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La vie explosive de Fine Lame

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Dour Festival 2013 : samedi 20 juillet

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En cette fin d’après-midi, je croise (NDLR : j’enjambe ?) de nombreux corps étendus sur le sol. On entend également moins de hurlements. Et les batailles de pistolets à eau se sont évaporées. Faut dire que la fatigue commence à entamer les organismes, au troisième jour de festival. Elle est même de plus en plus perceptible sur le visage des festivaliers. Y compris sur celui de votre serviteur, victime des excès de la veille.

Mais de l’énergie, Mass Hysteria en a à revendre. De la bonne et de la positive, en plus. C’est d’ailleurs par « Positif à bloc » qu’il ouvre son set sur la Last Arena. Embrayant par « Tout doit disparaître ». S’avançant à l’orée du podium, comme de valeureux Vikings en terrain conquis, les musicos enchaînent les titres pratiquement sans tant mort. La poussière se soulève au sein des premiers rangs. Les pogos éclatent. Les spectateurs les plus sceptiques et ceux qui ne connaissent pas ou peu le groupe, notamment de jeunes néerlandophones, se décident également à se joindre aux mouvements de foule. Et en fin de parcours, la formation invite une petite centaine de fans à monter sur les planches, afin de participer à la fête traduite par « Contraddiction ». Adoptant un discours constamment zen, le leader Mouss remercie ces aficionados, pour avoir respecté le matériel, ponctuant son propos par ‘Ca aussi c’est le bon esprit rock’n’roll’. Et le combo français d’attaquer « Furia », histoire de bien enfoncer le clou. Bref, fédérateur, ce groupe est vraiment taillé sur mesure pour allumer la Plaine de la Machine à Feu. D’ailleurs, lors de la présentation du band, Ponpon avait déclaré, à juste titre, ‘On n’imagine mal un 25ème anniversaire de Dour sans eux. Eux qui sont déjà venus à quatre reprises, en 1997, 1999, 2005 et 2010’. Et le groupe d’avouer, lors d’une interview accordée à la radio : ‘On fête aussi un anniversaire, celui de nos 20 ans d’existence, et on tenait à ce qu’il passe aussi par Dour’ (NDR : Mass Hysteria n’a sélectionné que quelques dates prestigieuses, dont le Hellfest et les Eurockéennes de Belfort).

Et tant qu’à baigner dans le hardcore, autant s’engouffrer sous la Cannibal Tent. Bleed From Within se produit en lieu et place d’un autre ensemble hexagonal, ETHS, qui lui a joué plus tôt que prévu. Les musicos sont jeunes. Ce qui ne les a pas empêchés de décrocher un Award aux Metal Hammer Golden Gods, en 2013. Des Ecossais aux cheveux longs, couverts de tatouages qui pratiquent du deathcore ! La batterie imprime un tempo frénétique. Les riffs claquent et déchirent l’atmosphère. De quoi déclencher pogos, circles, et autres ‘battles’ à la Bravehart.

Je me rends ensuite sous le Dance Hall, pour quelque peu m’oxygéner l’esprit. La tente est bondée pour accueillir Herbaliser. Encore un collectif fidèle au festival. Et leurs compos font à nouveau mouche, des morceaux qui mêlent savamment funk, hip-hop acid-jazz, tout en n’oubliant pas de les souligner de cuivres (saxophone, trompette), histoire d’apporter une touche ‘lounge’ à l’expression sonore. Un set très agréable à écouter, mais qui ne semble pas avoir tellement évolué au cours des dernières années (NDR : voir reviews concerts et festivals sur Musiczine).

Côté indie, DIIV et Suuns sont programmés à la même heure. Finalement, j’opte pour DIIV, tant son dernier opus « Oshin », sorti en 2012, m’avait bluffé. Lorsque les musicos débarquent sur l’estrade, on remarque leur look grunge. Ils sont également jeunes. Et doivent manifestement vouer un culte à la musique des 90’s. Ce band étasunien, issu de New York City très exactement, adopte cependant, en ‘live’, l’attitude des shoegazers, communiquant très peu avec leur public. Et finalement, si leur set est irréprochable, il ne diffère guère des enregistrements sur disque, ne réservant aucune étincelle particulière.

Je délaisse donc ce concert, à mi-parcours, pour rejoindre celui de Suuns. Il y a de l’électricité dans l’air également, mais beaucoup moins prévisible. Davantage d’énergie dispensée aussi. Le quatuor montréalais combine son électro, parfois minimaliste, aux riffs qu’il développe en crescendo. En n’oubliant pas d’arroser le show d’un lightshow psychédélique. Ce qui rend le spectacle bien plus vivant. Et si certaines compos plus longues sont susceptibles de faire tomber en léthargie le spectateur lambda, les sorties brutales et inattendues des guitares ramènent rapidement tout le monde sur terre. Encore un grand moment du festival. Score au coup de sifflet final : DIIV 1 – Suuns 2. Ce sont les détails qui ont fait la différence !

Changement de style, mais c’est aussi la spécificité de Dour, en compagnie des Ultramagnetic MC’s. Ils se produisent sous le Dance hall. Originaire du Bronx, ce groupe funk issu des 80’s s’est surtout forgé une réputation en faisant un usage intensif du sampler. Mais aussi à cause de textes à la fois déjantés et obscurs. Pas tellement étonnant, quand on sait que l’un des leaders, Kool Keith, a été plusieurs fois interné en hôpital psychiatrique. Ou que certains membres, à l’instar de Rooney Moon, sont constamment compromis dans des démêlés judiciaires. Sur le podium, trois MC’s et un DJ’s s’agitent. Ils dispensent un hip-hop old school à la Cypress Hill, Public Enemy ou House of Pain (qui sont d’ailleurs tous passés par Dour).

Poursuivons l’exploration des styles. Et pourquoi ne pas revoir Devendra Banhart, puisqu’il est capable de mettre tout le monde de bonne humeur ? Enfin c’est ce que je pensais. Tout d’abord, l’artiste a 20 minutes de retard sur l’horaire (NDR : ses techniciens semblaient s’empêtrer dans un fine-tuning sans fin), quand il débarque sur l’estrade, dans la Petite Maison dans la Prairie. En 2005, la foule chantait ses compos en chœur. En 2010, lors d’un set plus électrique, elle ne pouvait résister à taper du pied. Mais aujourd’hui, je ne parviens pas à pénétrer dans l’univers du Texan. Ses compos me semblent un peu trop versatiles, à l’instar de son dernier elpee, « Mala ». Puis, je ne parviens pas trop à comprendre, pourquoi, après seulement quelques titres, il abandonne le chant pour s’isoler discrètement sur le côté droit de la scène, afin de se consacrer à une percussion. Sans avoir oublié de présenter son guitariste Rodriguo Amarante, à qui il refile le micro. La prestation ne ressemble alors vraiment plus à rien. Trop, c’est trop donc.

Et ne voulant pas rester sur cette grosse désillusion, je trouve refuge sous la Jupiler X Marquee, où les Simian Mobile Disco, eux, j’en suis convaincu, ne vont pas nous tromper sur la marchandise. Il ne faudra que quelques titres pour que le band trouve sa vitesse de croisière. Le son finit même par devenir excellent (NDR : sur cette scène, cette qualité a constamment varié d’un set à l’autre). Les deux artisans James Ford et James Shaw se font face, et se livrent une sorte de battle, digne des meilleurs bidouilleurs. Les jeux de lumières flashy transforment rapidement l’espace en discothèque géante. Pas de doute, les Anglais connaissent parfaitement leur sujet. Mais l’heure avance, les basses commencent à accabler mes tympans. Et c’est sagement que je décide de rejoindre mes pénates, histoire ne pas accentuer l’acouphène, car il me reste encore une journée à couvrir…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Francofolies de Spa 2013 : samedi 20 juillet

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Après la frénésie de Sexy Sushi, bien fade me paraît ce samedi où le soleil semble définitivement imprimer sa suprématie sur l'humeur générale.
Encore et toujours plus de monde donc, et par moment, la ville ressemble à une grande foire agricole.
Quelques odeurs d'excréments viennent d’ailleurs régulièrement amplifier cette sensation de m’être égaré au sein d’un marché bovin où les animaux se seraient drapés d'attributs humains.
Un petit coup d’œil à l'affiche de la grande scène révèle la raison de cet envahissement de gogols en goguette.
Reste à faire le gros dos.

Dans cette ambiance surréaliste, reste heureusement quelques salves de bon goût.

Ainsi, sur le coup de seize heures, Montevideo a-t-il la bonne surprise de découvrir, tout au long de son concert, que le public se prend au jeu et qu'outre un soleil de plomb, leur musique est elle aussi capable d'instaurer l'ambiance.

Six années se sont écoulées depuis la sortie de leur premier opus, mais si le ton a changé, se voulant plus Dandy et résolument tourné vers des mélodies soignées, les Bruxellois se montrent aujourd'hui bien plus à l'aise sur les planches.

Gêné aux entournures par un costume étroit, son leader s'adresse aux Spadois en anglais et réussit l'exploit, malgré la chaleur à sortir les spectateurs de leur torpeur, insufflant une ambiance propice à un rappel mérité.

« Madchester » et son côté Baggy, « Hello » et sa trompette éclatante ou encore « Runaway Girl » dédié à la gente féminine, autant de titres extrait de leur petit dernier « Personal Space » qui prennent de l'envergure dans une atmosphère presque survoltée.

Une attitude résolument positive qui sera le seul fait d'arme de la journée.

