin. Lady Kane chante impeccablement cette plage dont le style Memphis est bien rappelé par les interventions d’orgue Hammond. Nouveau changement de répertoire, puisqu’"Au Revoir y'all" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Les mots sont exprimés dans un assemblage de français et d’anglais. Sue Palmer brille aux ivoires. Percussions et cuivres tapissent, en arrière-plan, le décor sonore. Et Candye ne pouvait clore les débats, sans revenir au jump boogie. Elle a donc choisi pour cette finale, le "Marijuana boogie" du regretté Chicano, Lalo Guerrero. La cover est interprétée dans la langue de Cervantès. La guitare est prise d’accès de folie alors que le piano de Sue Palmer entre en effervescence.  

 

Lightnin' Guy

Inhale my world

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Agé de 37 ans, Lightnin' Guy Verlinde est probablement devenu le bluesman belge le plus populaire. Il partage son temps entre l'aventure solitaire en acoustique et ses occupations en groupe. Et son agenda en est le plus beau témoignage. Il se produira ainsi huit fois en compagnie des Mighty Gators et cinq fois en one man band, de la mi-juillet à la fin août! Et ajoutons qu'il n'a pas abandonné ses autres projets. Dont les hommages qu’il rend à Hound Dog Taylor, sous la formule trio et son ‘Blues in schools’, un programme d'éducation musicale, qu’il accomplit en duo ou trio. Son dernier opus remonte à février 2013. Concocté en solo, il s’intitule "Blood for Kali" et est paru chez Blue Sting. Et en 2012, il avait gravé "Lightnin' Guy plays Hound Dog Taylor Live" pour Dixiefrog. Afin d’enregistrer "Inhale my world", il a reçu le concours de ses Mighty Gators ainsi que de quelques invités, dont différents cuivres ; mais cet elpee nous entraîne surtout à la découverte de Guy, comme compositeur et roots singer.

Superbe titre, "Mr Maxwell street" est imprimé sur un rythme nonchalant. La voix est bien posée. La slide s’intègre parfaitement à l’ensemble et notamment aux cordes électriques de Little Chris Van Nauw (Howlin' Bill) et Tom Beardslee. Impressionnant ! Mélodieuse, soucieuse de l’esthétique, "Inhale my world" est une plage très roots qui bénéficie à nouveau de la collaboration de guitaristes ; en l’occurrence celles de Chris Van Nauw et Thomas Vanelslander (K's Choice, Gorki). Le climat de l’elpee est particulièrement serein. Plus folk, "Cages paradise" évolue paresseusement. L'orgue Hammond de Patrick Cuyvers occupe bien l'avant-plan. Le feeling des cordes est irrésistible. Et ce sont les interventions limpides et lumineuses des guitares, soulignant les vocaux éclairés, qui façonnent la beauté des compositions. "Start to dance" en est certainement une des plus belles illustrations. Le premier changement de tempo est réservé à "Powered by the blues", un blues particulièrement funkysant. Enrichie de cuivres, cette plage dansante est ponctuée par une sortie saisissante de la slide. Ballade R&B spécialement lente, "Here I am baby" est forgée dans le style Stax. Passionnée et intense, la voix affronte orgue et cuivres. Caractérisées par les sonorités élimées de la résonator, "Four hands" opère un retour dans l’americana. Superbe ! Et celles de "So much love inside" libèrent une énorme dose de sensibilité. Guy est rejoint par les voix de Patrick Cuyvers et Ibernice McBean tout au long de la très jolie chanson "Silent violence", une plage dont les lyrics sont empreints de gravité et de désespoir. Splendide ! "Breakin' out" autorise un duel entre la guitare weissenborn acoustique aux accords subtils de Guy et les cordes largement amplifiées de Thomas Vanelslander, au sein d’un univers étrange, tapissé de chœurs féroces et audacieux. Lightnin' Guy nous rappelle qu'il n'a pas oublié le blues et achève l'opus, armé de sa guitare résonator, sur un "St. Raphaël blues" empreint d’émotion. 

 

The Mighty Mojo Prophets

Flyin' home from Memphis

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Le west coast est manifestement un des courants du blues contemporain les plus populaires. Il nous vient de la Californie, et tout particulièrement de Los Angeles, une mégalopole qui a enfanté successivement Hollywood Fats, Rod Piazza et ses Mighty Flyers, William Clarke ainsi que James Harman, pour ne retenir que les plus illustres ! Et c'est à Long Beach qu’est apparu The Mighty Mojo Prophets. La naissance remonte à 1997. A l’origine, le line up se résumait à un duo ; c’est-à-dire le chanteur Tom 'Big Son’ Eliff et le guitariste Mitch 'Da Swith' Dee. Leur premier elpee est paru en 2011, chez Rip Cat. Il est éponyme et est particulièrement bien reçu puisqu'il est nominé pour les Blues Music Awards de Memphis. Ce qui leur permet d’attirer l’attention du gourou local, Randy Chortkoff qui les signe sur son label, Delta Groove.

Tom et Mitch ont écrit treize chansons de l’opus. Lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio The Compound, ils ont reçu le concours d’une solide section rythmique, en l’occurrence le drummer Alex Schwartz et le bassiste Dave Deforest. Mais également de quelques invités.

