Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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L’appel à la mélodie des Vaccines…

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The Vaccines publiera déjà un nouvel Ep en août ! Intitulé « Melody Calling », ce disque a été produit par John Hill et Rich Costey.

En attendant, vous aurez le loisir de découvrir leur irrésistible pop-rock à Dour, ce vendredi 19 juillet.

http://www.thevaccines.co.uk/gb/home/

 

Jackson Scott chez les Kangourous

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« Melbourne », c’est le titre du premier album de Jackson Scott qui sortira ce 9 septembre chez Fat Possum.

Si vous souhaitez découvrir leur étonnant mélange de kraut, punk, surf et pop, c’est ici . Le titre du morceau ? « That Awful Sound ». Pitchfork en est la plate-forme.

Jackson Scott se produira en Belgique, ce 13 août, chez Madame Moustache à Bruxelles.

 

 

Jef Barbara a le contact facile…

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Après avoir publié « Contamination » en 2012, le Canadien Jef Barbara proposera son second opus, « Soft To The Touch », toujours chez Tricatel, le 30 septembre prochain.

‘J'aimerais que mon prochain album obtienne un succès fracassant mais je sais que je ne peux pas contrôler ce genre de choses. Bien que je crois mériter le statut d'icône pop, je préfère être heureux et me concentrer sur ce qu'il y a de plus important, soit l'expression de ma vision artistique.’

L’elpee sera précédé par un Ep. Intitulé « I Know I'm late », il sortira ce 29 juillet et réunira 5 remixes opérés par Bertrand Burgalat, patron du label Tricatel, le duo irlandais Low Sea, The Victorias, Mushy et Cadence Weapon.

http://www.jefbarbara.com/

 

Un second album pour The Civil Wars…

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The Civil Wars publiera son second opus fin de cet été. Il sera éponyme. Le précédent, « Barton Hollow », s’était vendu à 500 000 exemplaires aux USA et 100 000 en Angleterre.

En 2012, Joy Williams et John Paul White avaient décroché deux Grammy Awards. Un pour le meilleur album Folk et l’autre pour le meilleur duo Country.

http://thecivilwars.com/

 

BirdPen underground ?

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Nouvel album studio pour BirdPen ! Il s’intitule « Global Lows », est constitue le produit des élucubrations de Dave Pen (Archive) et Mike Bird.

Après un premier opus autoproduit (« On Off Safety Danger »), le groupe a choisi la banlieue de Manchester pour enregistrer ce nouvel opus et Jim Spencer pour le produire (The Horrors, New Order, The Charlatans, Oasis, The Cribs, Johnny Marr, Echo & the Bunnymen, …).

 

Ardentes 2013 : vendredi 12 juillet

Notre don de multiplicité semble de plus en plus superflu tandis que nos degrés de tolérance sont appelés eux à s’étirer exponentiellement si nous voulons extraire quelque chose de consistant de cette journée partagée entre Pop grand à très grand public, Hip Hop et Drum & Bass.

Fort heureusement, les moments de grâce vont à eux seuls tirer tout ce cortège vers le haut et rendre des couleurs à l’affiche de ce vendredi.

Balthazar. Une formation dont on fait grand bruit, et qui mériterait qu’on en fasse davantage. Bien que ces Courtraisiens n’aient guère besoin de nous pour se faire connaître à travers le monde.

Quand une Pop de très haute voltige se combine avec autant de magie à l’identité d’un groupe, on peut être certain de détenir un joyau. Et quand ce petit bijou dispose d’atouts de cette trempe, il peut alors se permettre de voir haut, très haut.

Balisées par des harmonies vocales d’une limpide luminosité, les compositions n’ont aucun mal à prendre possession de n’importe quel lieu, que ce soit l’intimité d’une salle obscure ou les vastes étendues des plaines de Werchter.

Un moment d’une belle intensité.

L’autre grand moment est bien sûr à mettre à l’actif de Chris Corner et de son band, IAMX. Se livrant pleinement comme d’accoutumée, l’ex-Sneaker Pimps a sans doute dérouté ceux qui ne connaissent pas son univers pour le moins excentrique, mais convaincu la majorité du public amassé devant la grande scène pour ce spectacle, qui, s’il frôle parfois le grotesque, reste quand même toujours vachement excitant.

Drapé d'oripeaux vaguement gothiques et entouré d'un band sapé comme pour la nuit des morts vivants, le génial trublion s'est approprié la plaine et a mis la foule à ses bottes grâce à son sens du show hors du commun.

Changeant de couvre-chef en cours de set et arborant alors une très jolie plume, l'excentrique Anglais ne s’est pas laissé décontenancer par la lumière diurne peu propice à son univers et a proposé divers titres de son catalogue oscillant de son petit dernier, « Unified Field » à son premier opus éponyme, et en particulier l'incontournable « Kiss And Swallow ».

Sinon ?

L’incontournable Mika a assuré ce qu’on lui demande d’assurer, à savoir mettre des paillettes dans les yeux de ses fans (nombreux). Si le côté Mary Poppins de son show peut être fatiguant, on n’enlèvera pas au bonhomme un sacré talent pour transformer en une heure trente n’importe quel espace en lieu de célébration étoilée.

Alex Hepburn est tout aussi insignifiante que son album le laissait présager, mais son sourire rattrape le coup.

Grems est bien la bête de scène attendue et annoncée.

Alignant son flow comme une déferlante sur un HF6 en ébullition, le Français est venu en force pour dégainer son Hip hop dévastateur ; enfin dévastateur si vous appréciez son étonnante inventivité dans un  registre dont j'avoue ne pas saisir les codes.

Mais d'après mon filleul, c'était de la bombe.

Et s'il le dit...

Les Puppetmastaz ne progressent plus mais proposent toujours un spectacle qui amuse les grands et les petits, 1.9.9.5. met toujours le feu (surtout à ses t-shirts). Quand à (dont le O est barré pour souligner l’origine scandinave de l’artiste), c’est est un petit brin de femme sympathique dont la prestation s’est révélée fort plaisante.