Oh, bien sûr, il a Saule.
Le géant au cœur d'or.
Généreux et très applaudi.
Auteur d'un très bon album.
Et puis il est sympa, Saule.
Bon, OK, je n'insiste pas.

Saule, c'est effectivement très bien dans le genre qui n'est pas mon genre.

Si vous écoutez la radio, vous connaissez ses titres. Je n'écoute pas la radio, mais au fil du concert, on me soufflait des noms de chansons.

On a donc entendu, entre autres, « Chanteur Bio » ou encore « Vieux » délicatement dédicacée à son batteur.

Et aussi un morceau swing au cours duquel un drôle de chanteur coiffé d’un chapeau vient le rejoindre sur l’estrade. Même que tout le monde il a l'air content.

Comment ?
« Dusty Men »
Oui, c'est ça.
Avec qui ?
Ah, oui, Charlie Winston ?
Bon, trêve de plaisanterie, c'est sympa, on se croirait à l'émission de Naguy, Turlututu, là.
Mais moi, je fais quoi, hein ?
Il y a des gens partout qui me bousculent et m’écrasent…
Saule qui peut !!!!!!

Organisation Francofolies

 

Dour Festival 2013 : vendredi 19 juillet

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Le soleil est généreux. Conséquence, un nuage de poussière plane au-dessus de la Plaine de la machine à feu. Cette deuxième journée de festival s’annonce chaude, très chaude même. En route pour un nouveau zapping musical !

En toile de fond, sur la Last Arena, se dresse un drapeau sur lequel le patronyme de Danko Jones est inscrit en lettres majuscules, couleur rouge sang. Pas de doute le trio canadien s’apprête à balancer du lourd. Et il y a plus de 17 ans que leur mélange de punk et de métal, légèrement teinté de blues, fait recette. Les vocaux sont puissants. Les riffs de gratte percutants. Mais le public semble encore assoupi, en cette fin d’après-midi.

Changement d’atmosphère sous la Petite maison dans la praire. Dan Deacon mobilise la foule. Et il va parvenir à la faire danser. Suivant un mécanisme, dont il est le seul à détenir le secret. Dès le troisième titre, il demande à l’audience de s’écarter, afin de former un dance-floor, où les battles/contests vont pouvoir se dérouler. Elles se succèdent en respectant le principe des farandoles, au cours desquelles les deux adversaires choisissent les deux suivants qui vont ensuite s’affronter. Un peu plus tard, une nouvelle chorégraphie improvisée démarre au milieu du parterre et s’étire sur toute l’aile gauche du chapiteau. L’électro de Dan est toujours aussi déjantée, souvent au détriment des vocaux, mais le concours de deux drummers communique une pêche d’enfer au set…

Je n’étais pas trop disposé à aller voir et écouter Mark Lanegan. Faut dire que les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, m’ont presque plongé dans un état de léthargie. En fait à l’instar de son pote Greg Dulli (NDR : l’ex-leader d’Afghan Whigs et le boss de Twilight Singers), tout dépend du pied sur lequel il s’est levé. Et il faut croire qu’aujourd’hui, il a choisi le bon côté du lit, car il va nous dispenser une prestation en tous points remarquables. Même que la presse sera unanime pour la saluer. Il faut dire qu’il s’est entouré de musiciens talentueux, dont certains sont belges. Pourtant, pendant une bonne heure, Mark Mark ne va pratiquement pas bouger de posture. Droit, un pied légèrement en avant, le regard plongé dans le vide, il fait même presque peur. Il faut s’approcher du podium pour observer son visage rongé par les excès. Car il exige que seule une lumière rouge l’éclaire, pour bien dissimuler son faciès. Un lightshow qui se transforme rapidement en cauchemar pour les photographes. Mais malgré cette mise en scène, le set est de toute beauté. Les compos se succèdent dans un style qui me rappelle Lou Reed voire un Leonard Cohen, au début de sa carrière. Le songwriter est plus crooner que chanteur, malgré l’intensité électrique véhiculée par sa musique. Pas pour rien qu’à une certaine époque, il a milité chez Queens of The Stone Age. Un des grands moments du festival et finalement une grosse surprise, au vu des prestations inégales accordées, en général, par l’artiste.

Retour face à la Last Arena, où la grande foule n’a pas encore décidé d’installer ses quartiers. Et pourtant, ce sont The Vaccines qui vont bientôt monter sur l’estrade. Caractérisée par sa déferlante de basse, la longue intro est plutôt étourdissante. De quoi décider les retardataires et les curieux à rejoindre l’auditoire. Le band londonien entame les hostilités, sans en faire trop. Directes, mélodieuses leurs compos trempent dans la pop, mais une pop susceptible d’exploser à tout instant. Malheureusement les premier titres sont un peu trop brouillons ou alors carrément crades. Au fil du temps, l’ingénieur du son trouve ses marques, et « Ghost town » permet au set de monter d’un cran. En milieu de parcours, leur tube « Post break-up scene » incite les premiers rangs à remuer. Les musicos se démènent comme de beaux diables. Mais ce qui me frappe toujours autant, c’est la voix si particulière du chanteur. Qui est également le leader du combo. Justin Hayward-Young possède un timbre nasillard qui n’est pas sans rappeler Pete Fijalkowski (du défunt Adorable) et même parfois celui de Richard Ashcroft. En fin de show, la formation insulaire aligne les inévitables « Bad Mood », « If you wanna », « I Always Knew » et « Nordgaard ». Elle semble ravie de jouer ce soir. Faut dire que l’accueil qui lui est réservé est chaleureux. Leurs ‘Oh oh come on’ sont repris en chœur par un public ado qui balance les bras de gauche à droite et semble alors manifestement passer un bon moment…

Il est un peu plus de minuit et les concerts cèdent le relais aux DJs sets. Une fois n’est pas coutume, je décide de prolonger la soirée jusqu’aux petites heures, histoire de vivre un peu plus ce festival de l’intérieur.

Je me laisse donc guider par mes amis clubbers, et me retrouve sous le Dance Hall en compagnie d’Amon Tobin. C’est également un fidèle du festival. En 2005, il avait été rejoint par Mike Patton sur la Red Frequecy. Sa discographie, essentiellement publiée sur le célèbre label Ninja Tune, est impressionnante. Pour la circonstance, c’est son projet Two Fingers (DJ set) qu’il a décidé de mettre sous les feux de la rampe. Ce projet a connu un regain de popularité, en 2013, en signant le thème musical de la série TV nord-américaine, ‘Orphan Black’. Très éclectique, le public est au rendez-vous. Des plus jeunes qui commencent seulement à se réveiller jusqu’aux quadras qui sont venus exclusivement pour le Brésilien. Les compos sont assez variées. Elles oscillent aisément du dubstep à la techno circa 90’s, mais n’hésitent pas à surfer sur le drum’n’bass. Son set d’une petite heure paraît, du coup, trop court. Le public en redemande mais il ne reviendra plus.

Place alors à Sub Focus sur la Last Arena. Derrière ce patronyme se cache Nick Douwma, dont le cv est particulièrement impressionnant. Il affiche ainsi déjà 10 années au compteur. Mais j’avoue humblement n’avoir regardé sa prestation que de (très) loin. Le bar est situé à une bonne cinquantaine de mètres, à l’arrière de la scène. Ce ne sont pas des notes mais plutôt des bières blanches qui vont défiler devant votre serviteur, mais cela aussi c’est vivre le festival de l’intérieur…

(Voir aussi notre section photos ici)

Francofolies de Spa 2013 : vendredi 19 juillet

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Et on y va ! Troisième jour de ce marathon, parcouru par quelques frissons en perspective malgré un thermomètre qui doucement s'affole.
Un petit peu plus de variété (dans les deux sens du terme) au programme de ce vendredi.

Si on pouvait légitimement se fendre la poire lors du set des Lors Of Tek dont la techno rappelle douloureusement les pires moments du genre estampillés par les compilations Thunderdome dans les années 90, la prestation de Sebastian, petit protégé d’Ed Banger Records et chéri des Daft Punk a certainement satisfait les amateurs du genre du côté de la scène Electro aux couleurs d'une certaine boisson énergisante.

Mais sans contestation possible, c'est dans l'intimité du set de Lou Doillon que les cœurs se sont mis à battre.

L'air de rien, sans remuer ciel et terre, avec une élégance désarmante et une aisance déconcertante, la fille de qui on sait mais qui pourrait tout à fait être l'enfant de Patti Smith, se fraie une place particulière dans le paysage actuel.

Faisant oublier son étiquette d'actrice, elle se positionne comme LA révélation française de l'année. Son album aux contours discrets, mais dont le contenu d'un velours violacé saigne encore au travers de son écrin après de multiples écoutes, révèle bien plus qu'une délicieuse voix éraillée.

Responsable de titres brûlants de vérité sur les tourments commun d'une fille pas comme les autres, elle imprime son empreinte unique sur des morceaux aux évidentes influences.

Bénéficiant du concours d’un band au sein duquel on perçoit une grande complicité, les chansons prennent leur essor d'elles mêmes, enflant au contact du public qui se relève être le révélateur des nuances noir et blanc imprimées sur disque comme autant d'images sur des photographies souvenirs.

En témoigne « Jealousy » mettant en abîme le rapport à la folie où l'Amour peut cloisonner n'importe quel esprit.

Comme la semaine précédente aux Ardentes, deux covers viennent ponctuer son set.