"Sweetness" ouvre le feu. Une 'killer' song imprimée sur un bon rythme. La voix de Tom est excellente. Elle est talonnée par l'harmonica d'Alex 'Lil' A' Woodson qui souffle dans les aigus. Mitch Dee en profite pour opérer une première sortie brillante sur ses cordes. Ce dernier prend les commandes sur "The gambler" en insufflant un ton jazz clair et concis, alors que Tom chante d’une voix qui me fait énormément penser à celle du vieux John Mayall. Une piste au cours de laquelle Mike Malone se réserve l’orgue, dans un style proche de Jimmy Smith et qui s’achève par un riff cher à Magic Sam. "Lucky man" trace un axe musical entre Chicago et LA, une direction chère à Lester Butler voire Rod Piazza ; et c’est San Pedro Slim qui souffle souverainement. L’elpee est éclectique. "I can't believe" nous transporte à Memphis et embrasse le R&B local, une piste qui met en exergue le sax ténor de Mark Sample, la trompette de Johnny Vet et l'orgue de Malone. Direction Chicago à l’aide du riff institué par Elmore James pour "The 45". Woodson est à l'harmo, Dee à la slide et Malone aux ivoires. Rien que du bonheur! Le circuit transite alors par le west coast jump, et notamment sur "California" ; en fait un remake chargé de swing du "Caledonia" de Louis Jordan préparé à la sauce ‘angelinos’. Chicago southside, "Remember me" bénéficie de la participation bienveillante de Muddy Waters. Woodson, Dee et Malone sont au sommet de leur art, et le résultat est superbe. Remuant et nerveux, "One for me" trempe dans le pur rock'n'roll. "Strong medecine" emprunte le rythme cher à Bo Diddley ; et pour la dernière fois, Lil' A Woodson embrase son harmonica. Plage acoustique "She's gone" adresse un clin d'œil au Delta du Mississippi, tout en lorgnant vers le rockabilly. L'orgue de Malone est hanté par Booker T sur "Street corner preacher", une plage qui prend congé de Memphis. Superbe, cet opus s’achève par "Whatchulookinfor", un titre proche des racines et dont la mélodie semble inspirée par le classique "Key to the highway"…

 

JJ Cale

Décès de JJ Cale, un talentueux ‘guitar man’…

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Artiste majeur de la musique américaine, JJ Cale nous a quittés ce 26 juillet, à l'hôpital Scripps de La Jolla, près de San Diego, en Californie, suite à une crise cardiaque. John Weldon Cale (NDR : c’était son véritable nom) était né le 5 décembre 1938 à Tulsa, dans l'Oklahoma.

Il était devenu une véritable icône dans l’univers de la roots music américaine, puisant ses sources à la fois dans la country, le blues et le swing

Il avait créé le style 'laidback’, un style cool, nonchalant, aux notes parcimonieuses.

Compositeur, chanteur, guitariste, il a apporté son concours à de nombreux artistes et groupes. Parmi les plus notoires, citons Eric Clapton bien sûr, mais aussi Mark Knopfler, Leon Russell, Santana, Lynyrd Skynyrd, Johnny Cash, Brian Ferry, Maria Muldaur ou encore John Mayall,…

Eric Clapton a été le premier à reconnaître le talent de Cale. Il avait d’ailleurs repris plusieurs de ses compositions, dont "After midnight" et "Cocaïne". Ensemble, ils avaient enregistré l'album " The road to Escondido" en 2006. Ils s’étaient encore réunis pour concocter "Roll on", le titre maître de son dernier elpee, paru en 2009.

Son premier opus solo, "Naturally", était sorti en 1971.

Homme charmant, discret, timide, il fuyait tout ce qui touchait à la ‘star mania’.

 

T Model Ford

T Model Ford a rendu son dernier souffle…

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De son véritable nom James Lewis Carter Ford, T Model Ford est décédé chez lui, à Greenville, dans le Mississippi, d'une insuffisance respiratoire, ce 16 juillet. Il était né vers 1920. On attribue à ce bon vivant 6 femmes et 26 enfants. Chanteur et guitariste de blues, son style authentique était proche du Delta et des fameux juke joints du Mississippi.

Il a entamé sa carrière durant les seventies, mais ce n’est que bien plus tard qu’il a acquis une certaine notoriété. Notamment en enregistrant 5 albums, entre 1997 et 2008, pour le label Fat Possum. Ses deux derniers opus, étaient parus chez Alive Natural Sound.

Au cours des dernières années, il s’était régulièrement produit en compagnie du blues band issu de Seattle, Gravelroad.

 

Rivierenhof 2013 : samedi 27 juillet

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Comme pour souligner le fossé qui sépare le Nord et le Sud du pays en matière d’investissement consacré aux Arts et à la Culture, Anvers accueillait à nouveau, ce samedi soir, dans le (magnifique) cadre du domaine provincial de Rivierenhof, les Tindersticks, alors qu’en fin de nuit, j’assistais aux funérailles du Fiacre, un des derniers endroits dédié à ces disciplines, dans le centre de Liège, disloqué par les mâchoires stupides du pouvoir en place.

Sans revenir sur ce débat, je constate tout simplement, en m’asseyant dans les travers de ce petit amphithéâtre, que tout est prévu pour nous permettre d’assister, dans les meilleures conditions possibles, à quelques concerts de très, très bonne facture.

Même les orages retiendront leur souffle jusqu’à la note finale d’un spectacle majestueux, comme c’est souvent le cas pour ce groupe fêtant bientôt ses vingt et un ans de bouteille et nos vingt années d’ivresse, depuis la sortie de leur premier opus éponyme.

« If You’re Looking For A Way Out » entame donc le set, sous la moustache frémissante de Stuart Staples, enchanté de se retrouver à nouveau dans ce cadre seyant si bien à son groupe.

Tout semble être en harmonie avec la musique ce soir.

Le ciel, chargé mais tout en retenue, l’air, les arbres qui surplombent la scène, et le public, attentif et respectueux.

La formation ne s’y trompe pas et marque son plaisir dans chaque intonation.

Avant de s’atteler à des représentations spéciales marquant les 20 ans de la sortie de « Tindersticks », et qui passeront le mardi 22 octobre au Cirque Royal dans le cadre de l’‘Across Six Leap Years Anniversary Tour 2013’, le band revient principalement sur les titres de son dernier opus en date, « The Something Rain ».