Un peu de Ladyhawke transparait lors de son concert accordé sous le soleil. Il y a un zeste de provocation sur la fin, mais rien de bien outrancier, ma foi.

Rien de fondamentalement novateur, mais quelques chansons qui laissent une impression positive dans une atmosphère détendue.

Bref, tout ce qu'on pouvait attendre de cette inconnue.

Et pour terminer ce deuxième jour, impossible de ne pas revenir sur les excellents Stupeflip. Il est certain que je ne voue pas un culte à leur univers baroque comme beaucoup de jeunes fans réunis ici, mais je lui trouve néanmoins un côté créatif et terriblement excitant, chose suffisamment rare dans la banalité du Hip Hop contemporain, et principalement hexagonal.

Et si je me lasse rapidement d'une succession de flows qui tend, en général, à tourner en rond, je m'incline avec bonne grâce et même enthousiasme devant leur show baigné de folie excentrique et leurs costumes de scène ingénieux, pourtant faits de trois fois rien. Procession extra-terrestre et catcheurs en folie sur fond de beats dévastateurs, font que je ne regrette pas un instant le quart d'heure que j’ai infligé à ma chère et tendre qui me devait bien de se faire pardonner par une prolongation du concert en costume et en privé. Vraiment 'stupéflan' ! (Akim)

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Cactus 2013 : vendredi 12 juillet

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Il s’agit déjà de la 32ème édition du festival Cactus. Un festival qu’on savoure d’autant plus quand le temps est clément. L’an dernier, sous la pluie, qui s’est abattue presque continuellement les deux premiers jours, personne n’avait vraiment envie de rigoler. Ni les artistes, ni le public et encore moins les organisateurs. Ce week-end on annonce du soleil. Donc l’affluence devrait dépasser les 20 000 âmes. Suffisant pour un événement convivial, limité à une seule scène, chaque prestation étant séparée par une pause d’une demi-heure, et le dernier concert s’achevant à 1 heure du matin. Bref, cette année, votre serviteur a choisi de se rendre à Bruges, le vendredi et le samedi. Et place d’abord au premier jour. Il fait un peu frisquet, mais pas de flotte, c’est l’essentiel…

En débarquant vers 18h45, je ne pouvais assister au set de Blaudzun. Et celui de Pinback vient de débuter. Pour bien connaître cette formation californienne (issue de San Diego, pour être plus précis), il faut être un véritable aficionado. Fondé en 1998, le band compte 5 albums et une volée d’Eps, à son actif. Mais participe également à de multiples projets. Et il y en a tellement qu’on éprouve parfois des difficultés à s’y retrouver. D’autant plus qu’une belle volée de musiciens a également transité par le line up du band. Mais Pinback c’est avant tout Armistead Burwell Smith IV et Rob Crow (ce dernier s’est élagué la barbe !) Compositeurs, chanteurs et multi-instrumentistes. Sur les planches, Smith se charge de la basse et Rob de la guitare. Et ils sont soutenus par Chris Prescott, aux drums. Leurs morceaux sont saupoudrés d’effets électroniques judicieusement dispensés. Sur disque, l’aspect rythmique est moins évident et la musique s’avère assez complexe. Mais en ‘live’, si la solution sonore demeure élaborée, le concours d’un batteur énergique et la conjugaison des superbes voix, rend les mélodies plus contagieuses. Des voix qui sont parfois soulignées par les cordes, un peu comme Rory Gallagher le faisait chez Taste. En fin de parcours, Crow (NDR : qui doit avoir vidé un demi bac de bières et bien entamé une bouteille de gnole), descend dans le public et fonce jusque la table de mixage. Le fil était trop court, sans quoi, il courait jusqu’au canal pour se rafraîchir. Une belle entrée en matière, donc…

Daan a donc décidé de chanter dans la langue de Molière. Et en particulier sur son dernier album, « Le Franc Belge », sur lequel il lui réserve (NDR : le français !) une majorité de compos. C’est la première fois que j’assiste à un concert de l’ex-Dead Man Ray. Il est accompagné d’un backing group. Un violoncelliste/bassiste (Jean-François Assy), un trompettiste/claviériste, un guitariste soliste (NDR : il a milité au sein du backing group d’Arno), un claviériste ainsi qu’une drummeuse (NDR : en l’occurrence Isolde Lasoen), également préposée aux backing vocals. Et franchement ses interventions vocales sont superbes. La voix de Daan est rocailleuse. Parfois elle me fait penser à Bashung. Tout comme certaines de ses compositions. Encore que lorsqu’elles baignent dans un climat plus jazzyfiant, le spectre d’Yves Montand se met à planer. Sous une forme plus kitcsh, elle lorgne alors vers Divine Comedy et plus structurée, cinématique, elle nous renvoie aux Triffids voire à Calexico, sans l’aspect latino. Bien équilibré, le concert est presque irréprochable. Un bémol ? Oui, le recours au synthé que tripatouille Jeroen Swinnen. Pas toujours une bonne idée. A contrario des rares solos de trompette dispensés par Jo Hermans, de toute grande classe. Les sonorités d’orgue ou de piano collent bien mieux à la musique de Daan. Alors pourquoi ne pas davantage les explorer ? Lors du rappel, alors on comprend mieux, car le band va enflammer le public à l’aide de deux titres électro-dance, « Swedisch Designer Drugs » et « Housewife ». Manque pas grand-chose pour que Daan suive les traces d’Arno…