Une version acoustique du « Should I Stay Or Should I Go » des Clash, qui sans être une totale relecture, offre une vision plus féminine de ce dilemme cartésien, et « I Go To Sleep » des Pretenders qui loin d'être soporifique, suggère juste un réel plaisir à interpréter l'un de ses titres préférés.

En guise de rappel, Lou Doillon et son groupe nous gratifient d'un nouveau morceau encore à l'essai ; de quoi démontrer également son amour du risque.

Après ce moment fort et empli d'émotion, il est inutile de succomber à n'importe quoi.

Il me faut donc prendre du recul.

Recul nécessaire pour observer Superbus depuis le fond, face aux arrière-trains de deux super fans n'hésitant pas à se désaper à la demande de Jennifer Ayache, la super chanteuse de ce super groupe.

Hyper formaté, ce Rock pour étudiants retardés n'en reste pas moins bien foutu, et si ce n'est pas exactement ce dont je suis friand, je reconnais une réelle volonté de bien faire.

Clairement, je ne traverserais pas la rue pour aller les voir, mais dans des conditions festivalières et qui plus est parmi si peu de choses à voir, leur concert sera, à défaut d'un bon moment, un instant non éprouvant.

Et au troisième jour, c’est déjà une belle performance de la part d'un groupe dont je ne me soucie guère.

Si Cali fait son Cali (et Dieu sait qu'il sait bien le faire!), son set annuel aux Francofolies est cette fois accompagné d'une traductrice pour sourds et malentendants.

Et quand il entonne « Je m'en vais », on ne demande qu'à le croire, mais non, il est toujours bien là.

Bon, allez, je charrie. Cali ne dérange personne. Si ?

L'un des grands moments historique de cette vingtième édition nous viendra, bien sûr, du second passage des Sexy Sushi aux Francos.

Exactement là où on les attendait, les joyeux trublions ne se sont pas fait prier pour foutre le bordel dans cette édition qui commençait sérieusement à suinter aux entournures.

Sous le regard médusé de quelques curieux égarés et qui ne s'attendaient pas à un tel show, les trois iconoclastes n'ont pas failli à leur tâche de faire tache.

Outre le traditionnel bain de foule harangueur et provocateur, le dénudement attendu de ces seins que le public ne demande qu'à voir, les Frenchies nous offrent, en outre, un spectacle pyrotechnique à la scie circulaire, un envahissement de scène plutôt bon enfant, un enlèvement suivi de séquestration de fan qui au demeurant l'a bien cherché, suivi d'un baptême estudiantin nourri de bière, de terreau et d'autres concoctions que seule la principale concernée est à même (et encore) d'énumérer.

Dans cette frénésie dadaïste aux accents Electro Punk, la musique n'est certes pas le principal argument, mais le désordre général et savamment orchestré fait un bien fou après tant de conformisme et de bienséance ‘broutante’.

C'est donc repu par ce grand coup de pied dans la fourmilière que je quitte les lieux, laissant aux amateurs de sensations VIP le plaisir d'envahir le casino.

Organisation Francofolies

 

 

Mars Attacks

Blood and Thunder

Écrit par

Mars Attacks est une formation qui pratique du rockabilly. Au sein du line up, figurent un Suisse et trois Autrichiens. Soit le chanteur/guitariste Roland Riedberger ainsi que le gratteur soliste Martin Telfser, le contrebassiste Oliver Pfanner et le drummer David Karlinger. Le groupe est né en 1998 et a emprunté, pour patronyme, le titre d’un film de science fiction réalisé par Tim Burton. Sorti en 1996, il mettait notamment en scène, Jack Nicholson et Danny DeVito.

"Blood and Thunder" constitue déjà leur sixième opus. Il réunit quinze plages dont 14 sont signées par les membres du groupe. Un opus séparé en deux faces fictives. La première s’intitule "Blood side" (du sang) et concerne 7 plages. La seconde, "Thunder side" (du tonnerre), les huit autres.

La ‘Blood side’ s’ouvre par "Slow man" sur le rythme du cheval au galop. Manifestement, le chanteur est hanté par Elvis Presley. "Count to three" est une bien meilleure plage. Saignante, elle est lacérée par les coups de griffe portés par David, mais à l’aide d’un harmonica. "Heartbreakin' man" adopte le rockabilly cher au King, tout comme "Outer space inside the bar", titre écrit par Martin qu’il joue à la guitare, dans un style proche de Scotty Moore. Tendre ballade, "I gave you my life" bénéficie de chouettes arrangements tant de cordes que vocaux. Autre ballade, "Train to hell" est une compo un peu trop légère à mon goût. Ne témoignant aucun engagement, elle lorgne même vers la musique country, même si Roland se met à souffler dans une trompette. Curieux ces martiens !

La ‘Thunder side’ opère d’abord un retour au rockabilly. Plus nerveux, "Voodoo lady" est cuivré par le sax ténor de Manuel Staudinger, une piste au cours de laquelle Martin accorde sa (courte) sortie la plus sauvage. La trompette opère son retour sur "Overreation blues", une piste divertissante, rythmée, exécutée dans l’esprit des Seatsniffers. "Blood and thunder" constitue certainement la meilleure plage de l’elpee. Personnelle elle semble créée pour la route et adopte un tempo rock blues, réminiscent des Flamin' Groovies. "The only driver" est typiquement un blues qui rocke sur un tempo élevé. Et l’harmonica déchire, pendant que la guitare slide. Bien réverbérée, la guitare libère des sonorités ‘bayou’, tout au long de "Lonely night". En outre, le chant est convaincant. Excellent ! Une seule reprise, le "Promised land" de Chuck Berry ; et elle tient la route. "In the alley baby" assure la jonction entre le blues et le rock'n'roll, entre le Delta et Memphis, si vous préférez, une bonne dose d'harmonica à la clef. "I don't know" clôt le long playing. Et c’est encore une ballade. Vous l'avez deviné, c’est la ‘Thunder side’ qui m’a le mieux botté.

 

Jerry Miller

New road under my wheels

Écrit par

Auteur/compositeur/chanteur/guitariste Jerry Miller vient juste de fêter ses 70 balais. Il vit à Tacoma, dans le Nord-ouest étasunien. Au cours des 60’s, il a milité au sein de Moby Grape, une des formations –et elles étaient nombreuses à l’époque– qui a vécu la ‘flower power’. Issu de la contre-culture, ce mouvement a sévi, au cours de cette époque, à San Francisco. Le band a d’ailleurs gravé quatre albums entre 67 et 69. Jerry va ensuite brièvement transiter par les Rhythm Dukes. En 1995, il retourne vivre chez lui, à Tacoma. Il fonde alors le Jerry Miller Band. Considéré comme ‘un musicien pour musiciens’, il figure au 68ème rang sur la liste des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps, établi par le magazine Rolling Stone. Sa dernière œuvre, "Live at Cole's", remonte déjà à 1998. Son style ? Il le puise essentiellement aux racines de la musique country… Les sessions d’enregistrement de "New road under my wheels” se sont déroulées au sein des studios Middleville…

Brève plage instrumentale, "Travis Express" ouvre l’elpee. Un superbe morceau de country & western, propulsé à vive allure sur la voie ferrée. Jerry ne chante pas. Il se consacre essentiellement aux cordes. Mais il a pris le soin d’inviter quelques amis afin de compenser cette lacune. Et tout d’abord Miss Tess. Issue de New York City, elle inteprète "I've got a new road under my wheels", une autre compo de western swing. Jerry aligne ses notes à la vitesse de l'éclair, face à une section rythmique saturée de swing. Un tandem réunissant John Sciascia à la basse acoustique et Jason Beek aux drums. "Detour" maintient le tempo enlevé. Roy Sludge chante et double au piano. Sculpté dans le surf country, "Round 'em up" met en exergue la performance réalisée à la pedal steel. Eric Royer se réserve les vocaux pour "Eight more miles to Louisville" et "Poor Eilen Smith", deux morceaux qui sans surprise, baignent dans du western swing, un western swing particulièrement vivace. Jerry adore aligner les notes. Un exercice de style qu’il emprunte tant au swing, jazz que country ; à l’instar de "What a little moonlight can do", qu’Eilen Smith vient chanter en fin de parcours. Et lorsque le tempo se calme, Sludge reprend le micro pour "Steuben street blues" et "Brother drop dead" (NDR : Roy a également entamé une carrière de chanteur au sein d’un band pratiquant la country et le rockabilly ; il vient d’ailleurs de graver un nouvel opus baptisé "Too drunk to truck"). "Moon fallin'" est une jolie ballade instrumentale sculptée dans le country blues. Un morceau qui ne manque pas de charme, caractérisé par les interventions sublimes de la guitare aux accents métalliques. Surf instrumental, "Slaughter on Roosevelt boulevard" est une petite pépite dispensée en fin de parcours. Et Miss Tess met un terme définitif aux hostilités, en posant ses vocalises sur le très swing "The end of the line"…

 

Strawberry Blondes

Nothin’Left To Lose (Ep)

Écrit par

4 titres, il n’en faut pas plus aux Anglais de Strawberry Blondes pour nous replonger dans les suburbs de Londres, au début des années 80. Dupliquant le punk rock’n’roll du Clash des débuts, voire de Rancid, en y ajoutant une petite touche de Social Distortion, les plages de cet Ep constituent un concentré d’hymnes qu’on ne peut s’empêcher de scander, la Cara Pils à la main.

