New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Les reprises de Nada Surf

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Le prochain Nada Surf s’intitule “If I Had a Hi-Fi” et sera entièrement composé de reprises. Ils ont reçu à cette occasion le concours de Holly Miranda et Martin Wenk (Calexico) au micro. Le disque sera publié le 7 juin et la formation viendra le défendre ce 19 avril, au Botanique.

Tracklist :

Electrocution (Bill Fox)
Enjoy the Silence (Depeche Mode)
Love Goes On (The Go-Betweens)
Janine (Arthur Russell)
You Were So Warm (Dwight Twilley)
Love and Anger (Kate Bush)
The Agony of Laffitte (Spoon)
Bye Bye Beauté (Coralie Clement)
Question (Moody Blues)
Bright Side (The Soft Pack)
Evolution (Mercromina)
I Remembered What I Was Going to Say (The Silly Pillows)

Le meilleur de Doves

Écrit par
Après avoir délivré 4 albums impeccables, Doves se permettent une petite rétrospective en publiant « The Places Between », leur premier best of. La compile comprendra le nouveau single « Andalucia » et sera disponible en 3 formats. Au choix : Un CD simple, reprenant uniquement les singles du trio; un autre augmenté d’un second disque compilant faces B et raretés;  et un dernier, véritable mine d’or pour les fans, comprenant les 2 CDs ainsi qu’un DVD reprenant tous les clips de la formation. En vente le 5 avril.

Tracklist complète :

CD1 (The Best Of):

01 There Goes the Fear
02 Black and White Town
03 Snowden
04 Here It Comes
05 Words
06 Kingdom of Rust
07 Sea Song
08 Pounding
09 10:03
10 Catch the Sun
11 Jetstream
12 The Man Who Told Everything (Summer Version)
13 Andalucía
14 Caught by the River
15 The Cedar Room

CD2 (Rarities, B-sides & alternate versions):

01 Blue Water
02 Eleven Miles Out
03 Rise
04 Darker
05 Push Me On
06 Willow's Song (Bury Version)
07 Valley
08 Northenden
09 M62 Song
10 Drifter
11 Friday's Dust (Capitol Tower Session)
12 Almost Forgot Myself (Demo)
13 Your Shadow Lay Across My Life
14 The Last Son
15 The Sulphur Man
16 At the Tower (Instrumental Edit)
17 Reprise
18 Ambition
19 Firesuite (Noise Version)

DVD (music videos):

01 The Cedar Room
02 Sea Song
03 Here It Comes
04 Catch the Sun
05 The Man Who Told Everything
06 There Goes the Fear
07 Pounding
08 Caught by the River
09 Black and White Town (Director's Cut)
10 Snowden (Live Edit)
11 Sky Starts Falling
12 Kingdom of Rust
13 Winter Hill

Un opéra pour (Calixia) Who

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Collectif belge de rock alternatif et d’art total, Calixia Who s’est lancé dans l’écriture d’un opéra rock électronique et visuel. Il aura fallu deux ans à Hyden Moore et à l’ingénieur du son belge Handrein Peters pour concrétiser ce projet hybride au sein duquel poésie, images et vidéos ont été intégrés. Le fruit de leurs élucubrations sera reproduit sur un album intitulé « Boyhood ».Il réunit onze titres dont la musique serait inspirée à la fois par Depeche Mode et Patti Smith, dans sa période punk. Il sera disponible sur iTunes et les principaux revendeurs digitaux dès le mois de mai.

Pour plus d’infos http://www.calixiawho.com

 

Various Artists

Where the blues crosses over 2010

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Le label Ruf a été fondé par un fan acharné de blues, Thomas Ruf. De nationalité allemande, il était aussi promoteur, agent et manager. Il adorait tout particulièrement Luther Allison, un artiste noir chicagolais exilé en France depuis le début des années 80. Pas étonnant que le label fasse une large place au regretté bluesman (NDR ainsi qu’à son fils, Bernard) au sein de son catalogue. Mais pas seulement ! En dix ans, Ruf compte plus de cent albums dans ledit catalogue. Cette écurie a également permis à de jeunes artistes de s’illustrer. Des Anglais tout d’abord. Dont Aynsley Lister, Ian Parker et Oli Brown. Mais aussi et surtout des artistes féminines comme Deborah Coleman, Sue Foley, Ana Popovic, Roxanne Potvin, Joanne Shaw Taylor, Dani Wilde, la Scandinave Erja Lyytinen et la diva Candye Kane. En outre, la boîte s’est surtout investie pour relancer certains artistes ou groupes autrefois notoires. Et je pense tout particulièrement à Canned Heat, Walter Trout ainsi qu’Omar Dykes avec ou sans ses Howlers.

Pour assurer la promo de son label, Thomas édite circonstanciellement des compiles à prix réduit. A l’instar de "Blues guitar women", "Summertime blues" et aujourd’hui de ce "Where the blues crosses over". Dont il s’agit déjà du second volume. Il met en exergue un éventail non exhaustif (sans considération d’âge ou de sexe) de son catalogue.

Big Daddy Wilson est un bluesman noir américain. Il s’est établi, depuis bien longtemps au Nord de l’Allemagne. Il chante "Love is the key" en s’accompagnant à la guitare acoustique.

Jeff Healey soufrait de cécité. Il nous a quittés ce 2 mars 2008. Le souvenir de ce chanteur/guitariste nous est rappelé tout au long d’"I think I love you too much".

Luther Allison vient de concocter un double album, "Songs form the road". Un espace lui a donc été réservé sur le recueil.

Omar Dykes est un personnage que j’apprécie tout particulièrement. Il est soutenu par Jimmy Vaughan lors de son excellente reprise du "Big town playboy" d'Eddie Taylor.

Coco Montoya a acquis une notoriété certaine depuis son long séjour opéré chez les Bluesbreakers de John Mayall, où il a longtemps milité auprès de Walter Trout. C’est la dernière recrue du label. Le titre maître de son nouvel elpee lui est consacré.