Thurston Moore et Kim Gordon se sont donc séparés ; ce qui risque fort de mettre un terme à l’aventure de Sonic Youth. D’autant plus qu’il a déjà monté différents projets depuis. Le dernier en date ? Thurston Moore & Chelsea Moving Light. Un quatuor dont le line up ressemble fort à celui de son groupe mythique. Il y a même une bassiste. Cependant, elle ne chante pas. Et elle doit mesurer à peine 1m50. La formation a publié un disque éponyme, le printemps dernier. Paraît qu’il est assez calme. Ne m’en demandez pas plus, il est sans doute réservé à l’élite médiatique. Mais venons-en au set. Moore semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. On a l’impression qu’il a repris les choses là où il les avait laissées, 25 ans plus tôt. Pensez à « Daydream nation », paru en 1985 voire à « Dirty », gravé en 1992. Ou alors à son elpee solo, « Psychic hearts », qu’il avait commis en 1995. Sur les planches, les deux grattes libèrent des sonorités crépitantes, bringuebalantes, distordues, malsaines, vivifiantes, chargées de feedback mais qui rattrapent constamment le fil mélodique au moment où on pense qu’il est définitivement perdu. Quant à la section rythmique, elle fédère toute cette énergie pure et sans concession. Elle vous percute de plein fouet et électrise tous vos sens. Une remarquable prestation au cours de laquelle on épinglera une cover du « Empire of time » de 13th Floor Elevators ; sans oublier le petit rappel, que le quatuor va consacrer à une nouvelle compo et un titre que Samara va parcourir de son violon, après avoir abandonné sa quatre cordes…

Plus d’une vingtaine de musiciens (NDR : peut-être 25) montent sur l’estrade. Très classe, il faut le reconnaître. Chemise blanche, cravate et costard noirs pour les hommes. Robe de même teinte mais gaufrée, pour Noémie Wolf, particulièrement élégante dans cette tenue. Elle s’installe au milieu de la scène. Et puis on va vivre un moment empreint de magie, né de la rencontre entre les musiciens plus pop/rock (basse, guitare, drums, percus) et l’orchestre symphonique (violons, violoncelles, cuivres). Bien sûr, Hooverphonic revisite ses plus grands tubes (“Jackie cane”, “Mad about you”, “2 wicky”, “Eden”, “World is mine”, “Sometimes”, “Vinegar & salt”, etc.), mais ces versions prennent une toute autre dimension, sous cette forme. Anecdote cocasse, le moment au cours duquel les violonistes se mettent à chanter dans leur instrument. Bref, le travail opéré par Rayond Geerts et surtout Alex Callier mérite un coup de chapeau, tant les arrangements sont soignés, et mettent en exergue la superbe voix de Noémie. On ferme les yeux et on laisse couler la musique, comme un long fleuve tranquille. Beau !

Il est 1h10 du mat’ et il est temps de rentrer, d’autant qu’il y a une petite heure de route à se farcir. A demain !

Organisation : Cactus Club (Bruges)

(Voir notre section photos ici)

 

 

 

Ardentes 2013 : jeudi 11 juillet

La crise gangrène le climat social et nourrit l’amertume, c’est un fait établi.

En bord de Meuse, ce n’est pas une grande découverte anthropologique.

Mais quand l’hostilité, l’imbécilité, la méchanceté gratuite et la hargne vindicative alimentent un feu digne de haut-fourneau et que plane un nuage noir et toxique, il est alors temps de se poser les vraies questions.

Cette huitième édition des Ardentes a été chahutée, bien avant l’entame des festivités, par une vague de mécontentement qui grossissait chaque jour et venait saper l’enthousiasme général.

Face à cet océan de critiques, gardant vaillamment le cap, malgré la houle, quelques milliers d’embarcations se sont néanmoins aventurées le long de ces quatre jours, avec à leur bord quelques mutins à la langue bien acérée.

L’objet de toutes les velléités ? La programmation 2013.

Si d’autres polémiques allaient bientôt se greffer à la grogne qui sourdait, force est de constater que les noms composant l’affiche étaient loin de faire l’unanimité.

Oubliant que le plus important festival liégeois devait cette année plus que jamais composer avec l’hégémonie de certaines puissantes organisations dont le pouvoir semble de plus en plus totalitaire et fermant les yeux sur l’aspect fédérateur de l’événement, les esprits chagrins partaient donc à l’assaut et faisaient feu de tout bois.

Mais c’était sans compter sur la mentalité du peuple, la volonté de fer (et de bien faire) des organisateurs, le talent de certaines têtes d’affiche ne suscitant que moqueries de la part des plus obtus, et un climat estival parfait, qui allaient, contre vents et marées, faire de cette édition une réussite, certes pas totale, mais néanmoins bien au-delà des espérances.

À l’heure où les rumeurs vont déjà bon train quant au déroulement du festival, l’année prochaine, bilan de ces Ardentes 2013.

Jeudi 11 juillet

Le don d’ubiquité semble être un luxe, cette année, aux Ardentes. En effet, rares sont les concerts qui se chevauchent. Nous sommes donc munis de super pouvoirs un peu inutiles en ce jeudi qui ouvre les yeux sur une après-midi encore fardée d’un ciel de traîne.

En l’espace de quelques heures, nous voyons donc se succéder seize prestations, suscitant tantôt découverte plaisante ou étonnement médusé.

Seize, c’est le nombre maigrichon de noms à l’affiche de cette première journée.

C’est peu. Surtout qu’aucun n’a de réelle envergure. Mais certains tireront mieux leur épingle du jeu.

Tels des pongistes faisant le grand écart, nous suivons donc parfois d’un œil, parfois des deux oreilles les prestations qui se succèdent entre la grande scène de l’Open Air et le hall rebaptisé HF6 en l’honneur du bassin sidérurgique local.

Si la bonne surprise est venue de Robbing Millions, groupe bruxellois encore peu connu, dont la Pop scintillante laisse deviner d’authentiques espoirs, de véritables bonnes chansons aux chouettes mélodies s’accrochant en boucle à nos oreilles, les deux réelles révélations de ce premier jour seront, sans contestation possible, Skip & Die et Aufgang.

La musique hybride des premiers est visuellement mise en valeur par la tenue extravagante mais terriblement sexy (du moins d’un point de vue batracien) de sa chanteuse Catharina Pirata. Cette jeune Sud-africaine associée pour l'occasion à l'artiste visuel Jori Collignon exécute un show haut en couleurs (fluorescentes) qui mêle différentes influences Roots et Electro. Élastique, la belle Catarina Aimée Dahms (de son vrai nom) n'hésite pas à donner de sa personne pour stimuler une foule qui peu à peu se prend dans les mailles de ses filets.