C’est certes très daté, pas original pour un sou, voire même un peu lassant vers le milieu du 3ème morceau, mais ce plongeon dans le passé donne la banane. WOOO-HOO-HOOO-HOOOO !  HEY ! HEY ! HEY !

 

Cassie Taylor

Out of my mind

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Plutôt jolie, Cassie est âgée de 26 printemps. C’est la fille du d’Otis Taylor, chanteur de blues contemporain. Il y a bien une dizaine d’années qu’elle chante et joue de la basse en compagnie de son père. Que ce soit en ‘live’ ou en studio. Sa maman, Carol Ellen Bjork, est scandinave. Ce qui explique sans doute sa beauté rafraîchissante. Elle avait publié son premier opus, "Blue", en 2011. Elle vit au cœur du Colorado et a enregistré les douze compos de cet elpee au sein des studios Boulder.

La plaque s’ouvre par des sonorités cosmiques. Pas de souci, on n’entre pas dans un univers space rock ; il s’agit tout simplement de bruitages électroniques produits par un theremin, destinés à mettre Cassie sur les rails. "Ol'Mama dean Part one" est une excellente plage. Miss Taylor siège derrière son orgue Hammond. Sa voix est douce et sensuelle. Les interventions de gratte sont empreintes d’une grande sensibilité. Dispensés par Steve Mignano, ils sont légèrement teintés de psychédélisme. Après la partie 1, place à la 2. Tout en nuances cette piste est à nouveau soulignée par les vocaux voluptueux de Cassie, mais c’est Steve Vidaic qui se réserve ici l’orgue. Qui monte en puissance à l’arrière-plan en dessinant des lignes mélodiques réminiscentes du bon vieux "I'm a man" de Stevie Winwood. Manifestement, l’entrée en matière est remarquable. La voix de Cassie est aussi susceptible d’emprunter une forme bouleversante. Surtout sur les compos les plus indolentes. A l’instar de "Spare some love", un morceau au cours duquel les accès subtils de la six cordes s’autorisent un envol remarquable au sein d’une atmosphère minimaliste. "Out of my mind" vire au R&B. Plutôt classique, cette piste est caractérisée par une ligne mélodique particulièrement soignée. "Lay my head on your pillow" est une ballade acoustique savoureuse. Une compo introspective, intimiste, au cours de laquelle elle épanche ses sentiments. Sans surprise, "New Orleans" nous entraîne au cœur de la ‘Crescent city’ louisianaise. Et la voix de Cassie se fond dans ce jazz traditionnel. L’assise rythmique de "No ring blues" est subtilement parfumée d’exotisme. Une piste au cours de laquelle la légèreté naturelle de Cassie fait merveille, alors que gratteur opère une sortie remarquée, mais bien intégrée dans le rythme. Le tempo s’élève pour "No, no". La voix de Cassie est autoritaire, et on sent que Steve est impatient de se libérer. Il a recours aux pédales pour forger la sonorité adéquate et profite des vertus du re-recording pour afficher son don d’ubiquité. Miss Taylor accomplit un exercice de style vocal tout au long de "Forgiveness", face à la trompette aux accents allègres de Jon Gray. "Gone and dead" est une plage étrange, mais surtout expérimentale. Le riff de gratte exécuté tout au long de "That's my man" me rappelle "Whole lotta love", un blues rock au cours duquel Mignano se sent comme un poisson dans l'eau. Il triture ses cordes électriques et incite ainsi Cassie à intensifier sa réplique vocale. L’opus s’achève par "Again", un titre brûlant de tendresse et de volupté. Quoique troublée par la présence du violoncelle et une dernière sortie brillante de son guitariste, la voix de Cassie ressemble à une caresse…

 

Wan's

Sinners

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Pas facile de chroniquer un groupe dont les membres ont eu leurs heures de gloire, au sein d’autres projets, 20 ans plus tôt. Et tout particulièrement qui ont sévi sur la scène électro/indus. Enfin, si on se montre rigide dans les codes. Wan’s implique ainsi deux ex-membres de Snowy Red.

« Sinners » est un disque qui me laisse perplexe. Je respecte ces artistes qui ont rencontré un succès certain, et tout particulièrement dans l’histoire du rock. Mais le passé, c’est le passé, et cet opus sent la naphtaline. On a parfois l’impression d’être replongé au cœur des 90’s. Red Ced chante à la manière de Geg Dulli. En plus maniéré. En outre, on n’est pas en présence du vocaliste d’Afghan Whigs. Et les si ce type de sonorités de claviers a pu faire vibrer les aficionados, à cette époque, aujourd’hui, elles me semblent datées. Même la production est ringarde. Il y a de l’énergie, mais elle ne parvient jamais à remonter à la surface. Dommage ! Car le reste tient parfaitement la route. Et un titre comme « Crazy » en est la parfaite illustration…

A l’instar de l’artwork illustrant la pochette de cet album, la musique de Wan’s ne colle plus à son temps. Et le band a tout intérêt à se ressaisir s’il ne veut pas végéter éternellement dans la zone crépusculaire de l’underground ou alors se contenter de satisfaire des aficionados, dont l’horloge s’est arrêtée, deux décennies plus tôt…

 

Luke Winslow-King

The coming tide

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A peine trentenaire, Luke est chanteur, guitariste et compositeur. Ce jeune musicien s’est forgé une solide réputation à la guitare slide. A cause de sa technique. Et plus précisément dans les univers du blues d'avant-guerre et du jazz traditionnel. Personnel, son style mêle delta folk, musique classique, ragtime et rock'n'roll. Il est originaire de Cadillac, dans le Michigan. Il s’est établi à la Nouvelle-Orléans, depuis une bonne dizaine d'années. Luke y a enregistré "The coming tide", son troisième essai.

Le titre maître ouvre l’elpee. Un blues traditionnel savoureux que Luke chante en compagnie de sa partenaire, Esther Rose, face aux percus, avant que la slide ne perce –à la perfection– la solution sonore, pendant qu’un saxophone baryton tapisse l’arrière-plan. "Moving on" vire au jazz traditionnel. Le swing est léger. Les ivoires soutiennent les deux voix. Une trompette et un trombone s’autorisent une sortie ; et elle est réussie. On se surprend alors à arpenter les rues du vieux quartier français, à la recherche des ensembles de jazz qui ont tant marqué la vie nocturne de cette cité. Superbe blues, "Let 'em talk" est contaminé par des accents jazz. Le piano est toujours bien présent, mais surtout la trompette (NDR : celle de Ben Polcer) et le saxophone. Des interventions aux cuivres classieuses. Luke et la charmante Esther conjuguent leurs voix pour attaquer "Staying in town", une plage empreinte de douceur. La jeune femme triture sa planche à lessiver, pendant que Luke se sert subtilement de son bottleneck. Notre duo fait revivre avec passion et révérence le vieux bluesman texan Blind Willie Johnson à travers son populaire "Keep your lamp trimmed and burning". Cette musique traditionnelle et dépouillée poursuit sereinement son chemin par "You don't know better than me", une piste au cours de laquelle Cassidy Jones excelle sur sa lourde contrebasse. La voix d'Esther est pure. Elle nous entraîne dans la Rempart Street, près de Congo Square, un lieu mythique où se déroulait autrefois le marché aux esclaves, et y interprète "I've got the blues for Rempart Street", un morceau écrit par Ida Cox en 1920. On baigne alors dans le dixieland. Jolie ballade ragtime, "I know she'll do right by me" implique washboard, piano et trompette. "Ella speed" de Leadbelly est une chanson folk roots chargée de tristesse. Luke la chante face à un orgue vintage et une trompette qui finit par sombrer dans la profonde mélancolie. La dernière plage est sans doute la plus électrique. Il s’agit de la reprise d’"I've got my mind set on you" de Rudy Clark. Ce titre traditionnel avait permis à George Harrison de décrocher un succès en 1987. La nouvelle version est très réussie. Très amplifiée, bien réverbérée la slide y est bien mise en exergue.

 

The Blues Vision

Counting Sheep

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The Blues Vision est un trio belge qui réunit de très jeunes musiciens. Chanteur et guitariste, Arne Demets est âgé de 19 ans. Diplômé du Conservatoire de Courtrai, il est actuellement élève de celui de Gand. Hanne Vandekerkhove en a 18. Tout comme son père, qui militait chez Hideaway, elle se consacre à la basse. Klaas De Somer en a 19. Ce batteur est toujours étudiant au Conservatoire d'Amsterdam. S’ils sont à peine adultes, leur cv permet d’imaginer que nous ne sommes pas en présence de manchots…