Les quatre filles retenues pour figurer sur ce cd sont peu connues. Surnommée la ‘Bonnie Raitt’ finlandaise, Erja Lyytinen nous propose "Crows at your door", une plage lente, aux accents dramatiques, au cours de laquelle ses interventions au bottleneck sont particulièrement subtiles. Elle assure également le chant, d’une voix tendre mais passionnée, soutenue par les accents d’une slide à la fois envoûtante et mélodieuse

Joanne Shaw Taylor est un jeune anglaise. Elle a bénéficié du concours du producteur et claviériste Dave Stewart (ex-Eurythmics), pour enregistrer "Just another word". Elle chante d’une voix intimiste "White Sugar", un extrait de cet elpee.

Shakura S'Aida est née à New York. Elle a passé sa jeunesse en Suisse, mais s’est établie depuis plusieurs années au Canada. Une chanteuse de couleur noire qui possède un joli brin de voix. Et elle le démontre tout au long de "Chasing the sun", une compo au tempo lent, soulignée par un orgue Hammond. Cette plage figurera sur son premier album intitulé "Brown sugar". Bénéficiant du concours de Jim Gaines à la production, ce disque sortira dans les prochaines semaines.

Chanteuse autrichienne, Meena est âgée de 33 ans. Et possède également une jolie voix. Elle vient également de commettre son premier elpee. Et (tiens tiens), c’est encore Jim Gaines qui est à la mise en forme. Publié en janvier, ce long playing s’intitule "Nothing left". Elle nous en propose un rock R&B de bonne facture

Et pour clore le chapitre, la plaque épingle Oli Brown, un jeune blues rocker anglais responsable, voici peu d’un elpee intitulé "Open road". En est extrait, "Stone cold (Roxanne)", un blues rock interprété sous la forme d’un trio bien ‘british’ !

 

Takana Zion

Rappel à l’ordre

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Né un 30 juin 1986 à Conakry, capitale de la Guinée, Zion Takana se sent très tôt interpelé par les inégalités dont sont victimes ses compatriotes ; et en règle générale la majorité de la population vivant sur le continent africain. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers un des seuls moyens d’expression autorisés sur cette partie de la planète : la chanson. Ses racines et ses goûts musicaux le poussent immédiatement vers un style qui oscille entre le rap et le reggae. Bien vite cependant, c’est ce dernier courant qui emporte ses suffrages. Le reggae est en effet un des styles musicaux les plus appropriés pour véhiculer tous les désespoirs et toutes les douleurs des hommes de couleur.

Responsable, entre décembre 2006 et janvier 2007 d’un premier pamphlet intitulé « Zion Prophet », pour lequel il avait reçu la collaboration de Manjul (rencontré à Bamako au Mali où il s’est exilé), Takana réalise et produit ce second album deux années plus tard.

Takana nous propose 13 plages d’un reggae tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Ses influences oscillent, à l’instar de nombreux interprètes du genre, entre Tosh, Marley et Joseph Hills. Entre autres. Contrairement aux deux premiers cités, Takana a l’audace d’interpréter la plupart de ses compos dans son idiome natal, le Soussou ; mais il n’hésite pas à utiliser l’anglais ou le français afin de toucher un public plus large encore.

Afin d’insuffler davantage d’authenticité à sa musique afro-jamaïcaine, Takana n’a pas hésité à demander la collaboration des chanteurs Victor Démé (Burkina Faso) et Winston McAnuff (Jamaïque), chacun pour un morceau. Il a également fait appel au grand ingénieur du son anglo-jamaïcain Godwin Logie, responsable de la mise en forme des meilleurs albums de Steel Pulse et Island de la grande époque, qui a, avec un énorme enthousiasme, accepté de mixer l’album.

On peut être sûr que cet album ne figurera pas au top des ventes. Sûr aussi que Takana Zion restera pour beaucoup d’entre nous un parfait inconnu. Cependant, si vous en avez l’occasion, tendez l’oreille. En effet, il est toujours agréable d’entendre et de remuer aux sons de ces rythmes ‘ensoleillés’ qui font référence aux grands du reggae. D’autre part, vu la noblesse du combat mené par Takana, il mérite évidemment tout notre respect.

 

Luther Allison

Songs from the road (Cd + Dvd)

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Luther était un des plus bluesmen contemporains les plus notoires. Né dans l'Arkansas en août 1939, il a rejoint Chicago, dès l’âge de douze ans. Il nous a quittés en août 1997. Il était alors au sommet de sa gloire ; et ce succès il le méritait assurément.

Son premier enregistrement date de 1965. Il s’agit d’un single. Et son premier album "Love me Mama" (publié chez pour Delmark) de 1968. En 1977, il avait décidé de vivre en France, à Saint Cloud très exactement. Depuis sa disparition, plusieurs albums posthumes ont été édités ; mais il faut reconnaître que ce petit dernier est vraiment intéressant

Il avait accordé un de ses tous derniers concerts, le 4 juillet 1997, soit un mois avant sa mort, au Festival International de jazz de Montréal. Mais sa dernière apparition sur scène remonte au 10 juillet. Elle s’est produite à Madison, dans le Wisconsin, alors qu'il était au plus mal.

Mais revenons à son set accompli à Montréal. Luther est soutenu par son backing band américain, le James Solberg Band. A la tête, James Solberg (NDR : saviez-vous que James figurait déjà au sein du backing band d’Allison en 1979 ; un épisode immortalisé par le "Live in Paris", gravé cette même année). Au sein du line up, militent le bassiste Ken Faltinson, le claviériste Mike Vlahakis et le drummer Rob Stupka ; c’est-à-dire la même équipe qui avait participé à l’enregistrement du superbe elpee "Live in Chicago", paru en 1995. De ce concert, Ruf a sélectionné dix titres audio et six ‘vidéo’. Il faut dire que l'émission réalisée par la TV montréalaise ne pouvait aller au-delà de l’heure.