Oui, une pluie, qui jusqu’au bout, se contiendra dans les lourds nuages menaçants au-dessus de nous.

Un premier rappel ponctué du frissonnant « Tiny Tears », un second entamé par un « If She’s Torn » dédié aux nombreuses femmes enceintes de l’assistance (cette chanson a été écrite en pleine grossesse de l’épouse de Stuart) et un « Goodbye Joe, éclairé par les flashes de plus en plus nombreux des anges au firmament.

Enfin, le déluge pouvait s’abattre, ainsi que nous tentions de rejoindre nos véhicules.

Qu’importe ! Bientôt, les Tindersticks seront de retour.

Tindersticks

(Organisation : Openlucht Theater Rivierenhof)

 

Le fantôme de Girls VS Boys est toujours bien sur la liste…

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C'est le magazine Obsküre qui l'annonce sur son site :

Non content d'arpenter de nouveau les scènes, le groupe de Scott McCloud nous revient avec un Ep cinq titres. Un disque qui sortira ce 24 septembre prochain chez Epitonic.

Si leur reformation avait donné lieu à un single téléchargeable (« It's A Diamond Life » paru en avril dernier), on était tout de même curieux de savoir si « You Can't Fight What You Can't See » (2002) allait un jour nous réserver un successeur. Et la réponse est affirmative.

« Ghost List », puisque c'est son titre, sera partagé en 5 pistes. En voici le détail :

1. It’s a Diamond Life
2. Fade Out
3. 60 Is Greater Than 15
4. Let’s Get Killed

5. Kick

Vingt ans après la sortie de leur tout premier album chez Touch & Go (« Venus Luxure N°1 Baby »), le légendaire groupe aux deux basses semble ainsi de retour pour de bon !

http://www.gvsb.com/

 

Conflit de famille

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Ne récoltant pas les fruits d'un succès décidément bien volatile, The Chapman Family a donc décidé de tirer un trait sur sa carrière.

Peu connu, le groupe de Stockton-on-Tees tire donc sa révérence ce vendredi 26 juillet dans sa ville natale, lors d’un dernier show teinté d'amour et d'amertume.

Sombre, ténébreuse et tourmentée, mais déchirée de bruits blancs, sa musique avait été immortalisée sur l’album « Burn Your Town », paru en 2011, une œuvre toujours disponible, tout comme leur single testamentaire ironiquement intitulé  « We Stick Together »…

 

Allison Miller

No morphine no lilies

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Etablie à New York City, Miss Allison Miller est considérée comme une des meilleures drummeuses, dans l’univers du jazz contemporain. Elle a passé sa jeunesse à Washington et a suivi des études musicales dès l’âge de 10 ans, tout particulièrement dans le domaine des percussions. Au fil du temps, elle s’est forgé une fameuse expérience et est partie s’installer dans la Big Apple. Aujourd’hui, elle est musicienne, productrice, auteur-compositeur et professeur. Elle s'est produite sur scène en compagnie d’une multitude de musiciens issus de différents styles, et en particulier Nathalie Merchant, Annie DiFranco, le saxophoniste avant-gardiste Marty Ehrlich ou encore l'organiste Dr Lonnie Smith. Elle a monté Boom Tic Boom, une formation dont l’opus éponyme, paru en 2010, figurait dans le Top 10 des albums de jazz de cette année, suivant le classement établi par le L.A Times. Elle est aussi impliquée dans de nombreux autres projets. Pour enregistrer ce nouvel elpee, elle a donc retrouvé ses acolytes de Boom Tic Boom, en l’occurrence Myra Melford au piano, Jenny Scheinman au violon et Todd Sickafoose à la basse, respectivement âgé de 56, 34 et 39 ans. Soit trois femmes et un homme. En outre, le band a reçu le concours de quelques invités.

Le jazz dispensé tout au long de ce long playing est d’excellente facture. La structure de base repose sur la section rythmique, soit les percus d'Allison et la basse acoustique de Todd. Et c’est bien cette charpente qui balise "Pork Bell", une compo au cours de laquelle entre rapidement en scène le piano de Myra. Les accords sont bien exécutés, parfaitement imaginés, au sein d’un espace sonore qui fluctue suivant l’inspiration. Plus complexe, "Early bird" est parcouru par le violoncelle d'Erik Friedlander, un violoncelle qui finit par dialoguer avec la basse, au sein d’une ambiance qui prend une couleur particulièrement orientale. Une superbe mélodie au piano introduit "Waiting", une compo empreinte de douceur et de sensibilité, avant que la batterie et la basse n’entrent dans la danse, lors d’un exercice de style particulièrement réussi. Superbe ! Plus nerveux et complexe "The itch" implique la trompette d'Ara Anderson, une plage qui ressemble à un cri désemparé emporté dans un tourbillon de sonorités contemporaines maîtrisées. Apparemment débridé, "Speak" est tout aussi coordonné, malgré les interventions de la trompette slide de Steven Bernstein et des ivoires en décomposition. Signé Lisa Parrott, "Six nettes" émarge au jazz moderne, mais de format classique. Il célèbre une rencontre la rencontre idéale entre piano, basse et batterie. Le violon de Jenny Scheinman se libère enfin sur "Spotswood drive", ses interventions naviguant au gré de son inspiration. Une seule compo chantée : "Once". Une plage tendre, câline, conduite par la voix expressive de Rachel Friedman et soulignée par les accords de piano frivoles. Allison se sert de tous ses ustensiles de percus sur "The kitchen". Elle cède ensuite le relais à son partenaire rythmique Todd, avant que ne retentisse une déflagration de piano. Une superbe mélodie alimente "Sun comes up the reservoir", un excellent titre de jazz que se partagent équitablement les quatre musicos de base. Et Bernstein revient alors mettre une touche de folie lors du final, pourtant déjà au bord du délire, "Nun-uh, no sir". 