Le titre maître ouvre la plaque, une plage signée Arne. La collaboration entre les différents musicos est impeccable. Le trio est très bien soudé. Les arrangements sont audacieux. Ils conjuguent leurs vocaux. Quand à savoir s’ils comptent les moutons pour tomber dans les bras de Morphée, c’est une autre histoire, car un saxophone assure la rythmique. La guitare s’autorise un premier billet de sortie, dans un style personnel, particulièrement rythmique. Au bout de 2', les arrangements se complexifient, les percussions de Klaas se densifient, mais le sax commence à serpenter entre les autres instruments. Une excellente entrée en matière ! L'intro de "Brand new Cadillac" évoque le bayou rock de Creedence Clearwater Revival. La ligne mélodique ne manque pas d’allure. Et ce morceau de blues/pop/rock entraînant est ponctué par un déchaînement des cordes. "Morphus" est une autre piste signée par les trois musicos. Ils chantent en chœur cette plage caractérisée par une structure musicale recherchée, au cœur d’une approche particulière. Arne Demets est brillant à la six cordes. Et il peut s’appuyer sur une excellente assise rythmique, au sein d’un blues rock progressif qui ne manque pas d’ambition. Première reprise, "Alabama train" est une compo issue de la plume de Louisiana Red. Un blues authentique, abordé de manière plus classique. Les deux voix masculines entrent en osmose. L’une particulièrement grave, l'autre plus aigue. Respectueux de l’esprit du blues, le solo de guitare se révèle parfait dans son cheminement. Arne est alors rejoint par le saxophone de Frans Deruytter. Cet invité a trafiqué son instrument et participe activement à une aventure sonore au cours de laquelle chaque musicien a droit au chapitre, à tour de rôle. Malgré son jeune âge, Arne affiche une maturité étonnante. Il a parfaitement assimilé la technique du bottleneck. Et il le démontre tout au long de reprise du "Highway 49" d'Howlin' Wolf, une cover décapante et détonante. Et il remet le couvert sur le traditionnel "Rollin' & tumblin'". Autre cover, le "When I get drunk" de Carey Bell. Imprimée sur un tempo très enlevé, elle met en exergue la fusion rythmique opérée entre Arne, Hanne et Klaas. Notre gratteur peut alors se libérer sur sa slide, avant que le sax de Deruytter ne s’intègre à l’ensemble. Epatant ! Blues rock empreint de charme, "Coffee" nous replonge dans leur univers spécifique. "My breadmachine is broken" est un thème qui colle idéalement à un blues lent à la belge. Arne clame toute sa détresse de ne plus avoir de pain ; il a faim et n'a plus un rond! L’opus s’achève par un morceau instrumental, "Fraq Tac", une piste qui permet au sax de Franz prendre son envol dans un climat free jazz. Pour un premier elpee, The Blues Vision a tapé dans le mille. Ce groupe est plus que probablement ce qui est arrivé de mieux au blues belge, depuis l’éclosion d’El Fish.  

 

Elliott Brood

Days into years

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Vous n’avez sans doute jamais entendu parler d’Elliott Brood. Ou alors si peu. Pourtant outre-Atlantique, au pays des caribous et plus particulièrement à Toronto, patrie de Neil Young, ce groupe s’est forgé une solide notoriété. Paru en 2008, « Mountain Meadows », leur premier elpee met déjà le nez à la fenêtre. Et pour cause, il est nominé au prestigieux ‘Polaris Music Prize’ qui récompense le meilleur album de l’année. Sur la même liste figure alors des artistes ou des formations tels que Patrick Watson, Fucked Up ou encore Metric. Et le disque est à nouveau sélectionné aux Juno Awards, dans plusieurs catégories. Ces sélections lancent véritablement le band qui est alors invité à assurer les premières parties de Do Make Say Thing, The Black Crows ou encore Wilco.

« Days into years » est sortie au Canada, en 2011. L’elpee fait mieux que le précédent, puisque cette fois, il décroche un Juno Awards dans la catégorie ‘Roots & Traditional Album Of The Year : Group’ en écartant du podium Great Lake Swimmers ou encore The Wooden Sky, eux aussi plébiscités dans la même catégorie. Elliott Brood a donc de sacrées références sur sa carte de visite et joue dans la cour des grands. Il était grand temps que ce disque traverse l’Atlantique…  

Pour écrire les chansons de « Days into Years », le groupe s’est inspiré d’une visite accomplie dans un cimetière européen, où étaient inhumés des soldats qui sont tombés au champ d’honneur, lors de la première guerre mondiale. C’était lors d’une tournée sur le Vieux Continent. Le single « If I Get Old » évoque d’ailleurs le destin de ces soldats morts à la fleur de l’âge. Musicalement, à l’instar de Neil Young, les Torontois puisent leurs sources dans la tradition nord-américaine. Armés de leur banjo, harmonica, mandoline et autres instruments traditionnels, ils n’hésitent pas à recourir à la distorsion, quand c’est nécessaire. Si bien que leur expression sonore évoque plutôt les vastes paysages de leur pays. L’opus est ainsi partagé entre plage allègres et bien électriques (« Their Will »), ballades mélancoliques (« West end Sky ») et pistes purement country & western. Des chansons soulignées par des vocaux tantôt en solitaire ou sous la forme de chœurs qui tapent chaque fois dans le mille.

A découvrir absolument !

 

Donald Fagen

Sunken Condos

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Comme je ne me suis jamais intéressé à la discographie de Steely Dan, c’est en dressant des oreilles de novice que je me suis attelé à écouter « Sunken Condos », le quatrième LP de Donald Fagen, moitié créatrice de la formation jazz-rock. Un petit tour d’horizon de la discographie du duo en 10 minutes sur youtube (http://www.youtube.com/watch?v=lliKr48s5yI), me fait prendre conscience que je ne suis pas complètement vierge en matière de Steely Dan, qui compte manifestement plus d’un classique à son actif (« Reelin’ In The Years », « Do It Again », …). Caractérisé par ses mélodies retro, « Sunken Condos »,  pourrait sortir tout droit d’une boîte à archives circa seventies.

Les fans de Steely Dan ne risquent pas d’être trop déphasés. Mais loin de sonner vieillots, les mélopées jazz-pop mâtinées de Soul concoctées par Donald Fagen pourraient aisément lui rameuter quelques nouveaux adeptes, à l’instar de votre serviteur, conquis par les riffs de guitares de l’excellent « Weather In My Head », le groove tranquille de « Slinky Thing » et de la reprise du « Out Of The Ghetto » d’Isaac Hayes. Sur « Sunken Condos », Fagen avance sans se presser, laissant le temps aux ambiances de s’installer. Oreille dressée garantie.

 

The Footnotes

The Footnotes

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Ils sont deux, havrais et leur groupe qu’ils ont baptisé The Footnotes aurait probablement pu naître dans un coin perdu des Etats-Unis. Evidemment, si leur enfance avait été bercée par le folk US, dès les landaus ! Et pour cause, leur musique baigne dans un country folk traditionnel.

« Not the Same » aurait pu être une chute de bande des Fleet Foxes, abandonnée lors d’un enregistrement studio, alors qu’on imagine facilement « I Shot my Woman » sur une flip side d’un single de Simon & Garfunkel… Il y a de l’harmonica, de l’ukulélé et de la mandoline. De chouettes harmonies vocales aussi. Une chose est sûre, malgré quelques approximations, le duo parvient à maîtriser son sujet, même si les références sont encore un peu trop flagrantes. Le moment le plus irrésistible ? Le refrain qui guide « Alright ». Les cowboys hexagonaux veulent inscrire leur patronyme auprès de Little Bob, sur la carte musicale du Havre. Avant de partir à la conquête du Nouveau Continent ? Qu’importe, puisque dans leur esprit, ils y vivent déjà… Yihaaaah !

 

Gamma Ray

Master Of Confusion

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Pionniers et leaders incontestés (tout comme Helloween) de la scène power metal allemande, Gamma Ray mérite amplement son statut. Les années ont toutefois quelque peu usé les rouages de la machine, et le nouvel album des Teutons se fait cruellement attendre. Car non, « Master Of Confusion » n’est pas la nouvelle fournée du groupe Empire Of The Undead, attendu plus tard cette année, mais le single qui donne son titre à l’album. Une chanson tout en puissance, limite thrash (on n’est pas loin du Metallica des débuts), relativement réussie, même si elle risque de désappointer les fans les plus hardcore. « Master Of Confusion » adopte davantage le registre du groupe. Ce titre propose un condensé de la recette Gamma Ray. Les deux pistes suivantes sont des reprises. Soit le joliment heavy « Death Or Glory » d’Holocaust et le « Lost Angels » de Sweet. L’Ep est enrichi de 6 plages immortalisées ‘live’ totalement anecdotiques pour ceux qui possèdent le DVD « Skeletons & Majesties live », mais elles illustrent bien l’efficacité du groupe sur les planches. Un os à ronger un peu maigre pour celles et ceux qui attendent impatiemment le long playing. En attendant, il faudra se contenter de cet Ep, qui demeure quand même agréable à l’écoute…

 

Kafka On The Shore

Beautiful But Empty

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Le quartet aux nationalités multiples (un Italien, un Ricain, un Teuton et un Autrichien) Kafka On the Shore a puisé son patronyme au sein d’un roman écrit par le Japonais Haruki Murakami (« Kafka sur le rivage »). Mais loin de la subtilité de l’œuvre littéraire, c’est une œuvre plus ‘empty’ que ‘beautiful’ que nous livrent les quatre rigolos basés à Milan. Outre des vocalises souvent forcées, « Beautiful but Empty » regorge de mélodies prémâchées.

S’ils savent parfois faire preuve d’originalité (« Lily Allen in Green », « Walt Disney Part I » et « Walt Disney Part II »), on s’ennuie ferme entre un « Campbell’s » qui tente de faire du Bloc Party, des « Berlin » et « Airport Landscape » trop conventionnels ou un « Bacco » flirtant discrètement avec le « Golden Brown » des Stranglers. « Beautiful but Empty » manque cruellement de cohésion, et davantage lorsque Elliott Schmidt, vocaliste de son état, pousse des gueulantes totalement hors sujet. Aussi vite écouté, aussi oublié. En même temps, lorsque l’on qualifie sa propre musique de ‘Pirate Mexican Porn Rock’, tout est dit…

 

Francofolies de Spa 2013 : jeudi 18 juillet 2013

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Journée chahutée puisque je suis appelé sur un autre front au moment où deux des artistes que je souhaite voir et écouter en ‘live’ (et ils sont rares) vont se produire dans le village (ces scènes placées dans l'enclos cerné par les bâtisses de la ville).
Me reste donc un vague sentiment de solitude face à ce qui ressemble à un vide sidéral.