Après une brève présentation de l’artiste, les hostilités peuvent démarrer. "Cancel my check" nous replonge dans ce bon vieux temps des concerts du père Luther. Il a une présence pas possible. L’attaque sur sa Gibson Les Paul est brutale. Jamais il ne la ménage. Et puis sa voix emporte tout sur son passage. Luther chante "Living in the house of the blues". Un régal ! Il vit, il sent ce blues. Difficile d'imaginer qu'un mois plus tard il ne serait plus des nôtres! Allison était capable de mettre le feu en deux temps trois mouvements à ses sets. Et à les rendre même torrides. Tout au long de "What have I done wrong", il libère de courtes phrases assassines, une compo subtilement funky et une invitation à se déhancher sur la piste de danse. Il autorise James Solberg, également excellent gratteur, à sortir de sa réserve. La marque d’un bon leader! "Will it ever change" est imprimé sur un tempo allègre. L'attaque sur les cordes est dévastatrice. Mais que ses interventions nous remplissent de joie ! Et aussi de fièvre ! Si à cet instant du set, l’artiste n’a plus un poil de sec, il en est probablement de même pour son public. De ce show accordé à Montréal, on épinglera encore quelques morceaux particulièrement bouillants. Dont le superbe "(Watching you) Cherry Red wine". Une compo introduite par la guitare très amplifiée. Souveraine, la voix transpire le blues. Probablement le style au sein duquel l’artiste était au sommet de son art. Il empoigne une Flying V (NDR : comme Albert King) ; et à cet instant, il est trempé jusqu’aux os. Même ses doigts dégoulinent de sueur. Et puis les échanges qu’il opère avec Solberg sont de haute facture! Slow blues, "It hurts me too" est signé Tampa Red. L’adaptation proposée par Luther met en exergue sa dextérité naturelle à la slide. Un exercice de style au sein duquel il brille. Et cet adepte du doigt d'acier glisse sensuellement le sien le long de ses cordes. Il achève sa prestation par "Serious". Une des ses meilleurs compos, caractérisée par des accès plus calmes au piano, dispensés par Vlahakis. Lors du rappel, il aborde "Move on the hood", un titre qui ne figure pas sur le Cd.

Le Dvd rend hommage à Luther, notamment à travers une des ses interviews. Luther avait un profond respect vis-à-vis du public. Ses concerts pouvaient prendre des allures de marathon, et dépasser les quatre heures. Thomas Ruf rêve toujours de retrouver un nouvel Allison. Mais il risque d’attendre encore bien longtemps…

 

Audrey Horne

Audrey Horne

Écrit par

Audrey Horne est un autre ‘super-groupe’ issu de la scène extrême norvégienne. Cependant, contrairement à beaucoup de leurs compatriotes aux cheveux blonds et à l’âme noire, les quatre musiciens ont compris qu’il ne servait pas à grand-chose de former un ‘side-project’ pour y jouer la même musique que dans leur formation d’origine. Et de fait, depuis sa formation en 2002, Audrey Horne est toujours parvenu à marquer sa différence. Tout d’abord, en optant pour un nom tout à fait inhabituel, inspiré du patronyme de l’une des héroïnes de ‘Twin Peaks’, la série culte de David Lynch. Ensuite, en se détachant musicalement de la scène black/extrême métal dont la plupart de ses membres sont issus.

Probablement en manque d’inspiration pour le titre de ce troisième album (mais fort  heureusement pas pour son contenu), le combo a tout simplement décidé d’appeler son dernier rejeton « Audrey Horne ». La musique, comparée à celle de Faith No More à la sortie du premier opus « No Hay Banda » en 2005, est parvenue à évoluer. Et en 2010, elle baigne au sein d’un univers beaucoup plus personnel, quelque part entre le classic heavy rock, le post-grunge et le métal alternatif.

Si musicalement l’ombre de Faith No More plane encore à quelques rares occasions (« Circus »), le timbre vocal de Torkjell‘Toschie’Rød s’est éloigné de celui de Mike Patton et lorgne même parfois vers celui de Kjetil Nordhus (Green Carnation). Mention spéciale aux deux six-cordistes Ice Dale (Enslaved, Gorgoroth, Ov Hell) et Thomas Tofthagen (Sahg) ; et pour cause en faisant abstraction de leurs styles viking, black et doom rituels, leur jeu dynamique accroche instantanément, à contrario de celui dépressif, guerrier et blasphématoire, concédé auprès de leurs autres combos.

Et si Eyolf Nysæther et Herbrand Larsen (Enslaved) ne sont pas officiellement membres de la formation, les deux claviéristes de session, apportent davantage d’intensité à « Audrey Horne » (l’album) ; l’utilisation intensive de sons vintage (l’orgue Hammond) apportant une couleur ‘Classic Rock’ tout à fait jubilatoire.

Autre gage de qualité et d’ouverture, l’enregistrement, la production et le mixage sont signés par l’Américain Joe Baresi (Melvins, Clutch, Queens Of The Stone Age).

En clair, si vous aimez Alice In Chains, Deep Purple, Ozzy Osbourne, Faith No More et Green Carnation, « Audrey Horne » (le disque), la meilleure réalisation d’Audrey Horne (le groupe) à ce jour, devrait probablement susciter votre intérêt.

Bettie Serveert

Pharmacy Of Love

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Le patronyme de cette formation batave a été emprunté à Bettie Stove. Cette tenniswoman néerlandaise avait atteint la finale du tournoi de Wimbledon en 1977. Bettie Serveert s’est tout d’abord formé en 1986. Après avoir joué un seul concert, il splitte. Puis, décide de recommencer l’aventure en 1990. Cette aventure qui dure (NDR : ça rime !) depuis vingt bonnes années est synthétisée par la publication de 9 albums et d’une quinzaine d’Eps. Une constance au sein de leur solution sonore : la voix suave et charmante de Carol Van Dyk ainsi que les riffs de guitare acérées et torturés de Peter Visser. Un abus ? La consommation de drummers. Le dernier en date, Gino Geudens constitue déjà le cinquième préposé aux baguettes de leur histoire.