Son flow sinueusement Hip Hop se conjuguant aux sonorités binaires de son acolyte, assurant l'adhésion d'un public jeune et en demande de sensations dansantes en cette fin d'après-midi.

« Love Jihad » en tête de proue raggae attisant les esprits festifs, l'excellente prestation de Skip & Die résonnera encore longtemps dans bien des oreilles alors que celle d’Aufgang va mettre tout le monde d’accord en début de nuit sur leur potentiel à transformer la musique de dancefloor avec pour seules armes deux pianos et une batterie.

Unique en son genre et tout simplement énorme sensation de cette première journée, le trio a définitivement infligé une grosse claque à tout ceux présents soit à peu près deux-cent cinquante amateurs de bonne musique, vu que le reste préférait sans doute contempler un guignol sur un bateau gonflable entartant son public plutôt que de regarder de réels musiciens livrer une prestation d'anthologie.

Rayon bonnes surprises que retenir ?

Que les BB Brunes semblent avoir pris de l’envergure. Toujours aussi affables, ils s'offrent à leur public majoritairement pré-pubère et apportent les frissons attendus.

Mais il faut surtout parler de la très convaincante prestation des Vismets. 

Carrée et efficace, leur Pop Rock génère toujours l'engouement d’un public demandeur de ce genre de riffs, mais le côté plus psychédélique du band affiché en ouverture de son show constitue une bonne surprise.

Ce public a également constaté la vista du quatuor quand un problème technique a failli mettre un terme prématurément à « Dilemna » avant d’être brillamment relancé pour le plus grand plaisir d'une foule bondissante.

Épinglons également l’énergisante dose d’Electro assenée par des Superlux au mieux de leur forme dans la foulée de leur album « The Line » et soulignant un retour incisif de guitares plus tranchantes au sein de leur Electro loin d'être formatée.

À l'aise dans leur fief liégeois, face à un auditoire venu en nombre les acclamer, ils se sont montrés bien plus à l'aise que l'an passé aux Francofolies, preuve d'une sérénité retrouvée.

Sans oublier le professionnalisme d’un Nas décidément à l’aise en solo.

Parcourant généreusement son répertoire en assénant ses hits devant un parterre, il est vrai conquis d'avance, le rappeur américain a prouvé qu'il est possible d'allier Hip Hop haut de gamme avec popularité non putassière tout en déjouant le piège des clichés bad boys.

On ne terminera quand même pas cet article sans parler de l'insupportable structure baptisée Joe Piller Saloon, sorte de parade publicitaire digne d'un carnaval de far-West. Non seulement elle célébrait chaque interlude scénique par le déhanchement de ses hôtesses (et hôtes) décérébrés, mais elle poussait l'ignominie jusqu'à concurrencer le volume sonore de la Main Stage, devenue alors paradoxalement secondaire.

Enfin, on tentera d'effacer le traumatisme sismique laissé par Steve Aoki, l'Attila de la Techno bourrine, qui devait tenir en éveil les autochtones des larges environs, les poussant à signer une pétition dès les premières lueurs de l'aube.

En définitive, une très bonne première journée.

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

LOUD by Court-Circuit 2013

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Si l’an dernier, Court-Circuit ouvrait le Concours Circuit aux musiques électroniques en lui consacrant une compétition spécifique, c'est à la scène ‘loud’ (metal, trash, speed metal, heavy metal, death, doom, gothic, emocore, neo-metal, indus, black metal, ... qu’elle sera réservée cette année.

En effet, Court-Circuit coordonne un tout nouveau dispositif d'accompagnement, LOUD by Court-Circuit. Un festival au Botanique en décembre, des showcases en Wallonie et à Bruxelles, un festival off à Bruxelles-les-Bains, des programmes et outils de développement... Tout un programme et un agenda de niche pour ce second semestre 2013 !

http://www.youtube.com/watch?v=OgURnFis9mk&feature=youtu.be

Les inscriptions se clôturent le 13 septembre 2013. Voir ici

Et pour regarder le teaser, c'est

 

 

Jamie Lidell tête d’affiche pour le deuxième jour au Fi:hP.

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Jamie Lidell sera tête d’affiche le 23 août au Feest in het Park. Pour rappel, le festival se déroulera, cette année, du 22 au 25 août.

Pour plus d’infos : http://www.feestinhetpark.be

 

JJ Grey & Mofro

This river

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JJ Grey & Mofro est un band américain établi à Jacksonville, au Nord de la Floride. Une formation de southern rock, mais au sens large du terme, puisqu’elle intègre d’autres courants musicaux, comme le blues, funk, soul ou R&B. Leur formation remonte à la fin du siècle dernier. Chanteur, guitariste, pianiste et harmoniciste, JJ Grey en est le leader. Le combo a publié son premier elpee en 2001, "Blackwater". Un disque suivi par "Lochloosa", en 2004. Le band signe alors chez le notoire label de blues chicagolais, Alligator. Il y grave alors "Country ghetto" en 2007, "Orange blossoms" en 2008, "Georgia Warhorse" en 2010 et "Brighter days" en 2011.

JJ est soutenu par Andrew Trube à la guitare, Todd Smallie à la basse, Anthony Cole aux drums, Anthony Farrell aux claviers, Art Edmaiston au saxophone et Dennis Marion à la trompette. JJ a composé neuf des dix plages.