Heureusement, Mademoiselle Nineteen est là pour égayer ce début de journée.

La Pop rétro de cette charmante Liégeoise, qui séduit partout où elle est de passage, est fraîche comme une limonade aux bulles couleurs chewing-gum.

Fille illégitime de France Gall et Nancy Sinatra, mais authentique ‘rejetonne’ de Marc Morgan, elle s'approprie l'univers Scopitone de nos aïeux en le contrebalançant d'un je ne sais quoi de swing qui fait CLIP ! CRAP ! Des BANG ! Des VLOP ! Et des ZIP ! SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

Saint Tropez s'invite sur la plage de Spa quand elle interprète « Je ne vois que vous » ou « Quelle importance ? », les années yé-yé s'approprient le vingt et unième siècle l'espace d'une heure et le soleil de juillet ne brille plus par son absence mais bien d'un rayonnant éclat qui transpire la bonne humeur.

Composé de petites sucreries irrésistibles, son répertoire rehaussé de reprises dont un « These Boots Are Made For Walkin' » plus Nancy que Dominique Michel, interprété pour l'occasion en compagnie de la chanteuse du nouveau projet dont on ne fera plus que parler d'ici peu (j'ai nommé La Plage), Juliette Wathieu a les pieds qui brûlent, mais ses bottes sont faites pour marcher, et l'emmener loin, loin, loin d'ici.

Un début de journée plein d'entrain pour...

Pourquoi au juste ?

Je dois m'absenter de dix sept à vingt et une heures.

Je fais donc une croix sur Benjamin Biolay, dont l’élégante Pop se conjugue en ce jour à un aspect plus Rock qui semble en avoir déstabilisé plus d'un dans cette assistance, il est vrai, partagée entre fans et curieux badauds.

Exit aussi la prestation de Daan, toujours aussi élégant dans son costume marron sous un soleil de plus en plus écrasant.

À mon retour, j'ai donc droit à des Puggy en forme face à un large, très large public venu faire la fête.

Une sensation d'agoraphobie s'empare de votre serviteur, tandis que la Pop bien propre sur elle de ces petits protégés des stations FM assure l'essentiel.

Efficace et jouée avec entrain, certes, mais dénuée de tout intérêt.

Le public est réceptif, je suis pour ma part bien plus rétif.

Ailleurs, à quelques pas de là, sur la grand place, Ozark Henry, Saez ou encore Black Box Revelation ont échauffé les sens avant que Martin Solveig n'enterre cette journée.

Organisation : Francofolies

 

Dour Festival 2013 : jeudi 18 juillet

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Certains événements qui se déroulent au cours de l’année me font toujours prendre conscience à quel point le temps passe vite. Il y a toujours les dates d’anniversaires, les réveillons, mais aussi pour votre serviteur, le festival de Dour (NDR : à propos d’anniv’, c’est le 25ème). Assidûment, depuis plus de deux décennies, je remets le couvert. Et si on parle de temps, cette année, il est particulièrement ensoleillé. Bonne nouvelle donc, pour cette édition, car on ne devra pas s’imposer le port d’un k-way ni jouer à l’équilibriste sur un tapis de boue…

Mais j’ai toujours besoin d’un moment d’adaptation quand j’arrive sur les lieux. Lorsque je pénètre sur la Plaine de la Machine à Feu, je me demande toujours dans quel monde je viens d’atterrir. Il faut dire que les festivaliers purs et durs eux, ont déjà débarqué, pour la plupart, la vieille, et ont déjà passé une nuit (blanche ?) dans un des plus grands campings d’Europe.

La mode est aux lunettes solaires aux montures colorées, mais également aux revolvers à eaux. Et Dour n’y échappe évidemment pas. Bien que le chiffre (record) de 40 000 spectateurs soit annoncé, devant les différents podiums, l’assistance est encore clairsemée, en ce début de soirée.

On ne se bouscule d’ailleurs pas devant la Last Arena, pour voir et écouter la prestation de The Aggrolites, dont les musicos sont tout de noir vêtus. Il faut dire que leurs ska/reggae n’est pas très inspiré. La ligne de basse et la boîte à rythmes finissent même pas me casser les oreilles. Dans leur style, la présence d’une section de cuivres aurait certainement était judicieuse. Pourtant ils se démènent sur les planches, et j’ai même chaud à leur place… Mais un set bien plus intéressant m’attend sous la Jupiler X Marquee.

Est-ce dû à la chaleur encore étouffante qui règne sous ce chapiteau ? Ou parce que la plupart des jeunes glandent au camping ? Mais pour assister au concert de The Horrors, il n’y a que quelques centaines de personnes. Toujours fidèle au poste, Jacques de Pierpont (alias Ponpon) nous rappelle qu’ils s’étaient déjà produits, à Dour, en 2007 et 2009. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première fois, à une époque où ils bénéficiaient d’une certaine hype. Ils avaient d’ailleurs été sélectionnés pour participer au ShockWaves NME Awards Tour 2007. Pourtant, outre le côté kitsch de leur déco puisée dans les films de série B, leur spectacle avait plutôt déçu. Six ans plus tard, ces artifices visuels ont disparu. Le combo devrait sortir son quatrième elpee en septembre. Et on sent que ses membres ont acquis de la maturité, en ‘live’. Ce qui donne une autre dimension au groupe. Pourtant le début de parcours est chaotique. Faut croire que les réglages et les balances sont opérés au cours des deux premiers titres. Pire encore, ces cafouillages vont même durer trois-quarts d’heure. Le public quitte alors progressivement les lieux, et il ne reste sur place qu’une centaine de persévérants. Qui seront récompensés par un final de toute beauté. Un « Moving further away » (NDR : issu de l’elpee « Skying », paru en 2011) de 10 bonnes minutes. Le band sort alors du climat nonchalant et ténébreux au sein duquel il était plongé (NDR : et nous avait plongés) pour atteindre le point de rencontre parfait entre Mogwai et les Dandy Warhols au sommet de leur forme. Faris Badwan et sa bande vont (enfin) lâcher toute leur intensité au cours de ce morceau construit en crescendo et transpercé, en son cœur, d’un superbe solo de guitare. (Setlist : Mirrors Idaye – Who Can Say – Scarlett Fields – Endless Blue – First Day Of Spring – Sea – ? – Elixir Spring – Still Life – Moving Further Away)

Retour sur la Last Arena pour Tomahawk. La grande foule n’est pas encore au rendez-vous, mais les premiers rangs sont occupés majoritairement par des trentenaires et quadragénaires. Manifestement la présence de Mike Patton suscite un intérêt certain, auprès de cette génération. En outre, on doit admettre qu’il y a des atomes crochus entre l’ancien leader de Faith No More et le festival. Que ce soit au sein de groupe phare, Fantomas ou de Peeping Tom, ses apparitions ont toujours été remarquées voire même remarquables. Les cheveux gominés, Mike s’excite sur sa boîte à rythmes et son microphone. A l’instar d’Audioslave ou de Velvet Revolver, Tomahawk et un super groupe, puisqu’il implique des membres de Jesus Lizard, Melvins ou encore Helmet (NDR : la batterie sonne d’ailleurs très 90’s). L’ensemble tient la route. Une route toute tracée au milieu des terrils, sur fond de coucher de soleil, à l’Américaine. Mais après avoir suscité un légitime sentiment de curiosité, le set nous laisse sur notre faim. Pas de surprise ni d’éclat. Le côté déjanté est parfaitement maîtrisé. Reste bien sûr une question à se poser : ‘Patton est-il toujours fou ?’ ‘Oh oui’ titrait un confrère photographe.

Quand un festival propose différents spectacles sur plusieurs scènes, il y a toujours des moments où il faut faire des choix cornéliens. Ainsi sur le coup de 22 heures, Bonobo et Trentemøller entrent en concurrence. Je jette un premier et rapide coup d’œil au sein du dance hall. Il est saturé de monde pour accueillir le trip-hop hype de Bonobo, fleuron du non moins label ‘tendance’, Ninja Tunes. Autour du DJ Simon Green, gravitent pas moins de quatre musiciens, dont un surprenant saxophoniste, et suivant les circonstances, la chanteuse black à la voix somptueuse, Szjerdene. Dans un style électro proche des Cinematic Orchestra.

Mais mon cœur penche résolument vers Trentemøller. Première surprise, la Jupiler Marquee est noire de monde, alors qu’elle était désespérément vide lors du concert de The Horrors, exécuté une heure auparavant. Les jeunes se réveillent-ils plus tardivement ? Ou les beats dispensés par le leader danois Anders ont-ils le don de rameuter le peuple ? Après avoir assuré plusieurs opening acts pour Depeche Mode, au cours de ces derniers mois, Trentemøller semble bien rôdé pour réaliser un grand show. Le décor est indus. L’electro baigne davantage dans une forme d’ambient progressive. Mais la cerise sur le gâteau est posée par la chanteuse, Marie Fisker. Atypique, sa voix évoque Channy de Poliça et son physique, Jehnny des Savages. Et la finale, tapissée sur fond de « Lullaby » du Cure et mixée à d’autres sonorités oldies réminiscentes d’Hithouse, va nous confirmer que cette prestation était bien une des meilleures de cette journée.