Leur musique s’inspire, depuis leurs débuts, de la musique pop/rock indie des 90’s. Et en particulier de groupes comme Sebadoh, Pavement mais aussi et surtout Liz Phair. Devenue culte aux Pays-Bas, cette formation a eu l’opportunité d’accompagner en tournée des artistes notoires comme Jeff Buckley, Buffalo Tom, Wilco ou encore Dinosaur Jr. Des groupes ou des artistes qui ont marqué les années 90. Malgré la confection d’une solution sonore hyper mélodique, et un accueil favorable auprès de la presse spécialisée, B.S. n’a jamais récolté de succès vraiment populaire. Une forme d’injustice, quand on sait que dans le style, des artistes ou des combos bien moins talentueux, ont réussi à rafler la mise…

En 2000, le band décide de fonder son propre label : Palomine. Il y publie son cinquième elpee : « Private Suit ». Et « Pharmacy Of Love » constitue donc leur dernier essai. Un disque censé en revenir à ses premières amours. Le sens mélodique et l’énergie sont intacts. Les compos contagieuses. Les sonorités de six-cordes métalliques. Les compos un peu datées, mais bien ficelées. L’elpee recèle un hit potentiel : le titre maître. Quant à « Love Lee » et « Souls Travel », ils lorgnent manifestement vers Rilo Kiley ; surtout à cause de la similitude entre les timbres vocaux de Carol Van Dyk et de Jenny Lewis ! Sans quoi, rien de bien neuf à l’horizon.

Pas trop branché sur ce type de musique, je dois avouer être quelque peu ému lorsque je vois le parcours de ces anciens combattants qui refusent de sombrer dans l’anonymat en se battant avec leurs propres armes. Bettie nous sert du Bettie Serveert ; mais après tout c’est ce que Bettie fait de mieux. Et c’est déjà pas mal.

En concert le 1er mai au Handelbeurs de Gand.

Bikinians

Rhinocirrhosis (Ep)

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L’avarice est un vilain défaut !!! Mais pourquoi, quand on a tant de talent, ne pas en faire profiter davantage son entourage ?

Seconde parution et second Ep pour les Bruxellois de Bikinians, un ensemble promis à une belle carrière. Mais que c’est triste ! Quatre titres seulement ! Quatre excellentes compositions. Quelle musicalité, quelle fraîcheur. On baigne en plein dans la pop hyper sophistiquée, style ‘Supergrass’, ‘Blur’ ou autres formations de ce calibre. Rien à jeter… tout est bon. Qui n’a jamais entendu le titre phare “Rhinocirrhosis” ? Branchez-vous donc sur les bonnes fréquences ! Ce titre a déjà fait, fait toujours et fera encore les beaux jours des ‘bonnes stations’ de radio, style Pure FM ou ‘Studio Brussel’. Mais cet Ep ne recèle pas que ce single. Les trois autres plages sont aussi différentes qu’intéressantes. Dans un autre registre, « 2nd Hand Shop », nous caresse les pavillons d’une brise imperceptiblement acidulée, très légèrement soufflée par les Beach Boys voire les Dandy Warhols. « How » nous balance une série de crochets, de directs au foie. Une partition beaucoup plus rock, excellemment soutenue par une rythmique qui ‘déchire’… Enfin, « Old Lady Face » nous invite doucement à revenir sur terre. Une ballade plus tendre, mais d’une efficacité redoutable.

Allez les p’tits gars, sortez-nous un ‘dix titres’. Tous les atouts sont dans votre jeu…

 

Invaders

Floating

Écrit par

Le rock lo-fi à tendance noisy a décidemment le vent en poupe aux Etats-Unis. Après avoir découvert les dérangés mais passionnants Times New Vikings, puis les quelconques Vivian Girls, place aux Invaders, une formation discrètement importée de Louisville dans le Kentucky. Bonne nouvelle, les compos –d’excellente facture– de ces nouveaux héros de la guitare distordue lorgnent plutôt du côté des Nouveaux Vikings. Info importante, quand même, chez Invaders on retrouve Joe Meredith. Il en est le leader. Un personnage qui a sévi tout un temps chez les très obscurs Merediths…

« Floating » ouvre l’opus. Un superbe morceau. « Sky Canopi », « Couldn’t Come » et « The Flu » sont de petites bombes lo-fi aux mélodies imparables. Sous leur aspect discount, la compo vous accroche dès le premier riff saturé. Dix minutes qui valent leur pesant d’or. D’ailleurs si toutes les plages de l’elpee étaient de la même trempe on aurait pu attribuer à ce disque une mention d’incontournable. Evoluant quelque part entre l’univers (NDR : du pauvre ou du caniveau, à vous de choisir !) de Belle and Sebastian, de Pavement, de Spacemen 3, des Butthole Surfers et celui de Times New Vikings, mais en plus pop, les Invaders livrent d’emblée la quintessence de leur création. Les 8 autres morceaux de ce « Floating » n’ont pas la même saveur, mais ils tiennent cependant honorablement la route. Faut croire que Joe Meredith a préféré conserver ses futures pépites pour un prochain cd. Quoiqu’il en soit, ce « Floating » constitue une chouette découverte.

Sean Kingston

Tomorrow

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C'est au cours de l'été 2007 que Sean Kingston, chanteur ‘Dancehall’, également contaminé par le Hip Hop et le R’n’B, s’illustre pour la première fois. Il n’est âgé que de 17 ans et sort un single. Intitulé « Beautiful Girl », il se classe en tête des charts américains. Dans la foulée, son premier album éponyme décroche un disque d'or aux USA. Ça, ce sont les chiffres.

Fort de ce succès, le chanteur jamaïco-américain publie, à la rentrée 2009, son deuxième opus studio, « Tomorrow ». Annoncé par l'extrait « Fire Burning », il contient des productions de RedOne, J.R. Rotem, Pete Rock, Akon, T-Pain ou encore Lucas Secon. Ça, ce sont les ennuis (mortels) qui commencent pour votre serviteur. Ben oui, vous croyez que la critique est toujours un plaisir ?

Force est de constater que ce genre de musique s’adresse principalement à un public très très jeune, à peine pubère, n’ayant encore aucune culture musicale, se fiant principalement sur ce qu’il voit sur MTV ou MCM ; c'est-à-dire trois fois pas grand-chose…

Une musique simpliste, sans aucun relief, 14 fois (dans le cas présent) le même genre de truc susceptible de faire remuer le popotin de jeunes filles trop jeunes, trop maquillées, trop fières qu’un stupide boutonneux les remarque dans la masse des invités de la boum fêtant les 14 ans d’une de leurs meilleures copines ! Bref, le vide intégral.