"You're lady, she's shaddy" ouvre la plaque. Un funk R&B bien nerveux. "Somebody else" embraie dans le même registre, mais diffère par ses vocaux percutants, clairs, et par une plus grande présence de la guitare. Audacieuse, réverbérée, elle adopte un style swamp. "Tame a wild one" est une très belle composition. Empreint de délicatesse, ce R&B met en exergue la voix pure et soul de JJ, soutenu par les chœurs de ses musicos. "99 shades of crazy" évolue sur un tempo plus enlevé. Guitare et piano électrique entrent en osmose pour créer une mélodie dansante et suave. Et lorsque les cuivres débarquent, c’est pour mieux libérer la six cordes qui s’appuie sur les sonorités poussiéreuses d’un orgue. Probablement un Farfisa. Excellent! Comme son titre le précise, "The ballad of Larry Webb" est une ballade. Sculptée dans le folk roots, les cordes acoustiques sont progressivement et discrètement rejointes par les interventions d’orgue et de gratte électrique. "Florabama" se réfère à l'Alabama ; et en particulier à son sanctuaire de la musique soul, les studios Muscle Shoals. Parcouru épisodiquement de cuivres et caractérisé par des cordes acoustiques en folie, ce morceau baigne dans une ambiance funk et jazz. Plus électrique, "Standing on the edge" s'écoule sur un tempo indolent. Du blues ou plus exactement du swamp funk à la Grey. Et les vocaux se révèlent un peu plus sauvages, tout au long de cette piste, ma foi, très agréable à écouter. Soulignée par une jolie ligne mélodique, "Write a letter" est une chanson au profil roots voilé. La voix est envoûtante et la guitare parachève le travail. "Harp and drums" s’ouvre par une longue introduction instrumentale. L'harmonica, la batterie et puis les cuivres investissent l’espace sonore avant qu’il ne se métamorphose en funk dansant. D’excellente facture, cet opus s’achève par "This river", une ballade R&B à coloration Stax, d’une extrême douceur…

 

Mike Zito

Gone to Texas

Écrit par

Etabli à St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est chanteur, guitariste et compositeur. Agé de 41 balais, il a longtemps roulé sa bosse sur les routes de sa région. Il est en outre, responsable de cinq albums autoproduits. En 2008, il signe chez Eclecto Groove. Dans la foulée, il y publie "Today", un opus mis en forme par David Z. Il embraie l’année suivante par "Pearl river". Et le titre maître, qu’il a coécrit et interprète en compagnie du musicien issu de la Nouvelle Orleans, Cyril Neville, devient chanson de l’année ! En 2011, il grave "Greyhound". Mike participe également à l’aventure du Royal Southern Brotherhood, tout comme Devon Allman, le fils de Gregg, et Cyril Neville. En 2012, Zito fonde son nouveau groupe, The Wheel. Il est alors entouré du bassiste Scot Sutherland, du drummer Rob Lee et du saxophoniste Jimmy Carpenter. "Gone to Texas", est une expression qui remonte au début du XIXème siècle. Elle définissait les personnes endettées ou responsables de délits qui se réfugiaient au Texas –alors sous régime espagnol– afin d’éviter la corde. Mike Zito a lui aussi quitté sa maison natale de St Louis pour émigrer au Texas, afin de tourner le dos à ses addictions et de rencontrer un nouvel amour, ce qui, avoue-t-il, l'a sauvé! Sa conquête vit (vous ne le croirez pas) à Nederland, près de Beaumont, sis près de la frontière louisianaise. "Gone to Texas" reflète son affection pour l'Etat à l'étoile solitaire (Lone star). L’elpee a toutefois été enregistré en studio, à Maurice, en Louisiane.

Le titre maître ouvre la plaque. Du roots rock blues relax qui emprunte l’itinéraire qui conduit au Golfe du Mexique. Puissante, la voix caractéristique de Mike dirige les débats. La guitare concède des accents acides, alors que le sax de Carpenter entre déjà en lice. "Rainbow bridge" emprunte un style semblable, même si plus enlevé. Il nous conduit sur les routes du pays cajun en direction de New Orleans. L’expression sonore ne manque pas de relief. En particulier à cause des interventions prestigieuses de Sonny Landreth à la slide qui balise les voix. Superbe ballade, "I never knew a hurricane" évoque les grands espaces texans. La voix de Zito et celle de Susan Cowsill s’entrelacent. L’orgue Hammond de Leigh Stephens tapisse judicieusement l’ensemble, au sein duquel émerge le sax. La voix graveleuse, proche d'Howlin' Wolf  donne le ton à "Don't think cause you're pretty", un blues/rock qui met en exergue des accès de slide sanglants, dévastateurs, saccageurs, terrifiants… "Death row" trempe dans le blues acoustique, une piste dépouillée au cours de laquelle les sonorités métalliques de la National steel affrontent les lourdes percussions dispensées par Rob Lee. Sculpté dans le pur funk, "Don't break a leg" évoque James Brown. "Take it easy" est une chanson issue de la plume de Delbert McClinton, un célèbre auteur texan. Lente, la version oscille entre country et blues. La voix de Mike est empreinte de passion. Superbe ! Signé par l’ami Devon Allman, "The road never ends" est un blues plein de verve destiné à la route. Imprimé sur un tempo ‘honky tonk’, il a été écrit en compagnie de l'ami Devon Allman. Zito et McClinton se partagent les vocaux, même si c’est ce dernier qui souffle dans son harmonica. Rythme syncopé et ivoires évoquent inévitablement la musique de la Nouvelle-Orléans tout au long du nerveux "Substraction blues". "Hell on me" lorgne carrément vers l’Allman Brothers Band. Ravagée, la voix semble hantée par Greg Allman. Un orgue s’infiltre dans l’ensemble alors que la gratte est remarquablement déjantée. Mike traite de son addiction sur "Voices in Dallas", lors d’une valse appuyée par le sax baryton. Cette belle fresque roots s’achève par une compo acoustique ; en l’occurrence, le "Let your light shine on me" du mythique Blind Willie Johnson, qui a vécu à Beaumont.

 

Joan & The Sailors

Home storm

Écrit par

Il y a déjà quelques semaines (voire mois) que cet album végète au beau milieu de ma pile de cd’s à chroniquer. Sans paraître particulièrement sexy, sa pochette n’est pourtant pas affreuse. Ce qui explique sa place centrale au sein du monticule. Et finalement, par rapport à certains artistes qui se surpassent quand il s’agit de faire preuve de mauvais goût, il faut reconnaître que l’artwork est plutôt sympathique. Mais sans doute pas assez séduisant, pour remonter la pente…

Après avoir opéré quelques recherches sur la toile, il appert que le combo nous vient de Suisse. Un quatuor drivé par une certaine Joan Seiler. 