Les Yeah Yeah Yeahs étaient donc la tête d’affiche de ce jeudi. Mais les têtes d’affiche sont-elles nécessaires à Dour ? Perso, je pense qu’elles ne collent manifestement pas à ce festival... La formation est également programmée sur la Last Arena. Et elle est très attendue. Après avoir gravé un chouette premier LP (« Fever to tell »), elle s’est produite en Belgique, au Bota, au Pukkelpop, puis à Werchter en 2009. Une belle progression ! Sur le podium, en arrière-plan, une bannière affiche trois lettres ‘Y’. Et elles sont gigantesques. Les musiciens montent discrètement sur l’estrade. Ils ont quelques minutes de retard. Suit alors l’excentrique vocaliste Karen O.. Elle est d’origine polonaise et asiatique, et cette ascendance se lit sur les traits de son visage. Son look est toujours aussi extravagant. Chaussée de Converse et exhibant des chaussettes roses, elle est vêtue d’un jeans et d’une veste blanche à paillettes et porte sur le nez, une paire de lunettes ‘mouche’. Paradoxalement, elle ouvre son set par « Mosquito », le titre maître de son dernier opus. Le public est conquis et entame rapidement quelques pas de danse ou se lance dans l’un ou l’autre pogo. Surtout lorsque le band attaque le tube « Heads will roll ». Karen se déhanche, fait le grand écart, crie, avale son micro ou le dissimule près de ses parties intimes. Mais ses frasques finissent par lasser. Pourquoi en fait-elle autant ? En outre, la musique souffre de l’absence d’un véritable claviériste. Comme chez les Ting Tings, le synthé rythme la plupart des titres. Mais il n’y a personne pour occuper ce rôle sur les planches, et on a la pénible impression de se farcir une bande préenregistrée. Heureusement, « Maps », dispensé pour clôturer le set, va quelque peu me consoler. A cause de cette déferlante de riffs de gratte. Le groupe semble avoir pris un réel plaisir en ‘live’. D’ailleurs, le guitariste a régulièrement pris des clichés de l’auditoire. Et le public semblait heureux de leur prestation. Mais j’en reviens à ma question : est-ce que des formations de ce calibre sont vraiment taillées pour ce festival ? Est-ce que ces ‘têtes d’affiches’ correspondent bien à l’esprit de Dour ? Réponse sans doute, d’ici quelques jours…

(Voir aussi notre section photos ici)

Burning Lady

Until the walls fall (a)

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Sommes-nous en présence des héritiers naturels des Bérurier Noir, du petit frère de Guerilla Poubelle ou des cousins de Tagada Jones ? Une chose est sûre, Burning Lady y puise ses sources. Et appartient à la scène punk française. Indépendante, of course ! Une formation lilloise fondée en 2008, qui dans le style, possède une fameuse expérience en live. Affichant plus de 150 concerts à son actif, elle a déjà partagé la scène avec quelques ‘ténors’ français, comme Lofofora ou Mass Hysteria (NDR : y a-t-il une date de péremption ?) A ce jour, le band n’avait publié qu’un seul Ep. « Until the walls fall » constitue donc son premier opus.

Burning Lady revendique donc une étiquette punk. Ni plus, ni moins. Sans pour autant ressembler à leurs idoles à crête. Pace que la formation est drivée par une fille. Sophie. Même si sa voix n’est pas toujours très féminine. Mais ses interventions vocales sont irréprochables, une situation rarement rencontrée auprès des groupes du style. Et c’est cette spécificité qui fait l’originalité du band. Sans quoi, la musique de Burning Lady adopte un profil conforme au style annoncé. Le drummer est véloce. L’énergie juvénile, omniprésente. Les chœurs sont contagieux. Les grattes, sémillantes. Et sans la moindre fioriture, la structure des morceaux est totalement instinctive. Pas de souci, leur expression sonore permet de garder la forme…

Malheureusement, quand la formation nordique tente de changer d’orientation, le résultat est plutôt bancal. A l’instar de « Girls with sunglassses », piste au cours de laquelle, sculptées dans le ska, les accès de cordes prêtent à sourire. Ou encore sur « Oleti » et « Monday in the sun », deux intermèdes folk, pas vraiment convaincants. Une exception qui confirme la règle, « Wasted Time », encore un morceau folk, mais plus latino. Bref, si « Until the walls falls » n’est pas un mauvais album, il souffre quand même d’une carence en originalité. M’enfin, l’essentiel, c’est qu’il entretient la bonne humeur.

 

Jeronimo

Sortir du cadre…

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Jeronimo, c'est une histoire Belge.
Tendre et drôle à la fois.
Plus Toto le héros que Tintin, mais aussi aventurier...
Un petit garçon dont la route prend des chemins de traverse, juste pour voir où ils mènent.
Qui s'abîme les genoux sur des chardons ardents et hume l'embrun du Nord soufflé par le vent.
Un petit garçon qui sait que ses bras sont trop courts pour toucher la lune. Mais refuse d'abandonner son dessein, et finit quand même par en caresser l'image à la surface d'un lac.
Ce lac est celui de Garde. Un endroit essentiel dans la genèse de « Zinzin », le quatrième et dernier album en date de Jérôme Mardaga.
Un lieu de ressourcement propice au plongeon, un grand plongeon, plus loin, encore plus loin, là où tout est possible.
Après avoir décidé de mettre un terme à son aventure, Jeronimo a ressuscité Jeronimo.
Mais avant de pousser plus avant ses recherches qui le mèneront sans doute en marge du cadre au sein duquel il se sent de plus en plus à l'étroit, le Liégeois sait qu'il doit encore apprendre, tel un peintre qui tend à l'abstrait ou recherche l'épure.
Petit bout de chemin en compagnie de cet attachant zozo…

« L'album est venu de lui même » confie d'emblée l'artisan liégeois en sirotant sa bière dans un des confortables fauteuils du hall du Radisson Hôtel, en marge des Francofolies, où il s'est produit plus tôt en journée. « Il est né ainsi, sans doute parce que pendant deux ou trois ans, j'avais mis de côté tout le mécanisme où on est toujours à l'affût d'une phrase, d'un texte, d'une suite d'accords, d'un groove, d'un arrangement. J’avais pris du recul en jouant pour d'autres, ne retenant que le côté fun, et puis c'est revenu en un instant. C'est comme un travail journalier accumulé dans le subconscient et puis subitement, il prend forme, puis éclot, en un rien de temps, spontanément. »

On revient alors sur ce havre de paix qui a influencé la créativité.

« Oui, je passais en effet des vacances chez mon frère, là bas, au lac de Garde. J'avais emporté quelques albums de Bob Dylan que j'écoute souvent, mais particulièrement là-bas. Il y avait une vielle guitare, et un jour je me suis dit, avec un truc de Dylan en tête, juste pour le fun, que ce serait sympa d’interpréter une chanson pendant l'apéro ; une chanson que je puisse faire écouter à mon frère. J'ai alors écrit ‘Princesse au regard couleur ciel de Belgique’ ; et on en a conclu que c'était pas mal. De fil en aiguille, en un peu moins d'un mois, je me suis retrouvé à la tête de treize, quatorze ébauches de compos. »

Je lui fais alors remarquer que malgré la patte imprimée et estampillée Jeronimo, la sensibilité semble accrue sur ce disque par rapport à ses trois premiers opus. Remarque sur laquelle il peine à statuer.

« Oui ? Vraisemblablement ? Je ne sais pas. Peut être est-ce la pause qui fortuitement a induit cette perception ? Personnellement, à la fin de l'enregistrement de « Zinzin », en réécoutant le résultat, j'ai ressenti de la déception. J’en ai déduit que rien n’avait vraiment changé. Que je ne m’étais pas réellement renouvelé. »

J'en conclus donc que c'est la raison pour laquelle il n'a pas modifié de nom, ne s’abrite pas derrière une nouvelle identité.

« Il m'a semblé évident, quand les chansons sont revenues, la voix et le reste aussi d’ailleurs, que je ne pouvais pas baptiser le projet autrement. A l’issue des sessions d’enregistrement, il y a eu ce moment, où je me suis dit, mince, c'est pas vraiment différent de ce que j'ai fait avant. On se refait pas, quoi. Maintenant, je suis relativement content du travail, hein ! C'est de bon augure pour la suite. Mais on voudrait toujours tout changer drastiquement ; or, c’est un challenge difficile à accomplir. Faudra renouveler catégoriquement la méthode de travail pour le cinquième. »

On envisage alors ce virage et la façon de l'aborder.

« C'est juste que j'ai réalisé quatre albums de chansons sensiblement Pop. Couplet-refrain-couplet-refrain, quatre minutes. Point. Je me suis demandé s'il n'était pas temps de décadrer. J'ai souvent ce mot en tête. Sortir du cadre, tout en continuant à chanter en français. »

Le rapport à d'autres types de production, comme des musiques de films me vient forcément à l'esprit, ce que Jérôme confirme expérimenter dans le futur.

« Et j’assure également un job de production pour d'autres artistes, mais par rapport à mon propre boulot, le maître mot sera sortir du cadre dans lequel je me suis enfermé. Pop/chanson française. J'y ai consacré une quarantaine de chansons. Voilà, j'ai fait le tour. C'est déjà ce que j'avais affirmé auparavant. Mais là, j'aimerais bien m'y tenir, me faire violence. »

J'insiste alors sur ma perception de ‘Zinzin’, lui faisant remarquer le cheminement perçu depuis ‘Mélodies démolies’.