Sean ! Tu n’as que 19 ans, il est grand temps de remettre les pieds à l’école ! Ou d’aller faire un tour au conservatoire. Là tu apprendras l’abc du métier, une base qui te servira sûrement, si tu veux faire carrière dans ce milieu.

Ouf, fini ! Désolé, mais c’était plus fort que moi !

The Kissaway Trail

Sleep Mountain

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Les références se bousculent à l’écoute du second effort de ce quintette danois mais deux illustres, et pas des moindres, se détachent du lot : Arcade Fire et Mercury Rev. Une écrasante filiation pour une formation se réclamant d’un même lyrisme, d’une même passion, de mêmes rêveries… Rien de nouveau, cependant, sous le ciel froid scandinave, mais assurément une collection de compositions de très bonne facture tout au long du nouvel opus de The Kissaway Trail…

« Sleep Mountain » succède à un premier album éponyme paru en 2007, en grand renfort de sonorités glanées tant chez les Flaming Lips que chez les New-yorkais de Sonic Youth. Thomas Fagerlund, co-chanteur et guitariste du groupe a déclaré récemment : ‘notre nouvel album a plus de profondeur et de style. Il démontre que nous avons grandi en tant que musiciens et êtres humains’. Pour appuyer les déclarations de notre ami danois, il faut avouer qu’une grande cohérence lie les plages de ce « Sleep Mountain ». Et pourtant, les voix des deux vocalistes, Thomas Fagerlund et Soren B. Corneliussen, sont totalement différentes. Mais c’est la mélancolie qui sert de fil conducteur à « Sleep Mountain ».

Dès « SDP », morceau d’ouverture, l’intensité et l’émotion envahissent le territoire sonore. Un piano doublé d’une guitare aux accords acérés balise une magnifique envolée lyrique s’étalant sur près de 6 minutes. Une plage au cours de laquelle la voix campe un timbre étrangement proche de celui de Wayne Coyne des Flaming Lips. « Sleep Mountain » bénéficie de superbes orchestrations mélodramatiques : cloches religieuses, piano cristallin, chorales épiques, accordéon triste, arpèges délicats… les ingrédients parfaits d’une pop baroque susceptible de permettre au mélomane de voyager mentalement à travers des paysages musicaux somptueux. Et l’œuvre recèle d’autres compos bouleversantes. A l’instar de « Beat your Heartbeat » ainsi que de la reprise du « Philadelphia » de Neil Young, morceau écrit à l’origine pour le célèbre film réalisé par Jonathan Demme. L’elpee a bénéficié du concours de Peter Katis (maître d’œuvre chez Interpol et The National) à la production ; et l’homme n’a pas pour habitude de prendre son job à la légère.

« Sleep Mountain » est un véritable régal. En 50 minutes, The Kissaway Trail nous y démontre qu’Arcade Fire ne possède pas le monopole du lyrisme ! Bien sûr, la formation canadienne en est toujours le fer de lance ; et les mauvaises langues reprocheront sans doute à  The Kissaway Trail de piller systématiquement leurs maîtres. Pourtant, le combo danois ne se contente pas d’incarner l’Arcade Fire du pauvre. Et j’ai la nette impression que leur talent ne devrait pas tarder à éclater au grand jour. Car de si bonnes influences mélodiques ne sauraient mentir…

 

Local Natives

Gorilla Manor

Écrit par

En concoctant « Gorilla Manor », Local Natives, combo originaire de Los Angeles, vient de rejoindre la grande famille de ces formations indie-rock inspirées qui, à peine débarquées, fracassent tout sur leur chemin. Et s’offrent ainsi une œuvre à la hauteur des incontournables « Yellow House » et « Veckatimest » de Grizzly Bear, des éponymes de Fleet Foxes, Arcade Fire et Vampire Weekend ou du « Family » de Le Loup. Emmené par le terrible « Sun Hands », pépite pop qui débute par de superbes harmonies vocales avant de se transmuter en feu d’artifice distordu, ce premier ouvrage est l’exemple même du disque quasi-parfait. « Gorilla Manor » est une galette, percussive, mélodique, euphorique, dégoulinante de cohésion. Oui, rien que ça !! Les sublimes « Cards & Quarters », « Wide Eyes », « Stranger Things » ou la manière dont ils s’approprient, retournent, pilonnent et reconstruisent le « Warning Sign » des Talking Heads méritent à eux seuls le respect.

Les harmonies à trois voix parcourent le disque de part en part, lui accordant une atmosphère éthérée que la formation retranscrit à la perfection lors de ses prestations ‘live’. « Gorilla Manor », baptisé du nom de la demeure que se partagent les cinq musiciens, est un disque exemplaire, même si l’on peut leur reprocher une trop grande proximité mélodique avec les artistes mentionnés plus haut. Mais nul doute que Local Natives est une formation qui tend à devenir l’une des valeurs sûres de la scène indie-rock. A condition que les cinq gaillards exploitent leur potentiel comme il se doit.

 

Andre Matos

Mentalize

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Tous les amateurs de power métal mélodique connaissent André Matos ‘do Brasil’. Successivement vocaliste de Viper (1985-1991), Angra (1991-2000) et Shaman (2000-2006), le Brésilien, originaire de Sao Paulo, s’est lancé dans une carrière solo en 2007. Pour concocter son second album « Mentalize », il s’est entouré de quelques uns de ses anciens camarades de jeu : Hugo Mariutti (ex-Shaman) et Andre Hernandez (ex-Angra) aux guitares, Luis Mariutti (ex-Angra et Shaman) à la basse, Fabio Ribeiro (ex-Shaman) aux claviers et d’un illustre inconnu répondant au nom d’Eloy Casagrande à la batterie. Ce dernier, petit prodige de la baguette, n’est âgé que de 18 ans !