 

Big Daddy Wilson

I'm your man

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Wilson Blount est né en Caroline du Nord, il y a près de 50 ans. Très jeune, il travaille dans les plantations de tabac et de coton. Le dimanche, il chante le gospel, à l'église. A 16 ans, il s'engage dans l'US Army et est affecté en Allemagne. Après moult péripéties, il se marie en compagnie d’une Teutonne. Et s’il avait déjà tâté du blues aux States, c’est dans son pays d’adoption qu’il va lancer sa carrière. Big Daddy a publié neuf albums. En solo ou à l’aide d’autres artistes. Le précédent elpee était paru en 2011 chez Ruf, tout comme "Love is the key", en 2009.

Big Daddy a la voix taillée sur mesure pour chanter le blues. Grave, puissante, expressive, elle se met en exergue dès les premiers accords de "Travelin' blues", une compo caractérisée par le recours au bottleneck et atomisée par de lourdes percus, mais qui emprunte les accents traditionnels du Delta. La voix est d’une grande pureté. Pas de doute, il l’a forgée lors de son enfance, en participant aux offices religieux. Et le "Hold the ladder" d’Eric Bibb en est une nouvelle illustration. L'accompagnement est respectueux du chant. A la six cordes, le Suédois Staffan Astner ne concède que les notes nécessaires pour raffiner la plage. Les différentes voix se relaient comme dans le gospel, pendant que l'orgue Hammond de Peter Hallstrom vient tapisser le tout. Très grave, le timbre vocal se détache d’"I'm your man", un morceau d’excellente facture. Balayé par les interventions au violon de Petra Wahlgren et à la clarinette d'Eric Mossnelid, "I wanna be your man" vire au country bluegrass. Astner joue divinement de la slide. Il est vrai qu’il est devenu un fidèle partenaire d'Eric Bibb ; et ses cordes font vibrer "My day will come". "Please " est une tendre ballade acoustique. L’intro de "Hurricane" est tonitruant. Wilson élève la voix, sans durcir le ton. L’émotion éprouvée par l’artiste est bien mise en exergue face à la gravité de l'événement. Une petite touche latine colore "Oh Carolina", une autre ballade qui nous conduit du Tennessee à Mexico City. Intimiste, "Born loser" est une compo très roots. Un climat que l’on retrouve tout au long du remarquable "Baby's coming home", une piste qui enfonce ses racines profondément au cœur de la musique afro-américaine. Wilson joue du Diddley Bow, un instrument à cordes d’origine ghanéen, comparable à la cigar box guitar (dont la caisse de résonance a été réalisée à l’aide d’une boîte de cigare). Trois minutes de bonheur! Deux titres folk pour clôturer l’elpee. Tout d’abord "Show dog", balayé par les interventions d’un violon. Et puis le délicat "I'm so glad". 

 

Young Dreams

Between Places

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Tiens, v’là une collection de B-Sides d’Animal Collective ! Ou pas… Si l’on m’avait invité à écouter le premier LP de Young Dreams à l’aveuglette, il y aurait eu de fortes chances que je les confonde avec la bande à Panda Bear l’espace de quelques minutes. Le répertoire de ce collectif norvégien, qui compte pas moins de douze membres, lorgne très clairement du côté de celui des New-yorkais. Et c’est justement dans l’exercice du copié-collé que la troupe excelle. Car, bizarrement, lorsque les Norvégiens s’écartent de leur influence principale, « Between Places » perd de son charme et de son intérêt.

Outre Animal Collective, Young Dreams pioche également ses influences auprès des Beach Boys et Yeasayer. Et même les deux en un, comme sur la chanson-fleuve « The Girl That Taught Me To Drink And Fight ». Sans autant de brio. Plus proche des plages de sable fin que du grand froid, « Between Places » est un disque qui, comme son intitulé l’indique, est entre deux lieux, entre deux eaux. Mais, globalement, pas dégueu pour autant… A suivre.

 

Guy Clark

My favorite picture of you

Écrit par

Agé de 72 balais, Guy Clark est chanteur/auteur/compositeur. Bien qu’originaire du Texas, il s’est établi, il y a bien longtemps. A Nashville, au Texas, très exactement. Il jouit d’une notoriété certaine sur la scène country et folk étasunienne. C’était un pote au défunt Townes Van Zandt. Son premier album est paru en 1975. Depuis, il en a gravé une bonne quinzaine. En 2011, Willie Nelson, Lyle Lovett, Rosanne Cash, Emmylou Harris, Steve Earle, Jerry Jeff Walker, Kris Kristofferson et bien d’autres disciples de l’Americana lui avaient rendu hommage à travers un double cd intitulé "This was for him : A tribute to Clark"…

Il y a quatre longues années qu’il n’avait plus publié d’album studio. Essentiellement acoustique, "My favorite picture of you" est un opus qui plonge ses racines dans l’Amérique profonde. L’elpee s’ouvre par "Cornmeal waltz". La voix de Guy est monocorde. Il s’accompagne à la sèche tout au long de cette valse légère, au cours de laquelle il nous parle de son plaisir à exécuter cette danse, au son d'un violon ! Guy a été marié pendant 40 ans à Susanna. Elle a quitté ce monde en 2012. Il a donc décidé de dédicacer cette œuvre à sa mémoire ; et en particulier sur le titre maître. La photographie préférée de sa compagne, il l’avait immortalisée à l’aide de son Polaroid, au cours des années 70 ; alors qu'elle rentrait chez elle, elle avait surpris Guy et son vieil ami Townes Van Zandt, complètement ivres… La plupart des chansons sont intimistes et racontent des histoires de la vie quotidienne, agrémentées de commentaires formulés par l'artiste. Dépouillées, elles véhiculent des sentiments de mélancolie et de tristesse plutôt que de bonheur ou de délire. De très belles compos qui ne se servent pour tout artifice que de cordes acoustiques et de violons. "El coyote" nous entraîne sur les routes du Mexique et du Texas. "Heroes" nous conte l'aventure de vétérans revenus transfigurés, mais qui se battent toujours avec leurs démons. Mandoline et banjo illuminent "Rain in Durango", une ballade country. "Death of Sis Draper" nous relate l’aventure dramatique de Sis, empoisonnée par sa partenaire, Kentucky Sue. "I'll show me" clôt l’elpee. Une tranche de folk blues au cours de laquelle Morgane Stapleton et Guy partagent les vocaux, alors que Shawn Camp saupoudre délicatement le tout à l’aide de sa guitare résonator. Un superbe album, mais certainement pas un hymne à la joie. 