« C'est vrai qu'il est venu plus facilement. Mais ce n'est pas encore ce à quoi je tends. J'ai pas mal écouté Léo Ferré dernièrement. Il ne fait pas de couplets, pas de refrains. C'est ce que j'ambitionne : sortir du carcan Pop. On verra si j'y arrive. »

Toute cette réserve semble être de la modestie, mais en fait, Jérôme est quelqu'un d’extrêmement lucide.

« Je connais mes limites. Le truc important quand tu sors un disque, c'est de bien les cerner. Et je les cerne bien. En ce qui me concerne, voir celles qui sont à l'intérieur de mon travail. Elles sont très nettes. Je suis réaliste. Mes disques ont les leurs. Et j'ai eu de la chance. Mes deux premiers albums, ‘Un Monde Sans Moi’ et ‘12h33’, ont été au delà, par rapport à l’accueil du public, à la chance de pouvoir partir en tournée, etc. C'était inattendu. Mais c'est ce que je garde toujours à l'esprit : les limites de mon travail. On ne travaille bien qu'à l'intérieur de limites. Si tu imagines qu’elles n’existent pas, il y a danger… »

Il aborde ici un album qu'il réécoute depuis trois jours et qui semble le hanter, comme un exemple parfait de réussite, et sur lequel il reviendra souvent, notamment lors de la conférence de presse accordée juste après notre entretien.

« J'écoute ‘Spirit Of Eden’ de Talk Talk. Et après on est calmé. Pour moi, c'est la seule façon de travailler. Je parle de musique seulement. Pas de business ou je sais pas quoi. C'est un disque que je considère majeur. Un idéal que j'aimerais atteindre. Mais je n'y suis pas encore parvenu. Loin de là. A chaque album, je progresse, mais c'est lent et compliqué. Parfois, on se plante. Mais c'est le chemin obligé. En fait, il est très difficile d’aligner dix bonnes chansons sur un album. Perso, je n'y suis pas encore arrivé, non plus. Il y en a dont je suis extrêmement fier. Mais voilà. Faudrait peut-être que je sorte des disques de cinq ou six titres ? »

Manifestement les chansons de Jeronimo ne sont pas nécessairement destinées à plaire à un public.

« Tout à fait. C'est un point de vue très égoïste. L'avis des autres, tu y penses, c'est certain, mais ce n'est pas mon leitmotiv. J'ai travaillé en studio en compagnie d’artistes dont l'ambition était de plaire. Des gens qui te disent pendant l'enregistrement ‘Ouais, mais les gens, les gens, les gens...’ C'est insupportable d’entendre la même rengaine, quand tu es en plein processus de création ; car lorsqu’on bosse, il n'y a pas les gens, le manager, la maison de disque... Quand j’entreprends l’enregistrement d’un disque, il y a un facteur clé, c'est le timing. Il faut qu'il soit bon. C'est con, mais j'aime bien avoir mon matos, mes guitares. C'est un peu enfantin, mais je fonctionne ainsi. C'est une partie vitale du truc. Pour moi, un album, c'est un prétexte pour en faire un autre. Peut-être aussi pour se faire applaudir l'espace de quelques concerts. Mais perso, je suis vite saoulé par ce bazar là. C'est comme un examen de conscience. Ça c'est bien, ça c'est moins bien. Après ‘Mélodies Démolies’ je me suis remis en question. Puis j'étais blasé aussi. C'est pas un très beau mot, mais j'étais entraîné dans cette spirale album-concerts-promo ; et un jour, justement au lac de Garde, une idée m’est passée par la tête : ‘Et si je me débarrassais de l’identité de Jeronimo, ne serait-ce pas plus facile, le matin ?’ Passer à autre chose. En fait, j'aimais bien l'idée du triptyque. Trois albums et puis basta. Ben, voilà, c'est raté... Et comme je suis pas content du quatrième, il y aura un cinquième panneau. Mais d'abord finir le travail sur celui ci. »

Se pose alors la question d’évaluer l'impact que la critique de ‘Zinzin’ pourrait avoir sur la suite.

« On est de toute façon influencé par la critique. On est influencé par tout. J'ai lu ce matin le papier de Luc Lorfèvre dans le Moustique. Il a raison. Il dit, album Pop et tout ça. Et j'ai vraiment envie de sortir de ce cadre. L'écho que te renvoie la presse, les gens, est très constructif. C'est comme un miroir. Mais il peut aussi devenir destructif. Il l'a été par le passé. Maintenant je m'en sers pour avancer »

Notre entrevue prend fin précipitamment, car Jérôme est appelé en salle de conférence… De celle-ci, on en retiendra son plaisir renouvelé de jouer aux Francofolies, où il fait presque figure d'abonné, et il reviendra sur ce lieu majeur qu'est le lac de Garde ainsi que sur  l'influence que pourrait avoir ‘Spirit Of Eden’ sur sa conception d'une musique appelée à être moins formatée Pop. En attendant, ‘Zinzin’ est un voyage poétique qui, s'il regorge encore trop de clichés pour son interprète, découvre néanmoins une nouvelle facette d'un auteur qu'on est heureux de retrouver et ne veut plus lâcher cette fois.

 

Francofolies de Spa 2013 : mercredi 17 juillet 2013

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Un climat estival qui vire au tropical dans une jolie ville thermale, une programmation éclectique exécutant le grand écart entre Electro Bling Bling et musique électronique de choix, entre Rock à paillettes et esprit sauvage déluré, entre finesse Pop et kermesse de barakies, pas de doute, cette vingtième édition des Franco, placée sous la bannière patriotique en final ‘grandjojozant’ avait réuni assez d'éléments pour attirer la toute grande foule.
Une foule bigarrée, où le quidam en bermuda et sandales, croise le rebelle tout de noir vêtu suffoquant au soleil, où le kéké des plages, le hipster aux chaussettes montantes ; bref, un festival qui se veut depuis ses débuts familial, et qui à l'aube de son 21ème anniversaire vire au grand rassemblement populaire.
Compte-rendu de votre envoyé spécial qui souvent se demandait que faire...
Premier constat, et non des moindres : le nombre de groupes ou d’artistes suscitant mon intérêt, voire ma curiosité, se résume à tout au plus une poignée perdus dans la masse de cette affiche 2013.

Ajoutant à ma frustration, dès ce premier jour, je me vois contraint de manquer les excellents BRNS, et pour cause, je me rends au même moment dans les installations de l'Hôtel Radison pour réaliser l'interview de Jeronimo, bientôt disponible sur notre site.

C'est donc sous un soleil radieux, mais pas encore cruel que je m’installe face à la scène Proxitruc, pour mater ce qui sera une des rares apparitions de Jérôme Mardaga cet été.

Lui qui avait mis un terme (non pas à Spa) à l'aventure Jeronimo après trois albums accueillis avec enthousiasme tant par le public que par la presse, mais pas à la hauteur des attentes de son auteur, a publié cette année une petite perle Pop, répondant au nom de « Zinzin ».

Pop, c’est sans doute ce qui dérange le plus le Liégeois ; car il se voit de plus en plus en marge de ce cadre formaté.

Mais avant de continuer ‘frondeusement’ sa quête d'une musique en marge des codes, la promotion de son petit dernier l'amène à renouer un temps avec ces anciennes chansons tellement attachantes et à proposer au public ces dernières compositions.

Un public qui se montre très réceptif, enchanté de retrouver cet habitué des lieux.

Entre douceur, poésie et humour, passage au peigne fin d'une discographie nourrie d'indie anglo-saxonne et qui tend doucement à présent vers un Folk Americana apaisé mais aux accents toujours bien belges.

En témoigne « Pieds nus dans l'aube » ou « Irons-nous voir Ostende », qui contrebalancent subtilement l'ironie des textes de « John Lennon s’est suicidé », chanson contestataire grinçante ou encore « La mort solitaire de Franck Vandenbroucke », hommage appuyé à l'une de nos gloires nationales dont les lamentables frasques l'ont conduit à une fin à la fois triste et incongrue.

Mais les sonorités Shoegaze ne sont pour autant pas rangées au placard, et les guitares savent encore crépiter quand entre deux chansons, Jérôme nous réserve quelques transgressions hors du format chanson.

Enfin, retenons les mains tremblantes d'un public venu pour faire la fête mais communiant joyeusement son plaisir intact de retrouver un enfant chéri du plat pays.

Pour le reste, entre les élucubrations baignées de vodka d'un Joey Starr fidèle à son image de racaille des salons bourgeois VIP et l'humour radio Contact (et encore, avec un certain manque de tact) de DJ Didjé venu amuser la populace, en passant (zappant) le savoir faire (?) de Daddy K, il ne me restait qu'à entraîner mon sourcil droit à se soulever dubitativement face à la liesse générale déclenchée par Orelsan, dont  je reconnais volontiers plus de talent que l'immonde « La Terre Est Ronde » ne me l'avait laissé présager.

Bref, vous avez compris, vous qui lisez ces lignes, que je ne pouvais guère trouver mon salut et rechignais à faire la file devant la soupe populaire.

Néanmoins, soulignons la joyeuse prestation d'une Olivia Ruiz, drôle comme d'accoutumée, énergique et sympathique, mais qui et aussi capable de laisser transparaître une certaine sensibilité dénuée de sensiblerie au travers de certains titres introduits pudiquement par quelques mots touchants.

Un petit bout de femme chocolat qui rehaussait cette journée, comme le dessert, un frugal repas.

Organisation : Francofolies.