Comme il fallait s’y attendre, celles et ceux qui connaissent et apprécient la carrière de Matos ne seront pas dépaysés. « Mentalize » réunit (NDR et ce n’est pas une surprise !) d’excellents titres power/speed métal mélodiques teintés d’influences progressives. Le tout est interprété par des musiciens expérimentés, au top de leur art, et enrichi par timbre particulier et aisément identifiable de Matos. La production est excellentissime. Et pour cause, le légendaire Sascha Paeth (Edguy, Kamelot, Epica) est venu assister Matos pour assurer cette mise en forme.

Ne vous attendez cependant pas à rencontrer des surprises sur cet opus. Simplement, « Mentalize » est un album auquel on ne peut rien reprocher d’autre que sa perfection.

 

Ov Hell

The Underworld Regime

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Nous ne prenons pas énormément de risques en affirmant que Tom Cato Visnes n’est pas dans les petits papiers de Benoît XVI. En effet, ce musicien norvégien, notoire dans les sphères black métalliques sous le patronyme de King Ov Hell, est loin d’être un disciple de l’Opus Dei. Et pas seulement parce qu’il a longtemps milité, comme bassiste, au sein du combo ultra-sataniste Gorgoroth. Après y avoir connu quelques déboires, le roi des enfers autoproclamé revient en 2010 à la tête d’un tout nouveau projet.

« Ov Hell » est le nom du pacte infernal qui lie le quatre-cordiste au sombre Shagrath, hurleur chez Dimmu Borgir et à quelques uns des plus dignes représentants de la crème du métal noir norvégien : Ice Dale (Enslaved, I, Audrey Horne) et Teloch (Nidingr, 1349) aux guitares,  Frost (Satyricon, 1349) à la batterie. Vu le cv des membres du line up, vous vous doutez bien qu’Ov Hell ne fait pas dans la dentelle et que le christianisme en prend pour son grade. 

Que les allergiques à la mélodie se rassurent, Shagrath n’a pas emmené dans ses bagages l’attirail symphonique du très populaire Dimmu Borgir ; car c’est bien du black métal sombre et primaire que le quintet norvégien balance à la face de Benoît et de ses sbires. Fort heureusement tout de même, le ‘sympathique’ King (NDR : suffit de voir sa bonne bouille illustrée sur la pochette du Cd pour s’en convaincre) ne confond pas primaire et minimaliste ; et le son de « The Underworld Regime » est tout bonnement excellent ! Bien qu’il ne soit pas dans son élément orchestral de prédilection, Shagrath est tout à fait impérial tout au long de ce black métal traditionnel ‘à la norvégienne’, une expression sonore qui n’est pas sans rappeler Immortal, Satyricon ou… Gorgoroth, bien sûr.

Quiet

The Grammar Of Night

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« The Grammar Of Night » constitue le premier opus de Quiet, petit combo originaire d’Andenne. Autoproduit, il fait suite à un Ep, quelques démos et une participation au Concours Circuit de 2001. Musicalement, les compos de la bande sont plutôt solides, s’apparentant même, par interstices, aux productions math rock de 31Knots voire Medications (« Mistaken », « Just Before », « One Last Sad Song »). Mais le quatuor aurait gagné à faire honneur au nom de la formation. Car si Quiet semble bien rôdé question mélodies, les vocalises, elles, nivellent l’ensemble vers le bas. En cause, un manque de détermination, de conviction, indispensable au genre. La courte plage d’ouverture « Introduction To The Grammar Of Night » et les quelques secondes d’intro de « Mistaken » donnaient pourtant parfaitement le ton. L’idée d’un disque entièrement instrumental ne pourrait pas faire de tort aux quatre Andennais. A moins qu’ils ne se secouent et confectionnent un second ouvrage plein de hargne, de rage et de sueur !

Fionn Regan

The Shadow Of An Empire

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Fionn Regan s’est pris deux lignes entre les nasaux et fait péter les distos. Après un premier ouvrage folk, « The End Of History », tout en sobriété, l’Irlandais change radicalement de registre. « The Shadow Of An Empire » est un disque principalement influencé par Dylan et Young voire le Cash des premières heures. En retournant sa veste, Regan aurait pu passer pour le petit minet dépassé par sa recherche artistique. Mais, bien au contraire, le jeune homme balaie toutes les attentes. Il réussit un coup de maître en délivrant une œuvre déterminée et aboutie, abondant de hits potentiels (« Genocide Matinee », « Violent Demeanour », « Coat Hook », « Catacombs »).

« The Shadow Of An Empire » vacille entre rock’n’roll (« Protection Racket », « Genocide Matinee »), rockabilly (« House Detective ») et country-blues (« Little Nancy », « Lord Help My Poor Soul ») sans jamais perdre de sa substance. Fionn Regan joue les caméléons à la perfection, quitte à décontenancer les fans de la première heure. Une prise de risque couillue, qui s’avère payante au vu des critiques dithyrambiques dont jouit cette œuvre. De quoi lui foutre la pression, lors de la confection de son prochain labeur (electro ?)…

Josh Rouse

El Turista

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Depuis qu’il est établi en Espagne, il y a 5 ans, Josh Rouse se spécialise dans la confection de disques estivaux, regorgeant de pépites pop à la saveur latine, souvent lumineuses. Une inspiration probablement retrouvée grâce à sa bien-aimée, Paz Suay, avec laquelle il a collaboré au projet rafraîchissant She’s Spanish, I’m American, dont l’Ep éponyme avait atterri dans les bacs en 2007. Révélé en 2002 par « 1972 », un troisième ouvrage unanimement acclamé par la presse, le bonhomme en est déjà à son huitième labeur. « El Turista » alterne titres interprétés en espagnol et d’autres, fredonnés dans la langue maternelle. Et le contraste est flagrant.