Dès le premier morceau, on constate que sa voix domine le sujet. Et ce malgré la présence de chœurs. Cette polyglotte (espagnol, français, anglais) me fait même parfois penser à Björk. En début de parcours, l’expression sonore des Sailors se révèle surtout langoureuse. Les arpèges se superposent élégamment. Les accès de violon comblent judicieusement les espaces vides ; et caoutchouteuse, la basse stimule l’excellent « En Guantes Blancos ». Et la suite nous réserve encore de nombreuses surprises. Le band est ainsi capable d’élaborer des structures plus complexes, d’entretenir un climat hypnotique ou de développer de magnifiques crescendos. Tout en mélangeant les styles. Ainsi « Puzzle of Feeling » évolue sur un tempo soutenu et accablant alors que « La Réalité » baigne dans l’ambient.

Bref, pas le temps de s’ennuyer à l’écoute de cet opus. Ces petits Suisses (NDR : désolé pour le trait d’esprit !) débordent d’idées et le démontrent tout au long de leur second essai. Une belle découverte ! De quoi espérer encore dénicher d’autres bonnes surprises dans ma pile de disques…

DJ Koze

Amygdala

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DJ Koze est également producteur allemand. De son véritable nom Stefan Kozalla, il a effectué ses premiers pas, à la fin des années 80. Après avoir sévi sur le label Kompakt, il a décidé de lancer sa propre boîte en 2010, Pampa.

Quand on observe l’illustration de la pochette, on se demande si l’artiste n’est pas un petit plaisantin. En effet, elle est représentée par un homme vêtu d’un peignoir, coiffé d’un casque de parapente, chevauchant un renne, dans un décor montagneux de couleur rose fuchsia ! Flashy, n’est-ce-pas ?

Vu le graphisme, je m’attendais à un contenu marginal. Tant côté sonorités, effets spéciaux que lyrics. L’opus défend-t-il un concept humoristique, satirique ou tout simplement décalé ? Bref, j’espérais devoir me farcir une œuvre créative. Qui sorte de l'ordinaire, si vous préférez…

Bref, pour une plaisanterie, elle est plutôt de mauvais goût. Pratiquer l’autodérision est une arme terriblement efficace. Pourvu qu’elle soit utilisée intelligemment et sans tomber dans le ridicule. Elle peut même se révéler très amusante. Malheureusement, Stefan est totalement passé à côté de son sujet. Mielleuse, fade, exaspérante, sa musique trahit un manque total d’inspiration. La voix est chargée (NDR : et le mot est faible) d’effets électroniques. Et ils sont tellement artificiels, qu’ils entretiennent une véritable cacophonie indescriptible. Un bordel douteux plutôt que joyeux, comme je l’avais espéré, au départ. J’ai du mal à comprendre pourquoi un artiste de la trempe de Kozalla se lance dans des expérimentations aussi hasardeuses. Entre drôle et grotesque, il aurait dû choisir, et à mon humble avis, il n’a pas bien saisi la différence...

 

Little Mike

Forgive me

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Issue de New York City, cette formation est drivée par le chanteur/harmoniciste/producteur/compositeur Little Mike Markowitz. A la fin des 70’s, il avait eu le bonheur de côtoyer des légendes issues de Chicago comme Pinetop Perkins, Jimmy Rogers ou Hubert Sumlin. Depuis le début du nouveau siècle, il s'est établi à Gainesville, en Floride. Il compte déjà une importante discographie en compagnie des Tornadoes. Tout d'abord en 1988, pour soutenir Pinetop Perkins, sur "After hours". Puis, en 1989, pour épauler Hubert Sumlin, sur "Heart and soul". Il aligne ensuite sept albums, dont "How long", qui paraît en 2003. Puis les Tornadoes disparaissent curieusement de la circulation avant de refaire surface grâce à la sortie de ce "Forgive me". Pas vraiment un nouvel elpee, car les sessions d’enregistrement remontent à 2000. On lui pardonne volontiers ce retard, car ce disque a été concocté aux studios Kingsnake de Sanford, en Floride. Une partie de l’histoire de ce label, dont le responsable n’était autre que Bob Greenlee, refait surface ; et sa disparition précoce en 2004 a empêché la publication de ce long playing, à l'époque. Mais aussi de quelques autres albums. Il semble donc que Frank Roszak, promoteur très actif, ait décidé d’exhumer ces œuvres tout en leur réservant une campagne de promotion nationale et même internationale.

L’elpee s’ouvre par "Opelousas rain", un titre nonchalant réminiscent des marais louisianais. Une compo instrumentale signée par le guitariste, Troy Nahumko. Harmonica et slide guitar semblent y disserter dans le divertissement. Imprimé sur un mid tempo, "Wait a minute baby" ne manque pas d’élégance, un blues discrètement coloré par l'orgue Hammond et les cuivres, au cours duquel Troy se réserve un solo particulièrement subtil, alors que Mike peut enfin mettre le nez à la fenêtre en soufflant dans son harmonica. Mike chante "Nothin I wouldn't do", une ballade soul empreinte de tendresse. Enrichie de cuivres, elle bénéficie du concours de Warren ‘King Fish’ King, également disparu en 2010. "Tell me baby" nous aiguille à nouveau sur l'axe Delta-Chicago. Sonny Rhodes est préposé à la lap steel guitare et Mike nous réserve un excellent solo sur sa musique à bouche, lors de ce superbe blues auquel avait participé Ace Moreland aux vocaux. Cherokee d'origine, ce fidèle musicien de studio s’est aussi malheureusement éteint en 2003. Le long playing regorge de splendides morceaux. A l’instar de "Walked all the way", de "Fool too long", au cours duquel la guitare de Nahumko et le piano de Jim McKaba sont en verve, le slow blues "You don't love me", sans oublier le shuffle "Forgive me", caractérisé par de délicieuses interventions à l’harmo. Blues lent et dépouillé, "My little Therese" dépasse les 11'. Little Mike y souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Autre instrumental, "The hit" est un swamp blues illuminé par Troy Nahumko et Little Mike. "Traveling blues" clôt l’œuvre. Un Texas roadhouse blues percutant qui me rappelle les débuts des Fabulous Thunderbirds. Remarquable !