 

Daft Punk

Random Access Memory

Écrit par

Ah ! Daft Punk ! Un nom incontournable sur la scène électro. Au fil du temps, le duo réunissant Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter est devenu presque mythique.

Leurs compos aux rythmes endiablés ont entrainé plus d’un nightclubber sur le dancefloor. Pensez à "Digital Love", "Harder, Better, Faster, Stronger" ou encore à l'incontournable "One more Time". Leur notoriété est incontournable. Mais les mauvaises langues prétendent que si le groupe est aussi (re)connu, c’est avant tout parce qu’il est français, et qu'il cultive un certain sens du mystère. Quelle est la corrélation exacte entre Justice et Daft Punk ? Difficile à déterminer, quand on sait que les visages de ces derniers sont, en ‘live’ tout au moins, constamment dissimulés sous des casques de robot. D’autres encore estiment que sa réussite, il la doit à l’avènement de la ‘French Touch’. Pourquoi pas ? Une chose est sûre, leur talent est indéniable et votre serviteur est un fervent adepte du band !

Mélangeant habilement électro, house et disco, tout en soignant les effets vocaux, le tandem parisien est toujours parvenu à tirer son épingle du jeu. Après avoir publié « Homework » en 1997, opus qui mettra tout le monde d'accord, Daft Punk embraie en 2001 par « Discovery », un elpee qui va quelque peu décevoir les aficionados de la ‘pure électro’. Et pour cause, il lorgne résolument vers la pop. En outre, ce long playing va servir à sonoriser des clips ‘manga’ qui, s’ils ont séduit les geeks, vont agacer les disciples du beat, estimant –à juste titre– ce concept, puéril.

« Human after all » débarque en 2005. La recette n’a pas trop changé. Un rythme endiablé, des effets rituels opérés sur les voix, un soupçon de pop, et hop, emballé c’est pesé ! Les fans du second essai sont aux anges, tandis que les mélomanes qui avaient été épatés par « Homeworld » jugent que Daft Punk devient tout doucement une caricature de lui-même (ce qui n’est quelque part pas tout à fait faux).

2013 célèbre donc la sortie de leur quatrième LP, « Random Access Memory ». Un disque sur lequel Daft Punk a voulu rendre un hommage aux standards disco-funk de la fin des années 70 et du début des années 80. Mouais… pas sûr que l’idée soit judicieuse et qu’elle corresponde aux attentes du public. Mais attendons d'écouter avant de juger.

En examinant le booklet, on se rend compte que le disque a bénéficié d’un sacré budget. Y’a qu’à voir les featurings et les guests qui se battent en duel… Puis cette belle pochette et le livret qui accompagne (une édition en vinyle a même été gravée). MAIS... est-ce qu’on aime Daft Punk pour ses featurings ? Ou pour son investissement financier dans un projet ? Pas vraiment. Alors passons à l'analyse des morceaux.

L’album s’ouvre par « Give Life back to the Music », un premier titre plus jazz qu’électro, et lardé de funk. Mouais… ça ne sera pas le titre de l’année, mais c'est sympa. Après tout, pourquoi pas, c'est juste une intro, et le morceau se laisse écouter avec plaisir. Donc ne le boudons pas et poursuivons la lecture…

Ballade paisible et atmosphérique, « The Game of Love » nous renvoie aux années 70 et 80. Euhhh... Il est ou Daft Punk ?? Si le morceau n’est pas de mauvaise facture, j’avoue m’être demandé ce que cette piste venait faire sur l’album… Allez, on continue…

Chanson trois : « Gorgio by Moroder ». Aaah ! Enfin, on a du ‘vrai’ Daft Punk ! Un rythme entraînant, des vocaux électro particulièrement raffinés, de nombreux effets spéciaux bien maîtrisés et une boucle musicale qui s'insinue insidieusement dans la tête. Tout comme cette envie de danser qui s'impose petit à petit. Ouf ! J’ai craint le pire. Mais Daft Punk est bien aux commandes.

Mais plus les chansons défilent, plus la déception s’installe…

Autre ballade, « Within » est une plage plutôt sympa interprétée au piano. « Fragment of time » baigne dans l’univers jazz... Pas que ces pistes soient médiocres, au contraire, elles sont même plutôt bien torchées, mais bon, ce n’est pas ce qu'on attend de Daft Punk, mince ! Trompette et batterie s’invitent sur « Touch ». Foireux !

Maintenant, pas la peine non plus de cracher sur l'ensemble de l'œuvre. Des titres comme « Instant Crush », « Doin’ it right » et « Contact » parviennent enfin à nous secouer tout en nous rappelant que nos deux compères ont quand même des planches. 

Le combo hexagonal avait opéré une incursion particulièrement réussie dans la B.O. de film en 2010, pour le long métrage Tron-Legacy. Mais on en est ici assez loin, dommage ! Seul « Beyond » nous rappelle un peu que, oui, ce sont décidément bien les mêmes bonhommes dont on parle. Dès lors, on en conclut que Daft Punk est capable de mieux. De beaucoup mieux même.