Les morceaux chantés dans la langue de Cervantès par Rouse semblent beaucoup plus inspirés que le reste. Ainsi, « Duerme », « Valencia », « Mesie Julian » et « Las Voces » font carrément la nique aux « Lemon Tree », « Cotton Eye Joe » et autres « Sweet Elaine » qui paraissent, du coup, un peu trop fades. Le chanteur gagnerait donc à produire un disque intégralement interprété dans son idiome d’adoption, tant ces morceaux baignent dans le positivisme et forment un appel à la bonne humeur. En anglais dans le texte, Josh Rouse parvient cependant à sortir son épingle du jeu lors d’un « I Will Live On Island » à la Paul Simon et sur le jazzy « Don’t Act tough » qui clôture joliment le disque. « El Turista » est à embarquer dans vos valises, destination soleil.

JP Nataf

Pas de procès pour l’Innocent JP !

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JP Nataf en concert, c’est un peu la résurrection des Innocents. Auteur compositeur et interprète chez cette formation parisienne durant près de 18 années, JP (prononcez Jipé) se retrouve seul suite à la désintégration en 2000 de cette superbe usine à tubes, responsable notamment de « Jodie », « L’autre Finistère » ou encore « Un homme extraordinaire ». Depuis, Jipé survit ‘difficilement’. Après avoir concocté un projet qui avorte rapidement, les Redlegs (NDR : en compagnie de Chantal Cherhal), il propose en 2004 un album solo (excellent au demeurant) qui rencontre un succès plus que confidentiel, « Plus de sucre ». Puis, c’est le néant. Cinq longues années d’absence depuis cette création, nous ont amené au bord de l’hypoglycémie, c’est le cas de le dire…

Quelques années de collaborations à gauche (Hubert Félix Thiéfaine) ou à droite (Eddy Mitchell) passent. Jipé se remet au travail pour lui-même et nous ressert un recueil de délices dont il a le secret ; en l’occurrence son dernier elpee en date : « Clair », un véritable retour aux sources. C’est donc l’objet en question qu’il venait défendre sur la scène du Grand Mix ce jeudi soir.

Hélas, nous n’étions pas très nombreux à nous être déplacés pour venir écouter l’orfèvre de la pop musique française. Un public clairsemé. A peine plus d’une centaine d’amateurs garnissait les travées de la salle tourquennoise. Sans ses illustres acolytes du siècle passé, Jipé ne fait visiblement plus recette. Jamais je n’avais assisté à un concert aussi ‘confidentiel’.

En lever de rideau, nous avons eu droit à un mini set de Sylvain Vanot, artisan discret d’une certaine idée de la chanson. Et il faut avouer que la discrétion lui va comme un gant. D’ailleurs il aime à le dire lui-même, il est occupé depuis 17 années à réaliser une ‘non carrière’ dans le milieu de la chanson française. Faute avouée est à moitié pardonnée ! On ne retiendra pas grand-chose de ce set, hormis les facéties (grimaces serait plus approprié) de son bassiste gallois. Une heure de perdue. Il est à l’instant 21h30, Jipé et ses musiciens préparent eux-mêmes leur lieu de travail pendant que Sylvain et les siens débarrassent le plancher.

21h50, on croit que JP termine d’accorder sa guitare dans l’indifférence quasi générale mais doucement les lumières s’estompent, il se redresse et prend possession du micro pour entamer un premier titre, « Les lacets ». Le public s’approche insensiblement et une certaine proximité s’installe entre les quatre en scène et la centaine de fans qui leur fait face. Le dialogue s’instaure entre deux morceaux, pendant un accordage de guitare, un (re)branchement d’ampli ou l’installation d’un micro supplémentaire. L’humour, chacun le sait, ouvre beaucoup de portes, excuse beaucoup de fautes et permet des échanges riches et amusants. Jipé ne s’en prive pas tout au long d’une soirée émaillée d’incidents techniques en tous genres. C’est sa semaine de poisse. Le matos craint. Rien ne va. Il n’en perd pourtant pas sa bonne humeur, contagieuse par ailleurs ! La marque d’un grand…

Lui-même au top musicalement, Nataf est très bien secondé par ses trois complices, dont un régional qui sait absolument tout faire, tant chanter en seconde voix que jouer guitare, banjo, basse ou claviers. Les morceaux s’enchaînent d’une musique ‘pas comme les autres’, sans qu’on sache pour autant où la classer : pop ? rock ? variété ? Chemin faisant, il gratifie son public de quelques jolies chansons interprétées à l’aide d’une kyrielle d’instruments (guitares sèches et électriques, banjo, orgue, ukulélé, percus, accordéon, ... )

Force est de constater que JP met au centre de ses préoccupations les mélodies (toujours classe et présentes en nombre), les textes (simplement très beaux) et les arrangements (à la fois rustiques, intimes et chaleureux). En tout et pour tout, nous aurons droit à une vingtaine de titres (aucune reprise ‘période Innocents’) ce qui correspond à l’intégralité de ses deux albums solo. "Seul alone", poème musical de 10 minutes qui nous suspend à ses lèvres sera un moment fort de sa prestation (à voir sur http://www.dailymotion.com/video/xbeos1_jp-nataf-live-1-3_music). 

Hélas, trois fois hélas, les incidents et malheurs auront quelque peu raison du maigre public présent ce soir. Les temps morts sont de plus en plus ‘morts’ et de plus en plus fréquents. Vraiment, JP Nataf ne mérite pas une telle guigne. Le concert, (récital serait plus juste) se termine donc dans une salle quasiment vide lors du dernier morceau interprété de concert rejoint par Sylvain Vanot et les siens. Pourtant, les absents auront eu tort (une fois de plus) car c’est le moment choisi par JP pour nous gratifier d’un superbe cadeau. Il reprend « Un monde parfait » juste avant de se retirer définitivement noyé dans ses problèmes techniques. Salut l’artiste, c’est pas de ta faute, tu ne seras pas déclaré coupable l’‘innocent’ !

Organisation Le Grand Mix

(Voir aussi notre section photos)

 

 

Get Well Soon

Les nerfs à fleur de pop !

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La programmation de l’AB ne manque jamais de nous surprendre et de nous ravir. Ainsi, ce jeudi soir, l’antre sombre et brumeux de l’AB Club recelait les mélopées claires-obscures du tragédien teuton Konstantin Gropper (Get Well Soon) et les ballades bucoliques du folkeux étasunien Micah Rabwin (Musee Mecanique). Deux artistes atypiques aux horizons musicaux divergents. 