 

Moslyve

NTL REV (Ep)

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Quelques mois après avoir publié « Slave to Modern Age », un album qui puisait aux sources essentielles de la musique indépendante des 90’s –et notamment Wilco, Pavement et Sonic Youth– Moslyve vient de graver un nouvel Ep. Intitulé « NTL REV », il a été produit par Nicolas Leroux (Overhead) et bénéficie d’une sortie en vinyle sur l’honorable maison parisienne Mind Riot, limitée à 500 exemplaires. Identifiant toujours 3 voix qui se conjuguent à merveille, la musique de ce trio français est relativement complexe. Une forme de pop/rock teinté de noise et de shoegaze. Toutes guitares dehors, Moslyve nous propose des titres aux mélodies puissantes. Mes coups de cœur ? « Prague ». Caractérisé par ses grattes bruitistes et son refrain scandé, il remporte tous mes suffrages. Mais, dans un style moins rageur, « On Plane » est également très réussi. Ep particulièrement percutant « NTL REV » est une bonne mise en bouche, avant la sortie de « Nothing to Lose Revisisted », remise en forme du premier opus de la formation française, annoncée pour novembre, et un tout nouvel elpee, dont la parution est prévue pour 2014…

 

Ana Popovic

Can you stand the heat

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Ana est de nationalité serbe. Jolie, la silhouette féline, une paire de jambes sans fin, elle est âgée de 37 ans. Et elle sévit dans l’univers du blues depuis un bon bout de temps. Comme chanteuse et guitariste. Elle a monté son propre groupe, le Mo' Better Love, au sein duquel militent un guitariste rythmique, un claviériste et une section rythmique expérimentée, puisqu’elle réunit le drummer Tony Coleman (BB King Band) et le bassiste John Williams (Al Green Band). "Can you stand the heat" constitue son 9ème elpee.

Elle ouvre la plaque par le titre maître. Du pur funk dispensé dans l’esprit de Chic voire Tower of Power et destiné à la danse. Ana s'éclate déjà sur ses cordes. Et la petite pointe de jazz qu’elle injecte dans son jeu, n'est pas pour me déplaire. Elle embraie par "Can't you see what you're doing to me", un R&B nerveux introduit par une guitare flamboyante, mais malheureusement surchargé de cuivres. De toute évidence, l’atout majeur de la native des Balkans procède de sa manière très percutante d’attaquer les cordes, bien plus que son chant, qu’elle force parfois un peu trop. Elle ralentit le tempo pour aborder "Mo' better love". Des chœurs féminins et un piano souverain épaulent la voix d'Ana, sans toutefois faire de l'ombre à son instrument. "Boy' Night out" poursuit dans le registre funk/R&B ; cependant, les voix féminines sont un peu trop criardes, à mon goût. Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Hot southern night" revient au blues. Ana et le grand Lucky Peterson partagent les parties vocales. Un des meilleurs morceaux de l’elpee. Et Lucky a aussi ramené sa guitare. De quoi assister à un duel de très bon niveau, tout se référant au regretté Albert Collins! Signé par l’ex-Free Andy Fraser, "Every kind of people" a permis à Robert Palmer de décrocher un hit, en 1978 ; une autre ballade légère, caractérisée par des arrangements soignés, mais au cours de laquelle, la voix n’est guère transcendante. L'ombre d'Albert Collins plane sur "Ana's shuffle", un exercice de style instrumental de haute volée, au cours duquel Frank Ray Jr se libère enfin, à l’orgue. "Blues for Mrs Pauline" est un blues lent à la structure quasi-parfaite. En fait, Miss Popovic excelle davantage dans le blues plutôt qu’au sein du funk basique. Son jeu est à la fois très inspiré et personnel. Il n’est jamais calqué sur les grandes étoiles du blues, même si, pour la circonstance, c’est le spectre Buddy Guy qui se met à planer. Lorsque sa voix devient sauvage, vivace et passionnée, elle se révèle beaucoup plus convaincante. Funk/blues indolent, "Leave well enough alone" est dispensé sans mise en forme envahissante ; et c'est bien mieux ainsi! Très rockin' blues, l'intro de l'instrumental "Tribe" est illuminé par la slide et le jeu de pédales, avant que ne débarquent les cuivres et percussions… Une cover des Stones : "Rain fall down". Elle figurait sur l’album "A bigger bang", gravé en 2005. Le long playing est enrichi de deux bonus tracks. Tout d’abord "Growing up to soon", une piste qui s'étire prudemment, avant qu’un imposant chœur d’enfants ne fasse son apparition, concours qui apporte à la compo un charme indéniable. "Mo' better love" bénéficie d’une seconde version. Tommy Sims, batteur, auteur et producteur est venu en renfort pour collaborer à ce titre dépouillé, plus roots…

 

Savoy Brown

Songs from the road (Cd + Dvd)

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Savoy Brown est incontestablement une des meilleures formations de blues, née au cours des sixties, lors de l’explosion du British Blues Boom. Si les Rolling Stones fêtent leur 50ème anniversaire en 2013, Savoy Brown n'en est plus loin, puisque sa naissance remonte à 65/66. Mais seul l’incontournable leader, Kim Simmonds, participe encore à l’aventure. Il y a pas de temps qu’il s’est établi aux States. Au sein de l’arrondissement d’Oswego County, dans l’Etat de New York, pas loin du Canada. Et il est le dernier insulaire au sein du line up, Un Gallois pour être plus précis, qui participe à l’aventure.

Les enregistrements qui figurent sur le cd et le dvd ont été immortalisés en mai 2012, au Musiktheater Pïano de Dortmund. Kim Simmonds assure la guitare et le chant. Il est soutenu par Joe Whiting (saxophone, vocaux), Pat DeSalvo (basse) et Garnet Grimm (batterie). Depuis, Whiting s’est fait la malle, et la formation est aujourd’hui réduite à la formule du trio.