Le résultat est donc sans appel : si l’elpee n’est pas stérile, il désappointe un brin, faut bien l’avouer ! Pas mal de morceaux sonnent kitsch et ne font pas particulièrement rêver (« Lose Yourself to Dance » est le pire du lot, à mon humble avis). Et croyez-moi, en tant que fan, ça me fait mal de l’écrire.

C’est bien simple, une question résume toute l’inquiétude qui me ronge en écoutant ce disque : en aurait-on autant parlé, si Daft Punk n’était pas aux commandes ? Et bien, pas sûr ! Et ça, c’est pas vraiment un bon signe…

Ensuite, relativisions : Daft Punk reste Daft Punk. Dans son style électro, il reste dans le haut du panier. Mais tout au long de cet opus, on cherche vainement l’éclair de génie, l’étincelle qui était parvenue à mettre le feu sur les deux premiers long playings (et plus rarement lors du troisième). D’autant plus que sur ce « Random Access Memory » plusieurs pistes manquent carrément de pêche.

Cet LP m’a laissé sur ma faim, et ce n’est pas tout le battage médiatique orchestré pour le promotionner, qui va me faire changer d’avis… 

 

Devon Miles

We may lack time, but we don’t waste it

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Devon Miles est le personnage joué par Edward Mulhare, dans une série télévisée diffusée au cours des 80’s, K-2000. Et il a été choisi comme patronyme par un quatuor français en 1999, un quatuor originaire d’Orléans.

Influencé par l’emo-core et le noise-rock, styles en vogue au cours des 90’s (NDR : pensez à Fugazi et At The Drive-In), Devon Miles a notamment partagé la scène avec des grosses pointures de l’indie-rock indépendant français comme Döppler ou Ventura, Pneu ou encore Ed Wood JR. Ce qui lui a permis d’acquérir, au fil des années, de l’expérience.

Mais malgré 14 années d’existence, « We may lack time, but we don’t waste it » constitue leur tout premier album. Auparavant, le groupe n’avait publié que quelques Ep’s et démos. Pour enregistrer cet elpee, il n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’il a bénéficié du concours de Nick Zampiello et Rob Gonnella (Torche, Against Me !, Isis, Cave In,…) au mastering.

Et le résultat tient la route. En moins de 30’, la formation propose neuf morceaux de noise/rock abrasifs. Et vu la durée du disque, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Sans pour autant révolutionner le genre, le combo français laisse clairement transparaître ses influences. L’énergie est palpable, viscérale. Les riffs de guitares sont bien sentis. Et la voix du chanteur est à la fois ample et agréable. Néanmoins, quoique de bonne facture, ce « We may lack time, but we don’t waste it » n’a pas l’envergure des classiques du genre ; et à ce titre il risque fort de se révéler éphémère…

 

Jimi Brown Experience

Jimi Brown Experience

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Jimi Brown Experience est, comme son nom l’indique, une formation qui rend hommage aux deux géants intemporels dont elle emprunte le nom. Et le répertoire. En l’occurrence, Jimi Hendrix et James Brown, même si cette précision est superflue lorsqu’on se plonge dans ce premier LP éponyme. Entièrement instrumental, ce « Jimi Brown Experience » dont les  compos oscillent entre jazz, rock et funk confectionnent un fond musical distrayant. Un fond, et c’est tout. Les sept membres de la troupe possèdent un talent indéniable mais passent complètement à côté de leur sujet.

Vu le patronyme ambitieux, le mélomane curieux attend légitimement, du collectif français, qu’il balance un LP direct, parcouru de crises de folie, de gouttes de sueur perlant le long de la galette, de sensualité et/ou de hargne. Ici, les neufs gaillards caressent les guitares là où elles devraient être malmenées, tapotent la basse là où elle devrait incessamment ondoyer de droite à gauche et vice-versa, bouchonnent la batterie là où elle devrait éclater à l’oreille de l’auditeur, et noient le tout dans un océan de saxophones. Des saxos qui deviennent, pour le coup, indigestes au bout de six ou sept morceaux. Les reprises des « Purple Haze », « I Feel Good », « Get On The Good Foot » et autres « Fire » semblent sortis tout droit d’une compile gratos à l’achat de trois paquets de Douwe Egberts. Quelque secousses et un peu de nerf ne ferait certainement pas de mal au clan Jimi Brown Experience.

 

Miles Kane

Don’t forget who you are

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A l’instar de The Arctic Monkeys, Miles Kane est certainement devenu aujourd’hui, l’un des plus dignes ambassadeurs de la britpop. À l’heure où Liam Gallagher tente de rattraper le temps perdu en compagnie de Beady Eye (NDR : mais le récupérera-t-il un jour ?) et où Pete Doherty fait davantage parler de lui en termes de mode, de cinéma ou de frasques, l’ex-Rascals et moitié de The Last Shadow Puppets semble prendre tout le monde de vitesse. Déjà en 2001, il publiait « Colour on the Trap », un premier album particulièrement réussi.

Comme son titre l’indique, « Don’t forget who you are » est un album plus personnel. D’ailleurs sur la pochette, il trône devant la boucherie de ses parents. Un retour aux racines donc… Si les lyrics sont plus intimistes et évoquent la littérature qui a nourri le rock british des 60’s, la musique puise son inspiration à de multiple sources. Ainsi, Miles Kane n’a pas hésité à faire appel à plusieurs pointures pour enregistrer cet opus. Dont Paul Weller, Andy Partridge, chanteur/guitariste d’XTC, Ian Broudie (illustre producteur qui a notamment mis en forme plusieurs opus d’Echo & the Bunnymen) et Kid Harpoon. De quoi accentuer l’aspect vintage de l’expression sonore.  