Musee Mecanique compte parmi ces groupes qui vous surprennent au détour d’un concert. 25 minutes durant lesquelles le trio de Portland distille un post-folk bucolique aux saveurs irlandaises. Douces mélodies qui évoquent les ballades mélancoliques d’Adrian Crowley. Un instant intimiste qui vous caresse délicatement l’âme et vous plonge dans la tendre léthargie hypnotique d’un songe que l'on souhaiterait indéfiniment voir se prolonger. Trois multi-instrumentistes de talent à découvrir plus amplement…

Get Well Soon expose la tragédie moderne de Konstantin Gropper. Soudainement, la silhouette frêle et le visage exsangue du chantre du cynisme irradient les planches vaporeuses du club de l’Ancienne Belgique. De son dernier opus émane une beauté crépusculaire (« Vexations »). Le dernier projet musical de Gropper se drape d’un authentique concept artistique. Un spectacle tant visuel que sonore enrichi d’une mise en scène minutieuse et hypnotique. Le background couvert d’extraits de film et la scène font corps. Les six musiciens présents sur les planches s’évadent et hantent les images projetées sur la toile. Le rêve et le réel s’entremêlent et guident doucement vers un voyage surréaliste ouvert par « Senecas Silence ». Symphonie magistrale qui aurait pu aisément faire office de bande son au célèbre Faust, une légende allemande de Murnau. La passion du jeune artiste berlinois pour le cinéma et la musique classique (passion héritée d’un père professeur de musique précisément classique) magnifie sa pop lyrique. Un drama-pop aux arrangements musicaux absolument parfaits et méticuleusement planifiés. Une poésie délicate architecturée d’un assemblage musical baroque ingénieusement acharné : ‘J’aime passer du temps à composer de la musique dans mon coin, à construire des séquences, les assembler, pour finalement tout remettre dans le désordre. Ça peut prendre des heures, des journées, des semaines et c’est même difficile d’arriver à se dire que le travail est achevé, surtout lorsqu’on est son propre juge. Je peux être très difficile, exigeant avec moi-même.’ Travail de titan traçant l’ébauche d’un bateau ivre sillonnant prodigieusement tous les grands fleuves artistiques : la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature… Un artiste absolument complet qui se délecte également de philosophie et de littérature (diplômé en Philosophie et Lettres de l’Université de Berlin). Une schizophrénie musicale et littéraire qui aiguise ses textes d’une plume excentrique : “I Sold My Hands for Food so Please Feed Me” ou “We Are Safe Inside While They Burn Down Our House”.

Sur scène, le produit de cet éclectisme culturel offre un espace sonore et visuel qui cristallise en pop-songs alambiquées des structures a priori inconciliables. Un véritable tourbillon phonique concerté de guitares électriques lourdes, d’une batterie dominante, d’un violon en premier plan, de claviers, de guitares acoustiques, de cuivres… qui interrogeraient les tympans des mélomanes les plus capricieux. Un joyau de spleen orchestral puisant tant dans les structures classiques ou les cuivres de l’Europe de l’Est que dans l’electronica ou la pop Motown. Un alt-rock hautement émotif aux largeurs inépuisables…

Get Well Soon s’affirme très tôt comme l’un des principaux acteurs d’une certaine pop indé mélancolique aux côtés de groupes cultes comme « Radiohead », « The Divine Comedy »…

D’ores et déjà l’un des meilleurs albums et concerts de cette année 2010.

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

Isbells

Dafalgan Codéine : Paracétamol (500 mg) et codéine (30 mg)

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Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore tombés accidentellement sur le single « As long as it takes » d’Isbells sur nos ondes nationales, une brève présentation de la formation louvaniste s’impose. Aux commandes de ce projet : Gaëtan Vandewoude. A ses côtés : Naïma Joris (backing vocals, percussions, tuba), Bart Borremans (guitare acoustique, ukulélé, basse, bass clarinet) et Gianni Marzo. Il n’en est cependant pas à son premier coup d’essai. C’est effectivement après 15 ans de performances diverses au sein de nombreuses formations du Nord du pays (Soon, Ellroy,...) qu’il décide enfin de prendre le micro et d’enregistrer son premier long playing (« Isbells »).

Au menu : une voix anesthésique et une guitare acoustique dépouillée tissant un univers folk triste cousu d’influences évidentes. Entre Nick Drake, Iron & Wine et Bon Iver, l’auteur-compositeur-interprète flamand ne renie jamais ses muses : ‘Bon Iver m’a beaucoup inspiré. Je suis un peu un bricoleur. Je puise partout et je fabrique...’ Autodidacte et bricolo.

Le bricoleur-artisan souffre cependant –osons l’expression– d’un ‘trop vide’ d’originalité sur scène et nous livre un set exsangue, sillonné d’ondulations imperceptibles et linéaires. Un espace froid et dépouillé, exempt de tout décor, investi sommairement de quatre musiciens en rang d’oignons. Lieu d’où émanent faiblement des comptines rêveuses et lourdement hypnotiques, orchestrées d’arrangements pauvres et d’une voix monocorde, sensiblement verbeuse. Malgré la présence de trois multi-instrumentistes sur les planches, les yeux luttent désespérément contre le sommeil et l’âme s’endolorit de pesanteur sonore. Telle une nef qu’aimante le naufrage, elle prend l’eau de toutes parts et sombre inéluctablement dans la torpeur de l’insipide ou de l’insignifiance. Un elpee introspectif, manifestement écrit et enregistré dans l’étoffe onirique, évanescente, de la nuit ; un moment propice à la conception de mirages, mais qui s’estompent au grand jour et ne signifient plus rien...

Dix morceaux soporifiques, articulés autour d’une chanson phare, « As long as it takes ». Moment unique où le public va exulter… l’espace d’un infime instant. Et Isbells de terminer judicieusement sa setlist par « My Apologies ».

Le quatuor de Louvain jouait à domicile et avait, paresseusement, oublié d’ôter ses charentaises avant d’allumer le feu de bois.   

(Organisation Het Depot)