Le cd réunit 12 plages, le dvd 14, pour un total de 112'. Joe Whiting n'est pas un débutant, il a milité chez Jukin Bone, participant à l’enregistrement de 2 albums, début des 70’s. Il va ensuite se produire en compagnie de Mark Boyle, avant de fonder son propre groupe. Il ne faut pas attendre plus de 10 secondes pour confirmer le talent de Kim Simmonds à la guitare. En l’occurrence, lors de l’introduction instrumentale, baptisée "24/7". Au saxophone, Joe est tout à fait respectable ; en outre, il apporte une touche originale au son de Savoy Brown. "Looking in" est le titre maître d’un elpee paru en 1970, le premier sur lequel Kim devenait le seul membre originel du combo. Tout en créativité, son jeu de cordes est impressionnant. Le dernier opus studio de SB s’intitule "Voodoo man". Il date de 2011 et implique les mêmes musicos. Ce disque sert de base au concert, car six plages en sont extraites, soit le rock'n'roller "Natural man", "She's got the heat", caractérisé par une extraordinaire partie de slide exécutée par Kim, "Voodoo moon", une piste qui ne manque pas de charme au cours de laquelle Kim et Joe se partagent les vocaux, le hard rocker classieux "Meet the blues head on" et le boogie blues "Shockwaves". Simmonds se réserve en personne le micro sur "Street corner talking", le titre maître d’un LP gravé en 1971, morceau devenu son plus grand hit, mais également le long playing le mieux vendu de sa carrière. Trois compos sont issues du même album. Tout d’abord "Time does tell", titre atmosphérique à l’approche jazzyfiante très technique, "Tell Mama", et enfin, en guise de premier rappel, une version explosive du "Wang dang doodle" de Willie Dixon, que chante autoritairement Joe Whiting! La version live de "Hellbound train", plage phare de l'album du même nom, publié en 1972, se transforme en boogie passionnant, les changements de tempo rappelant une grande époque. Enfin, le Dvd propose, en bonus, le classique "Little Red Rooster", un blues lent signé de nouveau par Dixon et que Howlin' Wolf avait traduit en hit. En finale, le Savoy Brown attaque le fameux "Louisiana blues" de Muddy Waters, une composition qu’il interprétait déjà en 1969, sur son premier elpee live, "Blue Matter".

 

Yew

Between up and down (single)

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Le nouvel album de Yew devait sortir au printemps, il paraîtra finalement en automne. En attendant la formation nous propose un single. Intitulé « Between up and down », il a reçu le concours d’Arno, et a été enregistré au Studio 5 à Liège et à l'ICP de Bruxelles. Le groupe a été récemment rejoint par Jérôme Magnée, nouveau chanteur du groupe, et également membre fondateur et guitariste/chanteur de Dan San. Faudra donc s’attendre à davantage de vocaux sur les compos du band. Arno y pose la sienne lors d’un duo que Jérôme chante un peu à la manière d’Axl Rose (NDR : ce timbre). En outre, si la structure est demeurée folk rock, la guitare s’autorise, lors de ce morceau, une envolée floydienne. On devrait en savoir plus lors de la sortie du long playing…

 

Snoop Lion

Reincarnated

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C’est avec un scepticisme teinté d’ironie que je me suis lancé à l’écoute de « Reincarnated », le premier album de Snoop Dog sous le patronyme de Snoop Lion, c’est-à-dire réincarné dans la peau d’un Bob Marley de Long Beach. L’addiction aurait-elle eu raison du cerveau de l’ami Snoop ? Et que vaut réellement le 12ème elpee de l’autoproclamé nouveau dieu rastafari ? S’agit-il d’une surprenante réussite ou l’essai d’un artiste perdu dans sa propre mégalomanie, après avoir effectué un séjour en Jamaïque, au cours duquel il a prétendument étudié la culture locale, qui a manqué sa cible ?

Pour concocter cet elpee, le vétéran californien a bénéficié du concours de quelques invités prestigieux. Et notamment Drake, Chris Brown, Cori B (sa propre fille) et même Miley Cyrus, l’idole de Disney en compagnie duquel il nous refourgue l’ignoble « Ashtrays and Heartbreaks ». Des musiciens jamaïcains ont également participé à cette fumisterie (ah !ah !) dont Mavado et Popcaan (« Lighters Up »). Alignant une kyrielle de producteurs, dont Diplo, Dre Skulls et surtout Major Lazer, « Reincarnated » est de facture plutôt inégale. Entre l’horrible « Get Away », piqué aux Black Eyed Peas, et le très réussi « No Guns Allowed » (impliquant Drake et Cori B), qui emprunte même un sample à Beirut, on ne sait pas trop sur quel pied danser ! Désormais adepte de la non-violence et décidé à se couper de la culture gangsta, Snoop semble s’être quelque peu ramolli. Ce qui explique pourquoi notre intérêt pour sa musique a tout autant faibli, malgré quelques éclats au cours desquels il parvient à mêler adroitement reggae, dub et hip-hop ; et le plus souvent lorsque la mise en forme est assurée par Major Lazer (« La La La », « Here Comes the King »).

 

SØLYST

Lead

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SØLYST c’est le patronyme choisi par Thomas Klein pour publier son second album solo. L’artiste est surtout notoire comme drummer au sein de Kreidler, un groupe allemand qui milite plutôt dans l’univers du rock et a vécu ses heures de gloires, à la fin des années 90. Thomas cherche aujourd’hui à explorer de nouveaux horizons sonores. Ce qui explique pourquoi ce « Lead » évolue au sein d’un style électro atmosphérique.

Si le résultat se révèle à première écoute singulier, je dois avouer qu’il ne m’a guère enthousiasmé. Malgré ses sonorités cristallines (gouttes d'eau, cascades, etc.), sonorités qu’il traduit également à travers le visuel de la pochette, on a l’impression que SØLYST a oublié le fil conducteur. Qu’il patauge dans un fouillis d’idées. Pas toujours très inspirées. En outre, faute de parties vocales, l’ensemble n’est vraiment pas fait pour me séduire. D’un titre à l’autre, les rythmes ne diffèrent guère et les boucles nous conduisent vers un infini privé de spontanéité ...

Thomas Klein a manqué sa cible. Il aurait tout intérêt à se refaire une santé chez Kreidler…