Sur ce deuxième elpee, on épinglera un bel équilibre entre les différentes compos et puis surtout des mélodies particulièrement efficaces. Hymniques, des morceaux comme « Don’t forget who you are » et « Give Up » sont taillés pour les stades. Energiques, les riffs rock sont légion. Et Miles n’oublie pas de leur réserver ponctuellement de la disto. Enfin, les mélomanes qui préfèrent l’emphase de Last Shadow Puppets ne devraient pas être déçus, à l’écoute de « Out of Control » ou « Fire in my Heart ».

Est-ce que cet album est meilleur que le précédent ? Personnellement, je ne pense pas. Mais là n’est pas la question ! « Don’t forget who you are » est un des meilleurs albums de britpop de l’année. Dans ces conditions, pourquoi épiloguer ?

 

Aynsley Lister

Home

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Insulaire, Aynsley Lister est chanteur et guitariste. Aujourd’hui âgé de 37 ans, il a acquis une fameuse expérience. Très jeune, il apprend à jouer de la guitare, en écoutant les 45tours de son père, et en particulier ceux de Freddie King, John Mayall ou Eric Clapton. Il venait à peine de fêter ses 20 balais, lorsqu’il publie ses premiers albums, "Messin' with the kid" en 1996 et "Pay attention!" en 1997. Il attire ainsi l'attention de Thomas Ruf qui le signe sur son écurie teutonne. Il y signe "Aynsley Lister", un elpee mis en forme par Jim Gaines, en 1999. Et dans la foulée, y grave six autres long playings. Il rejoint alors le label anglais Manhaton, pour lequel il commet "Equilibrium" en 2009 et "Tower sessions" l'année suivante. Depuis, il a fondé sa propre boîte, Straight Talkin' Records

Majestueux, "Home" ouvre la plaque. Très caractéristique, le style d’Aynsley lui colle à la peau. L'orgue Hammond d'André Bassing est omniprésent sur ce type de plage. La voix est douce, mais se charge d’intensité dramatique quand c’est nécessaire. Et c’est le piano qui introduit la guitare en fin de parcours, afin de la mettre dans les conditions idéales lors du bouquet final. "Broke" emprunte une ligne mélodique légèrement pop, une piste qui rivalise de tendresse et de mélancolie. "Insatiable" démarre sur un tempo particulièrement. Soudain, la voix devient autoritaire. Le rythme change. Et la piste vire alors au boogie, que magnifie un envol de cordes aux sonorités cristallines. Superbe ! "Inside out" et "You make it real" sont des ballades légères, mais bien construites. "Free" bénéficie d’arrangements particulièrement soignés. Un rock intense, déchiré entre douceur et étincelles, lorgnant même vers le psychédélisme. Une des meilleures compos de ce disque. Blues, "Sugar" est imprimé sur un mid tempo. Le piano et la guitare dialoguent, avant que la section rythmique ne vienne participer aux débats. Mais si l’impact est franc et direct, le résultat est un peu trop écrasant à mon goût. "Feeling good" est une chanson popularisée, il y a près d'un demi-siècle, par Nina Simone. Excellente, la nouvelle version est exacerbée par un sens de la tragédie. Des moments d’émotion intenses, illuminés par de bien jolis accords de piano. Chargée de sensibilité, la voix de Lister s’adapte à tous les registres. Et "Possession" en est une nouvelle illustration, un morceau bien construit qui ne manque pas de charme, et au cours duquel la guitare bien sentie libère pleinement le feeling de l'artiste. "Impossible" est un blues aux intonations jazz. Andre siège derrière le clavier, pour canaliser cette partie de cordes impeccable. "Straight talkin' woman" clôt l’elpee, une piste qui baigne à nouveau au cœur de cet environnement jazz/blues plus intimiste, et épingle une ultime sortie d'Aynsley!

 

Nasty Panda

Sunday night losers (Ep)

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Ce jeune quartet belge est né 2011. Fondateur, Mic Palmieri en est le chanteur/guitariste et compositeur. Il est soutenu par le claviériste Jonathan Dehas, le bassiste Thomas Halter et le drummer Naïm Schneyders. Ce disque réunit 6 plages. Certains le considéreront comme un mini-elpee, d’autres come un Ep. C’est comme vous voulez ! Six plages, dont la dernière propose une version radio de la première. Les musiciens ne se débrouillent pas trop mal. Pas des virtuoses de la technique, mais l’ensemble tient la route. Les compositions trempent dans un pop rock plutôt agréable à écouter. Sur l’illustration de la pochette, on dénombre quatre musicos. Mais à l’intérieur du booklet, on en renseigne un de plus. En fait, il s’agit de Francesco Palmieri qui double son frère à la guitare. Les musiques sont signées par Mic Palmieri, les lyrics Tom Halter, à l'exception de "Why don't you do right", issu de la plume de Joe McCoy.

Cordes acoustiques et harmonica (NDR : celui de Jonathan) lancent "Sunday night loser". Mic chante. Il est épaulé par Miss Mélanie Dermont. La musique est rythmée, accessible, pop, curieusement ponctuée par le commentaire de Rodrigo Beenkens, commentaire immortalisé lors de la finale du championnat du monde cycliste sur route de 2012, course au cours de laquelle Philippe Gilbert n'était pas un loser, mais bien un Sunday winner! Une guitare largement amplifiée ouvre "1984". Jonathan est passé au piano électrique. La mélodie ne manque pas de charme, les arrangements sont soignés et la production est soucieuse du détail! Une plage harmonieuse au sein de laquelle acoustique et électricité font bon ménage. "Marylyn" opère un changement radical de style. Imprimée sur un tempo très lent, cette chanson d'amour est bien plus proche du blues. La voix de Mic a un vécu qui donne de l’intensité à la plage. Les sonorités de gratte sont chatoyantes. Les percussions de Naim sont bien mises en exergue sur "Spit in my eye", une piste aux accents latino, exotiques, caractérisée par ses changements de tempo, que parachève des accords guitare fuzz. Ballade R&B, "Why don't you do right" bénéficie d’arrangements délicats, limpides, une compo qui agrège cordes électrifiées et acoustiques. Nasty Panda achève la plaque par une version plus tendre de "Sunday night loser", mais toujours parcourue par les propos de notre bon Rodrigo. Le potentiel de Nasty Panda est manifeste. Il se double même d’une passion certaine. On attendra cependant de voir si le band est capable de les mettre au service d’un véritable long playing…

 

Shuggie Otis

Inspiration Information / Wings Of Love

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Shuggie Otis, injustement méconnu du grand public a, tout comme son père Johnny Otis, contribué à développer le Rhythm & Blues teinté de funk. Pour célébrer ses 60 balais, Sony Music fais amende honorable en publiant une réédition de son troisième et ultime album, « Inspiration Information » (1974). La sortie de double disque format ‘Legacy’ est donc l’occasion de (re)découvrir la discographie du guitariste qui, en 1974, est peut-être passé à côté de la chance de sa vie lorsqu’il a refusé l’invitation des Stones à les rejoindre. Remercié quelques mois plus tard par son label, le Californien, du genre reclus, n’a même pas tenté de regagner la lumière des projecteurs. Ce n’est qu’en 2012 qu’il sort enfin de sa tanière pour sa toute première et (trop) courte tournée européenne.

Enrichi de 4 titres bonus, « Inspiration Information » est une œuvre complète, exemplaire et aussi passionnée que passionnante. Du Rhythm & Blues dans son aspect le plus riche et le plus authentique. S’il a fallu pas moins de trois ans à Shuggie Otis pour publier son ultime LP, le labeur en valait chaque morceau de chandelle. Et bien qu’il ne soit pas reconnu à sa juste valeur, des artistes comme Outkast (qui l’ont d’ailleurs samplé sur « Mrs. Jackson »), Aloe Blacc, The Roots, Michael Kiwanuka ou encore Cody Chesnutt sont là pour témoigner de son influence.

Quant au second CD, « Wings Of love », il s’agit d’une collection de titres inédits, enregistrés en live et en studio. Et comme dans tous les disques du genre, il y a du bon (« Black Belt Sheriff », « If You’d Be Mine »), du moins bon (« Give Me Something Good »), voire des restes surproduits qui ne rendent pas du tout justice au talent du musicien (« Give Me A Chance», « Tryin’ To get Close To You »). Mais également du magistral. A l’instar de ce « Wings Of Love », long de plus de 11 minutes, et dont les solos de guitares sont susceptibles de vous électrifier les neurones.

Prendre le temps de s’imprégner de cet « Inspiration Information » remasterisé, et de quelques morceaux choisis de « Wings Of Love », est la manière la plus juste et appropriée de rendre hommage à ce grand musicien.

 

Andrew Strong

The Commitments years and beyond (Live)

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Andrew Strong est irlandais. Dublinois, très exactement. Acteur et chanteur, il fêtera bientôt ses 40 balais. Son premier rôle, il l’a interprété dans "The Commitments", un film sorti en 1991. Son premier album lui, il l’a gravé en 1993. Il s’intitule "Strong". Mais il faudra attendre 2000 pour voir paraître "Out of time", et 2002 pour "Gypsy's Kiss". En 2003, il fonde les Boneyard Boys. Une formation toujours active aujourd’hui. Entretemps, il a publié un "Greatest Hits". En 2006. Andrew s'est d'abord illustré comme chanteur pop/rock avant de virer vers la soul et le blues. Cet opus ‘live’ immortalise un concert accordé à St-Girons, dans l'Ariège, en juillet 2012 ; un set au cours duquel il est accompagné de musiciens français! Alors, sommes-nous en présence d’un spectacle inspiré par les Blues Brothers ? Pas vraiment, même si notre Andrew Strong en connait un bout sur le style et qu’il possède une voix chaude et expressive, qui colle bien au genre.

La représentation débute en force par la reprise du "Gimme some lovin", un hit signé par le Spencer Davis Group, en 1966. La voix est enrobée de chœurs féminins sur cette compo soulignée de cuivres et balayée par la slide du maître de cérémonie. Nous sommes alors partis pour une solide partie dansante : le "Hard to handle" d'Otis Redding, un "Yolanda" plus funk, contaminé par les claviers synthétiques de Damien Hervé, "In the midnight hour" et "Mustang Sally", des morceaux composés par l'inoubliable Wilson Pickett, le second titre enrichi par le sax ténor de Christophe, le "I thank you" de Sam and Dave, le "Take me to the river" d'Al Green, une compo aux multiples versions, le "Grits ain't groceries" de Little Milton, le "Show me" de Joe Tex, le bluesy "Treat her right" de Roy Head, et encore une piste funkysante, le "It's your thing" des Isley Brothers, conduit à la manière de James Brown, et tout particulièrement lors du décollage des cuivres. Les couples peuvent s'étreindre sur la piste danse sur de langoureux slows embrasés par la voix passionnée de Strong. Le spectre d'Otis Redding hante "In the dark end of the street" et bien sûr "Try a little tenderness". La finale nous replonge dans le rock'n'roll, lors de la cover de l'inoubliable hymne à la rock music, le "Born to be wild" de Steppenwolf et de celle du "Fire" de Jimi Hendrix.

L’opus est également sorti sous la forme d’un double cd, enrichi de trois bonus tracks. Soit les célèbres "I got you", "I heard it trough the grapevine" et "Soul man". Andrew Strong n'a certes rien inventé mais il apporte sans aucun doute beaucoup de bonheur aux nostalgiques de l'époque glorieuse du bal de Memphis, Stax!